Hello !

Nous voici enfin à l'épilogue. Je peux vous dire que ça me fait quelque chose, j'ai passé 8 mois pile poil sur cette fic (du 4 septembre au 4 avril).

Normalement cet épilogue était plus court, mais ma bêta m'a demandée plus de fluff, donc il doit y avoir 1000 mots de rab là-dedans.

Merci pour tous les favs, les follows, les reviews (surtout toi Lily gem, j'attendais ton commentaire à chaque fois) ! j'espère que cette fin vous plaira :)


L'impatience de Loki se mêlait à sa nervosité alors qu'il essayait tant bien que mal de déterminer si oui ou non cette tenue convenait. Il hésitait à appeler Valkyrie pour avoir son avis. D'un côté, il allait devoir subir toutes ses piques sur le fait qu'il soit un styliste incapable de s'habiller pour un rendez-vous, de l'autre, ça faisait bien une heure et demie que l'ensemble de son dressing avait été étalé sur toute la surface de sa chambre.

Le pire, c'est qu'il n'avait pas dû essayer plus de trois tenues : il avait passé le plus clair de son temps debout, en sous-vêtements, à fixer une chemise ou une veste, sans bouger. C'était un cas de force majeure. Il avait rendez-vous au musée dans environ une heure, et il était loin d'être prêt. Et cette fois, il ne voulait pas être en retard.

Il avait passé une semaine à l'hôpital, puis deux semaines chez sa mère, avant de passer trois jours chez Thor. La dernière fois qu'il avait vu Stephen, il était en blouse d'hôpital, blafard et couvert de bleus à cause du selk. Il ne s'en était rendu compte que quand il avait pu se voir dans le miroir de la salle de bain de sa chambre. Son reflet l'avait presque fait sursauter. Aujourd'hui, il avait encore des marques, un peu plus discrètes, surtout sur les côtes et les clavicules. Les médecins lui avaient dit qu'il était probable qu'elles soient encore visibles pendant quelques mois. Ça l'avait un peu découragé.

Il avait quand même pu parler à Stephen au téléphone et par messages, mais il lui manquait terriblement. Ça lui faisait bizarre, de se dire qu'ils étaient en couple. Certes, Stephen venait le voir tous les jours quand il était à l'hôpital, passant des heures avec lui, mais c'était arrivé si vite.

Stephen, indisponible ensuite, lui avait alors proposé un premier rendez-vous officiel, alors que Loki se languissait de lui dans le manoir familial. Et maintenant, il était là, debout devant son miroir, incapable de choisir entre une chemise « nuit de Moscou » ou « abysses ». Mais en même temps, est-ce que n'était pas risqué de mettre du bleu ? Pourquoi fallait-il que ce soit si compliqué ?

Il avait l'intention d'en mettre plein la vue à Stephen, mais étant donné que celui-ci était un total néophyte en matière de mode, il pourrait se pointer avec une chemise à sequins que celui-ci n'y verrait que du feu. Cette image le fit rire. Lui vivant, jamais on ne le verrait avec des sequins. Même mort, d'ailleurs.

Il finit par opter pour un pantalon taille haute et un col roulé noirs, se disant qu'il valait mieux rester dans la simplicité. Il lui restait une vingtaine de minutes pour se maquiller, aussi resta-t-il sobre, avec un rouge à lèvres bordeaux, un eye-shadow discret, le tout rehaussé par des petites paillettes dorées. Il hésita à mettre des boucles d'oreilles, mais se dit que ce serait peut-être un peu trop.

Il mit son manteau et se félicita mentalement pour être dans les temps, avant de réaliser qu'il ne pourrait pas transplaner jusqu'au musée. Les médecins lui avaient interdit de tenter quoique ce soit de trop compliqué, et il était clair qu'une téléportation pareille lui était impossible. Son sourire béat s'évanouit.


Trente-cinq minutes et deux métros plus tard, il arriva enfin sur le parvis du Musée des Arts astraux, un peu essoufflé. Loki chercha Stephen du regard, mais ne le vit pas. Il lui avait envoyé pleins de textos pour le prévenir, mais Stephen ne lui avait pas répondu. Il espérait que celui-ci n'avait pas cru qu'il lui avait posé un lapin.

- Bonsoir.

Loki se retourna d'un coup, prêt à frapper, avant de reconnaître Stephen et de se jeter à son cou.

- Je suis désolé, vraiment, j'avais oublié que je ne pouvais plus transplaner et ensuite il y a eu un incident voyageur, bref, une galère, tu ne m'as pas attendu trop longtemps ?

- Ne t'inquiète pas, répondit Stephen, avant de se reculer légèrement pour mieux l'observer. Tu es absolument magnifique.

Son compliment ne manqua pas de faire rougir Loki, qui eut le temps de répliquer un « J'espère bien, vu le temps que j'y ai passé » avant que Stephen ne l'embrasse. Il poussa un petit soupir contre ses lèvres, il lui avait tant manqué…

Loki avait envie de rester éternellement blotti contre lui, mais ils furent interrompus par la sonnerie du bipeur du chirurgien. Loki s'écarta immédiatement, la bouche entrouverte et les yeux pleins d'espoir, avant qu'un grand bruit de verre brisé ne retentisse dans le musée. Des éclats de lumières traversèrent les fenêtres de l'édifice, et Loki, toujours dans ses bras, fixa Stephen avec un grand sourire.

- S'il te plaît…

- Non.

- C'est juste là ! On peut reprendre notre date après ! négocia-t-il.

- Loki, tu sors de l'hôpital…soupira Stephen. Il est hors de question que…

- Il est hors de question que je te laisse y aller tout seul, dit Loki d'un ton plus sérieux.

Stephen poussa un nouveau soupir, regarda le musée, puis Loki, avant d'abdiquer. Loki se retint de rire en remarquant qu'il lui avait mis du rouge à lèvres, ce qui gâchait un peu son air sévère.

- On trouve un coin sombre pour nous changer, et ensuite on y va, et la seule chose que tu fais, c'est le guet, loin de tout ce qui pourrait te…

- Oui, oui ! Je serai prudent ! répondit Loki en filant vers une ruelle déserte.

Stephen n'y réfléchit pas à deux fois et s'élança à sa suite.

Plus tard, après que le vol du modèle galiléen en joyaux enchantés ait été empêché sans encombres, les criminels emmenés par la police, ils avaient pu admirer l'exposition en civil, profitant de l'obscurité du planétarium pour s'échanger des baisers discrets au milieu des nébuleuses ensorcelées.

Ensuite, ils étaient allés dîner dans un petit restaurant. C'était étrange de voir Stephen dans ce contexte. D'habitude, ils se voyaient chez eux, et alors l'ambiance était tranquille, décontractée. Ils se croisaient en pyjama et aucun des deux ne s'en souciait. Là, ils s'étaient tous les deux mis sur leur 31, Stephen avait même mis une cravate. Loki mourait d'envie de s'en saisir et de l'attirer à lui pour un autre baiser, mais il se raisonna et décida de le laisser manger en paix. D'ailleurs, le pauvre avait l'air un peu nerveux. C'était peut-être dû au fait que le col roulé de Loki était plutôt moulant, étant donné que les yeux de Stephen ne cessaient de descendre sur son torse. Loki se promit de remercier Thor pour le forcer à aller à la salle avec lui deux fois par semaine.

En sortant, Loki pensait que leur rendez-vous était terminé, mais Stephen l'emmena à l'écart des rues passantes, dans une petite cour déserte.

- Tu réalises que la dernière fois qu'on m'a attiré dans un endroit perdu, je me suis réveillé ligoté dans une cave ? dit Loki en levant un sourcil.

Stephen pâlit en comprenant l'allusion.

- Oh je suis désolé, j'avais pas pensé que…

- Je plaisante, pouffa Loki. Mais ça m'étonne de toi.

- Ah oui ?

- Je ne te croyais pas du genre à essayer de me faire subir mille outrages dès le premier soir.

Cette fois-ci, Stephen rougit violemment, mais il se reprit bien vite.

- Alors, ce n'était pas mon intention, mais si c'est ce que tu veux vraiment…

Loki éclata de rire.

- Montre-moi ta surprise d'abord, et on verra !

Stephen lui prit alors les deux mains, et ce simple contact électrisa Loki, qui rosit à son tour.

- Ferme les yeux, murmura Stephen.

Loki s'exécuta et après quelques secondes, eut le vertige familier qui accompagnait une téléportation. À l'atterrissage, il manqua de trébucher, avant que Stephen ne le rattrape par la taille et ne le serre contre lui.

- Doucement, sourit-il. Tu peux ouvrir les yeux.

Il les ouvrit et regarda autour de lui. Ils se trouvaient sur un toit carré, très en hauteur à en juger par la vue. En effet, de là où ils étaient, ils pouvaient voir tout Néo Assur. Ils étaient tellement haut qu'ils pouvaient apercevoir les étoiles sans problème. Les lumières de la ville, couplées à la noirceur nocturne, donnaient l'impression d'une lutte vaine contre l'obscurité. C'était magnifique.

Loki était bouche bée. Il se tourna vers Stephen, qui le regardait avec un sourire attendri. Il rougit de nouveau, et s'approcha du rebord pour mieux observer le paysage. Il n'arrivait pas à se repérer.

- Je ne trouve pas la grande ziggurat, fit-il remarquer Stephen.

- Tu en es sûr ? lui répondit celui-ci avec un sourire narquois.

Loki fronça les sourcils, confus, avant de comprendre.

- Tu nous as emmenés sur le toit de la ziggurat ! lâcha-t-il, choqué et amusé à la fois. Mais Stephen, c'est complètement illégal !

- On dirait bien que toi aussi tu déteins un peu sur moi, avoua Stephen d'un air faussement désolé.

Cette fois, Loki ne résista pas à son impulsion et l'attrapa par la cravate pour l'embrasser. Il sentit Stephen rire contre ses lèvres, avant de se couler contre lui et de passer ses mains le long de ses hanches et de son dos. Puis Stephen se détacha lentement de lui, caressant sa joue avec douceur. Loki se sentit hautement stupide : cela faisait plusieurs heures qu'il souriait bêtement sans pouvoir s'en empêcher, et maintenant ils se regardaient les yeux dans les yeux, comme dans un film niais et cliché avec des couples hétéros niais et clichés. Puis, il décida que ça lui était un peu égal.

- C'était une soirée géniale, dit-il en rompant le silence.

- Elle n'est pas encore terminée, répondit Stephen avec une petite moue.

Il fondit de nouveau sur lui, lui levant le menton avec ses doigts et ébouriffant ses cheveux, pendant que Loki s'accrochait à sa taille et à son col. Ils restèrent sur le toit au milieu des étoiles une heure encore, avant d'être découragés par le froid.


Quand ils furent finalement rentrés chez eux et que Stephen prenait une douche bien méritée, Loki se repassait le film de la soirée. Tout avait été parfait.

Ils avaient empêché un crime et le Serpent avait même pu arrêter un des voleurs. Voir Stephen en plein combat était un spectacle dont il ne se lasserait jamais. Son efficacité et son talent le rendaient incroyablement attirant. Loki regrettait même de ne pas y avoir prêté attention auparavant. Il faut dire qu'il avait eu tout le loisir de le mater, étant donné qu'il avait été obligé de rester loin de l'action, perché sur une rambarde comme un gamin puni. Loki n'avait jamais remarqué à quel point ce costume de combat lui moulait agréablement les cuisses, et avait été plus qu'heureux de cette découverte.

Puis l'exposition au planétarium avait été, il se devait de l'avouer, particulièrement romantique. Il sourit stupidement en repensant au visage de Stephen dans la pénombre, ses mains dans ses cheveux et sa bouche tâchée de rouge à lèvres et de quelques paillettes.

Le dîner avait été plus civilisé, mais tout aussi fascinant. C'était ce qui rendait leur rendez-vous plus officiel.

Mais ce que Loki avait préféré, c'était la fin de la soirée sur le toit de la ziggurat. La vue sur Néo Assur était splendide. Et les lèvres de Stephen délicieuses.

Il était tellement plongé dans ses pensées qu'il ne remarqua pas tout de suite l'éclat bleuté qui éclairait sa chambre. Loki se releva prestement et retrouva la source de la lumière en une seconde.

Le Tesseract avait dû tomber de sa cachette quand il avait vidé ses placards, plus tôt dans la journée. Loki le remit dans le dictionnaire de traduction sumérienne dont il avait découpé les pages, puis hésita à le cacher dans son coffre-fort plutôt que dans le double fond de sa penderie. Quoique, pour cacher un livre, rien de mieux qu'une bibliothèque, non ? Il le déposa sur une étagère et se recula pour admirer l'effet.

Impossible de deviner qu'une pierre d'infinité que tout Néo Assur recherchait se cachait dans un vieux dictionnaire que personne ne lisait.

- Tout va bien ? demanda Stephen dans l'embrasure de la porte.

- Oui, répondit Loki avec un grand sourire. Je vais me démaquiller.

Il lui déposa un baiser rapide sur les lèvres en passant.

Évidemment, il allait finir par lui en parler. Un jour. Mais pas tout de suite.