Bonjour à tous :)
Déjà merci pour les commentaires sur le précédent chapitre. Ils m'ont rassurée et font ultra plaisir.
Voici donc la suite de cette fic. Je dois avouer, ce chapitre m'a donné énormément de fil à retordre mais je viens tout juste de la finir! Je m'excuse d'avance s'il reste des fautes. D'habitude, j'ai trois ou quarte relectures avant de les poster mais vu que je n'ai plus de chapitres d'avance... Bref. Voici la suite. J'espère qu'elle vous plaira également.
Le prochain chapitre sera le dernier avant le démarrage de la prochaine "partie" de cette fic. Je l'ai en tête depuis le début de cette aventure et j'ai hâte de l'écrire.
Sur ce... {Enjoy}
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« Je vais être une catastrophe ambulante. »
Adrien et Alya échangèrent un regard amusé en observant la franco-chinoise faire les cent pas dans sa chambre. Nino, lui, comprenait naturellement sa douleur et lui lançait un regard désolé et compatissant.
« Tu dramatises Princesse. Rassura Adrien en s'approchant d'elle pour lui prendre la main et la calmer. Tu as très bien fait la dernière fois.
- Sauf que la dernière fois, ce n'était pas notre première apparition officielle ensemble. Personne ne faisait attention à moi et nous n'avons fait que danser des slows.
- Je te rassure Fille, il n'y aura pas grand-chose d'autres à faire. Grinça Alya en souvenir de ces soirées mondaines.
- Elle a raison. Continua Adrien. Tu seras parfaite. Et puis, tout se joue dans le cavalier, non ?
Marinette regarda son petit-ami avec une moue enfantine. Il sourit et l'embrassa doucement, lui promettant une énième fois que tout se passerait bien. Son portable sonna, annonçant l'arrivée d'un nouveau message. Soufflant, Adrien le regarda et grimaça un instant. Le replaçant dans sa poche arrière, Alya lui donna un léger coup d'épaule pour lui montrer son soutien.
« Cette semaine va être encore chargée ?
- Comme tous les ans. J'ai hâte d'être à samedi soir pour que tout soit derrière nous.
- Courage Sunshine. Tu survivras. »
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Il survivra, oui. Parce que la fatigue ne pouvait pas le tuer, n'est-ce pas ? Ou, tout du moins, il espérait que son père ne laisserait pas la fatigue le tuer. Mais actuellement, il en doutait. Énormément.
Cette semaine avait été une folie. Pire que les années précédentes même. Peut-être que c'était à cause des multiples reprises que les couturières ont du faire sur les mannequins. Peut-être que c'était à cause de la présence de quatre mannequins principaux et pas seulement deux. Ou peut-être que la présence de Lila et Wang à ses côtés, constamment, avait été bien plus lourd à porter qu'il ne le croyait.
Pourtant, Wang avait été en retrait toute la semaine. C'était peut-être aussi ça qui le gênait à ce point. C'est à peine s'ils s'étaient adressés la parole ou même échangés un regard. C'était troublant. Et plus les jours avaient défilé et plus son mauvais pressentiment avait augmenté. Pourtant, Mari' n'avait jamais été dans les parages et le chinois n'avait rien tenté pour la croiser ou lui parler. Il aurait dû être détendu. Mais non. C'était tout l'inverse. Il se passait quelque chose, juste là, sous son nez et il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. C'était ces petits sourires en coin, ces coups d'œil dérobés ici et là vers lui et où il avait pu y lire une satisfaction qu'Adrien ne comprenait absolument pas. C'était son regard quand il était sur son portable qui se voulait doux mais, en même temps, on sentait que c'était faux. C'était cet air calculateur qu'il dissimulait relativement bien mais qui était tout de même présent sur son visage. Bref… quelque chose se passait avec lui.
Avec lui… Et avec Lila.
Rien que de penser à ce nom le fit grimacer. Adrien devait l'admettre : cette fille était d'une ténacité étonnante. Son père devait l'envier secrètement. Pendant toute la semaine, elle avait été à tourner autour de lui comme un vautour guettant sa proie. Elle le surveillait de loin alors qu'avant, elle était plutôt à chercher son contact par tous les moyens. Elle était plus distante mais, en même temps, toujours près de lui. C'était des contacts très furtifs, des regards qui se voulaient discrets et des sourires qui lui donnaient froid dans le dos. Il essayait de l'ignorer. Vraiment. Mais son instinct lui dictait de la garder sous surveillance.
Alors, c'est ce qu'il faisait. Du moins, quand il le pouvait.
En ce samedi matin, Lila était dans les cabines pour les femmes, se faisant retoucher sa robe pour la soirée à venir. Trois autres mannequins étaient présentes, se préparant pour une séance photo qui devait avoir lieu deux heures plus tard. Les filles ne cessaient de parler, de rigoler et de commérer sur tout le monde. Pile ce dont avait besoin Lila pour passer à l'étape finale de son plan.
En train de se changer, Lila cacha un sourire lorsque son portable, bien en évidence sur la table de la pièce, se mit à vibrer. Une fois. Deux fois. Et rapidement, elle perdit le compte. Son sourire s'agrandit quand une des mannequin, Sarah, remarqua les vibrations du portable.
« Lila. Tu as un admirateur secret ou quoi ? S'amusa-t-elle.
- Qu-quoi ? Non. Bien sûr que non. »
Quand elle sortit de l'arrière du rideau, elle portait un masque de gêne et affichait un léger sourire. Il ne manquait plus qu'une légère rougeur parsème ses joues et c'était parfait. Les autres mannequins la regardèrent, amusées. S'il y a bien une chose que Lila avait compris et savait manier à la perfection, c'était que ces trois filles étaient des commères sans nom et qu'elles étaient très, très, très curieuses. Aussi, il ne fallut pas longtemps avant que Sarah ne passe à l'attaque.
« Non. »
Feignant l'horreur et amorçant un geste pour s'interposer entre la fille et son portable, elle grimaça quand Sarah attrapa son portable. Lui laissant volontairement deux petites secondes, elle arriva enfin à son portable et l'arracha des mains de la fille.
« Qu'est-ce que…
- Ne dis rien à personne s'il te plait ! Implora Lila. Je…
- Tu sors avec Adrien Agreste ? Je n'ai pas mal vu ?
- De quoi tu parles Sarah ? Intervint Laure, une autre mannequin. Agreste Junior sort avec Marinette, non ? »
En un quart de seconde, trois paires d'yeux se tournèrent vers Lila. Intérieurement, elle jubilait. Mais rien ne paraissait sur son visage, si ce n'est une fausse confusion et un faux regret.
« Vous devez me promettre que rien ne va sortir d'ici. Commença Lila, attendant les acquiescements de ses « amies ». Adrien et moi sortons en secret depuis quelques temps.
- Il a mis les choses aux claires il y a quelques mois si je me souviens bien. Contra Mylène, sceptique.
- Oui, nous ne sortions pas encore ensemble. Mais pour ma défense, c'était prévu que nous soyons un réel couple au début. Du coup, après ça, j'ai été m'excuser auprès de lui et il a eu la gentillesse de me laisser une seconde chance. Il est comme ça.
- C'est vrai. Concéda Sarah, rêveusement. Il est adorable et n'est jamais en colère contre quiconque.
- Très rapidement, nous sommes devenus amis mais… Marinette était en colère ou jalouse du fait qu'Adrien passait du temps seul avec moi. Elle ne voulait pas être humiliée publiquement par une éventuelle tromperie. Alors on a commencé à se voir sans qu'elle ne soit là. Mais c'était platonique au début, je le jure. Mais une chose en entrainant une autre… nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre.
- Pourquoi n'a-t-il pas rompu avec elle alors pour sortir avec toi à ce moment-là?
- L'image en premier. Après le scandale du début, nous ne voulions pas laisser un second coup dur battre la marque. C'était trop tôt. Et puis, je n'étais pas très sûre de moi quand on sait que…
- Quoi ? Demandèrent-elles d'une même voix en voyant son hésitation.
- Je… je ne sais pas si je peux vous le dire.
- Allez Lila. Encouragea Mylène.
- Adrien a des… exigences particulières dans l'intimité. Rougit-elle faussement. J'ai eu du mal au début mais j'ai accepté cette partie de lui. Et j'aime lui faire plaisir. Mais… il faut avoir du caractère pour ne pas finir complètement soumise comme l'est Marinette. Et je sais par Wang qu'elle essaie de quitter Adrien pour rejoindre son amour de toujours : Wang. Ils étaient ensemble en Chine, vous ne le saviez pas ? Ils sont sortis ensemble pendant près de deux ans mais, avec le déménagement de ses parents en France, ils ont du se quitter à contre-cœur.
- Tu veux dire qu'il est venu en France pour elle ?
- C'est ça. N'est-ce pas romantique ? Mais Mari' est encore sous l'emprise d'Adrien, qui refuse de la lâcher pour l'image de l'entreprise malgré notre relation secrète. Nous attendions le bon moment et c'est ce soir. Adrien a déjà commencé à mettre de la distance avec sa petite-amie du moment. Elle n'est pas idiote et a sans doute compris. Elle s'est un peu rapproché de Wang en secret il parait. N'avez-vous pas remarqué que Marinette n'était pas venue une seule fois voir Adrien cette semaine ?
- L'emploi du temps était super chargé en même temps…
- C'était volontaire. Adrien s'est servi de cette excuse pour s'éloigner un peu. Oh mon dieu, j'ai tellement hâte !»
Les trois autres buvaient ses paroles, suspendues à ses lèvres. La victoire était assurée. Il n'y avait qu'un dernier détail à régler et tout serait en place pour ce soir. Après avoir sautiller sur place d'excitation et sur l'insistance des filles, Lila « céda » et leur donna son portable pour qu'elles puissent lire les multiples messages qu'elle avait échangés avec Adrien. Il n'en fallait pas plus pour les convaincre. Quand elles sortirent de la pièce quelques minutes plus tard pour aller au maquillage et au coiffeur, Lila ne doutait pas que les rumeurs allaient très vites circuler.
Place à la dernière étape.
Et, justement, la dernière pièce venait de franchir les portes de l'entreprise.
oOo
Adrien discutait tranquillement avec Tom dans le salon. Sabine était en train de fermer la boulangerie et les rejoindrait dans quelques instants. Jetant un rapide coup d'œil à l'horloge, Adrien remarqua que Marinette serait rapidement en retard si elle ne descendait pas prochainement. Et son père détestait les retards. Peut-être qu'il devrait aller frapper à sa trappe pour la prévenir d'accélérer ?
« Ne t'en fait pas fils. Elle sera à l'heure. C'est une femme : elle se fait désirer. »
Tom lui adressa un clin d'œil complice qui le fit sourire. Et, comme pour lui donner raison, la trappe de Marinette s'ouvrit à ce moment-là. Adrien tourna immédiatement le regard vers elle… et fut subjugué. Son père n'avait pas lésiné sur la robe : elle était splendide et mettait largement Marinette en valeur. Peut-être même un peu trop pour son cœur. Combiné en plus à sa coiffure en chignon coiffé-décoiffé et son maquillage qui faisait ressortir ses yeux et ses lèvres, la jeune femme était ravissante. Elle lui sourit timidement, clairement mal à l'aise par la situation.
« C'est trop ?
- Tu es parfaite Princesse. Contre-dit-il en se levant et en s'approchant des escaliers pour lui tendre la main. C'est un honneur d'être à tes côtés ce soir. Tu vas tous nous éclipser.
- N'exagère pas non plus Hotstuff. »
Ses yeux pétillaient de malice. Adrien porta un baiser sur les jointures des doigts de sa main gauche, ne la lâchant pas du regard. Il s'estima vainqueur quand elle rougit légèrement et détourna le regard. Quelques mots échangés avec ses parents et Adrien entraina Marinette à sa suite pour partir. Ils discutèrent gentiment dans la limousine, le but pour Adrien étant de détendre sa petite-amie. Il a bien réussi, du moins jusqu'à ce qu'ils arrivent devant la salle accueillant la soirée. En moins d'une seconde, Marinette perdit son sourire et l'angoisse marqua ses traits. Immédiatement, Adrien s'empara de sa main et la porta à ses lèvres.
« Tout va très bien se passer. »
Son air effrayé était adorable. Dans d'autres circonstances, il aurait ris pour la taquiner. Mais là, il n'arrivait pas à se résoudre à ne pas la prendre au sérieux. Alors, il lui envoya un regard rassurant et empli d'amour qui eut le mérite de la calmer. Du moins, physiquement. Intérieurement, il ne doutait pas qu'elle devait encore bouillonner.
« Fais-moi confiance. Je ne te lâcherais pas une seconde. »
Elle hocha doucement la tête avant de prendre une profonde inspiration. La limousine ralentit jusqu'à s'arrêter complètement. Les vitres étaient teintées donc personne de l'extérieur ne pouvait les voir. Eux, par contre, avaient pleinement conscience des flash éclairant en direction de la voiture.
« Prête ?
- Prête. »
Un dernier sourire et Adrien sortit de la voiture. Immédiatement, les questions fusèrent. Il eut presque du mal à faire le tour de la voiture pour venir ouvrir la portière à sa charmante cavalière. Dès qu'il la vit, il lui sourit une fois de plus et tendit sa main. Affichant un air confiant qu'elle ne ressentait absolument pas, elle s'en empara et se hissa à sa hauteur. Adrien serra un peu plus sa main, la rassurant, avant de la guider vers l'intérieur. Une fois à mi-chemin, et sous la direction de Nathalie légèrement en retrait, le jeune couple prit le temps de répondre à quelques questions. Oui, ils étaient heureux d'assister à cet évènement ensemble comme étant leur première soirée officielle en couple. Oui, la collection était merveilleuse. Et non, Marinette n'était pas une mannequin professionnelle et n'avait pas l'intention de le devenir.
« Est-ce que votre relation est approuvée par M. Agreste ? »
Le duo se regarda un instant. Officiellement, Gabriel ne s'opposait pas à leur relation mais il ne l'avait jamais approuvée publiquement non plus. Il l'a laissait juste se poursuivre. Officieusement, ils savaient tous les deux que le combat n'était pas gagné. Pourtant, Adrien ne pouvait s'empêcher de répondre, avec un sourire presque arrogant.
« Mon Père ne veut que mon bonheur et approuve ce qui me rend heureux. Et mon bonheur est dans les bras de cette merveilleusement jeune femme. J'espère que cela répond à votre question. »
Les questions continuaient de fuser mais c'était fini pour eux. Une légère pression sur la main de Mari' et le couple reprit l'ascension vers l'intérieur.
« Adrien, chéri. Tu es enfin là ! »
Le couple se figea sur place, parfaitement conscient de la personne à qui appartenait cette voix. Ils échangèrent un regard alarmé, refusant qu'elle fasse une quelconque crise ou ne créé un nouveau scandale devant autant de monde. Lentement, ils se tournèrent en direction d'une Lila Rossi souriante au pied des escaliers, Wang flanqué à ses côtés. Si Lila était visiblement en train de dévorer du regard Adrien, Wang se contentait de regarder Mari' avec une envie évidente dans ses yeux qui la fit frissonner de la tête au pied depuis l'arrière de sa complice. Instinctivement, la main d'Adrien quitta celle de Marinette pour se placer sur sa hanche et l'attirer contre lui.
« De quoi parles-tu Lila ?
- Tu m'avais promis que nous irions ensemble ce soir. Continua-t-elle, mielleusement. Tu as déjà oublié ?
- Je n'ai jamais dit que nous irions ensemble. D'ailleurs, même mon Père avait annoncé que Marinette, ma petite amie, m'accompagnerais ce soir. »
Il lança un regard noir vers la mannequin. Mari' s'appuya imperceptiblement un peu plus contre lui, lui intimant de se calmer pour ne pas envenimer les choses. Après tout, les caméras et les journalistes étaient largement représentés. Le moindre faux pas et tout se retournerait contre lui. Ils avaient déjà assez à se mettre sous la dent. Aucun des deux ne savait ce que complotait l'italienne, mais ils se doutaient que la soirée allait être très longue. En parlant d'elle, Lila commença à monter les marches sensuellement. C'était presque indécent ! Quand elle arriva à la hauteur du couple, elle lança un regard noir à la main d'Adrien sur la hanche de Mari'. Résultat : il l'attira un peu plus contre elle, attisant la colère de la brune.
« Tu as déjà oublié chéri ?
- Ne m'appelle pas chéri. Siffla-t-il entre ses dents.
- Je suis offensée. Tu m'avais dit que c'était ce soir que nous officialiserons notre relation pour laisser Marinette et Wang enfin être ensemble. Minauda-t-elle, effleurant sa chemise avec deux de ses doigts.
- QUOI ? »
Les flashes fusèrent et les questions inondèrent le tapis rouge en un quart de seconde. La bombe que venait de lâcher Lila, bien que fausse, allait faire les gros titres dès le lendemain. Pas de doute là-dessus. Adrien fulminait de rage et Mari' tentait de ne pas céder également à la colère. Elle était dégoutée. Dégoutée par cette fille qui n'hésitait pas à répondre de fausses rumeurs, sans preuves, juste pour briser la réputation d'Adrien. Croyait-elle vraiment qu'elle le récupérerait en répandant des mensonges sur lui et elle ?
« Ne fais pas l'innocent. Tu sais très bien que je garde chacun de nos messages en souvenir de nos instants. »
Adrien blêmit alors que Lila affichait un air suffisant qu'elle arrivait, dieu seul sait comment, à camoufler dans son air surpris et mignon de façade.
« Quels messages ? Je n'ai jamais envoyé un seul message à une menteuse comme toi.
- Oh chéri ! Recoula-t-elle, s'approchant de lui pour s'accrocher à son bras.
- Ne le touche pas ! »
Instinctivement, Mari' s'écarta, l'emportant avec elle dans son mouvement. Les flashes continuaient. Une crise de jalousie ? Parfait pour les gros titres ! Consciente qu'elle ne devait pas envenimer les choses, la franco-chinoise prit sur elle pour ne pas élever la voix. Au lieu de ça, elle fusilla du regard la mannequin.
« Je ne sais pas ce que tu cherches à faire Lila, mais arrête tout de suite. Adrien ne t'appartient pas et ne s'intéresse pas à toi. Tu n'arriveras pas à tes fins. »
Le sourire de Lila s'agrandit alors qu'elle s'approchait d'elle, envahissant son espace personnel. S'arrêtant au creux de son oreille, elle lui chuchota un « On pari ? » qu'elle seule pouvait entendre et qui lui déclencha un frisson. Adrien l'écarta et la remit dans ses bras.
« Ne fais pas l'innocente Marinette. Recula Lila et reprenant plus haut pour que tous l'entende. Tu sais très bien que tu ne suffis pas à Adrien pour l'intimité. Et je comprends tout à fait ! Ce n'est pas évident quand on sait ce qui se passe une fois que nous sommes seules avec lui. »
Adrien se décomposa sur place, entendant les murmures grandirent et les regards en coin voler vers lui. De quoi parlait-elle encore ? L'adolescent sentit un grand malaise l'envahir. Pouvait-on mourir de honte ? Il sentit Marinette se tendre dans ses bras, le ramenant un peu sur terre et empêchant une crise de panique ou colère monter en lui. Cette vipère avait-elle osée dire que Marinette n'était pas suffisante pour lui ? Son regard se tourna vers Wang instantanément. Le chinois lui adressa un sourire narquois et satisfait avant de se recomposer un visage plus neutre.
C'est pour ça que je lui corresponds le plus. Parce que moi, j'arrive à satisfaire tous ses désirs. Et je sais que Wang et toi vous revoyez en secret également. Vous êtes tellement adorables ensemble. »
Marinette s'étrangla avec sa propre salive, choquée par cette affirmation.
« Personne ne sort en secret avec personne. Gronda Adrien, protégeant sa petite amie de la perfidie de ces deux là.
- Tu en es sûr ? J'ai les preuves. »
Pourquoi Nathalie n'intervenait pas ? Un autre jour, elle n'aurait pas laissé cette situation dégénérée plus de deux secondes. Mais là, ça allait trop loin et il ne voyait pas de sortie.
Wang sortit son portable et, tout de suite après, le portable de Mari' se mit à sonner. Choqué, Adrien regarda sa petite-amie. Elle s'était figée sur place, clairement surprise par ça. Il fronça les sourcils et, avec sa permission silencieusement, prit son portable dans sa pochette. Le nom de Wang suivit d'un cœur s'affichait sur son portable.
Leur monde s'effondra. Mari' leva ses yeux vers lui, les larmes s'amoncelant dans le coin de ses yeux. Ses lèvres s'entre-ouvrirent légèrement mais il l'arrêta d'un regard. Pas ici. Pas maintenant. C'est à peine s'ils entendaient Lila déverser le fait qu'ils se voyaient depuis quelques temps, reprenant leur ancienne relation maintenant que Marinette avait réussi à mettre un pied dans le monde de la mode. S'en le savoir, Lila donna des coups de poings dans les sujets sensibles pour eux deux. Entre le fait qu'elle dise que Mari' n'était pas suffisante et dire que la franco-chinoise s'était servi de lui pour atteindre ses objectifs… C'était trop. Les deux ne parlèrent pas mais leur regard était largement suffisant.
« Ça suffit ! Intervint la voix de Nathalie.
- Mademoiselle Rossi, je vous prierais de vous taire, ainsi que votre cavalier de soirée. Adrien et Marinette, dépêchez-vous d'arriver. Je dois vous présenter à quelques personnes. »
La voix de Gabriel résonna dans leurs esprits et calma l'ensemble des journalistes. Un sourire satisfait sur les traits de Lila, elle reprit la marche dans les escaliers et s'arrêta à la hauteur de M. Agreste. Mielleusement, elle lui adressa un léger sourire.
« Je suis désolée pour tout ça Monsieur Agreste, mais c'était l'idée d'Adrien. Si vous ne me croyez pas, je serais ravi de vous envoyer tous nos messages échangés.
- Sortez de ma vue Mademoiselle Rossi. N'approchez ni mon fils ni Mademoiselle Dupain-Cheng de la soirée. Vous avez fait assez d'éclats comme ça. Siffla-t-il entre ses dents. Et je vous attends, vous et Wang, dans mon bureau dès demain matin. »
Elle fronça les sourcils et le dépassa, lançant un dernier regard au couple derrière elle. Aucun des deux n'osait se regarder. Parfait. C'était trop facile à ce rythme. Un regard discret vers Wang et l'italienne pénétra dans la salle de réception.
Quand Adrien et Marinette arrivèrent au niveau de Gabriel, Adrien commença à ouvrir les lèvres pour lui parler.
« Pas maintenant. J'attends de vous un comportement exemplaire une fois à l'intérieur. Et venez me voir une fois la soirée finie. Nous avons à parler. »
Ils frissonnèrent tous les deux, échangeant un regard mal à l'aise. Main dans la main, ils pénétrèrent à leur tour dans la soirée, heureux lorsque les portes se refermèrent derrière eux pour les séparer du scandale en devenir.
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« Vous étiez déjà merveilleuse la dernière fois que nous nous sommes croisés en soirée, chère Marinette. Vous êtes sublime ce soir. Vous magnifiez cette robe.
- C'est plutôt l'inverse. Sourit-elle timidement, un doux rose époussetant ses joues. C'est un plaisir de vous revoir M. Longechamps.
- Je vous ai déjà dit de m'appeler Théodore. L'invita-t-il en avançant son verre pour qu'elle trinque avec lui. »
Personne à l'intérieur de la pièce ne semblait informé de ce qui s'était passé à l'extérieur. Timides au début, Adrien et Mari' avaient finalement réussi à redevenir à l'aise. Bien qu'ils n'aient pas eu une seconde pour parler de tout ça, aucun des deux ne voulaient laisser Lila gagné. Ils avaient confiance l'un en l'autre et savaient pertinemment qu'elle était une menteuse née. Alors, jusqu'à preuve du contraire, ils avaient silencieusement décidé de laisser leurs doutes et craintes enfouies au fond de leur cœur pour profiter un peu de cette soirée. Adrien, fidèle à sa parole, n'avait pas laissé sa chère et tendre seule une seconde. Et il était encore plus motivé par la proximité de Lila et Wang, qui les regardaient chacun avec un air affamé. Écœurant !
Ils avaient essayé de les prendre à part, soit pendant une danse soit lorsqu'ils étaient pris à partie par une tiers personne. Mais jamais ils n'avaient réussis. Aussi, profitant du fait que Marinette entamait une conversation avec M. Longechamps, Adrien s'excusa pour aller aux toilettes.
« Je vous confie Marinette un instant.
- Seulement si elle m'autorise une danse. »
Un air de valse s'éleva dans les airs. Mari' fit une moue adorable, marmonnant un « Je ne suis pas très douée avec mes pieds » qui fit rire le jeune designer. Posant son verre et celui de la jeune femme sur un plateau qui passait à proximité, il envoya un clin d'œil à Adrien en s'emparant de la main de Marinette. Le blond sourit et l'encouragea d'un regard alors qu'il se détournait. Du coin de l'œil, il vit Chloé maintenir Lila dans un coin, lui laissant la voix libre pour s'éloigner un instant.
Seulement, il ne s'était pas méfié de Wang.
Seul dans les WC pour hommes, le chinois débarqua comme une fleur. Adrien grimaça, clairement pas en position pour s'échapper ou se tourner vers lui pour lui faire face. Wang se plaça juste à côté de lui, l'air menaçant.
« Qu'est-ce que ça fait de voir sa copine retourner avec son ex ? Railla-t-il avec un sourire mauvais.
- Vous n'êtes pas ensemble. Jamais elle ne te laissera l'approcher une fois de plus.
- Continue à être aveugle. Elle est à moi et elle le sait. Seul moi peut la satisfaire et elle ne peut que me satisfaire. Tu n'es pas de taille face à moi. Alors abandonne.
- Je ne te crois pas. Ne t'approche pas d'elle. »
Jamais Adrien ne s'était sentit si vulnérable, ne pouvant rien faire à part le regarder sans pouvoir bouger.
« Je dois l'admettre, elle t'a bien enroulé autour de son doigt. Sache une chose Agreste : tu n'es rien pour elle. Son rêve a toujours été de devenir designer, de rencontrer du monde pour la lancer. Laisse-moi deviner : tu n'as appris que « par hasard » qu'elle était designer autodidacte, à jouer la bonne copine avec toi avant de s'ouvrir à toi sur des choses de son passé, non ? Elle t'a dis des choses sur moi, que je lui ai demandé de dire, pour gagner ta confiance et s'approcher de toi. Tu as tenu combien de temps avant de tomber dans ses bras ? Hum ?
- Ferme-là. Siffla le blond entre ses dents.
- T'a-t-elle dit que j'entrais dans son lycée dès demain ? »
Coup de massue. Jamais elle ne l'avait signalé. Depuis quand savait-elle ça ?
« Je lui ai dit en Juin, quand on s'est croisé lors de mon inscription. Mais, vu ta tête, tu n'étais pas au courant. Oups. Si elle ne t'as pas dit quelque chose d'aussi gros, qu'a-t-elle pu te cacher d'autres ? Tu n'as rien vu venir. C'est moi qui ai monté ce plan pour elle. On y travaille depuis plusieurs années. Tu n'as pas trouvé bizarre que son meilleur ami sorte avec ton meilleur ami alors qu'il ne semblait pas vraiment vous aimer le premier jour ? C'est tellement facile… »
Un troisième homme arriva dans les toilettes, interrompant le discours de Wang. Même si Adrien ne voulait pas le laisser gagner, ses mots s'enfonçaient dans son cœur et son esprit. Il se réprima mentalement : il connaissait Marinette. Jamais elle n'aurait été capable de quelque chose comme ça. Mais n'était-elle pas elle qui avait suggérer de faire foirer tous ses rencarts ? Ok, c'était sa volonté. Mais elle avait été bien rapide à trouver une solution pour l'aider si facilement. Et elle avait été d'une grande inventivité pour mettre en place des scénarii tous plus improbables les uns des autres.
Non. Il lui faisait confiance. Et elle l'avait prévenu qu'il était un manipulateur. Désormais, il voyait pourquoi lui et Lila s'entendaient si bien.
Dans son monologue interne, il ne vit pas Wang partir, le laissant seul avec Marinette. Se dépêchant de finir, Adrien partit rapidement à sa poursuite. Il débarqua dans la salle de réception où il vit Mari' et Théodore finir leur danse. Wang s'approchait d'elle par derrière, sans doute pour l'inviter pour la prochaine danse. Théodore ne verrait pas la menace et la lui donnerait sur un plateau d'argent.
Les premières notes de piano d' « Everytime we touch » s'élevèrent. Immédiatement, le cœur d'Adrien se calma alors que son regard se posa sur sa petite-amie. Comme si elle sentait sa présence, elle tourna ses yeux vers lui, s'accrochant à son regard comme si sa vie en dépendait. Rapidement, Adrien arriva à sa hauteur et devança Wang sans qu'elle ne le voit.
« J'espérais une seconde danse. Avoua Théodore avec un léger sourire.
- Désolé… cette chanson est la nôtre.
- Dans ce cas… »
Le designer s'écarta avec un sourire attendri quand il vit l'expression dans leurs yeux et laissa le couple enfin s'enlacer pour la danse. Les premières paroles défilèrent, aucun des deux n'osant se parler ou se regarder. Alors, au lieu de ça, Marinette se blotti contre lui timidement, oubliant qu'ils n'étaient pas seuls et que ce n'était pas comme ça qu'il fallait danser officiellement. Mais elle s'en fichait. Elle voulait juste le sentir contre elle, se sentir en sécurité dans ses bras. Comme toujours.
'Cause everytime we touch
I get this feeling
And everytime we kiss
I swear I can fly
Can't you feel my heart beat fast?
I want this to last
Need you by my side
C'était encore plus vrai désormais. Elle ne pouvait pas le perdre. Pas maintenant. Jamais. Son cœur se serra en repensant aux mots de Lila. « Tu sais très bien que tu ne suffis pas à Adrien pour l'intimité. » Comment Wang avait-il pu dire ça à quelqu'un comme Lila ? Pourquoi continuait-il de la blesser alors qu'il n'avait plus son contrôle ? Et ce regard qu'il lui avait lancé quand son portable avait sonné. Il se considérait comme le vainqueur absolu. Comme s'il était persuadé qu'Adrien la quitterait si facilement. Était-ce vrai ?
« Je n'ai jamais envoyé de message à Wang. Je ne l'ai jamais revu seule. Sanglota-t-elle doucement.
- Je sais Princesse. Le rassura-t-il en la serrant un peu plus. »
Seulement, Mari' sentait bien qu'il y avait quelque chose de plus. Quelque chose de sous-jacent qui retenait Adrien dans son incertitude. Elle leva le regard vers lui.
Your arms are my castle
Your heart is my sky
They wipe away tears that I've cried
The good and the bad times
We've been through them all
You make me rise when I fall
« Adrien…
- Pas maintenant Mari'. Coupa-t-il doucement, déposant un baiser sur son front. Plus tard.
- S'il te plait… crois-moi. Lutta-t-elle contre les larmes.
- Je te crois Princesse. »
Comment un regard pouvait-il être si doux ? C'était indécent. Faisant fi des bonnes manières, Mari' monta sur la pointe de ses pieds et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Il sourit dans le baiser et l'attira un peu plus contre lui. Il l'aimait. Énormément. Mais ils allaient devoir discuter sérieusement. Entre eux… mais également avec son père.
« Je t'aime. Lui murmura-t-il en se détachant légèrement d'elle, continuant de la guider dans leur slow.
- Je t'aime. »
C'était tout ce qu'il avait besoin d'entendre pour affronter son père et ce qui allait arriver.
