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Chapitre 39 - Sphinx Island

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Père a informé l'équipage que nous rejoindrons l'île de Sphinx après un détour pour remplir les cales du navire avec des vivres. Une fois à bon port, nous déchargerons tout ce qui n'est pas nécessaire, et nous préparons le navire pour repartir vers l'autre côté du monde. Les équipages alliés doivent nous rejoindre sur l'île afin de planifier l'attaque avec les commandants et Père. De mon côté, je me prépare mentalement à être éloigné d'eux durant plusieurs jours. J'espère profiter encore un peu du temps que Marco, Izou et Thatch peuvent m'accorder.


L'île de Sphinx est visible à l'horizon. Les hommes du Moby Dick s'affairent à leurs tâches, allant et venant dans tous les sens. D'innombrables caisses sont empilées sur le pont du navire, permettant aux hommes d'y ranger méthodiquement leurs affaires personnelles. L'escale sur la précédente île n'a duré que quelques heures, le temps de faire le plein de nourriture et boissons, de munitions et de nécessaires de soins.

Je suis accoudée au bastingage, admirant tour à tour la vue sur l'île puis sur mes frères. Can, le garçon qui vient également de mon monde, il travaille dur auprès des autres. J'ai parfois l'impression qu'il a toujours fait partie de cette équipage. Mon regard se porte sur Marco, il dirige de loin les différents groupes, criant des ordres et des conseils à tout le monde. Le phénix porte ses lunettes de vue, toujours aussi sérieux. Un sourire se dessine sur mes lèvres en le voyant ainsi. Alors que je me perds à contempler le phénix, un cuisinier sauvage coiffé d'une banane m'accoste. Thatch est torse nu, sa veste trône sur l'une de ses épaules, mais son foulard jaune est toujours attaché autour de son cou.

- « Alors mon chou ? Tu te perds dans la contemplation de mes magnifiques abdos ? » - me taquine Thatch.

- « Pardon ? Qu'est-ce que tu racontes ? » - dis-je avec incompréhension.

- « Je dis que tu aimes me mâter. » - continue-t-il.

- « Ce n'est pas toi que je regardais Thatch. » - dis-je en lui faisant signe de se pousser de mon champ de vision.

- « Tu devrais arrêter de fixer Marco comme ça, on pourrait croire que t'as le béguin pour lui. » - me dit-il avec un clin d'oeil.

- « Tais-toi ! » - dis-je d'un air faussement fâchée.

- « Il travaille dur, tu devrais lui proposer un petit massage des épaules pour le détendre. Tu pourras ainsi en profiter pour tâter de ses muscles. » - termine-t-il avant de repartir.

J'observe Thatch prendre la fuite après m'avoir déposé son idée. Il est clair qu'il cherche à me pousser dans les bras de Marco et inversement. Néanmoins, j'apprécie son soutient. Je me sens légèrement rougir en m'imaginant caresser la peau pâle du phénix pour masser ses muscles douloureux. J'aperçois Thath s'avancer vers mon phénix favoris pour lui donner une frappe amicale dans le dos, je les vois échanger quelques paroles ainsi que des regards en biais vers moi. Marco sourit d'une façon très malicieuse avant de venir à ma rencontre.

- « On fait une petite pause ensemble yoï ? » - dit-il.

- « Bien sûr Marco ! Tu veux boire un peu ? » - dis-je en attrapant une bouteille d'eau dans une glacière.

- « Avec joie, j'ai la gorge sèche à force de parler. » - dit-il en m'accompagnant jusqu'aux escaliers.

Marco s'assied sur les marches de l'escalier menant à la passerelle supérieure. L'ombre fraîche nous protège du soleil qui brille assez fort. J'offre la bouteille froide au phénix qui semble très heureux de pouvoir étancher sa soif. Marco m'offre le reste de la bouteille d'eau, que je termine pour me désaltérer un peu. Il m'observe du coin de l'oeil, un sourire sur les lèvres.

- « Aurais-tu un peu d'énergie à mon consacrer pour masser mes épaules douloureuses ma chère ? » - demande-t-il malicieusement.

- « J'en ai toujours pour toi. Laisses-moi juste m'installer. » - dis-je.

Je me lève doucement pour venir m'asseoir deux marches plus haut que de celle où Marco est assis. Le phénix retire sa chemise pour la jeter à côté de lui, me laissant le loisir de déposer mes mains sur son dos. Sa peau est claire, vierge de la moindre cicatrice. Mes mains remontent le long de son dos, doucement, jusqu'à saisir les muscles de ses épaules. Je malaxe les muscles entre mes paumes chaudes, remontant petit à petit pour m'occuper de sa nuque. Sa peau est brûlante sous mes doigts, ce que je trouve très agréable. Marco se laisse faire en silence, utilisant mes cuisses comme accoudoirs. Je redescends vers ses épaules puis le long de sa colonne vertébrale, étirant les muscles sous mes doigts.

La vérité, c'est que je n'ai jamais massé quiconque dans ma vie, Marco me sert de premier essai. J'imite les mouvements que je connais grâce à la télévision de mon monde, essayant de reproduire l'effet escompté. Marco semble satisfait de ce massage, je le sens se détendre sous les doigts. Je continue de lui masser les muscles pendant une dizaine de minutes, après quoi il se retourne vers moi en enfilant sa chemise.

- « Merci yoï, avec un peu plus de pratique tu auras une bonne technique. » - annonce Marco.

Je lui souris silencieusement tandis qu'il me tend la paume de sa main. Je le regarde sans vraiment comprendre tandis qu'il me fait un sourire énigmatique. Des flammes bleues apparaissent dans sa paume tendu vers moi.

- « Imite-les. » - ordonne le phénix.

Je passe ma main dans ses flammes bleues, elles ne me brûlent pas, elles sont toujours aussi douces. J'ouvre ensuite ma main avec la paume tournée vers le ciel juste à côté de la sienne. Je ferme les yeux pour faire le vide dans mon esprit, j'imagine la naissance des flammèches dans le creux de ma paume, leur chaleur, leur couleur, leur texture... J'en oublie le monde qui m'entoure pour imaginer les flammes de Marco. Je peux sentir leur présence contre ma peau, j'en suis convaincue.

- « Tu as réussi yoï. » - prononce le phénix à voix basse.

J'ouvre les yeux pour contempler les flammes qui vacillent dans ma main, mon regard se porte ensuite sur Marco. On se sourit quelques instants avant qu'il ne reprenne la parole.

- « J'ai nommé cette technique ''Saisei no Honō"*, je l'utilise pour soigner les blessures de nos compagnons. Ces flammes ne feront pas de miracle Héra, mais elles te permettront de soigner les blessures légères. » - m'explique Marco.

- « Merci Marco. » - dis-je à mon tour.

- « Trouve-toi quelques cobayes pour tester tes flammes, avec tout ce bazar tu devrais trouver quelques coupures et égratignures à soigner. » - commande Marco en tapotant ma tête.

Je quitte Marco sur ses mots afin de suivre son conseil. Je pars à la recherche de coupures et d'égratignures à soigner grâce à ma nouvelle technique. Je n'arrête mon ''entrainement'' que lorsque le Moby Dick arrive sur l'île de Sphinx, c'est-à-dire environ 2 heures plus tard.


L'île est tout à fait singulière. Les abords de la mer sont recouverts d'une immense forêt avec pour centre une montagne creuse haute de plusieurs centaines de mètres. D'après mes frères, un passage secret est caché derrière une grande cascade, permettant ainsi d'accéder au village protégé naturellement. C'est tout de même un peu cliché de mettre des passages secrets derrière des cascades. Ils m'ont raconté que des Sphinx très dociles vivent en liberté sur l'île, ce qui m'impressionne beaucoup.

Le commandant de la première division, Marco, nous demande d'empaqueter rapidement nos affaires pour les ranger dans les conteneurs destinés à cela. J'attrape mon sac à dos remplis de mes vêtements, chaussures et babioles pour le fourrer avec ceux de mes frères de la première division. Je ne garde sur moi que mon katana, Kanemasu. Je ne m'inquiètes pas car nos affaires vont êtres transportées au village, j'y aurais donc accès plus tard.

Les hommes de l'équipage commencent à décharger les équipements et affaires personnelles pour les empiler sur la plage. Quelques hommes se regroupent pour aller quérir dans la forêt quelques Sphinx pour transporter le tout. J'aperçois Can se diriger vers moi et me faire signe. On se décale un peu de nos frères pour trouver un coin tranquille à l'ombre. Can m'observe en silence durant quelques secondes.

- « Alors ? J'ai entendu dire que Père t'avait convoqué il y a quelques jours dans sa cabine. » - demande Can.

- « Je vais devoir rester ici avec ceux qui n'iront pas se battre. » - dis-je en le regardant.

- « Je vois. J'irai à Marineford sans toi, je ferai de mon mieux Héra. » - annonce Can.

- « Je compte sur toi, mais fais de ton mieux sans risquer ta vie. Pas de regrets d'accord ? » - dis-je avec un sourire.

- « Ouai ! Quitte ou double j'imagine. » - annonce Can.

On reste un peu ensemble à discuter de sujets plus joyeux. Néanmoins, on en revient rapidement sur Marineford, mais plus précisément sur les Alliés qu'attend Père.

- « Père attend près d'une quarantaine de navires alliés, c'est un truc de fou ! » - dis-je.

- « Autant que ça ? Je me souviens plus vraiment de leurs têtes. » - réponds Can.

- « Hummm... Il y a Doma le chevalier Bohème, c'est un gars avec un petit singe sur l'épaule. Mc Guy avec une moustache comme celle du personnage de jeux vidéo Warrio. Ensuite, les frères Decalvan, Squard, Odz le géant, Whitney Bay, Elmy, Ramba, Epoida, Karma.. Et ensuite j'ai oublié leur prénom. » - dis-je.

- « Impressionnant, Père est vraiment un grand pirate. » - ajoute Can.

Nous regardons l'océan dans un vague silence qu'Izou viendra briser. L'homme féminin nous sourit amicalement avant de s'asseoir avec nous sur un tronc mort. Izou est toujours aussi resplendissant, comme on peut s'en douter, il ne semble pas motivé à l'idée de transpirer.

- « Qu'est-ce que vous complotez tous les deux dans votre coin hein ? » - demande Izou avec curiosité.

- « On se demandait quand arriveront les capitaines alliés sur l'île. » - dis-je à Izou.

- « Doma, Ramba, Bizarre et Brew devraient arriver dans la soirée, les autres arriveront chacun leur tour sur les jours à venir. Je n'ai pas plus de détails. » - explique Izou.

- « Je vois, rassembler autant de gens sur cette île sera un vrai défi d'organisation. » - ajoute Can.

- « Oh oui ! Heureusement, ça ne durera que quelques jours. Le plus difficile sera de nourrir tout le monde. À part ça, Héra ? J'ai entendu dire que tu serais capable d'utiliser la technique de soins de Marco maintenant ? » - répond Izou.

- « Oui, il me l'a montré tout à l'heure, je peux l'utiliser. » - dis-je en faisant apparaître des flammes bleues sur ma main.

- « C'est une bonne nouvelle, tu progresses un peu plus avec ton fruit du démon. C'est dommage que les techniques de Blamenco soient trop particulières à son fruit, tu aurais pu les copier également. » - dis-je à Izou.

- « Oui c'est dommage. Mais c'est déjà très pratique d'avoir Joz et Marco à copier, c'est un excellent début. » - dis-je.

- « Bon assez flemmardé, le premier groupe va bientôt partir pour le village, préparez-vous. » - annonce Izou.

Izou m'explique sur le chemin du village que Père a prévu du matériel pour monter des tentes afin de loger les pirates qui ne prendront pas part à la guerre. En effet, le village est trop pauvre pour compter des maisons vides pour nous loger. La population s'élève à moins d'une centaine d'âmes, dont la plupart sont des vieux et quelques enfants.


Village de l'île

Nous arrivons au village après une petite heure de marche rapide à travers la forêt. Le centre de la montagne est un plateau herbeux digne des contrées d'Europe centrale. La terre semble très fertile, et des clôtures délimitent les terrains appartenant à chaque maison. On ne compte pas beaucoup de maisons, l'énorme majorité du plateau n'est composée que d'herbe. Quelques enfants jouent au loin avec un Sphinx tandis que des vieillards nous accueillent en souriant. Marco se détache du groupe pour donner ses consignes.

- « Hoï les gars, installez vos tentes sur cette parcelle là-bas. Organisez-vous comme vous le souhaitez, mais les infirmières ne partageront pas leur tente avec vous. » - commande Marco.

J'entends quelques hommes soupirer de déception à l'idée que les infirmières feront tente à part. Personnellement, je pense qu'ils sont bien bêtes d'avoir cru le contraire. Alors que je me dirige vers le champ en question, Marco m'attrape au passage.

- « Tu partageras la tente des infirmières yoï. » - annonce Marco.

- « Pourquoi ? » - dis-je d'un air déçue.

- « On ne peut pas t'accorder de tente individuelle. Donc tu vas avec les autres femmes. Je compte sur toi pour protéger les infirmières si des pirates se comportent mal avec elles yoï. » - réplique Marco.

- « Bon.. d'accord.. » - dis-je très déçue.

J'avoue, ça m'embête de partager ma tente avec les infirmières. Les femmes comme elles m'intimident et me mettent mal à l'aise. Pourquoi donc hein ? Leur tenue rose très courte et leurs cuissardes léopard. Elles sont trop féminines pour moi, j'ai peur qu'elles m'influencent et qu'elles me posent des questions indiscrètes.

Mais j'oublie le plus important ! Je ne pourrais pas dormir avec Marco ce soir ! Je rattrape Marco en courant vers lui, lui attrapant la manche de sa chemise pour l'arrêter. Il me regarde avec surprise, attendant de savoir ce que je lui veux.

- « Ceux qui restent sur l'île doivent dormir dans les tentes dès ce soir ? » - dis-je en observant Marco de près.

- « Normalement oui, mais tes colocataires vont rester sur le navire tant qu'Oyagi est ici. Par conséquent, tu peux dormir avec moi sur le navire jusqu'à notre départ. C'est ça que tu voulais demander n'est-ce pas yoï ? » - répond Marco pour me taquiner.

- « C'est juste que... ça va être bizarre sans toi, je vais avoir froid la nuit. » - dis-je pour me trouver une excuse.

Marco me sourit avant de caresser mes cheveux dans un geste affectueux. Il le fait en silence durant quelques instants avant de reprendre la parole.

- « Installe tes affaires dans la tente, je te prêterai les miennes pour dormir. » - termine Marco.

Marco me fait signe avant de repartir à ses tâches de la journée. De mon côté, je pars récupérer mes affaires dans le conteneur de ma division. Les hommes installent déjà les tentes qui seront occupées dès ce soir. La plus grande est réservée aux infirmières et moi-même puisque nous sommes assez nombreuses. Lorsque je m'installe à l'intérieur, je peux trouver des sacs de couchages disponibles. J'en choisis un que je déroule vers l'autre extrémité de la tente. Je dépose mon sac dessus, afin de réserver ma place. L'emplacement que j'ai choisis me convient bien, l'avant de la tente est ouverte en direction du chemin, ce qui signifie que peu de gens passeront par derrière. De cette manière, je pense pouvoir être tranquille.

Dehors, les groupes d'hommes s'installent les uns après les autres. La grande majorité de nos frères qui vont rester sont soit trop âgés pour combattre efficacement, soit trop jeunes. Certains sont encore des adolescents, ils travaillaient peut-être aux cuisines ou parmi les charpentiers. L'équipage compte beaucoup de gens qui ne sont pas forcément souvent en première ligne lors d'une bataille.

Je décide de profiter de l'ambiance pour fermer les yeux et me reposer. Je suis à l'ombre dans la tente, confortablement installée sur mon sac de couchage. Une brise fraîche caresse ma peau tandis qu'un mélange sonore de vie humaine et de nature me bercent. Tout va bien, l'endroit est paisible.


Je me réveille après quelques heures de repos, c'est l'arrivée d'Izou qui m'a fait sortir de mon sommeil. Il m'observe avec un sourire, une paire de chaussures à la main. Il retire ses geta en entrant dans la tente, marchant jusqu'à moi. L'homme très féminin s'assied face à moi en me tendant la paire de chaussures qu'il tient et plusieurs paires de tabi.

- « C'est des zori, des chaussures souvent portées à Wano Kuni. C'est très pratique quand on doit retirer régulièrement ses chaussures, plus que des bottes. Vu que tu vas squatter quelque temps ici, je veux t'en prêter une paire. Tu vas voir, ça change la vie ! » - explique Izou.

- « Merci beaucoup Izou ! Tu penses vraiment à tout, t'es génial ! » - dis-je pour le remercier.

- « Pour me remercier, tu vas me donner des détails croustillants sur ta relation avec Marco. » - réponds le travesti.

- « Je n'ai pas de relation vraiment spéciale ou intime avec Marco... » - dis-je d'un air gêné.

- « Toujours pas hein ? Humm... que faire ? J'ai une idée, on se retrouve ce soir dans ma cabine. » - ajoute Izou.

Izou sort rapidement de la tente après avoir enfilé ses chaussures. Je l'observe partir avec curiosité, sans vraiment comprendre ce qui lui est passé par la tête. Je range les zori et les chaussettes tabi dans mon sac avec précaution. Je décide de quitter la tente à mon tour dans l'espoir de trouver quelque chose à faire pour m'occuper jusqu'à ce soir. Ma curiosité est affreusement piquée à vif par son comportement, je suis presque impatiente que la journée se termine.

C'est à ce moment précis que je croise Masaru, le combattant martial de ma division. Le sympathique artiste martial me propose un entrainement très technique pour m'apprendre quelques coups. J'accepte sa proposition avec joie, puis il me conduit un peu à l'écart des tentes pour avoir de l'espace.


Nous sommes en toute fin d'après-midi lorsque je reviens sur le Moby Dick. Les trois autres navires de la flotte de Père sont amarrés près de l'île, et ils subissent le même déchargement massif des équipements inutiles. Un déménagement aussi pointilleux pourrait paraître inutile, mais en vérité ce n'est pas le cas. Si un navire coule, la flotte perdrait l'entièreté des équipements du navire, autant dire que c'est de l'argent perdu. De plus, plus le navire sera déchargé, plus celui-ci gagnera en vitesse.

Je savoure une douche bien chaude dans la cabine que je partage avec Marco. J'en profite un peu avant de ressortir pour me rhabiller et m'allonger sur le lit. À mes yeux, rien ne vaut cette sensation... Celle de s'installer dans un endroit confortable en sortant d'une douche bien méritée après un bon entrainement. Le paradis. Il ne manque que la chaleur de Marco pour compléter le tableau.

En parlant du Phénix, le voila qui pointe le bout de son nez. Marco entre dans la cabine et il vient s'allonger à côté de moi en silence. Je l'observe avec curiosité tandis qu'il ferme les yeux pour profiter du confort du lit.

- « Les capitaines alliés Doma, Ramba, Bizarre et Brew sont arrivés, ils vont participer au repas avec nous. » - annonce-t-il.

- « Je vois, j'imagine que le repas sera plus festif ? » - dis-je avec enthousiasme.

- « Oyagi-san va sortir du saké pour trinquer avec eux. Mais on va attendre que tous les autres équipages soient également présents avant de faire un peu la fête. » - répond-il avec un sourire.

Il se relève lentement pour aller fouiller dans son placard. Il me dépose une chemise de nuit et un short, avec l'un de ses boxers. Je le regarde un peu gênée, je vais devoir lui emprunter des sous-vêtements pour les nuits...

- « Ne fais pas ta mijaurée, on n'est pas à ça près entre nous non ? Il est propre, c'est tout ce qui compte. » - dit-il en se moquant de moi.

- « Désolé, tu as raison. » - dis-je simplement.

- « Allons manger Héra, c'est bientôt l'heure. » - dit-il en m'attrapant par le bras.

Marco me tire hors de la cabine pour m'emmener jusqu'au réfectoire.


Lorsque nous entrons dans le réfectoire, Père est déjà entrain de boire une coupe de saké avec les capitaines alliés. Le reste de la salle est presque vide, seules quelques âmes sont déjà présentes. Marco me traîne jusqu'à leur table, saluant les capitaines présents. Je me sens un peu intimidée d'être en présence d'autant de gens plus forts que moi. La réunion sonne un peu comme ''un rassemblement de gens puissants'' et j'ai l'impression de gruger en étant également présente. Je salue poliment les capitaines avant de m'asseoir à côté de Marco, ou plutôt, je suis carrément collée à lui. Père est assis en bout de table, à la gauche de Marco, face à nous se trouvent les capitaines Doma, Ramba, Bizarre et Brew.

- « Je vous présente Héra, elle est un membre prometteur de ma division yoï. » - dit Marco.

- « Une jeune femme ? C'est rare parmi votre équipage. » - commente le capitaine Ramba.

- « Quelles sont tes compétences jeune pirate ? » - demande Doma.

- « Elle a mangé un fruit du démon très particulier, elle s'entraîne toujours à le maîtriser. » - explique Marco en passant son bras autour de mes épaules.

- « Je vois, tu-as peur qu'ont te la débauche ou quoi ? » - ajoute Brew en plaisantant.

- « Je ne suis pas inquiet, je suis persuadé qu'elle n'ira nulle part ailleurs yoï. » - réponds Marco.

Je me détends un peu durant cette conversation assez légère. Je détail du regard les capitaines pendant qu'ils discutent. Doma est accompagné de son singe, celui-ci est accroché à son épaule. Ramba ressemble un peu à un soldat de la Grèce Antique, Bizarre porte une mâchoire métallique très ... bizarre. Quant à Brew, il a une coiffure un peu étrange. Néanmoins, les quatre capitaines m'ont tous l'air très sympathique. Père intervient quelques fois dans la conversation, mais il reste assez passif.

Le réfectoire se remplit lentement, ajoutant un brouhaha ambiant au fur et à mesure. Les commandants s'ajoutent autour de notre table tandis que je salue de loin les membres de ma division. Le repas se passe sans encombres, et de façon très habituelle. Marco et moi partageons notre dessert sous l'oeil attentif de quelques curieux. Lorsque je repas se termine, Izou me kidnappe sans que Marco ne puisse intervenir. L'homme originaire de Wano Kuni me traîne jusqu'à sa cabine avec beaucoup d'énergie.


Izou claque la porte de sa cabine derrière moi, me poussant jusqu'à son lit en m'ordonnant de m'y asseoir. Je m'exécute en m'installant confortablement sur le bout du matelas. Izou me fixe avec un sourire malsain, ce qui me fait un peu frissonner.

- « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » - dis-je pour briser la glace.

- « J'ai convié du monde à cette discussion, on va les attendre. » - explique Izou.

- « Comment ça ''du monde'' ? Combien de personnes doivent venir assister à cette discussion sentimentale hautement personnelle ? » - dis-je avec inquiétude.

- « Tu verras ça, je vais pas te spoil. On a besoin de cerveaux pour réfléchir à votre cas. » - ajoute Izou.

Une personne frappe à la porte puis entre dans la pièce. Haruta est accompagné de Vista et Thatch les suit de près. Le cuisinier vient se serrer contre moi sur le lit, m'embêtant ouvertement en me poussant. Quelques minutes plus tard une nouvelle vague se présente, composée de Joz, Namur et Curiel. Chacun commence à s'installer directement sur le sol et à préparer des saladiers de trucs à grignoter. Pop corns, chips, cacahuètes, biscuits, galettes, bière, saké, sodas... Les trois commandants ont apporté de quoi manger et boire en quantité. La troisième et dernière vague comportera Kingdew, Speed Jiru et Doma. J'avoue être surprise de voir qu'Izou a invité Doma le chevalier Bohème à cette ... réunion.

- « Tout le monde est là. Bienvenue à cette assemblée extraordinaire organisée dans le but de faire le point sur notre plan intituler "Nous allons caser Marco et Héra ensemble". » - annonce Izou.

- « Vous êtes vraiment allés si loin ? » - dis-je avec surprise.

- « Certains se creusent les méninges pendant que tu vis ton amourette Héra. Izou et moi y travaillons dur depuis ton arrivée sur le navire. » - annonce Thatch de façon théâtrale.

- « On en est toujours à la phase 2 du plan, ça stagne les gars. Marco n'a toujours pas franchi l'étape du baiser ou de la déclaration d'amour. On doit le pousser. » - annonce Izou.

J'écoute le déroulement de l'assemblée se faire avec Izou comme président. Je me cache un peu derrière Thatch tellement je suis embarrassée de voir autant de commandants présents pour écouter Izou déballer ma vie amoureuse assez pauvre. Néanmoins, c'est en les observant que je constate que certains ne sont présents qu'en tant que spectateurs de cette réunion très cocasse.

- « Je sais parfaitement que certains d'entre-vous ne sont présents que parce qu'ils n'avaient rien de mieux à faire. Mais je vous prierai d'êtres sérieux, l'Amour c'est du sérieux ! N'est-ce pas Kingdew, Namur et Curiel ? » - dit Izou avec fermeté.

- « Oups... On est démasqués. » - disent les trois concernés.

- « Comment comptez-vous faire bouger Marco avec le peu de temps qu'il nous reste avant la guerre ? » - demande Doma.

- « On doit lui libérer du temps pour qu'il puisse le passer avec Héra. » - réfléchit Izou.

- « Tu veux organiser un date ? » - demande Haruta.

- « Marco n'a pas vraiment la tête à faire un date en ce moment. » - renchérit Joz.

- « Il n'y a que moi que votre plan choque ? Vous essayez quand même de caser un homme de 43 ans avec une adolescente de 19 ans. » - intervient Speed Jiru.

- « L'amour n'a pas d'âge, quand on aime on a toujours vingt ans. » - récite Izou.

Izou fait exclure Speed Jiru par Curiel et Thatch, le faisant sortir de la cabine. Je dois bien avouer que Marco fait plus jeune que 43 ans, je lui donnerai tout juste la trentaine physiquement. Néanmoins... Est-ce vraiment important cette question d'âge ? Je veux dire... La plupart des personnages que je trouve vraiment canons sont plus vieux que moi... À partir de là... Je ne vais quand même pas attendre la prochaine génération de pirates pour faire ma vie.

- « On pourrait simplement les faire s'entraîner ensemble ? » - renchérit Joz.

- « S'entraîner ... ? Ce n'est pas très romantique. » - réponds Izou avec déception.

- « Pourquoi pas un jeu à gages ? » - propose Vista.

- « En voilà une bonne idée Vista ! On s'organise ça lors de la petite fête d'arrivée des capitaines alliés. » - répond Izou avec beaucoup d'enthousiasme.

- « Excellent ! On va bien s'amuser. » - dit Thatch en riant.

Le reste de la soirée se passe à merveille même si quelques commandants me charrient un peu au sujet de Marco. J'accompagne mes frères dans leur consommation d'alcool, et je m'en donne à coeur joie comme un bon membre de cet équipage. C'est finalement Marco qui est obligé de venir me trouver dans la cabine d'Izou, à quelques verres de l'ivresse. Le phénix m'aide à revenir jusqu'à notre cabine et à me changer pour prendre un bon sommeil réparateur. Comme le gentleman qu'il est, il ne s'est pas rincé l'oeil en profitant de mon état d'ébriété. Y a pas à dire, Marco est un homme formidable.


*Saisei no Honō : Flammes Bleues de Résurrection

La suite au prochain chapitre ! ;)