Ah que bien le bonjour ! Ici Little Tartine, j'espère que vous allez bien !
On remercie chaleureusement Nimk-chan pour son follow et son favori, bienvenue dans cette aventure de folie
Préparez bien vos mirettes que les couleurs sont à l'honneur dans ce chapitre ! Beaucoup d'expressions qui se rapportent à la couleur sont dissimulées dans le texte, sauriez-vous les trouver ? :3 Vous retrouverez LCDAH pour le commentaire de fin, des bisous !
Ciaossuuuuuu
Chapitre 23 :
De toutes les couleurs
Point de vue Akira :
- J'ai avalé cinq arêtes ! je m'ébaubis. Et toi ?
- Sept, je crois bien que je t'ai battue.
Amerika et moi rigolons comme s'il s'agissait de la meilleure blague du monde et lançons le reste des poissons grillés dans l'écume de mer. Je mâche longuement, contemplant l'aube mais un élément non identifié gène mes gencives. J'introduis un doigt dans ma bouche et en extrais un petit os.
- Ah ! J'en ai eu six au final, je fais remarquer en l'avalant goulûment. Mais ça en fait toujours une de moins que toi.
- Ce n'était pas véritablement une compétition, me rassure-t-il en souriant.
Un rival. J'aurais pu avoir envie de faire d'Amerika un rival lorsque j'ai constaté hier qu'il était plus douée que moi en navigation. Il est même parvenu à faire jeu égal avec Nami, donc c'est pour dire ! Pourtant ils ont recours à des méthodes pour le moins différentes. La rouquine se fit davantage au courant marin et à la météo. Amerika, quant à lui, ne jure que par le vent. Il était incroyable, je n'ai pas d'autres mots. Et pourtant, plus qu'un rival je voulais m'en faire un ami. Car le cours de Belmer m'a appris quelque chose à son sujet : nous partageons de nombreux points communs.
A commencer par notre amour de la mer, de la nature et des grands espaces. Hier soir, je lui ai proposé par texto de nous retrouver dans une baie ce matin à quatre heures du matin. Lorsqu'il a accepté de but en blanc, je me suis dit que, ouais, on était sur la même longueur d'ondes. Avant de m'éclipser de chez moi, j'ai laissé un mot à ma mère et je lui ai préparé rapidement un petit déjeuner. Il faisait encore nuit noire quand j'ai retrouvé Amerika ici. Ensemble, nous avons observé les constellations sans pouvoir les nommer. C'est Lilly l'astrologue, pas moi. Au lieu de se creuser inutilement la tête, nous avons plutôt inventé des histoires avec des formes que nous dénichions sur cette toile étoilée.
Deuxième point commun que j'ai déjà évoqué : la navigation. Nous avons dérobé un petit voilier, tels deux pirates, pour pouvoir savourer pleinement les embruns frais sur nos peaux. Nous avons vogué sur les vagues pendant environ deux heures, puis nous avons commencé à avoir un petit creux. Du coup Amerika a pêché à mains nues deux bars – oui oui, à mains nues, sans rire. Nous avons amarré le voilier près de la rive et avons amassé du petit bois pour faire un feu de camp.
A présent que les poissons sont passés de la phase grillade à celle de la digestion, je constate une troisième ressemblance entre nous : ce dégoût intarissable des chaussures en tous genres. D'ailleurs Amerika a une manie plutôt comique : il enterre ses pieds.
- Tu aimes à ce point le sable ? je le questionne en arquant un sourcil.
- Pas seulement le sable mais la terre en général.
C'est rigolo. Je souris en nichant mon menton au creux de mes paumes. Ce que ce garçon est tranquille. Il dégage une aura rassurante. Un rayon de lumière m'éblouit tout à coup et m'oblige à reculer.
- C'est l'aurore ! s'exclame Amerika.
Le soleil entame peu à peu sa course contre la montre. Il se dévoile au monde et anéantit l'union que forme la mer et le ciel dans l'obscurité. Je pourrais lui en vouloir mais...
- C'est beau la diversité, non ? s'enquiert Amerika en frottant son bouc.
Tout juste, et ça vaut pour tout. Le levé de l'astre solaire nous narre un conte merveilleux rien qu'en brandissant ses couleurs. L'indigo fond sans déplaisir sur le magenta et le parme. Les teintes incarnat et saumon s'entrelacent pour ne plus se lâcher. La délimitation entre les deux espaces naturels a explosé dans un orange brûlé tempéré. Je prends une photo et l'envoie à ma mère. Peut-être ça lui donnera une idée pour sa prochaine œuvre ? Je prends également un cliché des pieds enterrés d'Amerika car je trouve ça définitivement marrant et l'envoie à Lilly qui doit être encore dans son lit :
De Akira :
« Ohayo Lilly-Chenipan ! »
De Lillynette :
« ZzzzzZZZzzz... Hm ? Ah Akoukou ! L'est trop tôt, je vois encore des moutons. Ah non, ce sont mes cheveux. Zzzzz... Au fait ne fais pas de détour par le Moby Dick, j'arriverai de mon côté, mon père veut me parler. Peut pas se passer de moi shishishi ! Zhizhizhi ! Zzzzzz...zz »
Je rigole comme une folle et fais une capture d'écran de ce message collector. J'envoie également la photo des pieds d'Amerika à Ace suivi de ce message :
De Akira :
« Hello Fifi Brindacier ! Ben quoi, elle aussi a des taches de rousseur, non ? »
Nous décollons une heure plus tard. Le lycée n'est pas tout près, nous avons de la route à faire. Nous marchons, marchons, marchons,
et Ace ne me répond pas.
Nous arrivons quelques minutes à peine avant la sonnerie. Wiper l'attendait devant la grille, lui aussi pieds nus. Comme nous sommes trois à profaner les chaussures, je ne serai pas étonnée que des surnoms prennent vie, tel que « Les Supers panards ». Il n'y a quasiment personne dans la cour étant donné que nous commençons à neuf heures. Amerika et Wiper m'ont laissée dans un couloir. Ils devaient passer en salle d'Arts plastiques avant de nous rejoindre. Nous sommes mercredi, et cette journée est consacrée aux deux polynésiens. Je me demande ce qu'ils nous réservent ? Je déglutis en imaginant la tête de Doflamingo-psychopathe-sensei lorsqu'il comprendra que son cours va être perturbé.
En parcourant les derniers mètres en de grandes enjambées, je consulte à nouveau mon portable. Un message de ma mère mais aucun d'Ace. Ça m'inquiète. J'entre dans la classe comme un bulldozer. Le prof n'est pas encore arrivé, tout le monde est éparpillé. Ace est là, assis à sa place, des écouteurs dans les oreilles. Bon, au moins, il n'a pas la gastro. Peut-être a-t-il mal à la tête ? C'est que les matins sont plus frais désormais. C'est à peine si je réponds aux saluts de Nami et Vivi, je fonce droit vers lui. Je sors une boîte de paracétamol et l'abats sur son pupitre. Il sursaute et retire ses écouteurs :
- Euh... Je dois te dire « bonjour » ou « pourquoi tant de violence » ?
- Tu dois te taire et avaler un caché.
Il hausse un sourcil, surpris par mon ton inquisiteur, puis se tourne vers moi, croise les mains et me lance un petit sourire.
- Je ne suis pas malade.
- Je ne te crois pas, tu m'aurais répondu sinon.
Sans attendre d'autres répliques de sa part, je dégaine une main impérieuse et la plaque contre son front. Je la retire aussitôt :
- Tu es brûlant !
- Je suis toujours brûlant.
- Sérieux ? Dans ce cas tu peux allumer ma clope ?
La remarque nous surprend tous les deux. Elle provient de Baby 5 qui est adossée à la fenêtre, une cigarette éteinte entre les doigts. C'est rare de l'entendre s'exprimer.
- Pas dans ce sens ! ronchonne Ace. Ma peau est naturellement chaude...
- ... à l'instar de celle d'Aokiji qui est gelée, complète Vivi qui vient s'installer à sa place.
- Oui voilà, et... Attends, comment tu sais ça toi ?!
Elle nous administre un clin d'oeil qui signifie « Nami et moi sommes bien informées ». Bon, la bonne nouvelle c'est que Ace est en pleine forme. Je m'apprête à lui demander s'il a reçu la photo des pieds d'Amerika lorsque Doflamingo fait son entrée, suivi d'Amerika et de Wiper. Tiens mais où est Lilly ? Elle n'est pas encore arrivée ! Les deux polynésiens apportent avec eux plein de bouteilles de peinture. Ooooh ! Mon enthousiasme est aussitôt anéanti par la chaise que renverse volontairement le prof d'histoire-géo. Il s'assied ostensiblement sur son bureau comme pour narguer les deux invités et leur jette un regard noir à travers ses lunettes. Puis il sort un livre intitulé « Smile » et se met à bouquiner sans prononcer un seul mot. Je crois qu'il n'apprécie pas la Semaine des correspondants, et encore moins qu'on empiète sur son heure de cours.
- Tellement classe, kyahahaha ! murmure Dellinger derrière moi.
- Salut les jap', déclare Wiper d'une voix froide.
Tout le monde fait des gros yeux hormis Luffy, alias le garçon le moins susceptible du monde :
- Salut !
Sois pas désagréable, réplique Amerika tout sourire en frappant dans le dos de Wiper. Avant de vous expliquer ce qu'on va faire je vais choisir... Ah bah tiens Akira, tu es déjà débout ça tombe bien. Viens par là.
Je n'avais même pas remarqué que je ne m'étais pas encore assise. Touchée d'être désignée par mon ami, je le rejoins sur l'estrade. Là il... il me déshabille ?! Bah, pourquoi pas après tout. Il a sûrement une idée derrière la tête. Tandis qu'il déboutonne ma chemise, des protestations fusent dans la salle :
- Par tous les saints ! s'offusque Cavendish en mimant l'évanouissement. Que d'impuretés dans ce geste, je défaille !
- Mon Akira-swaaaaaaaaaaaaaaaan est souillée ! s'époumone Sanji qui imite Le Cri d'Edvard Munch. Bats les pattes l'obsédé !
- Un sacrifice ! exulte Moria fou de joie. Il va procéder à un sacrifice pour ramener Satan !
- Roaaaaaar ! rugit Absalom les yeux rivés sur ma petite poitrine.
- Bon sang Akira je t'avais dit d'acheter de vrais soutiens-gorges ! rouspète Nami comme si c'était le détail le plus anormal de ce tableau.
Wiper sort de son pagne un coquillage qui... Argh c'est quoi ce bruit strident qui s'en dégage ?! Le son s'interrompt au bout de quelques secondes. Au moins son intervention a eu le mérite de calmer tout le monde.
- Excusez-moi j'ignorais que les japonais étaient pudiques, s'empresse d'ajouter Amerika sans pour autant ralentir. Chez nous, les femmes se baladent toujours seins nus.
Cette vision apporte le coup de grâce à Cavendish donc le corps s'avachit sur sa table. Paix à son âme. Une fois ma chemise déboutonnée, je la retire. Me voilà en brassière et en jupe devant toute la classe. Wiper et Amerika débouchonne les bouteilles et remplissent deux palettes avec différentes couleurs. Mon ami explique que là d'où ils viennent, les couleurs sont omniprésentes. Et lors de la fête nationale, tous les habitants enduisent leurs corps de mille et unes teintes. La seule consigne à respecter est que notre propre peau doit être peinte par autrui. D'un signe de tête, il me demande mon assentiment. D'un sourire, je leur donne carte blanche.
Leurs doigts agiles tracent toutes sortes de traits sur mon corps. Mon visage, mon buste, mes bras, rien n'est épargné. Ni l'un ni l'autre ne s'émeuvent lors qu'ils passent et repassent sur mes seins. Moi, ça me chatouille plus qu'autre chose, du coup je lâche un petit rire par moments. Plus personne ne dit mot dans la classe, ils sont tous hypnotisés par les gestes des deux polynésiens. Ils ont rapidement fini et s'écartent pour que tout le monde puisse admirer leur travail. Tous sont estomaqués, hormis Doflamingo qui en a rien à battre puisqu'il est toujours plongé dans son bouquin. Je me gratte l'arrière de la tête et demande :
- Je ressemble à quoi ?
- Trop cooool ! lâche Luffy en levant ses bras. C'est hyper classe tous ces tatouages tribaux !
- Je valide totalement soldat Akira ! jubile Koza. Maintenant il ne reste plus qu'à faire en sorte que le proviseur te voit. On ne peut pas rater une occasion pareille de l'horripiler.
Ni une ni deux, il quitte la salle en courant. J'espère qu'il ne croisera pas Kalifa ou Katakuri... Comme Doflamingo ne dit toujours rien, les autres élèves jugent qu'ils peuvent naviguer à leur guise dans la salle. Ainsi Usopp et Margaret s'approchent pour observer tous les détails. Le premier aime l'art quant à la deuxième je crois qu'elle est secrètement sensible à tout ce qui est un peu « sauvage ». Maintenant qu'elle ne fait plus partie de la troupe de Hancock, sa véritable personnalité se révèle un peu plus chaque jour.
Wiper écarte les autres et me toise sévèrement :
- T'attends quoi ?
- Euh... Pardon ?
- C'est à ton tour de peindre sur quelqu'un, m'explique gentiment Amerika.
Evidemment, je pense aussitôt à Ace. Je me souviens de sa nuque que j'ai agrippée pendant notre baiser et de son front sous ma paume. Sa peau est chaude et... terriblement tentante. Je croise son regard pénétrant et je sens la racine de mes cheveux se dresser. Oula la ! Je ne vais pas pouvoir me concentrer ! Puis mes yeux dévient vers Cavendish qui est toujours mort sur sa table. Je ne peux pas m'empêcher de culpabiliser, c'est la vue de mon corps qui lui a fait exhaler son âme. J'attrape une palette, la remplis uniquement de bleu et de blanc et me dirige vers lui. Je mélange un peu les deux teintes pour engendrer un beau saphir. A l'aide de mon index, je commence à dessiner une fleur sur l'avant-bras à découvert du blond. Lorsque j'ai fini, il se redresse comme par magie.
- Je t'ai ressuscité ! je me réjouis.
- Co...comment ?!
Je désigne ma modeste œuvre :
- Tu aimes bien les fleurs non ? Alors tu sais certainement que les jacinthes caractérisent la vitalité. Je cherchais à te ranimer.
Il ouvre grand la bouche mais aucun son n'en sort. Le connaissant je m'attends à ce qu'il m'assène une pique subtile que je ne comprends pas toujours. Et ben non, il n'en fait rien. Il me considère longuement puis devient rouge d'embarras. Je lui souris et dessine un cercle autour de son œil azur.
- Ça va bien avec tes yeux en plus, je poursuis. Tu ne trouves p...
- Akira !
La voix puissante d'Ace coupe le fil de mes pensés et m'oblige involontairement à venir à lui mentalement. Je me retourne et le découvre debout, les poings serrés. A l'instant il... il vient de... Mon prénom. Même mon esprit s'emmêle les pinceaux. Ace semble se rendre compte qu'il a obtenu l'attention de toute la classe en m'appelant. Il se rassoit et cache son visage avec sa main. Je souhaite le rejoindre mais alors là
c'est la débâcle dans la classe. Tout le monde a oublié qu'il y avait un ordre à suivre et se munit d'un pinceau et d'une palette. On dirait qu'on est retourné en école primaire. Absalom peint des seins sur le torse blafard de Moria. Comme il ne s'exprime qu'en rugissant, j'ignorais jusqu'à lors qu'il était aussi pervers... Aokiji esquisse des cœurs dans toutes les teintes de rouge sur son vélo. Rebecca et Margaret se sont mises à l'écart pour être plus tranquilles. La première à garder son armure tandis que la seconde ne semble pas du tout pudique. Son soutien-gorge ressemble à une peau de bête. Je crois qu'elles sont en pleine phase de réconciliation. Nami s'est carrément mise debout sur une table et note sur son carnet tous les regards qui se posent sur sa poitrine, y compris ceux des filles. Il faut dire que les dessous de la rouquine sont très suggestifs... Plus que de s'amuser avec la peinture, elle cherche avant tout à se faire du blé. Bartolomeo arrache carrément sa chemise et exhibe son torse sous les yeux rieurs de Luffy :
- Luffy-Senpai ! Mon corps vous appartient ! Ce serait un honneur de sentir vos doigts sur moi !
- Shishishi ! Non, pas envie ! Ma palette ne t'est pas réservée.
- Monsieur ! interpelle Moria en agitant une palette recouverte de noir. Je peux dessiner sur les ombres de mes camarades ?
- Tu peux même les égorger, je n'en ai cure.
Oui, décidément, Doflamingo-psychopathe-sensei est encore plus psychopathe que d'ordinaire...
La porte s'ouvre à la volée, suivi d'un :
- Je suis en retard mais je n'ai pas peur de vos fils démoniaques Senseï, je vais...
Lilly. Un blanc. Non, je ne parle pas de ses cheveux mais du silence de mort qui a emboîté sa réplique courageuse. Et alors je me mets à sa place et me connecte à son cerveau.
Torse torse torse torse torse torse
Pectoraux pectoraux pectoraux pectoraux pectoraux
Abdominaux abdominaux abdominaux abdominaux abdominaux
Tripotage tripotage tripotage tripotage
Elle comprime son nez à deux mains. Je sens ses yeux exorbités naviguer sans fin d'un corps à l'autre puis finissent par se poser sur
Oh non
Oh non non non non !
Sur SANJI ET ZORO !
Et accessoirement sur Pudding qui a réquisitionné le cuistot. Sans attendre elle relâche la pression et un geyser de sang rouge frappe de plein fouet la sœur de Katakuri. L'attaque est tellement puissante qu'elle dévaste un tiers des pupitres sur son passage. Pudding se retrouve plaquée contre le mur. OK, je ne savais pas que Chenipan pouvait lancer Ultralaser, au temps pour moi... Enfin, le geyser finit par s'estomper et libère la première de la classe. Lilly titube, affaiblie, mais étrangement gaie. Avec ses doigts elle cadre Zoro et Sanji.
- Voilààààà ! Vous z'êtes mieux à deux, les loulous.
Puis elle se met à déambuler dans la classe, tel un zombie qui aurait sifflé un peu trop de vodka. Je l'attrape avant qu'elle ne se cogne dans le vélo d'Aokiji au fond de la salle. Maintenant que nous avons plus ou moins sympathisé avec lui, ce serait bête de tout gâcher !
- Ça va Lilly ? Tu devrais t'asseoir, tu as perdu beaucoup de sang !
- Oh une Akiki tribale !
Elle me tapote la joue puis s'approche de mon visage d'un air très grave.
- Tous ces torses, ne me dis pas que ce n'est qu'un mirage ?! C'est le paradis ici, même le corps de Dellinger est plutôt chouette !
- Je vais aller chercher une perfusion à l'infirmerie, ne bouge pas d'ici !
- Meeeeeuh nan ! rétorque-t-elle en balayant ma remarque de la main. Tout baigne Madeleine !
Une main rentre dans notre champ de vision et introduit une bille rouge dans la bouche de la blanche. Bille qu'elle croque aussitôt, sans se poser de question. Je me tourne vers son expéditeur que je repousse.
- Usopp ! Mais qu'est-ce que tu lui a fait manger ?!
Il comprend qu'à la moindre mauvaise réponse, je pourrais lui exploser le crâne contre le mur. Il lève les mains en signe de paix et m'éclaire :
- Tout doux Crimson-san, je lui ai juste fait gober l'une de mes inventions. C'est une bille énergétique qui est composée à 88% de globules rouges, alias le composant principal du sang. Ses effets agissent immédiatement.
J'agrippe mon amie par les épaules et la secoue un peu :
- Lillynette ? Tu m'entends ?
- Parfaitement bien, me sourit-elle. Justement je voulais t'entendre pour que tu m'éclaires ce qui se passe ici.
- Oh ! C'est donc pour ça que tout le monde est à poils ! C'est rigolo.
Pendant mes explications, elle n'a pas arrêté de bombarder de photo ceux qu'elle considère comme « des beaux garçons ». Elle a même demandé à Amerika si on pouvait inviter les mecs de terminale pour l'occasion. Elle ne changera jamais... J'ai profité de la présence du polynésien pour lui demander de me traduire une phrase en maori. Puis il parti rejoindre nos camarades. Je sors du sac de Lilly deux paquets de Kleenex que je fourre en entier dans son nez. Dix mouchoirs pour chaque narine, ça devrait suffire, non ?
- Hé, Lilly !
Ah, Luffy. Je devrais peut-être rajouter encore deux autres paquets... Le garçon au chapeau de paille a déjà retiré sa chemise. La blanche fait un effort surhumain pour ne pas loucher sur les pectoraux du jeune homme. L'une de ses paupières tressautent. Je me souviens avoir admiré de près ses muscles pendant l'anniversaire de Nami. Ils sont vraiment bien dessinés. Il agite sous nos yeux une palette, celle qu'il garde près de lui depuis le début de la séance.
- Je te l'ai réservée exprès. J'ai favorisé le bleu, je sais que c'est ta couleur préférée, shishishi !
Lilly ne pipe mot mais je sens rien qu'en l'observant qu'elle est en train de vivre un authentique décès intérieur. Pour ne rien laisser transparaître, elle déclare :
- Depuis ce matin je préfère le vert.
Luffy ne se démonte pas pour autant, oh non, ce serait mal le connaître de croire ça ! Il trempe un doigt dans la peinture bleue et administre une pichenette sur le front de mon amie.
- Shishishi, je ne te crois pas !
Refusant de lui accorder cette manche verbale, Lilly le défit du regard. Puis elle défait son haut. Bouton après bouton, avec une lenteur savamment calculée. Cette fois Luffy ne rit plus. Mais alors là plus du tout ! Je vois bien qu'il fait un effort surhumain pour garder ses prunelles river sur le visage de la blanche. Mais les doigts de cette dernière l'attirent, tel un aimant. Ces doigts qui s'apprêtent à lui révéler une partie du corps de mon amie jusqu'à lors inaccessible. Ses mains remontent maintenant jusqu'à son col et elle fait glisser la chemise le long de ses bras nacrés. Luffy en a le souffle coupé. Elle qui est toujours vêtue d'amples vêtements qui faussent sa silhouette, là voilà qui se dévoile. Il aurait pu croire que vu sa corpulence, Lilly possédait des petits seins comme les miens.
Mais non, pas du tout.
Là d'où je me tiens, je peux entendre distinctement la garçon déglutir. Mon amie affiche une mine satisfaite, les voilà sur un pied d'égalité, balle au centre. Bon, il est temps pour moi d'arrêter de squatter et de... Mais... Que fait Luffy ?! Après avoir lancé un sourire malicieux à Lilly, il trempe ses lèvres dans la peinture bleue. Peut-être que ça a bon goût ? Puis, alors que ni elle ni moi ne nous y attentons, il
Oh mon Dieu
Il se penche et dépose un baiser sur le buste dénudé de Lilly, juste au dessus de son soutien gorge ! La concernée pousse un petit cri de surprise et presse ses mouchoirs. Bon, là c'est clair, je dois m'éclipser et les laisser entre eux.
Je slalome entre mes camarades. Pudding est revenue à elle et se tient éloigner de Sanji et de Zoro. Elle a également retiré son uniforme et il est écrit « I KILL YOU » sur son ventre avec le sang de Lilly. Sûrement va-t-elle chercher qui a osé la projeter contre le mur...
Je revisionne dans ma tête l'audace de Luffy. Cela a surpris Lilly mais n'a pas du lui déplaire. Je souris. Luffy, si tu permets, j'aimerais prendre un peu de ta témérité.
Je rejoins Ace, une palette en main. Il est le seul à ne pas s'être encore désapé. Il regarde par la fenêtre et paraît s'ennuyer. Je m'éructe la voix pour lui signaler ma présence. Il se tourne vers moi, l'air un peu surpris. Je désigne la palette.
- Je peux ?
Il fronce les sourcils d'incompréhension puis l'information finit par atteindre son cerveau. Il hoche simplement la tête, comme s'il ne parvenait pas à croire que j'ose lui poser cette question. Ainsi il me donne son feu vert. Je me mords la lèvre inférieure pour ne pas rougir. Il se lève de sa chaise et s'appuie plutôt sur la table pour que je sois à sa hauteur. Puis il attrape le bas de sa chemise et la fait passer par dessus sa tête. Son collier claque contre ses pectoraux.
Son torse
Nu
Devant moi.
Je l'ai pourtant déjà vu pendant les cours de navigation, mais jamais d'aussi près. Visuellement, je trouve qu'il a une belle peau, légèrement dorée. Et ses muscles qui se contractent un peu à chaque respiration. Mince, mince, mince ! Je sens mes joues chauffer ! J'attrape mes cheveux pour dresser ma barbe, telle une armure, avant de me rendre compte que...
- Saperlipopette !
Mes doigts étaient enduits de peinture. Mes rouges sont envahis par d'autres couleurs. Ace rit ouvertement :
- « Saperlipopette » ? Tu as quel âge ? Je dois t'appeler Mamie Akira ?
- Oh, ça sonne bien !
Il glousse encore plus et ça me donne une idée. Je trempe mes doigts et commencent à narrer une histoire sur le torse d'Ace.
- C'est l'histoire d'une mouette et d'un chat.
- Ah ! Akira de La Fontaine est de sortie on dirait.
La mouette était un peu candide et le chat un peu seul. L'un et l'autre avait peur des autres par méconnaissance, ils ne voulaient pas être rejetés. Ils ont fini par se rencontrer lors de leur errance sur la rive.
Je dessine des vagues, des nuages gris, et deux animaux maussades.
- La mouette, étant un oiseau, aurait pu avoir peur du chat. Mais il en était rien. Pour signer la trêve, ils mangèrent ensemble un pot de glace.
- Et ensuite ?
Je relève la tête vers Ace, étonnée qu'il soit aussi intéressé par mon histoire. Ses deux onyx étaient rivés sur mon visage durant tout ce temps, je ne m'étais rendu compte de rien. Il sourit, l'air attendri. Je fais de même et peins trois points de suspension près de son nombril.
- Et ce conte ne connaît pas encore de fin. La mouette et le chat doivent encore la créer.
Son sourire s'élargit, l'embellissant toujours plus. Sa voix douce enjôle mes sens :
- C'est une belle histoire.
Je glousse. Ses prunelles passent une seconde sur mes lèvres puis descendent sur son torse pour analyser les dessins enfantins que j'ai réalisés.
- Ah ! Je n'ai pas fini ! je m'exclame.
Je mélange du marron et du blanc pour obtenir un joli beige. Ma couleur favorite. Puis j'écris sur son cœur en maori la phrase que m'a dictée Amerika...
- « Aroha ana ahau ki a koe » ? lit difficilement Ace en se contorsionnant. Qu'est-ce que c'est que ce charabia ?
Je souris, amusée, puis appose un gros point sur son nez aquilin. Sa mine offusquée vaut tout l'or du monde. J'explose de rire. L'euphorie me rend moins vigilante puisqu'il s'empare aussitôt de ma palette. Oups !
- Tu vas voir...
Je recule et me mets à courir à travers la classe, poursuivie par un Ace tout aussi hilare que moi. Instinctivement je fonce vers Lilly. Je suis l'agneau, Ace le grand méchant loup, et elle c'est ma sécurité, ma maison.
Une maison extrêmement concentrée. Les paupières plissées, elle dessine du bout du doigt sur les pectoraux du garçon au chapeau de paille. On dirait qu'elle fait travailler sa matière grise pour ne pas gâcher l'œuvre d'art que doit représenter le torse de Luffy à ses yeux. Avec tous ses mouchoirs qui lui obstruent la vue ça ne doit pas être de la tarte... Et surtout avec un Luffy qui la fixe à MORT et qui la surplombe. Du coin de l'œil je crois apercevoir un Dellinger vert de jalousie. Désolée le cornu, le cœur de Lilly est déjà pris.
Mais tout cela, toute cette analyse de Lilly, évidemment, je m'en rends compte TROP TARD. En lui sautant dessus, elle a été tellement abasourdie que sa palette lui a échappé des mains et
s'est écrasé directement sur le torse de Luffy, ruinant tous ses efforts précédents. La mine de la blanche se décompose tandis qu'il rire jaune s'échappe de ses lèvres. Profondément navrée pour elle, je murmure :
- Je suis désolée Lillynette...
Elle m'observe, puis se tourne vers Ace.
- Portgas ?
Adieu suffixe.
- Euh... Ouais ?
- J'espère pour toi que tu sais courir.
Les cheveux cotonneux de Lilly se mettent à flotter dans les airs. Ah ! Revoilà Lilly en mode Super Saiyen ! Ça n'augure rien de bon. Elle se lève lentement, l'air très menaçante. Attendez je rêve ou des éclairs crépitent autour d'elle ?! Ace tente vainement de faire croire qu'il est blanc comme neige dans cette histoire, ce qui est vrai car c'est moi qui ait foncé sur Lilly. Quand il se rend compte que c'est peine perdue, il amorce le blanc B et se carapate hors de la salle, suivi de près par une Lilly avide de chair humaine.
Le rire de Luffy se répercute dans toute la classe mais est vite interrompu par deux tornades qui reviennent.
- Ça craint, il faut partir d'ici ! S'écrit Lilly.
Elle n'est plus en colère mais vu son sourire elle n'est pas affolée non plus.
- Qu'est-ce qui se passe ? s'enquiert Nami.
- Y a le vieux qui arrive ! hurle Ace.
Le vieux = Garp. Ah. En effet, je crois que s'il nous découvre enduits de peinture dans une salle quasiment dévastée, nous sommes bons pour servir de hachis parmentier au « Baratie » ce midi. Une peur bleue nous saisit tous. Tous sauf Doflamingo qui n'a plus sourcillé depuis un bon moment. Heureusement, Aokiji nous sort de notre pétrification en défonçant la porte du fond avec son vélo. Puis il nous fait un signe de tête, nous invitant à le suivre.
- CASSONS-NOUS ! hurle Usopp qui doit être le plus apeuré de nous tous.
Nous déboulons dans le couloir comme des échappés de l'asile, couverts de peinture et à moitié nus. Si on croise Katakuri ou Kalifa, nous sommes morts. Mais vraiment. Et c'est justement cette frayeur qui me tord les tripes et qui me pousse à rire comme une folle. D'autres personnes m'accompagnent, à commencer par Lilly, Amerika, Luffy, Vivi, Nami, Usopp, Ace et tous nos amis proches.
Puis les autres aussi s'y mettent. Moria et ses seins peints sur son torse, Absalom qui rugit et qui porte Perona, Pudding qui arbore de nouveau son côté angélique pour fondre dans ce moment de pur joie, Rebecca et Margaret qui sont plus réservées mais qui se laissent entraîner quand même, Sanji et Zoro bras-dessus bras-dessous, Cavendish, Dellinger, Baby 5 et Wiper qui ne peuvent réprimer un sourire et Bartolomeo qui parvient même à uriner sur les murs pendant sa course. Si je tends bien l'oreille, je crois même entendre le gloussement de Aokiji et de son vélo.
Nous sommes la 1°1. Nous ne nous entendons peut-être pas tous très bien mais là, à cet instant, nous nous comprenons tous. Je les adore, malgré nos différences. Je repense à la phrase qu'Amerika a employé ce matin:
« C'est beau la diversité, non ? »
Il a raison. Alors je devrais dire, je les adore, pour nos différences.
Du coin de l'œil je lorgne sur la phrase que j'ai moi-même notée sur le torse d'Ace. Et je souris, envahie par mille espoirs. Un jour je serai capable de lui dire à voix haute.
« Aroha ana ahau ki a koe »
Autrement dit
« Je t'aime beaucoup ».
Point de vue de Lilly:
Le vestiaire est désert, pour le moment. Zouh, j'en profite pour ouvrir discrètement la porte métallique de mon casier en tout impunité. Fin, l'impunité c'est surtout de trouver le bon angle pour prendre la photo en loucedé. En même temps, faudrait être fou pour laisser ce chef d'oeuvre s'effacer. Je soulève donc le bas de mon t-shirt, laissant apparaître la marque du baiser de Luffy. Dès que mes yeux distinguent la douce morsure bleue, mon coeur s'accélère.
- Ce type…
J'en suis réduite à me contorsionner/cambrer pour pouvoir avoir la vue parfaite sur le baiser. Allez, on cambre le dos et on bombe le torse. Voilààààà, en plus avec la bonne lumière.
- Ni-kel.
Mes doigts défilent pour faire passer sous mes yeux les clichés collectors de ce matin. Je crois que je peux mourir en paix avoir passé une telle matinée. Mais je dois céder mon héritage. Je serre mon téléphone entre mes mains et murmure : « s'il devait m'arriver quelque chose, je veux que tous mes trésors te reviennent Akiki. » Alors du bout des doigts je tapote sur mon application pour commander des tirages de toutes ces photos volées au paradis.
- aaahh * soupir*
Ce sera mon lègue si je venais à disparaître, probablement noyée dans une marre de sang, et toute desséchée. Je tombe les fesses écrasées sur le banc en bois du vestiaire. Comment il a pu me faire ça? Poser ses lèvres comme ça, si facilement ?
Je sens mes joues monter en température et renverse ma tête qui vient taper contre le casier en métal.
- brrrrr …
Il va falloir que je range ce souvenir dans un coin de ma tête sinon je n'arriverai jamais à vivre une vie normale, je resterai bloquée quelque part entre la vue de ses abdos, la chaleur de sa peau et la sensation de ses lèvres sur ma poitrine.
- C'est mort.
Au moins ce qu'il y a de bien c'est que comme je suis dispensée permanente d'EPS je vais pouvoir refroidir tranquillement dans mon coin sur les gradin. Je m'en vais pousser les portes battantes qui donnent sur les terrains couverts. Ici, je suis tranquille. Je pose un pieds sur le sol plastifié, je respiiiire tranquillement et je pense surtout à autre chose que…
- Coucou l'oiseau bleu.
J'avale ma salive de travers et m'écroule sur le sol. Pourquoi le sort s'acharne autant ? Luffy a reboullé les manches de son t-shirt blanc et ses lèvres sont toujours bleues. Du bout des doigts il effleure le coton de mon haut, à un endroit qu'il connait bien.
- T'as vu, on est raccord héhé !
LA FAUTE A QUI HEIN ?!
- Qu'est-ce que c'est que ce bazar? Hein ? On installe le tapis.
Le tapis ?
Ce que je vois ne ressemble pas à un tapis. Je vois un ENOOOORME rouleaux blanc soutenu par Roronoa-san et Bartolomeo-San. De l'autre côté, Moria se fait piétiné par Absalom qui fulmine et réprime son envie de se faire les griffes sur ce nouveau tapis. Quelque part en moi je suis soulagée de ne pas avoir à participer à ce cirque. Je prends donc mon itinéraire habituel vers les gradins quand j'entends la voix du professeur.
- Maaaademoiselle Newgate, par iiciiii s'il vous plaiit !
Je fais volte face et m'en vais retrouver un de ces enseignants qui me file la trouille (un des nombreux parmi la longue liste du personnel de Grand Line).
- Vous vouliez me voir senseï ?
- Ouiiii ! Aujourd'hui c'est une activité un peu spéciale alors je vous demanderai de rejoindre vos amis, votre condition fragile ne devrait pas en pâtir.
Après la déclaration du professeur j'entends Nami siffler derrière moi et me lancer le plus magistral des « Te défile pas et ramène tes nibars par là »… Je pleure intérieurement et m'en vais traîner ma carcasse humiliée vers cette bande de fous.
Face à cet immense rouleau, franchement, je préfèrerai m'enfuir. Y'a rien de logique là-dedans.
Tout ce que je vois ce sont Roronoa-san et Vinsmoke-san adossé au rouleau et attendant les instructions de Nami improvisée coordinatrice. Portgas-san et Luffy font de même bien que j'ai la vague impression de Portgas-san est en train de baver sur son bras. Accroupie, Akira est en train de discuter avec Rebecca-San et Baby Five-san qui boude, comme à son habitude. Pudding fait mine d'être trop fragile pour pouvoir pousser cet machin et je m'étouffe avec ma salive. Aucune crédibilité. Je remarque soudain que Cavendish rampe « discrtètement » pour aller se poser à proximité d'Akira. Il lorgne sur elle d'une manière si assumée que ça en devient dégoutant. Un pas plus loin que tout le monde, Usopp-san récupère de sa crise « c'est-beaucoup-trop-dangereux-pour-moi », une maladie vraiment foudroyante… Vivi-San l'évente sous l'oeil désapprobateur de Koza, boudant au coin opposé du tapis et les mains liées dans le dos. Le sabotage ne sera visiblement pas pour tout de suite.
Recroquevillé sur ses longues jambes, j'aperçois Dellinger, sa casquette cornue sévèrement vissée sur sa tête. Il m'arrache un sourire à bouder comme ça.
- c'est pas un peu trop tôt pour fomenter un complot mondial ?
Je lui dis en me rapprochant, les main dans les poches. Puis je lui chuchote, en utilisant ma main pour cacher ma bouche.
- Mais si tu veux le numéro de deux-trois tyrans, je peux t'avoir ça…
Un clin d'oeil pour terminer ma réplique et voilà Dellinger perdu entre de l'incompréhension et du dégoût. Ce type ne sait absolument pas cacher ses sentiments, c'est si drôle. En parlant de sentiment, je me rend compte que je ne lui ai jamais donné de réponse pour l'épisode du jeu du roi.
- T'es vraiment pas nette.
Il me dit simplement ces mots en cachant sa gêne derrière ses cheveux, mais je peux deviner que ma présence lui fait du bien. Il décroise un peu ses jambes et rehausse sa visière. Impossible pour moi de savoir ce qu'il y a dans sa tête mais la solitude, ça je connais. Je lui tend alors la main, pour l'aider à se relever. Il me considère, les yeux grands ouverts et ses lèvres dévoilant ses quenottes pointues. J'aimerai lui dire qu'il n'y a rien de repoussant en lui, et que personne ne pourrait lui enlever ce droit qu'il a, ce droit d'aimer et d'être aimé. A la place, et puisque le débalement de sentiment n'est pas ma première vertu, j'agrippe sa main. Aussi fort qu'il m'avait transmis son amour, je lui serre la main et le tire vers moi, pour le mettre debout. Il se laisse faire et nous nous retrouvons tous les deux sur nos jambes. Il est plus grand que moi et j'ai le sentiment que sa virilité s'affirme petit à petit, comme une lente éclosion, comme s'il ne savait pas lui-même comment être lui.
Alors je lui souris, franchement, parce qu'il n'y a rien qui m'en empêche, d'être détendue à son côté, de tenir sa main si fine.
Son regard est un peu perdu, mais pourtant sérieux, il hésite une seconde et ses lèvres s'entrouvrent.
- Oh ! La Tsundere bouge ton petit cul et arrête de draguer !
Cette voix … Qu'est-ce que les terminales font là ?
Kid Eustass, avec sa finesse légendaire rapplique et rajoute une couche au chaos déjà ambiant. Il trimbale sur son épaule Wiper armé d'un énorme canon et Amerika qui marche à sa suite. Comment le natif de Bibidia fait-il pour être aussi calme ?!
Evidement, à la vue du canon, la quasi totalité des élèves de ma classe lâchent leurs affaires pour venir essayer l'arme. Même Nami se précipite. Akira quant à elle s'en va tranquillement saluer Amerika qui n'a visiblement d'yeux que pour mon amie. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Dellinger a escaladé de mont Eustass et s'évertue à s'en prendre au terminal. Il réussi simplement à contrarier le brushing du garçon aux cheveux de feu, ce qui énerve davantage notre « Tsundere ». C'est quoi déjà une Tsundere ? Une espèce de poisson ?
Je me faufile jusqu'à mon amie et je sens soudain mon épine dorsale se dresser, qui peut bien émettre de si mauvaises ondes ? Je zieute le coin et … ce type…
Portgas-san, les bras croisés-crispés-vissés, derrière Amerika, qui bout li-tté-ra-le-ment.
La possessivité aussi, ça doit être un truc de frères. Je suis tiraillée entre l'envie de laisser Portgas-bouillon mariner encore un peu mais vu le sourire d'Akira, mieux vaut qu'il ne fasse pas de bêtises, elle en pâtirait. Alors je glisse ma main dans celle de mon amie et vient m'incruster dans leur discussion.
- Qu'est-ce que c'est que ce gros machin ?
- L'ARME DE LA LIBERATION !
Comme un cheveux (bien vénère) dans la soupe, Koza débarque au milieu de tout le monde et s'empare de l'arme massive. Il a toujours les mains liées alors je ne donne pas cher de son habilité mais il a visiblement l'air déterminé.
- GARP N'A QU'A BIEN SE TENIR, BWAHAHAHAHAHHAHAHAH !
Je crois bien que sa mâchoire va se décrocher se son crâne tellement il rit fort, il pourrait gober la lune. Pas bien certaine que le « professeur » intervienne d'une quelconque manière dans ce joyeux bordel, Akira et moi nous faisons signe: y'a qu'une seule personne capable de mettre un terme à cette blague.
- Vivi !
Akira crie dans la mêlée mais tout le monde a déjà commencé à se foutre sur la tronche. Qu'ils soutiennent ou non le projet de Koza, les garçons s'en donnent à coeur joie. Même Eustass, mais bon, y'a belle lurette que j'ai arrêté de vouloir compter sur la maturité de mes aîné, c'est comme mes culottes lors du voyage scolaire: elle a sombré dans l'abîme…
Je fais un pas en arrière et tente de discerner le soldat du chaos, il ne semble pas avoir le doigt sur la gâchette. Alors j'attrape le bras d'Akira.
- Laisse moi monter sur tes épaules, on va traverser et rejoindre Koza, avec un peu de bol on pourra lui retirer l'arme des mains.
- Ok ! Monte !
Akira me tend son dos et je me hisse, laissant mes patins que place. Je suis assez légère pour qu'elle puisse jouer des coudes et nous frayer un chemin. On se fait gratifier au passage de coups de coudes et autres gentillesses, je sens que Nami va avoir de nombreuses lignes à rajouter dans son carnet noir. Mais pour l'heure, pas de quartier. Non pas que sauver cette école soit un impératif mais j'aimerai ne plus avoir à reposer un petit orteil dans le bureau du Principal. Si possible.
Akira et moi continuons d'avancer et de ma petite hauteur je la guide jusqu'au coeur de la mêlée: Koza. Il se dispute sévèrement le canon avec Wiper, aucun des deux ne veux lâcher.
- Fonce Akiki !
- Reçu !
Tandis qu'elle fonce, je prends appuie, les pieds sur ses épaules, prête à sauter sur Koza pour le désarmer. Heureusement que ma Akiki est solide. Au moment propice, je libère ses épaules et m'envole, les bras tendus vers Koza.
- Lâche ça !
Je hurle mais Akira a été plus rapide que moi, elle a déjà plaqué le soldat et je me retrouve… face au vide. Sentant que je tombe, je ferme les yeux, me jurant de ne plus jamais foutre le nez dans ce gymnase maudit. Je me prépare mentalement à la douleur et tout bascule.
Une énorme détonation retentit et je sens un courant d'air rapide faire trembler les murs.
Puis un silence.
Recroquevillée, je sursaute. Je n'ai pas mal.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
J'ouvre les yeux et …
- Akira !?
La mine ahurie de mon amie ne laisse aucun doute. Elle a le doigt sur la gâchette: c'est elle qui a tiré ! J'allais me jeter sur elle pour la prendre dans mes bras mais deux choses m'en empêchent. La première c'est le brouhaha massif du rouleau blanc (je l'avais presque oublié ce lui là…) qui se déroule sous la détonation ! L'excitation générale gagne la classe qui porte Akira au nues. Plus aucun effort à faire, le rouleau avance et se dévide tranquillement. Tout le monde rit, à croire qu'ils viennent d'oublier qu'on est passé à un cheveux d'un conflit mondial…
Puis, l'autre chose qui m'empêche de me lever, ce sont… des bras. Je tâte un peu pour essayer de les reconnaître et la première chose qui me vient à l'esprit est que ce ne sont pas ceux de Luffy. Une légère déception me traverse quand je me retourne pour identifier qui a été mon air bag sur ce coup.
- HEEEE?!
- T'es plus lourde qu'il n'y paraît …
Illico, je me relève et dégage mon corps de celui de Portgas-san. Il a les cheveux en bataille et toussote en se relevant. D'ailleurs, j'ai un petit compte à régler avec ses tâches de rousseur.
- Toi là ! C'est toi qui a dit à Luffy pour mon père.
Il évite mon regard et frotte sa nuque. Deux signe évidement de culpabilité. J'y crois pas !? Je sers le point et il commence à me fausser compagnie.
Il mérite un châtiment pour cette trahison. Héhé …
- Akira et Amerika ont l'air de bien s'entendre non ? Quoi !?
HEHEHEHE ! Il tombe évidement dans le panneau et je crois que même ses tâches de rousseur se sont fâchées en même temps. MOUHAHAHAHA ! Ça lui apprendra.
Je cours en direction de mon amie qui croule sous les acclamations et m'en vais me cacher derrière son dos. Je sens l'aura de Portgas-san gagner en envergure et, le connaissant, un désastre est à prévoir. Mais je ne peux m'empêcher de rire. J'attrape la joue d'Akira et la tire vers moi, je lui chuchote à l'oreille.
- J'ai peut-être un peu énervé la belle au bois dormant…
- Qu'est-ce que tu as fait ?
- Rien, je lui ai juste dit que tu t'entendais bien avec Amerika.
- Oh…
Akira lève les yeux vers Portgas-en-fusion, à la seconde où leurs regards se croisent il descend de plusieurs degrés. Et pire, quand elle lui sourit, il se pare d'un sourire. J'ignorait qu'une telle niaiserie pouvait habiter dans le corps de celui qu'on appelle « le démon ». Il se contente de glisser une main dans son short et de faire « coucou » à Akira de l'autre. Est-ce qu'elle a la moindre idée de l'importance et de l'influence qu'elle a sur lui?
- Il avait peut être mal au ventre?
- … visiblement non.
- C'est bon, vooous avez teeeerminé ?
Oh, j'avais presqu'oublié qu'il y avait un professeur dans cette salle. Borsalino-senseï descend tranquillement des gradins l'air de rien. C'est pas comme si : 1° il nous avait lâchement abandonné pour dérouler un rouleau qui doit (au moins) peser le poids de Garp-sama, et 2° qu'une Rocket avait été tiré dans son gymnase…
Ce type, visiblement rien ne l'énerve.
- Bon, nous allons pouvoir commencer la partie. Sentomatu, amène moi la roue.
Dans le fond des gradin, le même individu aux cheveux courts s'exécute et ramène de la réserve une immense roue avec… des couleurs ? Qu'est-ce que c'est que ce bin's ?
- Puisque c'est la journée des couleurs, je voulais être raccord, hihiiii.
Me dites pas que …
Un à un les membres de ma classe comprennent et je dois avouer que le peux d'estime qu'il me restait pour cette école vient de disparaitre en fumée.
Ce tapis monstrueux déroulé à la Rocket, il est parsemé de grands cercles colorés… L'activité du jour c'est … c'est …
Le Twister.
L'épuisement m'abat alors que tout le monde autour est surexcité.
Ça va mal finir… c'est évident.
/
Une goutte de sueur perle sur mon front. Je fais ce que je peux pour ne pas craquer. Je ne PEUX pas craquer. Pas maintenant, il ne reste que cinq minutes avant la fin, je dois tenir encore un peu.
Je lorgne à ma droite et je croise le regard terrifiant de Pudding, à quatre pattes sous Moria qui la convoite comme son ombre. Derrière eux, Margaret tient sur trois appuis, le bras emmêlé avec celui de Bartolomeo qui tremble comme une feuille. En effet, il est à une case de Luffy. Mon chapeau de paille mérite largement la victoire, à vrai dire je ne serai pas surprise s'il m'annonçait qu'il était élastique. Il a le bras droit sous Roronoa-san, le bras gauche sur Absalom, le pied droit (fin le bout de la claquette) à l'air libre et le pied gauche glissé sous la tête d'Aokiji. Luffy fait de son mieux mais à chaque fois qu'il bouge les cheveux bouclés d'Aokiji lui chatouillent le peton, on passe (sans rire) à un cheveux de l'effondrement.
C'est le tour de Vinsmoke-san, Sentomaru fait tourner la roue, et ce sera son pied droit. Borsalino-senseï actionne la dernière roue et j'attend, le coeur battant de savoir quelle va être la couleur. Vinsmoke-san est écrasé sur moi, s'il bouge les choses vont devenir gênantes… Moins gênantes certes que celles qui nouent Portgas-san et Amerika. Les deux garçons ont commencé le jeu séparés mais les liens du destin se sont tissés et Portgas-san se retrouve à quatre pattes, les fesses en l'air juste sous le nez de son rival tribal qui répète sans cesse avoir le sentiment de profaner les couleurs. Il me semble que leur duel est mort dans l'oeuf.
De l'autre côté, les choses ne vont pas mieux. Ma pauvre Akira est en apnée entre les montagnes mammaires de Nami. Elle a beau lui assurer de ne pas facturer ce genre de contact, je vois bien qu'Akira rêverait d'être ailleurs. Comme ce pauvre Usopp qui rase le sol sous Baby Five-san et Rebacca-san. Sa cotte de maille terrifie le garçon au long nez qui essaye de ne pas brûler ses yeux à mater sous le short de la jeune fille.
Sous ma tête, je sens le bras de Kid trembler, rester immobile ne fait évidement pas partie de ses prédispositions, mais après tout, c'est lui qui a voulu rester. Il a gagné le droit de servir de matelas à Dellinger dont les longues jambes résistent plutôt bien, et à moi.
C'est finalement une case verte que Vinsmoke-san doit chercher… La seule à proximité est celle à côté de ma main. Une goutte de sueur tombe de son front et vient s'écraser sur ma joue. Il est obligé de se coucher pratiquement sur moi pour atteindre la tâcher verte.
- Pa…pardon …
Il bredouille et je sens son haleine s'évaporer sur mes joues déjà en fusion. Un frétillement agite mes narines alors que mes yeux glissent dans l'encolure de son t-shirt. Je ne dois pas commencer à compter ses abdos… je ne dois pas non plus l'imaginer avec Roronoa-san … c'est trop dangereux.
Mais bien évidement que j'y pense et tandis que tout mon corps tremble je sens mon nez se remplir. Après le geyser de ce matin je ne pensais pas avoir encore de la réserve. Ce tir pourrait être fatal et je préférerai mourir, la tête collée contre le torse de Luffy ! RAAAAAH merde pourquoi je pense à ça !?
Plus le choix, faut que ça s'arrête.
- M'sieur, arrêtez tout, ça va sortir !
Je donne tout pour qu'il m'entende mais la sonnerie vient couvrir ma supplication.
La sonnerie … ENFIIIIIN !
Tout le monde s'effondre, le sol en tremble presque. Je m'empresse de me retourner et je rampe retrouver Akira. Elle est en sueur aussi. Je m'affale sur son ventre et ma mâchoire inférieur claque à chacune de ses respirations.
- J'ai cru que j'allais mourir.
- Moi aussi…
On soupire toutes les deux. Je crois avoir perdu des années de vie dans cette bêtise. Quelques carcasses de lycéens jonchent encore le tapis, mais la majorité ont déserté. Soudain je me sens léviter, je tourne la tête et je vois Akira dans les airs aussi.
- Déguerpissez avant qu'on vous demande de tout ranger …
Kid nous hisse sur ses épaules et nous porte jusqu'à la porte des vestiaires. De retour sur nos jambes, je constate qu'il a vite récupéré. Il sourit comme à son habitude.
- C'était marrant, ciao la Mini et l'allumeuse, faites gaffe à vos petits culs.
Il dit cela en nous gratifiant d'une main dans les cheveux. Puis il s'en va en hurlant qu'il a faim… A force, ça fini par ne même pas me surprendre.
Nous gagnons donc les vestiaires Akira et moi, complètement essoufflées et je préfère ne pas penser à l'après-midi qui nous attend, heureusement qu'il y a les clubs ce soir, je verrai Marco. Les filles sont déjà là et un silence de mort règne, je crois que tout le monde est choqué. Il faut dire que de nombreuses « barrières » ont été franchies ce matin. Entre l'exhibition et la proximité alarmante, on va avoir des images de corps nus gravés dans les rétines.
J'ai beau avoir les pieds sur le sol, j'ai toujours l'impression de flotter…
Nous quittons le vestiaire main dans la main avec Akira et c'est avec surprise que nous découvrons Luffy et Portgas-san qui nous attendent à la sortie. Derrière moi, Nami ébouriffe mes cheveux et m'attrape par le coup.
Nous gagnons la salle de classe tous ensemble. Mais une fois dans la cour, l'estomac d'Akira se manifeste et elle s'en va, accompagnée de Portgas-san, chercher de quoi nous recharger les batterie au Baratie. Nami et Vivi-San vont se refaire une beauté aux toilettes. Ne reste plus que Luffy et moi.
Gênée, et à la fois heureuse, je m'avance en direction de la salle de classe. Mon corps tout cotonneux répond mal et je manque de me vautrer dans le couloir. Je sens Luffy me rattraper. Il noue son bras autour de ma taille et me cale contre lui. Dire que j'en avais jamais rêvé serait mentir. Lorsqu'il vient relever, du bout des doigts, mon menton vers lui, que ses yeux me donnent l'impression d'être nue et magnifique… je sais pas quoi faire d'autre que de me blottir encore plus et de glisser mes doigts sur les siens.
Nos visages basculent et je sens mes yeux commencer à se fermer à mesure que ses lèvres se rapprochent des miennes. J'oublie tout, je ne contrôle rien, c'est mon instinct à lui seul qui ferme mes yeux et ordonne à mes lèvres de s'entrouvrir.
Mais c'est également lui qui me hurle de reprendre le contrôle.
Une porte vient de s'ouvrir à l'autre bout du couloir.
Pas la porte d'une classe de seconde ni de première.
Une classe de terminale.
J'ouvre alors les yeux, et me décale avec urgence pour croiser les foudres de celle qui a bien conscience d'interrompre quelque chose d'important.
Elle le sait, elle l'a fait exprès.
Elle se tient droite, en face de nous, les bras croisés et plus furieuse que jamais. Il faut dire que ce doit être l'ultime affront que je pouvais lui faire. Embrasser Luffy sous ses yeux. Et même si ce baiser n'a pas eu lieu, Boa n'est pas prête de me pardonner.
Yoooo coucou tout le monde ! J'espère que ce chapitre vous aura plu ! c'est toujours aussi drôle à imaginer et à écrire ! Que ça vous aura mis des couleurs dans la vie (* à défaut des paillettes ...*) :D
on se retrouve le mois prochain pour un gros morceau ! prenez soin de vous ! * Coucou confinés *
