Note : Coucou !

Chapitre plus court comme prévu mais qui marche directement avec le précédent en terme de… heu… découpage dans le temps et l'espace ? Enfin bref, vu que la dernière fois ça se finissait en queue de poisson, je pense que vous m'avez comprise. Tout ça pour en venir au fait que j'ai enfin réussi à avancer et même fignoler le chapitre suivant, je suis trop contente !

Je commence à voir le bout de cette partie II qui fait déjà le double, bientôt le triple de la partie I ! Je vous avoue que je ne suis pas peu fière d'être arrivée enfin à cette séance au club de duels dont on parle depuis super longtemps (la première mention était dans le chapitre II.5, quand même). Et surtout que vous rencontriez enfin ceux en charge de l'infirmerie (eux c'est dans le chapitre II.2 que je vous ai filé des infos à leur sujet pour la première fois… et que depuis j'attends qu'enfin un des personnages se casse quelque chose (comment ça je suis pas gentille ?)).

Bon, sur ce je vais vous laisser lire tranquillement ce chapitre. J'avoue avoir hâte d'avoir votre avis ! Bonne lecture :)


Chapitre 24 : Passage à l'infirmerie

Hao regarda Jeanne percuter le mur derrière elle et s'effondrer comme une poupée de chiffons. Elle avait vraiment mis de la force dans ses sorts pour faire un tel vol plané car lui s'était contenté de retourner sa magie à l'envoyeur.

Tss… jolis réflexes et jolie technique pour une élève de douze ans. Elle ne maîtrisait pas encore les sortilèges informulés mais elle n'en était pas loin à sa manière de lancer ses expelliarmus. Dommage qu'elle n'ait pas plus de jugeote.

— Jeanne…

Tamao poussa un cri étranglé et se précipita sur son amie. Les duels autour d'eux avaient cessé et Mikihisa arrivait déjà pour vérifier la situation.

Hao s'approcha des deux filles alors que Jeanne se redressait à genoux.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Elle parlait d'une voix un peu éteinte et se frottait l'arrière de la tête.

— Tu as mal visé en attaquant Tamao alors je me suis défendu, lui répondit tranquillement Hao.

Jeanne le foudroya du regard mais l'arrivée de Mikihisa l'empêcha de protester.

— Tout va bien, Jeanne ? demanda-t-il.

— Le choc a été très violent, professeur, je vais la conduire à l'infirmerie, répondit Hao à sa place.

Mikihisa l'observa longuement à travers son masque mais Hao lui retourna un visage lisse de toute expression. N'était-il pas un parfait préfet-en-chef ?

À contrecœur, Mikihisa finit par acquiescer avant de retourner s'occuper des élèves qui avaient besoin de lui. Tamao aida Jeanne à se relever et cette dernière s'en prit aussitôt à Hao d'un ton venimeux.

— Je n'ai pas besoin de…

— Si Jeanne, il faut aller à l'infirmerie.

Ladite Jeanne jeta un regard horrifié à Tamao, trahie par sa propre amie. C'est qu'elle était inquiète, la petite Tamao, et qu'elle avait heureusement assez de bon sens pour elles deux.

— Par ici, leur lança Hao en ouvrant la voie vers la sortie.

Les deux filles le suivirent, en tirant d'affreuses grimaces dans le cas de Jeanne.

— Je n'ai pas mal visé, lança Jeanne dès qu'ils eurent atteint le hall d'entrée et que le vacarme du club de duels se fut atténué.

Hao rigola doucement.

— Vraiment ? Dois-je en conclure que c'était moi que tu agressais, sans sommation, sans aucune raison et alors que je ne tenais même pas ma baguette ? Ce ne serait pas très fair-play, si c'était le cas.

Jeanne serra les dents sans répondre et Hao guida les deux petites filles vers les grands escaliers.

— Tamao peut me conduire à l'infirmerie, reprit Jeanne.

— J'ai pris la responsabilité face à Mikihisa de t'y conduire, Jeanne, et je le ferai même si je dois t'assomer pour cela.

Il jeta un discret coup d'œil en arrière, juste le temps de profiter de son expression outrée.

Ils avaient atteint le premier étage quand la Gryffondor reprit la parole.

— Ce n'était pas sans raison, déclara-t-elle d'un air digne.

— Hm…

Hao s'arrêta et attendit qu'elles parviennent à sa hauteur en toisant la petite première année qui le défiait du regard.

Elle l'amusait, ça il devait bien l'admettre. Avec ses airs bravaches, ses certitudes de fumée et ses manières de princesse. Il la laissait jouer avec les limites, mais il faudrait qu'il veille à la remettre à sa place si elle se permettait d'aller trop loin. Visiblement, le vol-plané dans la Grande Salle n'avait pas suffi.

— Tu sais, Tamao est en quatrième année. Cela signifie qu'elle a déjà survécu trois années entières à Poudlard sans toi. Je ne crois pas qu'elle ait besoin que tu la protèges.

Tamao rougit à ses mots et détourna le regard. Jeanne en revanche ne se laissa pas démonter.

— Elle n'a pas non plus besoin de ton aide. Pourtant tu continues de lui imposer des cours de métamorphoses sans lui demander son avis.

— Ah ça il faut voir avec Yoh, rit Hao.

Ils reprirent leur marche en direction de l'infirmerie. Bien qu'elle tente de ne pas le montrer, Jeanne souffrait visiblement du bas du dos.

— Yoh ? releva-t-elle, sceptique. Tu veux nous faire croire que Yoh t'a demandé d'aider Tamao ?

— Yoh veut que Tamao aie de bonnes notes en métamorphoses, répondit simplement Hao.

Tamao rougit derechef. Jeanne ouvrit la bouche pour rétorquer mais Hao reprit la parole et lui coupa l'herbe sous le pied :

— Bien sûr il s'est proposé de l'aider lui-même, mais cela le forcerait à abandonner une de ses options et négliger ses propres études, or je suis certain que ce n'est pas ce que veut Tamao, n'est-ce pas ?

— Non, bien sûr que non, répondit très vite la concernée, toute gênée.

Piégée, pensa furtivement Hao en la regardant baisser la tête, toute malheureuse.

— Mais ça c'était après que tu ais déjà commencé à embêter Tamao avec tes cours, contre-attaqua Jeanne. Avant que Boris ne… avant que… ce que tu sais…

Jeanne jeta un coup d'œil embêté à Tamao qui gardait les yeux dans le vague.

— Avant ça, ni Yoh ni personne ne t'avait rien demandé, conclut Jeanne.

C'était bien la preuve qu'elle savait se montrer perspicace, quand elle le voulait.

— Ah mais ça, c'est entre Tamao et moi, lui répondit Hao avec un grand sourire satisfait.

Ladite Tamao releva la tête et Jeanne les dévisagea l'un et l'autre à tour de rôle. Sur ses traits s'affichaient tout à la fois la confusion, la frustration et la contrariété.

Hao effleura son esprit et trouva la confirmation de ce dont il se doutait : cela ne lui plaisait pas d'être mise à l'écart. Tamao pour sa part était en proie au doute, n'étant pas sûre de comprendre.

— Je…

Elle s'arrêta sans réussir à aller au bout de son idée. Jeanne reprit la parole.

— Tu as toujours en travers de la gorge le fait qu'elle ait contesté ta participation au tournoi des trois sorciers, n'est-ce pas ? présuma-t-elle avec mépris. Tu es champion, comme tu le désirais, alors pourquoi ne lui fiches-tu pas la paix ?

Maintenant qu'elle le disait, c'était vrai qu'il y avait eu cet épisode, aussi. Mais Hao avait laissé couler pour ce sujet.

— Ça n'a rien à voir, Jeanne, fit-il distraitement.

Mais toutes deux restaient sceptiques.

— Disons que c'est une histoire de mauve douce bien trop compliquée pour une première année, se décida-t-il à lâcher.

Rouages de compréhension qui s'activent chez Tamao. Comme si, brusquement, tous les récents évènements se remettaient en place les uns par rapport aux autres. Sa bouche s'arrondit en un joli « o » muet. Elle comprenait enfin que, depuis le début, il cherchait simplement à savoir pourquoi elle était allée cueuillir de la mauve douce une nuit de pleine lune.

Jeanne en revanche n'était pas plus avancée qu'avant, mais elle ne put pas protester davantage car ils venaient d'atteindre l'infirmerie.

Hao ouvrit la porte et la tint ouverte pour ses condisciples. Jeanne passa devant lui comme si c'était la chose la plus naturelle du monde qu'il lui tienne la porte et Tamao en balbutiant un « merci » timide. Ses joues avaient viré à l'écarlate.

— Bonsoir, les salua Faust en s'avançant vers eux.

— Jeanne s'est blessée pendant le club de duels, l'informa directement Hao. Elle a volé dans un mur et son dos a pris un méchant coup. Son coxys la fait souffrir.

La première année ouvrit la bouche et la referma sans avoir émis un son.

— Viens avec moi, je vais regarder ça, lui dit l'infirmier avant de se diriger vers le fond de l'infirmerie.

Jeanne le suivit mais Tamao resta à l'entrée des lieux près de Hao.

— Tu es en première année, n'est-ce pas ? entendirent-ils Faust demander à Jeanne.

— Oui.

— Je te présente Eliza, mon épouse. Elle m'assiste à l'infirmerie. J'aurai besoin que tu te tournes, s'il te plaît.

— Oui bien sûr. Bonjour Eliza, vous êtes infirmière, vous aussi ?

— Bonjour Jeanne. Je suis infirmière, oui, mais bien que Faust se présente comme infirmier il est guérisseur en réalité.

— Oh, vraiment ?

— Oui. Nous travaillions tous les deux à Sainte-Mangouste avant mon accident. Ensuite Faust est venu travailler à Poudlard pour que nous puissions rester ensemble. Je n'avais pas la permission de rester à l'hôpital une fois devenue fantôme.

Hao avait eu dans l'esprit d'abandonner les deux filles, une fois parvenu à l'infirmerie, mais il sentait que Tamao essayait de lui dire quelque chose alors il patienta tranquillement, en faisant mine d'écouter ce que Jeanne, Faust et Eliza se disaient à l'autre bout de l'infirmerie.

— Demain… je viendrai, réussit enfin à lui dire Tamao au prix de gros efforts.

— Je n'en ai jamais douté, lui répondit-il sans la regarder.

Tamao accusa le coup.

— Ce n'était pas gentil, commenta-t-elle.

— De me poser un lapin ? Non, n'est-ce pas ? répliqua-t-il alors qu'il avait parfaitement compris qu'elle ne parlait pas de cela.

Le teint de Tamao, qui avait repris ses couleurs habituelles, vira une nouvelle fois au cramoisi.

— Je ne t'aurai pas posé de lapin si tu avais écrit pourquoi tu voulais me voir.

Surpris par sa répartie, Hao se tourna vers elle. N'en revenant pas de sa propre audace, Tamao plongea la tête vers ses chaussures.

— Pour quelle autre raison aurai-je pu te donner rendez-vous ? questionna-t-il.

Tamao ne répondit pas. Elle avait eu peur qu'il la mange, visiblement. Et il devait s'avouer que l'idée lui avait bel et bien traverser l'esprit. Mais il avait opté pour une approche plus subtile et les récents événements lui avaient rappelé qu'il ne pouvait pas se permettre de simplement torturer sa petite sœur comme il le voulait. Qu'il se montre un peu trop agressif avec elle et aussitôt Mikihisa, Yoh et — il n'en doutait pas — Anna monteraient au créneau.

Si elle n'était pas protégée par les Asakura… alors il lui aurait déjà arraché les réponses qu'il convoitait… alors le jeu n'aurait pas eu d'intérêt.

— Ça ne coûtait rien de le préciser, finit par souffler Tamao d'une toute petite voix.

Hao l'observa un moment. Toute fragile petite fille.

Son visage baigné de larmes s'imposa dans son esprit et la colère le prit aux tripes. Il chassa le souvenir parasite avec agacement.

— Je m'en souviendrai.

C'était déjà beaucoup lui concéder.

— Voilà, la douleur devrait avoir disparu d'ici une heure. Pareil pour les marques. Nous ne te gardons pas en observation mais, si jamais demain tu ressens des courbatures, n'hésite pas à repasser pour vérifier que tout est en ordre.

La voix de Faust s'intensifiait au fur et à mesure que le médecin revenait vers eux, escortant une Jeanne toute sage et polie qui lui souriait avec reconnaissance.

— Merci beaucoup.

Tamao, Hao et elle sortirent de l'infirmerie.

— Il était inutile de m'attendre, lâcha froidement Jeanne.

Hao soupira doucement.

— Bonne nuit Tamao, salua-t-il simplement avant de tourner les talons en direction des dortoirs de Serpentard.

Il pouvait sentir Jeanne bouillir de là où il était. Ça, c'était quelque chose dont il ne se lasserait pas de sitôt.