Bonjour

Voici le chapitre 38 de cette histoire. Plus que deux et on passera à une nouvelle histoire. A de nouveaux personnages. Et à de nouvelles aventures.

Merci de continuer à me lire malgré mon irrégularité de publication. Promis, cette fois, j'essaie d'arrêter les bêtises.

Dean et Castiel ont enfin compris qu'ils étaient deux idiots.

Bonne lecture et à la semaine prochaine

Sydney8201

Musique du chapitre :

Leave out all the rest de Linkin Park

Chapitre 38 : Retrouvailles

« La vie c'est des étapes … la plus douce, c'est l'amour … la plus dure c'est la séparation … la plus pénible c'est les adieux … la plus belle c'est les retrouvailles. »

Anonyme

Deux mois s'étaient écoulés depuis que Dean avait parlé à Castiel pour la dernière fois. Et si cela avait semblé incroyablement court au jeune homme, il s'était pourtant passé énormément de choses durant ce lapse de temps.

Le procès avait finalement eu lieu. Dean avait témoigné comme convenu. Grâce à la préparation de Crowley, au soutien de ses proches et de Victor et à la franchise dont il avait décidé de faire preuve, son témoignage avait eu l'effet escompté. Il avait mis les jurés de son côtés. Il avait obtenu leur sympathie et leur compassion. Et Crowley avait enfoncé le clou en dressant des portraits parfaits des autres victimes. De ceux que personne n'avait voulu écouté ou entendre. De ceux qui étaient morts dans l'indifférence la plus totale. Dean l'avait trouvé incroyable. Il était impliqué et déterminé à faire payer Roger. Sa plaidoirie avait été un succès retentissant. Combiné au témoignage de Dean et à sa présence à chaque journée du procès, ils avaient obtenu la peine maximale. Roger allait passer le reste de sa vie en prison.

Les médias s'étaient bien sûr emparés de l'affaire. Ils étaient là pour commenter chaque audience. Chaque intervention. Et ils s'étaient régalés du témoignage de Dean. Rapidement, il avait trouvé des journalistes à sa porte. Tous voulaient obtenir une interview exclusive. Tous voulaient l'entendre raconter à nouveau ce qu'il avait traversé. Ce qu'il avait subi de la part de ses clients. Ils voulaient des noms. Des secrets. Des détails juteux. Dean refusait bien sûr à chaque fois. Et comme Sam le lui avait assuré, les médias avaient fini par se lasser.

On l'avait remplacé par le nouveau scandale à la mode. Dean avait alors pu reprendre une vie normale. C'était seulement quand les journalistes avaient choisi de le laisser tranquille qu'il avait accepté de sortir avec Victor. Il ne voulait pas qu'il puisse être lui aussi en couverture des journaux. Il ne voulait pas que cette histoire puisse avoir un quelconque effet négatif sur sa carrière. Il méritait bien mieux que ça.

Leur premier rendez-vous avait été étrange. Dean n'avait jamais rien connu de tel. Il n'avait jamais partagé un dîner avec un homme qu'il ne comptait pas ramener chez lui le soir même. Il ne savait pas comment se comporter ou même comment s'habiller. Victor l'avait heureusement mis très rapidement à l'aise. Et la soirée avait été parfaite.

Ils s'étaient ensuite revu plusieurs fois jusqu'à échanger leur premier baiser. Dean avait alors l'impression que tout allait pour le mieux. Que plus rien ne pourrait jamais le blesser à nouveau. Il se sentait fort et indestructible. Il se sentait heureux.

Il avait été nerveux la première fois où ils avaient couché ensemble. Il ne savait pas ce que Victor attendait de lui. S'il comptait sur son expérience passé pour soutirer quelque chose de lui au lit. Mais une nouvelle fois, son petit ami avait été absolument parfait. Dean avait eu la sensation de vivre une nouvelle première fois. Victor avait été le premier – peut être le second si Dean comptait Castiel mais il refusait de le faire – à lui faire l'amour. Dean avait pris du plaisir. Et il avait senti leur relation évoluer après ce soir-là.

Tout aurait du être parfait. Mais Dean pouvait sentir qu'il lui manquait quelque chose. Victor avait tout pour le rendre pleinement heureux. Il était un petit ami idéal. Il avait même réussi à s'entendre avec Sam. Dean avait envie de l'aimer. Il n'y arrivait toutefois pas. Et s'il savait pourquoi, il refusait de l'admettre et de baisser les bras.

Il avait choisi de persévérer. Et d'occuper son temps libre à construire sa nouvelle carrière. Gabriel avait fini par lui faire signer son contrat. Ils avaient passé quelques semaines à retravailler son manuscrit. Dean se fichait que son nom soit publié. Les médias le connaissaient déjà. Mais il devait préserver l'anonymat de ses clients.

Une fois satisfait, Gabriel publia enfin son livre. Et à la grande surprise de Dean, ce fut aussitôt un succès. Les ventes s'emballèrent très rapidement et le jeune homme n'était pas sûr d'être totalement prêt. Heureusement pour lui, Gabriel était à ses côtés à chaque nouvelle étape. Il n'était pas seulement son éditeur. Il était devenu bien plus que ça. Ils étaient amis à présent. Dean savait qu'il pouvait compter sur lui. Et qu'il pouvait l'appeler à chaque fois qu'il commençait à douter ou qu'il avait la moindre question.

Gabriel avait 2T2 là pour le procès. Castiel également. Dean les avait longuement remercié pour leur soutien. Et si Gabriel était ensuite resté dans sa vie, son frère avait pris ses distances aussitôt le verdict annoncé. Dean pouvait le comprendre. Leur relation n'était plus la même depuis leur dispute. Les choses avaient changé entre eux et il était difficile pour eux de revenir en arrière. Dean refusait de s'imposer dans la vie de Castiel s'il n'y était pas voulu. Et c'était sans doute mieux ainsi. Bien sûr, son ami lui manquait cruellement. Mais parce qu'il ne pouvait pas se compter de le voir juste de temps en temps sans avoir envie de beaucoup plus, il préférait ne plus le voir du tout. Il avait des nouvelles par Gabriel parfois. Cela devait lui suffire. De son Cöt2, il préférait se concentrer sur ceux qui faisaient effectivement parti de sa vie. Il passait plus de temps avec Sam. Il avait enfin l'opportunité de voir Charlie régulièrement. Et il avait Victor. Un homme parfait en tous points avec qui il voulait vraiment tenter de construire quelque chose. C'était déjà beaucoup et sans doute bien plus qu'il ne méritait vraiment. Mais il avait appris à accepter les bonnes choses sans systématiquement se demander si cela ne risquait pas de lui retomber dessus plus tard. Il aimait sa vie telle qu'elle était. Même si Castiel lui manquait terriblement.

Il avait également reçu le soutien inattendu de beaucoup de ses lecteurs. Gabriel avait insisté pour qu'il lise des passages de son livre devant son public pour en faire la promotion. Il détestait l'idée de se montrer ainsi. Il avait peur de recevoir des critiques. Mais à sa grande surprise, les gens étaient plutôt bienveillants. Il avait rencontré certains anciens prostitués qui lui assuraient que son livre les avait aidé. Qu'ils étaient enfin passé à autre chose parce que Dean leur en avait donné l'inspiration. Il avait compté dans leur vie. Il avait également parlé à des proches de gens qui comme lui avaient un jour choisi de vendre leur corps par nécessité. Ils les avaient écouté lui parler des épreuves. Des souffrances. De la peur et des nombreuses fois où leur fils, frère, ou ami s'était retrouvé à l'hôpital dans un état pitoyable. Eux aussi avaient aimé son livre. Et eux aussi avaient toujours un mot gentil à lui adresser.

Il y avait eu enfin les familles des victimes de Roger. Certains étaient venus le voir pour le remercier de son témoignage. Pour le remercier d'avoir pris la défense de leur enfant quand eux ne l'avaient pas fait. Tous avaient aimé son livre. Tous pensaient que ce livre les avait aidé à se sentir plus proche de leur enfant perdu. Qu'ils le comprenaient mieux maintenant. Dean avait été à la fois flatté et touché par ce qu'il avait entendu. Et s'il n'aimait toujours pas les compliments, il savait les accepter à présent.

Bien sûr, il n'y avait pas que des gens bienveillants à ces lectures publiques ou de façon générale d'ailleurs. Dean avait été confronté avec plusieurs personnes déterminés à lui faire que son livre était une honte. Qu'il incitait les jeunes hommes à se prostituer. Qu'il banalisait le sexe. Qu'il allait probablement finir en enfer. Que son âme était irrécupérable. Dean s'était attendu à ce genre d'interventions et si elles restaient douloureuses à vivre, il ne les laissait pas le miner. Comme Victor le lui avait dit plusieurs fois, il ne devait surtout pas se soucier de ce que ces gens pensaient de lui. Il ne devait retirer que le positif de chacune de ses expériences. Ne surtout jamais laisser les méchants gagner. Dean lui avait alors demandé si c'était ce qu'on leur enseignait à l'école de police. Ils avaient bien ri de sa plaisanterie ridicule avant de finir par fêter tout cela au lit pendant une bonne heure.

Dean s'était forgé une carapace durant toutes ces années. Il avait affronté bien pire dans la vie. Il pouvait affronter ces gens. Il n'en avait pas peur.

Et c'était ce qu'il se répétait quand il faisait une lecture publique comme il était en train de le faire aujourd'hui. Il se concentrait sur les sourires parmi l'assistance. Il ignorait ceux qui grimaçaient en l'écoutant. Ceux qui semblaient prêt à lui sauter à la gorge à chaque nouveau mot prononcé. Il ne comprenait pas pourquoi ils s'acharnaient à venir s'ils le détestaient autant que ça.

Une fois qu'il eut fini de lire le passage choisi par Gabriel pour cette lecture, il s'installa derrière une petite table prévue à cet effet et commença à signer les exemplaires des gens présents. Il ne cherchait jamais à raccourcir ces rencontres. Il prenait le temps nécessaire avec chaque personne. Il les écoutait. Avait toujours un mot gentil pour ceux qui en avaient besoin. Il n'aimait pas se donner en spectacle mais il aimait l'après. La rencontre avec les autres. Le moment de partage qui concluait chaque lecture.

Il se sentait plus fort après. Il se sentait utile. Et c'tait exactement ce qu'il avait voulu obtenir en acceptant de publier son libre. Il ne voulait pas juste gagner de l'argent ou devenir célèbre. Il voulait transmettre un message. Il voulait toucher les gens. Aider ceux qui en avaient besoin. Il voulait que son livre serve à quelque chose.

Il prit donc tout le temps nécessaire avec chacune des personnes qui s'approcha de lui. Puis, quand il n'y eut plus personne, il rassembla ses affaires, prêt à partir. Il avait un rendez vous avec Victor le soir même. Il ne savait pas encore ce que son petit ami avait prévu mais il n'était plus aussi nerveux qu'avant.

Il était entre deux rayonnages à vérifier qu'il n'avait aucun message de Victor quand il entendit quelqu'un approcher dans son dos. Il se tourna aussitôt par réflexe et sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale quand ses yeux se posèrent sur un ancien client. Ce n'était pas la première fois qu'il ne croisait un depuis qu'il avait arrêté. Mais tous ceux qui étaient venu le voir jusqu'à présent étaient des hommes qu'il avait apprécié. Pas celui-là.

- Quand j'ai vu ton nom sur la couverture de ce livre, j'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un homonyme. Parce que franchement, je ne te pensais pas capable d'écrire quoi que ce soit … je n'étais même pas sûr que tu savais réellement lire jusque-là.

Dean ne devait pas perdre son calme. Il avait tiré un trait sur cette vie. Il ne devait surtout pas laissé son passé revenir et le déstabiliser maintenant qu'il avait repris les choses en main. Peu importait ce que Franck pouvait lui dire.

- Et j'ai été également surpris d'apprendre que tu n'étais plus sur le marché … je veux dire … j'étais vraiment persuadé que c'était la seule chose que tu étais capable de faire. La seule chose pour laquelle tu étais vraiment douée.

Dean se força à respirer calmement. Il avait le cœur qui battait trop vite dans sa poitrine et il avait une furieuse envie d'abattre son poing dans le visage de son ancien client. Mais il voulait croire qu'il était plus fort que lui. Plus fort que ça. Il refusait de causer un esclandre. Ce serait laisser Franck gagner. Il était évident qu'il cherchait uniquement à le pousser à bout pour gâcher son moment.

- Bien sûr, une fois la surprise passée, j'ai acheté ton livre et je l'ai lu … de la première à la dernière page et alors la colère a remplacé la surprise … parce que tu as eu le culot de parler de nous Dean … de parler de moi. Je croyais pourtant que j'avais été plutôt clair sur ce point. Tu n'avais pas le droit de parler de moi.

Dean avait déjà entendu ce genre d'accusations. Il savait parfaitement quoi répondre. Gabriel et lui avaient consultés des avocats avant de publier le livre. Ils avaient également parlé avec Ellen pour être sûr que Dean avait le droit de le faire. Ils avaient changé les noms et modifié quelques détails. Ils étaient légalement couverts. Et le jeune homme ne se laisserait certainement pas intimider par Franck.

- Personne ne peut savoir que je parle de toi. Je m'en suis assuré. J'ai changé les noms et les descriptions. J'ai modifié les lieux et je n'ai donné aucun détail compromettant. Tu ne risques rien et par conséquent, je ne risque rien … tu peux toujours m'intenter un procès si ça te chante mais je préfère te prévenir tout de suite. C'est une perte de temps.

Franck sourit en approchant d'un pas. Dean avait envie de reculer mais il refusait que son ancien client puisse le voir comme la preuve qu'il avait peur. Il voulait lui tenir tête.

- Oh c'est sûr … personne ne peut savoir que tu parles de moi dans le chapitre six mais … moi je le sais et … tu as pris un risque en le faisant. Tu m'as mis en danger. Tu ne m'as même pas averti avant de le faire ce qui … permets moi te le dire … aurait été bien plus courtois et poli. Mais … non, je n'ai pas l'intention de te faire un procès. Je sais que je n'aurais aucune chance de gagner. Je suis juste venu te dire que je suis … déçu et … furieux.

Dean prit une seconde pour réfléchir à la meilleure manière de gérer la situation. Il estimait vraiment ne rien avoir à se reprocher. Mais il savait qu'en restant sur ses positions, il ne parviendrait pas à se débarrasser de Franck rapidement. Il n'avait pas envie de perdre plus de temps avec cet enfoiré. Il était peut être temps pour lui de changer de tactique. De lui donner ce qu'il attendait pour se défaire de lui et pouvoir rentrer chez lui.

- Je suis désolé Franck. Je suis désolé si je t'ai blessé ou mis en colère. Ce n'était pas mon but quand j'ai choisi de publier ce livre. Mais même si j'aurais peut-être pu faire différemment, je ne regrette pas pour autant de l'avoir fait. C'est ma vie et je suis libre de la mener comme bon me semble.

- Tes excuses ne suffisent pas Dean. J'ai besoin de plus. J'ai besoin que tu te fasses pardonner. Et je sais exactement comment tu pourrais t'y prendre pour que je passe l'éponge.

Dean dut se retenir de ricaner devant le ridicule de ce que Franck venait de dire. Il n'avait pas besoin de son pardon. Il se fichait que son ancien client soit en colère contre lui. Il pouvait même le détester si cela lui faisait plaisir. Il avait tiré une trait sur cette vie. Il n'avait plus besoin de satisfaire les idiots dans son genre. Et c'était ce qu'il avait prévu de lui dire. Mais Franck reprit la parole avant qu'il n'en ait le temps.

- Voilà ce que je te propose … si tu veux que j'oublie ce que tu m'as fait et la colère que je ressens … tu vas m'accorder un rendez-vous … deux heures comme avant. Pas plus. Pas moins. Et tu me laisseras te faire tout ce que j'ai envie de te faire. Comme au bon vieux temps. Je suis sûr que tu n'as pas oublié comment t'y prendre.

Dean n'en revenait pas que Franck ose lui proposer quelque chose de ce genre. C'était ridicule. Et il devait se douter que le jeune homme n'accepterait jamais. Il ne pouvait pas être stupide au point de croire qu'il réussirait à le convaincre.

- Désolé mais c'est hors de question. C'est fini tout ça pour moi. Je suis passé à autre chose et je te suggère d'en faire autant.

- A bien y réfléchir, je pense d'ailleurs qu'un seul rendez vous ne suffira pas. Je suis bien trop en colère pour tout oublier en deux heures. Je pense qu'il me faudra plusieurs autres rendez-vous … peut être même qu'on pourrait recommencer à se voir une fois par semaine comme avant. Je te paierais si c'est ce qui t'inquiète. Moins cher qu'avant bien sûr parce que tu dois te faire pardonner mais … une petite somme histoire que tu sois satisfait.

Dean ne put cette fois pas s'empêcher de rire. Franck était stupide. Ce n'était pas une nouvelle mais Dean n'avait pas imaginé qu'il l'était à ce point. Il venait de lui proposer de redevenir son client. De recommencer un métier qu'il s'était juré de ne plus jamais faire. Il l'avait même écrit dans son livre.

- Tu trouves tout ça amusant ?

Dean secoua la tête avant de se racler la gorge. Il prit ensuite quelques secondes pour retrouver son calme avant de répondre.

- Je trouve ça ridicule et … plutôt pitoyable. Tu ne peux décemment pas croire que je vais te dire oui. Je n'ai aucune raison de le faire. J'ai arrêté tout ça. Je mène une nouvelle vie maintenant. Et crois-moi … nos rendez vous ne me manquent pas du tout. On sait tous les deux que tu ne me feras pas de procès et … si tu crois que je vais accepter de me prostituer à nouveau juste parce que tu dis être en colère contre moi … alors permets moi de te dire que tu es plus stupide encore que je ne le pensais.

Franck ne semblait pas amusé par ce qu'il entendait. Il ne semblait pas calmé non plus. Et Dean pouvait sentir qu'il avait encore des choses à lui dire. Probablement des menaces à proférer. Il était tout à fait prêt à les entendre.

- Non, je ne te ferais pas de procès. Mais je pourrais aller voir ton petit ami. Discuter un peu avec lui de tout ce que je t'ai forcé à faire. De la façon que tu avais de crier mon nom et de jouir avec moi. Je pourrais lui raconter toutes les humiliations que je t'ai fait subir. Il est peut être au courant de ton passé mais je doute qu'il sache tout de toi. Et crois-moi, je me ferais un plaisir de lui donner tous les moindres petits détails.

Dean fronça les sourcils, surpris. Il se demandait comment Franck pouvait être au courant pour Victor. Il semblait s'être renseigné sur lui. Ce qui signifiait qu'il préparait son coup de puis un moment maintenant. Il n'avait toutefois pas peur qu'il puisse aller le voir. Victor savait tout ce qu'il y avait à savoir de lui. Dean s'était chargé de lui raconter son passé en détails justement pour éviter ce genre de situation. Mais il était toutefois légèrement inquiet. Franck semblait vraiment prêt à tout.

- Il sait tout ce qu'i savoir. Tu ne pourrais rien lui apprendre.

- Tu es vraiment sûr de ça ?

- Absolument sûr. Maintenant, si tu le permets, j'aimerais assez rentrer chez moi. Je n'ai pas vraiment envie de perdre plus de temps avec toi.

Dean fit un pas sur le côté pour tenter de contourner Franck mais ce dernier réagit rapidement. Il l'attrapa par le col de sa chemise et le força à rester. Il le secoua sensiblement et approcha son visage du sien. Il semblait réellement furieux cette fois. Probablement parce qu'il avait enfin compris que ses menaces ne fonctionneraient pas. Il était évident qu'il était prêt à recourir à la violence pour obtenir ce qu'il désirait.

- Lâche moi ou je hurle au viol. Tu auras du mal à garder ton petit secret si la police t'arrête pour agression.

- Tu ne me fais pas peur Dean. J'ai des amis puissants et je suis prêt à tout. Je te conseille de ne pas oublier à qui tu parles.

Dean savait exactement quel genre d'homme Franck était. Il en savait suffisamment sur lui pour être conscient des pouvoirs qu'il avait. Mais il refusait de laisser la peur le contrôler. Il n'eut toutefois pas le temps de faire quoi que ce soit. Car comme dans un rêve, sans prévenir, Castiel apparut dans le dos de Franck.

- Lâchez le ou j'appelle la police.

Dean oublia tout le reste quand ses yeux se posèrent sur son ami. C'était comme au bon vieux temps. Il volait une nouvelle fois à son secours. Dean sentit son cœur se serrer. Castiel était là. Il ne savait pas pourquoi ou comment mais il était là. Et le simple fait de le voir rappela au jeune homme combien il lui avait manqué. Combien il l'aimait. C'était comme rouvrir une plaie tout juste cicatrisée. Et c'était incroyablement douloureux. Bien plus que Dean ne l'avait imaginé. Tellement douloureux qu'il en oublia tout le reste. Qu'il en oublia Franck et ses menaces. Il n'y avait plus que Castiel. Et si Dean avait refusé de l'admettre jusque-là, il ne pouvait que se rendre à l'évidence maintenant. Il l'aimait toujours autant.


Castiel avait finalement choisi d'assister au procès. Gabriel tenait à être là également. Ils s'étaient assis côte à côte au fond de la salle et avaient écouté Crowley, le procureur en charge du dossier, décrire les sévices et tortures subies par chacune des victimes. Ils avaient écouté Roger se défendre comme il le pouvait malgré les preuves qui pesaient sur lui. Ils avaient écouté son avocat déballer excuses après excuses pour tenter d'adoucir la peine. Roger avait souffert. Roger était une victime aussi. Roger était malade. Il avait besoin d'aide. Castiel était furieux à chaque fois que cet abruti ouvrait la bouche et il pouvait sentir la même rage chez Gabriel. A chaque fin de séance, ils rentraient épuisés et buvaient une bière en se demandant comment un être humain pouvait être aussi cruel. Comment la mort d'innocents pouvait avoir été ignoré aussi longtemps simplement parce que leur sort ne comptait pas vraiment aux yeux de la majorité. Gabriel et lui avaient fini par perdre foi en l'humanité.

Mais le témoignage de Dean leur avait redonné espoir. Ils ne devaient pas oublier qu'il existait des gens qui continuaient de se battre pour les autres. Des gens suffisamment courageux, honnêtes et bons pour se soucier de tous. Pour défendre ceux à qui on ne s'intéressait pas. Il y avait Crowley qui malgré une attitude froide était très visiblement touché par toutes ces horreurs. Le médecin légiste dont la peine était évidente dans le ton de sa voix. Victor Henriksen, l'inspecteur en charge, qui semblait impliqué comme si un membre de sa famille avait souffert également. Et il y avait Dean.

Castiel avait toujours su que le jeune homme était extraordinaire. Qu'il était unique. Courageux comme peu étaient capables de l'être. Intelligent et foncièrement bon. Il l'avait prouvé à tout le monde lors de son témoignage. Il n'avait pas eu peur de tout dire. Pas peur de se dévoiler à des dizaines d'inconnus malgré la présence de la presse. Castiel avait été fasciné par son intervention. Admiratif de son courage.

Le jeune homme n'était pas venu le trouver une seule fois durant le procès. Leurs regards s'étaient croisés mais il était avec Sam, Charlie, Ellen et Bobby. Il était évident qu'il n'avait pas besoin de qui que ce soit d'autre. Il y avait également Henriksen dont il semblait de plus en plus proche. Castiel pouvait sentir qu'il se passait quelque chose entre eux. Ce n'était pas encore officiel mais l'inspecteur regardait Dean comme Castiel savait qu'il le faisait lui aussi. Il pouvait le comprendre. Il savait combien il était facile de tomber amoureux de lui.

Une fois la peine prononcée et Roger condamner à passer le reste de sa vie en prison, Castiel choisit de prendre ses distances. Il ne vint pas féliciter Dean même s'il en avait terriblement envie. Il ne chercha même pas à venir lui parler. Il le laissa célébrer sa victoire – et celle des victimes innocentes pour lesquelles il s'était battues – avec ceux qu'il avait choisi pour être à ses côtés.

C'était douloureux bien sûr. Mais il n'était pas surpris. Dean semblait avoir décidé de passer à autre chose. Et Castiel devait respecter son choix. Il refusait de s'imposer dans sa vie. De forcer le jeune homme à l'intégrer à nouveau quand il était évident qu'il n'en avait pas besoin. Peut-être les choses finiraient-elles par s'arranger un jour. Ou peut être pas. Il saurait l'accepter dans tous les cas.

Il se plongea à la place dans son travail. Il dessinait tous les jours. Il se construisait un book susceptible de séduire de potentiels employeurs. Il contacta tous les journaux de la ville. Il se renseigna auprès de différentes galeries. Il reprit même contact avec certains de ses anciens camarades de classe aux Beaux-Arts. Il explora chaque option. Chaque opportunité. Et s'il pouvait sentir que son travail plaisait, il ne reçut aucune offre concrète. L'excuse était toujours plus ou moins la même. La crise économique avait fait des dégâts et personne ne souhaitait investir sur lui dans ces circonstances.

On l'encouragea toutefois à tenter sa chance seul. A se lancer. Castiel n'était pas tout à fait sûr de savoir ce qu'il voulait faire de ce conseil. Il avait envie de le suivre bien sûr. Mais il ne voyait pas comment.

Ce fut finalement Gabriel qui lui donna l'idée. Castiel lui demandait souvent des nouvelles de Dean puisqu'il le voyait régulièrement. Il avait appris par lui que le jeune homme avait fini par publier son livre. Il n'était pas surpris d'apprendre que le succès avait été au rendez-vous. Et après l'avoir lu, il comprenait mieux encore pourquoi. C'était touchant, drôle, parfaitement écrit et surtout utile dans le monde dans lequel ils vivaient. Dean avait su saisir sa chance. Il était passé outre ses peurs et ses doutes. Il avait fait le grand plongeon. Castiel voulait en faire de même.

Il avait toujours été un grand fan de bandes dessinées. Il trouvait intelligent de faire passer un message aux plus jeunes à travers ce support. Cela les encourageait à lire. Cela leur donnait le goût d'apprendre. Castiel voulait leur offrir quelque chose de nouveau. Une bande dessinée qui traiterait de sujet d'adultes mais en s'adaptant à un public jeune. Il avait lui aussi envie de faire passer des messages.

Il trouva rapidement une histoire, des personnages et une intrigue. Il commença à dessiner. Il n'était pas forcément doué pour écrire. Il chercherait quelqu'un pour l'aider plus tard. Il avait d'abord besoin de creuser son idée. De dessiner un maximum pour que son projet commence à prendre vie.

Deux mois après le procès, il avait suffisamment de dessins et une idée bien plus claire de l'histoire qu'il voulait raconter. Il était enfin prêt à chercher quelqu'un pour l'aider à l'écrire quand Gabriel lui annonça que Dean donnait une lecture publique de son livre dans une librairie non loin de chez eux.

Castiel ne l'avait plus vu depuis le procès. Et il estimait avoir attendu suffisamment longtemps. Il ne signalerait pas sa présence au jeune homme. Mais il avait envie de l'écouter parler. Envie de voir comment il allait. Envie d'observer le nouveau Dean dans son élément.

Il s'installa donc au fond de la pièce et admira l'homme qu'il aimait toujours parler de son passé et répondre aux questions. Il le regarda signer des exemplaires de son livre avec le sourire. Il avait un mot pour chacun de ses lecteurs. Il ne comptait pas son temps. Il aimait rencontrer les gens et parler avec eux. Castiel pouvait sentir qu'il était fait pour ça. Il était terriblement fier de lui.

Quand les autres clients furent partis, Castiel regarda Dean disparaître entre les rayonnages. Il était presque déçu que le jeune homme ne l'ait pas vu. Il aurait aimé pouvoir lui parler ne serait-ce que quelques minutes. Histoire d'en apprendre un peu plus sur sa nouvelle vie. Sur ses projets. Peut-être parler de ce que lui avait commencé. Dean serait la personne idéale pour l'aider à concrétiser son projet. Mais il n'osait pas le lui demander. Il était presque sûr que cela lui semblerait bizarre après deux longs mois de silence.

Il allait finalement partir quand il reconnut Franck – un ancien client de Dean - qui se faufilait à son tour entre les rayonnages. Ca ne pouvait pas être bon signe.

Castiel ne perdit pas une seule seconde à réfléchir ou hésiter. Il le suivit et écouta ce qu'il disait à Dean. Ses menaces éraient insupportables à entendre. Il voulait toutefois laisser au jeune homme une chance de se défendre. Il n'intervint que lorsque Franck se montra violent.

Dean sembla surpris de le voir là. Franck l'était également. Il le reconnut bien sûr et prit la fuite presque aussitôt. Castiel le regarda faire, satisfait avant de reporter son attention sur le jeune homme.

- Je … j'étais venu assister à ta lecture et je … j'ai reconnu Franck. Je ne serais jamais intervenu s'il n'avait pas été aussi …

- Cas, ne t'excuse pas. Je suis content que tu sois intervenu. Merci et … tu aurais du venir me voir … me dire que tu étais là … je … je t'aurais proposé d'aller boire un café … ce que je vais d'ailleurs faire maintenant si … enfin si tu as un peu de temps à me consacrer.

Castel était surpris par la proposition. Il avait craint que Dean n'apprécie pas son intervention. Il était toutefois soulagé et heureux de voir que ce n'était pas le cas. Et il avait lui aussi très envie de passer quelques minutes avec le jeune homme. Il accepta donc sa proposition sans hésiter une seule seconde et le suivit dans un petit café juste un peu plus bas dans la rue.

Ils passèrent leur commande au comptoir avant de prendre place à une table dans un coin de la salle.

- Je … je devrais probablement te demander comment tu vas même si j'ai eu de tes nouvelles par Gabriel. Je sais … pour ton livre évidemment et je l'ai lu … c'est … brillant. Mais je … enfin je ne sais pas grand-chose de plus et … comment est-ce que tu vas ?

Il aurait pouvoir se montrer plus calme et ne pas bafouiller comme un imbécile tous les deux ou trois mots. Il ne parvenait toutefois pas à reprendre le contrôle sur ses émotions. Dean était là. Il était magnifique. Il n'avait pas vraiment changé en deux mois. Mais il y avait tout de même quelque chose de nouveau dans son regard. Il semblait apaisé. Confiant. En accord avec lui-même. Comme si tous les fantômes qui l'avaient hanté jusque là avaient enfin disparus. C'était merveilleux à voir.

- Je ne t'apprendrais rien en te disant que le procès a été … douloureux et difficile à vivre pour moi. Je sais que tu as assisté à chacune des séances et je voulais venir te remercier mais je … j'étais épuisé la plupart du temps et je n'avais pas vraiment l'énergie pour … me montrer sociable. Et enfin … merci d'avoir été là. Ca m'a beaucoup touché même si je te le dis probablement un peu tardivement. Pour le reste, je … tu sais pour mon livre alors je ne t'apprendrais probablement pas grand-chose. Je … je continue à être surpris par le succès que je rencontre et je … parfois, c'est un peu difficile à assimiler. Mais j'aime l'idée que mon livre ait pu plaire … qu'il ait pu aider certaines personnes. J'ai enfin l'impression de faire quelque chose de vraiment utile. Ca me donne le sentiment d'avoir enfin trouver ma place.

Castiel hocha la tête. Il savait plus ou moins déjà tout ça. Gabriel lui avait dit combien le livre de Dean avait touché les gens. Il était toutefois touché d'apprendre que Dean avait apprécié sa présence au procès. Il avait vraiment cru que le jeune homme ne l'avait même pas remarqué.

- Mis à part ça, ma vie n'est pas vraiment différente. Je vis toujours avec Sam. J'ai les mêmes amis et … la même vie à peu de choses prêts. Je … j'ai rencontré quelqu'un. Il … il s'appelle Victor et … on sort ensemble depuis quelques temps. C'est … ce n'est que le début mais il me plait. Il est … à vrai dire, il est parfait.

Castiel s'était attendu à une annonce de ce genre. Il avait senti l'alchimie entre Dean et Henriksen lors du procès. Mais ce n'était pas plus facile à entendre pour autant. Il supposait que c'était toutefois une bonne chose. Cela l'aiderait peut être à passer enfin à autre chose. Maintenant que Dean était pris, il n'avait vraiment plus aucune raison d'espérer.

- C'était l'inspecteur en charge de l'enquête sur Roger non ? demanda t-il.

- Oui, il … on s'est plus dès notre rencontre mais on … on a commencé à sortir ensemble après le procès pour ne pas prendre le moindre risque et enfin … on s'entend bien. C'est … c'est cool. Mais assez parlé de moi. Qu'est-ce que tu as fait ces deux derniers mois ?

Castiel n'avait pas grand-chose d'intéressant à dire. Ou du moins rien qui ne puise concurrencer ce que Dean lui avait appris. Mais il avait tout de même l'impression d'avoir accompli deux ou trois choses intéressantes. Et il songeait toujours à la proposition qu'il avait envie de faire au jeune homme. Il avait vraiment envie de tenter sa chance.

- J'ai recommencé à dessiner. Je … j'ai tenté de trouver du travail dans ce domaine mais avec la crise économique, il y a de moins en mois d'embauches alors je … j'ai suivi ton exemple et j'ai décidé de me lancer. J'aimerais … créer ma propre bande dessinée. Je ne veux pas juste raconter une histoire. Je veux … qu'elle ait un sens … un message. Elle s'adresserait à un public jeune mais avec des thèmes adultes. J'aimerais qu'ils puissent la lire et en retenir quelque chose. Pas juste la feuilleter pour passer le temps. Je veux qu'elle les fasse réfléchir. Je ne pense pas qu'on devrait prendre les enfants pour des idiots. Ils sont parfaitement capable de comprendre des choses importantes. Il suffit de savoir comment les leur expliquer.

Dean hocha la tête. Il semblait du même avis que lui. Castiel était presque sûr qu'un tel projet pourrait l'intéresser. Mais il avait tout de même un peu peur de le lui proposer. Il avait peur que le jeune homme trouve cela bizarre. Que ce café ne soit pas destiné à leur permettre d'être amis à nouveau. Juste une invitation polie qui ne donnerait rien de plus.

- J'ai déjà l'histoire en tête et plusieurs dessins que je trouve plutôt sympas. J'ai une liste de personnage et … enfin, j'ai idée plutôt précise du résultat que j'aimerais obtenir. Mais je ne suis pas doué pour l'écriture et … j'aurais besoin de quelqu'un pour m'aider à rédiger le texte. J'ai pensé … tu peux me dire non ou même que je suis un idiot et que c'est stupide mais j'ai pensé que tu pourrais peut être … avoir envie d'être ce quelqu'un. Tu es doué pour écrire et … on se connait déjà. Je pense qu'on pourrait former une bonne équipe.

Voilà c'était dit. Castiel avait tenté sa chance. Rien ne lui garantissait que ce ne serait pas un échec. Mais au moins, il n'aurait pas le moindre regret. C'était l'essentiel.

Il regarda Dean et lui laissa le temps de réfléchir. Il fut soulagé quand le jeune homme sourit après quelques secondes.

- Je … j'aimerais beaucoup ça. J'adore l'idée d'écrire quelque chose d'intelligent destiné aux enfants. J'aime l'idée de leur apprendre quelque chose. Et … je serais vraiment ravi de travailler avec toi à nouveau. Bien sûr, je dois voir avec Gabriel ce que mon contrat prévoit et ce qu'il a en tête me concernant mais … je ne pense pas qu'il me dira non.

Castiel était sûr que Gabriel ne dirait pas non. Pas seulement parce qu'il serait le premier à qui Castiel proposerait de publier sa bande dessinée mais aussi et surtout parce qu'il ferait tout pour aider son frère et Dean. Parce qu'il était prêt à tout pour aider Castiel à accomplir son rêve. Mais il le garda pour lui.

- Et franchement, s'il me disait non, je crois que je tenterais de le convaincre de changer d'avis parce que j'ai très envie de … de retravailler avec toi. C'est quelque chose qui me manque tu sais … d'être ton … collègue. Bien sûr, les circonstances dans lesquelles nous travaillions ensemble ne me manquent évidemment pas mais … enfin … ce que je cherche à te dire, c'est que je suis désolé de ne pas avoir repris le contact Cas. Je suis désolé d'être resté silencieux. De ne être venu te voir au tribunal. De ne pas t'avoir appelé après et … notre amitié me manque. Je ne sais pas ce qu'il en est pour toi mais … enfin, voilà. J'aimerais assez qu'on puisse être amis à nouveau.

Castiel en avait évidemment très envie lui aussi. Il avait tiré un trait sur l'idée de partager un jour plus avec Dean. Mais il avait très envie de le revoir. De pouvoir discuter avec lui. Rire et plaisanter de tout et de rien. Il avait envie d'être ami avec le jeune homme et de faire à nouveau partie de sa vie. Mais il n'aurait jamais osé le demander. Et il était soulagé que Dean le fasse à sa place.

- Je … j'en ai envie moi aussi. Je … tu m'as manqué. Et je suis tellement … tellement fier de toi et de tout ce que tu as accompli. Je sais que tu n'aimes pas entendre ce genre de choses mais ça n'en est pas moins vrai. J'aurais aimé pouvoir être là à chaque étape. J'aurais aimé être là pour le partager avec toi et je regrette de ne pas avoir oser faire le premier pas. Je suis soulagé de voir que tu as plus de courage que moi. Je … je dois juste te préciser que je … je ne t'en veux pas de ne pas avoir repris contact et je ne suis pas en colère contre toi pour la façon dont tu as géré le procès. Je suis juste content qu'on se reparle et qu'on puisse … travailler ensemble à nouveau. Qu'on puisse être ami … enfin … voilà je … ma réponse est oui.

Dean rit alors devant ce qui était – Castiel le reconnaissait volontiers – un monologue un peu confus et bien trop long simplement pour dire « oui ». Il sourit à son tour, amusé de voir le jeune homme se moquer gentiment de lui. C'était ainsi que leur relation fonctionnait avant et il était content de voir qu'ils retrouvaient leurs anciennes habitudes.

- J'espère que ça ne posera pas de problèmes à … enfin que cela ne risque pas de poser de problème à ton petit ami … je ne sais pas ce qu'il sait de notre passé.

Dean haussa les épaules.

- Il sait tout ce qu'i savoir. Je ne lui ai rien caché. Il savait que je me prostituais le jour où on s'est rencontré et ça n'a jamais posé de problèmes entre nous. J'ai voulu me montrer parfaitement honnête avec lui parce qu'il travaille dans la police et parce que je ne voulais pas d'une histoire construire sur un mensonge. J'ai … je lui ai tout dit Cas même … même ce qu'il y a eu entre nous. Mais je sais qu'il ne verra aucun inconvénient à ce qu'on continue à se voir parce qu'il sait que tu comptes pour moi et parce … parce qu'il sait que tu n'as aucun sentiment amoureux à mon égard. Il … il ne sera pas jaloux si c'est ce dont tu as peur.

C'était effectivement ce que Castiel craignait le plus. Il avait également peur de voir Dean et Victor ensemble. De les voir heureux. De les voir s'embrasser et poursuivre leur relation. Dès les voir construire quelque chose ensemble. De les voir se marier. Mais il garderait ses peurs pour lui. Il ne voulait surtout pas gâcher sa chance de redevenir ami avec Dean simplement parce qu'il était jaloux. Il avait envie d'être heureux pour son ami. Même si cela lui demandait des efforts.

- Parfait alors je … je suis impatient de le rencontrer. J'espère qu'on pourra être amis lui et moi.

- Je suis sûr que vous allez parfaitement vous entendre, assura Dean en souriant.

Castiel l'espérait vraiment. Il ne voulait surtout pas que Dean ait à choisir entre Victor et lui. Il savait bien qu'il n'avait aucune chance dans un tel affrontement. Et il savait que s'entendre avec Henriksen était sa seule chance de faire partie de la vie de Dean. Il était prêt à tout pour y parvenir. Il ignorerait sa jalousie. Il passerait outre son amour pour le jeune homme.

- Maintenant, dis moi ce que tu as vraiment pensé de mon livre. Et ne me mens pas juste pour me faire plaisir. Je veux que tu sois parfaitement honnête.

Castiel hocha la tête. Dean lui demandait son avis. C'était un premier pas dans la bonne direction. Et il lui donnait également l'occasion de lui dire combien il avait adoré son livre. Combien il était admiratif de son courage et de son travail. C'était quelque chose que Castiel aurait pu faire pendant des heures sans être à court d'arguments. Quelque chose qu'il avait rêvé de pouvoir faire depuis qu'il avait terminé son livre. Il n'allait pas se priver de ce plaisir. Il se sentait à nouveau complet. Il se sentait enfin bien et à sa place. Peu importait que cela finisse par le faire souffrir par moment. Il saurait faire face à n'importe quoi du moment qu'il pouvait voir Dean régulièrement.