Hermione s'étira comme un chat. A côté d'elle, la place était libre et encore tiède. Elle en conclut que Draco ne devait pas être levé depuis longtemps et les rires qu'elle entendit en bas confirmèrent que les deux monstres leur servant d'enfants étaient eux aussi levé. Elle sourit avant de s'asseoir et de rabattre la couette pour sortir de son lit. Elle portait un pantalon large blanc cassé avec un débardeur noir qui moulait le haut de son corps. Elle capta son reflet dans le miroir avant de se sourire. Hermione était loin d'être la femme appréciant porter des nuisettes, elle avait toujours préféré les tenues confortables. Si cela avait arraché un rire à Draco la première fois, il trouvait ça presque aussi agréable que de l'avoir nue entre ses bras.

Elle retrouva les deux enfants installés sagement à table, devant chacun d'eux, il y avait des pancakes à l'allure étrange et Draco pestait dans la cuisine.

– Bonjour Maman !

– Bonjour Maman !

Les deux enfants avaient parlé d'une même voix. Elle leur sourit avant de déposer un baiser sur le front de chacun.

– Dit Maman, tu crois que tu peux aider Pa. Il est pas très très doué pour la cuisine et il sait pas faire des pancakes aussi bons que les tiens.

Hermione ne dit rien face au surnom qu'avait décidé de donner Rose à Draco. Elle trouvait ça charmant et le petit regard que lui envoya Scorpius à l'allusion des déjeuner loupé l'amusa. Elle n'ajouta rien avant de se diriger vers la cuisine pour embrasser avec tendresse l'épaule de Draco et le pousser légèrement sur le côté pour prendre les choses en mains. Il déposa ses mains sur sa taille pour venir embrasser sa joue avant de la garder là, son dos à elle contre son torse à lui alors qu'elle modifiait quelque peu la mélasse qui lui servait de pâte.

– Je suis un piètre cuisinier.

– Mais tu es un père excellent.

– Rose m'a finalement trouvé un nouveau surnom, je crois que j'aime beaucoup.

Pour toute réponse, elle lui offrit un sourire avant de verser une louche dans la poêle chaude. Il observa le petit monticule s'étaler et gonfler juste comme il le fallait. Le disque prit une jolie couleur dorée puis elle le retourna. Il était subjugué par ces gestes précis, il se sentait même hypnotisé.

– Tu vas chercher les assiettes ? Je n'ai pas pris ma baguette.

Il obéit juste. Se décollant à contre cœur de ce petit bout de femme pour aller chercher les assiettes des deux enfants qui accueillirent avec joie les pancakes d'Hermione.

– Tu m'apprendras un jour ?

– Est-ce que le grand Draco Malfoy souhaiterait apprendre à cuisiner ?

– Juste à faire des pancakes aussi bons que les tiens. Comme ça, je pourrais t'en faire et te servir ton petit-déjeuner au lit au moins une fois.

– Tu fais dans le romantique ?

– Il se pourrait qu'avec toi j'ai envie de faire preuve de romantisme oui, mais je te conseille, ma douce marmotte, de te dépêcher. Pansy m'a envoyé un hibou pour me dire qu'elle passerait te prendre à 10h. Elle est ponctuelle, il est déjà 9h45 et tu n'es pas habillée.

– Bonjour vous trois.

Les trois têtes se tournèrent vers une Pansy souriante apportant avec elle un sac contenant plusieurs viennoiseries. Les deux enfants l'embrassèrent avant de prendre chacun une viennoiserie. Draco, toujours en pyjama, la regardait comme si une deuxième lui était apparue.

– Wow.. Euh… Pan ? Tes cheveux.

– Une envie soudaine de changer de tête. Si tu veux tout savoir, j'ai démissionné aussi. J'ai besoin de changement. Bon, ce n'est pas que je m'ennuie mais elle fout quoi Grangie là ? Il est 10h02 et elle n'est pas là.

– J'arrive, j'arrive. Tu peux juste me laisser le temps de mettre des chaussettes.

– Non. Nous sommes déjà en retard. On doit aller acheter nos robes pour ce soir, ensuite nous déjeunerons quoique vu le retard, nous allons sûrement déjeuner sur place. Après ça, nous irons faire un tour chez le coiffeur puis nous irons directement au manoir. Nous nous préparerons sur place, dans l'ancienne chambre de Draco.

– Je peux venir moi ?

– Non, Rosie. Je suis désolée mais toi, tu as déjà ta tenue. Il me semble que tu es allée la chercher avec Narcissa et que c'est elle qui va t'aider à te préparer.

– Oui, mais-

– Pas de mais jeune fille. Je te promets que nous ferons une sortie entre fille mais aujourd'hui, c'est juste pour ta maman enfin… si elle se décide de bouger un peu ses fesses.

– Roh c'est bon, c'est bon. Je suis prête.

Hermione jeta un regard mauvais à Pansy avant de serrer une Rose en train de bouder contre elle. Scorpius vint se coller à elles, réclamant lui aussi une douce étreinte. Draco leur jeta un œil attendrit avant de venir sauver sa jolie brune des deux enfants qui ne semblaient plus vouloir la lâcher. Hermione ne sut ce que Draco leur murmura à l'oreille et elle vit bien vite le sourire apparaître sur la frimousse adorable de sa petite chérie. Comme si rien n'était, les deux enfants montèrent les marches quatre à quatre pour se ruer dans leur chambre respective. Hermione regarda Draco, une lueur d'incompréhension dans le regard.

– C'est mon affaire. Je vous conseille de filer toutes les deux avant qu'ils ne reviennent à la charge, surtout Rose.

Pansy, plus qu'impatiente, leva les yeux vers le ciel puis se saisit du bras d'Hermione qui eut à peine le temps d'embrasser Draco qu'elle se retrouvait déjà à la porte.

– Parkinson, j'aimerais réellement que tu cesses ce genre de comportement. Je ne suis pas ta chose.

– Je sais Grangie mis ce soir, nous avons le bal de charité donné par les Malfoy et je t'assure que tu n'es pas prête. Cela fait plusieurs années qu'ils le font. Au départ, il s'agissait de redorer leur blason, je te l'accorde mais ce n'est plus le cas. Ce bal, c'est l'évènement de l'année. Il me semble que tu y as été convié plus d'une fois mais tu n'as jamais eu le cran de t'y présenter, tout comme Potter et Weasley. Sais-tu au moins ce qu'est ce bal ? Comment il fonctionne ?

– Je sais comment fonctionne un bal s'il te plait. Je te rappelle que nous en avons eu à Poudlard ainsi qu'au Ministère.

– Tu es sotte Grangie. Les bals dont tu me parles, ils n'arrivent pas à la cheville de ceux qui sont organisés par Narcissa. Cette femme, elle a peut-être des défauts mais c'est une maniaque de l'organisation. Si tu te donnais la peine de lire un peu la presse, tu aurais pu voir les nombreux articles qui dépeignent les bals donnés au Manoir Malfoy comme faisant partie des plus prestigieux.

Tout en parlant, Pansy avait passé son bras sous celui d'Hermione et elle la traînait plus qu'elle ne l'accompagnait vers le Chaudron Baveur. Elles étaient en retard mais Pansy avait choisi qu'il serait plus judicieux d'aggraver le retard pour donner à Hermione quelques informations essentielles quant au déroulement de ce gala.

– Déjà, il faut savoir qu'il y a trois classes d'invités à cet évènement. En premier lieu, tout en haut de la pyramide, il y a la famille et le cercle très proche. Tu te doutes que nous faisons toutes deux parties de cette caste. Notre devoir est d'accueillir convenablement chaque invité mais pas uniquement. Nous devons également ouvrir le bal. D'ailleurs, j'espère que tu sais valser car je ne vais pas avoir le temps de t'apprendre à valser convenablement. Bref, comme tu le comprends, nous sommes, en quelque sorte, les chefs d'orchestre. Le deuxième étage de la pyramide, lui, se compose des invités premium si je puis dire. En général, ce sont des personnalités comme des couturiers, des chanteurs, des stars du quidditch. Ils sont célèbres, mais ils sont surtout scandaleusement riches. Ce sont souvent les plus gros donateurs. Le troisième étage, lui, ce sont plutôt des personnalités mineures. On va y retrouver des gérants de boutique, des politiciens et j'en passe. Pour avoir accès à ce bal, il faut être muni d'un carton d'invitation, c'est assez sélectif mais je t'assure que cela est nécessaire pour la récolte de fonds. Tu comprends qu'un homme ayant trouvé une affaire en or lors de cette soirée sera plus généreux sur les gallions qu'il lâchera. C'est vil, c'est fourbe mais c'est la vie. Tu as tout suivi ?

Hermione acquiesça. Elle n'aimait pas spécialement cette vision des choses mais elle savait au fond d'elle qu'ils avaient raison. Un bal non sélectif aurait redoré le blason, certes, mais la récolte de don n'aurait pas été aussi importante chaque année. Si Hermione n'avait jamais pris le temps de lire les articles au sujet des bals chez les Malfoy, elle n'était pas stupide au point de ne pas savoir qu'ils étaient les plus gros donateurs dans plusieurs milieux.

Les deux femmes se dirigèrent vers une boutique aux allures bien trop bourgeoises pour Hermione qui se sentit tout de suite mal à l'aise à peine la porte passée. Un sol de marbre blanc, des divans noirs, des arabesques d'or sur le mur de tissus crème et un véritable lustre de cristal au plafond.

– On commence par toi Grangie. Tu ne te présentes pas au bal comme une simple amie de la famille mais comme la petite amie du prochain Lord Malfoy. A ce bal, il va y avoir des femmes qui vont vouloir mettre le grapin sur Draco. Il n'est pas marié et c'est un des célibataires les plus en vogue. Il a déjà un héritier donc c'est tout bénef pour ces femmes ne voulant pas porter d'enfant.

– Deux petites minutes. Tu es en train de me dire qu'il va y avoir une armée de greluche écervelée qui vont essayer de s'attirer les faveurs de Draco ?

– Parfaitement. Je ne te savais pas jalouse Grangie.

– Je ne suis pas jalouse.

– A d'autre.

Hermione grommela sous le regard fier de Pansy. Elle était assez fière de son coup. En jouant sur la popularité de Draco, elle réussissait à faire en sorte qu'Hermione se prenne au jeu. Rapidement, une vendeuse vint se placer devant les deux femmes. Elle observa Pansy de haut en bas avant de jeter un regard critique sur Hermione. La brune sentit le regard de cette blonde superficielle la passer au crible. Ses yeux aussi bleu qu'un ciel d'été fixèrent ses vêtements et jugèrent avec dédain son pantalon un peu trop grand et son pull donnant à son corps l'effet de ne posséder aucune forme.

– Je vais vous présenter nos robes bon marché, nous avons plusieurs robes de la collection de l'année passée qui devraient vous convenir. Miss Parkinson, nous avons pour vous certaines pièces fabuleuses. Nous ne sommes pas sans savoir que le bal de charité aura lieu ce soir donc nous nous sommes permis de conserver nos plus belles créations.

– Miss Granger ici présente se présentera au bal au bras de M. Malfoy. Elle doit être à la hauteur de son statut au sein de cette famille. Vous n'aimeriez pas que Lady Narcissa Malfoy apprenne que vous avez refusé de traiter Miss Granger avec tout le respect qui lui est dû.

Le teint de la vendeuse blêmit d'un coup.

– Euh… Je…

– Consentez-vous à traiter Miss Granger comme il se doit ou devons-nous aller voir ailleurs ?

Hermione fixait Pansy sans savoir comment réagir. Son instinct lui demandait de se rebeller mais, au fond d'elle, elle avait envie d'être traitée de la même manière qu'on traitait les sang-pur, avec dignité et respect. Elle avait reçu des marques de respect, certes, mais pour son statut d'héroïne de guerre et cette fois, elle allait en recevoir pour sa prétendue place au sein d'une des familles les plus influentes.

– Non Pansy, partons. De nombreuses enseignes du côtés moldus se feront une joie de trouver une robe me convenant parfaitement et certainement à un prix plus abordable.

– Tu as raison, Hermione. Allons-y. Je n'ai pas envie de traiter avec des incapables.

– Non, non, restez. Je suis certaine que nous allons vous trouver la robe qu'il vous faut. Mary, Elly ! Venez immédiatement, nous avons deux clientes de haut rang. Vous prendrez un verre de vin durant les essayages ?

– Avec plaisir.