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Coucou les gens, j'espère que vous allez bien !
On se retrouve aujourd'hui pour le vingt-troisième chapitre de cette fanfiction ! J'espère qu'il vous plaira !

N'hésitez pas à me laisser une review pour me donner votre avis !

Bonne lecture !

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Chapitre XXIII : Comme deux fous.

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PDV Antoine

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Je grognais et me pinçais les narines en descendant le dernier échelon de l'échelle en métal rouillée. Mes pieds rencontrèrent le sol en béton, un petit trottoir étroit près d'une fausse remplie d'une eau crasseuse et pleine de déchet. L'endroit était noyé dans l'obscurité et puait la mort. Mathieu éclaira l'endroit avec sa lampe de poche en grimaçant de dégout, éclairant les toiles d'araignées ainsi qu'un gros rat brun qui s'enfuit dans un tuyau en nous voyant.

« Il faut vraiment du courage pour être égoutier. Cet endroit fait flipper... » murmurais-je.

Plus j'avançais dans la folie saugrenue de Mathieu, dans son histoire étrange de monstre, moins j'y croyais et plus je pensais à faire demi-tour. Certes, j'y croyais un peu, avec les récents évènements que nous avions vécus je ne pouvais pas faire l'aveugle, mais une partie de moi restait septique. Etait-il possible que nos esprits tordus et malheureux de parents tourmentés aient imaginé tout ça ? J'osais espérer que non. Ça ne ferait que décevoir Mathieu et nous prouver que nous serions bons à être internés.

« Bon... c'est bien beau tout ça, mais on va où maintenant ? C'est grand les égouts, on risque de se perdre. »

J'avais prononcé cette phrase sur un ton de reproche, et mon mari me jeta un regard noir. Je savais que nous n'étions pas assez préparé, que nous aurions dû revoir notre plan avant de nous lancer comme ça n'importe où.

Mathieu commença à avancer, ses pieds frappant le béton, jetant par moment des yeux inquiets vers la mélasse répugnante qui longeait le petit trottoir. On marcha longtemps dans cet endroit répugnant, mes yeux finirent par s'habituer à l'obscurité alors qu'on s'enfonça un peu plus dans les égouts. Jamais nous n'arriverions à retrouver notre chemin. Encore un détail auquel nous n'avions pas pensé.

« Bordel, on est perdu... on va crever ici comme des chiens... » grommelais-je à plusieurs reprises dans ma barbe.

Mais à chaque fois Mathieu me rassurait, ou plutôt s'énervait en me contredisant.

« On pourra sortir ! Il faudra juste trouver une bouche d'égout ! Il y en a plein ! »

Je ne sais pas combien de temps on passa dans cet endroit, mais sans doute toute la nuit, voire plus. Je finis par m'habituer à l'odeur ignoble et j'appris à ne pas me plaindre de mes jambes devenues douloureuses à force de marcher. Mathieu gardait son objectif en tête, moi je désespérais. Il n'y avait rien ici, nous ne savions pas où chercher, d'ailleurs, que cherchions nous ? Alois ? Son cadavre ? Un monstre de conte de fée ?

Je poussais un profond soupir en observant autour de moi. Par moment, nous rencontrions de grands tuyaux qui coupaient le mur que nous longions ou qui transportaient ailleurs l'eau pleine de déchets. Au bout d'un moment, je grognais et m'arrêtais au milieu du trottoir en sortant mon portable de ma poche pour regarder l'heure. Pas de réseau. Si lun de nous se pétait une jambe, nous serions emmerdé pour trouver de l'aide.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Mathieu en se tournant vers moi.

« Il est onze heures. Putain Mathieu, tu sais depuis combien de temps on est là, à explorer les égouts de Nantes ? Presque quatorze heures. J'en ai assez, on rentre.

-Quoi ? Et Alois ?

-Mais putain, Alois n'est pas ici ! Tu comprends ça ?! On s'est juste fait des idées, encore une fois ! Je me suis laissé emporter dans ton histoire stupide, on a joué les enquêteurs comme des gosses alors que même la police n'a aucune idée de où il peut être ! Les égouts, on est dans des putains dégouts ! Comme si ça allait nous aider, merde ! » m'énervais-je en faisant les cents pas.

« Et tous les signes ?! Le récit de ces gosses ?! Les disparitions d'enfants mystérieuses tous les vingt-cinq ans ?! Ton rêve qui correspond à cette histoire réelle qu'on a trouvé ?!

-On est fou, Mathieu ! Fou ! Tu comprends ça ?! Je sais pas comment on a fait, mais on a inventé toute cette histoire de toute pièce ! Je sais que c'est dur à entendre, mais il faut se faire à l'évidence, le Baba Yaga n'existe pas et notre fils est surement déjà mort, enfermé dans la cave d'un pédophile ou noyé dans un ruisseau ! » m'écriais-je, les larmes aux yeux.

Mes paroles résonnèrent encore dans les tuyaux autours de nous avant que le silence ne tombe dans les égouts. Mathieu, la respiration hachée en train de retenir ses larmes, me regardait comme s'il voulait me tuer. J'y avais peut-être été allé un peu fort, mais il fallait me comprendre : j'étais excédé et épuisé moi aussi.

« J'y crois, Antoine ! J'y crois. Alors, si tu veux partir, part ! Mais moi je continu à chercher mon fils. » dit-il calmement, la gorge nouée.

Il m'énervait. Son désespoir me rendait fou, son obstination aussi. Je voulais qu'il arrête de se faire du mal, de se donner de faux espoirs, je voulais qu'il affronte la réalité en face même si ça voulait dire revenir à la case départ, commencer une autre vie en abandonnant l'espérance de revoir notre fils. Je le pris durement par les épaules, le secouant dans tous les sens, le coeur battant et le ventre noué par l'angoisse d'avoir à jamais perdu mon mari en plus de notre enfant.

« Arrête Mathieu, arrête je t'en supplie ! »

Si au moins il essayait de chercher une solution logique à tout ça, si au moins il n'inventait pas des histoires à dormir debout ! Toute l'énergie que nous avions mis à la recherche du Baba Yaga, nous aurions pu la mettre dans la recherche du ravisseur de notre fils ! Mais non. Je m'en voulais, je n'aurais pas dû l'encourager dans ses illusions.

Mathieu grogna et se débattit, voulant sortir de mon emprise, et je trébuchais en tombant avec lui dans l'eau crasseuse des égouts. Je m'écartais vivement de lui en me redressant, glissant sur le sol, pataugeant dans cette mélasse dégoutante.

« Beurk ! » m'exclamais-je en observant mes bras couvert de papier toilette.

J'allais puer la mort, c'était certain, et mes habits étaient bons à jeter. Je soupirais, calmé par cette baignade imprévue, et dit doucement :

« Excuse moi, j'ai agis trop violement. Mais... on ne devrait pas se jeter comme ça dans ces histoires stupides, ça ne nous mènera à rien... rentrons pour faire de vraies recherches sur ce qui est arrivé au petit. Daccord ? Mathieu ...? Oh, tu mécoutes ? »

Je tournais la tête vers lui et fronça les sourcils en l'observant. Il était tout aussi trempé que moi, mais ça semblait être le dernier de ses problèmes. Assis dans l'eau, le visage d'une pâleur inquiétante, il éclairait d'un bras tremblant une sorte de cailloux qu'il avait dans le creux de son autre main avec sa lampe de poche qui avait miraculeusement évitée l'eau.

« Un os... c'est un os...

-Mathieu, il doit y avoir plein d'os, dans les égouts ! C'est peut-être un os de rat, ou des restes d'un poulet ! » tentais-je de le rassurer en soupirant.

« Un os de rat, un truc aussi gros ?! On dirait une partie d'un bassin humain...

-Arrête. Tu te fais des idées... c'est peut-être un chat, ou un chien ? »

Mais il ne m'écoutait déjà plus. Il se mit à quatre pattes pour chercher frénétiquement, fouillant l'eau avec ses mains à la recherche de je ne sais quoi. Il finit par avoir un violent haut le coeur, redevenant immobile, sa main ayant sans doute rencontrée quelque chose. Je m'immobilisais à mon tour : il était vrai que l'ambiance pesante et cette découverte macabre m'inquiétait.

« Qu'est-ce que tu as trouvé ? » demandais-je dans un souffle.

« Je ne suis pas sûr... » murmura-t-il, incertain et la lèvre tremblante.

Il prit une petite inspiration en s'armant de courage alors que je me mordais la lèvre inferieur en regardant attentivement l'endroit où ses mains rencontraient l'eau. Il finit par brandir hors de l'eau une sorte de caillou blanc et bien rond à première vue, mais bien vite je fus forcé d'admettre que les doutes de Mathieu n'étaient pas fondés : c'était indéniablement un crâne humain.

« Mon dieu... » murmurais-je, en prenant l'ossement pour l'observer.

C'était un crâne assez petit, surement celui d'un enfant. Les tripes nouées par l'appréhension, je demandais d'une petite voix :

« C'est lui ?

-Non, ce crâne est bien trop vieux. Il doit être là depuis des années, si tu veux mon avis. » murmura-t-il, la mine sombre en continuant à fouiller l'eau brune et verdâtre.

Je l'aidais à chercher et nous sortîmes plus d'une vingtaine d'ossement, que ce soit des crânes, des parties de colonne vertébrale, des phalanges ou des os qui nous étaient inconnus. Certains semblaient anciens, d'autres un peu moins, mais impossible pour nous de dire de combien d'années ils dataient. Une chose était sûr, il s'agissait d'enfant.

« Tu avais raison. » murmurais-je en fixant les os, ébahi.

En soit, tout ça ne prouvait rien : il y avait peut-être eu différents meurtres ici, fait par une personne humaine en chair et en os, pas un monstre mais un sérial killer dont le repère se trouverait dans les égouts. Pourtant j'y croyais. Je croyais Mathieu, je croyais à ses histoires bizarres, j'y croyais dur comme fer sans savoir expliquer pourquoi. Après tout, ces squelettes, ou du moins ce qui en restait, étaient ceux d'enfants et le Baba Yaga n'enlevait que des enfants.

Je me tournais vers mon conjoint, les larmes aux yeux. Je m'en voulais de ne pas l'avoir cru, à cause de moi nous aurions pu passer à côté de ça, sans aucune chance de retrouver Alois. Quoique, après cette découverte, je n'étais pas sûr qu'il soit vivant... Je n'avais même plus aucun espoir. Mais je comptais bien retrouver ce monstre et venger mon gosse. Mathieu plongea son regard dans le miens, en colère mais également bouleversé. Tous ces enfants morts dans d'atroces souffrances dont les parents n'avaient plus aucune nouvelle, ils ignoraient le sort terrible de leur progéniture et devaient se demander s'ils étaient encore en vie. Je préférais indéniablement savoir mon fils mort plutôt que de ne pas savoir s'il était prisonnier ou autre...

« Je suis désolé... » soufflais-je sans quitter mon mari des yeux.

Mathieu soupira et secoua doucement la tête, s'apprêtant à parler avant qu'un long cri strident, un cri rempli d'horreur et de douleur ne se mette à résonner dans les égouts, provenant du tuyau devant nous.

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Voilà, c'était le chapitre vingt-trois, j'espère qu'il vous aura plu ! On approche doucement de la fin ! :)

Encore une fois, je serais ravi d'avoir vos avis !

Passez une bonne semaine, on se retrouve le week-end prochain !

Amour et licorne *^*

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