Bonjour à toutes et à tous :)

Voici la suite de la fiction. J'espère que ce chapitre vous plaira.

Il est un peu plus long que ce à quoi je m'attendais et j'ai du couper une partie pour la mettre dans le chapitre suivant. Juste pour vous prévenir, ce chapitre est un peu violent et peut perturber certaines personnes, peut-être. Je reste dans le classement de cette fic mais je tenais à prévenir, notamment pour les plus sera le dernier qui abordera des thèmes aussi sombre que la violence ou le viol, je le promet. La suite sera un peu plus gaie :)

Merci pour les reviews.

{Enjoy}


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Le trajet du retour dans la limousine fut terriblement silencieux. Il était près d'une heure du matin et les deux adolescents étaient somnolents, blottis l'un contre l'autre. Mari' luttait pour garder les yeux ouverts et Adrien avait dû mal à ne pas sombrer malgré le stress de sa rencontre avec son père. Peu importe l'heure : Nathalie leur avait signalé que M. Agreste les attendait dans son bureau dès leur retour.

Alors, une fois arrivés à destination, les deux adolescents échangèrent un regard inquiet avant de s'encourager mutuellement d'un regard. Adrien sortit en premier de la voiture, tendant sa main à Marinette pour l'aider à s'en échapper. Elle lui sourit brièvement, souhaita bonne nuit au chauffeur et garde du corps, et suivit le blond dans le manoir. Plus ils s'approchaient du bureau de son père et plus ils purent sentir la tension monter entre eux. Adrien resserra ses doigts autour de ceux de Marinette, cherchant son soutien et s'assurant qu'elle resterait avec lui. Nathalie les annonça d'une voix endormie. Seulement, la voix froide de Gabriel ne laissait passer absolument aucune trace de fatigue. Cet homme dormait-il même ?

Il fusilla du regard les deux adolescents durant tout leur trajet jusqu'à son bureau. Immobiles, aucun de deux n'osa prendre place sur les sièges qui leur étaient adressés. Ils échangèrent un rapide coup d'œil, ce qui n'échappa pas à Gabriel. Le plus vieux Agreste se redressa encore un peu plus.

« Cette soirée fut très instructive. Commença-t-il en dépassant son bureau pour les contourner et se placer devant la baie vitrée dominant la ville de Paris, ses mains éternellement derrière son dos. Pas que j'en sois vraiment étonné…

- Rien de ce que n'as dit Lila n'est vrai. Coupa Adrien, gagnant un regard noir de son père qui l'obligea à se tasser sur place.

- Je ne parlais pas de toi spécialement Adrien. Je dois admettre que cette partie me semblait étrange. Je ne te crois pas capable de t'abaisser à cette fille… Bien que, en y réfléchissant bien, ça non plus ne devrait pas m'étonner vu tes derniers… choix.

- PERE ! S'insurgea le blond.

- Ça suffit ! Tonna Gabriel, se tournant pleinement vers eux d'eux. Je t'avais prévenu Adrien. Mais tu ne m'as pas écouté alors cette fois, tu vas m'écouter.

- Je ne sors pas avec Wang en secret. Intervint Marinette, son ton tremblant légèrement, obligeant Adrien à lui montrer son soutien d'une pression sur sa paume.

- Donner moi votre portable. Ordonna Gabriel en tendant la main. »

Sans chercher à répliquer, Mari' lui tendit son téléphone et remit également une carte sim supplémentaire.

« Cette carte sim ne m'appartient pas mais était dans mon portable ce soir. C'est depuis ce numéro que Wang m'a appelé. Je… je sais que vous y trouverez une conversation entre lui et une supposée moi… Mais ce n'est pas moi. Lila a dû mettre cette carte sim dans mon portable aujourd'hui sans que je ne le vois.

- Etes-vous en train de me dire qu'elle a pu mettre au point un plan tel que celui-ci ?

- Je n'ai pas de preuve mais… Je sais qu'elle était là quand j'ai dû aller faire mes ajustements pour ma tenue tout à l'heure. Je n'ai pas pu surveiller mon portable pendant que j'étais avec le styliste et elle a du…

- C'est ridicule. Coupa Gabriel.

- Ce n'est pas ridicule. Contra Adrien. J'ai déjà demandé à Nathalie de regarder les vidéos surveillances dans les vestiaires pour voir si nous pouvions le prouver. Et comment pouvez-vous croire que Marinette retournait aux côtés de ce type après ce qu'il lui a fait avant ?

- Qui te prouve qu'elle ne t'a pas manipulé depuis le début ? Que ce n'était pas une histoire pour attiser ta sympathie. »

Le cœur de Marinette s'effondra au même moment où une rage pure s'emparait de celui d'Adrien. Comment osait-il parler ainsi de sa petite-amie ? Serrant son poing libre, il prit une profonde inspiration pour ne pas éclater purement et simplement.

« Ça ne m'étonnerait même pas qu'elle prévoit ça depuis le début. Surement même avec le concourt de son ex-petit-ami qui, semble-t-il, soit de nouveau sur les rangs.

- Je… je ne ferais jamais ça Monsieur. Vacilla-t-elle légèrement alors que Gabriel fouillait sans impunité son portable à la recherche de preuve de sa liaison avec son autre employé. »

Une fois de plus, elle se sentait violée dans son intimité. Différemment… mais violée quand même. Il n'avait pas le droit de la traiter comme ça !

« Vous rêver depuis toujours d'être designer pour une grande marque, n'est-ce pas ? Et n'osez pas répondre non, Mademoiselle Bourgeois a été très claire là-dessus quand nous nous sommes rencontrés en Octobre dernier.

- Oui mais…

- Alors croyez-moi, je sais que nous sommes prêts à tout pour atteindre ses rêves. Vous avez peut-être un visage d'ange mais je ne crois pas en votre innocence. Je vous interdis de revoir mon fils et…

- Ça suffit. »

La voix d'Adrien était calme. Étonnamment calme vu les circonstances. Le regard de Gabriel et celui de Marinette se tournèrent d'un même mouvement vers lui. Gabriel fronça les sourcils en voyant le visage parfaitement composé de son fils. Mari', elle, ne savait pas quoi penser. Jamais elle ne l'avait vu ainsi.

Adrien s'en voulait de ne pas avoir coupé court cette conversation plus tôt. Mais les mots de son père trouvaient écho dans les paroles de Wang quand ils étaient tous les deux aux toilettes et cela l'avait perturbé. Plus qu'il ne l'admettait. Mais il refusait de croire que sa petite Marinette, sa douce Marinette, pouvait être capable d'une machinerie de cette ampleur. Pour faire le bien ou plaisir à quelqu'un ? Il le croirait dans la seconde. Mais pour blesser quelqu'un et parvenir à ses fins sans se soucier de ceux autour d'elle ? De blesser non seulement lui mais également Alya, sa meilleure amie ? Impensable ! Purement impensable ! Marinette était l'antipode de ce type de personne.

« Je t'interdit de parler comme ça de ma petite-amie. Continua-t-il sur le même ton, le regard planté dans celui de son père alors qu'il enroula la taille de Mari' avec son bras.

- Ne sois pas idiot et éco…

- Je l'aime. Que tu le veuilles ou non, je l'aime.

- L'amour te rend complètement aveugle. Railla Gabriel. N'igno…

- Je lui fais entièrement confiance et je sais qu'elle n'est pas le type de personne que tu crois qu'elle est.

- Adrien. Pleura doucement Mari', se blottissant contre lui.

- Je t'aime Marinette. Reprit-il en levant son regard vers le sien. Wang a creusé sa propre tombe lorsqu'il est venu me voir ce soir.

- Quoi ?

- Il m'a dit exactement les mêmes mots que Père. Cracha-t-il dans sa direction avant de revenir dans l'océan céruléen de la franco-chinoise. Que tu avais prévu ça depuis le début, que je n'étais qu'un pion.

- Rien n'est vrai. Nia-t-elle, ses larmes coulant librement sur ses joues.

- Je sais mon amour. Réconforta le blond en les essuyant avec ses pouces. Je sais qu'il ment comme il respire, qu'il manipule les gens. Tu m'as prévenu. Mais, même sans ça, je ne l'aurais pas cru. Et tu sais pourquoi ? Demanda-t-il avec un doux sourire. Parce qu'il ne supporte pas de t'avoir perdu et qu'il est prêt à tout pour te récupérer. Je serais prêt à tout pour te récupérer si je te perdais. Parce que tu es la personne la plus douce et la plus altruiste que je connaisse. Parce que rien dans ce qu'il a dit ou dans ce que pense mon père ne te correspond, bien au contraire. En fait, j'ai presque pitié de lui.

- Tu ne me perdras pas Adrien. Chuchota-t-elle entre ses sanglots. Je t'aime tellement…

- Pas plus que moi. Sourit-il. Et c'est pour ça, reprit-il plus fort pour se tourner vers son père, que tu vas l'accepter complètement. Je ne reculerais pas devant les prochains gros titres qui seront des mensonges purs et durs. Je nierais tout en bloc parce que rien de tout ça n'est vrai. Nous nous aimons, nous sortons ensemble et si ça dérange quelqu'un… Tant pis pour lui. Je ne quitterais pas Marinette pour l'image de l'entreprise, pour étouffer un scandale qui est déjà en marche. Mais tu peux limiter les dégâts. En nous soutenant, en virant ces deux connards de tes rangs et en faisant tout ce qui est en ton pouvoir pour nous protéger. Parce qu'avec ou sans ton aide, nous resterons ensemble. Et crois-moi Père, les journalistes se feront un plaisir de vous descendre s'ils apprennent que vous n'êtes pas de notre côté. »

Adrien et Gabriel échangèrent un regard amer, empli de colère et de tension qui mirent mal à l'aise la jeune femme. Son cœur s'était gonflé de gratitude et d'amour sans fin aux paroles d'Adrien. Comment avait-elle fait pour avoir autant de chance avec lui ?

Nathalie débarqua à ce moment-là, tablette en main. Sans un mot, elle s'approcha de Gabriel et, comme s'y attendait Adrien, il put voir les images des caméras de sécurité montrant Lila fouillant le sac de Marinette, touchant son portable et le manipulant pour y insérer quelque chose. Satisfait, Adrien se détendit et lança un regard suffisant à son père. Gabriel les regarda une fois de plus avant de se dégonfler.

C'est la première fois qu'Adrien vit son père avoir l'air si… fatigué.

« Très bien. Nous règlerons le reste avec eux dès demain matin. Vous pouvez disposer.

- Je souhaite que Marinette reste dormir. Il est tard et …

- L'inverse n'était pas envisageable Adrien. Coupa court Gabriel. Je vous fais confiance pour être le gentleman que j'ai élevé. »

Un hochement de tête et les deux adolescents partirent sans dire un mot, trop heureux de s'échapper de cette pièce.


oOo

Le trajet jusque la chambre fut relativement silencieux. Les deux adolescents étaient perdus dans leurs pensées, toutes tournées vers son partenaire. Peu à peu, la fatigue reprenait ses droits sur eux, les envoyant au fur et à mesure de leurs pas vers un engourdissement qu'ils ne voulaient pas encore ressentir. Mais cette soirée avait été chargée en émotion. Et, pour n'importe qui, ça aurait été suffisant pour les assommer. Alors, marchant doucement vers la chambre main dans la main, ils luttaient intérieurement pour ne pas s'endormir debout.

Nathalie leur souhaita une bonne nuit, indiquant à Marinette que des affaires avaient déjà été apportées dans la chambre à son attention. D'un hochement de tête, les deux adolescents lui répondirent et entrèrent dans la chambre, Adrien ouvrant la porte pour laisser sa petite amie passer. Prudemment, Marinette s'y engouffra, frottant ses mains pour chasser sa timidité qui pointait le bout de son nez. Dès qu'elle entendit le bruit de la porte se fermant, elle se tourna et regarda Adrien. Il était toujours dos à elle, roulant des épaules pour délier ses muscles. Se mordant le coin de sa lèvre inférieure, elle se dirigea rapidement vers lui. Il eut à peine le temps de se retourner que les lèvres de la jeune femme s'écrasèrent sur les siennes. Il grogna de surprise, perdant légèrement l'équilibre et s'écrasant contre la porte. Instinctivement, il entoura le corps de Mari' de ses bras et l'attira à lui pour se stabiliser.

Rapidement, il prit le contrôle du baiser, l'approfondissant avec une énergie renouvelée. Marinette gémit contre lui, le faisant sourire. Se redressant, il commença à avancer à l'aveuglette dans sa chambre. Confiante, Marinette recula sans se décaler de lui une seule seconde. La main d'Adrien commença à bouger, passant le long du dos de la tentatrice. Son cœur s'accéléra instantanément en sentant le bout de la discrète fermeture éclair qui permettait de maintenir la robe. Timidement, ses doigts s'y attardèrent, demandant presque une autorisation tacite. Pour toute réponse, le corps de Marinette se blotti encore plus contre lui. Elle se mit sur la pointe de pied –bien que ça ne change pas grand-chose par rapport aux talons qu'elle portait encore -, glissant ses mains dans ses cheveux désordonnés. Avec une lenteur qui mit le feu dans le creux des reins de Marinette, Adrien glissa la fermeture vers le bas.

Ses jambes butèrent contre le lit.

Redescendant sur ses talons, ils se séparèrent légèrement. Juste leurs lèvres. Leurs corps étaient encore collés l'un à l'autre, seul rempart contre la chute de la robe. Le souffle court, elle ouvrit ses yeux céruléens et tomba dans le regard verdoyant de son petit ami. Elle ne put empêcher un sourire se dessiner sur ses lèvres quand elle le vit rougissant légèrement, le regard empli d'une tendresse et d'un désir infinis. Ses lèvres s'entrouvrirent juste pour qu'elle puisse se mordiller la lèvre inférieure. Sans le quitter du regard, elle se détacha de lui. Seul le bruit mât de la robe au sol informa Adrien qu'elle était désormais en sous-vêtement devant lui. Le regard toujours rivé dans le sien, Adrien vint déposer un nouveau baiser volatile sur les lèvres pècheresses devant lui.

« C'était pour quoi ce baiser ? Taquina-t-il alors que les mains de Mari' glissait sur son torse pour s'attaquer à sa cravate.

- Pour te remercier. De m'avoir cru sans hésitation. Avoua-t-elle en se concentrant sur sa tâche. »

Attendri, Adrien amorça un geste pour se débarrasser de sa veste. Il adorait voir la détermination sur les traits de sa petite-amie. Elle était tellement adorable quand elle était comme ça. Comment ne pas succomber à cette vision ? D'un geste, il lança la veste sur le côté, se fichant éperdument d'où elle atterrirait. Marinette n'avait toujours pas osé lever le regard. Doucement, il glissa ses mains le long de ses bras, de sa clavicule et de son cou pour encadrer son visage de ses deux mains. Celles de Mari' arrêtèrent leur travail. Il la vit déglutir mais son regard restait fixé sur sa cravate désormais desserrée. Il leva alors son visage, la forçant à le regarder. Il vit sa reconnaissance silencieuse, sa timidité et sans doute quelque chose se rapprochant du doute danser dans l'océan de ses yeux. Adrien s'avança doucement vers elle, l'embrassant avec tout l'amour qu'il lui portait.

« Je te croirais toujours sans hésitation Princesse. Susurra-t-il au creux de son oreille, déclenchant un frisson le long de son corps qui réveilla le sien. »

Des larmes firent briller les yeux de Marinette. Mais le sourire qu'elle lui adressa trouva écho sur ses propres lèvres. Dieu qu'il aimerait continuer ce qu'ils venaient de commencer. Mais il restait une question qui trottait sans cesse dans sa tête. Une question qui commençait à le rendre fou et qu'il devait à tout prix poser. Elle dut lire son dilemme intérieur. Sa main se posa sur sa joue et elle l'encouragea silencieusement à poser sa question.

« Qu'est-ce qui te tracasse ? Demanda-t-elle après l'avoir vu hésitant.

- Pourquoi tu ne m'as pas dit que Wang s'était inscrit dans ton lycée pour la rentrée ? »

Cela lui fit l'effet d'une bombe. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'elle se rendait compte, qu'effectivement, elle n'avait pas repris le temps de lui dire depuis qu'elle l'avait appris. Comment avait-elle pu oublier un si gros détail ? Honteuse, ses joues prirent une nouvelle couleur rouge et ses yeux dérivèrent pour ne plus le regarder. Il haussa un sourcil.

« Je… je crois que j'ai juste oublié. Quand j'ai voulu te le dire, tu étais pressé et ce n'était pas quelque chose que je voulais te dire à la va-vite ou par téléphone. Et le temps a passé et ça m'est sorti de la tête. Je n'ai pas l'habitude de penser à lui quand je ne le vois pas et encore moins quand je suis avec toi. »

Comment ne pas fondre devant cet argument ? Quelque part, son égo était boosté. Alors, avec un sourire narquois, il se pencha et embrassa son cou exposé. Immédiatement, le corps de Marinette réagit. Elle se cambra, dégageant encore plus l'espace de son cou pour qu'il puisse y avoir plus facilement accès. Elle gémit légèrement, se mordant une fois de plus ses lèvres. Adrien attrapa ce geste du coin de l'œil.

« Arrête de faire ça. Grogna-t-il contre sa peau.

- Quoi ? Haleta-t-elle, ses jambes devenant de plus en plus fébriles. »

Pour toute réponse, Adrien s'empara de ses lèvres avec avidité. Il étouffa un nouveau gémissement dans son baiser. Les mains de Marinette s'attaquèrent aux boutons de la chemise rapidement, avec dextérité et une précision qui l'amusa. Il se hâta de la retirer, toujours en dévorant ses lèvres. Avant même que la chemise ne touche le sol, Adrien fit un pas de plus en avant. Avec un petit cri surpris, Mari' bascula en arrière, tombant sur le lit. Leurs regards s'accrochèrent à cet instant et Adrien eu le souffle coupé devant sa petite amie. Les cheveux légèrement décoiffés, seulement vêtue de ses sous-vêtements, de ses bas remontant jusqu'au haut de ses cuisses et de ses talons, son souffle court… Jamais Adrien n'avait vu une pareille beauté. Et ce regard ! Quel regard ! Un nouveau sourire, presque arrogant, se dessina sur ses lèvres alors qu'il se penchait en avant pour la rejoindre. Amusée, elle commença à reculer sur le lit, remontant vers la tête. Désormais, Adrien rampait au-dessus d'elle, effleurant son corps autant que possible avec sa bouche. Il vit les frissons se déchainer sur sa peau, attisant son désir déjà bien présent. Son cœur battait trop rapidement à son gout, comme s'il allait exploser pour de bon. Remarquez, ce serait une douce mort, non ?

Quand il arriva une nouvelle fois au niveau de ses lèvres, il fut accueilli avec ferveur. Il sourit contre elle et se posa de tout son long contre son corps, se moulant au sien avec une facilité déconcertante. Ils gémirent tous les deux au contact. Instinctivement, Marinette se cambra, attisant son feu dans le bas du ventre. Elle allait être sa mort. Aucun doute là-dessus.

Alors qu'il allait riposter, sans doute en donnant un coup de rein contre ses hanches, on frappa à sa porte. Ils se stoppèrent d'un même mouvement, leurs yeux s'ouvrant comme des soucoupes.

« Juste pour informer, commença Nathalie sans se rendre compte qu'elle interrompait un bon moment, Lila et Wang ont rendez-vous dès huit heures demain matin. Souhaitez-vous prendre votre petit déjeuner avant ou après ? »

Et en plus elle osait poser une question demandant une réponse ! Inspirant, Adrien se redressa et lança un « Après » en grimaçant quand il entendit sa voix engourdie par son désir. Marinette pouffa de rire, le cachant rapidement en plaquant sa main sur sa bouche. Elle gagna un regard noir de son petit-ami.

« Très bien. Les chefs le prépareront pour huit heures trente. Bonne nuit.

- Merci Nathalie, bonne nuit. »

Le bruit des talons s'éloigna finalement. Soufflant, Adrien se laissa tomber sur Marinette, marmonnant un « Tueuse d'ambiance » qui déclencha un nouveau rire pour Marinette. Le blond la regarda alors que le rouge ornait encore ses joues. Elle caressa ses cheveux. Il roula sur le côté, défaisant son pantalon pour se mettre plus à l'aise. Marinette l'imita, se redressant pour retirer ses chaussures et ses bas. Désormais tous les deux en sous-vêtements, allongés l'un contre l'autre dans le lit, la fatigue les submergea. D'un commun accord silencieux, ils se blottirent un peu plus dans l'autre. Adrien déposa un baiser sur le haut de la tête de Mari' alors qu'elle passa son bras autour de sa taille et embrassa sa poitrine. Un « Bonne nuit. » et un « Je t'aime » plus tard, ils se laissèrent enfin emportés par Morphée.


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Ils s'arrangèrent pour ne pas croiser Wang ou Lila le lendemain. Au lieu de ça, ils passèrent la matinée sans même penser à eux une seule seconde. Quand Marinette quitta le manoir aux alentours de onze heures pour rejoindre sa famille, Adrien ne put empêcher un mauvais pressentiment glisser en lui et le prendre au plus profond de lui.

Demain, c'était la rentrée des classes. Demain, Wang ferait sa rentrée dans le même lycée que Marinette. Et ce n'était pas les messages qu'il envoyait à Nino ou Alya qui le rassurait.


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La rentrée des classes était toujours le moment de l'année où le lycée fourmillait le plus. Les nouveaux couraient un peu partout, perdus dans ce nouvel établissement. Les secondes et troisièmes années couraient aussi partout mais c'était surtout pour rejoindre au plus vite leurs amis. Le principal et le CPE tournaient dans les couloirs et les cours, indiquant les directions à prendre aux nouveaux ou rappelant à l'ordre les anciens.

Marinette aimait cette journée. C'était une véritable fourmilière désordonnée mais tellement entrainante. De loin, elle vit son groupe d'amis déjà bien regroupé. Alya et Nino parlaient avec entrain, rigolant à une blague que venait sans doute de faire Kim ou Alix. Ces deux-là étaient en train de se disputer, surement un énième défi lancé. Souriante, elle traversa la cour et arriva à leur hauteur. C'est Rose qui la remarqua en premier.

« Hey ! Mari' ! »

De fait, tous les regards convergeaient vers elle.

« Quoi ? Ne me dites pas que je suis la dernière ? »

Vu la moue de Nino et l'éclat de rire d'Alya, elle ne doutait pas un instant de la réponse. Grimaçant, elle salua sa meilleure amie d'un câlin, prit ensuite Nino dans ses bras et fit une bise au reste du groupe. Plongé dans la conversation, aucun d'entre eux ne remarqua un chinois en retrait, les observant avec une colère grandissante en lui. Personne ne remarqua le regard glacial qu'il lança à Marinette, ni que ses poings se fermèrent pour trembler d'une rage à peine contenue.


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Il passa à l'attaque lors de la pause de l'après-midi. Nino et Alya étaient dans la même classe que Mari' la plupart du temps mais, cet après-midi, elle avait une option qu'ils n'avaient pas prise. Résultat : les gardes du corps officiels de la jeune femme n'étaient pas avec elle et Nathanaël, qui avait la même option qu'elle, n'avait pas pu l'accompagner vu qu'il devait retourner à son casier pour prendre ses affaires.

Second résultat : alors qu'elle passait près d'une classe, elle fut happée sans ménagement. Elle laissa échapper un cri qui fut vite retenu par une main sur sa bouche. Son portable tomba au sol sans que son agresseur ne le voit. La porte claqua derrière eux, personne n'ayant vu l'action tellement elle s'était vite passée.

Le corps de Marinette frappa brutalement le mur à côté de la porte. Elle étouffa un juron et eut le souffle coupé sous la violence du choc. Dans un coin de son esprit, elle entendit le verrou de la porte de fermer. Son cœur se serra et la peur s'empara de son corps. Le temps que ses yeux se réajuste à son environnement et un corps se plaqua contre le sien, la bloquant complètement. Encore quelques secondes et elle prit pleinement conscience de son environnement.

Son cœur se stoppa et ses yeux s'écarquillèrent quand elle reconnue Wang contre elle. Son instinct primaire fut de s'échapper. Immédiatement, elle tenta de bouger, de s'écarter de lui. Mais elle n'avait aucune prise, aucune marge de manœuvre. Il sentit la tension dans son corps et il s'appuya un peu plus contre elle, sa main toujours contre sa bouche. Sans le vouloir, les larmes montèrent aux yeux.

« J'ai fini de jouer avec toi chérie. J'ai été plus que patient, tu ne crois pas. Siffla-t-il contre son cou. »

Elle donna un léger coup de pied contre son tibia. Mais elle n'avait pas assez de recul pour pouvoir lui faire du mal. Fermant les yeux quand les lèvres de Wang se posèrent sur sa peau, elle réprima un cri et un haut de cœur. Il fallait rester lucide. Elle connaissait cette salle. C'était une salle d'art plastique. Elle reconnaitrait l'odeur de la peinture entre mille. Il fallait qu'elle sorte de là. Et vite !

« Tu es à moi. Moi seul. Blondinet a suffisamment posé ses mains sur toi. Tu m'appartiens. »

La seconde main de Wang commença à remonter sous son tee-shirt. Pris dans ses gestes, il relâcha légèrement son emprise sur sa bouche. Elle le mordit. Le plus fort possible.

Hurlant, il s'écarta instinctivement, donnant cette fois assez d'espace pour qu'elle puisse le frapper dans ses parties intimes avec son genou. Il se plia en deux et elle réussit à sortir de son étreinte. Mais avant qu'elle ne puisse faire plus d'un pas, il la rattrapa par le bras.

« Espèce de salope ! »

Alors qu'il l'attirait vers lui brutalement, sa main vint la frapper au visage dans la foulée. Sous la violence, sa vision se brouilla, vacilla et finit par perdre l'équilibre. Son corps heurta la table la plus proche. Son visage frappa sans ménagement le coin alors qu'elle s'effondrait et elle sentit une brulure au niveau de sa main. Les fournitures nouvellement mises sur la table tombèrent dans un vacarme à sa suite. Marinette gémit, ramenant sa main endolorie contre sa poitrine alors qu'elle roulait sur le dos. Elle vit Wang la dominer, son visage tordu par une rage qu'elle n'avait jamais vu chez lui.

Peur.

Une peur sans nom s'engouffra en elle, la paralysant un instant alors qu'il la regardait de la tête au pied. Instinctivement, son corps se tendit et elle commença à ramper en arrière. Ne lui laissant pas le temps, Wang se pencha un avant et l'attrapa une nouvelle fois par le bras.

« Non. » Hurla-t-elle.

Remise sur pied, Wang la coucha sur la table alors qu'elle se débattait, continuant de crier contre lui. Il la frappa une fois de plus au visage, la faisait taire un instant. La vision trouble, elle continuait de se débattre alors qu'il continuait de lui parler. Seuls quelques mots arrivaient à son cerveau. Toujours les mêmes. « Mienne ». « Chienne ». « Paiera ». « Patient ». « Con ». Elle ne comprenait rien. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle devait partir d'ici. S'échapper de son emprise. Et maintenant ! Reprenant conscience pleinement, elle s'empara d'une agrafeuse à côté d'elle et frappa Wang. Seulement, il anticipa son mouvement et l'arrêta sans difficulté.

« Oh non chérie. Railla-t-il en plaqua ses deux mains au dessus d'elle et en s'imposant entre ses jambes. Il est temps que je reprenne mes droits sur toi. Il est temps que tu comprennes de nouveau que tu n'es qu'à moi et personne d'autre. Surtout pas blondinet.

- Lâche-moi Wang. Pleura-t-elle en se tortillant sous lui. Ne fais pas ça.

- Ça t'excite tout ça ? Il fallait me le dire chérie. On peut jouer à ce petit jeu de rôle quand tu veux. Roucoula-t-il contre son oreille, déclenchant un énième haut de cœur. Dis-moi chérie, qu'est-ce que Blondinet t'a fait ? Où dois-je te marquer à nouveau ?

- Ne me touche pas. S'il-te-plait.

- Oh chérie. Sourit-il en caressant son flanc.

- NON ! Cria-t-elle de nouveau.

- Mari ? »

Jamais elle n'avait été aussi heureuse que d'entendre la voix de Kim. Ses yeux s'écarquillèrent au même moment que ceux de Wang. Seulement, son cerveau fut plus rapide que le sien. Avant même qu'elle n'ait pu crier une fois de plus, le chinois plaqua sa main sur sa bouche et l'autre sur sa gorge, la menaçant silencieusement. Il ne la perdrait pas. Pas maintenant ! Pas si près de la refaire sienne, qu'elle le veuille ou non. Il en était persuadé : il lui suffisait de reprendre son corps pour qu'elle se soumette de nouveau à lui.

Ce qu'il n'avait pas anticiper, c'était que Marinette, ayant ses mains de nouveau libres, avait de quoi riposter désormais. Reprenant un objet à ses côtés, elle frappa Wang à la tête. Il fut déboussolé, juste assez pour qu'il tombe sur le côté, l'entrainant avec lui. Sa bouche de nouveau disponible, elle cria le nom de Kim aussi fort que possible.

« Marinette ! Merde. Bouge de la porte. »

Alors qu'elle se levait pour se dégager de l'emprise de Wang, il la rattrapa par le pied et la fit tomber. Cette fois, ce sont les chaises qui stoppèrent sa chute, percutant son diaphragme assez violemment. Le souffle coupé, Marinette eut du mal à respirer pendant suffisamment de temps pour que des points noirs viennent danser devant ses yeux. Elle entendit à peine la porte s'ouvrir en fracas, le cri d'indignation de Kim alors qu'il se jetait sur Wang. Elle n'entendit qu'à peine l'appel à l'aide d'Alix. Elle ne l'entendit pas non plus venir vers elle. Mais elle sentit ses mains sur elle. Immédiatement, elle cria et tenta de se dégager, persuadée qu'elle était Wang. Et, tout aussi rapidement, elle tomba dans l'étreinte de Nino qui vint derrière elle et lui chuchota des paroles réconfortantes. Son odeur, son timbre de voix, sa carrure… Elle les connaissait par cœur. Instinctivement, elle se détendit dans ses bras.

Et ce fut le noir.


oOo

Quand elle se réveilla, Marinette sentit tout d'abord un immense mal de tête tambouriner contre son crâne. Elle gémit, plissant les yeux plus fermement, comme si ce geste pouvait atténuer ce fichu mal de tête. Immédiatement, une paire de main vint s'emparer de sa main droite. Si son premier instinct a été de se tendre, elle reconnut rapidement le mouvement circulaire contre le dos de sa main. Elle pourrait reconnaitre ces mains n'importe où. Doucement, toujours les yeux fermés, elle prit conscience de son environnement. Les notes du parfum d'Adrien couvraient une ambiance plus aseptisée. Son cœur s'emballa. Adrien du le sentir et exerça une nouvelle pression sur ses doigts avant de les porter à ses lèvres. Elle tourna le visage vers lui et, avec appréhension, ouvrit les yeux. Elle tomba directement sur le visage inquiet et blanc de son petit ami. Immédiatement, elle se sentit coupable et les larmes montèrent aux yeux. Voyant ça, le blond adoucit son expression et vint caresser sa joue.

« Je suis désolée. Pleura-t-elle.

- Chut Princesse. Tu n'as pas à t'excuser. Tout va bien. Tu es en sécurité. Je te le promets.

- Qu'est-ce que…

- Tu es tombée dans les pommes dans les bras de Nino. Ils ont appelé une ambulance juste avant de m'appeler pour me prévenir. Kim a foutu une raclée à Wang. Il a été arrêté pour agression. Tes parents ont été prévenus. Ils sont à la cafétéria en bas avec Nino et Alya. Les autres sont partis il y a une demi-heure. »

Il continua de caresser sa joue pour la réconforter, chassant ses larmes au fur et à mesure qu'elles tombaient. Elle ferma les yeux, se blottissant un peu plus contre lui.

« Il ne te fera plus jamais de mal. Je te le promets. »

Elle rouvrit les yeux et bloqua son regard dans le sien. Il semblait épuisé. Depuis quand était-il ici ? Il dut comprendre sa question et lui répondit directement.

« Tu es ici depuis près de trois heures. Un médecin viendra probablement te voir de nouveau dès que j'irais leur dire que tu es réveillée. Tu as quelques contusions aux bras, une coupure à la main, à la lèvre et à la tempe. Et tu as deux côtes de fêlées. »

Sa voix trembla de plus en plus à mesure qu'il avançait dans son diagnostic. Le connaissant, Mari' ne doutait pas un instant qu'il se sentait coupable. Coupable de ne pas avoir été là pour la protéger. Mais ce n'était pas de sa faute. Jamais.

À son tour, elle leva sa main pour la poser sur la joue du mannequin. Il s'y lova sans réfléchir, une larme coulant sur sa joue.

« Je vais bien Adrien. Murmura-t-elle. Je vais aller bien, je te le promets.

- J'aurais dû être là…

- Adrien.

- J'aurais dû te protéger.

- Adrien, regarde-moi. Même moi je ne le pensais pas capable de ça. Tu ne pouvais pas le deviner. Ne te sens pas coupable s'il te plait. Tu n'es pas responsable. C'est de la faute. C'est moi la resp…

- S'il y a un responsable ici, je pense qu'il s'agit plutôt de moi. »

La nouvelle voix les fit sursauter. Ils tournèrent leur regard vers l'intrus d'un même mouvement. Adrien écarquilla les yeux et Marinette se figea sur place – bien qu'elle ne puisse pas réellement bouger pour le moment.

« P…Père. Que faites-vous ici ?

- Je vous laisse deviner ma réaction lorsque le directeur de ton lycée m'a appelé pour me dire que tu étais parti brutalement en plein milieu d'un cours sans explication et qu'il serait opportun de prévenir au moins les professeurs ou la direction la prochaine fois qu'un shooting se présente au dernier moment. Siffla Gabriel en lançant un regard acide à son fils. Et je vous laisse une fois de plus deviner ma réaction quand on m'a appris que vous étiez à l'hôpital.

- Je ne pouvais pas laisser Mari' seule pour… »

Adrien fut interrompu par une main levée de la part de son père. Gabriel fit un pas de plus et se plaça devant le lit de Marinette, toujours intimidée.

« Je ne dis pas ça Adrien. Juste… la prochaine fois, non pas que je vous le souhaite Mademoiselle Dupain-Cheng, envoie au moins un message à Nathalie, ton garde du corps et moi pour nous informer de la situation. Tu n'imagines pas l'angoisse que l'on ressent lorsqu'on apprend que notre enfant est à l'hôpital.

- Désolé. Concéda Adrien, penaud, en échangeant un regard avec Marinette qui l'encouragea d'un léger sourire tendu.

- Je vous dois des excuses Mademoiselle Dupain-Cheng. Reprit Gabriel en se tournant pleinement vers la jeune femme.

- Oh ? Euh…

- Je ne vous ai pas prise suffisamment au sérieux à propos de votre ex petit-ami il semblerait. Je n'ai jamais voulu que vous finissiez dans un hôpital à cause d'un de mes employés.

- Comme je l'ai dit à Adrien, je ne le croyais pas capable d'aller si loin également. Je ne peux pas vous blâmer pour ça.

- Je tiens tout de même à m'excuser. J'espère que vous acceptez mes excuses.

- Bi… Bien sûr. Bafouilla-t-elle.

- Je peux vous promettre que Wang ne sera plus un problème pour vous à partir de maintenant. »

Devant les airs interrogateurs des deux adolescents, Gabriel commença à ouvrir la bouche pour s'expliquer lorsque les parents de Marinette entrèrent dans la chambre. L'homme se mit en retrait alors que les Dupain-Cheng couraient autour de leur fille.

Pendant cinq minutes, Père et Fils restèrent près l'un de l'autre, observant les parents rassurer et se faire rassurer par leur fille. Nathalie arriva au bouts de ces quelques minutes, avertissant Gabriel qu'il devait bientôt partir pour ne pas être en retard à son prochain rendez-vous. Lorsqu'il était sur le point de sortir de la pièce après avoir fait ses au-revoir, Adrien sortit de sa torpeur et l'appela.

« J'aimerais amener Marinette en week-end. Pour nous ressourcer et pour l'éloigner un peu de tout ça. Si tu es d'accord Mari et si tes parents l'acceptent, bien évidemment. Reprit-il en se tournant vers les Dupain-Cheng. J'ai un excellent centre de remise en forme en tête et il est idéal pour reprendre des forces et se faire chouchouter. Je pense que tu le mérite largement Princesse. Sourit-il doucement.

- J'adorerais mais…

- Je peux dégager ton vendredi et le week-end au complet. Approuva Gabriel une fois l'approbation silencieuse des parents de Marinette obtenue. Considère les réservations comme déjà faites.

- Merci Père. »

Il hocha la tête légèrement et tourna les talons, non sans lancer un dernier « Rétablissez-vous bien. » à la jeune femme.