― (29) ―

Sang toi, sang timent affreux, sang que je ne puisse rien faire. Sang prendre à lui, sang tir qu'il a été trop loin. Pourquoi sang ticher d'une telle sangsue ? Sang doute. Sang…

Il le n'avait quitté que quinze minutes, le temps d'aller chercher James et Sirius après avoir entendu Peter lui raconter sa souffrance. Il n'y avait personne dans les toilettes. James caché sous la cape d'invisibilité n'osa pas faire le moindre de bruit. Si Remus le voyait avec Sirius endormit dans les bras et que Remus s'énervait et le réveillait ainsi, comment allaient-ils tous les deux réagirent ? Et si Sirius avait encore des envies ? Il valait mieux attendre que chacun soit dans un état correct.

Remus avait croisé Lily et Mary dépitées et furieuses du lapin de Sirius et James. Aucun des deux n'étaient là et Remus ne voulait pas laisser Peter, ivre et souffrant, seul trop longtemps.

« Peter ! »

Arrivant paniqué, Remus rejoignit Peter dans la salle de bain de leur auberge. Rapidement, il le souleva. Remus lança rapidement un sort de soin, fort heureusement avec comme amis les maraudeurs et en étant lycanthrope, il était plutôt très bon dans cette discipline ! Il regarda la coupure se refermer, le sang s'arrêter. Peter n'avait pas sectionné correctement les veines. Merlin, merci !

Soupirant de soulagement, il le vit ouvrir les yeux et le gronda immédiatement :

« Imbécile ! Comme tu peux oser faire ça ?
– Sirius… Sirius… »

Remus regarda le mot laissé sur la table de chevet : « Je suis désolé, Sirius, je ne peux pas vivre sans toi. »

« Vous… deux… parce que je t'ai dit qu'il avait avec le prof ? Vous êtes aussi STUPIDES l'un que l'autre !
– C'est mon petit-copain… c'est… je n'ai pas su… j'ai… je l'ai perdu hier soir… et ensuite… il a été… cet homme… ce qu'il…
– Merlin, dit Remus abattu, Je ne t'en aurais pas parlé, si j'avais su que tu te mettrais dans cet état ! »

Toute la nuit durant, Remus tenta de calmer Peter. Il l'écouta sans pleurer. Remus n'était pas du genre à pleurer facilement. La vie n'avait pas été tendre avec lui alors il n'était pas du genre à s'enflammer, s'énerver ou pleurer pour rien. Il savait contenir. C'était terrible d'aimer quelqu'un et qu'il arrive cela. Lily et Mary les découvrirent et virent le sang. Remus et Peter avouèrent ce qu'il s'était passé. Lily était furieuse après Sirius, Mary était davantage surprise. Cela ne ressemblait pas à Sirius. Combien de personnes s'étaient déjà déclarées à lui et s'étaient vues refoulées ? Y compris elle-même ! Elle était aussi en colère contre Sirius mais elle aurait aimé avoir son explication. Surtout qu'elle savait parfaitement que Lily n'aimait pas Sirius à cause de son harcèlement envers Severus…

Au matin, remontés, énervés, par l'idée que Peter avait manqué de mourir et que pendant ce temps-là, Sirius était on-ne-savait-où, ils virent arrivés James. Lily et Remus se jetèrent sur lui, l'assommant de reproches et de questions.

D'abord glacé d'apprendre que Peter avait tenté de se suicider, la mâchoire de James se crispa soudainement.

« Ce n'est pas une raison ! Ce n'est pas la faute de Sirius !
– James !
– Peter, je suis désolé, mais tu as été stupide !
– Comment tu peux lui dire ça ? Il est fragile !
– QUOI ? Je vais aller me foutre en l'air car Lily veut un autre que moi ? Du coup, si tu tapes Snape, t'as ma mort sur ma conscience ? Je suis désolé, Peter, mais tu as été un gnome !
– Ils sont ensemble, et Sirius est allé se taper un autre ! Ce n'est pas pareil ! protesta Remus.
– James, s'agaça Lily, Ton ami a préféré courir après le plaisir que respecter ta précieuse "amitié avant tout"
– C'est… faux, c'est faux ! Sirius n'est pas comme ça ! Il a fait une erreur…
– Ce n'est pas sa première, objecta Remus.
– Vous êtes injustes ! »

En entendant les sanglots de Peter, James s'excusa, se portant à lui.

« Tu crois que c'est ma faute…
– Pardonne-moi, Peter… Queudver, excuse-moi, ce n'est pas ça… Je ne veux juste pas te perdre, pour ça… je t'en prie… écoute-moi, mourir par amour est stupide !
– Je suis pour la liberté, gronda Lily, mais Sirius n'avait pas à s'engager dans ce cas avec Peter.
– Même si… même s'il l'a fait, et alors ? Ce n'est pas une raison pour mourir ! Peter, écoute-moi, je ne dis pas ça pour Sirius. Je m'en fous de lui là tout de suite, je le dis pour toi. Tu ne dois pas mettre ta vie en danger dès que Sirius te déçoit ou qu'importe la personne. Tu dois protéger ta vie.
– James, dis à Sirius d'avoir honte et de rester loin de nous aujourd'hui. Qu'il ne se présente pas au mariage. Qu'il réfléchisse à ses actes. » s'agacèrent Lily et Remus.

Et pourtant… Malgré ça…

Quelques heures plus tard, le corps ondulant sur la jeune fille de son âge, Sirius soupira d'aise contre ses lèvres. Ses paupières papillonnèrent horrifiées en direction de Remus et de Peter. « Tu es…, soupira Remus, Peter… attend… attend… »

James soupira. Il n'aurait pas dû le laisser seul. Il ordonna à la jeune fille de sortir, venant s'asseoir à coté de Sirius sur le lit. « Sirius, je vais t'endormir, d'accord ?
– D'…accord.
– ça va passer, je te le promets. On parlera à ton réveil. »

Un mois plus tard, Sirius regarda son amie avec inquiétude. Elle ne voulait pas le juger, juste comprendre.

« Je… Mais Mary…
– Si tu le quittes, c'est encore pire Sirius…
– Mais Peter… »

Désespéré Sirius regarda dans sa direction, il l'attendait dans le couloir, chamboulé de savoir qu'il l'avait encore trompé. Mary ne savait pas quoi faire, Peter ne semblait pas vouloir accepter que Sirius rompe et menaçait de se suicider. « Si tu as un minimum de respect pour lui, Sirius. Arrête d'aller ailleurs et prends soin de lui… Quand il ira mieux, tu prendras la décision de rester ou de partir. »

Deux mois passèrent. « … Peter ? » Sirius déglutit, regardant le sang sur le lit, la cicatrice au bras de son ami, les larmes de tous. Il tira nerveusement sur sa chemise encore tachée.

« Je…
– Dégage…, grogna Remus, sérieusement Sirius, dégage de là.
– Mais je dors ici… balbutia Sirius.
– Tu trouveras bien une chambre à rejoindre. Ne mets plus tes pieds dans notre chambre !
–… pardon… » souffla le garçon, disparaissant.

« Sirius ! s'écria James à la suite, Putain, t'es un connard Remus !
– Cours-lui après, James. Tu sais faire que ça, prendre sa défense. Il a de la chance, que tu sois toujours là. Il doit être vraiment bon au pieux pour que tu acceptes tout ça ! »

Un mois supplémentaire, l'hiver était désormais bien là. « …Peter… » L'étudiant redressa un regard désemparé vers lui. Peter l'enlaça, écoutant les larmes de Sirius avec tristesse.

« Pourquoi tu as fait ça, pourquoi tu as dit à Severus où était Remus ?
– Je voulais juste qu'ils arrêtent… je voulais juste…
– James ne veut plus te voir.
– Je sais…, renifla Sirius.
– Tu n'as plus de larmes à verser.
– J'ai tout perdu…
– Tu ne m'as pas perdu. »

Les yeux gris de Sirius se plantèrent étonnés dans ceux de Peter. Que…

« Arrête Peter, tu as manqué de mourir à cause de moi. Plusieurs fois. Remus ne pourra jamais me le pardonner… »

Le visage de Sirius afficha immédiatement le regret de ses mots. Il fixa Peter se mettre à pleurer… « Remus… Toujours Remus… »

Déglutissant, Sirius se redressa venant doucement à Peter.

« Je ne veux pas…
– Sirius, ça ne fait rien. J'imagine que tu peux bien être le déchet de l'école et vouloir pourtant toujours me repousser.
– Je… »

Les bras de Sirius se refermèrent autour de son corps amaigri et il finit par murmurer :

« Tu me veux encore ?
– Je te veux, Sirius, même souillé et marqué par tous. Je sais que tu es toujours pur à l'intérieur de toi.
– Malgré tout ?
– Je t'aimerai malgré tout ce que tu as pu faire.
– … c'est… Peter, crois-moi je t'aime … beaucoup, toi et James, vous avez toujours été là malgré… malgré… malgré… mais… »

La main de Peter se posa durement sur la mâchoire de Sirius :

« Suce-moi, Sirius.
– Que ?
– Obéis. »

Sirius obéit, ne comprenant pas pourquoi il le faisait. C'était soudainement plus simple, d'obéir aux ordres. Juste obéir à des ordres et ne penser qu'à y répondre.

« Je t'aime…
– Sirius… »

Les yeux de Peter s'agrandirent sous la surprise.

« Ne dis pas n'importe quoi !
– …Peter, je t'aime. Je t'en prie, dis-moi ce que je dois faire pour que tu me crois.
– Touche-toi en disant mon nom…
– Ici ? Mais on est dans la…
– Fais-le. »

Remus ouvrit la porte, comme d'ordinaire, généralement à la même heure. Ses yeux se posèrent sur Sirius agenouillé par terre, en train de supplier Peter debout, et semblant hésitant, à le baiser. Le chauffant totalement. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Il était interdit de chambre ? Venir mendier à ce point Peter…

« Tu comptes vraiment perdre ton temps avec cette trainée, Peter ?
– Non… Tu as raison.
– Sirius, respecte-toi et va ailleurs faire ça.
– Arrête de vouloir me reprendre, je ne veux plus de toi. »

Sirius rougit de honte, fixant Peter qui s'excusera plus tard. Il ne pouvait pas dire qu'ils continuaient à se voir, les autres ne comprendraient pas. Pas avant que Sirius ne fasse amende honorable et ne prouve qu'il voulait vraiment de lui.

« …je l'aime sincèrement. »

Lily attrapa la main de Sirius pour effectuer son test de drogue. Négatif. Hm. Elle jeta un coup d'œil à James. Peter leur jeta un regard noir. « Comment vous pouvez croire que je lui ai fait quoique ce soit.
– Je suis désolé Peter… »

James ne semblait pas l'être.

« Sirius, si tu retournes avec Peter et qu'il tente à nouveau de se suicider. Je ne sais pas lequel de vous deux, j'haïrais le plus.
– Je suis désolé… je vais changer… je vais en prendre soin… »

Lily jeta un regard discret à James. « Sirius… ce n'est pas une bonne idée.
– On veut juste que vous nous liez… vous aussi vous allez vous marier, non ?
– C'est vrai… Mais…
– On est majeur… avant de quitter Poudlard. Je t'en prie.
– La marque de ton père te fait encore mal Sirius ?
– Oui. Un peu…
– Tout le temps, gronda Peter, il souffre tout le temps.
– Tu continues à tromper Peter.
– C'est…
– Il a fait des efforts pour se contrôler.
– Peter, tu es certain ? Vous ne pourrez pas revenir en arrière.
– James, j'aime Sirius depuis le premier jour.
– Sirius ?
– Personne d'autre ne pourrait me vouloir autant que Peter me veut.
– Sirius, et toi ?
– Je ne pourrais jamais aimer quelqu'un autant que j'aime Peter. Il m'a sauvé la vie. »

Une voix toussa à l'arrière, Nymphadora garda le silence, Remus grogna. « … Je…
– Remus, disputa Peter, tu es mon meilleur ami. Cela compte pour moi que tu nous lies.
– Vous êtes les quatre personnes les plus importantes pour nous, confirma Sirius, s'il vous plait…
– Sirius, tu me promets que tu es sûr de toi ? questionna James.
– Oui.
– Peter ?
– Oui. »

Et les années passèrent… Jusqu'au jour…

« Je… Je ne peux pas.
– Sirius… je suis désolé de t'avoir demandé ça.
– Attends. James, je veux. Je veux être votre gardien du secret mais… Je ne me contrôle pas. J'ai de la chance, Peter m'accepte ainsi, mais je me retrouve dans le lit de Lucius, de Severus, d'inconnu, je suis un Auror et je me retrouve au manoir Malfoy… C'est utile pour certaines informations. Je me rends bien compte, que c'est très utile de savoir sucer mais… si je n'arrive pas à garder mes cuisses fermées, comment je pourrais te dire de me confier ta vie ?
– …Sirius, j'ai confiance en toi.
– Demande à Remus.
– Non, pas Remus ! gronda Lily fixant James.
– Sirius, Remus est…
– Notre ami et il connait nos secrets et les garde depuis toujours.
– On sait… Mais… »

Le couple Potter ne faisait plus confiance à Remus, définitivement.

« Lily, peut-être que Remus est un bon choix. Je continue à croire que Remus est celui que le torturait mais…
– C'est un lycanthrope. Et avec une née Black. Et… Sirius…
– Je suis certain… tu te rappelles la cérémonie du lien ?
– James, je suis certaine aussi que Remus est lié à ce qui est arrivé à Sirius, aussi. Si c'est lui, je ne peux pas lui confier nos vies.
– Peter ? Il a été là tout du long pour aider Sirius. Il est toujours là pour Remus. Pour nous. Il nous aime plus que sa propre vie, même après la cérémonie du lien il n'a pas abandonné Sirius. Il est un membre redouté de l'Ordre malgré sa grande discrétion, il sait tout sur tout le monde ! »

Aucun des deux ne remarqua le petit rat, de la taille d'une noix sous le meuble. Pratique de cumuler d'être un animagi et de boire une potion pour diminuer en taille. Parfait.

Sirius avait raison. On ne peut rien faire pour un mage noir. Peter l'avait su et lu dans son regard ce jour-là. Sirius avait fait le choix de partir quand lui avait le choix de les rejoindre.

« Laissez-les vous nommer gardien du secret on frappera un grand coup.
– Ils ne le disent même pas à Sirius, il croira que Remus était le gardien du secret.
– Quels imbéciles. Vous avez bien travaillé Pettigrow…
– Vous jurez que Sirius Black ne mourra pas ?
– Croyez-moi, je n'ai aucune intention de tuer Sirius Black.
– Et Lily, James et la famille Lupin ?
– Seul m'importe Harry Potter, les Lupin comme les autres familles seront torturées mais elles vivront. Les Lestrange vont se rendre chez les Londubat, les Greengrass chez les Lupin, les…
– Je veux aller chez les Lupin.
– Vous ?
– Oui.
– Vous allez torturer votre ami et sa famille ?
– Non, je vais les détruire. Je… Je veux que la famille Potter meure.
– Pardon ?
– Tant que James et Lily vivront, Sirius souffrira. »

Il rentra calmement chez lui, déposant son chapeau et sa veste sur le porte-manteau.

« Peter… » couvert d'une simple chemise, Sirius vint doucement l'embrasser. « Je t'aime…
– Sirius, n'oublie pas que ce soir tu passes la soirée au manoir Malfoy avec Severus. Tu dois être bien obéissant et essayer de savoir s'il est un traitre, tu vas y arriver ?
– Si mes défauts peuvent être des qualités pour l'Ordre, je suis soulagé.
– Je reviendrai tardivement ce soir, ne m'attends pas.
– Mais je dois voir James et…
– Sirius, rentre directement, on ne s'est pas vu depuis longtemps. »

« Lucius, tu prendras l'apparence de Severus comme la semaine dernière. Fais-lui ce que tu veux, qu'il en garde souvenir et sois assez crédible pour que Sirius doute de tout le monde. Laisse planer le doute sur le rôle de Severus. Que Sirius sache que Severus n'est pas coupable mais qu'il sache qu'il le retenait. Severus est occupé avec Dumbledore ce soir. Si Sirius dit qu'il était avec Severus, son pire ennemi… et ce que Dumbledore prouvera facilement que non, il ira droit dans le couloir de la mort s'il reste du côté du gouvernement. Il n'aura pas d'autres choix que nous. Et surtout, Sirius se dira que Dumbledore est aussi suspect, avec tout ce qu'on lui a dit dernièrement… et la mort de ses amis.
– Lucius après l'heure, n'oublie pas la lettre.
– Est-tu certain de ce qu'il va se passer, Peter, tu as l'air très confiant.
– Ne t'en fais pas. Je connais Sirius. Il va aller chez les Potter. Il va partir en moto. Il arrivera, les trois seront morts. Il va immédiatement se téléporter chez Remus car il sait parfaitement repérer le loup-garou qu'importe où il se trouve. Il arrivera, et il le verra là et voudra le tuer. Remus, convaincu par toi que Sirius est le meurtrier. Remus et Sirius se battront, Sirius tuera Remus. Il n'aura pas le choix et je m'occuperais ensuite de sa famille.
– Et si c'était Remus qui tuait Sirius ?
– …je m'assurai que ce ne soit pas le cas.
– Pourquoi tu leur en veux autant ? »

A cause du lien…

Nymphadora, James, Lily et Remus se regardèrent. Ils répétèrent la formule, mais rien ne se passa.

« Sirius, essaye à nouveau…
– ça ne marche pas… souffla le garçon.
– Comme si toi tu pouvais te lier ! ricana moqueur brutalement Remus.
– Je… je…
– Sirius, donne-moi ta main, dit soudainement avec gentillesse Nymphadora.
– … » la jeune fille murmura une formule.

Elle sourit amusée. Elle se rapprocha de Lily et murmura à son oreille avant de relever la tête. « On ne pourra pas le faire… »

« Pourquoi ? blanchit Sirius fixant inquiet Peter.
– Sirius, tu es déjà lié à une personne, souffla avec douceur Nymphadora.
– Ce n'est pas vrai ! »

James se crispa alors que narquois Remus jeta le sort de révélation, ça ne l'étonnait même pas que Sirius se soit lié sans s'en souvenir. Ce dernier n'eut aucun effet. Peter lança ce dernier à son tour.

« Je vous le dis. Je ne l'ai pas fait !
– Vu à quel point tu fais n'importe quoi sans le savoir, te croire est difficile ! s'agaça Remus.
– Je ne l'ai pas fait, … Peter crois-moi.
– Je te crois, Sirius, ne t'en fais pas. »

James jeta un regard désespéré en direction de Lily. Cette mascarade durait bien trop. C'était évident que Sirius n'aimait pas Peter et ils allaient vraiment les lier car Sirius se sentait coupable et reconnaissant ? C'était quel genre d'amour ça ?

« Attends, … Essaye cette formule ! » dit soudainement Lily, lui soufflant quelques mots.

« Animamate Vinculum… »

Enfin ! songèrent Nymphadora, James, Remus et Peter.

Une jolie lumière s'illumina, sans baguette, sur le bout des doigts de Sirius, glissant à l'intérieur de lui, venant jusqu'à son cœur. Les yeux du garçon se remplirent d'amour, alors que son destin tambourinait dans son coeur, plus intense que le jour de la cérémonie du choixpeau, la lumière venant se bloquer dans sa gorge, descendant dans son bas ventre, et finalement remontant jusqu'à son cœur pour briller de battements quelques secondes, et en sortir sous une petite lumière, un chien tournoyant, d'une couleur dorée intense. Haletant, le chien tournoya sur le jeune homme gorgé d'amour transpirant la quintessence du mot.

Non…, songèrent Harry et Drago…, pas un chien. Un loup.

Le loup posé sur les doigts de Sirius joua un instant, avant d'hurler en silence, courant désormais en direction de Remus… qui fixait le chien argenté venant de sortir de sa poitrine, venu jouer avec son compagnon.

« …qu'est…
– Je… Je… » souffla Sirius, déstabilisé. « C'est… c'est… pas moi. »

Les yeux de Remus étaient posés uniquement sur ces formes colorées comme ceux de toute la pièce. Sirius regardait fixement les deux créatures et soudainement le chien argenté attaqua le loup. En même temps, Remus attrapa à la gorge de Sirius, le secouant violement contre le sol, frappant ce dernier… « Sale enfoiré, qu'est-ce que tu m'as fait ? Qu'est-ce que tu m'as fait ? Qu'est-ce que tu m'as fait ? Je vais te tuer… je vais te tuer… comme tu as voulu que je tue Snape… Je vais te tuer Sirius ! »

Sirius s'était déjà enfuit complétement chamboulé. Il aimait Peter. Il l'aimait. Il ne mentait pas, il ne mentait pas.

« …je… » James tira tendrement Sirius contre lui, posant son front sur son épaule. « Un jour, Remus réalisera le mal qu'il t'a fait et ce jour-là, il n'aura pas pire douleur.
– Il n'a rien fait…
– … Sirius… »

Sirius baissa honteusement la tête, Peter avait sauté du toit d'Hogwarts, il avait manqué de mourir définitivement cette fois-ci. « Je me suis lié à lui contre son gré… C'est… et Peter… il a… encore… James, comment j'ai fait ça ? Me faire haïr par la seule personne que j'aimais et tuer la seule personne qui m'aime ?
– Quitte Peter, déjà. Et dis la vérité à Remus. Sirius… Dis-lui la vérité. Le loup ne comprend pas ce qui se passe et ça qui le rend mauvais. »

Peter avec ricané. Au moins cette tentative avait été douloureuse mais fonctionnait bien sur le cœur de Sirius. Les premières fois, il ne mentait pas, il voulait vraiment mourir mais maintenant, il savait que c'était une arme.

« Et si le lien d'union n'a pas fonctionné pas ? »

Severus regarda Peter, ou plutôt Avery. « Cela fonctionnera. Il suffit d'être deux personnes consentantes et ça fonctionne. Votre magie est mariée et vous voilà ensemble à vous sentir… Félicitation ! jusqu'au divorce ! Mais faire le lien est plus facile que le défaire, alors il faut bien y penser. Bien que ce soit plus simple que lamellée.
– Et s'il ne marche pas car la personne est déjà liée ?
– Le lien peut se faire plusieurs fois. Même si c'est toujours dangereux d'avoir plusieurs liens car il faut accorder autant d'attention à tous ou on brise celui qu'on néglige.
– Mais on peut le défaire ? L'autre personne peut le défaire ?
– On peut. Si on trahit ses promesses ou vœux. Pour cela que les féministes comme Lily veulent qu'on mette dans les vœux des liens des histoires de consentement, de violence et autres. »

« Est-ce qu'il y a un lien que l'autre ne peut pas rompre ?
– Il est marrant ton pote, Lucius. Oui, il existe une potion de magie noire que seul le maître peut défaire, l'autre étant considéré comme esclave. On peut transférer ce droit à quelqu'un ou le libérer. Mais c'est plutôt déconseillé, Avery. Lier quelqu'un contre son gré…
– Et ça fonctionne ?
– Si tu veux posséder une personne, oui. Elle devra se soumettre à toi et tu auras droit de vie ou de mort dessus. Elle voudra tout ce que voudras d'elle, ou en tout cas elle n'aura pas le choix de s'y soumettre.
– Comment on… »

« Toutefois, coupa Malfoy, une personne peut refuser de se lier et être assez forte mentalement. C'est pour ça que les mariages arrangées ont souvent lieu jeunes et qu'on torture généralement l'esclave avant. Et, un puissant mage comme Dumbledore peut briser une potion d'Esclave et son usage conduit droit à Azkaban. »

Cela ne marcha pas. Le lien d'esclave ne marcha pas. Sirius était protégé par un sortilège incompréhensible.

« Arrête ! » Sirius attrapa les mains de Peter pour les poser sur lui, les remontant doucement vers son corps, venant l'enlacer avec fragilité. « Je préférai que Remus disparaisse… Loin… je lui ai dit qu'on ne se verrait plus jamais… je voudrai ne jamais l'avoir rencontré ! C'est toi qu'est toujours là pour moi… Peter… si je me retrouve seul… Je… je…. Je… peux pas… Je t'en supplie. Ne fais plus ça, arrête de vouloir… »

« Je préfère mourir… tu ne m'aimes pas !
– … Ce n'est pas vrai ! »

Sirius grogna, venant embrasser Peter, collant son bassin à lui, remuant petit à petit, soupirant d'impatience, soufflant. Attrapant les bras du garçon, récupérant l'arme entre les doigts et d'un coup vif, il s'ouvrit les veines… Finalement la méthode importait peu, puisque le sang glissait et que Sirius souriait, l'air soulagé. On peut faire ça, mourir. Ce n'est pas si mal. Il en avait assez de sauver Peter… il n'y arrivait pas. Peut-être que la mort était mieux.

« … Epiksey… Vulnera Sanentur …Sirius… Sirius…
–… Ne te fais plus de mal, Peter, ou je te suivrais. Je ne peux peut-être pas me lier, mais je te promets que je ne t'abandonnerai jamais. Je t'aime. Fais-moi confiance ? »

Il ne pouvait pas lui faire confiance.

« Hm. Il existe un lien qui empêche le lien d'union ou la potion d'esclave ? J'ai essayé, les deux, mais ça n'a pas marché.
– Non, trancha Severus.
– Pourtant ça a loupé. L'union n'a pas marché et il a bu la potion mais elle fonctionnait mal. Tu es certain de bien avoir fait la potion, Snape ?
– Ne doute jamais de mes capacités, Avery. C'est que ta copine doit avoir de la volonté et n'est pas brisée.
– Il est brisé ! Plus, il s'rait mort.
– Pas assez.
– Il y avait un lien… j'ai vu un lien.
– Hm…
Lamellée, techniquement, fit Lucius.
– C'est une chimère, ricana Severus, et puis deux fois ? Dans la même école ? Impossible.
– C'est quoi ? »

« Le lien d'âme sœur est de l'ancienne magie… personne ne sait l'utiliser à dire vrai.
– …. Pourquoi ?
– Le lien est une protection. Deux âmes comme deux reflets qui s'unissent pour n'en former plus qu'une seule. C'est irréel. Lucius fantasme totalement s'il pense ça possible.
– Le lien peut se rompre ?
– Sur le principe, oui facilement.
– Cela se défait par la force de quelqu'un d'autre ?
– Impossible. Elles sont liées à jamais tant qu'elles se répondent.
– On dit que les êtres liés peuvent le transférer à leur enfant, par exemple. Hm, tu connais cette histoire Mowgli, Tarzan, Romulus et Remus ? Ce seraient des enfants protégés par "l'amour", ricana Severus.
– La belle et la bête, Roméo et Juliette, Blanche Neige…
– Et si on tue le porteur du lien ?
– Le lien existe toujours. Il faut que l'un ou l'autre défasse le lien. En plus, généralement tuer l'un peut tuer l'autre. Ce sont les âmes sœurs liées d'Appolon.
– Et si on arrive à tuer l'un et pas l'autre ?
– Alors la protection restera, même après le décès d'une personne. C'est une très ancienne magie. Elle couvrira d'attention et de protection sa moitié et quelque part, continuera à vivre si on en croit la légende.
– Comment détruire le lien ?
– Je te l'ai dit, sur le principe, c'est facile. Il faudrait que les deux ne croient plus en l'autre, plus du tout, pas un centime d'amour. Qu'ils croient plus en tout cas ça possible, ou mieux que l'un tue l'autre ou tente de le faire avec une haine si brûlante que le cœur de l'autre s'en retrouve brisé. Le mieux est déjà de bien le fêler avant, histoire qu'il explose en mille morceaux.
– Severus, tu es si romantique, constata Lucius.
– Je connais deux âmes liées… que je détruirais volontiers.
– Je croyais ça impossible ! Oh !
– C'est l'exception de ce siècle car elle a usé d'ancienne magie pour franchir le dernier pallier du lien.
– Et on peut être lié sans le savoir ?
– C'est quasiment impossible. Dans mon cas, les deux âmes sœurs se sont rendu compte qu'elles l'étaient et se sont liées. Il faut deux personnes consentantes et liées corps et âmes, amours et vies, volontés et âmes, ils forment un seul être. Leurs animagi se ressemblent, leurs liens se collent, ils sont généralement de la même maison. C'est un peu comme des baguettes jumelles. Tout semble vouloir les rapprocher, et elles se retrouvent toujours.
– Mais techniquement… elles peuvent le faire sans le savoir ?
– Il faudrait que les deux personnes soient tellement éprises que leur âme n'en forme déjà plus qu'une refusant de se desceller. Il faudrait vraiment deux personnes qui ne pensent que l'une à l'autre constamment à tel point qu'elles se sont unies sans le savoir. C'est impossible. »

Et Pourtant…

« … Pardon Peter… Je t'assure ! Je voudrais qu'il ne soit plus là. Je ne veux plus jamais le voir, je ne veux plus en entendre parler, je voudrais tellement être libre. Je voudrais être libre, peu importe comment, tant que je peux oublier qu'il existe. J'essaye de toutes mes forces de t'aimer… Mais… Pourquoi tu m'as faire boire une potion de vérité sans me prévenir ? Je… pardonne-moi… Je ne savais pas ce que je disais… peut-être que je l'aime… Oui, mais tu l'as entendu, non ? Je t'aime toi… Je t'aime toi aussi. Depuis qu'on est ensemble, tout va tellement mieux… et tu me pardonnes toutes mes crises… Peter… je t'en prie… je te promets de ne plus adresser la parole à Remus… On dira à Lily et James qu'on est en conflit. Remus n'ira pas contre… On ne le verra plus jamais… Plus jamais. Je suis tout à toi… Et je ferrais ce que tu veux. Mais… ne me quittes pas.
– Sirius, desserra enfin la mâchoire Peter, je pourrais tuer pour toi mais… réfléchis bien, cette fois-ci, si tu décides ça, je ne t'abandonnerai jamais quoique tu dises.
– M'abandonne pas. »

Et soudainement, alors que tout allait bien, Remus arriva. Il revint, après des années.

« Sirius…je… je sais que je t'ai repoussé mais qu'est-ce que tu voulais me dire ?
– Remus…
– Après votre cérémonie du lien raté… tu voulais me parler… tu voulais me dire quoi ? »

Effrayé, Sirius regarda dans la rue autour de lui. Il fixa Peter un peu plus loin le regard triste… Il se crispa davantage. Deux ans. Deux ans…

« … Je…
– Tu as dit que voulais me parler ce jour-là. Que voulais-tu me dire ?
– Je… Je… Je…
– …Sirius ?
– Qu'est-ce que tu deviens Remus ?
– Ce… n'est pas important. Sirius qu'est-ce que tu voulais me dire ? Je… j'ai pensé à nous… » rajouta le lycanthrope en déposant sa main sur la joue de Sirius pour s'assurer qu'il était bien là. C'était bel et bien lui.

« Nous ?
– Nous deux… Sirius… je pense toujours à nous.
– … Ah. Remus, tu es marié, non ? Tu as un fils, Ted.
– Evidemment que James, Lily et Peter te donnent de mes nouvelles. Sirius… écoute-moi… je… »

Les lèvres de Remus se posèrent sur celles de Sirius qui s'entrouvrirent par reflexe, mais l'homme recula avec terreur.

« Qu'est-ce que j'ai fait… Remus, pardon… je ne voulais pas penser à toi. Je ne sais pas… Peter. J'aime plus que tout au monde Peter. Je t'ai encore contaminé… ne sois pas en colère… je pensais à toi comme ça… par erreur…
– Sirius, ce n'est pas toi. C'est moi qui suis venu te…
– Je t'ai encore… Je suis désolé. Pardon. Je t'en prie, rentre voir ta femme, ton fils. Oublie, je ne sais pas ce qui te met dans cet état… Mais tu es inconscient. Des vies dépendent de nous. Je ne veux plus faire de mal. Plus jamais.
–… Sirius, attends ! Attends… »

Peter arrêta Remus devant l'immeuble, lui refusant l'accès.

« Remus ! Comment tu peux me faire ça ? Tu es mon meilleur ami ! gronda Peter.
– La barbe ! Va en enfer Peter !
– Que… Ne t'approche plus de lui. Tu es fou ?
– Tu l'as manipulé, Peter. Je te retourne la question, comment tu peux faire ça, tu es mon meilleur ami !
– Tu es heureux, non ? Tu as fait tes choix Remus. Je n'y suis pour rien.
– Tôt ou tard, tout se payera ! Je paye aujourd'hui, mais viendra ton tour.
– Tu es ivre, Remus, tu ne sais pas ce que tu dis.
– Tu crois… Tu crois ? Peter, je sais que tu nous as manipulé.
– As-tu un autre ami que moi ?
– … je…
– Arrête de faire le con, Remus. Sirius ne t'aime plus, il est avec moi. Tu te découvres père et tu as peur, c'est normal. Allez viens, je te ramène chez toi. On va parler.
– Je sais ce que tu as fait, Peter… je sais…
– Viens. »

Remus disparut avec Peter. Il revint médusé. Il ne pensait pas devoir user d'un sort d'oubliette et de modification de mémoire sur Remus un jour. Il rentra dans son appartement, déposant sa main dans la chevelure noire qui lisait calmement, sans larme, alors qu'un loup doré tournoyait autour de lui. « Je t'aimerai toujours Peter…
– Mais tu l'aimes lui, soupira Peter, jouant du loup avec ses doigts avant de refermer brutalement sa main dessus pour le faire disparaître.
– J'aimerai ne jamais l'avoir connu. Je ne sais pas pourquoi je l'aime, mais, je t'ai choisi et je te choisirais toujours. Je me sens prisonnier de cet amour, Peter… parfois. De cet amour, de ma Libido, avec ma vie, avec les rôles. Je veux être libre et tu me rends libre.
– Je te le promets, un jour, tu te sentiras libre définitivement.
– Tant qu'il vit, je n'y arrive pas. J'ai l'impression de l'entendre respirer. »

Peter fixa Lucius avec un rictus, sortant de ses pensées.

« Si Sirius pense que Remus a causé la mort de James, il ne pourra pas avoir encore un peu d'amour… C'est impossible, il voudra sa mort. James est toute sa vie, la seule raison qui ne le rend pas fou.
– Tu prépares ta vengeance depuis cinq ans…
– Je ne me venge pas, je le fais pour Sirius. Pour qu'il puisse enfin être libre. Je lui ai promis. »

« … voilà… fallait pas forcer. Vous savez. Désormais. Je l'ai fait pour lui… car il me l'a demandé… James et Remus étaient des poids pour Sirius, ils devaient mourir. »

HARRY… HARRY…

Drago tenta de rattraper le garçon dans le couloir. L'homme rejoignit la salle de transplanage et disparut immédiatement. Drago entendait encore le rire de Peter. Oh My Merlin. Ron et Hermione étaient chez les moldus. Où irait Harry ?

Où irait Harr… Sirius… Sirius… … OMM. Il transplanta à son tour. MERCI qu'on doive marcher trente minutes ! La nuit Sirius activait le système mais… Harry était sans doute en train de courir et il avait un corps plutôt sportif.

Drago sortit sa baguette. Merde, merde, merde… Pourquoi il répond pas ? Qui dort à cette heure-ci… TOUT LE MONDE. OK. Ron… C'est pas le moment de bouder, chéri… HERMIONE. Eh ! Merde, réponds la sorcière ! Non ? Non… Remus.

« … qu'est-ce que ça…
– Un sort permettant de parler entre baguettes.
– … sacré siècle.
– LE VIEUX écoutez-moi ! Harry va… »

Tu vas lui dire quoi, Drago ?

« … Harry arrive. J'arrive. A tout de suite. »