Un Dernier Hommage avant la Mort
Severus se tenait devant le Seigneur des Ténèbres victorieux. Il ne devait qu'à tout son self contrôle et ses barrières d'occlumancie de ne pas s'effondrer à la vue du spectacle devant lui. Si le corps de James Potter ne le dérangeait pas encore de trop, celui de Lily le blessait au plus haut point. Quant à ce qu'il était du corps du petit Harry … même pour l'autre Potter ou Black, il n'aurait jamais souhaité cela. Il avait laissé le corps aux chiens. Et maintenant il était en lambeaux, déchiquetés de partout. Le Maître des Potions peinait à garder son masque d'impassibilité.
Mais à la vue de ce spectacle barbare, il prit une décision. Ou plutôt deux. Si mettre fin à ses jours était une évidence, il ne pouvait pas laisser le corps de Lily et ceux de sa famille ainsi. Il partit alors pour le seul endroit où il pourrait espérer de l'aide sans que le Lord n'en sache quoi que ce soit.
Il avait fait quelques recherches et avait retrouvé la trace de Pétunia. En tant que Moldue, le Lord ne penserait jamais à chercher de ce côté-là pour récupérer les corps. Ou pas dans un premier temps. Il aurait le temps de tout planifier avant …
« Ne fais pas ça Severus, » fit soudain la voix de Lucius derrière lui.
L'homme se retourna et avisa quelques instants le Sang-Pur avant qu'il ne range son laboratoire.
« Ne fais pas quoi ? » demanda-t-il d'une voix neutre.
« Je sais qui était cette Née-Moldue pour toi. »
« Alors tu sais aussi que je n'ai pas le choix. »
« Tu vas tout perdre, Severus. »
« J'ai déjà tout perdu, » répondit-il simplement. « Et vivre dans un monde où on donne des enfants en pâture à des chiens, je ne peux pas le tolérer. »
« Ce n'est que l'enfant Potter. »
« Qui a le même âge que ton fils ! » cingla Severus en frappant une paillasse du plat de la main. « Ce n'était qu'un enfant, un bébé ! Je n'ai pas signé pour pareille boucherie ! »
« Tu n'as plus le choix, Severus, » fit Lucius calmement. « Les choses sont ce qu'elles sont, tu n'y peux rien. »
« Si, j'y peux quelque chose. Etre fidèle et honnête à moi-même. Et je vais le faire en donnant une sépulture décente aux Potter. »
« Tu mourras. »
« C'était déjà dans mon intention, Lucius. Si elle mourrait, je comptais de toute façon la rejoindre. Le Lord le savait. Je lui ai demandé de l'épargner. »
« Je ne peux pas te laisser faire. Tu oublies Drago ! C'est ton filleul ! »
« Et il sera élevé selon les préceptes Sang-Purs. A savoir détester les Nés-Moldus, mépriser les Sang-Mêlés et regarder de haut la plupart des gens parce qu'il est un Malfoy. Je suis désolé, Lucius, mais je suis un Sang-Mêlé. Ton fils ne risquera rien tant que tu resteras dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres. Mais moi, je ne peux plus … » Il récupéra sa cape de voyage et se tourna vers son vieil ami. « Ne te dresse pas sur mon chemin Lucius, je ne veux pas te faire de mal. »
« Tu oserais m'en faire ? »
« Pour Lily ? Sans hésiter. »
Le blond soupira et s'écarta de la porte.
« Tu as jusqu'à ce que le Lord ou quelqu'un d'autre s'en rende compte. Après ce sera une chasse à l'homme. Adieu Severus. »
« Adieu Lucius. Merci. »
Severus quitta le Manoir Malfoy et transplana pour une petite banlieue moldue. Il marcha le long d'un trottoir et s'arrêta devant le numéro 4, Privet Drive. La maison de Pétunia. Il inspira profondément et frappa à la porte.
Elle apparut devant lui, presque à l'égal de son souvenir, grande, blonde, l'air légèrement dégoûté alors qu'elle le reconnaissait. Pétunia n'avait pas changé.
« Toi ! »
Elle tenta de refermer la porte mais il la bloqua de la main.
« Pétunia, attends. Il faut que je te parle… c'est grave. Cela concerne Lily et toute sa famille. Ils sont … »
Les morts restèrent coincés dans sa gorge. Il inspira à nouveau profondément avant de regarder la Moldue dans les yeux.
« S'il te plaît, Pétunia, est-ce que je peux entrer ? »
« Non. »
« S'il te plait, j'ai besoin de ton aide pour … pour … m'occuper de leurs funérailles. »
« Quoi ?! »
La femme cessa d'appliquer une pression sur la porte et au contraire, finalement, laissa Severus entrer. Il rencontra l'époux de la Moldue et ne l'apprécia guère. Mais il la vit lui dire à peine quelques mots avant de le voir partir en maugréant contre les monstres. »
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda finalement Pétunia en lui servant une tasse de thé. « Lily m'avait laissé entendre dans sa dernière lettre qu'elle était en sécurité. »
« Ils ont fait confiance à la mauvaise personne. Maintenant ils sont tous … morts. »
« L'enfant aussi ? »
« Oui, Harry aussi. Pétunia … ce qu'ils leur font … Surtout à Harry. Je ne peux pas… Je… Est-ce que je peux te demander de t'occuper de l'enterrement. Je payerai mais je dois récupérer leurs corps cette nuit. »
« Pourquoi cette nuit ? »
« Il a été décrété par le Seigneur des Ténèbres qu'il était interdit d'accorder une sépulture décente aux Potter. Ils ont laissé leur corps à la merci des chiens. »
« Oh mon dieu ! Les barbares ! »
« J'ai pensé la même chose. Comme quoi il n'y a pas que dans le monde moldu que la cruauté existe. Chez nous aussi… Est-ce que tu vas m'aider ? »
« Oui, Severus. »
xXxXxXx
Une semaine plus tard, les Dursley et Severus se tenaient devant trois tombes fraichement refermée. Pétunia ne cessait de verser des larmes, entre tristesse et horreur. Elle avait vu les corps quand le Serpentard les avait ramenés. Tout comme son époux. Ils en avaient été tous les deux horrifiés et aidaient d'autant plus le sorcier qui ne cherchait qu'à honorer une vieille amie.
Severus s'agenouilla devant la tombe de Lily et sortit sa baguette. Il fit apparaître une grande pierre tombale dans un marbre blanc. Sur chacune d'elle, il avait inscrit simplement les noms des sorciers.
Lily Potter
20 janvier 1960 – 31 octobre 1981
James Potter
27 mars 1960 – 31 octobre 1981
Harry Potter
31 juillet 1980 – 31 octobre 1981
Ne restez pas là à pleurer devant notre tombe.
Nous n'y sommes pas.
Nous n'y dormons pas …
Nous sommes le vent qui souffle dans les arbres.
Nous sommes le scintillement du diamant sur la neige.
Nous sommes la lumière du soleil sur le grain mûr.
Nous sommes la douce pluie d'automne…
Quand vous vous éveillez dans le calme du matin,
Nous sommes l'envol de ces oiseaux silencieux
Qui tournoient dans le ciel…
Alors ne restez pas là à vous lamenter devant notre tombe.
Nous n'y sommes pas.
Nous ne sommes pas morts !
Pourquoi serions-nous hors de votre vie simplement
Parce que nous sommes hors de votre vue ?
La mort, vous savez, ce n'est rien du tout.
Nous sommes juste passez de l'autre côté.
Après avoir inscrit cette épitaphe, le sorcier fit apparaître un bouquet de lys blancs pour elle, sa fleur préférée. Il en fit de même pour le petit Harry et ne laissa qu'une rose sombre classique pour James Potter.
« C'est très beau, » fit Pétunia.
Severus ne fit qu'hocher la tête alors qu'il se redressait. Il se tourna ensuite vers le couple moldu.
« Je vous suggère de partir du pays tant que vous le pouvez encore, » dit-il simplement. « Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne s'acharne sur les vôtres. »
« Qu'est-ce que pourrait nous faire ce fou ? » s'enquit Vernon Dursley.
« Au choix l'esclavage ou l'extermination, » répondit sombrement Severus. « Mais aucun des deux sorts n'est enviable. Maintenant faites ce que vous voulez, je tenais juste à vous prévenir. »
« Et toi ? » demanda Pétunia. « Tu vas faire quoi ? »
Le sorcier sortit simplement une fiole de sa poche et la fit tourner entre ses doigts.
« Pour avoir donné une sépulture décente aux Potter, je suis condamné à mort, Pétunia, » répondit-il avec calme. « Il y a déjà certainement des mangemorts sur mes traces. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne me retrouvent. A ton avis, pourquoi je t'ai demandé juste trois cercueils mais que je m'occupais magiquement du reste ? »
« Je ne sais pas. »
« Je suis le dernier des Prince, Pétunia. Je n'ai plus de famille et ce terrain m'appartient. A ma mort, il deviendra inaccessible. Personne ne pourra venir les déranger. »
« Mais personne ne pourra venir les voir non plus. »
« J'avais l'intention de prendre une photo et de la dupliquer pour l'envoyer à leurs plus proches amis afin qu'ils sachent que même malgré l'interdit, quelqu'un s'est occupé d'eux. »
« Merci, Severus. »
Pour la première fois, Pétunia prit le sorcier dans ses bras et le serra fortement.
« Je suis désolée que tu en arrives à te suicider. »
« Même sans l'interdit impérial, je me serais suicidé, Pétunia. Je ne peux pas vivre dans un monde où elle n'est pas. Mais je refuse de souffrir plus. J'ai déjà assez souffert. »
xXxXxXx
Comme à chaque fois qu'une lignée s'éteignait, un Gobelin venait faire le tour des propriétés afin de le sceller, comme ils scellaient leurs coffres. C'étaient dans leurs coutumes. Ainsi, il fut surpris quand il arriva sur le terrain.
Il avisa les tombes des Potter entourées d'un immense champ de lys blancs et noirs et la présence du corps du dernier des Prince juste à côté. Il avisa les dernières volontés de Severus Snape et enterra l'homme aux côtés de la petite famille qui avait connu une fin tragique. Ainsi il ne serait plus jamais loin de sa meilleure amie.
9 janvier 1960 – 8 novembre 1981
Ci-gît Severus Snape,
Un sorcier et un ami loyal,
Même dans les plus profondes ténèbres.
Connaissant l'autre dernière volonté, mu par un élan du cœur – rare pour ces créatures cupides – le Gobelin prit une autre photo montrant la tombe du dernier Prince en plus de celles des Potter et l'envoya à toutes les connaissances que ces personnes pouvaient avoir. Ainsi tout le monde saurait ce que le Serpentard avait fait. Il s'était sacrifié pour honorer une autre ancienne noble famille qui venait elle aussi de s'éteindre.
Je sais ... j'avais dit plus de Severus... Mais c'était avant qu'un donne des prompts sur lesquels écrire. J'ai vu 'Severus Snape' et 'deuil' et ... je n'ai pas pu m'en empêcher. Je suis vraiment désolée !
Plein de bisous,
Memepotter952504
