Bonjour tout le monde ! Oui je sais, il est un peu tard dans la matinée pour poster mon chapitre, mais je suis en vacances alors je me suis accordée une grasse mat.

Bien je vois que l'illumination de Carlisle vous a beaucoup plus, la vengeance de Bella peut être un peu plus. Alors je vais vous laisser voir leur réaction, parce qu'il va y en avoir.

Emelyne: Bella s'est longtemps laissé marché dessus pour convaincre Carlisle qu'il pouvait lui faire confiance, mais maintenant elle perd patience donc il vaut mieux qu'il marche droit. Bisous !

MeliBZH: J'adore le suspens, j'adore ces moments où vous pensez que tout se passe bien et je ramène un gros orage. Une fiction de moi où Bella se laisse faire, c'est très rare, ou alors il faut vraiment que ça mène quelque part et qu'on la voit évoluer. Car je déteste la voir en nunuche. Bisous !

Hmp: En effet, on attendait ça depuis le début ! Il serait temps qu'il se bouge les fesses, parce que sa femme est en train de lui échapper. Je ne peux pas poster avant sinon vous n'aurez plus de chapitre à lire. Là il faut que je m'y remette parce que je n'en ai plus que 2 d'avance. Bisous !

Allez je vous laisse sur ce chapitre haut en couleur et on se retrouve en bas. Bisous !


Bella était seule dans ses appartements, elle regardait les jardins en pensant. Jasper n'avait fait qu'une apparition au château avant de repartir aussitôt pour la frontière sud. Des tensions se faisaient sentir là bas, il fallait prendre la température. Chaque commandant avait été envoyé en mission pour calmer les tensions. Étrange comme tout à coup les frontières s'étaient agitées. La reine était du genre à tout vouloir mettre sur le dos du prince d'Opale et cette fois ci ne faisait pas exception. Il cherchait un moyen de s'en sortir en les occupant ailleurs. Seulement la brune n'était pas du genre à détourner le regard de ses objectifs.

- Votre Majesté, le marquis de l'Ambre demande à vous voir, s'exclama Alistair en entrant.

- Faites le entrer, lança Bella en se retournant. Pourriez vous nous laisser seul ?

- Je serais devant votre porte en cas de besoin, lui rappela le garde en sortant.

La brune attendit son ami avec impatience, s'il était revenu c'était qu'il avait ramener Jane. Lorsqu'il arriva, la reine lui trouva une expression farouche qu'elle ne lui avait jamais connu. Il semblait avoir changé. Fronçant les sourcils, elle laissa échapper son inquiétude.

- Est-ce que Jane va bien ? demanda-t-elle le cœur battant.

- Nous dirons cela, répondit Eléazar avec un sourire énigmatique.

Bella fut encore plus perdue. Elle le fit asseoir en attendant avec impatience qu'il lui raconte son séjour.

- J'avais soupçonné quelque chose de grave en allant là bas, puisque vous sembliez inquiète, si j'avais su à la base que le marquis avait la main leste, peut-être n'y aurais-je pas été seul, annonça-t-il sérieusement. Cet homme était un être abjecte ! Oser lever la main sur une personne aussi innocente et fragile que Jane me révulse !

- Était ? s'inquiéta aussitôt la reine en ouvrant grand les yeux.

- Le marquis est mort, la nuit dernière, répondit Eléazar avec un sourire mauvais.

Jamais Bella ne lui avait vu cette expression, pas même en parlant de sa femme qui pourtant l'aurait mérité. Il devait vraiment être en colère.

- L'avez-vous tué ? l'interrogea la brune en se demandant déjà comment elle allait pouvoir le sortir de là.

- Pas directement, non, répondit-il en haussant les épaules. J'ai passé des jours auprès de Jane, tentant de la protéger au mieux, il n'a fallu qu'une soirée d'inattention pour que cet homme s'enivre et n'en vienne à la mettre à sang. Vous me connaissez Isabella, je ne suis pas un bagarreur, je ne suis pas bon au combat singulier. Alors j'ai joué avec mes armes. Cet homme aimait boire, je lui ai donc offert ma meilleure bouteille, puis une autre, je l'ai laissé se plonger dans son péché jusqu'à ce qu'il ne connaisse plus son nom. Je suis retourné avec Jane à une réception que nous avions chez ses voisins. Dans la nuit, les domestiques sont venu nous chercher en nous disant que le marquis avait fait une chute dans ses escaliers et s'était brisé le cou. J'avais plutôt espéré qu'il meurt de son taux d'alcoolémie, mais bon, cette solution me convenait aussi.

Le cœur de Bella se calma aussitôt et un sourire en coin apparut sur ses lèvres.

- Ne viendriez vous pas de prouver qu'un esprit brillant pouvait vaincre n'importe quelle brute ? demanda-t-elle soulageait.

- Jane sera en sécurité maintenant. C'est tout ce qui m'importe. De plus, je sais qu'elle sera auprès de vous, donc si elle devait se remarier, vous pourrez détecter toute brute lui souhaitant du mal.

- Comment va-t-elle ?

- Elle a dû s'éloigner lorsqu'on lui a apprit la mort de son mari, je l'ai accompagné et elle pleurait de rire. Je pense que le soulagement qu'elle a ressenti était tellement intense qu'elle ne savait plus comment réagir. Pour l'instant elle est occupé avec les funérailles, sa famille l'accompagne. J'étais venu vous prévenir et je pars la rejoindre. Je vous la ramènerais comme promis.

- Merci Eléazar, pour elle et pour moi. Si c'était moi qui avait dû gérer cet homme, j'en serai venu aux mains.

- Il valait peut-être mieux que ce soit moi qui m'en charge alors. Mais vous n'avez pas à me remercier après tout ce que vous avez fait pour moi. D'ailleurs Carmen semble jouer une comédie formidable. Carlisle est-il aussi stupide qu'il le laisse paraître ?

- Très bonne question, répondit Bella en grinçant des dents. J'attends de voir qu'elle sera sa prochaine action, je n'attend que ça pour dire vrai.

- Il est peut-être temps de vous aider vous aussi, s'il y a quoique ce soit que je puisse faire n'hésitez pas.

- Je pense que cette bataille m'appartient. Mais si je viens à avoir besoin de vous à nouveau je n'oublierai pas votre proposition.

Carlisle de son côté se frottait les yeux en regardant ses propriétés. Y en avait-il une qu'il pourrait céder à Carmen ? Il y en avait bien une, seulement elle n'était qu'à une demi-heure à pied du château et ça, sa femme ne l'accepterait jamais. Sa femme...depuis le bal, Carlisle n'arrivait plus à se l'enlever de la tête. Elle occupait ses pensées constamment. Que faisait-elle ? Pensait-elle à lui ? Et alors qu'il dérivait encore une fois dans ses pensées, Carmen entra dans son bureau sans même frapper.

- Carlisle, pourrais-je venir te voir ce soir dans tes appartements, j'ai quelque chose d'important à te dire.

- Tu sais bien qu'ils te sont interdit, si jamais Isabella apprenait que je t'y ai laissé entrer à nouveau, je n'ose imaginer...

Non, en effet il ne préférait pas imaginer. Elle était capable de tout. De le réduire en miette et Carmen également.

- Tu réponds à ses ordres maintenant ? Qui est le roi ?

- Qui est ma femme ? rétorqua-t-il en lui lançant un regard froid. Je te l'ai déjà dit Carmen, je cherche un moyen de t'aider, parce que nos années de complicité représente beaucoup pour moi. Mais c'est fini.

- Tu ne peux pas m'abandonner, surtout quand tu te rendras compte qu'elle te trahie chaque jour qui passe, rétorqua-t-elle en s'approchant de lui.

- Isabella ne me trahie pas, elle ne me trompe avec personne alors cesse immédiatement.

- Elle pourrait bien te tromper avec la moitié du château que tu ne le verrais même pas. Je sais de source sûre qu'elle était seule ce matin même avec mon ancien mari. Sans garde. Et ça ne t'inquiète même pas.

- Non en effet, répliqua-t-il en se levant et en lui faisant face. Je lui fais confiance.

- Bien sûr, pourtant il paraît que tu as poussé une sacré colère lors du bal. Elle se joue de toi. Pourquoi ne le vois tu pas ?

Il ne pouvait pas lui dire. Elle n'était pas la première personne à qui il devrait dire qu'il aimait sa femme. Ça non. Carmen posa sa main sur le cœur du roi et commença à se coller à lui.

- Tu me manques, susurra-t-elle à son oreille.

Il lui attrapa les poignets et l'éloigna. S'il avait su qu'il dirait un jour non aux avances de cette femme il ne l'aurait pas cru. Seulement il ne ressentait plus rien envers elle. Son cœur ne battait pas de la même façon lorsqu'il regardait sa femme. Isabella avait prit une place importante dans son cœur et bien plus importante que celle de Carmen.

- Notre relation était belle et je te remercie de toutes ses années que tu m'as offertes, seulement, tu le vois bien toi aussi, plus rien n'est comme avant, tenta-t-il de lui expliquer. Isabella a le droit d'être en colère et elle a aussi le droit de demander ton départ.

- Isabella te ment et tu es trop naïf pour le voir...

- Arrête ! ordonna-t-il en tentant de l'éloigner un peu plus.

- Qui a-t-il ? Faut-il que je te fasse sortir de tes gonds pour que tu me reviennes ! lança-t-elle en lui sortant sa chemise du pantalon et tentant de lui ouvrir.

Elle lui arracha les premiers boutons lorsqu'il emprisonna ses poignets pour la faire arrêter.

- Il suffit ! cria-t-il en la relâchant. Tu ne gagneras rien ainsi. C'est trop tard Carmen !

Les yeux de la femme se remplirent de larmes et le cœur du roi se serra aussitôt. Elle était encore fragile et elle cherchait juste à retrouver sa place. Posant sa tête sur son torse elle lui répéta de ne pas l'abandonner. Qu'elle serait capable de tout pour ne pas être éloignée de lui.

- Il faut que tu apprennes à vivre sans moi Carmen, lui conseilla-t-il en lui caressant les cheveux. Tu as encore beaucoup de chose à vivre, mais plus avec moi. Je vais t'aider autant que je le peux, mais je ne peux être que ton ami à partir de maintenant.

Elle continua à pleurer dans ses bras puis fini par se jeter sur ses lèvres comme une démente, cherchant par tous les moyens quelque chose pour le retenir. Alors qu'il allait la repousser à nouveau, un grand bruit les fit sursauter. Une pile de document venait de se poser avec force sur le meuble de l'entrée. Devant eux se tenait Isabella avec son regard le plus meurtrier. Carlisle se débarrassa au mieux de Carmen et tenta de la rejoindre. Mais son allure débraillée et ses cheveux en bataille ne jouait pas en sa faveur.

- Ne vous dérangez pas pour moi, voyons, lança-t-elle avec ironie. Après tout je ne suis que la reine de ce pays, votre femme, que sais-je d'autre...

- Isabella...

Il n'eut pas le temps de finir qu'il se prit la pile de document en pleine tête. Cela le sonna un petit peu et il n'eut pas le temps de la rattraper qu'elle était déjà hors de sa vue.

- Est-ce que tu vas bien ? s'inquiéta Carmen en regardant l'endroit où l'impact avait eu lieu.

- Laisse moi bon sang ! s'énerva-t-il en se rendant compte qu'il allait encore devoir passer des heures à calmer sa femme. Qu'est-ce que tu veux à la fin ? Je ne peux plus rien t'offrir si ce n'est mon amitié alors pourquoi tu continues ?

- Parce que je sais que tu me reviendras, tu ne peux pas faire confiance à cette étrangère et j'en ai la preuve.

- Une preuve, quelle preuve ? Que peut tu prouver contre Isabella ? Elle n'a rien à se reprocher, c'est bien pour ça que c'est moi qui suis le monstre dans toute cette histoire.

Carmen s'empressa de mettre la main dans sa poche et en sorti un boite magnifique avec les armoiries de Phénixis dessus. Elle l'ouvrit et présenta une poudre au senteur de bois à Carlisle.

- Sais-tu ce que c'est ? demanda-t-elle avec un sourire perfide.

- Non, ce que je sais en revanche c'est que j'ai déjà vu cette boite dans la chambre de ma femme et que je comprend pas ce qu'elle fait dans tes mains, s'énerva-t-il aussitôt.

- Une domestique s'est inquiétée de voir ta femme en boire tous les matins en se levant. J'ai donc fait analyser cette poudre par un ami. Il m'a certifié que c'était une plante utilisée pour que les femmes n'ait pas d'enfant. Il pensait ne jamais en revoir de sa vie, puisque cette plante s'est éteinte sur nos terres depuis quelques années. Mais peut-être pas en Phénixis. Ta précieuse femme fait en sorte de ne pas tomber enceinte. Que trouves tu à dire à ça ?

Carlisle en perdit la voix. C'était impossible. Isabella savait bien le rôle qu'ils devaient tenir tous les deux, elle n'aurait jamais fait une chose pareille.

- Je vois bien que tu ne crois pas, tu commences sincèrement à lui faire confiance, constata Carmen avant de lui mettre la boite dans les mains. Alors vas-y. Montre lui ça et tu viendras me dire quelle a été sa réaction.

- Pourquoi tu fais ça ? soupira-t-il désespéré.

- Parce que je t'aime et que je n'ai pas envie que cette femme profite de toi alors qu'elle te ment depuis le début. Tu vaux mieux que ça.

Valait-il mieux qu'Isabella ? Plus Carlisle apprenait à la connaître moins il le croyait. Elle avait une explication. Sa femme avait forcément une explication. Parce qu'il ne comprenait pas pourquoi elle avait bien pu faire ça. Serrant la boite dans sa main il l'a mis dans sa poche et s'en alla vers les appartements de sa femme. Sans vraiment savoir pourquoi, il fut certain de la trouver là bas. Ce fut le cas. Alistair se tenait avec crainte devant la porte, sa tête n'aurait engagé personne à entrer.

- Elle est furieuse ? demanda-t-il comme une salutation au garde de sa femme.

- Elle m'a mise dehors, répondit-il en grimaçant.

Carlisle en eut froid dans le dos. Si Isabella s'en prenait même à son garde c'est qu'elle était hors d'elle. La brune était assise devant son jeu d'échec la mâchoire serrée. Quand elle le vit approcher son regard se fit tueur.

- Asseyez vous, ordonna-t-elle en lui montrant le fauteuil en face du sien.

Le roi préféra lui obéir, il voulait lui expliquer pour Carmen mais il voulait aussi des réponses. Il s'installa et attendit sa colère avec crainte.

- Jouez, ajouta-t-elle en lui montrant les pièces du jeu.

- Isabella...

- Jouez ! s'énerva-t-elle en le tuant du regard. Et du mieux que pouvez cela va sans dire.

Carlisle ne comprenait pas où elle voulait en venir. Elle n'avait pas la tête à jouer et lui encore moins. Malgré tout il commença à bouger ses pièces. Il avait l'habitude de jouer contre elle aux échecs et donc cette partie ne durerait pas longtemps. Il n'en crut pas ses yeux lorsqu'en quelques coups elle le mit mat.

- Encore ! ordonna-t-elle à nouveau en replaçant les pièces.

Le roi était encore en train de chercher comment elle avait fait. Se redressant, un peu vexé de s'être fait avoir aussi vite, il se mit à réfléchir plus intensément sur la partie suivante, mais une fois encore elle le mit mat à une vitesse phénoménale. Il redressa son regard vers elle, cherchant une explication.

- J'ai toujours pu vous battre quand je le voulais aux échecs, avoua Bella froidement. Je vous ai toujours laissé gagner, espérant qu'ainsi vous auriez envie de continuer à jouer avec moi. Mais il y a peu quelqu'un m'a fait comprendre que ce n'était pas la bonne solution. Que parfois il faut infliger une sacrée défaite à son adversaire pour qu'il s'améliore. Cela vaut pour les échecs mais apparemment aussi pour notre relation. J'en ai assez de jouer avec vous. J'en ai assez de m'écraser face à vous.

- Ce n'est pas ce que vous faites, tenta de la raisonner son mari blessé par ses paroles.

- Bien sûr que si. J'aurais dû m'opposer à vous dès le départ, cela m'aurais évité bien des peines. Mais non, j'ai voulu que vous appreniez à me connaître, j'ai voulu que vous compreniez que vous pouviez me faire confiance alors qu'au fond j'aurais juste dû faire de votre vie un enfer. J'ai été patiente, j'ai été conciliante, j'ai été diplomate, j'ai été sincère.

- Vraiment ? demanda Carlisle en lui souriant tristement. Oui vous avez été patiente, bien plus que je ne pouvais l'espérer. Mais la sincérité j'espère vraiment que vous l'avez été, seulement je commence à en douter.

Il sortit la boite de sa poche et la posa sur le jeu d'échec. La reine la regarda en serrant les dents. Le cœur de Carlisle se serra en voyant qu'elle reconnaissait bien cette boite.

- Comment avez vous eu cela ? Après tout pourquoi est-ce que je m'étonne, vous m'avez déjà espionné pourquoi ne me voleriez vous pas ?

- Pourquoi Isabella ? l'interrogea-t-il la gorge serrée.

- Vous me posez réellement la question ? se scandalisa-t-elle en explosant de rire. Qui voudrait un enfant avec un homme qui nous déteste et qui ne nous laisserait aucun pouvoir sur son éducation.

Les yeux du roi s'écarquillèrent en l'entendant. Elle pensait ce qu'elle disait.

- Jamais je n'aurais fait ça ! cria-t-il blessé.

- Oh vraiment ? Il n'y a qu'à voir l'éducation d'Edward pour voir à quel point vous avez eu votre mot à dire. Je refuse que mon enfant devienne comme votre crétin de fils. Pas tant que j'en serai la mère. Qui me dit que votre maudite marquise n'aurait pas mis la main sur notre enfant ? Personne et certainement pas vous ! Je ne veux pas d'enfant avec un homme qui ne m'aime pas un minimum.

- Nous devons engendrer un héritier !

- Non, vous devez, moi je ne suis que votre pion. Un pion ça se perd. Ce n'est pas la reine qui fait gagner une partie d'échec, mais le roi. Je ne veux pas que mon enfant soit uniquement l'héritier de ce pays. Je veux qu'il soit aimé par ses parents, je veux qu'il grandisse entouré d'amour ! Comme moi. Seulement vous ne savez aimer que vous. Esmée a eu beaucoup de chance de connaître l'amoureux en vous. Je n'aurais jamais cet espoir. Pourtant j'ai essayé, de toute mes forces.

- Vous ne devez plus prendre cette plante, nous rêvions d'avoir un enfant ensemble il y a de ça quelque jour et aujourd'hui vous m'avouez que vous me mentiez depuis des mois.

- Je continuerai à la prendre que ça vous plaise ou non.

- J'en interdirai l'accès au château s'il le faut ! s'énerva-t-il en tapant du poing sur la table.

Un nouveau rire échappa à sa femme et elle se leva. Il ne comprit pas ce qu'elle fit en la voyant partir vers sa chambre et en revenir avec un gros livre qu'elle jeta sur le jeu d'échec envoyant les pions au sol.

- Ouvrez la page 4 et lisez, exigea-t-elle furieuse.

- Non, répondit-il ne souhaitant pas changer de sujet.

- Faite le ! hurla Isabella en poussant le livre vers lui.

Le roi jeta un coup d'œil à la couverture et ferma les yeux en comprenant ce qu'il avait enfin dans les mains. « Le chant de la vie ». Les lois et coutumes de Phénixis. Il avait toujours su que ce livre lui poserait des problèmes un jour ou l'autre, mais il n'avait jamais pensé qu'elle l'utiliserait. Il ouvrit donc ce trésor à la page voulu et se retint de lire. Mais la reine semblait le connaître par cœur.

- « Le mariage est un acte sacré et précieux qui ne peut être rompu que par l'infidélité d'un des époux. Dans le cas d'une infidélité prouvée, l'époux lésé peut obtenir justice de plusieurs façons :

1- En prenant à son tour un amant ou une maîtresse.

2- En exigeant la mort de l'amant ou de la maîtresse.

3- En obtenant une séparation définitive en emportant tous les biens de l'époux fautif.

C'est à l'époux fautif de choisir entre ces options. »

Un silence de plomb tomba après sa tirade. Carlisle regarda sa femme droit dans les yeux et put voir à quel point elle était furieuse. Il lui en avait trop demandé, elle en avait trop subi et maintenant il était trop tard pour la calmer. Ses yeux lançaient des éclairs, son visage n'était que fureur et sa posture n'annonçait rien de réjouissant.

- Alors dites moi ! Quelle option vous conviendrez le mieux ? lança-t-elle haineusement.

- Ce ne sont pas des options, ce sont des ultimatums, contra-t-il défait.

- Non c'est ce qu'on appelle la justice ! A Phénixis, il ne vaux mieux pas tromper sa moitié, c'est une chose que l'on apprend très jeune. Voilà aussi pourquoi on y réfléchit à deux fois avant de se marier. A savoir aussi, page 7, aucun enfant n'est un bâtard. Qu'il soit ou non du bon père, un enfant se doit d'être reconnu sous peine de mort. Chez nous, Demetri serait le fils légitime du prince et serait probablement devenu l'héritier avant même Edward, étant âgé de quelque mois de plus que lui. Sachez donc que je pourrais faire un enfant avec le premier venu qu'il serait malgré tout un prince aux yeux de Phénixis.

Le silence qui s'en suivit ne fut pas bon du tout. La colère de Carlisle était à nouveau en train de prendre le pas sur sa raison. Pourtant il essayait de se retenir, mais la peur de la perdre le faisait paniquer.

- J'ai tout fait Carlisle, absolument tout pour que vous m'intégriez, pour que vous puissiez voir autre chose que la phénixienne en moi. J'ai tout subit, parfois même en silence. Je vous ai tout passé, j'ai tenté de vous faire réagir et je vous retrouve encore dans les bras de cette femme !

- Laissez moi vous expliquer...

- Non ! Non ! C'est fini les explications, c'est fini ! Je vous ai donné beaucoup trop de chance, beaucoup trop de facilité. Je ne veux plus vous entendre. Vous êtes un être abjecte, qui n'hésite pas un instant à briser le cœur de sa femme pour son plaisir, encore et encore. Pourquoi vous êtes vous montré gentil par moment si c'était pour être un tel salopard ensuite ? Vous ne valez pas mieux que James.

L'insulte toucha le roi en plein cœur. Elle ne le pensait pas, n'est-ce pas ? C'était juste sous l'effet de la colère qu'elle disait ça. Mais son visage était troublant de sincérité.

- Pour une fois j'aurais dû écouter mon père. Il était certain que jamais je ne serai heureuse avec vous. J'ai voulu lui donner tort, j'ai voulu lui prouver que mon choix était le bon, mais l'était-il ? Probablement pas.

Les lèvres du roi se mirent à trembler, de colère ou de tristesse, il ne le savait pas, mais il n'arrivait pas à les arrêter.

- Vous êtes là à me regarder impassible, sans cœur, je souffre devant vous et vous ne répondez rien ! cria-t-elle en tapant à son tour sur la table.

- Vous croyez que je ne souffre pas moi ? Que vos mots ne me font rien !

- J'espère bien qu'ils vous font quelque chose ! C'est bien pour ça que je les dis ! Je veux vous faire souffrir à la hauteur de tout ce que vous m'avez fait !

- Qu'ai-je fait de plus ? Oui je vous ai trompé avec une femme, mais vous sembliez déjà au courant et pourtant vous avez décidé de vous marier avec moi malgré tout. Vous saviez dans quoi vous vous engagiez !

Un rire dément monta dans la gorge de la brune. Elle posa sa main sur ses yeux en riant de plus en plus fort. Trop, c'était trop. Lorsqu'elle posa à nouveau son regard sur lui, il était froid comme il ne l'avait jamais été.

- Ouvrez page 10 et vous trouverez le plus grand secret de Phénixis. Allez y, faite vous plaisir.

Carlisle resta paralysé. Il n'était vraiment pas sûr de vouloir savoir où elle voulait en venir. La reine attrapa le livre avec rage et l'ouvrit elle même à la bonne page. L'ancien général ne put s'empêcher de poser ses yeux sur le livre en sentant son cœur battre la chamade.

« La confrérie est l'école suprême des espions de Phénixis. Chaque élève y sera formé pour devenir le meilleur élément qui soit. Si ses aptitudes ne sont pas à la hauteur ou s'il présente d'autres aptitudes, il sera redirigé vers l'aile militaire. Chaque élément appartient à la confrérie et jamais ne devra revenir sur son serment. Chaque information sera utile, chaque information sera consignée pour qu'à l'avenir elle protège Phénixis de toute attaque. Un confrère le reste jusqu'à sa mort, peu importe le pays qu'il espionne, peu importe s'il décide de ne jamais revenir. Union et Vérité. »

Le cœur de Carlisle avait loupé quelques battements. Comment était-ce possible ? Pourquoi personne n'avait jamais su ? Combien y en avait-il ? Isabella en était-elle vraiment une ? Il s'était posé cette dernière question en la regardant tristement.

- Oh que oui j'en suis une, comprit-elle en voyant son expression. Je le suis depuis l'âge de six ans. Ma grand-mère, Mama, en est la chef. Ma mère l'a faite également et sachez que toutes les guerres que votre pays a perdu contre le mien sont le fait de femme de ma famille. Ma mère, à ce jour, est toujours un général de notre armée. On m'y a apprit à me battre, à comprendre, à analyser, à manipuler et bien d'autre chose encore. J'ai passé ma vie à respecter ces préceptes. Et je l'ai ai trahi pour vous ! hurla-t-elle les lèvres tremblantes.

Carlisle se retrouva sans voix. Que devait-il répondre à cela ? Sa femme semblait en pleine explosion de fureur et ne lui laissait pas l'occasion de se défendre.

- Je me suis mis mon propre père à dos pour vous ! Parce qu'à la différence de ce mari impitoyable que je me suis choisi, moi je l'aime ! Je vous aime et à cause de cela j'ai trahi mon serment.

Les larmes coulèrent à flot sur les joues de la brune. Malgré tout elle semblait toujours furieuse. Le roi se leva pour tenter de la calmer mais elle se recula avant même qu'il ne s'approche.

- J'ai arrêté de donner des informations à la confrérie depuis longtemps, cracha-t-elle avec hargne en essuyant rageusement ses larmes. Par amour pour vous ! En espérant comme une sotte qu'un jour vous puissiez m'aimer comme Emmett l'a fait avec Rosalie. Mais où avais-je la tête ? Je vous ai montré le meilleur de moi, je vous ai offert tout ce que j'avais à offrir et ce n'était jamais suffisant. Je n'aurais eu aucun scrupule à trahir Edward, c'était mon ami, mais je n'aurais ressenti que du mépris pour lui en tant que mari et en tant que roi. Alors que vous, sous vos airs de général impitoyable, j'ai cru voir un homme bon. Toute mon enfance je vous ai admiré, j'ai lu chacune de vos batailles, j'ai conservé chacun des livres que vous avez pu m'offrir. Et je me retrouve comme une imbécile à vous déballer toute ma vie, tous les meilleurs secrets de Phénixis pour je ne sais quel raison, quel résultat ! Pouvez vous imaginer ce que ça peut me faire de vous voir avec elle ? De voir ses mains sur vous ? Entendre votre prénom dans sa bouche ?

Il tenta de la prendre dans ses bras, mais elle le repoussa férocement.

- Ne me touchez pas ! cria-t-elle rouge de colère. Ne vous avisez pas de poser vos sales mains sur moi. Pas après l'avoir touché elle ! Hors de question !

- Calmez vous Isabella, il faut que nous parlions de tout cela calmement, tenta-t-il ne sachant plus trop comment réagir.

- Oh non ! Certainement pas ! J'ai été calme bien assez longtemps ! Vous recevez aujourd'hui ce que vous auriez dû avoir depuis le début. Vous m'avez trompé, vous m'avez monté contre mon père et surtout, surtout, vous m'avez enlevé Jasper !

Carlisle soupira en se prenant la tête. Il en leva même les bras au ciel en suppliant de l'aide. Il n'en pouvait plus de cette phrase.

- Nous en sommes encore là ?

- Nous y serons jusqu'à l'éternité s'il le faut ! hurla la brune en tapant du poing sur la table. Car vous ne savez pas tenir une foutue promesse. Vous m'avez promis fidélité, vous ne l'avez pas respecté, vous m'avez promis de me laisser choisir et garder mon garde, vous ne l'avez pas respecté, la marquise est toujours dans ces murs, alors aujourd'hui vous allez respecter la deuxième promesse de nos fiançailles. Je garde mes traditions et j'ai la preuve que vous m'avez été infidèle. Donc je vous le répète, quelle option choisissez vous ?

- Vous n'espérez tout de même pas que je réponde à cette question ? s'enflamma à son tour le roi.

- Vous y répondrez un jour ou alors je promets de ne plus jamais vous adresser la parole, cracha-t-elle le regard dément.

- Vous n'êtes pas sérieuse. Vous êtes là à me dire que vous êtes une espionne, que vous faites tout votre possible pour ne pas avoir d'enfant de moi et vous m'avouez que vous m'aimez. Pour au final me demander quelle option je préfère pour vous perdre ? Vous ne pouvez pas me demander ça. Je ne veux pas vous perdre !

- Il fallait peut-être y penser avant, lorsque j'étais encore disposée à vous donner une autre chance. Maintenant c'est fini. Jetez vous du haut d'un pont si ça vous chante, ou bien ouvrez vous les veines comme votre putain. Mais puisque vous ne me laisserez plus la possibilité de prendre cette poudre, alors je la ferai à l'ancienne. Vous ne me toucherez plus.

Le choc s'inscrivit aussitôt sur le visage du roi. Ses paroles étaient dures et percutantes. Le but même de leur mariage avait toujours été d'avoir un héritier. Or s'il elle s'obstinait sur cette lancée, ils n'en auraient jamais.

- Vous ne pouvez pas faire cela Isabella, se scandalisa-t-il en reculant.

- Bien sûr que si ! hurla-t-elle. Mon corps n'appartient qu'à moi et à moi seule ! Vous allez apprendre que l'on ne résout pas tout avec le sexe. Et que ça ne vous vienne même pas à l'esprit de tenter d'être violent avec moi pour m'y soumettre, parce que je jure que je vous trancherai la gorge avant même que vous y pensiez.

Carlisle en tangua aussitôt. Elle venait de le menacer de mort. Cette femme en l'espace de quelques minutes lui avouait son amour, ne lui laissant même pas le temps de lui dire que lui aussi était tombé amoureux d'elle, puis le menaçait de mort. Il avait envie de lui hurler dessus, de lui dire que c'était impossible, qu'elle se conduisait comme une enfant. Mais tout ce qu'il voyait, c'était une femme blessée. Il ne savait plus quoi lui dire. Le roi était tiraillé entre son envie de se défendre et son besoin de la garder près de lui. Il ne savait plus où il en était, beaucoup trop de révélation en trop peu de temps. Carlisle s'approcha une dernière fois de sa femme et tendit la main pour la poser sur sa joue, mais Isabella la claqua avec force.

- Garde ! hurla la reine en faisant sonner une cloche.

Alistair débarqua en trombe se demandant bien ce qu'il pouvait se passer. Allait-il devoir les séparer ? Il n'arrêtait pas de les entendre hurler depuis qu'ils étaient ensemble dans cette pièce. Alistair avait craint ce jour où la reine exploserait. Il était arrivé. Vu la tête des deux souverains, la guerre était déclarée.

- Comme le veut le protocole de la cour de Volterra, la reine a le droit t'interdire l'accès à ses appartements à n'importe qui. Prenez donc note, qu'à partir de ce soir et jusqu'à nouvel ordre de ma part, le roi n'est plus admis dans mes appartements.

Le garde ouvrit la bouche en fronçant les sourcils. Avait-elle vraiment le droit de faire ça ?

- Je veux bien admettre que vous soyez furieuse, mais vous ne pouvez pas aller jusque là, scanda Carlisle totalement paniqué.

- Oh que oui je peux ! Et je vais le faire. Ma garde n'appartient qu'à moi ! Et je vous déconseille de tenter d'amadouer Jasper pour qu'il me fasse entendre raison. Vous avez eu la Isabella diplomate, il est temps pour vous de faire face à la Isabella phénixienne. Sortez d'ici, je ne veux plus vous voir ni vous entendre. Reprenez également vos dossiers et vos problèmes. Il est grand temps que j'arrête de me préoccuper de ce pays et surtout de vous. Je vais apprendre à vivre pour moi pour changer. Je vais faire renforcer ma garde, parce qu'aujourd'hui est le dernier jour où vous mettez les pieds ici !

Elle le bouscula avec force et claqua la porte de sa chambre en faisant trembler les murs. Carlisle était paralysé au milieu de la pièce. Que venait-il de se passer ? Comment tout cela avait pu tourner au drame aussi vite. Mais surtout, comment allait-il pouvoir se faire pardonner ?


J'avais prévenu depuis longtemps qu'il ne valait mieux pas mettre Bella en colère. Ce n'est pas de ma faute ! Elle a juste lâché les chevaux. Allez à la semaine pro. Bisous !