Roi des Neiges

Arc Final

Chapitre 39 : L'Être de Destruction

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C'était comme si le silence était tombé autour d'eux. Tous regardaient leur ami Neville qui, sous le choc, était resté totalement muet. Seules ses larmes coulaient librement sur ses joues.

Pourtant ce n'était pas le moment de se lamenter. Non seulement Voldemort avait enlevé Haldus mais il était en possession des deux dernières statuettes de la prophétie.

« Il y a des restes de la mémoire de l'Esprit Sombre en moi » dit Wolf qui se sentait coupable. « Il savait qu'il était là. Il a dû profiter du chaos pour s'emparer des statuettes. J'ai été négligeant. »

« On ne peut pas penser à tout » le rassura Erik. « De plus nous n'avons pas le temps de nous blâmer. Nous devons absolument poursuivre Voldemort. »

« Théo, Vincent, Gregory et moi on peut vous y amener » dit Draco.

« Alors on y va ! » S'exclama Neville en se relevant.

« Attendez, il faut que certains d'entre nous restent ici » intervint Erik.

« Pourquoi ça ? » Demanda Pansy.

« On ne peut pas laisser les choses comme ça et partir. Il faut rassembler les troupes à nouveau, capturer les derniers membres de l'armée de Voldemort, détruire les dernières créatures, organiser le transfert des blessés…et se préparer. »

« Se préparer à quoi ? »

« Au pire. »

La remarque de leur Prince jeta un froid sur le groupe. Elle rappelait à tous quel péril déferlerait sur le monde s'ils n'arrivaient pas à arrêter Voldemort avant qu'il n'utilise les quatre statuettes. En vérité, aucun d'eux ne savaient avec exactitude ce qui arriverait. Seulement que cela causerait la destruction du monde.

« Wolf et moi iront » dit Erik. « Là-bas, nous auront moins à craindre de faire de dégâts avec notre puissance et le tissu de la création a déjà commencé à se réparer. C'est suffisant pour qu'il ne soit pas détruit par notre pouvoir. »

Puis il se tourna vers Hans, Ingrid, Draco et Hotun.

« Vous quatre, vous viendrez également » dit-il. « Personne d'autre. »

« Quoi ? Mais pourquoi seulement eux ? » S'insurgea Blaise.

« Parce que ce sont les étoiles de la prophétie » dit Hermione. « N'est-ce-pas ? »

« Oui » acquiesça Erik. « Ils sont destinés à être avec moi et Wolf au moment fatidique. »

« Et nous alors ? » s'exclamèrent les Jumeaux d'une même voix.

« Je fais confiance à chacun de vous pour s'occuper de tout si jamais nous ne revenons pas. »

A nouveau, le silence régna sur le groupe. Personne n'avait envie d'y penser mais il existait également la possibilité que même en arrêtant Voldemort, ils ne survivent pas à la bataille.

« Je viens aussi » dit Neville d'une voix déterminée.

« Non » s'opposa Erik. « Avec Ingrid absente, les troupes auront besoins de leur second général. »

« Comme tu l'as dit, on peut faire confiance aux autres. Et au pire il y à Jīnfă. Je viens avec vous. »

« Il serait plus judicieux que… »

« Écoute-moi bien » s'exclama Neville en agrippant le devant de l'habit de son ami pour le rapprocher de lui. « Mon époux est là-bas, captif de son psychopathe de père et avec notre bébé dans le ventre ! Je ne vais pas rester ici à me tourner les pouces ! »

Cette fois, ce n'était pas un silence gêné qui figea le groupe. Ils étaient en fait tous sous le choc.

« Haldus est…enceint ? » Demanda Draco, blanc comme un linge.

« Euh…Félicitation alors » dirent les Jumeaux.

« Ce n'est pas le moment pour ça » s'emporta Neville.

« Très bien » céda Erik. « Tu viens aussi. Draco ? »

Celui-ci hocha la tête et s'écarta du groupe. Il ferma les yeux pour se concentrer afin de décider de sa destination et commença à concentrer son énergie pour ouvrir un portail. Un cercle de lumière commença à se dessiner dans les airs mais alors que l'énergie allait ouvrir un passage, il y eut comme un grésillement et elle se dissipa. Draco fronça les sourcils et fit une nouvelle tentative. Même résultat.

« Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda Erik.

« Je ne suis pas sûr » répondit son amant. « C'est comme si le portail n'arrivait pas à se raccorder à la destination. Vincent, Gregory, Théo, essayez vous aussi ! »

Des portails de feu, d'air et d'eau commencèrent à apparaître mais se dissipèrent de la même façon que les portails de lumière. Ils essayèrent alors tous ensemble mais le résultat était le même.

« Et en transplanant ? » Proposa Ingrid.

« Draco ne peut pas nous transporter tous. On va se diviser entre lui, Vincent, Gregory et Théo puis vous trois, vous retournerez ici. »

« Bien » répondirent les ex Serpentard.

Erik et Wolf posèrent alors une main sur les épaules de Draco, Hans et Hotun sur celles que Théo, Ingrid sur celle de Vincent et Neville sur celle de Gregory. Les quatre espions Mangemorts se concentrèrent alors, mobilisèrent leur énergie afin d'englober leurs compagnons dans le transport et enfin la relâchèrent.

Les dix sorciers disparurent mais moins d'une seconde après, ils réapparurent et s'effondrèrent sur le sol. C'était comme s'ils avaient été repoussés.

« Qu…qu'est ce qui s'est passé ? Balbutia Théo en se relevant.

Draco blêmit.

« Je crois que je sais » dit-il. « L'île de Voldemort est protégé. Seul le Seigneur de Serpentard et son Héritier peuvent s'y rendre et en repartir en toute liberté. »

« Mais vous, comment vous faisiez alors ? » Demanda Hotun.

« On avait une sorte de permission. Si on avait l'accord du Seigneur ou de l'Héritier on pouvait se déplacer comme on voulait, c'était comme une marque magique. »

« Et alors ? » demanda Neville, énervé.

« Cette marque peut être autant donné qu'enlevée » expliqua Draco. « Et l'autorité du Seigneur surpasse celle de l'héritier. »

« Et donc, cela veut dire… » commença Erik qui avait soudain comprit.

« Voldemort nous à retirer l'autorisation. Nous ne pouvons plus nous rendre sur l'île. »

0o0o0

Quand Haldus se réveilla, sa tête le faisait souffrir. Celle-ci était posée sur une surface dure et froide et il sentait quelque chose de poisseux coller ses cheveux, sur sa tempe.

Il allait y porter la main quand il entendit une voix. La reconnaissant, il frémit et se tint immobile, faignant d'être toujours inconscient.

« Les misérables » grinça la voix. « Ils ont osé ! Ils ont osé s'opposer à moi ! Moi ! Lord Voldemort. Ils payeront, ils payeront tous. »

Haldus entendait des bruits de verre, comme des flacons qui s'entrechoquaient. Était-il dans le laboratoire de potions.

« Mais d'abord, mais d'abord… » reprit Voldemort. « Je dois devenir plus fort, je dois prendre un nouveau départ, n'est-ce-pas, mon fils ? »

Haldus frémit. Avait-il remarqué qu'il était éveillé ? Il le sentit s'approcher et se força à ne pas bouger un muscle.

« Mon fils, mon très cher fils » ronronna Voldemort en caressant les cheveux d'Haldus. « La chaire de ma chair. Tellement de vérités dans cette expression… »

Haldus se retint de frémir. Il ne savait pas pourquoi mais cette phrase avait quelque chose de funeste. Heureusement, il semblait que Voldemort ne soit pas vraiment au courent qu'il était éveillé. C'était comme s'il se parlait à lui-même.

« J'ai été bien prévoyant en posant ces sorts en fourchelangue ancien sur toi. Je n'ose pas imaginer à ce que j'aurais fait si je t'avais perdu. »

Haldus sentit un doigt glacé caresser sa joue.

« Ton corps, ton précieux corps… » continua-t-il. « Jeune, robuste, puissant…un nouveau corps parfait pour moi. »

Transit d'horreur, Haldus se retint de crier. Il ne pouvait pas avoir entendu cela ? Pourtant les mots de Voldemort étaient sans ambiguïté. Il le voulait. Pas lui, seulement son corps. Il voulait un corps pour y transférer son esprit et y vivre. Non, Haldus ne pouvait pas accepter ça. C'était trop atroce.

Mais alors qu'il croyait avoir atteint le comble de l'horreur, Voldemort se remit à parler.

« Mais je ne peux pas t'utiliser dans cet état, non. Un Seigneur des Ténèbres ne peut pas donner lui-même naissance à un enfant. Et surtout pas à l'enfant d'un quelconque cloporte. Je dois corriger ça. Ce sera rapide. »

Haldus dû concentrer toute sa volonté pour ne pas se mettre à crier en tenant son ventre. Comment Voldemort avait-il su ? Des sorts de diagnostic ? Non, plus vraisemblablement, son glamour avait fini par se briser après son évanouissement. Il n'était pas loin du terme et son ventre avait une taille assez impressionnante sans le sortilège d'illusion.

En tous les cas, Haldus devait faire quelque chose. Il devait s'échapper. Toujours en faignant l'inconscience il essaya d'enclencher son pouvoir. Cependant celui-ci fonctionnait mal. Voldemort s'était remis à parler mais son discours était décousu, haché, comme s'il prenait des pauses entre les mots. Mais Haldus savait que c'était son pouvoir qui faisait ça. Dans cet état, il lui permettrait sans doute de le ralentir mais il doutait de pouvoir s'échapper.

Sa tête le lançait toujours il se sentait vaseux. Ça devait être là blessure à la tête qu'il avait reçue qui devait provoquer ça et affectée son pouvoir. Haldus tenta alors de se calmer et se mit à prendre de longues respirations pour faire refluer la douleur. Il espérait que cette technique chinoise lui permettrait de se concentrer suffisamment pour…

Mais déjà, Voldemort poussait une exclamation triomphale avant de revenir vers lui. Haldus devait se dépêcher. Il devait avoir trouvé la potion d'avortement ou alors quelque chose qui aurait le même effet. Il ne pouvait pas le laisser faire. Alors qu'il sentait son géniteur se penchait vers lui, il tourna la tête et ouvrit les yeux, déchaînant son pouvoir.

Heureusement, cette fois, cela fonctionna. Ou presque. Haldus vit Voldemort se figer. Il souffla quelques instants avant de se rendre compte que celui-ci bougeait encore. Très lentement mais tout de même suffisamment rapidement pour qu'Haldus s'inquiète.

Aussi vite qu'il le pu, il se redressa et descendit de la table de pierre sur laquelle il se trouvait. Sa tête se mit à tourner. Il porta sa main à son front et se mit à vaciller. Non, il ne pouvait pas rester là. Il sentait que la bulle temporelle qu'il avait faite ne tiendrait plus longtemps. Il devait se dépêcher.

Il tituba en direction de la porte et l'ouvrit. Il allait partir quand il vit qu'il y avait une lourde armoire juste à côté. Avec difficulté, il utilisa sa magie pour la déstabiliser. Il se dépêcha ensuite de sortir et regarda autour de lui. Oui. Il se trouvait bien dans l'ancien laboratoire de Severus. Tout ce qu'il lui restait à faire c'était de sortir de la forteresse pour se rendre sur la plage d'où il pourrait transplaner et retrouver son époux.

Sa tête était toujours extrêmement douloureuse. Il avait également la nausée et sa vision était trouble. Il n'irait pas très loin comme ça. Il fallait qu'il se soigne et rapidement.

Dans son état il aurait eu besoin de potion mais il était hors de question qu'il retourne dans le laboratoire. Il devait se débrouiller avec ce qu'il avait.

Son armure avait disparu quand il s'était évanoui. Heureusement il portait encore sa robe de Mangemort dans laquelle il avait caché quelques potions. Il espérait juste que personne ne l'avait fouillé. Heureusement cela n'avait pas été le cas. Il y trouva une potion de reconstitution sanguine et une autre anti douleur. Il avala les deux puis déchira un pan de sa robe pour se faire un bandage.

Se sentant légèrement mieux, il se mit à marcher rapidement à travers les couloirs de la bâtisse. Il était temps car un fracas de meuble s'effondrant sur le sol et de flacon de verre brisé se fit entendre. Ce bruit fut suivit d'un autre, un grand cri bestial.

Le temps avait repris ses droits dans le laboratoire de potions. Haldus devait se dépêcher avant que Voldemort ne se jette à sa poursuite.

0o0o0

« Je ne sais pas si c'est une bonne idée » dit Hermione.

« Je ne suis pas sûr que nous ayons vraiment le choix » dit Draco.

Il leur restait une chose à tenter. Si Draco et les autres ne pouvaient pas transplaner, peut-être que les autres Mangemorts le pouvait encore. Cependant, aucun d'eux a avait accepté de trahir leur maître. C'était une réaction prévisible. C'est pourquoi Erik avait déjà pensé à un plan pour les forcer à les aider : contrôler leur esprit.

Si Hermione se sentait dubitative quand à ce plan c'était parce qu'il reposait entièrement sur elle. En effet, ses pouvoirs psychiques lui permettraient de contrôler la conscience des Mangemorts d'une façon plus sûre que l'imperius. Elle était certaine de rendre l'opération indolore mais cela ne la rendait pas pour autant à l'aise.

Contrôler les gens, soumettre leur esprit, c'était quelque chose de tellement…mal. Elle avait toujours saisit l'étendue de ses pouvoirs ainsi que ses tentations. Grâce à eux elle pouvait violer l'intimité des pensées des gens, voler leurs connaissances et elle avait même réussit à détruire une partie d'eux.

Contrôler quelqu'un c'était encore un cran au-dessus et après, ce serait quoi ? Modifier leur mémoire ? Leur identité ? Parfois elle avait peur de céder la tentation, de choisir la voie de la facilité et de faire quelque chose d'impardonnable.

A ce moment-là, elle sentit quelqu'un prendre sa main. Elle tourna la tête et vit que c'était Ingrid.

Je sais à quoi tu penses, lui dit-elle par la pensée. Il y a quelques mois je pensais la même chose. Quelqu'un a alors prit ma main et m'a dit qu'il était inutile de s'inquiéter pour des choses qu'on ne pouvait pas changer ou prévoir.

Hermione sourit.

En fait, j'ai essayé de prendre ta main mais tu m'as électrocuté, la reprit Hermione sur un petit ton espiègle.

Ingrid ne répondit pas et sourit à son tour. Hermione de son côté se sentait mieux. Oui. Elle avait été là quand Ingrid avait peur de son pouvoir et elle savait que ce serait toujours le cas. Elle savait également qu'Ingrid serait à ses côtés pour la soutenir quand son pouvoir l'effraierait ou quand elle serait tentée de mal l'utiliser.

Plus confiante, elle s'avança alors vers le corps inconscient du Mangemort qui se trouvait devant elle. Il avait été choisi au hasard parmi les prisonniers qui étaient en meilleur état. C'était Bellatrix qui avait été choisi au départ mais Hermione avait posé son véto. Elle refusait de se promener dans la tête de cette folle. De plus, Draco leur avait dit t que ses boucliers d'occlumencie étaient bien trop puissants. Ce Mangemort là faisait une cible plus adapté.

Hermione entra facilement dans son esprit et réussit à trouver le centre névralgique d'où elle pourrait donner des ordres. Elle avait envisagé au départ d'en contrôler plusieurs en même temps mais elle se rendait compte que cela lui serait impossible. Un esprit cela allait mais il focalisant déjà toute son attention.

« Je propose que chacun fournisse l'énergie supplémentaire pour son transport » dit Erik.

Les sept voyageurs touchèrent alors le Mangemort et Hermione lui ordonna de transplaner à la forteresse. Le Mangemort disparut aussitôt avec ses amis à la remorque. Hermione sourit victorieusement mais son expression retomba lorsque le groupe réapparut.

« Non, non, non, non, non ! » Se mit à crier Neville en tapant sur le sol.

« Nous avons été repoussé » dit Draco. « Voldemort a retiré l'autorisation à ses Mangemorts. »

« Donc il n'y a vraiment aucun moyen de s'y rendre ? » Demanda Théo.

« Si » intervint Pansy. « Si il y en a un…enfin je crois. »

Tout le monde se tourna vers la jeune fille.

« Le portoloin localisateur » dit-elle.

Hermione écarquilla les yeux.

« Mais oui, ça pourrait marcher » dit-elle.

« Tu es sûr ? » lui demanda Ingrid.

« Je… »

« Attendez, de quoi parle-t-on ? » Demanda Erik.

« C'est un rituel mélangeant deux sorts » commença Hermione.

« Trois en fait » intervint Pansy. « Un sortilège de localisation, un pour fabriquer un portoloin et un cercle d'amplification magique. »

« J'imagine que le sort de localisation sert de destination au portoloin » dit Erik en fronçant les sourcils. « Mais ce n'est pas assez précis, non ? »

Pansy sourit. Elle le pouvait après tout, c'était en quelque sorte son intention. Elle expliqua à Erik à propos du sort créant un itinéraire qui se précise en approche de la cible et du portoloin qui réactualise sa destination en fonction du nouvel itinéraire sans oublier le cercle de puissance pour alimenter le sort en continue.

« C'est brillant » souffla Erik après l'exposé de son amie.

« Ce qu'il nous fait maintenant c'est un objet qui appartient à Haldus et auquel il tient beaucoup » ajouta celle-ci.

« J'ai ce qu'il faut » dit alors Neville.

Il prit une chaîne qui se trouvait autour de son cou et la retira de sous son armure. Au bout pendait un simple anneau doré. C'était l'alliance d'Haldus, le symbole de leur amour et de leur engagement l'un envers l'autre.

« Avec ça, ça va marcher » dit Neville.

Haldus lui avait confié cette bague pour sceller une promesse, celle qu'ils se retrouveraient. Elle avait été faite au départ pour que Neville sache que son bien aimé lui reviendrait. Aujourd'hui, c'était Neville qui allait le retrouver.

0o0o0

Il n'y avait plus beaucoup de monde dans la forteresse sombre, surtout des femmes et des enfants, les épouses des Mangemorts et leur progéniture encore trop jeune pour être d'une quelconque utilité.

Aucun d'eux n'était marqué. Pourquoi faire après tout ? Ce n'était pas comme s'ils étaient importants pour Voldemort. Il ne manquait que ses fidèles, ceux qui le servaient, son armée. À l'exception de Bellatrix, toutes les femmes ne servaient qu'à se reproduire quant aux enfants, les mâles bien sûr, ils étaient trop jeune, trop ignare pour lui servir.

Pourtant tout ce petit monde obéissait servilement leur maître et s'étaient précipités à son appel avant d'être envoyé fouiller le château. Toutes cette agitation ralentissait considérablement Haldus surtout qu'il connaissait mal la forteresse. Le temps qu'il avait passé ici, il était resté dans ses propres appartements.

Alors qu'il allait tourner au coin, il entendit des pas. Rapidement, il tourna la tête et avisa une salle. Il y entra et vit qu'il se trouvait dans un petit salon. Alors que la porte derrière lui se rouvrait, il se précipita derrière un canapé bas.

Regardant par en dessous, il put voir à peu près le cheminement de la personne qui était entré. Une femme à en juger par le bas de la robe. Elle fouillait partout, dans les coffres, derrière les paravents, les rideaux et même la cheminée.

Voyant qu'elle se dirigeait vers le canapé, Haldus stoppa le temps. Il avait encore mal à la tête donc il ne pouvait pas le faire trop souvent mais c'était une urgence.

Il s'extirpa ensuite de derrière le meuble et chercha une autre cachette. Il répéta rapidement les paravents. Il avait vu la femme regarder derrière. Elle n'y retournerait donc pas. Il se dissimula rapidement et relâcha son pouvoir. Par l'interstice entre les panneaux, il vit la femme regarder derrière le canapé à présent vide. Elle circula encore quelques instants dans la pièce avant de repartir.

Haldus soupira de soulagement. Il s'approcha ensuite de la porte et posa la main sur la poignée avant de se figer. La femme n'était peut-être pas seule ou peut-être qu'elle était encore là. Tout en essayant de calmer sa respiration, il utilisa sa perception magique comme un radar. Il ne sentait rien. Du moins sur quelques dizaines de mètres. Mais pour ce qui était du couloir où il se trouvait, la voie était libre.

Rapidement, il interrompit sa perception. Ce n'était pas non plus un pouvoir dont il devait abuser dans son état. Il devait donc rester plus attentif et utiliser sa magie au bon moment.

Il sortit donc dans le couloir et repris son chemin. Il dû se cacher encore deux autres fois mais il réussit finalement à atteindre la grande cour. Sur le pas de la porte il pouvait même voir l'entrée de la citadelle et le chemin qui menait vers la plage.

Cependant il était arrivé à l'endroit le plus dangereux. Traverser la cour cela voulait dire se retrouver à découvert. N'importe qui regardant par une fenêtre pourrait le voir. Il devait être sûr de son coup.

Il ferma les yeux et étendit une nouvelle fois sa perception. Cette fois, il l'étendit aussi loin qu'il le pu afin de ne pas avoir de mauvaise surprises. Mais un pic de douleur lui vrilla le crâne et il dû stopper son investigation. Pantelant, il s'appuya contre le mur derrière lui tout en essayant la sueur qui ruisselait sur son visage.

La douleur de calma un peu mais Haldus n'était pas prêt à retenter l'expérience. Il n'avait pas pu analyser toute la citadelle mais ça devrait aller. Toutes les présences qu'il avait senties étaient à des endroits où elles ne pourraient pas le voir.

Rassuré, il sortit rapidement à l'extérieur et se mit à traverser la cour aussi vite qu'il le pouvait. Il allait atteindre le portail quand une silhouette apparut de l'autre côté. Haldus se figea, terrifié. Il se l'audit d'avoir abandonné sa détection. S'il en avait fait une seconde il se serait sûrement aperçu que quelqu'un l'attendait pour l'empêcher de sortir de la citadelle. Et pas n'importe qui, rien de moins que sa tante Narcissa.

« Tu n'iras pas plus loin Haldus » dit la femme en pointant sa baguette dans sa direction. « Le Maître te cherche. »

« Je sais. Mais moi je ne veux pas qu'il me trouve » répondit Haldus.

Il savait qu'il n'avait pas la force d'arrêter à nouveau le temps, pas maintenant. Le mieux qu'il pouvait faire c'était persuader Narcissa de le laisser passer ou au moins de gagner suffisamment de temps pour utiliser son pouvoir encore une fois.

« Ta mère ne sera pas satisfaite de ta conduite » reprit sa tante.

« Ma mère n'est pas en condition de me dire quoi que ce soit » lui dit Haldus.

Il eut la satisfaction de voir le bout de sa baguette trembler.

« Est-elle morte au service de notre Seigneur ? » Demanda Narcissa de la même voix froide qu'Haldus lui avait toujours connue.

« Capturée » répondit Haldus. « Je l'ai poignardé, assommé et je l'ai livré à la justice. »

« Comment as-tu osé ? »

Il y avait une pointe de colère dans sa voix maintenant.

« Elle menaçait mon époux. Elle aurait pu le payer de sa vie mais je ne suis pas comme elle. Je ne suis pas un tueur. »

« Alors notre Seigneur la ramènera parmi nous » reprit Narcissa.

« Votre Seigneur ne fera rien parce que votre Seigneur à perdu. Son armée a été balayée ! »

« Tu mens. »

« Non je ne mens pas ! » S'insurgea Haldus. « Voldemort est finit, il ne peut plus rien faire ! »

« Que tu crois » dit alors une voix dans son dos.

Haldus frémit. Il voulut se retourner mais un sort le frappa dans le dos et il sombra dans les ténèbres.

0o0o0

Pansy regarda à nouveau son parchemin et de mordit la lèvre.

« Ça ne va pas marcher » dit-elle.

Tous tournèrent alors la tête dans sa direction.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » S'exclama Neville. « Qu'est-ce qui ne va pas marcher ? »

« Je ne pense pas qu'on arrivera à rassembler assez de puissance pour traverser les protections de l'île de Serpentard. »

« Mais on a un cercle de puissance. Ça a fonctionné la dernière fois. »

« Mais la dernière fois, on essayait pas de joindre une Terre Incertaine protégée par des barrières de sang. »

« Et avec plus de puissance ? » Demanda Draco.

« L'encre ne tiendra pas, le cercle va se briser et le rituel va échouer et ça c'est seulement s'il ne nous explose pas à la figure. »

« Donc le problème vient du support » dit Hermione. « Et si on en utilisait un autre. »

« Lequel ? » Demanda Pansy.

Hermione ne lui répondit pas et se tourna vers Erik et Wolf.

« Avec vos pouvoir, vous devriez normalement pouvoir traverser les barrières sans soucis et nous y emmener, non ? »

« En théorie, oui » répondit Wolf.

« Mais notre contrôle est trop erratique » reprit Erik. « Nous risquerions d'y rester et vous avec. »

« Mais vous en avez le pouvoir ? »

« En théorie, oui » répéta Wolf.

« Dans ce cas on va utiliser votre pouvoir pour alimenter le rituel… »

« Mais tu ne m'écoute pas Granger ! » S'exclama Pansy. « L'encre ne tiendra pas le coup. »

« Sauf si on y mélange quelque chose qui résiste à leur pouvoir » dit Hermione.

« Comme quoi ? »

« Notre sang » répondit Wolf.

« Ça…ça pourrait marcher » dit Erik. « Mais pas en l'état. »

Il prit le parchemin de Pansy et un vierge et se mit à dessiner. Utiliser leur sang était en effet une bonne idée mais pas ensemble. La Magie Astrale d'Erik et la Magie Viscérale de Wolf risquaient de s'annulait l'une l'autre. À la place, il dessina deux cercles, l'un pour renforcer la connexion émotionnelle avec le portoloin et un second pour augmenter la force du sortilège de pistage afin qu'il traverse les barrières de la citadelle.

Après cela, tracer les cercles était assez facile. Ils préparèrent deux récipients d'encre avec chacun une généreuse quantité de sang des deux Avatars pour tracer les cercles. Une fois que ce fut fini, Neville se tient au centre avec tous les autres autour de lui, touchant le petit anneau.

Comme la dernière fois, Hermione et Pansy se chargèrent des formules mais seuls Erik et Wolf chargeaient leur cercle respectif. Effectivement, utiliser leur pouvoir c'était comme essayer de faire couler une lance à incendie goutte à goutte. Parfois le pouvoir était bien trop fort et d'autres fois il stoppait complètement. Heureusement il semble finir par se stabiliser alors que les deux filles achevaient le rituel.

« Portus ! » S'exclama finalement Pansy.

Il y eut une lumière et le groupe disparut. Ceux qui étaient restaient se mirent à attendre, tendus, mais leurs amis ne réapparurent pas.

Ils avaient réussis…du moins ils l'espéraient.

0o0o0

Quand Haldus se réveilla à nouveau, il sentit qu'il se trouvait encore une fois. Sa tête lui faisait encore plus mal qu'auparavant mais il se força à rester immobile. Il avait réussi une fois à s'enfuir, peut-être que cette fois-ci aussi…

« Inutile de faire semblant mon fils » dit la voix de Voldemort toute proche. « Je ne suis pas homme à me faire avoir deux fois par le même tour. J'ai placé un sort de surveillance sur toi, comme chez les enfants. »

Haldus ne bougea pas pour autant, il utilisait ses exercices de respirations pour faire refluer la douleur afin d'utiliser ses pouvoirs. Quand il s'estima prêt, il rouvrit brusquement les yeux et se tourna en direction de la voix de son géniteur. Il activa son pouvoir et…rien ne se produisit. Il le sentait, il savait qu'il était là mais pour une raison quelconque, il n'arrivait pas à l'utiliser.

La bouche sans lèvre de Voldemort s'étira en un sourire reptilien.

« Comme je te l'ai dit, je ne suis pas homme à me faire avoir deux fois » dit-il. « J'ignore exactement quel pouvoir tu possèdes mais je me doutais que tu en avais un. Tout comme ce morveux de Potter. »

Il éclata d'un rire aigu.

« J'ai tout de suite comprit que mon pouvoir venait de lui de la même façon que sa capacité à parler la langue des serpents venait de moi » reprit-il. « À partir de là, il m'a été facile de créer une potion pour inhiber ces pouvoirs. Bien sûr j'ai été obligé de me prendre moi-même comme cobaye mais cela en valait la peine. »

Cependant, Haldus ne l'écoutait plus. Il n'avait retenu qu'une seule chose du discours de son père et c'était que l'inhibiteur était une potion. Pour qu'elle fonctionne, il avait dû la boire. Cela voulait dire qu'il lui avait peut-être fait ingérer autre chose.

Il tenta de se redresser mais il se rendit compte que ses bras étaient entravés. Au bruit, cela devait être des chaînes. Haldus redressa tout de même sa tête et regarda en direction de son ventre…qui était encore bombé.

« Oui, il reste ce petit problème » dit Voldemort avec une grimace. « J'ai bien essayé de m'en débarrassé mais il s'est révélé plus fort que tout ce que j'ai pu te donner. »

Plus fort ?

A ce moment-là, Haldus bénit Erik et Wolf. Apparemment son bébé avait été inclut dans la gigantesque vague de pouvoir déchaînée par les deux Avatars et il s'en était servi pour se protéger.

La raison pour laquelle l'avortement était interdit dans le monde sorcier était parce que dès l'instant de la conception, le fœtus disposait d'un cœur magique. Pour une civilisation qui plaçait la magie au centre de tout, c'était un sacrilège que détruire un être qui en possédait. Mais au-delà de l'aspect traditionnel, un avortement était un acte très dangereux à la fois pour le porteur et son entourage.

En effet, et c'était ce qui s'était passé avec celui d'Haldus, la magie d'un fœtus tentait d'instinct de le protéger de toute agression. Cette réponse qui ressemblait à une réponse immunitaire pouvait aller jusqu'à exploser, causant des dégâts à la mère pouvant entraîner sa mort et dans des cas les plus extrême, l'explosion magique était telle que l'environnement immédiat était touché, gens comme lieux.

Haldus ne savait pas si Voldemort était au courant (il doutait qu'il ait les moindres connaissances en obstétrique magique où non) ou s'il s'en fichait. Mais de toute façon, il était heureux que rien ne soit arrivé à son bébé ou à lui. Il n'en restait pas moins en danger s'il ne faisait pas quelque chose rapidement. Malheureusement, quel que soit la potion que Voldemort lui ait fait prendre, elle bloquait aussi sa magie.

Il était donc impuissant.

Un pas précipité et une respiration haletante lui firent alors tourner la tête de l'autre côté. Il put en profiter pour détailler l'endroit dans laquelle il se trouvait. C'était une vaste salle de pierre qui formait une longue nef. Il y avait des colonnes de part et d'autres et Haldus pouvait deviner des canaux justes derrière. Lui-même se trouvait sur une estrade de pierre au sommet duquel se trouvait l'autel sur lequel il était attaché.

Si on omettait cette dernière partie, la salle rappelait beaucoup la Chambre des Secrets au jeune sorcier. Il y avait même des sculptures de serpents sur les colonnes et la luminosité semblait identique. Il devait se trouver dans les sous-sols de la forteresse.

« Tout est prêt Maître » dit alors Dolohov.

C'était lui qu'Haldus avait entendus.

« Parfait, mon fidèle » dit Voldemort. « À présent tu vas m'assister pour que je prenne possession de mon nouveau réceptacle. »

En entendant cela, Haldus se mit à paniquer. Il tenta de se concentrer pour faire appel à son pouvoir, à sa magie ou à n'importe quoi d'autre. Voyant que rien ne fonctionnait, il se mit à se débattre en espérant enlever ses chaînes.

« Toute résistance est inutile mon fils » dit Voldemort. « Ton corps est à moi, c'est inéluctable. Déshabille le, Dolohov ! »

Haldus poussa un cri quand, d'un coup de baguette le Mangemort fit disparaître ses vêtements. Du coin de l'œil, il vit que Voldemort avait fait de même.

Son long corps filiforme était d'une pâleur mortelle et d'une maigreur encore plus choquante. Il se campa alors sur ses pieds puis écarta les bras.

« Vas-y » dit-il à son serviteur. « Et gare à toi si tu te trompes. »

Dolohov hocha la tête en gémissant puis prit un bol posé sur le sol. Il en tira un pinceau rituel et se mit à tracer des symboles sur le corps de Voldemort. Cela devait servir pour le rituel de transfert.

Une fois qu'il eut achevé son travail, le Mangemort pointa sa baguette sur son maître et jeta un sort pour faire sécher la peinture.

« Occupe-toi de lui à présent » ordonna-t-il.

Dolohov s'exécuta et commença à s'approcher d'Haldus avec son nom et son pinceau. Le jeune homme se mit alors à se débattre furieusement pour empêcher le Mangemort de tracer le moindre symbole sur sa peau. Mais à ce moment-là, Voldemort pointa sa baguette sur lui et il se figea. Il sentait le pinceau glisser sur son corps mais celui-ci ne répondait plus.

« Je t'ai dit que toute résistance était inutile » dit Voldemort. « Je vais obtenir ton corps Et dès que je me serait installé, j'utiliserai les précieux artefacts maudits dont m'a parlé mon ex allié pour récupérer mon pouvoir. »

Haldus écarquilla les yeux réussit à les tourner en direction de la salle. Tout à l'heure, il avait aperçu quelque chose mais n'y avait pas vraiment prêté attention. Là, près des marchés de l'estrade, au centre d'un cercle magique se trouvait les quatre statuettes maudites. Comment avait-il fait pour récupérer les deux dernières ? Mais Haldus se reprit, ce n'était pas ça le plus important.

Il essaya de parler mais ses mâchoires étaient scellées.

« Oh ? Les dernières paroles du condamné ? » Demanda Voldemort avec un petit rire.

Il agita sa baguette et Haldus sentit qu'il pouvait enfin bouger sa mâchoire.

« Ne fait pas ça ! » S'exclama-t-il. « N'invoque pas le pouvoir de ces choses ! Tu risques de détruire le monde ! »

« Et bien qu'il soit détruit » dit Voldemort. « Que ce monde soit détruit, qu'il n'en reste que cendre, je pourrais mieux le reconstruire à ma guise. »

C'est alors qu'Haldus comprit. C'était lui. C'était Voldemort. Il était celui né de la trahison et dans la douleur et les multitudes étaient mortes en son nom. Il était l'Être de Destruction.

Haldus sentit alors un profond désespoir s'emparer de lui. Il était seul, perdu, enfermé avec un fou prêt à déchaîner le mal suprême sur le monde par avidité et son existence allait bientôt finir pour soutenir la sienne.

Il sentait son esprit flancher quand une voix éclata dans son esprit. Une voix pure, une voix connue, une voix aimée.

Haldus !

C'était la voix de Neville.

Je suis dans les sous-sols ! Cria-t-il à travers leur lien.

On arrive.

Ce n'était que deux mot mais c'était comme si le monde d'Haldus devenait tout à coup plus lumineux.

J'attends.

0o0o0

Le déroulement d'une bataille est au final une chose assez simple. Le tout est de savoir quoi faire après. C'est la raison pour laquelle les amis d'Erik resté au château furent une liste des choses les plus urgentes.

Tout d'abord nettoyer le terrain. Une bataille n'était vraiment finie que quand il n'y avait plus d'ennemis. La majorité des monstres créés par Voldemort avaient péris quand son pouvoir avait été anéanti. Cependant il en restait quelques une paroi les plus puissants. Certains Mangemorts étaient également toujours en liberté de même que quelques créatures rebelles qui avaient suivis le Seigneur des Ténèbres.

Certains d'entre eux avaient fuis. Il faudrait les rattraper pour éviter qu'ils ne reviennent plus tard se venger. Cependant au vu du faible nombre de l'armée ennemie à présent, un ordre de repli général avait été lancé tant pour les humains que pour les créatures. Deux groupes allaient être formés parmi les troupes humaines restantes pour engager l'ennemi alors que les créatures étaient invités à séjourner au terrain d'entraînement jusqu'à ce qu'ils puissent rentrer chez eux.

Il y avait aussi le cas des blessés et des prisonniers. Au vu des protections du château, ces derniers seraient laissé là avec une troupe de garde jusqu'à ce qu'on décide quoi faire d'eux. Mais pour l'heure l'important était les blessés. L'hôpital magique avait été transféré au terrain d'entraînement avant le début de la bataille et les soigneurs s'étaient divisés entre là et l'infirmerie temporaire de Poudlard.

Il fallait absolument rassembler les blessés afin de les soigner au mieux. Cependant, certains étaient pour le moment intransportables donc ils devraient rester sur les lieux le temps nécessaire pour qu'ils le soient.

Ça ne se ferait pas immédiatement mais l'heure était au rassemblement et surtout aux retrouvailles…du moins pour ceux qui pouvaient.

En effet une fois ces deux tâches achevés, il faudrait en passer par l'exercice le plus rebutant de toute campagne militaire : le recensement des morts. Chacun devait pouvoir pleurer ceux qui étaient morts ce jour-là.

Mais on n'en était pas là. Pour l'heure, les jeunes sorciers s'étaient répartis les tâches. Hermione s'occupait d'informer les différents états-majors, Pansy organisait le rapatriement des blessés et Théo, celui des troupes. Il avait été aidé par Vincent et Gregory qui avaient recrutés des volontaires pour former deux équipes, une pour servir de garde aux prisonniers et une autre pour les recherches de fuyards. Les Jumeaux avaient formés un troisième groupe, plus large afin de nettoyer le champ de bataille. Blaise quant à lui, devait également le parcourir mais il devait surtout retrouver les blessés et prévenues les alliés de la retraite.

Cela tombait bien car c'était également ce qu'il voulait faire. Quand Erik et Wolf étaient réapparus, il avait convergé vers eux avec les autres, laissant Remus aux prises avec les loups garous. Il devait absolument voir comment il allait.

Il soupira de soulagement quand il vit que celui-ci était toujours en vie. Son corps était couvert de griffures et de morsures, ses vêtements étaient déchirés et tâchés de sang mais il respirait et était conscient. Autour de lui se trouvaient les cadavres de plusieurs loup garou, presque toute une meute tombé sous les coups de l'homme par nature si doux.

« Remus ? » Appela Blaise en arrivant près de lui.

Celui-ci ne répondit pas. Assis sur une pierre, il regardait fixement le cadavre qui se trouvait juste devant lui. C'était celui d'un loup froid particulièrement énorme. Fenrir Greyback. Le croque-mitaine de son enfance, celui qui avait fait de sa vie un enfer était mort. Mais ce n'était pas de la joie sur le visage de Remus.

Blaise voulu l'appeler encore une fois mais Remus se mit à parler.

« Je me sens…vide » dit-il.

Il y eut un moment de silence mais cette fois-ci, Blaise ne chercha pas à le briser. Remus devait prendre son temps.

« J'ai toujours détesté Greyback et pourtant…je ne m'étais jamais imaginer le tuer. Et pourtant…quand nous étions face à face je…j'en ai eu envie. J'ai et envi de le tuer… alors je l'ai fait et je…j'y ai pris du plaisir… »

Blaise ne savait pas quoi dire. Rien ne lui venait à l'esprit. Il aurait bien aimé mais finalement il se dit que la seule personne à pouvoir me réconforter, c'était son époux.

« Remus » dit-il en se mettant à genoux devant son ancien professeur afin de se trouver à son niveau. « Les combats sont finis. Il est temps de rentrer au terrain d'entraînement. Sirius doit vous y attendre. »

« Sirius ? » Demanda Remus.

Il semblait comme absent.

« Sirius. Votre époux. »

« Sirius… » répéta Remus.

Ce serait dangereux pour lui de transplaner seul. Blaise activa donc le portoloin de l'autre homme qui disparut. Il allait réapparaître à l'infirmerie. Il envoya un petit message mental à Pansy pour lui expliquer la situation. Elle l'aiderait à revenir auprès de Sirius.

Alors que Blaise se relevait, un rugissement se fit entendre.

« C'est pas bon ça » marmonna le jeune homme.

Il se mit à courir en direction du bruit puis se figea en voyant la source du bruit. C'était un dragon noir, l'un de ceux de Voldemort. Dire qu'il pensait qu'ils avaient tous été abattus.

Le monstre était entouré d'une horde de nains et d'elfes, la quasi-intégralité de leurs armées respectives. Durant la bataille, ils avaient abattus nombre de ses semblables mais cette fois c'était différent. En effet la bête était bien plus grande que ses congénères. Qu'avait-il bien où se passer.

Blaise se précipita alors au renseignement mais comme il s'approchait, il vit l'un des nains manquer se faire écraser par l'une des pattes du monstre. Aussitôt Blaise l'attira à lui pour le sauver.

« En voilà des manières de traiter une tête couronnée » grogna le nain qui s'était écrasé au sol dans la manœuvre.

« Un merci aurait suffi, Roi Thorin » dit Blaise qui avait reconnu le souverain. « J'étais venu prévenir les armées alliés du repli général. »

« Comme tu vois, ce n'est pas le moment » dit Thorin en se relevant.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment cette chose a pu de envie aussi énorme. »

« Quand on l'a trouvé il dévorait ses semblables morts ou encore en vie. Il a dû assimiler leur énergie. »

« Et vous n'arrivez pas à le battre ? »

« Il n'est pas seulement devenu plus fort, plus résistant aussi. »

En effet Blaise pouvait voir des flèches et même quelques tâches dépasser de la cuirasse de la bête. Elles ne devaient pas avoir pénétré suffisamment profondément. C'était dire à quel point son cuir était épais. Peut-être qu'avec plus de force…

Blaise sourit. Bien sûr qu'il fallait y aller plus fort. Et il savait comment.

« Roi Thorin, je vous emprunte votre hache » dit-il au nain à ses côtés.

« Ne rêve pas trop, jeune Zabini. »

« Mais je ne vous demandais pas votre avis. »

Et, avant que Thorin Hache-Feu ne puisse rien y faire, son arme légendaire lui échappa des mains, soumise à la volonté et au pouvoir de Blaise. Aussitôt des cris se firent entendre parmi les deux armées. Hachés, épées et même les flèches des elfes, tous se mirent à flotter dans les airs.

Blaise sentait encore le feu de la magie accordée par Erik et Wolf couler dans ses veines. Fer, acier, mithril ou mallenril, cela n'avait pas d'importance, pour Blaise, n'importe quel métal était soumis à son pouvoir… et il allait l'utiliser.

« Qu'on en finisse enfin » grogna Blaise.

A ces mots et sous l'impulsion de sa volonté, les armes se retournèrent contre le dragon avant d'être propulsés vers lui. Le monstre était devenu comme un aimant vers lequel tout métal était attiré avec force. Le monstre poussa alors un cri final et s'effondra sur le sol, le corps transpercé de toutes parts d'armes diverses.

Blaise s'avança alors et se mit à grimper sur la carcasse. Il se mit alors face aux deux armées pour leur parler.

« Écoutez-moi ! » dit-il d'une voix forte. « La retraite a été sonnée. Toutes les troupes vont se rassembler sur le terrain d'entraînement de l'armée internationale. Rendez-vous au château pour être envoyé Là-bas. »

« Il reste encore des ennemis » remarqua la Reine Míríel.

« Ne vous inquiétez pas, une troupe a été formé pour régler le problème et… »

« C'est une bonne idée ça ! » s'exclama Thorin. « Moi ça me dirait bien de participer. C'était une jolie petite bataille mais un peu plus d'action ne me ferait pas de mal. Qui me suivra ? »

Un fracas de voix accueillit la proposition du roi des nains.

« Ca ne peut pas faire de mal de se débrouiller de temps en temps » dit à son tour la reine des elfes.

Son armée dans son intégralité fut en total accord avec elle. Ils demandèrent alors à Blaise où aller pour continuer la bataille. Le jeune homme leur indiqua l'endroit où le bataillon devait se constituer et, une fois qu'ils firent partis, soupira. Il espérait que les autres groupes ne seraient pas aussi…volontaires. Heureusement à présent c'était le problème des Jumeaux.

« Revient vite Erik » grommela-t-il à lui-même. « C'est toi qui a amené ces énergumènes, ce sera à toi de te débrouiller avec eux. »

Io soupira une nouvelle fois puis saura du haut de la carcasse du dragon. Il ne devait pas trainer, il y avait encore beaucoup à faire.

0o0o0

Haldus essayait de résister tant qu'il pouvait à la présence qui essayait de pénétrer en lui. Voldemort avait commencé son rituel et un pont psychique avait déjà été construit entre lui et le jeune sorcier. Cependant celui-ci avait un atout : son bébé.

Sa magie à lui était peut-être bridée mais pas celle de son enfant. Son instinct de préservation était encore très fort et sa magie combattait le transfert que voulait faire Voldemort. Cependant Haldus savait que la potion allait bientôt atteindre l'enfant et désactiver ses propres pouvoirs et alors.

Heureusement, à ce moment-là, il y eut une explosion. Surpris, Voldemort interrompit le rituel et Haldus sentit sa présence refluer.

« Maître ! » Balbutia Dolohov. « C'est…c'est…c'est Potter ! »

« Je l'envoie bien idiot ! » Cracha Voldemort en remettant sa robe en vitesse.

S'il devait se battre, il ne voulait pas le faire sans protections.

« Voldemort ! » Cria alors Neville en entrant dans la pièce. « Libère Haldus ! »

L'explosion de la grande porte avait causé un nuage de poussière qui s'était rependu dans la pièce. Les sept sorciers en émergeaient comme des images fantasmagoriques. Cet aspect était renforcé par les armures scintillantes qu'ils portaient. Leurs armes étaient également sorties. Certains étaient couverts de sang, preuve qu'ils avaient dû batailler pour arriver jusqu'ici.

Voldemort contourna alors l'autel et se mit à descendre lentement les marches de l'estrade. Il ne quittait pas des yeux Erik et Wolf qui marchaient eux aussi dans sa direction. Le Mage Noir dépassa le cercle rituel des statuettes et se posta devant.

« Toujours à essayer de contrecarrer mes plans, Potter » siffla Voldemort.

« Et jusque-là, j'ai parfaitement réussis il me semble » répondit celui-ci.

Prit par la tension de l'instant, personne ne remarqua Draco tourner brusquement la tête vers Neville. Celui-ci le fixa quelques instants, comme s'il le suppliait. Finalement Draco hocha la tête.

« Il faut bien que la chance tourne à un moment ou à un autre. »

« La chance ? » s'exclama Erik. « Je vois que tu es toujours d'aussi mauvaise fois ! Tu disais déjà ça dans le cimetière, il y a quatre ans. Ton problème a toujours été le même, Tom, tu sous-estime tes adversaires. »

« Ne m'appelle pas par ce nom » s'écria alors Voldemort en pointant sa baguette sur Erik. « Avada kedavra ! »

Le rayon mortel s'échappa alors de la baguette du sorcier noir comme un éclair vert qui percuta le jeune sorcier en plein dans la poitrine. Pourtant, celui-ci ne broncha même pas.

« Non ! » s'écria Voldemort. « Cela ne se peut ! »

« C'est inutile, Tom. Si j'avais été seul, tu aurais eu ta chance mais je suis avec Wolf. À nous deux, nous représentons la magie, ses deux aspects. Viscérale et Astrale. Noire et Blanche. Il n'existe aucun sort qui puisse nous faire du mal. »

« Pour l'instant ! » s'exclama Voldemort. « Pour l'instant aucun sort ne peut vous faire du mal. Mais ça va changer une fois que j'aurais libérer le pouvoir de ces artefacts. »

« Non ! » s'écria Erik.

Mais Voldemort fit quelques pas en arrière et agita sa baguette en sifflant quelques mots. Une série de runes étranges, filiformes, tracées autour du cercle de rituel s'illuminèrent. Aussitôt, l'air autour du cercle se mit à chatoyer, laissant apparaitre la forme d'une demi-sphère. C'était une barrière.

« Ne fais pas ça T…Voldemort ! » s'exclama Erik en se corrigeant lui-même.

Il voulait éviter que la mention de son vrai nom ne rende son ennemi encore plus en colère.

« Tu ne sais pas ce que tu fais ! »

« Oh si je le sais ! » jubila Voldemort. « Grâce à ces artefacts, je vais acquérir une puissance à nulle autre pareil ! Je deviendrais un être de pur pouvoir et je te détruirais, Potter ! Je vous détruirais tous ! »

« Et comment sais-tu que ça va te rendre plus fort ? Comment sais-tu que ça ne va pas te détruire ? »

« Parce que c'est lui qui me l'a dit ! » s'exclama le mage noir en pointant son doigt sur Wolf. « Enfin, c'est la chose à l'intérieur de lui. Il se croyait tellement supérieur ! Il ne pensait pas que je devinerais qu'il n'était qu'un parasite à l'intérieur du corps d'un autre. »

Erik se mordit la lèvre, une réplique cinglante au bout de la langue. Après tout, Voldemort savait de quoi il parlait au sujet des parasites qui occupaient le corps d'un autre. Mais ce n'était pas le moment de le mettre plus en colère que cela.

« Tu ne lui faisait pas confiance » dit alors Wolf. « Mais lui non plus. Tout ce qu'il t'a dit à propos des artefacts n'était que des mensonges. »

« Et qu'est-ce que tu peux savoir de ça, misérable sang-de-bourbe ! » cracha Voldemort.

« Parce que je lui ai tout prit. Son pouvoir, ses souvenirs et ses connaissances. Si je sais qu'il a mentit, c'est parce qu'en fait, il n'en savait rien du tout ! »

Voldemort se figea alors. Les paroles de Wolf semblaient le faire hésiter. Il ouvrit la bouche pour parler mais à ce moment-là, une grande douleur lui traversa le corps. Il poussa un cri.

Stupéfait, Erik et ses amis virent une tache rouge apparaitre sur le devant de la robe du mage noir. Celui-ci baissa les yeux puis sembla saisir quelque chose devant lui. L'air miroita alors et tous virent qu'ils s'agissaient de la pointe d'une lame.

« Non, je…cela ne…je ne veux pas… » balbutia Voldemort.

Du sang se mit alors à couler de sa bouche. Il voulut saisir la lame mais celle-ci se retira. Il s'effondra alors sur le sol, révélant la silhouette de la personne qui l'avait blessé à mort.

« Neville ? » s'exclama Erik.

Celui-ci se tenait droit, le regard farouche. À la main il tenait un sabre qu'Erik reconnut immédiatement. C'était celui de Draco. Il se retourna juste à temps pour voir l'illusion de son ami disparaitre.

« Mais…que… »

« J'ai demandé à Draco de me prêter son arme et de me couvrir » dit Neville. « Il m'a rendu invisible et à placé une illusion à ma place. J'ai réussi à me mettre suffisamment proche de lui pour être à l'intérieur de la barrière quand il l'a activé puis j'ai attendu un moment de relâchement pour frapper. »

Au sol, Voldemort poussa quelques râles et se mit à se trainer sur le sol. Les runes de son cercle de protection commençaient à pâlir et à clignoter. Finalement, elles s'éteignirent tout à fait et la protection se désactiva. Voldemort ne râlait plus. Il ne bougeait plus. Il était mort.

« Pou…pourquoi, Neville ? » demanda Erik en s'approchant de son ami. « On aurait pu l'arrêter. Comme les autres Mangemorts. »

« On aurait pu, c'est vrai » dit Neville. « Mais cela aurait poussé tous ses partisans de l'ombre à essayer de le libérer et tout aurait été à recommencer. »

« Tu n'as pas peur qu'il devienne un martyr ? » demanda Hotun.

« Peut-être. Ou peut-être pas. Je pense que le plus important c'était de libérer les gens de la peur. Voldemort est mort et cette fois il ne reviendra plus. »

Erik soupira et hocha la tête.

« Tu sais qu'il a raison » lui dit Draco en posant sa main sur son épaule.

« J'aurais juste aimé qu'il y ai un autre moyen… »

« Je sais mon ami » dit Neville en prenant Erik dans ses bras.

Puis il se recula et se mit à courir en direction de l'estrade, là où se trouvait son époux.

« Haldus ! » s'écria-t-il en voyant celui-ci.

« Neville ! »

Le jeune sorcier commença par figer le Mangemort qui trembler dans un coin puis défit les chaines qui retenaient son mari avant de l'aider à se redresser et à s'assoir sur le bord de l'autel.

« Tout va bien ? » demanda-t-il.

« Oui…non ! » s'écria Haldus. « Voldemort, il m'a fait boire une potion qui inhibe tous mes pouvoirs. Pour l'instant le bébé n'a rien mais… »

« Comme tout ce que tu ingère, la potion va lui être inoculé via le placenta » conclut Erik.

« Je pense que c'est en cours » dit Haldus. « Mais la magie du bébé combat l'intrusion. »

« C'est déjà un sacré gaillard » dit Neville avec un sourire fier.

« C'est une fille » dit Haldus avec un demi-sourire.

« Ça ne change rien pour moi » répondit son époux.

« Plus tard, tous les deux, il faut empêcher la potion de toucher votre fille » dit Erik. « Qui sait ce que ça pourrait faire sur son organisme. »

« Mais comment faire ? » demanda Hans.

« Haldus, explique-moi exactement comment tu te sens et quels sont les effets de la potion » dit Erik.

Le jeune sorcier était sur des charbons ardents mais il arriva tout de même à décrire ce qui se passait dans son corps. Erik réfléchit quelques instants avant de proposer une solution.

« Il faut la faire s'évaporer…en quelque sorte » dit celui-ci. « La potion est forcément temporaire, sinon Voldemort ne l'aurait jamais essayée sur lui. Elle doit donc cesser d'agir au bout d'un moment. Si tu ne sens pas ta magie, c'est peut-être parce qu'elle fait barrière. Si on augmente ta magie alors on pourra sans doute faire tomber cette barrière. »

« C'est beaucoup de « peut-être » et de « sans doute » je trouve » dit Ingrid.

« Malheureusement on a pas trop le choix » soupira Erik.

« Tu vas le faire ? » lui demanda Neville.

« Non, ni moi ni Wolf. C'est un travail de trop haute précision. Il faut que ce soit toi qui t'en charge. »

« Moi ? »

« Tu dois utiliser ton pouvoir d'augmentation sur sa magie » dit Wolf.

« T…très bien » souffla le jeune sorcier.

Il prit alors les mains de son époux et se mit à se concentrer. Il le pouvait. Il pouvait le faire. Tout comme il augmentait sa propre magie, il pouvait augmenter celle d'Haldus. Celui-ci sentit alors la force de ses pouvoirs augmenter. Pourtant il n'y avait toujours pas accès. Son corps devenait chaud, brulant même. Il ferma les yeux de douleur et gémit.

« Haldus ! » s'exclama Neville.

« Ne t'arrête pas ! » lui intima Erik.

« Mais… »

« Il a raison » gémit Haldus. « Pour notre fille, tu dois le faire. »

Neville hocha alors la tête et continua à augmenter l'énergie de son époux.

« Est-ce que tu as une idée pour son nom ? » demanda alors Haldus pour distraire son époux afin qu'il ne pense pas aux souffrances qu'il lui causait.

« Au…au départ, j'avais choit le nom « Alice » comme nom de fille, comme ma mère, mais…Je ne veux pas qu'elle vive ce que j'ai vécu, je…je ne veux pas qu'elle se sente en compétition avec quelqu'un qui n'est plus là. »

« Alors tu as trouvé autre chose ? » demanda Haldus.

« Un nom qui ne vient ni de ma famille ni de la tienne. Helori. »

« J'aime…beaucoup ce nom » haleta Haldus qui avait du mal à parler à cause de la douleur.

Derrière le couple, tous leurs amis regardaient l'opération, tendus. Ils étaient tellement absorbés qu'ils ne remarquaient même pas ce qui se passait un peu plus bas.

Le corps de Voldemort avait été abandonné au centre de son cercle. Son sang avait formé une flaque qui s'étendait lentement sur le sol, glissant entre les jointures des pierres. Sauf que ses mouvements n'étaient pas naturels. Le sang aurait déjà dû se figer et arrêter sa progression et pourtant il continuait à glisser lentement. On aurait dit qu'il était appelé et que cet appel venait des quatre statuettes vers lesquels il se dirigeait.

« Ça y est ! » s'exclama soudain Haldus. « J'y arrive ! Je j'accède à ma magie ! Tu peux arrêter, maintenant Neville. »

Mais celui-ci avait arrêté d'augmenter le pouvoir de son époux dès que celui-ci avait ouvert la bouche. Haletant, il regard celui-ci reprendre également sa respiration. Prit d'une impulsion subite, il se pencha en avant et l'embrassa. D'abord surpris, Haldus se laissa rapidement allé au baiser.

« Dites, on vous dérange ? » demanda alors Ingrid sur un ton goguenard. « Parce que je ne veux pas dire mais il y a des choses plus urgentes à faire. D'abord trouver à Haldus de nouveaux vêtements… »

Celui-ci baissa les yeux et rougit en voyant qu'en effet, il était toujours nu et recouvert de symboles. Avec sa magie retrouvée, il fit disparaitre la peinture rituelle sur son corps puis fit apparaitre son armure afin de se vêtir. Il avait encore mal à la tête mais cela allait déjà mieux.

« Ensuite, il faut partir d'ici » reprit Ingrid.

« On ne peut pas s'en aller maintenant » dit Haldus. « Il y a encore des gens ici, les épouses et les enfants des Mangemorts. Sans compter qu'il doit y avoir des prisonniers. »

« Mais comment on va faire pour ramener tout ce beau monde ! » s'exclama Hans. « On n'est même pas sûr de comment on va rentrer alors… »

« Je ne crois pas que ce sera un problème » dit alors Neville.

Il leva la main droite d'Haldus à la lumière et tous purent alors y voir briller l'anneau princier de Serpentard. Avec la mort de Voldemort et puisque celui-ci avait fait d'Haldus son Héritier, le jeune sorcier devenait de facto, le nouveau seigneur de cette maison et avec ça lui revenait les privilèges afférant à sa charge, notamment celle de permettre ou non de transplaner vers ou depuis la forteresse.

Mais ils n'eurent pas le temps de se réjouir de cette bonne nouvelle car une brusque secousse les jeta tous à terre. Ce n'était pas seulement une onde de choc physique. En effet elle était accompagnée d'une onde énergétique d'une grande intensité mais surtout d'une très grande malfaisance. En fait, la puissance maléfique était si grande qu'elle coupa le souffle des sorciers pendant un instant.

« Que…Qu'est ce qui s'est passé ? » demanda Hotun en se relevant.

« Ce ne serait pas… » balbutia Erik.

Il chancela quelques instants puis se précipita vers le borde de l'escalier, suivit par Wolf puis par les autres.

« Les statuettes » dit-il d'une voix blanche. « Elles ont été activée. »

En effet les quatre statuettes brillaient à présent d'un éclat malsain, noir mêlé de rouge, de vert, de violet de jaune. Les runes du cercle étaient activées et brillaient du même éclat malsain en envoyant des ondes maléfiques alentour. Mais ce n'était pas les seuls choses qui luisaient.

« Mais comment est-ce arrivé ? » demanda Draco.

« Là ! Regardez ! Voldemort ! Son sang ! » s'écria Hans.

En effet le sang de Voldemort brillait également de la même façon que les statuettes ou les runes. Des lignes partaient de son corps comme une toile d'araignée et rejoignaient chacune des quatre statuettes.

« Oh non ! » dit Neville, très pâle. « C'est…c'est le sang de Voldemort, il a activé les statuettes. »

Il tomba à genoux.

« C'est ma faute » dit-il.

« Tu ne pouvais pas savoir » dit Haldus en s'agenouillant près de lui.

« Il a raison » dit Erik.

En bas, l'air était de plus en plus saturé de magie maléfique. Des éclairs apparaissaient tout autour alors que la pression augmentait. Elle se faisait même sentir là où se trouvaient les sorciers alors qu'une dizaine de mètres les séparaient.

« Il faut se dépêcher ! » s'exclama alors Erik. « Peut-être que si on intervient maintenant alors… »

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase. La pression était arrivée à son comble. L'énergie des statuettes amplifia soudain avant d'exploser. Une longue colonne noire jaillit alors du cercle, perforant le plafond et faisant trembler le sol. Des fragments commencèrent à tomber du plafond puis de profondes lézardes apparurent depuis le trou qui s'était formé sous l'impulsion d'énergie.

« À couvert ! » s'exclama alors Erik.

Aussitôt, Ingrid, Hans, Hotun et Draco déployèrent un champ de force autour de leur groupe. Le plafond commença à leur tomber dessus mais leurs quatre magies ensembles étaient suffisantes pour les protéger.

Les secousses durèrent encore quelques instants avant de se calmer. Cependant, impossible pour le groupe de voir ce qu'il se passait. D'énormes pierres et de grandes quantités de terre étaient tombées sur leur bouclier, les ensevelissant complètement. Les quatre sorciers qui maintenant la protection en place la chargèrent alors de magie et la firent exploser vers l'extérieur, chassant les gravats qui leur bouchaient la vue.

Autour d'eux, la grande salle était en ruine. Son plafond s'était totalement effondré et la laissait à ciel ouvert. Fort heureusement, elle se trouvait sous la cours de la forteresse si bien qu'aucun des bâtiments n'avaient été touchés. Les conséquences auraient été plus catastrophiques mais c'était surtout le nombre de victimes qui aurait été plus important.

Il n'y avait que deux endroits qui n'étaient pas recouverts de gravats. C'était la plateforme sur laquelle se trouvaient les sorciers et le cercle de rituel. Celui-ci cependant avait été noirci par la débauche d'énergie. Le corps de Voldemort tout comme les statuettes avaient été calcinés et il n'en restait que des traces.

« Est-ce que…est ce que c'est fini ? » demanda alors Hans. « Est-ce que le rituel a échoué ? »

Mais à ce moment-là, comme pour lui prouver qu'il avait tort, le ciel changea de couleur. Il prit une teinte rougeâtre et quelque chose de sombre apparut en travers du ciel.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Ingrid.

« Je…je ne vois pas bien » dit Erik. « Il faudrait sortir de là. »

« Mais comment ? » demanda Hotun. « La porte est inaccessible, alors à moins de déblayer les gravats… »

« On peut transplaner » dit Haldus.

« Je croyais qu'on ne pouvait pas utiliser de transport magique sur l'île » s'étonna Draco. « Seulement sur la plage. « Non, ça c'était la volonté de Voldemort. Maintenant que c'est moi qui porte l'anneau, on peut transplaner partout. »

Il montra alors l'exemple en disparaissant. Les autres levèrent alors la tête et le virent réapparaitre juste au bord du trou fait par l'effondrement. Il fut rapidement rejoins par ses amis et tout le groupe se dirigea vers la sortie du château. Ils devaient s'éloigner pour voir la chose qui était apparu juste au-dessus de la citadelle.

Ils durent presque atteindre la plage pour pouvoir y voir quelque chose. Mais le spectacle qui s'offrit à leurs yeux était tout bonnement apocalyptique. Le ciel rouge semblait avoir été brisé. Une longue fissure était apparue suspendu dans les airs et s'ouvrait de plus en plus sur un immense puis ténébreux. À mesure que les lèvres de l'ouverture s'ouvraient, des ondes de plus en plus maléfiques se faisaient sentir. Les sorciers avaient beau être éloignés, ils commençaient à en souffrir.

Soudain, quelque chose apparut dans le puis sombre. C'était un œil, un œil géant qui n'avait rien d'humain. Il disparut aussi rapidement qu'il était apparu, mais il fut rapidement remplacé par une immense bouche dont les dents claquaient les unes contre les autres. Elle disparut tout aussi rapidement mais le bruit de claquement continua jusqu'à ce qu'un rugissement se fasse entendre.

Ce bruit était si fort qu'il fit trembler l'air. Les vibrations semblèrent également faire vibrer la fissure qui s'ouvrit un peu plus. C'est alors que quelque chose passa au travers. C'était long et ça se tortillait dans tous les sens. C'était un tentacule. Vert, visqueux, il ressemblait à celui d'un animal marin. Cependant il fut rapidement rejoint par d'autres de formes et de couleurs différentes mais tout aussi répugnants. Soudain, une main apparut et s'accrocha au bord de la fissure. En fait de main, c'était plus une griffe aux doigts recouverts d'écailles brunâtres et reliés entre eux par des membranes inter palmaires.

Il y eut un nouveau rugissement auquel s'ajoutèrent d'autres bruits. Le son des dents qui claquent recommença et fut rejoint par d'autres bruits similaires mais la plupart semblaient inconnus. Aucun animal, aucun être de ce monde ne pouvait les faires.

« Oh mon Dieu ! » balbutia Erik d'une voix blanche.

Tous se tournèrent alors vers lui. Il était pale. Les yeux écarquillés il tremblait presque. À côté de lui, Wolf était presque dans le même état.

« Pourquoi tu dis ça ? » demanda Ingrid. « Qu'est-ce que c'est que ce…trous ? Et ces…choses derrières, c'est quoi ? »

« Des divinités » dit Wolf d'une voix tremblantes. « Des êtres extra-dimensionnelles maléfiques qui ont été vénérés comme des dieux il y a très longtemps. »

« Comment… »

« La Magie » dirent les deux avatars d'une même voix.

« La Magie c'est de l'énergie mais aussi un esprit et une mémoire » dit Erik. « En tant qu'avatars, nous pouvons avoir accès à tout ce qu'elle sait. »

« Et donc…ces créatures ? » demanda Hotun.

« Il y a très longtemps, les hommes se sont laissés séduire par ces créatures. En échange de leurs faveurs et de leur pouvoir, ils voulaient que les humains les vénèrent et leur permettent d'accéder à ce monde. C'est pour cela que les artefacts ont été créés, pour les faire venir. »

« Je croyais que vous ignoriez à quoi ils servaient » remarqua Ingrid.

« Avant c'était le cas. Mais maintenant nous savons » dit Wolf. « Toute la connaissance ne nous ai pas transmise en même temps, ce serait trop lourd à porter et nos esprits seraient broyés. »

« À la place, nous obtenons les informations quand nous en avons besoins » reprit Erik. « C'est ce qui s'est passé quand nous avons vu ces créatures. Nous les avons reconnu et nous avons su leurs noms : Shub-Niggurath, Yog- Sothoth, Dagon…et Cthulhu. »

Aussitôt, les bruits provenant de la fissure se firent plus forts, les ondes, plus maléfiques et la fissure s'ouvrit un peu plus.

« Ils ont entendus leurs noms prononcés pour la première fois depuis des milliers d'années » dit Erik. « Ils se reconnaissant. »

« Bon, très bien, comment on fait pour les battre ? » demanda Ingrid ?

« Impossible » dit Wolf. « Rien ne peut les arrêter. »

« Mais…Mais vous êtes les avatars de la magie, non ? » balbutia Hotun.

« Peut-être que nous pourrions les combattre » dit Erik. « Et peut-être que nous pourrions les détruire. Mais pas sans nous détruire par la même occasion et ce monde avec. »

Le désespoir tomba sur le groupe. Quoi qu'ils fassent, ils allaient mourir. Soit les divinités maléfiques allaient les tuer, soient ils seraient détruit lors du combat entre leurs amis et ces choses.

« Il doit bien y avoir une autre solution » dit Haldus qui serrait ses mains sur son ventre de peur.

« On ne pourrait pas les empêcher de venir ? » demanda Hans. « Refermer la brèche avant qu'ils n'en sortent ?

« Je… » commença Erik.

Il regarda Wolf. Quelque chose passa entre eux. Comme une conversation psychique mais seulement entre eux. Wolf regarda son ami puis hocha la tête.

« Il y a un moyen » dit Erik d'une voix incertaine.

« Il y a un « mais », n'est-ce pas ? » demanda Ingrid. « Est ce que c'est dangereux ? »

« Pas pour vous » répondit Erik. « Pas trop. »

« Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda Draco, paniqué.

« Pour l'instant, Wolf et moi représentons la magie mais nous ne sommes pas exactement la magie. Nous sommes encore humains. Pour arriver à refermer la brèche, nous allons devoir nous immerger dans la magie, la laisser prendre possession des moindres fibres de notre corps. »

« Est-ce que vous allez…disparaitre ? »

« Non, Draco, juste changer, un peu. »

« Ça ne me rassure pas. »

« Tout ira bien » dit Erik en posant sa main sur la joue de Draco. « C'est risqué, mais ce n'est qu'une formalité. »

« Et pendant ce temps, nous, on fait quoi ? » demanda Ingrid.

« Ce que l'on veut faire peut prendre un peu de temps. Donc il faudra que vous utilisiez vos pouvoirs contre les dieux maléfiques pour les empêcher d'avancer plus avant. »

« Mais tu as dit que nous ne pouvions pas les tuer » dit Hotun.

« Dans leur dimension, ils sont invincibles » dit Wolf. « Ils le seront tout autant quand ils auront pris pieds dans ce monde. Mais pour le moment, ils sont entre deux mondes. Vous n'avez pas le pouvoir de les tuer mais vous pouvez les blesser et les faire reculer. »

« Et bien ça tombe bien » s'exclama Ingrid. « Avec le coup de boost que vous nous avez donné, j'ai encore pas mal de trucs à tester. »

« Malheureusement, nous allons devoir mettre fin à cela » dit Erik. « Nous aurons besoin de toute notre puissance pour refermer la barrière. C'est Neville qui vous aidera. »

« Moi ? » s'exclama le concerné.

« Quatre dieux maléfiques, quatre étoiles, une pour chacun plus toi qui augmentera leurs pouvoirs. Je pense que tu as été fait pour ce moment. »

« Pourtant la prophétie… »

« Les prophéties ne disent pas tout » dit Erik avec un sourire. « Alors ? »

Neville hocha la tête.

« J'en suis » dit-il.

« Dans ce cas, moi, je vais retourner au château » dit Haldus.

« Quoi ? Non ! Tu ne peux pas faire ça ! C'est trop dangereux ! »

« Il y a encore des gens là-bas, je dois aller les sauver. »

« Mais… »

Haldus plaça alors son doigt sur les lèvres de son époux.

« Moi seul peut le faire. En tant que Prince de Serpentard je suis le seul à pouvoir leur ouvrir la voie. »

« Si ce sont des épouses de Mangemorts, elles ne te laisseront pas faire » dit Erik.

« Alors je les captureraient et je les transporteraient à Poudlard par portoloin. »

Il se tourna à nouveau vers Neville.

« Ne t'inquiète pas. S'il le faut, je pourrais toujours transplaner à l'abri. »

« Très bien » dit finalement Neville. « Je comptais te rendre ton alliance mais finalement je vais la garder encore un peu. »

Haldus sourit et embrassa son époux.

« Je t'aime » dit-il.

Puis il remit un glamour sur son ventre et transplana. Resté seul, Neville porta son pouce et son index à ses yeux et les pressa pour s'empêcher de pleurer. Il resta quelques instants dans cette position avant de se tourner vers ses camarades.

« Je suis prêt » dit-il.

« Dans ce cas, allez-y » dit Erik.

Draco, Ingrid, Hotun et Hans se mirent côte à côte, face à la fissure, loin au-dessus d'eux. Derrière eux, Neville enclencha son pouvoir. Comme il l'avait fait pour Haldus, il effleura les pouvoirs de ses amis et les augmenta. Chacun sentit alors la chaleur parcourir leur corps et tendirent les mains. Chacun fit alors appel à son propre pouvoir mais pour la première fois de leur vie, aucun d'eux ne s'embarrassa à simplement contrôler leur élément. De la même façon que quand ils créaient un portail, ils se servirent de l'énergie pure afin de la façonner dans leur monde.

Au même moment, quatre rayons de pure énergie blanche, jaune, verte et sable jaillirent de leurs mains tendus pour frapper la faille. De nouveaux cris se firent alors entendre mais nul doute cette fois qu'il s'agissait de cris de douleurs. Tentacules et griffes se mirent alors à refluer sous l'énergie. Ils essayèrent de se frayer un chemin à un autre coin de la faille mais les quatre étoiles veillaient. En contact psychique, ils se répartissaient le travail pour empêcher toute partie des entités de venir envahir leur monde.

De leur côté, Erik et Wolf se tenaient face à face, main dans la main.

Tu es sûr que tu veux faire ça ? demanda Erik.

Nous n'avons pas le choix, lui répondit Wolf.

Je pourrais le faire seul…

Non. Je reste avec toi. Quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe pour nous après, je veux être avec toi.

Wolf…dit Erik d'une voix à la fois touchée et triste.

Leurs deux corps se mirent alors à briller et leur aura enfla autour d'eux. Celle-ci se mit à enfler jusqu'à ressembler à un brasier multicolore. Dans le même temps, la lumière de leurs corps s'étaient intensifié jusqu'à ce qu'on ne puisse même plus discerner leurs silhouettes. Pourtant ce n'était pas assez. Pas encore. Ils devaient aller plus loin. Franchir la limite.

Les sorciers avaient l'impression que cela faisait des heures qu'ils combattaient. Leur corps avait tellement brassé d'énergie que leurs articulations leurs faisaient mal. Sans cesse, leur pouvoir était englouti dans les rayons mortels qui repoussaient les divinités maléfiques et sans cesses leurs forces étaient restaurées par Neville. Mais celui-ci commençait à faiblir. Son propre corps était douloureux comme jamais il ne l'avait été auparavant.

Les amis…je… dit-il.

Tous savaient ce qu'il voulait dire. Bientôt, il allait lâcher. Ils ne pouvaient pas lui en vouloir, eux aussi étaient à bout de force. Mais il fallait qu'ils tiennent. Il fallait qu'ils tiennent jusqu'à ce qu'Erik et Wolf…

Il y eut alors une explosion derrière eux qui les envoya au sol. Péniblement, le corps courbaturé, ils se retournèrent. C'était leurs amis. C'était Erik et Wolf. Une gigantesque colonne blanche, noir et multicolore sortait d'eux et filaient vers le ciel. La colonne sembla onduler et deux silhouettes semblèrent se former au milieu de l'énergie. Elles tendirent alors leurs bras infinis en directions de la faille et en saisirent les bords.

Petit à petit, sous la force de ces mains d'énergie, la fissure commença à diminuer. Derrière, les cris et les rugissements des créatures s'étaient fait enragés. Ils ne voulaient pas abandonner, ils avaient attendus trop longtemps pour sortir. Ils se précipitèrent dans un assaut désespéré pour rouvrir la faille. Mais Erik et Wolf, ou plutôt l'énergie dont ils étaient fait tint bon et à nouveau, les lèvres de la failles se rapprochèrent l'une de l'autre jusqu'à ce que…

Une onde de choc se propagea dans l'air jusqu'aux sorciers. L'espace où se trouvait auparavant la faille était devenu un maelstrom d'énergie et d »clairs de toutes les couleurs qui devenaient de plus en plus forts. Les silhouettes avaient disparus et Erik et Wolf avaient comme réintégrés leurs corps mais l'énergie, elle était toujours là.

« Je…je crois que ça va sauter ! » s'exclama Ingrid.

« Haldus ! » s'écria alors Neville en envoyant un signal mental à son époux.

Neville ? répondit celui-ci.

Reviens !

J'ai presque finis, encore un…

On a refermé le passage mais ça va exploser. Reviens tout de suite ! Je t'en prie !

Très bien, je…

Mais à ce moment-là, ce fut comme si un soleil était apparu dans le ciel. Les énergies concentrées venaient de se relâcher en une explosion digne d'une supernova. Malgré la douleur et la fatigue, Draco, Hans, Ingrid et Hotun avaient dressé un bouclier autour d'eux pour les protéger. Mais la déflagration était trop forte et ils étaient trop faibles. Ils sentaient qu'ils allaient bientôt lâcher et alors ils seraient désintégrés.

Et puis soudain, plus rien. Ils ne sentirent plus de pression. C'était comme si leur sort avait cessé de fonctionner. Pourtant le bouclier était toujours là. Quelqu'un avait en quelque sorte piraté leur sort pour en prendre le contrôle. Les sorciers se tournèrent alors vers Erik qui avait les yeux fermés. Oui, ça ne pouvait être que lui.

Puis la lumière se mit à diminuer et la pression dut au déferlement d'énergie reflua. L'explosion était passée. Erik défit le bouclier et tous purent voir ce qu'il y avait autour c'est-à-dire…rien. L'explosion avait totalement soufflé l'île. Il ne restait que la petite parcelle de terre sur laquelle ils se trouvaient. Elle avait la forme d'un cercle parfait puisque c'était grâce au bouclier qu'elle avait pu demeurer entière.

Autour d'eux, la mer était clame et le ciel sombre, plein d'étoiles. C'était d'ailleurs un peu trop calme. L'île de Voldemort était un lieu sombre, balayé par les vents et la pluie et au ciel toujours recouvert de nuages. Mais ce n'était plus le cas. L'explosion avait été si forte qu'elle avait déchiré la Terre Incertaine dans laquelle se trouvait la citadelle et ils se retrouvaient de nouveau dans le monde réel.

« Haldus ! »

La voix de Neville était désespérée. Il fixait un point devant lui, là où auparavant se trouvait le bastion de leur ennemi…et à l'intérieur duquel se trouvait son époux il y a quelques secondes encore.

« Hal…dus… » balbutia Neville en s'effondrant sur le sol. « Non…Haldus…non…il ne peut pas…il n'est pas… »

« Bien sûr que non ! » s'exclama Ingrid en le rejoignant. « Bien sûr qu'il n'est pas… »

Elle aurait bien voulut le dire afin de rassurer son ami mais le mot resta bloqué dans sa gorge.

« Haldus est un sorcier puissant et malin » dit alors Hotun en s'approchant à son tour. « Il a pu transplaner à Poudlard ou ailleurs ou alors il a pu… »

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Un portail venait d'apparaitre juste devant eux. Neville le fixa avec de grands yeux, refusant d'y croire. Soudain, une silhouette émergea de la surface liquide et percuta Neville qui tomba en arrière.

« Haldus ! » s'exclama-t-il en reconnaissant son mari et en le serrant dans ses bras. « J'ai cru que je t'avais perdu. »

« Pas cette fois encore » dit Haldus.

« Comment… » commença Hans.

« J'ai réussi à arrêter le temps juste avant l'explosion. Ensuite j'ai créé un portail vers le futur. Vers toi à un moment où il n'y aurait plus de danger. »

Il se redressa, emportant Neville avec lui qui refusait de le lâcher.

« Combien de temps j'ai mis ? » demanda-t-il.

« Quelques minutes seulement » répondirent Ingrid.

« Mais ça à dut être les plus longues de sa vie » dit Hans avec amusement en regardant Neville.

« Est-ce que cette fois c'est bon, c'est fini ? » demanda Haldus. « La faille s'est refermée ? »

Avant que quiconque ne puisse répondre, une voix s'éleva derrière eux.

« Réponse : La faille interdimensionnelle a été close à 100%. Indice de présence physique des entités interdimensionnelles connus sous les dénominations de Dagon, Cthulhu, Shub-Niggurath et Yog- Sothoth : Aucune. Indice de présence énergétique des entités interdimensionnelles connus sous les dénominations de Dagon, Cthulhu, Shub-Niggurath et Yog- Sothoth : Aucune. État de la trame spatio-temporelle de la dimension présente : stable à 78%. Taux en augmentation exponentielle. »

Les sorciers se retournèrent alors. Ils avaient reconnus la voix d'Erik mais jamais leur ami ne s'était exprimé de cette façon. Sa voix était froide, impersonnelle, presque…métallique. En voyant leur ami ils ne pouvaient arriver qu'à une seule condition. C'était bien Erik qui étaient devant eux…mais ce n'était pas vraiment lui.

A suivre…

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Et voilà l'avant dernier chapitre. 26 pages, j'espère que ça vous va. Moi je suis assez satisfait je dois dire. Les choses ont l'air de s'être bien passé…enfin à quelques détails près. Et oui, un dernier petit mini cliffhanger avant la fin. Tout petit. J'espère que ça ne vous dérange pas trop.

En tous les cas, n'hésitez pas à m'envoyer vos commentaires et à dans deux semaines pour le DERNIER chapitre !