" Buenas tardes, don Diego, je vois que vous vous intéressez à mes épées. Voudriez-vous en essayer une ?

- Ce serait avec plaisir, répondit le jeune homme en jetant un coup d'oeil à l'arme qu'il convoitait, mais je ne suis qu'un piètre escrimeur.

- Pardonnez-moi señor mais l'épée que vous observez n'est pas vraiment faites pour la décoration, je... Je préférais qu'un escrimeur qualifié puisse s'en servir.

Diego sourit, cherchant une excuse valable puis se hâta de rassurer le commerçant.

- Ne vous inquiétez pas, l'épée n'est pas pour moi, c'est un cadeau pour mon père. "

Le vendeur laissa échapper un soupir, il avait certes besoin que ses armes soient vendues, puisqu'il vivait pleinement de cela mais, voir une si belle arme finir sur un mur le rendait malade.

" - Cette épée sera parfaite, elle est très légère, je suis sûr que votre père sera ravi. "

Diego se contenta de sourire, tandis que l'homme emballé avec soin la marchandise. Le jeune don paya et quitta le marché.

1 semaine plus tard.

Alejandro attendait son fils qui était allé voir le sergent Garcia à la caserne. Ils devaient se retrouver dans une heure à la taverne mais le vieil homme n'aimait pas particulièrement son ambiance. Et il avait donc décidé de faire un tour au marché de la plaza.

Il s'arrêta inconsciemment devant le stand d'armes et son esprit s'imagina déjà son fils se battre avec l'une de ses merveilles.

L'arrachant à son imaginaire, le commerçant l'interpella.

" Buenas días, Don Alejandro, je suis ravie de vous voir. Dites-moi l'épée vous convient-elle ? "

L'interpeller resta un instant bouche bée.

" - Je ne comprends pas.

- Oh... Je... Votre anniversaire n'est pas encore passé ?

- Si, mais pourquoi me demander vous ça ?

- Le cadeau de votre fils...

- Eh bien ? Il m'a offert un très joli chapeau et...

Une voix l'interrompit :

- Père !

- Diego, tu es déjà de retour ?

- En effet, désirez-vous rentrer ? Vous semblez troublé.

- Oui, rentrons. Il se tourna ensuite vers le commerçant. Merci pour cette petite discussion, elle fut très instructive. "

Le marchand sourit, incertain.

Tandis qu'ils se dirigeaient vers les chevaux, sans un mot, Alejandro brisa finalement le silence.

" As-tu acheté une épée récemment ? "

Diego du faire un effort sur humain pour cacher ses émotions. Son père aurait-il compris sa double identité ? Dans le doute, mieux valait nier.

- Moi ? Non. Répondit le jeune homme avec un rire forcé.

Mais Alejandro avait décelé l'once de panique de son fils. Il avait compris. Mais, si Diego avait décidé de ne rien dire alors il ne devait pas l'y obliger.

- J'en parlais tout à l'heure avec le vendeur, avec le nombre de clients qu'à cet homme il est normal qu'il se mette à les confondre. "

Diego reteint un soupir de soulagement et hocha la tête tandis qu'il se mettait en selle. Il devra être plus prudent désormais.