NOTA : Bon... Je suis vraiment DÉSOLÉE de ne publier la fin de cette fic que maintenant mais je déteste ne pas finir une histoire... alors me revoilà pur conclure... J'envoie UN GRAND TRÈS GRAND IMMENSE MERCI à tous ceux et celles qui m'ont lue et encouragée à finir (Kelewan, Mlle-Holmes, Hpdm2003, audelie, Brigitte26 et tellement d'autres... )


Épilogue (partie 2)

Chester Patil fut condamné à 10 ans de réclusion à Azkaban. Étonnement, Draco avait bénéficié de jurés entièrement acquis à sa cause, il avait su convaincre et il savait pourquoi. L'incartade coquine dans les toilettes du Tribunal avait eu pour mérite de dissiper une partie de son stress et de lui insuffler de la confiance ; ainsi que la certitude de n'être désormais plus seul à lutter. Alors pour une fois, il s'était montré un peu plus authentique, un peu plus humain, laissant sa froideur Malfoy de côté, cette fameuse attitude distante et arrogante qui avait toujours été sa façon de se protéger des émotions et des autres.

Il n'en avait pas eu très envie mais Harry et ses amis avaient tenu à faire une petite fête en son honneur pour célébrer sa réhabilitation totale, ironie du sort lorsque, quelques mois avant à peine, il avait risqué de finir ses jours au fond d'une cellule d'Azkaban. Une réception simple mais chaleureuse avait été dressée dans le jardin des Weasley sur l'insistance de Molly…. Et c'était un lieu que redoutait un peu Draco, bien qu'il sache parfaitement à quel point il était symbolique pour Harry.

S'il avait toujours eu une cour acquise à sa cause du temps de Poudlard, il n'était pas si à l'aise dans les réceptions mondaines, surtout après s'être mis autant à nu, lui qui avait toujours pour habitude de se draper dans les faux semblants. Il avait l'impression qu'on ne le regardait pas de la même façon et c'était quelque chose de dérangeant, qu'il ne contrôlait pas... Il savait bien qu'il faudrait des années pour apprendre à lâcher prise mais en cet instant il aurait donné beaucoup pour se retrouver sur une île déserte avec Harry et personne d'autre…

- Eh bien, après tant d'années de vie de misanthrope, te voilà au cœur des festivités !

C'était Blaise qui venait l'accueillir, avec un verre de Punch à la couleur arc-en-ciel si improbable qu'il était évident qu'il avait été préparé par Luna.

- Si tu inclues les mois de cachot, en effet je n'ai pas vu grand monde depuis quelque temps.

- Ohla, tout doux Draco, si tu commences sur la défensive avec moi, ça promet pour la suite.

Et son ami lui offrit un de ses grands sourires francs qui eut pour effet de calmer la nervosité du blond. Blaise reprit :

- C'est un grand jour, il n'enlève rien à ce que tu as vécu mais je crois que c'est quand même une sorte de renaissance, tu ne crois pas ? Alors détends-toi…

Il s'exécuta pendant quelques millisecondes, regrettant de n'avoir pas confectionné de potion Méditatis pour calmer ses nerfs. En guise de palliatif, il avala d'un coup le cocktail de Luna qui s'avéra déroutant mais plutôt rassérénant, il jura même que la jeune femme lui envoya un clin d'œil complice…. Merlin seul savait ce qu'elle avait bien pu dégoter pour le composer !

L'effet se dissipa immédiatement lorsque Ginny Weasley parut à la fête. Mais où était Harry, bon sang ?

Leurs regards s'accrochèrent immédiatement, l'attitude aussi fière de part et d'autre et il semblait que les discussions avaient baissé d'un ton lorsque la jeune femme rousse était entrée. L'idylle entre le Sauveur et la fille Weasley était connue de tous et si peu de monde connaissait la nature du lien entre Draco et Harry, il était clair à l'attitude de Ginny qu'elle au moins était dans la confidence.

L'ancien Serpentard se raidit instinctivement. La jalousie était lovée quelque part dans son cœur, fruit de ses doutes et de sa trop grande fragilité, il se savait prêt à mordre, savait aussi qu'il fallait résister de toutes ses forces. Que la belette rousse avait compté et comptait encore beaucoup pour Harry et que c'était quelque chose qu'il fallait accepter…

C'est elle qui fit le premier pas et tendit une main raide vers lui.

- Malfoy.

Il salua sans un mot, sous le regard un peu inquiet de Blaise. Elle poursuivit :

- Je vais essayer de parler d'un trait, si tu pouvais ne rien dire, ce serait bien… Toi et moi, je crois qu'on ne s'est jamais trop aimés.

Il eut un rire nerveux bref.

- J'aime Harry infiniment…

A ces simples mots, il sentit tout son corps se rigidifier et l'acide de la jalousie attaquer son propre cœur mais il la laissa continuer, d'autant qu'elle conservait le regard baissé évitant la confrontation visuelle directe.

- … Mais je n'ai pas réussi. A combler ce vide en lui, cette souffrance, cette culpabilité… Ses démons prenaient trop de place. J'ai abdiqué, qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? Il n'y avait pas de place pour moi. Je suis passée à autre chose… et aujourd'hui, lui et toi, je crois que je peux composer avec…

- Tu crois que j'ai besoin de ta permission, Weasley ?

La voix avait sifflé, plus aigüe qu'il ne l'aurait voulu, plus agressive aussi… Elle ne s'en laissa pas compter.

- Bien sûr que non, mais je voulais te dire que s'il y a une chance qu'il soit heureux avec toi alors tu seras toujours le bienvenu chez moi, sincèrement.

D'un coup, toute l'animosité de Draco se dissipa devant la franchise de la jeune femme, la maîtrise qu'elle essayait de donner aux inflexions de sa voix pour ne pas trembler, ne pas pleurer… le courage pour dépasser la jalousie, le mépris… Elle reprit :

- J'ai dépassé mes préjugés, Malfoy, je n'ai aucun doute sur tes sentiments pour lui, d'une certaine façon, je l'ai toujours su…

Il osa la regarder dans les yeux, impressionné par la flamboyance soudaine qui teintaient ses prunelles. Elle continua, comme si elle lisait soudain dans son cœur :

- Si tu savais comme il parle de toi. Combien ses yeux brillent, combien son cœur bat fort et combien il semble apaisé. Son sourire l'illumine à chaque fois qu'il prononce ton prénom, je vois le soleil là où il n'y avait que des larmes dans son cœur. L'amour, c'est la générosité du cœur, il se moque de qui tu étais, de ce que tu as pu faire par le passé, il sait lire en toi quelque chose que beaucoup, comme moi, n'ont pas voulu voir. Cette alchimie-là est rare, alors pitié Malfoy, pitié, ne la gâche pas, avec tes doutes, ta manie d'être toi et ta peur du bonheur, c'est un joyau trop précieux…

C'était comme se prendre une claque ou un Endoloris soudain. Ses doutes revinrent instantanément. Bien sûr les mots de Ginny lui réchauffaient le cœur, mais la peur du bonheur était réelle, immense. Était-il à la hauteur ? Peut-on être heureux après avoir passé par l'enfer ? Existe-t-il une rédemption pour les cœurs noirs ? Les mots lui manquèrent.

Dans ce vertige de questionnement intérieur, il ne le vit pas arriver, juste derrière elle, doucement, le regard doux.

- Hey Malfoy, arrête la surchauffe, on dirait Hermione quand elle pense trop !

Il sursauta, immédiatement happé par ses yeux verts. Il y lisait tellement de bienveillance et tellement de promesses. L'effet dopant fut immédiat.

- La surchauffe des neurones, ça ne risque pas de t'arriver, toi qui n'as jamais été fichu de réussir la moindre potion !

Mais avant de se replonger dans son costume Malfoy et son cynisme de façade, il adressa un regard intense et profond à Ginny Weasley, la reconnaissance et l'authenticité qu'elle y lut la toucha réellement et la rassura sur le futur. Et elle eut une certitude :

Tout le monde peut changer. Pour certains, il faut parfois toucher le fond pour mieux renaître. Après quoi l'espoir est permis.

FIN