Kommen k'sé ?!

On se retrouve encore cette semaine (wouhou !) héhé ! j'me motive vraiment pour essayer de tenir le rythme XD de ce que j'ai prévu (donc hein, ça peut encore changer -.-") il ne reste deux chapitres (sans compter celui-ci) avant la fin de la première partie O: ! c'est fou ! en commençant cette Fic je ne savais vraiment pas si j'allais pouvoir tout mettre et ... on croise les doigts !

D'ailleurs, j'ai dû composer avec une petite "incohérence" du jeu XD fin c'est plus que j'ai du adapter pour pouvoir rester cohérent, j'espère que ça ne vous gênera pas dans lecture !

Je vous laisse ! il nous reste peu de temps avant la Grande Révélation et le début de la guerre !

- la review des Reviews :

- ZergathoSurprise : biiien le bonjour ! * petite révérence * Tu m'as fais rire -.-', oui c'était un peu violent, je dois l'admettre... mais fallait ça pour qu'elle puisse se détacher pour de bon ! et il me semble que Papa Arundel a entre 38 ans et 40 ... * se retient de calculer la différence d'âge *. Et pour le rituel, je voulais un peu montrer qu'une vraie proximité existe entre Luna et les garçons et comme la magie c'est aussi une histoire de contact (faut tâter d'la chaire comme elle avait fait avec Akkira), ça ne les gène pas vraiment, c'est pour le rituel et surtout pour lui sauver la vie. J'aime beaucoup ta théorie ;P ! et donc oui le post ellipse arrive vite ! je sais pas moi-même si je suis prête pour tout ce qu'il va s'y passer ... * tient son petit coeur *. En tout cas c'est toujours un plaisir de te voir par ici ! merci de continuer à suivre les aventures de Luna ! * coucou de la main *.

- MijoReprise : Oh là qui voilà ^^ alors oui Arundel a des appartements dans la Palais impérial et leur demeure secondaire c'était effectivement quand ils étaient au royaume (surtout pour ne pas croiser ... une certaine personne ;P). Eh oui c'était la première fois de Luna ... oh ? le pile ou face, c'est vraiment juste un jeu de hasard ^^ après, vu le "sadisme légendaire de la Déesse", il reviendra peut-être ^^ héhé ! * s'excuse pour la longueur du précédent chapitre *


SOUS LES CENDRES

Chapitre 25 :

Page cruciale

Les rayons du jour nouveau percent à travers le vitrail de la chambre. Volkhard dort encore, je me suis levée il y a déjà plusieurs heures. Heures que je passe à réfléchir.

Maintenant que j'ai compris le dessein qu'il me réserve, il me faut à tout prix parvenir à échapper à son emprise. Mais comment ? Il ne me laissera pas m'en aller, s'il a tant misé sur l'idée d'une « descendance » (rien que de l'idée de porter sa progéniture m'arrache des hauts—le-coeur), il faut que je trouve une parade.

J'ai beau remuer mes pensées dans tous les sens, il me manque encore trop d'éléments. Quand fuir ? Par où ? Comment ?

Je pourrais aussi tout autant le tuer dès à présent… tandis qu'il est là, endormit dans ce lit, nu comme un vers après avoir pris tant de plaisir à me déflorer. Des crépitements jaillissent de mes paumes.

A présent, je le hais tellement.

Je ne savais quoi attendre de ce voyage improvisé et là, dans mon coeur et dans mon corps, je sais qu'il n'y a plus une trace d'amour ou de désir. Il a tué sa propre créature et m'en a débarrassé du fardeau. Les lambeaux de sa « tendre Luna » tapissent cette couche souillée par le sang qu'il m'a fait versé.

Tout ce sang.

Dans mon sommeil, les mots de l'enchanteresse qui m'avait poignardé me sont partiellement revenus en mémoire. Comme si l'acte de Volkhard avait déclenché le sortilège et m'avait ainsi fait saigner. Il m'a certes brutalisé, mais cette hémorragie, c'étaient des flots de sang et de magie qui s'écoulaient. Il va me falloir encore du temps et de l'acharnement pour comprendre quel maléfice elle m'a jeté en surtout, pourquoi ? Qui est-elle ?

Volkhard remue dans le lit.

Du temps … il m'en faut.

La poignée de la porte bouge et les vêtements de la gouvernante apparaissent dans l'embrasure. Elle sursaute légèrement en voyant son Maître ainsi endormit dans un autre lit que le sien. Je bondis du rebord de la fenêtre et me précipite vers elle. Ma chemise de nuit vole et ma main obstrue sa bouche, nous fixons toutes les deux le Seigneur qui n'est pas encore sorti de son sommeil.

Elle soupire de soulagement et je la tiens pour qu'elle ne vacille pas. J'avais déjà remarqué la terreur que Volkhard lui inspirait hier mais … Ce que je n'avais pas vu, c'est l'arrondie de son ventre. Elle sursaute et je la rassure. Ses yeux convergent vers Volkhard et, a en croire ses tremblements, à elle non plus il n'a pas laissé le choix.

- Tssss …

De ce que m'avait enseigné la précédente gouvernante, celle, des domestiques, avec qui j'ai passé le plus de temps au Palais, toutes les servantes ont un médaillon particulier. Je farfouille dans l'encolure du vêtement de la jeune femme et repousse ses mèches roses. Le voilà.

Je réprime une larme en reconnaissant justement le médaillon que portait l'ancienne gouvernante, je comprends donc, pourquoi elle n'est plus au Palais.

Le fermoir ne résiste pas longtemps et le petit bijoux d'agent glisse entre mes mains.

- Partez, quittez le Palais et même l'Empire. Allez-vous en, cachez-vous, et votre enfant avec. Ne remettez plus jamais les pieds ici, s'il vous trouve, il vous tuera.

Ou pire.

Elle sanglote et me prend dans ses bras avant de s'enfuir de la pièce. Juste avant de partir, elle se retourne et lance un regard empli de haine et de dégout à cet homme endormit. A cet animal qui sommeil.

De nouveau seule, je défais la petit goupille du médaillon d'argent ciselé. A l'intérieur, tout comme me l'avait raconté l'ancienne gouvernante, il y a la dose parfaite. Tout juste ce qu'il faut de poison pour tuer dans la minute celle qui l'ingère. Dans ce Palais aux dorures scintillantes, la saleté du monde pourris et grouille. La mort est parfois, la meilleur des échappatoires. A l'époque quand Laosine, l'ancienne gouvernante, me l'avait expliqué, je n'avais pas compris et le poison m'avait paru rance, signe des années de labeur au service de Volkhard et de la couronne impériale. Maintenant qu'elle n'est plus là et que c'est moi qui le tient, le parfum de cette poudre prune est plus frais.

- Chère Laosine, il me semble que vous avez retrouvé votre liberté.

Doucement, je glisse le médaillon dans mon baluchon caché derrière un meuble. Très tôt ce matin, j'y ai aussi dissimulé le carnet.

- Tu es déjà levée ?

Volkhard s'étire et tapote la place vide à coté de lui. J'ai une seconde pour décider de mon plan. Une seconde pour choisir, si j'hésite plus, il décèlera mes doutes et m'empêchera de retourner au Monastère.

- J'ai congédié la dame de chambre. Que je ne revois plus jamais son visage.

Il hoche la tête en baillant. Doucement, je me rapproche du lit, grimpe debout dessus avant de m'asseoir sur lui.

- Et trempe encore une fois ta queue dans une des servantes et je la ferai changer de couleur, rétrécir ou même devenir si purulente qu'on en connaitra la légende jusqu'à Dagda.

Tout en parlant, j'ai déposer mes paumes sur ses joues chaudes. Ses yeux parmes scintillent.

- Une telle menace au réveil ? Haha ! Nous avons tant à nous amuser mon amour.

Il se penche pour m'embrasser mais à la place, j'enfonce mes doigts dans sa bouche et attrape sa langue.

- Sache que j'ai pensé, chacun de ces mots « mon amour »….

Volkhard saisit mon poignet et le tire pour me dévoiler son sourire le plus fendu. Je sais que ce petit jeu l'excite assez pour qu'il ne réfléchisse pas à autre chose qu'à la manière la plus tordue pour me sauter. Qu'il continue ainsi, et je gagnerai des petits instant de vie.

- Soit, je ne toucherai plus aux servantes, tant que tu me satisfais.

Ses mains saisissent mon visage et il caresse jusqu'à la pointe de mes cheveux.

- Car telle est ton unique priorité.

Puis il fait danser la pulpe de ses doigts sur le galbe de mes seins par-dessus ma chemise de nuit. Je dépose ma main dans la sienne et me penche.

- C'est un grand jour Volkhard, préparons-nous.

J'allais me redresser mais il m'attrape et me rapproche encore plus de lui.

- Ton unique priorité Luna.

Ce prénom, je ne l'aimais pas mais à présent, je le déteste lorsqu'il est dans ses lèvres. Il me faut ravaler mon dégoût et prendre ma haine en patience. Ce n'est pas ainsi que je le tuerai, ni ne pourrai m'enfuir.

Alors je l'attrape et l'embrasse avec une fausse fougue qui dissimule en réalité, toutes les envies meurtrières que je nourris à son encontre. Oh oui je veux le tuer, je veux voir la terreur s'afficher sur son visage, je veux voir sa bouche se tordre de douleur et je veux l'entendre gémir de peur.

- Ahmmmh…

Que sa voix meurt en un soupire disgracieux. Celui qu'il expulse de plaisir pourrait me faire saigner les oreilles. Mais je ronge mes crocs, qu'ils patientent, un jour viendra, ils se planteront là, juste là, dans la chaire tendre et odorante de sa nuque.

- Il n'y a que toi Luna, qui peut me rendre fou à m'en ôter la vie.

Je relève la tête et nos regards se croisent.

- N'en doutez pas Seigneur.

/

Une aube nouvelle va bientôt se lever sur Fodlán, ça vaut la peine de changer un peu ses habitudes. Sitôt habillée, parfumée et ornée de tant de bijoux que mon cou ploie sous leur poids, je me suis rendue devant la porte de la chambre d'Edelgar. Et j'ai toqué.

Dans le silence qui précède l'ouverture, mon coeur bat fort, jusque dans mes tempes. Mais elle ouvre bien.

- Luna. Vous … êtes ravisante.

- Ce n'est que de la poudre Edelgard. Puis-je entrer ?

Elle hoche sa tête pas encore couronnée et se décale juste assez pour me laisser passer. Je rentre donc, sa tenue de sacre est déposée sur son lit. Son uniforme. Je laisse échapper un petit rire tandis qu'elle me rejoint et contemple avec moi, la cape de jais.

- Les artistes et historiens feront plus tard de ce jour, une ode à l'Empire. Vous et moi saurons qu'en réalité, j'ai porté la couronne avec mon uniforme d'étudiante. Le monastère… représente tant à mes yeux.

Ses cils si blancs s'agitent sur ses prunelles parmes et je devine que derrière ce « tant » ne se cachent pas uniquement de bons souvenirs.

- Mais ils ne mentiront pas sur votre coiffure !

Elle me regarde, surprise et interdite devant mon amusement.

- Permettez-moi de vous coiffer Edelgard. Pour vous remercier, la tisane que vous m'avez fait porté hier, a été, d'un grand réconfort.

J'ai dis cela en la quittant pour aller m'emparer de sa brosse et de quelques pinces à neige. La future Impératrice me rejoint, emmaillotée dans sa longe robe de chambre vermeille ornée de plumes. Je commence par brosser ses longueurs et décide quel chignon je vais lui faire. L'histoire se moquera d'un détail si anodin, mais elle et moi sauront.

- C'est amusant … Quoi donc ?

Dans le reflet du miroir, je vois qu'elle détail le moindre de mes gestes.

- De nous voir ainsi. Si l'on m'avait dépeint pareille scène il y a quelques lunes, j'aurais surement fusillé du regard celui qui aurait ainsi osé nous rapprocher.

Je ris à mon tour. Evidement que l'idée même d'une entente entre nous est grotesque, mais il faut bien s'en remettre au sadisme de la Déesse, elle qui se joue de nous, de toutes les manières possibles.

- Je suis heureuse de voir ainsi Luna, sincèrement.

J'ai relevé ses cheveux en une queue que j'enroule sur elle-même. Pas trop haute pour pouvoir porter la couronne, ni trop basse pour ne pas la gêner dans ses mouvements. Ses cheveux délicats glissent entre mes doigts.

- Je n'allais pas manquer votre jour de sacre.

Les mots sont sortis tous seuls car je les pense vraiment. Si j'avais été au Monastère et avait appris par racontars son couronnement, il me semble que j'aurai définitivement enterré l'idée d'une quelconque « entente ».

- Quelque part, j'espère encore secrètement pourvoir former avec vous une famille. Mais je sais que c'est une idée idiote. Je n'ai pas su être la soeur qui aurait pansé vos plaies, je n'ai pas su vous écouter… je n'ai rien fais de tout cela.

J'arrache quelques roses à son bouquet et en tresse les tiges pour les glisser dans son chignon parfait.

- Alors ne vous en faites pas Edelgard, le monde va avoir des attendes immenses à votre égard. Ne vous en faites plus pour moi. Quelque soit ma route, courte ou longue. Vous pourrez m'oublier dès ce soir.

Je fais glisser le bout de mes doigts dans le pot de cire et l'étale délicatement sur sa nuque, elle oublie systématiquement cette étape, c'est pourquoi ses cheveux glissent et que les coiffures s'effondrent.

- Et si je ne le souhaite pas ?

- Hum ?

Trop concentrée dans mon oeuvre, je relève le nez vers elle, enfin, vers son reflet.

- Ne souhaitez pas quoi ?

- Vous oublier, ou vous laisser à votre sort ?

J'arque un sourcils en appliquant les dernières touches de cire puis me frotte les mains.

- Voyons Edelgard, nous n'en aurez pas le choix. Volkhard me considère comme sa chose, il n'y a pas nombre de possibilités.

Elle comprend, sans que j'ai à le les lui énumérer et je vois ses traits se crisper.

Car oui, si je la suis il n'y a que deux possibilités. Ma mort. Ou celle de Volkhard, son principal allié. Tout ne sera qu'une affaire de choix, elle comme moi. Et quelque chose me dit que nous aurons à les faire très bientôt.

- Vous voilà prête. Votre Altesse.

Mon sourire ne la fait pas rire. Au contraire. Elle se lève avec toute l'autorité qui la caractérise, puis se dresse, face à moi. Ses sourcils sont si froncés qu'ils se rejoignent presque. L'Impératrice de tout un peuple, la souveraine d'une nation entière. Voilà ce qu'elle est. Tant l'espoir que le bourreau, voilà ce qu'elle sera.

Une immortelle, dans tous les cas. Son nom remplira les pages des ouvrages d'histoire, on écrira des chants à sa gloire ou bien pour amplifier ses défaites. Des Princes et des Rois lui feront la guerre et les trompettes sonneront les effluves de sang déversés dans les plaines. Le tout, sous son nom.

- Vous marcherez sur ce monde Edelgard, il gardera votre emprunte, quelque soit votre route.

Elle croise ses bras.

- Alors marchez avec moi. Ce monde peut devenir le nôtre, libre de l'emprise de Thales, de mon Oncle, tout aura une fin. Je peux vous faire le serment de conduire la lutte pour sortir de leurs tenailles et libérer tout un peule de leurs manigances et de leurs terreurs. Marchez avec moi Luna.

Je dénoue mes mains de mon dos et m'en vais saisir ma cousine contre mon coeur. Ses bras me serrent eux aussi, avec force et conviction. Comme tout ce qu'elle entreprend.

- Je ne suis rien Edelgard, pas même une ombre, pas même une véritable personne, pas même un souffle dans vos cheveux devenus blancs. Je ne peux pas marcher à vos côtés. Il me faut tracer ma propre voie. Mais si cela vous mène … A la mort ?

Edelgard nous sépare et je réajuste les mèches autour de son visage.

- Alors vous n'aurez qu'à regarder la lune, les nuits, elle vous dira tout ce que je n'aurais pas su vous dire.

Je poursuis, sous le regard dur d'Edelgard.

- Le trépas ne me fait pas peur, et d'ailleurs, n'oubliez pas. Mon seul véritable talent a toujours été de survivre.

J'attrape ses mains et dépose sur ses joues un premier baiser.

- Que votre règne soit long.

Puis, un second baiser.

- Et que votre vie soit douce, autant qu'elle puisse l'être pour le guerrier que vous êtes. Mais n'oubliez pas votre coeur.

Mes lèvres se parent d'un sourire, je vois la peau de mes paumes rougir. Je suis si heureuse d'avoir pu le lui dire. Mon esprit s'allège d'un peu du poids de mes regrets et je pars, la laissant se vêtir pour sa grande occasion.

/

Nous n'avons pas non plus échangé sur le trajet du retour. Déjà à mi-chemin, il fait nuit et la calèche avant à toute allure, les pauvres montures vont bien être exténuées.

Comme promis le sacre s'est déroulé dans la plus stricte intimité. Il n'y avait que peu de monde, tous les plus fidèles soutiens de la famille impériale. L'ancien Empereur d'ailleurs affichait une santé des plus déplorable et c'est à peine s'il a pu prononcer ses voeux de résilience. Edelgard quand à elle, a clamé avec fierté le serment de la couronne. Tous les bannerets se sont agenouillés. Quant à moi, j'ai fais la révérence à la jeune souveraine.

Le départ ensuit a été plus que précipité. Il fallait échapper aux questions et autres entremises des nobles sans pour autant les froisser. Personne ne doit savoir encore qui détient à présent les rênes de l'Empire. Volkhard n'a pas eu le temps de m'échanger un mot, j'ai attrapé à toute allure mon baluchon (alourdis par mes deux trouvailles, et d'autres babioles à vendre ou troquer…) et me suis précipité pour quitter le Palais. La calèche était déjà attelée, nous nous y sommes jetées.

Maintenant que la route est calme, le silence s'est fait entre nous, cette distance habituelle qui ne me gêne plus. Inlassablement, je fais tourner le lien en satin bleu qui est noué sur mon poignet. Il me tarde de rentrer au Monastère.

Dans l'excitation du retour et malgré la fatigue de mon corps, je commence à fredonner la petite mélodie d'invocation. Même si elle fait mine de ne pas m'entendre, vu la petitesse de notre embarcation et le silence qui y règne, il est évident qu'Edelgard m'entend.

Je prends sa main et invoque le feu follet aux allures de félin. Elle le reconnait aussitôt et son visage s'empourpre légèrement. Le petit être de feu danse et s'amuse dans l'espace restreint. Il se roule sur nos genoux, se glisse dans nos cous et s'en va, seul dans le noir.

« Je ne suis qu'un chat qui s'en va tout seul,

Mon âme est dans ma poche.

Va, toi le feu follet, danse sur mon cercueil,

Pour mes amis tombés, sonne la cloche. »

Je répète les derniers vers jusqu'à ce que la flamme bleue s'éteigne. Dehors, la nuit noire nous encercle.

Doucement je m'endors, bercée par les ténèbres.

/

- Lady, il faut vous réveiller, nous sommes arrivés.

La calèche est déjà vide, il n'y a que le cochet, même plus de montures. Je me relève et accuse le coup de mes courbatures pour sortir en claudiquant.

Le Monastère… je ne pensais pas pouvoir y retourner. J'enfile ma cape repliée dans le baluchon et laisse mes cheveux à l'air frais. Une fois encore les grilles sont ouvertes et la voie est libre. Aucun garde ne passe et j'ai ainsi tout le loisir de parcourir les allées à ma guise. De ce que je vois, la chambre de Byleth est toujours allumée par la lueur d'une bougie. Je salue d'une pensée mon professeur et entame la montée des marches vers les dortoirs.

Il n'y a que les soupirs endormis qui résonnent contre les murs de pierres. Rien que le silence des sommeils qui m'accueille. Je pousse doucement la porte de ma chambre et dépose le précieux baluchon sur mon autel. Ma cape glisse sur mes épaules et … tiens ? Mon ombrelle.

Il me semblait pourtant l'avoir rangé quelque part, pour la protéger des dégâts, en attendant de pouvoir la vendre à son meilleur prix. J'attrape le bout en bois et … il résiste ?

- Qu'est-ce que … AAAAAAAAAAAAA !

Elle s'est refermée d'elle-même !

Je tombe à la renverse et allume mes deux poings par réflex. Il me faut plusieurs secondes pour réaliser et surtout pour descendre en pression. Quoique … vu la manière dont ces deux saphirs me foudroient… il va encore y avoir du grabuge.

Un soupire s'échappe de ma bouche tandis que je rampe pour aller coller le parchemin de silence sur ma porte.

- Ce ne sera pas la peine, je ne compte pas rester.

Il se lève et apparait dans la lumière de la nuit.

- J'attendais simplement que tu rentres, tu …

Ses yeux s'écarquillent et s'abaissent. Je les suis et découvre la grosse tâche de sang qui dégouline sur ma robe. Mes poings ont éclairé la souillure et je vacille en arrière. Dimitri me rattrape de justesse avant que ma tête ne heurte le sol.

- Qu'est-ce que… Luna ! Ça te fais rire ? Tu perds beaucoup de sang ! Allonge toi, je vais chercher une soignante.

Il me dépose sur mon lit et je le freine dans son élan.

- Ce n'est pas la peine, je t'assure ça va. Tu m'as fais peur avec cette ombrelle !

Dimitri s'assoit à coté de mon lit et laisse ma main sur son bras.

- C'était … une idée de Hapi … quelque peu …stupide. Pardon.

Hapi ?

- Hahahhaha ! Je l'imagine bien cette chipie !

Dimitri dissimule son visage mais il me semble qu'il sourit.

- Est-ce que tu veux que je t'allume un feu ? J'ai monté du bois pour quand tu rentrerais…

- Je veux bien, merci.

Je profite qu'il soit de dos pour retirer les draps de mon lit et attraper une serviette roulée sur une étagère. A la hâte, je défais ma jupe et retire mon caleçon, tout est tâché.

- Ne te retourne pas encore …

Il hoche la tête en positionnant les bûches. Je file dans mon armoire, attraper un autre caleçon. Celui-ci est encore plus abimé mais il fera l'affaire.

Lorsque le feu est allumé, je prends tous les vêtements tachés de mon sang et les jette dans les flammes. Mes lèvres susurrent des mots de guérison et je sens, entre mes cuisses, la chaleur s'intensifier, soigner les saignements. Petit à petit, le sort perd en intensité et je sens que je ne saigne plus. Un soupire s'échappe de mes lèvres et je me vautre sur le sol.

Puis je lève les yeux, vers un Dimitri perdu, confus et tout de même, légèrement sur les nerfs.

- Tu m'attendais depuis longtemps ?

Il soulève les mèches blondes qui ornent son front et vient s'asseoir devant le feu.

- Depuis que tu es partie. Je voulais … reparler avec toi de ce qu'il s'est passé la … dernière fois que je suis venu.

J'ajuste mes bras derrière mon crâne et me repasse tristement la scène.

- De quoi voul…

- Mais là, tout de suite, ce n'est plus de cela dont j'ai envie de parler.

Oh ? Il a légèrement bougé, pour me tourner le dos. Allongée comme je le suis, je vois simplement le reflet des flammes danser sur les pièces métallique de son uniforme. Il me semble d'ailleurs qu'il est le seul élève à en porter. Il se barricade contre tant de choses …

- De quoi dont veux-tu parler ?

Des secondes meurent et je pense qu'il cherche ses mots.

- Edelgard aussi était absente.

J'entends sa question même s'il ne la prononce pas. Puis, j'ai promis de ne pas lui mentir.

- J'étais avec elle.

Sa poigne se resserre dans sa main de métal, je sens son aura, son atmosphère, changer. Depuis quand le simple nom d'Edelgard le met-il dans de tels états ? Si je ne le connais pas ainsi, j'en arriverais à penser…. Qu'il la hait ? J'enviais leur amitié, leur complicité. Depuis quand les choses ont-elles ainsi tourné ?

- Est-ce que tu … as fait cela …. Est-ce que c'est encore l'un de tes petits jeux pour me mettre hors de moi ? Hein ?

Je laisse échapper un petit rire face à la naïveté de sa question.

- Un jeu ? Non Dimitri ce n'était pas un jeu et ce que j'y ai vécu là-bas n'avait rien d'un amusement. En tout cas pour moi …

Puis, j'ajoute du bout des lèvres.

- Mais au moins, je suis en vie.

Pour le moment. Je me retourne et me recroqueville sur le côté. Le souvenir de la sensation, quand il s'est inséré, cette douleur… je peux encore la sentir.

- Je suis …

Me épaules se contractent et je glisse un oeil vers Dimitri. Il s'est rapproché de moi, sa main est figée, juste au dessus de ma taille. Il … semble voir quelque chose, là sur ma peau. Je gigote et trouve des ecchymoses, à l'endroit où Volkhard a mis ses mains pour me prendre. Sur ma peau d'albâtre, il est parvenu à laisser la trace de son passage. Il a appuyé si fort, qu'il a dessiné sur mes hanches, les contours parfaits de ses mains qui meurtrissaient.

Et Dimitri les voit, il comprend tout de suite et jamais encore je n'avais vu ses yeux, son visage tout entier, en proie à une telle fureur. J'ai beau m'empresser de couvrir les marques, je sais qu'elles sont imprimées à tout jamais dans son esprit.

Il ne bouge toujours pas et son silence me fait peur. Je suis incapable de savoir ce qui se trame dans son esprit.

- Cette chipie de Hapi t'as donc demandé de te cacher derrière mon ombrelle ?

Je me rassois sur mes fesses et tente un sourire pour diversion. Mais le fauve a simplement fait glisser ses yeux du néant pour les faire tomber dans les miens. Lorsque nos regards se sont croisés, mon coeur a cessé de battre, juste un instant mais j'en ai eu le souffle coupé.

- Ne me dis pas qui, ou ce qu'il a osé te faire. J'ai peur de moi-même, et de ce que je pourrais entreprendre si je l'apprenais.

Ses dents sont serrées, encore plus que ses poings. J'hoche la tête. Oui, mieux vaut qu'il ne sache pas qui est réellement son « oncle » car derrière le sourire de Volkahrd, il y a la cruauté incarnée.

Dimitri, ses yeux s'embrument et je … vois des larmes perler aux coins de ses yeux. Il tremble et j'ai l'impression que sa respiration est douloureuse.

- Je t'en prie … ne me le dis pas… Je suis …. Si désolé Luna. Je t'ai quitté par orgueil la nuit dernière. J'étais si en colère que tu protèges Edelgard, que tu la défende devant moi alors que je suis presque certain que c'est elle ! Qu'elle nous trahira et qu'elle n'est vouée qu'aux traitrises et perfidies. J'étais furieux …. Furieux que tu ne me suives pas dans cette voie-là, alors je t'ai laissé … et maintenant … Je me déteste encore plus d'avoir été aussi immature et lâche.

Ses mains se jettent sur son visage et je tente d'aller aussi vite pour l'empêcher de se faire du mal. Je noue mes doigts dans les siens et les déloge de sa peau si tendre.

- Ce n'est pas grave Dimitri … il exigeait cela de moi, et peut importe le temps, il l'aurait obtenu. Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça, tu n'y es pour rien.

De petites larmes coulent de ses yeux. Mon coeur souffre encore tant elles sont belles. Sa tristesse est ravissante. Des diamants incroyables se cachent sous ses cils et j'ai presque honte d'assister à ce spectacle.

- Si Luna, je voulais faire les choses convenablement, pouvoir être à tes côtés et laisser simplement mon coeur s'exprimer. J'avais prévu des mots, moi qui ne suis pas doué pour les manier, j'ai tant à te dire … à la place je t'ai laissé seule et tu es partie.

Je caresse ses joues et dépose sa tête dans mon cou. Mon tendre Prince. Mes doigts se perdent dans ses cheveux et il attrape, sans y croire, ma petite taille.

- Faire les choses convenablement ? Je ne suis pas certaine de le mériter. A vrai dire, je sais que je ne suis pas digne d'un quelconque amour. Mais un jour, peut-être, si la vie me le permet, j'essaierai de pouvoir l'être. En tout cas, je voudrais l'être, pour toi.

Dimitri relève la tête et cette fois, c'est lui qui dépose ses mains sur mes joues et m'entraine contre lui.

- Viens avec moi. Après la fin de la saison, lorsque nos apprentissages ici seront terminés. Viens aves moi au Royaume. Je serai couronné dès notre arrivée et ainsi, personne ne pourra plus te forcer. A Fhirdiad, à mes côtés, tu n'auras plus rien à craindre.

- Et qui te protègeras toi ?

Des flammes dansent dans ses yeux, j'aurai tant envie de me noyer dedans.

- Qui te protègeras des trahisons, des manigances et autres traquenards ?

Je mords ma lèvre pour ne pas lui parler de Duscur, mais cette tragédie me terrorise.

- A quoi aurait servie ma survie si ce n'est pas le cas pour toi !? Je ne veux pas vivre dans un monde où tu n'es plus ! Etre Roi est déjà assez dangereux, il n'est pas question que je rajoute mes poursuivants sur la liste des tiens !

J'allais encore crier pour me convaincre moi-même de ne pas céder à son invitation. Lorsqu'il a tut mes paroles, mes doutes et mes craintes, d'un seul baiser. Maladroit mais infiniment doux, son contact est le remède que j'attendais pour mon âme. Certains voient en lui une brute, moi je n'éprouve que sa tendresse, elle se diffuse partout dans mon corps et soigne même les blessures invisibles.

- Je ne suis pas encore capable de te chérir ou de t'aimer. Alors je t'en prie Luna, laisse moi te protéger.

Ah… pourquoi ces mots me font-ils tant de bien ? Je ne devrais pas avoir droit à tant de … de ce mot dans lequel je pensais ne plus croire. Mais il faut l'admettre, j'en ai presque mal, tellement je l'aime.

Alors je réponds à son baiser par un autre. Sans bouger mes lèvres j'essaie de lui transmettre mes intentions les plus secrètes, et les plus honnêtes.

Je voudrais tant le suivre, mais j'ai si peur.

- Ne meurs pas, jamais. En tout cas pas sans moi.

Enfin un sourire se dessine sur sa bouche adorable. Il hoche la tête en enfouissant son nez dans mes cheveux.

- Je te le promets.

Les minutes s'écoulent sur nos corps enlacés. Ce temps si précieux, volé à Enbarr, je suis heureuse de pouvoir le passer ici. J'ai bien fait de survivre.

/

Dès les premières lueurs de l'aube, j'ai quitté ma chambre pour trottiner jusqu'aux entrailles du Monastère. L'Abyss ne dort jamais. Il y a toujours quelqu'un pour trafiquer, se battre ou plus, si affinités. Dans la poche de ma cape, le petit morceau de bois remue et je referme mon poing dessus pour être bien certaine qu'il ne s'échappe pas.

J'arrive dans les couloirs sombres et mal odorants, puis je remonte à tâtons jusqu'à la chambre des filles. La porte n'est pas verrouillée, de toute manière, personne n'oserait s'en prendre aux louves. Car quelque part, le vrai loup rôde, le fard à ses paupières cache à peine sa nature, mais Yuri veille toujours sur les siens.

Je pousse la porte et prends soin de ne marcher sur personne. Jusqu'à trouver le corps endormit de Hapi. Je la secoue un peu et elle daigne enfin ouvrir un oeil. Puis je lui murmure :

« Retrouve moi dehors, nous allons filer sous le nez des gardes. »

Elle baille et se lève, à peine réveillée et rampe jusqu'à la porte.

Une fois dehors, elle baille encore et m'attrape.

- Luluuuu … pourquoi tout ça ? Qu'est-ce que tu comptes faire avec des pelles ?

Avant de descendre, j'avais dissimulé un tas de linge sous des pelles. Je les attrape et en tends une à Hapi.

- J'ai besoin de toi.

Elle fixe ses yeux encore un peu embrumés dans les miens et s'étire en attrapant le manche en bois sale que je lui tends.

Nous nous faufilons jusqu'aux grilles, les marchands ne vont pas tarder à arriver pour mettre en places leurs étales. Pour l'heure, l'esplanade est déserte et nous parvenons sans mal à naviguer entre les tours de garde. La force de l'habitude.

Les portes du monastère sont à présent derrière nous et nous pouvons cavaler à perde haleine jusqu'à la forêt. Je prends la tête, ma destination bien ancrée dans mon esprit et guide Hapi en jappant par intermittence. Cet forêt, je la connais désormais, je ne m'y suis jamais perdue. Je passe mes mains sur les troncs anciens et si résistants, je saute au-dessus des souches et effleures les fougères trempées par la rosée. Les oiseaux répondent parfois à mes appels, mais dans tous les cas, Hapi me suit. Elle n'est pas familière de cet endroit et préfère l'altitude de ces maudites bestioles volantes, mais elle tient la distance.

Je contourne encore quelques troncs et mes cheveux s'accrochent dans les épines éternelles des sapins. Me voici enfin, à l'endroit que je voulais. La petite clairière où m'a conduit Infâme. Nous y avons joué et j'y ai appris pour son art des cabriole. C'est ici.

Derrière moi, Hapi me rejoint, légèrement essoufflée, je me promets alors, je lui offrir un petit déjeuner conséquent !

- Qu'est-ce qu'on fait là ?

Puis je me retourne et plante la pelle dans le sol.

- On enterre une amie.

Le visage de Hapi se fige et elle commence à chercher autour d'elle, la trace d'un cadavre. Mais qu'elle ne cherche pas, c'est moi qui l'ai. Dans ma poche, je sors la planche de bois que j'ai retiré de ma porte ce matin. Dans tout le dortoir, tout le monde à la sienne. Ce morceau d'écorce avec notre nom gravé dessus.

« Luna Von Arundel ».

- C'est elle que l'on enterre aujourd'hui.

Je dépose le morceau de bois sur l'uniforme que j'ai pris. Avec celui que j'ai brûlé hier, il ne m'en reste plus qu'un seul. Ce sera bien assez pour fini les apprentissages ici, il ne me reste plus que deux mois, deux mois avant de faire le grand bon dans l'inconnu. Hapi passe ses doigts sur les lettres gravées et me regarde commencer à creuser. Elle ne me pose pas encore de questions, mais je suis prête à lui répondre.

Une fois le trou assez profond, je dépose mon uniforme et souffle sur le tombeau pour y mettre le feu. Les flammes dévorent ce qu'il reste de « Luna », tandis que Hapi prend ma main.

- Il n'y aura que toi qui sauras, « Luna von Arundel » est morte pour moi. Les autres continueront à m'appeler ainsi, mais ce sera d'un fantôme dont ils parlerons. Rien d'autre qu'un souvenir, un mirage.

- Mais si … qui seras tu ?

Je me retourne et souris à mon amie.

- La vraie : Lunalee. C'est mon véritable prénom, il n'y a que toi et Dimitri qui le connaissaient. Je ne sais pas encore quel est mon nom de famille, mais je ferai tout pour le découvrir.

Le brasier crépite, le feu se repait des souvenirs de Luna. Mon coeur s'allège en voyant les cendres du joujou de Volkhard et la rage me gagne.

- Je sais que c'est étrange, mais j'avais besoin de cela pour passer à autre chose. Je ne suis plus le Chien de qui que ce soit et ma vie m'appartient. Pour le peu qu'il en reste, je veux faire les choses à ma manière et ne plus obéir.

C'était avec Hapi que je voulais le faire, parce qu'elle peut comprendre. Et elle comprend, je le vois dans ses yeux. De la conviction, de la force et du courage.

- Lunalee alors ? C'est un chouette prénom, mais pour moi tu restes Lulu.

Les dernières flammes ne laissent que des cendres avant de s'éteindre. L'incendie est terminé. Je soupire sur les dernières braises et commence à les recouvrir de terres. Nous achevons le monticule et j'enfonce dedans, la planche de bois.

/

« Après ça, nous sommes retournées au monastère en parlant simplement. Je lui ai tout dit, pour Volkhard en tout cas. Elle sera la seule à savoir. Hapi a tout de suite fait le lien entre mes saignements et la magie de cette agresseur mystérieux. Selon elle, ce pourrait être une sorte de sort de stérilité. Je dois admettre que sa théorie est bonne et surtout dangereuse. S'il apprend que ses voeux de descendance sont compromis, Volkhard pourrait devenir incontrôlable et surtout juger de mon inutilité. De toute manière, qu'il veuille m'enfermer ou me tuer dans la seconde, il faut que je trouve une solution pour m'enfuir.

Hapi m'a proposé son aide, j'ai accepté. Son avis et son regard me seront d'un grand secours. Seule, je ne parviens pas à établir une stratégie. »

Je frotte mes pieds les uns contre les autres et croque à nouveau dans le quartier d'orange que j'ai ramené du réfectoire. Hapi et moi nous nous en sommes mis plein le ventre. En même temps, ce n'est pas tous les jours qu'on fête ses propres funérailles ! Le jus et la pulpe dégoulinent de mes lèvres et je m'essuie avec ma manche. Mon dernier uniforme…

/ Toc toc /

- Moui ?

La porte s'ouvre et Annette rentre dans ma chambre. Toujours autant de bonne humeur, son sourire est communicatif.

- Vous venez ?

Je referme mon carnet et enfile mes bottes.

- Certainement, mais où ?

Elle plaisante sur le bazar et les piles de livres puis me tend ma cape posée sur la chaine. C'est elle et Mercedes qui m'ont aidé à trouver les tissus pour la repriser.

- L'Archevêque à demandé au professeur de tenir un genre de célébration. Toute la classe doit s'y rendre.

Oh … Pas certaine que l'archevêque en ai quelque chose à faire de ma présence mais si toute ma classe s'y rend. J'hoche la tête et la suis, dans le couloir puis dans la court. En effet, tous les Lions sont rassemblés, à quelques pas de la chambre du professeur qui arbore toujours ses nouveaux attributs. Capillaires et Visuels.

- Professeur, même vos yeux ont changés.

Je n'avais pas remarqué cette nouvelle couleur. C'est étrange, maintenant qu'il se tient à côté de l'archevêque, j'ai l'impression qu'ils se ressemblent.

- Bien, nous pouvons désormais nous rendre à la Tombe Sacrée. Professeur, j'ai si longtemps attendu ce moment.

L'archevêque regarde Byleth avec tant d'espérance et de convoitises, personne n'ose poser de questions et nous emboîtons le pas de cette femme énigmatique.

Je murmure à Annette.

- Je ne savais qu'il y avait un tel lieu « La Tombe Sacrée » …

La rousse hausse les épaules et ses couettes dansent.

- C'est un lieu très Saint.

Mercedes, les mains en prières nous sourie. Elle semble tout à fait ravie de suivre le chemin de l'archevêque. Devant moi, je vois la carrure imposante de Dedue et les cheveux fins de Ashe qui volètent lorsqu'il avance. Nous la suivons tous.

Moi qui pensais que le monastère n'avait plus de secrets, ma connaissance n'est que poussière face à celle de Rhea. Elle navigue et se faufile dans les couloirs et semble en connaitre les moindres recoins. Surtout les recoins dissimulés, cachés et dérobés à la vue des curieux.

La Tombe Sacrée. Quel endroit ! Mercedes a pleurer en y pénétrant et je dois bien avouer que même moi, je ressens la grandeur des lieux.

- Cela vous surprend ? Nous sommes ici dans la Tombe Sacrée.

La voix de l'archevêque se répercute contre les hauts murs verdâtres et sculptés. Nous nous sommes rassemblés autour d'elle pour écouter sa voix dont les tonalités ont légèrement changé. C'est incroyable. Partout où mes yeux se posent, ils rencontrent des choses, comme venues d'un autre temps. D'un autre monde. Jamais je n'aurai pensé qu'il pouvait y avoir un tel lieu, juste en dessous du monastère.

- C'est en ce lieu que repose, aux côtés de ses enfants, la Déesse créatrice de notre monde.

Elle dit cela en désignant… nous nous tournons tous pour l'admirer. Ce trône, taillé dans une roche que jamais je n'avais vu. Il est grand, solide et surtout …vide.

- On dit que la Déesse Sothis siégeait autrefois sur ce trône.

Les sanglots de Mercedes s'intensifient, d'autant plus que personne n'ose parler. C'est à peine si j'ose respirer tant l'atmosphère est lourde et solennelle. Puis je vois Byleth, avancer et monter les marches jusqu'au trône. A coté de moi, je pourrais entendre les phalanges de l'archevêque craquer tant elle serre ses mains avec force.

- J'ai attendu… tant attendu que ce jour arrive enfin.

Puis elle hausse légèrement la voix à l'intention de Byleth, soudain pris de mélancolie face au trône qu'il a dit avoir reconnu.

- Asseyez-vous sur le trône. La Déesse se révèlera à vous, j'en suis certaine.

Byleth se retourne à peine et pourtant je décèle une certaine peine dans ses yeux. Comme s'il connaissait déjà la réponse, une réponse triste et douloureuse. Il s'avance finalement et dépose ses mains sur les accoudoirs du trône. Son visage … ses sourcils sont légèrement froncés et j'ai presque l'impression qu'il caresse la pierre et la tapote. Juste comme je l'ai fais ce matin. Comme on réveillerait quelqu'un qui dort.

Les secondes s'égrainent et il ne se passe rien. Juste l'archevêque qui tranche le silence de son ton imperturbable.

- C'était pourtant la dernière étape … quel pourrait-être l'élément manquant ?

Nous sommes tous suspendus à ses lèvres. Même moi, je n'ai pas senti la magie arriver. Seul Dimitri a réagit.

- Halte ! Qui êtes-vous ?

La magie de téléport nous surprend lorsqu'elle fait apparaitre des individus dans ce lieu sacré. L'un d'entre eux prend la parole. Un garçon au nez pointu et aux cheveux bruns.

- Que personne ne bouge, au moindre geste, c'en est fini de vous !

J'entends à peine sa menace, ce qui me préoccupe c'est que tous le Lions sont là. Tous. En uniforme, uniquement armés des épées d'apparat…

- Je ne saurais que trop vous remercier de nous avoir guidé jusqu'ici. Tout ce qui se trouve dans la tombe sacrée appartient désormais à l'armée impériale !

Nous resserrons les rangs les uns contre les autres. Byleth nous rejoint. J'entends les murmures de mes compagnons qui tentent de comprendre ce qui nous tombe dessus.

- L'Empreur des Flammes est lié à l'Empire…

La voix de Félix vient frôler mes oreilles..

Un frissons me parcourt et je chasse l'idée qu'il suggère. L'urgence est d'abord de trouver un moyen pour remporter ce combat. De simples armes d'apparat c'est tout ce dont nous disposons alors qu'en face, l'armure de l'Empereur des Flammes luis d'une menace silencieuse. De nouveaux mages et combattants arrivent pour grossir les rangs des pillards et ils s'en vont se précipiter vers des coffres un peu partout dans l'immense salle.

- Je ne pensais pas que vous auriez le cran de revenir. Que cherchez-vous, Empereur des Flammes?

Dimitri est en première ligne, juste à côté de Dedue. J'aimerai l'attraper et lui dire de baisser d'un ton, nos armes ne résisterons pas longtemps à sa poigne légendaire et là, pas moyen de changer de lance !

- N'est-ce pas évident ? La Tombe Sacré contient un grand pouvoir. Le pouvoir de diriger tout Fodlán.

- Tout comme vous l'avez fait à Duscur !

Hein ?

Je sens la tension de l'air s'intensifier. C'est donc cela ? Il pense que l'Empereur des Flammes est lié à cette tragédie ?! … et que donc … selon lui, que Edelgard serait … responsable ?

- Je n'ai rien à voir avec cela.

Je guète d'un oeil les pillards et surtout leur armement, il va falloir se débarrasser d'eux pour pouvoir nous servir de leurs armes. Quoi qu'il arrive, nous nous battrons.

- Récupérer moi les gemmes emblématiques. Tuez-les s'il le faut.

Le pillage commence. Je ne sais même pas ce qu'ils cherchent mais les mots que j'ai entendus me déplaisent. L'archevêque s'insurge également mais ses paroles rugueuses ne peinent personne.

Ce combat ne sera pas équitable. Alors je retrousse mes manches et commence à charger de la magie. A coté de moi, tous les élèves ont déjà dégainé leurs armes. Je connais leur force et leur détermination, mais je ne sais pas si cela suffira pour la victoire.

La batailla va commencer et je compte bien en profiter pour régler son compte à l'Empereur des Flammes une bonne fois pour toutes.

Qui que ce soit, son masque tombera.