Chapitre 27. La sauge atlantique
Le lendemain, Hermione s'interdit tout prétexte pour aller voir le Maître des potions de son équipe pour qui elle avait clairement une préférence.
Ce fut lui qui vint se pointer à son bureau, sans s'annoncer, à une heure où tous avaient déjà quitté le navire pour le weekend.
Il la trouva courbée sur un parchemin, les mains plongées sa masse de boucles brunes.
- Je vois que vous avez retrouvé votre entrain, ironisa-t-il.
Elle mit une seconde à émerger de sa réflexion. Ses yeux étaient brûlants de fatigue.
- Oh, vous êtes encore là.
Elle essaya d'ordonner sa tignasse qu'elle brassait dans tous les sens depuis une demi-heure, puis enchaîna :
- Vous allez être le premier à apprendre la nouvelle, alors : on abandonne les tests avec la sauge nordique. Décision de la direction.
Severus haussa un sourcil.
- Vraiment? Ne m'expliquez pas pourquoi, je préfère me complaire dans mon ignorance béate.
Elle soupira et le contempla, les bras ballants, le cerveau vide.
- Vous n'auriez pas une idée de génie? lâcha-t-elle.
Cette fois, il haussa les deux sourcils.
- Sauge atlantique?
- Ingrédient trop rare, et par conséquent trop coûteux.
Elle marqua une pause.
- Mais je serais vraiment curieuse de savoir quel lien vous faites entre la sauge atlantique et la rage de l'hippogriffe.
- C'est un ingrédient qui rend le sang de licorne moins réactif. Du moins, d'après mes expérimentations personnelles.
Elle le scruta avec intérêt, en oubliant même sa fatigue et son projet foireux.
- Vraiment? Vous utilisez cette variété de sauge? Fraîchement cueillie?
- Si.
- Mais la croissance nécessite beaucoup d'heures d'ensoleillement, non?
- Il suffit de se trouver au bon endroit. C'est surtout l'étape de l'évaporation qui est délicate.
- Et vous faites macérer la sauge pendant combien de temps?
- Une semaine environ, dépendamment du cycle de la lune. Je peux vous montrer, si ça vous intéresse.
Il y eut un flottement.
Le visage de Severus était neutre.
Les réflexes de fuite d'Hermione ne s'activèrent pas comme à l'habitude, à croire que leur mécanisme était cassé.
- J'aimerais beaucoup, s'entendit-elle répondre.
- Très bien. Je suis à vous dans cinq minutes, le temps de nettoyer mes chaudrons.
Hermione passa ce temps assise à son bureau, figée comme une pierre, à essayer de nommer l'émotion inconfortable qui s'était nichée dans son ventre. Peut-être, au fond, que c'était simplement de l'excitation.
- Vous êtes prête? demanda Severus, de retour après le délai promis.
Elle se leva et dut s'éclaircir la gorge pour parler.
- Oui.
- Allons-y.
Il lui tendit une main.
Elle songea, en y déposant la sienne, que partir à l'aventure avec Severus Rogue commençait drôlement à lui donner un sentiment de sécurité.
Je m'arrête ici pour aujourd'hui.
À bientôt!
