Bonjour,
Voici le 39ème chapitre. Dean ouvre enfin les yeux et Castiel a une bonne surprise. Enfin me direz vous ...
Merci pour votre fidélité et tous vos messages. Ils m'aident à continuer d'écrire malgré la situation actuelle et la chaleur écrasante à Lyon.
Bonne lecture et à la semaine prochaine.
Sydney8201
Musique du chapitre :
Chasing Cars de Snow Patrol
Chapitre 39 : Aveux
« L'aveu des fautes ne coûte guère à ceux qui sentent en eux de quoi les réparer. »
Marquise de Lambert
Dean avait la sensation d'être un menteur. Il n'était pas parfait et n'avait jamais prétendu l'être. Il lui était arrivé de mentir aux autres parfois pour obtenir ce qu'il voulait ou se couvrir. Il avait même menti à Sam par le passé. Il le regrettait bien sûr mais il était suffisamment adulte et responsable pour admettre ses erreurs.
Et c'était quelque chose qu'il avait toujours détesté faire. Mentir était lâche. C'était la solution de facilité. Et cela faisait le plus souvent souffrir la personne à qui on adressait ce mensonge. Dean refusait de faire du mal gratuitement à qui que ce soit. Surtout pas aux gens à qui il tenait.
Et Victor faisait partie de ces gens. Dean l'appréciait beaucoup. Il n'avait strictement rien à lui reprocher. Il le trouvait même plutôt génial. Absolument parfait. Ils riaient beaucoup. Pouvaient parler de tout et de rien. Dean avait confiance en lui. Et le sexe était absolument incroyable entre eux.
Mais Dean menait à Victor depuis plusieurs semaines. Il se détestait pour ça. Tout avait commencé quand il avait invité Castiel à boire un café après leurs retrouvailles à la librairie. Dean n'en avait pas eu conscience à cet instant précis mais il l'avait compris très rapidement. En le revoyant pour la première fois en deux mois, il avait réalisé que rien n'avait changé. Il était toujours amoureux de son ami. Ses sentiments n'avaient pas évolué et leur force était toujours la même. Ne plus le voir lui avait permis de les ignorer. Mais certainement pas de les combattre.
Et Castiel lui avait offert un travail. Dean l'avait accepté. Pas seulement parce qu'il avait très envie de revoir son ami plus souvent. Mais aussi et surtout parce qu'il avait envie de le faire. Parce que créer cette bande dessinée était une idée qui l'enthousiasmait.
Il avait accepté sans songer une seule seconde aux conséquences. Mais rapidement, elles l'avaient frappé en pleine face. Il passait énormément de temps avec Castiel. Et il l'aimait un peu plus chaque jour qui passait.
C'était ce qui faisait de lui un menteur. Il avait bien sûr parlé de son nouveau projet à Victor. Il lui avait parlé de cette bande dessinée qu'il avait très envie de créer avec Castiel. Et son petit ami l'avait encouragé à le faire. Parce qu'il était parfait. Parce qu'il avait confiance en Dean. Et parce qu'il n'imaginait pas une seule que l'homme qui partageait sa vie avait en fait envie de partager la sienne avec un autre.
Il mentait à Victor sur ses sentiments pour Castiel. Sur ce dont il avait envie. Et Victor méritait tellement mieux. Il méritait d'avoir un petit ami qui n'aimait que lui. Un petit ami qui envisageait son avenir à ses côtés. Et certainement pas un petit ami qui rêvait d'un autre. Qui désirait un autre. Et qui n'avait pas le courage de le lui avouer.
Il continuait à mentir en se cherchant des excuses. Il tentait de se convaincre que cela finirait par passer. Qu'il se réveillerait un jour et réaliserait qu'il n'était plus amoureux de Castiel mais de l'homme qui partageait son lit. Que son ami n'avait de toute façon pas les mêmes sentiments pour lui et qu'il parviendrait un jour enfin par l'admettre et l'assimiler.
Mais les jours se suivaient et rien ne changeaient. Jusqu'à ce que Dean finisse par atteindre un point de non-retour.
Il l'avait senti venir bien sûr mais il fut tout de même pris de court et surpris quand cela arriva enfin. Victor et lui étaient en train de dîner dans un restaurant qu'ils adoraient tous les deux quand Dean prit conscience qu'il était temps pour lui de prendre une décision. De faire un choix et de s'y tenir. De ne plus mentir.
Victor parlait de sa dernière enquête depuis quelques minutes et Dean l'écoutait attentivement, fasciné par son histoire comme souvent. Et alors que tout aurait pu continuer à être parfait, Victor finit par dire quelque chose qui chamboula complètement le jeune homme.
- J'aimerais qu'on parte quelques jours tous les deux. Mon patron insiste pour que je prenne des vacances et je pensais en profiter pour t'emmener avec moi … peut être louer une maison en bord de mer et … rendre visite à ma famille.
Dean ne s'était pas attendu à une telle proposition. C'était quelque chose qu'il avait envisagé. Victor avait rencontré et apprécié Sam. Ils s'entendaient bien. Mais c'était le seul membre encore vivant de la famille de Dean. Et ils vivaient ensemble. Victor ne pouvait pas ne pas le rencontrer. Être présenté aux parents de Victor était différent. C'était une étape importante. Un engagement. Si Dean l'acceptait, il ne pourrait plus reculer. Il ne pourrait plus revenir en arrière. Il savait combien son petit ami était proche de ses parents et combien leur présenter un petit ami était quelque chose qui comptait à ses yeux. C'était presque comme le demander en mariage. Dean ne le méritait pas. Victor, lui, méritait mieux.
- Je sais que c'est quelque chose qui te fait peur mais … je me sens bien avec toi. J'ai envie qu'on avance et … tu sais combien ma famille compte pour moi. J'ai besoin qu'ils te connaissent. J'ai besoin que tu les rencontres.
Dean hocha la tête. Il avait le cœur qui battait trop fort dans la poitrine. Il pouvait sentir combien Victor était sérieux. Il ne se contentait pas de lui demander de rencontrer ses parents. Il lui demandait de lui donner une preuve d'engagement. Il lui demandait de franchir ce dernier cap. Et Dean ne pouvait pas le faire. Pas sans continuer à mentir à un homme qui méritait qu'on soit honnête avec lui. Il était temps de tout lui dire. Même si cela risquait d'être douloureux.
- Je … Victor, je crois … j'ai besoin de te dire quelque chose d'important. J'ai trop attendu et si tu veux me crier dessus quand j'aurais fini, tu pourras le faire mais … promets moi de me laisser finir avant de le faire d'accord ?
Victor le dévisagea un instant avant d'hocher la tête à son tour. Dean se demandait s'il parviendrait à tout lui dire sans craquer. Il n'avait encore rien dit de concret et il avait déjà la gorge nouée.
- Je crois que la chose la plus importante à te dire est la suivante … je … je suis un menteur Victor et … je ne pas continuer ainsi parce que tu mérites beaucoup mieux. Je te mens et je me déteste pour ça.
Il avait lâché la bombe et il savait qu'elle finirait par lui exploser au visage. Il le méritait bien sûr. Il aurait du se montrer honnête bien plus tôt. Il espérait juste que les séquelles ne seraient pas trop importantes. Que Victor pourrait surmonter cette épreuve. Et que lui cesserait enfin de se détester un peu plus chaque jour.
Face au silence de son petit ami, il se décida à s'expliquer.
- Je te promets que j'ai essayé Victor. J'ai essayé de tomber amoureux de toi et je … tu es parfait. Je tiens à toi. Je t'apprécie sincèrement mais je … je ne t'aime pas et c'est … une nouvelle fois tu mérites d'être avec quelqu'un qui tombera amoureux de toi. Qui voudra construire son avenir avec toi. Qui ne te mentira jamais sur quoi que ce soit. Cette personne ce n'est pas moi.
Il lut la surprise sur le visage de Victor. Puis rapidement, elle fut remplacée par quelque chose qui ressemblait à de la résignation. C'était presque comme si son petit ami l'avait su. Comme s'il l'avait senti mais qu'il avait lui aussi cherché à se voiler la face. Dean se demandait depuis combien de temps cela durait.
- Peut être que tu l'avais senti … peut être que je n'ai pas été aussi subtile que je le croyais … ou peut être que c'est une vraie surprise pour toi. Je ne sais pas et … à vrai dire, ça n'a pas vraiment d'importance. Parce que je sais que j'aurais du te dire tout ça beaucoup plus tôt. Je suis le seul fautif dans cette histoire. Je suis le seul à blâmer.
Victor ne réagissait toujours pas et Dean ne savait pas comment se montrer plus clair avec lui. Peut être était-il temps de tout lui dire. De lui parler de Castiel. De ce qu'il ressentait pour lui.
- Il y a autre chose que je dois te dire et je … je tiens avant tout à te jurer que je ne t'ai jamais trompé. Je suis un menteur oui mais je suis fidèle et … je n'ai pas … je n'ai pas couché avec un autre.
- Dean, tu … j'ai confiance en toi sur ce point. Va droit au but s'il te plait.
Le jeune homme prit une grande inspiration pour gagner quelques secondes. Il n'avait parlé de ses sentiments pour Castiel qu'à Charlie. Il n'en avait même pas discuté avec Sam. Et il ne savait pas vraiment comment les décrire sans paraitre cruel. Sans blesser Victor plus qu'il ne l'avait déjà blessé jusque-là. Mais il devait se lancer. Il ne pouvait pas continuer à tourner autour du pot éternellement.
- Je suis amoureux d'un autre homme Victor. J'aimerais te dire que c'est quelque chose qui m'est tombé dessus récemment … quelque chose que j'ignorais jusque-là mais je refuse de te mentir à nouveau et … je suis amoureux de cet autre depuis un moment maintenant … je refusais simplement de l'accepter. Je pensais pouvoir l'oublier mais … il est revenu dans ma vie récemment. Et maintenant je ne peux plus fermer les yeux.
Dean laissa quelques secondes à Victor pour assimiler ce qu'il venait de dire. Il s'attendait à ce que son petit ami lui crie dessus. A ce qu'il se lève de la table et parte après l'avoir insulté. Mais Victor le surprit en restant étonnamment calme. Il finit même par hocher la tête comme s'il était parvenu à une conclusion seul après une longue réflexion.
- Il s'agit de Castiel non ? demanda t-il alors.
Dean était étonné par la question mais pas par le fait qu'il ait compris de qui il parlait. Il était le seul à être revenu dans sa vie récemment. Il était le seul parmi ses proches avec qui Dean avait un passif compliqué. Et Victor était un extraordinaire enquêteur.
- Il s'agit de Castiel oui. Je sais que je … j'aurais dû te le dire plus tôt mais … je parvenais à ignorer tout ça quand il était loin de moi. Je te promets que je ne pensais plus jamais le revoir quand on a commencé à sortir ensemble. J'ai vraiment cru que je finirais par tomber amoureux de toi et par l'oublier. Mais il est revenu et j'ai commencé à passer du temps avec lui … c'est … j'ai du me rendre à l'évidence. Je l'aime toujours et je ne pense pas que ça changera du si tôt. Je suis désolé.
Victor détourna les yeux une seconde. Dean savait qu'il lui faisait du mal. Il savait qu'il était probablement en train de lui briser le cœur. Mais il avait au moins la satisfaction d'avoir réagi avant qu'il ne soit vraiment trop tard.
- Je crois que d'une certaine manière je le savais déjà … je l'ai probablement toujours su. Mais j'espérais que tu finirais par l'oublier … que je parviendrais à prendre sa place dans ta vie et dans ton cœur. Visiblement, je me suis trompé. Et je suis triste oui … je suis déçu et je … je suis un peu en colère aussi. Mais je sais que je ne peux plus rien y faire. Je sais aussi que tu ne l'as pas choisi et … tu t'es montré honnête alors … j'en déduis que c'est la fin de notre histoire.
Dean était sidéré par la réaction de Victor. Il était incroyablement mature et réaliste. Il était calme. Le jeune homme estimait ne pas mériter une telle gentillesse de sa part. Il était presque déçu que Victor ne lui crie pas dessus comme il l'avait imaginé.
- Je suis désolé, répéta t-il parce qu'il ne voyait pas quoi dire d'autre.
- Je le sais … et je … je suppose que ça aide. Je te remercie d'avoir été honnête avec moi Dean.
- J'aurais du le faire plus tôt.
- Peut être mais ce n'est pas la question. L'essentiel est que tu l'aies fait. D'autres auraient continué à jouer sur les deux tableaux en attendant de voir s'ils avaient la moindre chance avec l'autre. Pas toi et c'est … c'est une preuve de maturité et d'honnêteté.
Dean accepta le compliment. Victor semblait sincère. Il était content de voir que son comportement avait été le bon. Il continuerait de regretter d'avoir trop attendu. Il continuerait à s'en vouloir d'avoir fait du mal à un homme qui ne le méritait clairement pas. Mais il avait au moins la satisfaction d'avoir fait le bon choix.
- Je n'aurais jamais pu jouer sur les deux tableaux. Et de toute façon, je sais … je suis convaincu que mes sentiments ne sont pas partagés. Je ne te quitte pas pour foncer me jeter dans ses bras. Je le fais parce que je refuse de continuer à te mentir et à en aimer un autre. C'est tout.
Victor fronça alors les sourcils.
- Comment peux tu en être aussi convaincu ? Est-ce que tu lui as parlé de ce que tu ressens ? Est-ce que tu lui as demandé ce dont il a envie ?
Dean secoua la tête. Il n'en avait pas besoin. Il savait déjà que Castiel ne partageait pas ses sentiments. Si cela avait été le cas, les choses se seraient passées différemment. Castiel n'aurait pas mis un terme à leur relation. Il ne serait pas parti à des milliers de kilomètres de lui. Il n'aurait pas insisté autant sur le fait qu'il voulait sauver leur amitié. Dean n'était pas stupide. Il n'avait pas besoin que Castiel lui dise clairement qu'il ne l'aimait pas pour le savoir.
- Non, je ne lui ai rien dit. Ce n'est pas nécessaire. Je le sais.
- Sauf que tu ne peux pas réellement le savoir sans le lui demander. Dean, dans mon métier, il m'arrive d'être convaincu de l'honnêteté ou de culpabilité de quelqu'un. Et si je m'arrêtais à ce que je pense savoir, j'aurais accumulé les erreurs depuis le début de ma carrière. Parfois, je me rends compte que j'avais raison et parfois … je me rends compte que j'ai tort. Mais si je me fie à mon instinct, je ne m'en contente pas. Je vais toujours plus loin. J'enquête. J'interroge. Je recherche. Et je ne m'arrête que lorsque j'ai suffisamment de preuves pour ne plus avoir l'ombre d'un doute.
- Pourquoi irais je le voir et lui parler si c'est uniquement pour m'entendre dire quelque chose que je sais déjà ?
- Parce qu'il pourrait te surprendre Dean. Parce que tu peux te tromper.
Le jeune homme prit quelques secondes pour assimiler ce qu'il venait d'entendre. Victor semblait sûr de lui. Et il avait probablement raison. Dean n'avait effectivement jamais posé la question directement à Castiel. Ce n'était peut-être pas uniquement du au fait qu'il pensait déjà savoir ce que son ami lui répondrait. C'était peut être aussi et surtout parce qu'il avait peur d'être rejeté. Il était lâche. Une nouvelle fois, ce n'était pas une attitude qu'il aimait avoir.
- Tu crois … tu crois que je devrais aller le voir ?
- Je crois que tu devrais tenter ta chance quitte à te prendre une claque en plein visage. Et crois-moi, ça me coûte de te dire ça mais je … je pense que tu ne dois pas laisser passer cette chance.
- Je … Victor, tu …
Son ex petit ami leva la main dans sa direction pour le faire taire. Dean s'exécuta aussitôt. Les propos de Victor l'avaient aidé à y voir plus clair. Il avait la sensation d'avoir pris conscience de quelque chose d'essentiel. C'était lui qui avait raison. Dean était lâche, stupide et sans doute trop orgueilleux. Il avait tort de ne pas prendre de risque. Tort de croire qu'il était infaillible et que ce qu'il pensait savoir était forcément vrai. Il était temps pour lui de se remettre en question et de se lancer.
- Merci pour tout, souffla t-il.
Victor hocha la tête. Dean pouvait sentir qu'ils étaient arrivés à la fin de leur conversation. Et à la fin de leur histoire également. Ils ne se reverraient peut être jamais. Dean avait de la peine. Il appréciait sincèrement Victor. Il aurait aimé pouvoir le garder comme ami. Mais il savait que c'était sans doute trop demander dans ces circonstances. Peut-être plus tard.
- Je devrais …
- Filer oui. Je vais en faire de même. Je te souhaiterais bien bonne chance mais … c'est sans doute trop tôt pour que je me réjouisse pour toi.
- Je suis …
- Désolé, je sais. Maintenant file. J'ai besoin d'être un peu seul.
Dean n'insista pas. Il se leva de sa chaise et après un dernier coup d'œil en direction de Victor, il s'éloigna rapidement de leur table. Il paya pour leur repas avant de quitter le restaurant. Puis, il fit signe à un taxi de s'arrêter. Quand il fut installé à l'intérieur et que le chauffeur lui demanda où il souhaitait se rendre, la réponse lui vint naturellement. Il donna l'adresse de Castiel sans réfléchir.
Ce ne fut que lorsque le taxi se mit en route qu'il réalisa ce qu'il venait de faire. Il avait accepté l'idée de se montrer enfin honnête avec Castiel. Mais il n'avait pas pensé le faire aussi tôt. Il aurait peut être été plus prudent de prendre quelques jours et de préparer un discours concis. Peut être même de demander des conseils à Sam. Dean était toutefois convaincu qu'en prenant quelques jours, il finirait par perdre sa détermination. Sa peur reprendra le pas sur son envie de bien faire. Et il renoncerait. Il était préférable de se jeter à l'eau pendant qu'il en avait le courage.
Quand le taxi s'arrêta devant l'immeuble où Castiel vivait, Dean avait le cœur qui battait trop fort et trop vite dans sa poitrine. Il avait la sensation d'être sur le point de se jeter dans le vide. Il était toutefois convaincu d'avoir une nouvelle fois fait le bon choix. Il était peut-être sur le point de laisser l'opportunité à Castiel de lui briser le cœur. Mais c'était nécessaire.
Il paya le chauffeur puis pénétra dans l'immeuble sans perdre une seconde. Il grimpa au bon étage en empruntant l'escalier puis courut jusqu'à la porte de l'appartement. Il s'accorda une seconde pour reprendre son souffle avant de frapper finalement.
La porte s'ouvrit rapidement sur Castiel. Dean lut aussitôt la surprise sur son visage. Il était tard et il était évident que son ami ne comprenait pas pourquoi il était là. Mais il allait rapidement comprendre.
- Dean, qu'est-ce que tu fais là ?
Le jeune homme prit une nouvelle grande inspiration avant d'expirer longuement par le nez. Il supposait qu'il n'y avait pas de manière idéale de s'y prendre. De méthode parfaite. Il n'y a eu que l'honnêteté qui payait vraiment.
- Je t'ai menti Castiel … je t'ai menti depuis des mois et … il est temps que cela s'arrête. Je suis venu parce que j'ai décidé de me montrer honnête avec toi … et avec moi-même d'ailleurs. Je suis venu là parce que je dois te dire quelque chose d'important et ça ne pouvait pas attendre plus longtemps.
Castiel fronça alors les sourcils et Dean sentit qu'il avait des dizaines de questions à lui poser. Il ne comprenait pas pourquoi le jeune homme était là. Il ne comprenait probablement pourquoi tout ceci ne pouvait pas attendre le lendemain. Dean choisit de se lancer.
- Je ne veux pas être ton ami Cas. Je ne veux pas … je ne peux pas continuer comme ça.
Il lut de l'inquiétude sur le visage de Castiel et il réalisa alors que ce qu'il venait de dire n'avait été perçu correctement par son ami. Il secoua la tête alors que son cœur battait la chamade dans sa poitrine.
- Je ne peux pas continuer comme ça pour la simple et bonne raison que je t'aime Cas. Je suis amoureux de toi. Je t'aime comme un fou et … rester ami avec toi tout en continuant à t'aimer en secret est en train de me détruire alors voilà … je suis là et je te dis tut. Je t'aime Cas. Je suis fou amoureux de toi depuis un moment maintenant.
Voilà, il avait tout dit. Il avait ouvert son cœur. Son ami pouvait maintenant lui briser le cœur en un seul mot. Un seul « non » suffirait à le briser en mille morceaux. Mais il n'aurait pas de regrets. Il avait tenté sa chance. Il avait pris un risque. Il s'était montré courageux. C'était le plus important.
Castiel était devenu un menteur expert. Il n'avait jamais aimé cacher la vérité à qui que ce soit et surtout pas à ceux à qui il tenait le plus. Il préférait de loin dire ce qu'il pensait, ressentait ou avait fait que de mentir pour se couvrir ou se protéger. Il affrontait les conséquences la tête haute avec la satisfaction d'avoir été honnête. C'était une qualité dont il était fier et qu'il recherchait chez les gens qu'il faisait entrer dans sa vie.
Mais depuis quelque semaines, il mentait constamment. Il mentait à Dean principalement. Il ne lui avait toujours pas dit qu'il l'aimait. Il faisait comme si son bonheur avec Victor le rendait lui aussi heureux. Il assurait qu'il voulait le garder comme ami. Qu'il ne cherchait rien de plus. Il mentait sur tout et surtout sur la souffrance qu'il ressentait à chaque fois que Dean partait pour rejoindre son petit ami si parfait.
Il mentait à Gabriel en lui assurant que travailler avec Dean n'était pas une torture. Qu'il n'en retirait que de positif et que c'était la meilleure idée qu'il ait eu de sa vie.
Il se mentait enfin à lui-même en se répétant encore et encore que ça finirait par s'arranger. Qu'il finirait par s'y faire et par accepter.
Ces mensonges lui pesaient et rendaient son quotidien compliqué à gérer et à vivre. Il se levait déjà fatigué avant même d'avoir vu Dean. Il rêvait de lui la nuit. Il s'imaginait à la place de Victor. Il se demandait quelle étape son ami et le policier allaient franchir ensemble. Quand ils décideraient d'habiter ensemble. S'ils s'étaient enfin dit « je t'aime ». Il passait ensuite un long moment avec Dean à l'observer et à l'admirer en silence. Il le regardait écrire. Aimait chacune de ses idées. Puis il le regardait partir pour rejoindre l'homme qui avait la chance de partager sa vie maintenant. Celui qui pouvait le tenir dans ses bras. Qui pouvait l'embrasser. Qui lui faisait l'amour. L'homme qui avait su comment passer outre ses défenses et le convaincre de tenter quelque chose avec lui. Celui qui avait osé faire tout ce que Castiel rêvait de faire en secret.
Il ne savait pas combien de temps il pourrait continuer ainsi. Il doutait d'avoir la force de jouer ce rôle éternellement. Il ne voulait pas perdre Dean bien sûr. Mais il était presque sûr de ne pas avoir la force de le regarder construire quelque chose de vraiment sérieux avec Victor. Il ne pourrait pas être là à leur mariage. Il était presque sûr qu'il prendrait la fuite à nouveau si toutefois Dean et son petit ami décidait de franchir cette étape.
Il était bien sûr trop tôt pour l'envisager. Leur relation était encore récente. Ils ne vivaient même pas ensemble. Dean semblait heureux bien sûr. Mais il n'était certainement pas prêt à aller plus loin pour le moment. Castiel en était arrivé à prier pour que quelque chose finisse par les séparer. Qu'ils se rendent compte qu'ils n'étaient pas fait l'un pour l'autre. Il n'aimait pas souhaiter ainsi le malheur des gens, surtout de ces hommes qui méritaient tout le bonheur du monde, mais c'était plus fort que lui. Et cela faisait de lui quelqu'un de mauvais et d'injuste. Il le savait.
Mais il était difficile de voir les choses différemment quand il était seul chez lui à fixer la télévision sans parvenir à se concentrer sur quoi que ce soit. Dean et lui avaient encore travailler ensemble pendant deux heures cette après-midi. Puis le jeune homme était parti se préparer pour son rendez vous avec Victor. Visiblement, ils devaient se rendre dans un restaurant romantique. Castiel aurait aimé pouvoir inviter son ami dans un tel endroit. Il aurait aimé pouvoir lui tenir la main par-dessus la table tout en parlant d'avenir et de projets communs. Il aurait aimé pouvoir le reconduire chez lui ensuite et partager un long baiser sur le pas de sa porte. Il voulait tant et avait si peu. Cela le rendait complètement fou.
Il soupira longuement avant de détourner le regard de la télévision. Il doutait de pouvoir se concentrer sur quoi que ce soit de toute façon. Lire était également hors de question. Pas quand il ne faisait que penser à Dean à longueur de temps.
Il ne savait pas comment occuper son temps. Dessiner était parfois une échappatoire. Mais le plus souvent, c'était le visage de Dean qu'il reproduisait sur sa toile. C'était presque comme s'il ne pouvait pas dessiner autre chose. Comme si sa seule inspiration était les traits parfaits du jeune homme. Il avait développé une obsession sans doute malsaine pour son ami. Et il était sans nul doute grand temps pour lui de consulter un spécialiste à ce sujet.
Mais pour le moment, il allait continuer à se morfondre sur son sort et à se détester d'espérer que cette soirée soit finalement catastrophique pour Dean et Victor.
Il fut interrompu quand on frappa à la porte. Gabriel ne devait pas rentrer cette nuit. Il passait la soirée avec une jeune femme qu'il avait rencontré dans un café. Et les choses avançaient entre eux. Il allait probablement passer la nuit avec elle. Castiel était heureux pour son frère. Même s'il était également mortellement jaloux de son bonheur.
Il hésita à aller ouvrir puis se força tout de même à se lever. Il ouvrit la porte, convaincu qu'il devait s'agir d'une erreur et fut surpris quand ses yeux se posèrent sur Dean.
Le jeune homme était à tomber par terre. Il portait une chemise cintrée qui mettait la musculature de son torse en valeur. Son jean semblait lui avoir été cousu à même son corps. Castiel eut quelques difficultés à se concentrer sur son visage quand sa silhouette parfaite était ainsi mise en valeur. Mais dès qu'il lut l'inquiétude dans les yeux de son ami, il oublia tout le reste.
Et le pire fut sans doute quand Dean lui annonça qu'il devait lui parler. Qu'il lui avait menti depuis le début. Qu'il avait quelque chose d'important à lui annoncer. Castiel était incapable de dire quoi que ce soit. Incapable de réagir. Et cela ne s'arrangea bien sûr pas quand Dean lui annonça qu'il ne pouvait plus être son ami.
Pendant une seconde, Castiel crut qu'il allait lui dire qu'il ne souhaitait plus jamais le voir. Qu'il refusait de continuer à travailler avec lui. Que tout était terminé. Si c'était ce que le jeune homme voulait lui dire alors il serait détruit pour de bon cette fois. Il ne voyait pas comment il pourrait le faire changer d'avis.
Mais Dean ne dit rien de tout ça. Ce fut tout le contraire même. Ce qu'il avoua ensuite donna la sensation à Castiel qu'il allait s'évanouir. Ses jambes se mirent à trembler sous son poids alors que son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Dean était amoureux de lui. Dean l'aimait. Et pas seulement depuis son retour. Non, il l'aimait depuis bien plus longtemps que ça. Et Castiel n'avait rien vu. Il avait été un idiot. Parce qu'il aimait lui aussi Dean de tout son cœur et que son silence les avait privé d'une relation merveilleuse depuis un moment maintenant.
C'était ce qu'il voulait dire. Mais les mots refusaient de franchir le seuil de ses lèvres. Il avait la sensation que son cerveau ne savait plus comment demander à sa bouche de réagir. Il était paralysé. Complètement muet. Et Dean semblait ne pas l'interpréter correctement.
- Je voulais juste me montrer honnête avec toi et si … je peux comprendre que tu … j'ai longtemps hésité justement parce que je savais que tu ne partageais pas mes sentiments mais c'était devenu trop dur de te mentir alors voilà … c'est dit. Je me sens plus léger. Je suis désolé si j'ai gâché ta soirée et notre amitié et je vais … je vais partir.
Castiel aurait du le retenir. Il aurait du lui dire qu'il l'aimait. Ou juste lui saisir le bras pour l'empêcher de partir. Mais il ne parvint pas à réagir immédiatement. Il laissa Dean reculer d'un pas. Puis d'un autre ensuite. Il le laissa faire volte-face et s'enfuir dans le couloir. Ce ne fut que lorsqu'il eut disparu de son champ de vision que Castiel comprit qu'il ne pouvait pas rester là sans rien faire. Que s'il laissait Dean fuir maintenant, il aurait tout perdu.
Son cerveau reprit enfin les reines et ses jambes se mirent à fonctionner à nouveau. Il se lança à la poursuite de Dean. Il parvint heureusement à le rattraper juste avant qu'il ne franchisse la porte qui menait à la cage d'escalier. Il lui saisit le bras puis le força à se tourner pour lui faire face.
Il y avait une telle douleur et une telle peur sur le visage du jeune homme que Castiel avait envie de pleurer. Mais il ravala ses sanglots et se força enfin à dire ce qu'il avait sur le cœur depuis tellement longtemps.
- Ne pars pas Dean. Ne pars pas s'il te plait … pas après ça … pas après m'avoir dit ce que je rêvais de d'entendre depuis des mois maintenant. Pas sans me laisser une chance de te dire que je t'aime moi aussi … comme un fou … depuis trop longtemps et bien plus que je ne pensais possible d'aimer quelqu'un un jour.
Il relâcha le bras de Dean une fois son aveu fait. Il devait laisser une chance à son ami de gérer cette annonce comme il le souhaitait. Il ne voulait pas le contraindre à rester s'l préférait partir. Mais Dean ne tourna pas les talons. Il ne s'en alla pas. Il resta face à Castiel, les bras de long de son corps, le visage fermé et les yeux rivés dans ceux de son ami.
- Tu … tu m'aimes ? finit-il par demander.
Il semblait avoir du mal à y croire. Castiel avait lui-même encore un peu de mal à assimiler la nouvelle. Mais il était évident qu'il n'avait pas halluciné. La réaction de Dean le lui confirmait.
- Bien sûr que je t'aime … je t'aime comme jamais avant je n'ai aimé qui que ce soit. Je t'aime comme un dingue. Je veux faire ma vie avec toi. Je veux me marier avec toi. Je veux … je veux construire ma vie autour de toi parce que tu es le centre de mon univers et que ma vie n'a aucun sens si tu n'en fais pas parti et …
Il s'était attendu à ce que Dean lui repose encore la question. Qu'il lui demande des explications. Des précisions peut-être. Mais il ne s'était pas attendu à ce que le jeune homme le fasse taire en l'embrassant. C'était toutefois la meilleure des manières de le faire.
Castiel ne protesta pas quand les lèvres de Dean s'écrasèrent un peu trop violemment sur les siennes. Il ne protesta pas non plus quand le jeune homme passa ses bras autour de son cou et vint se coller contre lui. Il finit même par encercler la taille du jeune homme avec les siens. Et sa langue vint presser contre les lèvres de Dean pour lui demander l'accès. Ce que son ami lui donna aussitôt.
C'était comme dans un rêve. C'était même bien mieux. Castiel avait imaginé ce moment des millions de fois. Mais jamais il n'avait pensé que cela arriverait dans le couloir de son immeuble. Là où tous ses voisins pourraient le voir.
Dean semblait avoir la même idée que lui. Quand ils se séparèrent à bout de souffle, le jeune homme reprit la parole aussitôt.
- On devrait rentrer chez toi … on devrait … ce n'est pas l'endroit idéal non ? Et … Gabriel est là ?
Castiel savait bien qu'il devait sourire comme un idiot. Mais il s'en contrefichait.
- Non, il est avec sa petite amie … et oui je sais c'est étonnant mais il a fini par trouver une femme qui le supporte. Je suis seul … on est seul.
Dean lui saisit alors la main puis l'attira jusqu'à son appartement. Castiel referma la porte derrière eux puis guida son ami dans le salon. Ils ne s'assirent pas sur le canapé mais se firent face, debout et pratiquement collés l'un contre l'autre.
- Depuis combien de temps ? demanda finalement Dean.
- Je n'ai pas de date précise à te donner mais probablement depuis un moment maintenant … depuis bien avant qu'on décide de coucher ensemble. Depuis le premier jour peut être …
- On est deux idiots. Je … je suis amoureux de toi depuis au moins aussi longtemps. Si seulement je te l'avais dit … on se serait épargné bien des souffrances.
Castiel acquiesça longuement avant de sourire à nouveau. Ils avaient effectivement été stupides tous les deux. Mais c'était du passé à présent. Dean avait fait preuve de plus de courage que lui. Et grâce à lui, ils étaient enfin ensemble. Ils s'étaient enfin tout dit et ils allaient pouvoir être pleinement heureux.
- Et sans doute que cela aurait continué si tu n'avais pas eu le courage de venir me voir … je … tu es … merci Dean.
Le jeune homme baissa les yeux une seconde, visiblement gêné par le compliment. Castiel posa une main sous son menton pour le forcer à le regarder à nouveau. Maintenant que le choc de la nouvelle diminuait, il parvenait à réfléchir tout ce que l'aveu de Dean signifiait vraiment.
- Est-ce que tu … est-ce que tu as parlé à Victor ?
Dean acquiesça.
- Il voulait que je rencontre ses parents. Et je … je ne pouvais pas … je ne pouvais pas continuer à lui mentir. J'ai rompu avec lui. Je lui ai dit que je t'aimais et il … il m'a dit que j'étais idiot de ne pas tenter ma chance. Il avait raison. J'étais convaincu que tu ne m'aimais pas et s'il ne m'avait rien dit, je crois que j'aurais continué à garder ce secret.
- J'en étais convaincu aussi. Mais … c'est terminé maintenant. On va pouvoir aller de l'avant. Il y a tellement de choses que je veux te dire … tellement de choses dont on doit discuter ensemble.
Dean lui sourit avant de déposer un rapide baiser sur ses lèvres. Castiel l'accepta sans problème puis vint coller son front contre celui du jeune homme.
- Je sais qu'on doit parler Cas et on le fera mais … pas ce soir. Je n'ai pas la force de te parler ce soir. On est seul et je … j'ai besoin que tu … que tu me fasses l'amour si tu en as envie.
Castiel ne pouvait pas refusé une telle demande. Pas quand il en avait au moins autant envie que le jeune homme. Le sexe n'était pas la seule chose qu'il voulait partager avec son ami. Mais c'était un moyen idéal de sceller ce qu'ils venaient de se dire.
- Suis moi, souffla t-il alors.
Dean acquiesça puis Castiel le conduisit dans sa chambre. Il alluma la lumière, attendit que Dean soit à l'intérieur et ferma la porte. Il aurait aimé pouvoir préparer quelque chose de parfait. Peut être allumer quelques bougies. Mais il n'avait pas le temps. Et du moment que Dean était là, les choses étaient parfaites.
- Tu es sûr de toi ? demanda t-il ensuite.
Dean sembla touché qu'il le lui demande. Mais Castiel n'envisageait pas les choses différemment. Il avait besoin d'être absolument sûr que Dean n'avait pas fait cette proposition juste parce qu'il pensait que c'était ce que Castiel voulait. Le sexe devait être un partage et non pas une obligation.
- Je suis absolument sûr, répondit Dean rapidement.
Puis, sans doute parce qu'il voulait prouver à Castiel qu'il ne mentait pas, il commença doucement à se déshabiller. Son ami aurait voulu participer mais il était complètement fasciné par ce qu'il voyait. Il ne parvenait pas à détacher ses yeux du spectacle que le jeune homme lui offrait. Il l'avait déjà vu nu. Il connaissait son corps par cœur. Il savait quelle zone toucher pour rendre Dean fou de désir et d'excitation. Mais il avait tout de même la sensation de le découvrir pour la première fois. Et il ne se priva pas de le regarder.
Dean retira ses chaussures, ses chaussettes, sa chemise et son pantalon. Puis, quand il ne porte plus que son boxer, il s'allongea sur le lit derrière lui et fit signe à Castiel de le rejoindre.
Ce dernier retira ses vêtements rapidement – et sans aucune grâce – avant de s'installer sur son ami, ses jambes entre les siennes.
Ils s'embrassèrent presque aussitôt. Castiel n'en revenait pas d'être en train de vivre un tel moment. Il avait l'impression de rêver. Mais les sensations de son corps étaient bien réelles. Et son érection, sensiblement douloureuse, était là pour le lui prouver.
Il se redressa sur les genoux pour retirer le boxer de Dean puis prit son sexe dans sa bouche rapidement. Il pressa sa longue contre pour lui arracher un long gémissement. Il était concentré sur ce qu'il faisait et ne vit pas Dean ouvrir sa table de nuit et en sortir la bouteille de lubrifiant qui s'y trouvait. Il s'en rendit compte quand le jeune homme la pressa contre son bras. Castiel relâcha alors son sexe pour asperger ses doigts de liquide. Il en glissa ensuite un entre les fesses de Dean et l'introduisit doucement en lui. Quand il fut sûr de toucher sa prostate, il reprit son sexe dans sa bouche et commença à le préparer.
Les gémissements de Dean étaient comme de la musique à ses oreilles. Ils étaient là pour lui prouver qu'il faisait les choses bien. Qu'il n'avait rien oublié de la meilleure manière d'apporter du plaisir à son ami durant les quelques mois depuis leur séparation. C'était parfait. Et Castiel y prenait au moins autant de plaisir que Dean.
Il ajouta un second doigt puis un troisième quand il sentit le muscle se détendre. Il continua à presser contre la prostate de Dean tout en faisant courir sa langue sur l'intégralité de son sexe. Il le laissa heurter le fond de sa gorge à plusieurs reprises avant de le relâcher quand Dean poussa un cri qui indiquait qu'il était proche.
Castiel quitta alors le lit pour retirer son boxer puis se réinstalla à genoux entre les jambes du jeune homme. Ce dernier les redressa pour saisir ses genoux, lui ouvrant une vue que Castiel doutait de pouvoir oublier un jour. Il l'observa une seconde, s'attarda sur le muscle entre ses fesses puis sur son sexe tendu avant de les plonger dans ses yeux. Dean lui adressa un petit signe de la tête pour lui donner le feu vert. Castiel ne perdit pas une seconde de plus. Il attrapa son propre sexe pour le positionner puis propulsa doucement les hanches en avant.
Il n'avait rien oublié des sensations qu'être à l'intérieur de Dean lui avait toujours procurées. Mais cela lui sembla être plus intense encore. Plus vrai. Peut-être parce que cette fois, ils éraient tous les deux sur la même longueur d'ondes. Peut être parce qu'ils étaient enfin honnêtes et qu'ils ne cherchaient plus à masquer leurs vrais sentiments.
Castiel commença à aller et venir à l'intérieur de jeune homme. Il prit son temps malgré son excitation et son besoin de jouir. Il fit en sorte de toucher sa prostate aussi souvent que possible. Il changea de rythme pour prolonger le plaisir. Il garda les yeux rivés dans ceux de Dean. Et il savoura le moment. Il finit toutefois par ne plus pouvoir se retenir. Il saisit donc le sexe de Dean dans une main pour le masturber. Il ne fut pas surpris quand, une seconde plus tard, le jeune homme jouissait violemment entre ses doigts. Il continua à aller et venir en lui pour prolonger son plaisir puis, quand Dean eut terminé, il s'abandonna à son orgasme.
Il le frappa avec la force d'un train en marche. Il cria le nom de son ami puis, quand les sensations commencèrent doucement à s'estomper, il se laissa finalement tomber en avant. Son visage atterrit dans le creux du cou de Dean et ce dernier referma presque aussitôt ses bras dans son dos.
- Je peux rester dormir ici cette nuit ? demanda t-il.
Castiel n'envisageait de toute façon pas de le laisser partir. Il hocha donc la tête en guise de réponse. Dean déposa alors un baiser sur le sommet du crâne. Ils parleraient demain. Ils le feraient en partageant un petit déjeuner comme Castiel avait rêvé de le faire avec Dean depuis leur séparation. Ils expliqueraient chacun leur tour comment ils envisageaient les choses maintenant. Mais pour le moment, ils allaient dormir. L'un contre l'autre. Sans rien ajouter de plus. Parce qu'ils avaient dit l'essentiel et que tout était parfait. Castiel ne voulait surtout pas ruiner le moment en disant quelque chose de stupide. Il préférait rester ainsi blotti dans les bras de l'homme qu'il aimait jusqu'au lendemain. Il lui sembla entendre Dean murmurer qu'il l'aimait à nouveau juste avant qu'il ne s'endorme. Il ne savait pas s'il l'avait imaginé mais il l'emporta tout de même avec lui quand le sommeil s'empara de lui.
