Encore un crime qui faisait la une des médias. Mirai soupira. Comment l'humanité pouvait continuer sur la voie de la destruction ? Après Cell, après les Saiyans, après Piccolo ? Il semblait que quoi qu'il advienne, quelles que soient les menaces qui apparaissent, une partie des humains retombaient toujours dans le même vice. L'envie, le désir de possession, de domination, incontrôlé et pernicieux.
N'avaient-ils pas vu assez de morts ? N'y avait-il pas eu assez de souffrance et de tristesse dans le monde ? Les humains étaient-ils voués à, un jour, s'autodétruire ?
Dans son monde à lui, il avait été le dernier représentant des Saiyans. Un hybride d'une race déjà mourante. Son peuple, des guerriers incomparables et inégalés dans l'univers, si ce n'était par les tyrans qui les avaient soumis. Un peuple qui avait été détourné vers le mal par sa subjugation. Avant l'arrivée des reptiles de glace, et malgré ce que le Kai du nord avait voulu faire croire à Goku, les Saiyans n'étaient pas les monstres que les galaxies du nord redoutaient.
Son père, depuis son arrivée dans cette époque, avait commencé à l'éduquer sur l'histoire des Saiyans originaux, ceux qui venaient de la planète Sadara. Avant sa destruction, avant la révolution d'une partie du peuple, les Saiyans étaient vus comme les héros de leur galaxie. Ils avaient, bien sûr, toujours été une race de guerriers insatiables, à la recherche de toujours plus de puissance et d'adversaires dignes d'un combat titanesque et intense. Ils pouvaient paraître barbares pour certains, mais ils étaient tout de même loin de leur image actuelle de monstres génocidaires.
Ce n'était que lorsque leur planète avait été irrémédiablement altérée et mise en danger par une guerre civile que les survivants avaient fui. Ils avaient alors trouvé refuse sur la planète Plant. La cohabitation avec les Tsufuls s'étaient d'abord faite avec aise, mais, après des évènements qui s'étaient perdus dans l'histoire, les Tsufuls s'étaient fait massacrer, la planète avait été renommée Vegeta, et, peu de temps plus tard, le roi Cold les avaient découvert et asservis.
C'était dans cette période qu'une grande partie des principes fondamentaux du peuple Saiyan avait été perdu, comme l'honneur des guerriers. Même si, malgré tout, ils restaient ancrés dans leur nature.
Mirai laissa s'échapper un nouveau soupir. Se perdre dans ses pensées l'amenait inlassablement à une vue pessimiste du monde qui l'entourait. Son maître aurait été déçu.
Videl était étalée dans son lit, les yeux rivés sur son plafond. Les révélations de Gohan… Elle n'arrivait pas à assimiler tout ce qu'il avait dit avec lui. Il était tout sauf aigri, il était serviable, sociable, bien que timide… Dire qu'il avait été un enfant-soldat ! À cinq ans, il participait à des combats à morts contre des aliens génocidaires !
Comment ?
Et… et c'était un hybride. C'était ça, le plus difficile à croire, à comprendre. Il était à moitié Saiyan. Son Goku était un Saiyan. Un extraterrestre qui avait vécu toute sa vie sur terre, pensant qu'il était humain, et il paraissait aussi humain que n'importe qui d'autre ! Si ce n'était la queue – une queue de singe qui leur permettait de se transformer en singe géant – qu'il avait de toute façon perdue à un moment donné…
C'était… beaucoup à digérer.
Videl se retourna et enfouit sa tête dans son coussin. Elle ne pouvait pas imaginer toutes les souffrances que Gohan avait dû endurer… et il ne lui avait raconté que son entraînement avec Piccolo !
Un enfant de quatre ans à peine, enlevé par un « démon » et livré à lui-même, en plein milieu d'un territoire sauvage où chassaient des dinosaures ! Des dinosaures ! Et l'entraînement en lui-même… La jeune fille frissonna. C'était plus de la torture qu'un entraînement, pensait-elle. Ce n'était pas humain.
Mais, après tout, Piccolo et Gohan n'étaient pas vraiment humains. Un enfant humain n'aurait certainement survécu à tout ce qu'avait dû endurer Gohan, de ça, Videl en était certaine.
Elle exhala lentement. Même si elle avait envie d'en savoir plus sur son ami, Videl appréhendait la suite des histoires de Gohan.
Cependant, ça devait sûrement faire du bien au jeune homme de pouvoir parler de ce qu'il avait vécu avec quelqu'un en-dehors de son cercle habituel, quelqu'un qui l'écouterait et qui compatirait avec lui, pour lui, qui ne le verrait pas comme le fils de son père. Si c'était le cas, elle endurerait les tourments mentaux que les récits fantastiques de Gohan engendreraient. Oui, si ça permettait à son ami de pouvoir enfin parler de ses expériences sans filtre, elle se montrerait forte. Pour lui.
Les séances de méditation imposées par Piccolo commençaient à porter leurs fruits.
Pour quelqu'un qui n'avait jamais appris à contrôler son énergie – à cause de son père, lui disait une petite voix dans sa tête – être capable de le faire, même dans une moindre mesure, c'était comme si un tout nouveau monde s'ouvrait à lui. La sensation de liberté… c'était euphorique.
Le grand Saiyan se permit de laisser un léger sourire se former sur ses lèvres.
L'entraînement avec le Namek était toujours aussi difficile et à la limite de la torture mentale pour Broly, pourtant, pour la première fois de son existence, il n'avait pas de rancœur envers son mentor. Au contraire. Si ça lui permettait d'être enfin véritablement libre, il accepterait tout ce qu'on lui demanderait.
Sous les rayons chauds du soleil, au pied de son arbre favori, il se laissa à penser que peut-être il pourrait s'habituer à cette vie. Ici, sur cette planète paisible. La maison de son ennemi, le Saiyan qui le rendait fou rien que par son odeur, sa voix, son ki, son nom…
C'était ironique.
Peut-être devrait-il…
La porte de son laboratoire s'ouvrit soudainement. Avec un bruit excédé, Bulma leva les yeux de son expérience, posant délicatement ses outils sur la table. Elle enleva ensuite ses lunettes de protection avant qu'un bruit métallique retentisse dans la pièce.
Elle prit le temps de s'étirer avant de se retourner vers son mari. La scientifique lança un regard appréciateur au corps en sueur du prince, puis le détourna vers la machine.
Encore un module d'entraînement cassé.
- Vegeta, souffla-t-elle exaspérée. Qu'est-ce que tu as fait avec celui-ci, maintenant ? On dirait que tu l'as jeté dans du magma en fusion avant de le reprendre !
- Pfeuh ! Tes machines sont pathétiques. Dès que je monte un peu en puissance, elles se cassent comme le crâne d'un petit Arlien.
- Alors, déjà, je ne sais pas ce qu'est un Arlien, mais beurk ! Ensuite, ce n'est pas ma faute si tu t'entraînes comme un barbare ! Et je te ferai remarquer que tu ne trouveras jamais un si bon matériel d'entraînement dans ce système solaire ! Si tu veux que mes machines soient plus durables, tu n'as qu'à m'apporter des matières premières de meilleure qualité dans l'espace ! Encore mieux, la prochaine fois qu'une flotte de ce qui reste de l'empire de Freezer croise ton chemin, au lieu de tout détruire comme une brute, amène-moi leur technologie ! Hmpf !
Elle croisa les bras, agacée, et tapa du pied. Voyant le manque de répartie de Vegeta, Bulma hocha de la tête d'un air suffisant et lui lança un regard hautain.
- Bon, maintenant que tu as pu te plaindre comme tu voulais, laisse-moi travailler. Je dois terminer ce prototype pour la semaine prochaine et j'aimerais bien pouvoir passer du temps avec ma famille, contrairement à quelqu'un.
- Peh ! Plutôt que de t'amuser avec tes petites inventions qui ne servent à rien, tu devrais plutôt te concentrer sur l'amélioration de la salle de gravité. Ce n'est pas ainsi que je serai prêt à protéger ta pathétique petite planète et ses stupides habitants quand la prochaine menace pointera son nez.
Vegeta lança un sourire carnassier à sa femme avant de continuer.
- Ou bien tu désires secrètement de voir ton petit monde brûler avant de leur montrer devant qui ils devraient se prosterner.
Il se rapprocha et fit glisser son nez le long de l'épaule de Bulma. Elle inspira brusquement.
- Laisser tes petits amis se battre et les voir tomber, les uns après les autres. Ils perdront espoir face à cette menace. Et toi, telle une déesse vengeresse, tu te dresseras devant eux, toutes armes sorties, et tu les forceras enfin à voir qui, dans cet univers, est la créature la plus puissante.
Il huma le parfum enivrant de sa compagne. Sa petite fantaisie lui faisait de l'effet s'il devait en croire son nez. Le prince l'entoura d'un bras avant de tirer lentement le foulard qu'elle portait à son cou. Enfin, il avait accès à son cou délicat.
- Vegeta… soupira-t-elle. Je dois travailler…
- Hm. Repousse-moi alors.
Elle n'en fit rien.
Le prince rit.
C'était le moment ou jamais. Ils étaient à l'écart des autres élèves. Il n'aurait probablement pas la chance de parler ainsi avant longtemps.
Il inspira et expira doucement. Son cœur battait la chamade, ses mains étaient moites et légèrement tremblantes. Il ignorait pourquoi c'était si dur, mais il fallait qu'il le dise. Enfin.
- Euh… les amis. Je… j'ai quelque chose à vous dire. Enfin… à Erasa et Sharpner. Videl et Lime sont déjà au courant.
Sharpner haussa un sourcil. Encore un secret ?
- Voilà… euh… C'est peut-être plus facile de vous montrer. Laissez-moi juste…
Gohan s'interrompit et se leva brusquement.
Personne dans les parages. Parfait.
Lentement, il leva la main vers son poignet. Son doigt effleura un bouton de sa montre. Il déglutit avant d'appuyer pour de bon, scrutant la réaction de ses amis.
Il ne fut pas déçu. Sharpner, les yeux écarquillés, ouvrit la bouche, choqué. Erasa, quant à elle, émit un bruit qui frôlait les ultrasons, s'il fallait en croire l'ouïe meurtrie de Gohan.
- Ha ! Je le savais ! Ah ! Wouah ! En fait, on a deux amis qui sont des superhéros !
L'excitation de la blonde était amusante à voir, mais Gohan avait peur qu'on les entende… Heureusement, Videl vint à sa rescousse en calmant tant bien que mal sa meilleure amie.
Un peu plus tard, avant que la pause du midi ne soit terminée, Gohan sourit en observant ses amis interagir. Un secret de moins pour lui. Ça faisait un poids dont il s'était enfin débarrassé. Peut-être qu'avec le temps il pourrait aussi leur parler du reste. Ce serait tellement bien de ne pas devoir faire attention à ce qu'il disait avec eux.
Elles allaient être en retard pour le cours d'éducation physique si elles ne se dépêchaient pas. Pas elle, peut-être, mais Erasa, définitivement ! Elle devait encore se changer, alors que Videl pouvait garder ses vêtements actuels sans souci.
Videl fut la première à arriver près des vestiaires des filles. Elle s'arrêta un instant pour reprendre son souffle et s'apprêta à ouvrir la porte quand elle entendit ce dont parlaient certaines de ses camarades.
- Moi non plus, j'arrive pas à y croire. Tout ça, c'est parce que c'est la fille de Mister Satan. Je suis sûre que si c'était pas la fille de quelqu'un de célèbre, personne lui donnerait de l'attention.
- C'est clair, répondit une voix traînante. Déjà qu'elle s'habille comme un garçon, alors, en plus, elle a un caractère de cochon. Genre, vraiment, je vois pas pourquoi Gohan traîne avec elle.
- Ouais, sûr. Et elle se la pète trop aussi parce que mademoiselle travaille avec la police. Genre wouah, on en a rien à faire, nous, que tu te bagarres à longueur de temps. Je vois pas ce qu'il y a d'intéressant là-dedans.
- Hm-mh ! intervint une troisième voix. Et puis, franchement, elle est pas si jolie que ça. Je vois pas pourquoi tous les garçons lui courent après.
- Bah, son père, daaah, rétorqua la première voix.
Elle en avait entendu assez. Videl poussa les portes et lança un regard dédaigneux au trio qui avait parlé d'elle, avant de se préparer.
Erasa arriva quelques instants plus tard et remarqua l'humeur massacrante de la jeune femme. Elle décida sagement de la laisser tranquille ; c'était mieux pour tout le monde si Videl était laissée à ses ruminations pendant un temps. Et, de toute façon, elle viendrait lui parler de ce qui la rongeait plus tard.
NdA : Bon, n'a été dur de le terminer celui-ci. Mon cerveau a décidé qu'il fallait se concentrer sur une autre histoire, et ça a été la lutte de le faire changer d'avis. D'ailleurs, oui, j'ai posté une nouvelle histoire, qui est celle qui a ralenti un peu la production de ce chapitre-ci.
J'ai aussi mis plus longtemps à l'écrire parce que je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas assez de conflit et de tension dans mon outline, et donc, il a fallu qu'on corrige tout ça! Ca ne se voit pas encore beaucoup dans ce chapitre, qui est un peu une transition, mais voilà!
Comme d'hab, j'attends avec impatience vos avis, et n'oubliez pas qu'ARN a son propre Discord! J'ai déjà noté pleiiiin de petites infos sur l'univers dans un channel dédié, pour les curieux, héhé.
wr68498 : Haha oui, désolée ! J'ai hésité à continuer la scène, mais je sentais que c'était un bon endroit pour l'arrêter ! J'espère que tu n'as pas trop souffert de l'attente, hihihi (d'autant que je ne suis pas la plus rapide pour ce qui est d'écrire et mettre à jour)
