A/N:

Hello :)

Pour répondre aux questions qu'on me pose dans les reviews, oui j'ai finis mes études de médecine depuis maintenant 5 ans ! Je travaille à l'hôpital dans un service de Médecine Interne, les journées sont longues c'est vrai, mais passionnantes, et je remercie Dieu tous les jours de m'avoir donné l'opportunité de faire ce métier.

Comme toujours, un grand merci pour l'intérêt que vous portez à mon histoire, merci pour vos précieux commentaires, n'hésitez jamais à en faire, ils valent de l'or.

Une mention spéciale à Kadronya qui semble être un peu dans ma tête… Et à Gwenmoon dont le rêve me fait rêver ;)

Qui sait ? Peut être verra-t-on un jour un film adapté de cette histoire ;)

Allez, sans plus attendre…. Le gala…

Cami.

(L'univers Twilight appartient à S.M.)

...

Chapitre 27

« On peut vaincre avec une épée…
… Et être vaincu par un baiser. »

Daniel Heinsius

...

Pdv Bella.

« On va pas prendre la Volvo ce soir. » fit-il en se dirigeant vers le garage qu'il ouvrit avec une télécommande.

Deux voitures de sport étaient à l'intérieur.

« Attends moi ici, j'arrive. »

Il se dirigea vers ce qui semblait être une Jaguar, elle avait la couleur de la nuit, un bleu sombre, félin, et hypnotisant…

Je le vis se mettre au volant et démarrer la voiture. Il l'avança de sorte à ce que la portière passager soit en face de moi.

Je fis un pas en avant pour ouvrir celle ci mais il sortit vite pour me rejoindre.

« Je t'ai pas dis de m'attendre ? »

Il ouvrit la porte pour moi et me fit signe de tête de monter. Il avait l'air légèrement tendu.

Il s'installa à sa place pendant que je mettais ma ceinture.

Je le vis faire des réglages entre son téléphone portable et l'écran de la voiture. Puis il posa son téléphone sur mes cuisses. Mes mains s'écartèrent comme si je pouvais être brulée par l'objet.

Il se mit à rire en faisant gronder le moteur de la voiture.

« C'est pas le téléphone qui va te dévorer, tu sais ? » fit-il en se tournant vers moi, il me scrutait d'un regard intense, sa langue passa entre ses lèvres avant qu'il ne se tourne vers son volant.

Je détournais aussi mon regard, puis je pris prudemment son téléphone dans mes mains, surtout pour éviter qu'il ne glisse et qu'il se casse tandis qu'Edward faisait un virage brusque pour sortir de la résidence.

« J'veux écouter ce que t'écoute, vas y, mets toi sur Youtube. »

« Okay… »

« Et ta lèvre inférieure mérite vraiment pas que tu la tortures. »

Je la relâchai immédiatement en ne m'étant pas rendu compte du geste.

« A moins que tu ne laisses quelqu'un s'en charger. » Je me tournai vers lui, il regardait la route, un sourire satisfait plein de sous entendus.

Je ramenai mon regard sur le téléphone, et j'appuyai sur le bouton principal pour accéder au menu, mais, évidemment, ça me demandait un code… Je posai son téléphone sur la tablette entre nous, « Je crois que tu dois le déverrouiller. »

« 2106 » lança-t-il comme ci c'était rien de transmettre un code à la location.

J'envoyai mes yeux rouler vers le ciel. Définitivement plus aucune règle.

« Quoi ? » fit-il, en ayant surement dû sentir mon mouvement.

Je soupirai.

« T'es incroyable… Aucun sens de la préservation… »

« Me préserver de quoi ? »

« Je pourrais être dangereuse Edward, je pourrais utiliser ce code de façon mal intentionnée et - »

« - Et quoi ? » Il se mit à rire, comme un adolescent, ce rire qui faisait des étincelles dans mon coeur et des papillons dans mon ventre, « J'ai rien à cacher dans mon foutu téléphone, et d'ailleurs où que ce soit - et puis tu vis chez moi j'te rappelle, t'avais quatorze jours pour me faire un sale coup si tu le voulais vraiment. »

Je le regardais afficher maintenant un sourire satisfait.

« J'attends toujours cette putain de musique. » fit-il en me sortant de l'effet ensorcelant qu'il avait sur moi.

Je m'emparai doucement de son téléphone, j'entrai le code et je me dirigeai sur l'application Youtube.

Qu'allais-je lui faire écouter ?

Je me souvins d'une chanson que j'avais entendu la nuit dernière en écoutant la radio dans sa librairie…

Un duo langoureux entre un chanteur et une chanteuse que je ne connaissais pas…

Les mots m'avaient fait penser à la fin de ce contrat…

Un piano faisait l'introduction avant que le chanteur ne commence sa partie. Edward réduit son regard en essayant de comprendre de quoi il s'agissait. Puis le refrain commença.

« I know, You know, we know You weren't down for forever and it's fine. »

Je le vis froncer les sourcils avant d'augmenter le volume du son sur sa voiture.

« But if the world was ending you'd come over, right?

You'd come over and you'd stay the night Would you love me for the hell of it ?

All our fears would be irrelevant If the world was ending you'd come over, right ?

The sky'd be falling while I'd hold you tight

No, there wouldn't be a reason why

We would even have to say good bye

If the world was ending you'd come over, right ? »

Je sentis son regard se tourner vers moi quelques secondes avant de revenir sur la route.

Je regardais droit devant moi comme si ma vie en dépendait.

Les paroles me semblèrent subitement trop expressives.

Une fois la musique terminée, le silence était pesant.

Je m'emparai à nouveau de son téléphone pour opter, cette fois ci, pour un violon ou un piano solitaire sans mot qui me porterait préjudice.

« Je t'ai demandé hier d'être positive et toi tu me lances une putain de chanson sur la fin du monde ? » fit-il en passant une main dans ses cheveux. Il soupira, « Donc, tu ferais quoi, toi, si demain était le dernier jour de ce foutu monde ? »

La réponse était évidente.

« Je dirais à ceux que j'aime que je les aime. »

Ma voix était à peine audible. Je priais pour qu'il n'entende pas ce que mon coeur criait de lui dire.

« Tu crois pas qu'ils le savent déjà ? » fit-il toujours avide de détails.

Et je ne savais plus où m'abriter, si jusqu'au fond de mon coeur, cet homme pouvait m'atteindre.

Je continuai à fixer ce point invisible en face de moi.

« Pas tous. »

...

Pdv Edward.

Un mystère.

Un putain de mystère qui avait réussi à s'infiltrer dans toutes les synapses de mon système nerveux.

Fin du monde ou putain de fin de contrat, c'était du pareil au même.

Elle me disait Au revoir.

Cette fille était trop sensible et trop intelligente pour avoir choisit cette foutue chanson au hasard.

J'avais tenté de garder un ton léger dans la voiture mais au fond de moi, je ne voulais que l'attacher à son putain de siège pour qu'elle ne soit jamais loin de moi.

J'avais un putain de compte à rebours. Et là, je l'observais de loin, au bras de Carmen qui l'avait embarqué à peine avions nous pénétré la salle du gala.

Et elle n'était que délicatesse, sourires discrets, et élégance.

J'étais certainement le seul à repérer le malaise dans son regard et dans sa posture quand Carmen la prendrait subitement dans ses bras, ou quand elle rangerait une mèche de ses cheveux derrière son oreille comme si elle était sa fille. Mais elle se rattrapait vite pour dissimuler l'inconfort que tout ceux qu'elle croisait semblaient ignorer.

Elle était belle, confiante et, quelque part, elle semblait irréelle.

Irréelle, parce que je n'avais pas l'habitude de l'avoir à l'aise chez moi ni même dans sa foutue boîte. Irréelle parce que son style était hors du commun ; les femmes ici étaient pleine de diplômes et d'argent et encore elles me semblaient insignifiantes par rapport à elle. Parfois, je remarquerais le regard de certaines d'entre elles sur son dos essayant de comprendre si la dentelle était bleue ou si c'était bien la couleur de sa peau sous la broderie.

Et le plaisir que j'éprouvais à l'idée d'être le seul à savoir ce qu'il y avait là dessous était extatique.

Et puis je remarquerais qu'elle veillait constamment à ce que ses cheveux soit en arrière, et qu'elle se positionnerait de sorte à ce que son tatouage soit le moins visible des invités, comme si elle portait un secret malgré elle.

Comme un de ses foutus héros de Marvel.

Irréelle.

« Masen ? »

Je la quittai du regard.

Parce que, depuis que Carmen me l'avait arraché du bras, je pouvais pas m'empêcher de lui jeter un coup d'oeil toutes les trois putains de secondes.

« Ouais ? »
« Réfléchis à ma proposition. Je me chargerai de ton père pour les excuses. »

Stefan Collins était en face de moi à lécher mes boules pour que je le rejoigne dans son hôpital. Bien que Carlisle ait le don de me casser les couilles, jamais je lui ferais un coup pareil. Et ça, le directeur de l'Hôpital pour Enfants de Seattle - et pas moins que le meilleur chirurgien infantile du Nord Est des USA - n'arrivait pas à le comprendre.

« J'ai pas besoin que quelqu'un se charge de mon père, Collins. », et je voulais signifier qu'il n'avait pas intérêt à m'utiliser dans une compétition contre Carlisle. « Mais, merci pour l'intérêt. » fis-je en posant une main contre son épaule. « Je dois te laisser. »

Je me tournai et je tombai face à la dernière personne que je voulais voir ici.

« Victoria… »

« Edward… » fit-elle en laissant un sourire blanc stérile et rouge sang se dessiner sur son visage, « Ravie de savoir que tu ne pas oublié » fit-elle en frappant doucement son verre de champagne avec le mien.

« La volonté ne manquait pas… »

« Oh Edward… Toujours un peu aigri ? » Elle toucha le col de ma chemise comme pour y régler un faux pli inexistant. Elle ne tenait surement pas à ses putains de doigts. Elle se rapprocha ensuite de mon oreille, « On ne prend pas suffisamment soin de toi, j'imagine… » chuchota-t-elle et je voulais juste vomir. Elle s'écarta de moi, et ses yeux marrons n'étaient pas aussi profonds que les siens, son sourire n'était pas aussi vrai, son allure n'était pas aussi naturelle.

Je me rapprochai à mon tour de son oreille.

« En tout cas, rien à changé chez toi Vicky. » fis-je en affichant un sourire satisfait, « Toujours aussi insipide ». Et elle avait horreur du surnom que lui avaient attribué les internes de l'hôpital. Je m'écartai d'elle, j'en pouvais plus de son parfum. « J'ai quelqu'un à retrouver. Bonne soirée. »

Je posai mon verre sur le plateau d'un serveur au passage et je m'éloignai en cherchant le dos bleu azur ou Carmen.

Je les voyais nulle part.

Pourquoi l'avais-je laissé avec Carmen, bordel ?

« Docteur Cullen ? »

Je me tournai vers la voix masculine derrière moi.

Un homme petit et bouffi se tenait en face moi, il devait faire parti du staff de la soirée comme il portait un badge sur son costume.

« C'est Masen. »
« Oh pardon, je pensais que vous étiez le fils du Professeur Carlisle Cullen ? »

J'envoyais les yeux rouler vers le plafond.

L'éternel problème de notre nom.

« Ouais, mais je m'appelle quand même Docteur Masen. » fis-je sans vouloir rentrer dans les putains de détails liés à mes origines biologiques et au conflit qu'on avait tous, Emmet, Alice et moi, à vouloir garder un lien avec notre foutu nom d'origine dans nos vies professionnelles.

« Euhm d'accord, Docteur Masen, juste vous prévenir qu'il est prévu que vous passiez au micro lors de la remise des médaillons. »

« Ouais, on m'a dit. Peu importe. » fis-je en reprenant mes recherches dans la salle.

Je tombais finalement sur Carmen qui discutait avec son mari.

Mais elle n'était pas avec elle.

Mon coeur commença à frapper dans mon putain de thorax.

L'idée qu'elle soit, seule, au milieu de tout ce monde me plaisait d'aucune manière.

Je circulais au milieu des invités, je faisais rapidement des signes de tête pour les collègues de l'hosto qui tentaient de commencer un échange avec moi, certaines chiennes essayaient de me stopper pour me saluer mais je pouvais pas leur accorder une seconde de mon attention.

Où était-elle, bon sang ?

C'est en sortant de la marée de monde que je tombai finalement sur elle.

Elle était dos à moi, face à un tableau exposé sur une galerie de la salle de fête.

Un homme était près d'elle.

Elle semblait mal à l'aise avec la proximité qu'il tentait auprès d'elle. Je pouvais le lire dans sa posture tendue, dans sa jambe légèrement vers l'extérieur prête à foutre le camps si besoin.

Le connard se rapprocha de son visage pour lui dire quelque chose, et elle lui sourit avant de rire.

Le fils de pute la faisait rire.

La rage que je sentis monter en moi me fit presque trembler.

J'entendis quelqu'un m'appeler mais je pouvais pas me concentrer là dessus. J'avais une vision en tunnel et tout ce que je voyais était la fille pour laquelle ma raison avait foutu le camps et ce putain d'inconnu qui avait réussi ce que j'avais tant de mal à faire.

Mes jambes se mirent sur le pilote automatique.

...

Pdv Bella

Carmen Denali.

Le nirvana dans un être humain.

Elle n'était que bénédiction, gaieté et ravissement.

Il était presque impossible de se sentir mal à l'aise autours de cette femme. Tout d'elle relevait du confort et de l'assurance. Sa façon de me regarder, sa façon d'enlacer son bras dans le mien, sa façon de caresser mon visage ou mes cheveux, sa façon de me parler, sa façon de, constamment, me valoriser.

Et c'était sa façon d'être avec tout le monde.

Et, d'une façon ou d'une autre, elle me rappelait Renée.

Et, de toutes les façons, c'était douceur et douleur sur mon âme.

Je faisais tout mon possible pour ne rien laisser paraitre car je ne voulais pas la rendre inconfortable ou lui manquer de respect.

Je poursuivais donc ce que je faisais de mieux.

Faire semblant que tout allait bien.

Fake sur fake.

Ma spécialité.

Et des Marie… Marie… et Marie… C'était tout ce qui sortait de ma bouche, avec de temps en temps des merci par ci, merci par là.

Madame Denali me présentait à tout le monde, et je voulais la supplier d'arrêter d'apporter tant d'attention sur moi. De l'attention qui ne faisait que se décupler lorsqu'elle me rattachait fièrement à son neveu.

De toute façon, la moindre mention d'Edward à cette soirée suscitait auprès des invités interêt et fascination.

Je n'étais pas certaine d'en comprendre les raisons. Etait-ce parce qu'il était le neveu de Carmen, l'organisatrice de cette luxueuse soirée ? Ou était-ce lié au fait qu'il soit le fils d'un certain Carlisle Cullen, un grand médecin qu'on mentionnait, ici, toutes les cinq minutes ? Ou était-ce tout simplement parce que c'était Edward.

Et, évidemment, ce simple point pouvait suffire.

Mon coeur dont l'austérité avait été envahit par l'affect et l'ardeur pourrait en témoigner.

« Mon ange, » m'interrompit dans mes pensées Madame Denali, « Voici mon mari, le Docteur Eleazar Denali. » fit-elle pleine d'affection et de fierté.

Je me tournai vers l'homme en question. Il était grand de taille et dégageait un charisme indéniable. Son regard semblait légèrement sévère mais il était surtout transperçant, comme s'il décryptait constamment ce qui était en face de lui. Il me fit un signe de tête sans prononcer un mot, avant de passer son bras autours de la taille de sa femme.

« Bonsoir Docteur. » fis-je simplement.

« Chéri, c'est l'amie d'Edward dont je t'ai parlé, Marie » dit-elle toujours avec cette fierté et avec une espèce de projection dans l'avenir qui me donnait la chaire de poule.

Son mari réduit légèrement son regard sur moi et pendant quelques secondes, je cru qu'il connaissait la vérité; ma réelle identité, ou l'impossibilité qu'un homme comme Edward Cullen puisse être en couple avec moi, ou pire que tout, qu'il soit un client du Crystal.

A ce point là, tous les drames étaient possibles dans ma vie.

Il finit par me sourire mais ça n'atteignait pas son regard.

Oui.

La chaire de poule.

Cet homme devait me détester.

D'autres personnes se joignirent à nous, s'adressant surtout au Docteur Denali. Et même avec eux, il semblait froid, distant et extrêmement mesuré. Comme si personne, ici, ne lui inspirait confiance. Comment un homme comme lui avait finit par être avec une femme comme Carmen ? Ils semblaient être aux antipodes l'un de l'autre.

Je m'éloignai légèrement de la discussion et je jetai un regard vers le reste de la salle à la recherche d'Edward.

Carmen m'avait capturé par le bras dès notre entrée dans la réception. Depuis lors, j'apercevais de temps à autre, Edward de loin, discuter avec ce qui semblait être des collègues à lui et probablement des amis, il affichait toujours ce sourire, sûr de lui, impressionné par personne ici, il semblait heureux… Dans son élément… Dans son monde…

Un monde dans lequel je n'appartenais pas.

Je tournai ma tête vers la fontaine de champagne et je le trouvai finalement pas loin, debout, avec une grande et belle rousse. Ils semblaient proches. Intimes même. Et une nouvelle vague de frissons fit apparition. Lorsqu'elle se rapprocha de lui comme pour lui murmurer un secret, il ne s'écarta pas d'elle, et les nausées s'ajoutèrent aux frissons. Et je n'avais tellement pas le droit d'éprouver ce que j'éprouvais… Il affichait ce sourire en coin qui pouvait faire tomber n'importe quelle femme… Avant de se pencher, à son tour, vers elle…

Et la vue m'était insoutenable.

Je me retournai pour ne pas assister à la suite. Je vidai, d'un coup sec, mon verre de champagne pour repousser au plus loin ce que j'allais vomir.

Je sentis les larmes charger mes yeux et je voulais qu'on m'étrangle. Ressaisis toi.

Je jetai un coup d'oeil sur Carmen qui était absorbée par les propos de son mari. J'en profitai pour m'éloigner d'eux et de la marée d'invités.

Il n'est pas à toi… Il peut être avec qui il veut… Il ne sera jamais à toi.

J'aurais voulu trouver des WC et m'enfermer dans une cabine mais je n'avais aucune idée d'où est ce qu'ils se trouvaient.

Je me retrouvai dans un large couloir quasiment vide. De grandes toiles y étaient exposées sur le grand mur à ma droite. Quelques rares personnes les observaient. La plupart des invités étaient davantage intéressée par les paillettes et la frivolité dans la grande salle de réception. J'arrivai à retrouver un semblant de calme ici, mon coeur envieux ralentissait sa cadence tandis que je découvrais les peintures. Il n'y avait que des aquarelles. J'arrivais devant une toile un peu plus grande que les autres, plus longue que large, elle semblait être mise en valeur par rapport aux autres. C'était le seul abstrait en aquarelle. Le reste des oeuvres représentaient des paysages réels, ou peut-être imaginaires, je pouvais pas dire.

Sur un fond de vagues couleur bleu nuit se développait depuis la base de la toile une espèce de tourbillon de couleurs. Il prenait naissance sur un fin filet blanc qui, du fait de la composition aqueuse de la peinture, donnait l'impression qu'il allait s'évaporer et disparaitre… Mais en fait de ce trait blanc fragile naissaient d'abord des couleurs froides qui s'entremêlaient dans une espèce de bataille et qui au fur et à mesure qu'on remontait la toile se laissaient envahir par des couleurs de plus en plus chaudes.
L'ensemble de la toile donnait l'impression qu'une énergie chancelante s'éveillait de façon hésitante pour, finalement, jaillir dans un épanouissent rassurant et flamboyant au sommet de la toile.

On ne pouvait se sentir qu'envoutée et enveloppée et -

« Quel nom vous lui donneriez ? »

Je sursautai, absorbée par la toile. Je touchai mon visage et je me rendis compte que des larmes avaient coulé.

« Merde… » fis-je en essuyant rapidement mon visage tout en essayant de préserver mon maquillage.

Il fit quelques pas vers moi, et il était beaucoup trop proche. Je ne voulais que reculer mais ça le froisserait et je n'avais aucune idée de qui il s'agissait. Peut-être qu'il était proche de Carmen ou d'Edward.

« Vous avez l'air émue, mademoiselle. » fit-il dans une voix suave et rassurante, il me tendit un mouchoir en papier qu'il sortit de sa poche. « Ai-je autant de pouvoir ? » ajouta-t-il.

Je clignai des yeux avant de prendre son mouchoir et finalement faire un petit pas en arrière.

« Merci… » murmurai-je. Je le regardai sous un meilleur angle, il était grand, élégant, brun, des cheveux un peu longs, comme ceux de Jasper, plaqué en arrière, et une barbe parfaitement taillée. Il devait avoir l'âge d'Edward ou peut-être un peu plus.

« Du coup… Quel nom vous lui donneriez ? » fit-il en faisant un signe vers la toile qui m'avait bouleversé.

Je la fixais un long moment.

« Euhm… Je sais pas trop… L'aquarelle est souvent considérée comme démodée… » commençai-je hésitante, « La peinture à l'huile lui ayant fait beaucoup d'ombre. » précisai-je, « Mais ici l'artiste maitrise à la perfection la technique de la peinture à l'eau. Il arrive à délivrer dans son oeuvre une force et une profondeur inégalées mais dans une délicatesse et une douceur que la peinture à l'huile ne pourrait jamais reproduire… »

L'inconnu réduit son regard sur moi.

« Et donc…Nommez cette oeuvre, je vous prie… »

Finalement, un seul mot me vint en tête.

Probablement la raison des larmes qui avaient coulées sans même que je ne m'en rendre compte.

« Espoir. »

Un sourire large se dessina sur son visage.

Je lui souris en réponse sans vraiment comprendre ce qui semblait le rendre heureux.

« Je l'ai appelé Seconde Chance. »

Mes yeux s'élargirent dans le choc.

« Vous… Vous êtes… »
« C'est moi même. » fit-il le sourire maintenant large et fièr. « Et vous avez tapé dans le mille, c'est sûr que l'espoir est l'ingrédient indispensable à la seconde chance »

Je me mis à rire.

« Pardon, je… » Je manquais de mots, je me tournai vers la toile puis vers l'inconnu en continuant à rire de toutes les coïncidences; que l'auteur soit en face de moi tout ce temps durant lequel je parlais de son oeuvre et que l'idée de la seconde chance revienne vers moi de nulle part.

« C'est… C'est une belle création, bravo… » fis-je simplement en me tournant vers lui.

Je vis son regard se diriger vers quelque chose derrière moi et alors que j'allais me retourner, je senti subitement une main se plaquer sur le bas de mon dos, et remonter le long de ma colonne vertébrale, pour finalement se glisser sous mes cheveux et sur ma nuque.

Les étincelles qu'envoyait le contact à l'ensemble de la surface de ma peau me disait que ça ne pouvait être qu'une personne.

Mon corps était rigide tandis que je tournai légèrement mon visage vers ma droite.

« Tout va bien ? » fit Edward en penchant sa tête vers moi mais en fixant l'artiste d'un regard furieux.

« Euhm… Oui… Je… » Son pouce frottait ma peau sous mon oreille rendant mon cerveau incapable de prononcer une phrase complète. Je savais pas quoi dire ni où me mettre entre l'homme dont j'étais secrètement amoureuse et qui semblait actuellement en colère, et l'inconnu aux peintures envoutantes.

« Votre dame a le coeur d'une artiste. »

Edward cligna des yeux avant de laisser l'expression de son visage s'adoucir. Son regard descendit finalement sur moi et il fronça les sourcils.

« Je ne me suis pas présenter, pardonnez moi, Alister, un ami d'Eleazar, c'est lui qui m'a proposé cette audience pour mes toiles. »

Edward quitta mon visage pour l'artiste tandis que je me tournais vers la toile pour y rechercher sa signature. Tout en bas, à droite, on pouvait y deviner l'inscription Ali.

« Appelez moi, Ali. » ajouta-t-il en tendant une main à Edward.

Edward retira sa main de ma nuque après y avoir appliquer une légère pression, puis fit un pas vers Alister.

« Edward… Eleazar est le mari de ma tante. »
« Oh… Le fils d'Esmé et Carslile ? » fit-il en lui serrant la main.
« Ouais… »
« Un honneur. » fit-il en baissant sa tête dans un signe de respect. Je vis Edward passer une main dans ses cheveux, visiblement pas à l'aise avec ce genre de reconnaissance. « Et vous demoiselle ? »
« Euhm, vous pouvez m'appelez Marie. » Et j'avais l'impression de moins mentir en le formulant de cette façon. « Marie… La lecture est un art en soi, vous savez… Et l'analyse que vous avait fait de ma toile fait déjà de vous une artiste. » fit-il dans une voix bienveillante, « Vous devriez laissez votre coeur s'exprimer davantage. Nous en avons besoin. »

Le regard d'Alister revint vers Edward qui le scrutait comme s'il devait y déchiffrer des hiéroglyphes.

« Une excellente soirée à vous deux. » Puis il se tourna et nous laissa seul.

« C'était quoi ce type ? » fit-il en continuant à l'observer alors qu'il s'éloignait de nous.

« Un artiste, c'est lui qui a peint ce tableau. » murmurai-je en montrant de la main Seconde Chance.

Edward se tourna vers moi plutôt que vers le tableau, il fronça les sourcils avant de faire un pas vers moi. Il écarta doucement des mèches de mes cheveux derrières mes oreilles, son regard semblait inquiet à la recherche d'indice sur mon visage. Ses mains continuaient à toucher mes cheveux puis mes épaules.

« C'est quoi le truc avec toi… » murmura-t-il et ça ressemblait à une question qu'il se posait à lui même. Je le regardais sans trop savoir quoi dire, puis je jetai un regard autours de nous, les invités qui le connaissaient se poseraient certainement des questions quant à la proximité et à la bienveillance qu'il affichait en public. « Il suffit que je te laisse, seule, un instant, pour que je te retrouve les larmes aux yeux. »

Je clignai du regard.

« Euh, non… »

Son regard se centra sur le mien et un sourcil inquisiteur se souleva.

« Enfin, si - mais c'était le tableau - je… Je me suis laissée emportée. »

Evidemment je ne mentionnais pas le fait que la vue d'une femme proche de lui avait fait jaillir en moi un sentiment d'infériorité encore jamais connue. Un sentiment qui pouvait certainement expliquer mon hypersensibilité face à la toile.

« Tu sais, » commença-t-il et maintenant il passa ses doigts autours de ma boucle d'oreille tout en laissant un sourire se dessiner sur son visage. Il observait le bijou en semblant fasciné. Et il ne réalisait pas que je pourrais fondre sur place s'il continuait comme ça. « Ma mère et ma soeur aiment bien ce genre de conneries, mais je les ai jamais vu pleurer devant un tableau. »

« Je dois avoir un problème… »

Il centra à nouveau son regard sur moi.

Ses iris brillaient.

Mon coeur fondait.

« Si tu as un problème, et que j'aime ce problème, c'est que nous avons tous les deux un putain de problème. »

Il suffisait juste de me mettre sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

Et je pourrais mourir juste après ça.

Sa main quitta ma boucle d'oreille et se glissa sous mes cheveux pour parcourir à nouveau mon dos de haut en bas tandis qu'il nous pivotait de sorte à ce qu'on soit face à la toile d'Alister.

« Tu… Tu vois quoi là dessus ? » réussi-je à formuler, mais mon cerveau n'était connecté qu'à sa main sur le bas de mon dos. Sa main sur la dentelle. Sa main sur ma peau.

Il se mit à rire.

« Si je te dis que je me vois moi, je vais paraître pour un connard arrogant ? »

Je ris à mon tour. Il se tourna vers moi comme pour ne pas louper quelque chose sur mon visage.

« Pourquoi ça te fait penser à toi ? » demandai-je.

« Ça ressemble à un putain de cyclone ce truc, non ? Et j'veux pas dire, mais je suis loin d'être un océan calme et plat, on me décrit plutôt comme un orage ou une putain de tempête. »

Je regardai la toile, et c'était vrai. Le tourbillon, l'imprévisibilité, la force et parfois la fragilité, le chaud et le froid, les montagnes russes.

C'était tout lui.

« J'aime cette toile. »

Je me figeai devant le tableau alors que je réalisais ce qu'impliquaient mes mots.

La paume de sa main, qui ne faisait que se déplacer contre mon dos, s'arrêta subitement.

« Je… J'ai toujours eu un faible pour les aquarelles. »

C'était les extrémités de ses doigts qui reprirent le parcours sur la dentelle comme s'ils cherchaient un passage - ou alors j'étais totalement ensorcelée au point d'imaginer des choses…

« Et toi ? Tu vois quoi là dedans ? »

Avais-je dis que mon cerveau n'était connecté qu'à ses doigts ?

Comment pouvais-je sortir une phrase cohérente ?

« Mmh… » Je fis un pas en avant vers le tableau de sorte à rompre le contact et pouvoir sortir plus de deux mots consécutifs, « Ce tableau me fait rappeler ces deux semaines…Tu vois ce trait ? » fis-je en me rapprochant davantage et en montrant la base de la toile, « C'était nous au début, précairement tendus. » précisai-je en lui souriant par dessus mon épaule. J'avais pas l'impression qu'il regardait ce que je lui montrais sur la toile, son regard était fixé sur mon dos ou mes cheveux, « Puis après… » continuai-je mais je ne savais pas comment lui expliquer sans m'exposer…

« T'es devenue moins fuyante. »

« Alors que tu es resté toujours aussi curieux. »

« Et t'es toujours aussi mystérieuse. ».

« Pourtant tu sais bien plus de choses sur moi que je ne le permets habituellement. »

Il émit un rire léger en revenant à coté de moi.

« Je dois me sentir honoré, j'imagine ? »
« Oui, très. »

Il se tourna face à moi.

« Et pourquoi ça ne me suffit pas ? »

Je me tournai vers lui hésitante.

« Par - Parce-que la curiosité est un vilain défaut ? »

« Et puis après ? »

« Comment ça ? »

« T'as pas finit avant, le foutu fil précaire, okay, et ensuite ? »

« Oh… Ensuite…Et bien… Les montagnes russes… Et… Beaucoup de désordre… »

« Le cyclone est passé… » conclu-t-il en réduisant son regard sur moi et en affichant ce sourire en coin.

J'acquiesçais de la tête, la réalité de ses mots m'empêchant de formuler les miens.

Il s'écarta de moi et interpella une hôtesse qui passait régulièrement dans la galerie.

« Je vais prendre celle ci. » entendis-je Edward lui dire en montrant de la main Seconde Chance.

« Oui, bien sûr Monsieur, je vais apporter de quoi faire l'enregistrement. »

Je le regardais sous le choc.

« Tu vas acheter cette toile ? »

« Non, je vais t'acheter cette toile. » fit-il en semblant satisfait de lui, « Tu croyais quand même pas t'en sortir aussi facilement ? »

« Tu - Tu, quoi ? - Non, Edward… » et j'avais l'impression de manquer d'air.

« Hey, j'ai pas fait de scène avec ton cadeau, donc rends moi la pareille. »

« Je t'ai juste donner mon - une - une stupide carte ! Ça n'a rien à voir ! »

« Permets moi d'en juger quand tu me laisseras ouvrir l'enveloppe. »

« Edward, il est hors de question que tu prennes ce tableau pour moi, il restera chez toi, j'te préviens! »

« Oh… Une menace ? »

« Excusez moi, Sir ? »

On se tourna tous les deux vers l'hôtesse.

« Excusez moi, mais je viens d'apprendre que toutes les toiles sont en vente sauf celle ci. »

Je vis la tête d'Edward s'affaisser vers le sol alors que je jubilais de l'intérieur. Je faisais mon possible pour ne pas le montrer, je savais que ça pourrait l'énerver.

Et oui, on a beau vouloir, on ne maitrise pas tout…

Il souleva son visage vers moi en ayant un sourire qu'il semblait aussi retenir. Puis il réduit son regard en atténuant la distance entre nous. Il souleva sa main vers ma bouche pour retirer ma lèvre d'entre mes dents.

« Evidement, il fallait que tu aimes la seule toile qui ne se vende pas… »

« Chef ? »

Edward se tourna vers le son de la voix derrière lui. Un grand sourire se dessina sur son visage alors qu'il reconnaissait l'homme en face de lui. Un grand balzané au visage un peu enfantin mais aux épaules larges se rapprochait de nous, il devait avoir la même taille qu'Edward mais il semblait plus jeune que lui.

« Je vous ai pas manqué ? »

Edward se mit à rire avant de le prendre dans une accolade.

« Combien de fois je t'ai dit d'arrêter de me vouvoyer ? Et j'suis plus ton putain de chef, Seth. »

Le jeune se mit à rire.

« J'peux pas m'en empêcher, mon internat est marqué au fer avec toi comme chef. »

« T'as quand même décidé de te barrer chez Collins. » fit Edward en frappant son épaule.

« C'était soit j'me fixe l'objectif de le battre lui, soit de te battre toi. »

Edward se mit à rire.

« Peut être que tu seras mon chef un jour, qui sait ? »

« Du souvenir de toi et du Professeur Cullen, je préfère pas être ton boss, mec. »

Ça faisait chaud au coeur de voir Edward aussi confortable, presque comme un adolescent, avec ce jeune homme qui semblait le considérer comme son grand frère.

J'entendis gratter une gorge. Je tournais mon attention vers l'inconnu qui me regardait fasciné.

« Sommes nous en train de rêver, Chef ? »

« Fermes là, Seth. »

Le jeune homme se mit à rire.

« J'ai le droit d'être présenté au moins ? »

Edward envoya ses yeux rouler vers le plafond.

« Seth Clearwater, mon tout premier interne quand j'étais résident. Une putain de plaie qui n'a pas hésiter à me balancer à mon père plus d'une fois. »

« C'était la seule façon que je trouvais pour te débarrasser de Mackenzi, tu devrais porter mes boules comme on porte des diamants maintenant. »

« Fils de pute… »

Je regardais la scène un peu effarée.

Le Seth fit un pas vers moi en me tendant une main et en affichant un sourire facile.

« Seth, simplement le meilleur interne qu'il n'ait jamais eu. »

Impossible de ne pas lui sourire.

« Marie… Enchantée. » fis-je en lui serrant la main en retour.

« Mes chéris ? »

On se tourna tous vers Carmen

« Le diner va être servi, installez vous à vos tables. » fit-elle chaleureusement. « Seth, comment vas-tu ? Ton papa va mieux ? »

« Je vais très bien, Madame, et oui il va beaucoup mieux, il se sent encore redevable auprès du Professeur Cullen. »

« Pour l'amour de Dieu, arrête avec ce Madame… Et je suis ravie d'entendre ces bonnes nouvelles, vas t'installer, je t'ai placé à coté d'Edward. »

Edward fit une tête exaspérée mais je voyais bien qu'il plaisantait.

« Fais pas cette grimace, grâce à moi, t'auras pas besoin de faire la discussion ! » lança Seth en riant.

...

Pdv Edward.

« C'est du français ? »

Je me tournai vers elle et mon visage n'était qu'à quelques millimètres du sien, ma bouche trop proche de la sienne. Je remerciais la présence de tout ce putain de monde autours de nous. Je l'aurais dévoré si nous étions seuls.

J'étais à deux doigts de perdre tout contrôle sur moi.

Tout d'elle réveillait le feu en moi.

Et là, sa bouche qui murmurait innocemment à mon oreille trois mots ridicules, était comme une allumette qu'on jetterait sur mon corps imprégné de pétrole.

« Ouais, c'est écrit en français, Carmen a dû faire venir un traiteur de Paris rien que pour cette stupide soirée. »

Sa bouche fit un « o » et c'était pas possible qu'elle soit une prostituée.

« Je n'ai étudié que l'italien et l'espagnol… » fit-elle presque timidement.

Je posais mon bras sur le dos de son fauteuil en n'ayant plus rien à foutre de ce que les autres pourraient penser. J'étais aimantée à cette fille.

« Que ? » fis-je en hochant la tête, c'était quoi le problème de cette fille à toujours croire qu'elle était insuffisante. « Et je sais déjà que tu parles l'espagnol. »

« Ah oui ? »

« La librairie où je t'ai trouvé. »

Elle cligna des yeux avant de sourire légèrement.

« La librairie dans laquelle tu m'as traqué ? » murmura-t-elle, en semblant amusée.

Je ris en prenant la carte de ses mains.

« Tu n'en riais pas à l'époque, » lui rappelai-je.

« Non, tout a changé… »

Ma tête était penchée vers elle, mon bras sur le dossier de sa chaise, j'étais noyé dans son parfum, et j'avais l'impression que nous étions seuls dans l'univers, rien ni personne autours de nous.

Et elle avait raison. A l'époque, nous étions sur le putain de fil tendu dont elle parlait avant, et aujourd'hui nous étions dans un désordre où on alternait constamment entre larmes et sourires - plus souvent les putains de larmes que les sourires - en passant par toutes les nuances intermédiaires.

« Peu importe » fis-je en survolant la carte, « Grosso modo, Saint Jacques ou foie gras, puis homard ou volaille, et mille feuille-fruits rouges ou macaron-truffe-caramel »

Elle se mit à rire et le son envoyait de la braise sur mon putain de coeur qui ne demandait que ça.

S'embraser.

Quand je soulevai mon regard de la carte, je tombai sur celui d'Eleazar fixé sur nous.

Et le feu s'éteint subitement.

Il me scrutait comme s'il pouvait voir à travers moi, au delà de mon corps, directement dans les foutues abîmes de mon âme. Son regard dura quelques secondes avant qu'il ne m'ignore et interpelle un des serveurs pour se faire servir du vin.

Putain d'Eleazar Denali.

Une des rares personnes sur cette planète capable de me foutre les jetons.

Depuis mon adoption par Carlisle et Esmé, j'ai jamais vraiment pu cerner ce mec. Quand j'étais plus jeune, je voyais cet homme comme le parrain des mafias qu'on voit dans les films, celui dont t'entends jamais la voix mais au moment où il parle, tu te pisses dessus, et tu pries pour qu'il sorte pas son flingue et te dégomme la cervelle. Quelque chose chez cet homme relevait du cryptique.
Mais avec le temps, je compris un peu mieux le personnage - sans jamais le saisir totalement - et surtout, sans jamais vouloir en savoir davantage. Esmé me racontait toujours qu'il avait été son mentor durant ses études de psychiatrie, et encore aujourd'hui, avec le niveau qu'elle avait, elle estimait qu'il était le meilleur dans la discipline. Carlisle lui vouait un respect hors norme et me répétait toujours qu'il faisait parti des rares personnes de son entourage à ne jamais parler pour rien dire. Et évidemment Carmen… Eleazar et elle étaient comme l'ombre et la lumière, comme le putain de ying et de yang, comme si d'une façon, ils étaient totalement opposés mais d'une autre, l'un ne pourrait pas exister sans l'autre.

Et alors que j'avais encore du mal à comprendre comment un tel couple pouvait exister et surtout perdurer, je pouvais totalement saisir comment la peste de Tania avait pu naitre d'une combinaison aussi improbable que celle de Carmen et Eleazar Denali.

« Vin ou Champagne, Monsieur ? »

Le serveur me coupa dans mes pensées tandis que tout le monde discutait autours de la table, Seth s'était lancé dans je ne sais quelle foutue histoire avec Collins et Eleazar qui l'écoutaient. Et Carmen chuchotait à l'oreille de celle dont le dos bleu azur n'était qu'à quelques millimètres de mon bras, et ne cessait de m'obséder.

« Putain de champagne… »

...

Pdv Edward.

« C'est maintenant pour nous un immense honneur d'accueillir le Docteur Edward Cullen, chef du service de Chirurgie Pédiatrique au Centre Hospitalo-Universitaire de Seattle. »

J'envoyais mes yeux rouler vers le plafond.

« Même absent, Carlisle se fait lécher les couilles. »

« Edward Anthony ! » entendis-je Carmen me sermonner alors que Seth éclatait de rire à coté de moi. Je vis un sourire satisfait s'afficher sur le visage d'Eleazar qui devait certainement être d'accord avec moi. Je me levai pour la putain de scène et je passais entre les tables avant de monter les marches et de croiser la chienne qui m'avait présenté.

« C'est Docteur Masen. » lui sifflai-je en lui lançant un regard qui voulait dire qu'elle avait merdé.

Je me dirigeai vers la maire de Seattle qui remettait les foutus médaillons. Tout ce merdier n'était que putain de mise en scène.

« Un honneur, Docteur. » fit-elle et je voulais lui répondre qu'elle ne me connaissait même pas, bordel…

Mais le micro dans lequel je devais parler était à coté de moi, alors je m'abstenais.

« Ouais, pas de quoi. »

Je me tournai vers la salle, je vis Collins soulever son verre de champagne vers moi et Carmen entrelacer ses mains en face de sa poitrine, pleine de fierté, et d'anticipation pour un discours de ma part qu'elle n'aura pas, parce que j'étais pas fait pour cette merde.

Puis mon regard se posa sur le sien.

Dans le sien.

Et c'était sa place.

Mon regard était à sa place quand il était dans le sien.

Elle me regardait avec quelque chose qui ressemblait à de l'admiration, ou de l'émerveillement, à la fois forte et innocente. Déjà mise au sol par les épreuves de la vie, elle survivait. Comme j'ai survécu, comme Nathan survivait et comme le petit Samuel de ce matin devra survivre aussi…

C'était dans ces regards que j'arrivais à me retrouver.

C'était dans son regard que tout était différent.

« La majeure partie de cette salle sait que je suis pas fait pour les grands discours. J'aime pas les mots et j'aime pas l'attention sur moi - même si je l'attire par mes conneries, vous dira ma famille.» lançai-je en faisant un clin d'œil à Carmen qui me fit un signe de la main pour dire que j'exagérais. Mais elle savait très bien de quoi je parlais.

« Peu importe, ce soir, je me sens… Inspiré. » Et mon regard tombait à nouveau sur le sien comme un putain d'aiment qui suivait son Nord magnétique. « Hier, pendant ma garde, il y avait ce garçon, venu pour une plaie abdominale aux ciseaux… plein d'hématomes et de griffures, mutique, et flippé. »

Je restais silencieux quelques secondes tandis que j'observais les sourires disparaître progressivement des visages.

J'allais flinguer l'ambiance.

« Ouais. On a tous fait le diagnostic. Et bien, manque de bol, ce p'tit est arrivé aux Urgences un foutu samedi. Et les weekends, aux Etats Unis, les systèmes sociaux et les systèmes juridiques sont en arrêt. Pourtant les malades mentaux qui torturent leur gosse, eux, ils prennent pas de pause. Mineur, et foutu décharge contre l'hospitalisation, résultat: le garçon finit par rentrer, main dans la main de son père. Main dans la main de son agresseur. Et pendant qu'on boit du champagne et qu'on se félicite pour notre travail, je me demande ce que fait maintenant ce garçon, ce qu'il subit, et ce que j'aurais pu faire pour le sauver. » Je me tournai vers la maire de Seattle à coté de moi, « Parce que, ouais, c'est sympa de me remercier pour mon travail, mais j'suis pas satisfait de celui ci. Et si j'apprends lundi que ce gosse est mort parce qu'il n'aura pas survécu à la nouvelle punition de son père, parce que son père a pu le reprendre un samedi, juste parce qu'il détenait l'autorité sur un mineur et que le système est incapable de contrer ça durant un weekend - et bien ni votre médaillon et ni vos applaudissements ne me donneront l'impression d'avoir fait mon travail. »

Je voulais m'excuser de sortir un truc pareil et de pourrir l'ambiance mais je n'étais pas désolé, et de toute manière, je m'excusais jamais. « Cette merveilleuse soirée rassemble médecins, avocats, juges et politiciens, tout ceux qui font le système. Alors je vous pose la question: pour ce gosse, et pour tous les milliers qui subissent ces sévices, devons nous pas revoir notre petit confort du weekend de sorte à assurer la sécurité d'un enfant quand elle est mise à mal chez lui ? Devons nous pas changer le système ? »

Ma question ne trouva évidemment qu'un silence assourdissant.

Etonnement, gêne et malaise, étaient tout ce que je lisais sur les visages des invités.

« Merci. » conclu-je.

Carlisle allait avoir ma peau.

Je m'apprêtai à quitter le micro quand j'entendis une personne m'applaudir, je me tournai vers notre table. Eleazar frappait des mains calmement, l'expression de son visage sévère. Il fut quasi instantanément rejoint par elle. Puis Carmen suivit et l'ensemble de la salle se souleva dans une irruption d'applaudissements. Et je pouvais pas vraiment me concentrer sur l'attention autours de moi quand elle me fixait avec ce regard brillant et ce sourire large. Je pourrais faire des centaines de putains de discours si elle pouvait continuer à me regarder comme ça.

Je descendis de l'estrade et je passai entre les tables en serrant des mains tendus dont je n'avais rien à cirer.

Carmen me prit dans ses bras.

« Tu aurais pu y mettre un peu plus de forme. »

Je ris doucement.

« Crois moi, j'ai fait beaucoup d'effort. »

« Et ne t'arrête pas d'en faire ! » fit-elle en s'écartant pour rejoindre son fauteuil. Seth me fit un clin d'oeil satisfait pendant que je me réinstallai à ma place.

Je me tournais vers elle, son regard était sur sa serviette de table avec laquelle elle jouait tout en souriant.

« Tout va bien ? »

Elle souleva son regard sur moi, avec un sourire qu'elle semblait retenir comme ses dents étaient, encore une fois, contre sa lèvre inférieure.

« Un cyclone. » fit-elle dans l'amusement.

« Inspiré. » répondis-je en affichant un sourire satisfait, puis je me penchais vers son oreille, « Quel gout à cette lèvre que tu aimes tant manger ? »

...

Pdv Bella

Je libérai instantanément ma lèvre.

Il se mit à rire dans mon cou et ma peau se brisait en marée de chair de poule et de désir.

Il s'écarta de moi en posant son bras sur le dossier de mon fauteuil de façon tellement nonchalante. Ce genre de geste ne signifiait-il rien pour lui ? Avait-il l'habitude de se comporter comme ça avec toutes les femmes ?

Il commença à discuter avec son ami, Seth, tandis que Carmen se pencha vers moi.

« Je crois que je ne l'ai jamais vu aussi heureux. » murmura-t-elle dans mon oreille.

« Il rend fière sa famille ce soir, c'est ce qui le rend heureux. » lui répondis-je.

« Oh, mon ange… » fit-elle en agitant sa tête dans la négative. Elle s'écarta de moi alors qu'on nous servait les desserts

« Ingenuita. » entendis-je Monsieur Denali dire à Carmen.
« Cosi tanto… » lui répondit-elle.

Et je ne sais pas ce qui me laissa, complètement, confondue.

D'entendre, pour la première fois de la soirée, la voix de cet homme,

De les entendre parler en italien en s'imaginant que je ne comprendrais pas,

Ou de les entendre dire de moi que j'étais tellement naïve.

...

Pdv Bella

« C'est l'heure de notre volière, mon ange, je veux que vous y participiez ! » fit Carmen en me prenant déjà par le bras.

Une volière ?

« Carmen, laisse nous le temps de digérer, bon sang… » lança Edward.

« Tu digéreras à la danse. » balaya-t-elle d'un revers de main.

« C'est l'heure de passer à la caisse, Chef. » entendis-je Seth dire à Edward qui le regardait, lui aussi, confus.

Un homme frappa son verre de champagne avec son couteau pour avoir l'attention des invités tandis que Carmen me guidait vers une estrade non loin de la galerie portant les toiles.

« Mesdemoiselles et gentlemen, voici arrivé le moment de notre célèbre volière des coeurs. Cette année, les dons reviendront à deux associations, tout d'abord ''Les petits enfants des grands parents'' qui luttent contre l'isolement des personnes âgées en offrant présence humaine, activité de loisirs et repas préparés à nos ainés. Ensuite, ''Le petit bagage d'amour'' qui accompagne les femmes enceintes sans domicile fixe en les aidant à accueillir leur bébé dans la dignité. Nous avons besoin de votre générosité pour venir en aides aux plus démunis. Et quoi de plus précieux que le baiser de votre dame ? Gentlemen, les enchères sont ouvertes ! »

Je regardai l'homme dans la sidération.

Avais-je bien compris ?

J'entendis près de moi une jeune femme s'adresser à ce qui devait être son petit ami ou son fiancé « Laisses les enchères monter » avant de lui faire un clin d'oeil et de me rejoindre sur l'estrade près de Carmen.

Mon coeur allait sortir de ma poitrine.

Non…

« Madame, » fis-je en tenant le bras de Carmen, « Je peux pas - »
« - Mon ange, » me coupa-t-elle en plaçant une main sur la mienne, « Faites moi confiance, Edward ne laissera personne poser la moindre pièce sur vous. »

Je la regardai, paniquée, avant de soulever mon regard vers Edward.

Il parlait avec Seth, il semblait en colère.

Très en colère.

« Nous allons commencer avec l'envoutante Marie qui nous honore de sa présence pour la première fois à nos événements. Nous débutons sur 1000 $ ! »

Je n'arrivais pas à me concentrer sur comment cet homme me connaissait parce que j'avais subitement l'impression de me retrouver au Crystal, un vendredi soir, après l'exhibition de ma danse, présentée par Jane…Vendue par Jane.

Et je sentis ma gorge se nouer.

« 2000 ! »
« 3000 ! »
« 4000 ! »

Ma tête se tournait à chaque fois vers l'invité qui faisait monter les enchères.

Et j'avais l'impression d'être dans un monde parallèle.

Ça ne pouvait pas être réel.

Non… Il n'était pas question d'acheter de moi mon baiser…

Non… Pas pour un inconnu…

Non… Pas qu'Edward se sente forcer de le faire…

« 15 000 ! »
« 16 000 ! »
« 17 000 ! »

Les chiffres n'avaient plus de sens dans ma tête.

Et Carmen avait tellement tord.

Edward n'entrera pas dans ce jeu stupide, il préservait ses baisers comme je préservais les miens et comme nous préservions nos plus intimes émotions.
Mon baiser n'avait aucune valeur pour lui, pourquoi il y mettrait de l'argent ? Alors qu'il avait mis déjà une somme énorme pour me louer et -

« 25 000 ! »

« - 40 000. »

Je me tournai vers la voix que je pouvais reconnaitre parmi des millions.

Je vis le regard d'Edward passer de l'homme qui venait de crier 25 000 dollars, à moi. Il était réduit et l'expression de son visage était dure. Il n'était évidement pas heureux de la situation qui allait, pour son image, lui imposer de clore les enchères. Tout le monde, ici, pensait que j'étais sa petite amie.

Tout le monde, ici, se trompait.

Et je ne savais plus ce qui était le moins pire.

D'assister à la vente de ce qui n'avait pas de prix pour moi.

De finir par embrasser un inconnu.

Ou de finir par embrasser Edward contre son intime volonté.

« 45 000. »

Ma tête se tourna vers la personne qui venait de faire monter, encore une fois, les enchères, et mon regard s'élargit.

« Non… »

« Pardon, ma chère ? »

J'agitai me tête dans la négative en tentant de maitriser l'angoisse qui émergeait de tous mes pores.

Ma plus grande peur était réalité.

Le Crystal et ma vie hors du du Crystal allaient s'entre choquer et rien de bon ne pouvait en sortir.

Se tenait assis, sur une des tables du fond, le seul client que j'ai toujours refusé de prendre.

Le seul à demander de filmer les prestations privées.

Riley Biers, dans toute son arrogance.

« 50 000. » Edward.

« 55 000 » Riley.

Et les invités s'exclamaient et applaudissaient.

Et j'allais perdre connaissance si tout ça ne s'arrêtait pas immédiatement.

« 70 000. » Edward.

Tout ça était tellement absurde.

Riley souleva les mains en signe de capitulation.

Et j'aurais pu me sentir soulagée si on me disait qu'il ne passait pas le reste de la soirée ici.

Si je ne voyais pas dans son regard qu'il m'avait reconnu.

« 70 000, une fois ? »

Je me tournai vers Edward qui semblait être en mission. Jamais son expression ne m'a semblé si concentrée et sérieuse.

Puis je survolais du regard l'ensemble de la salle en ne sachant plus quoi espérer.

A ce stade, tout allait relever du désastre.

« 70 000, deux fois ? »

L'anticipation silencieuse et pourtant assourdissante, qui se dégageait de la salle me donnait l'impression d'être au bord de l'évanouissement.

« Adjugé ! »

Et, subitement, rien ne semblait plus insignifiant que mon baiser.

La salle entière applaudissait.

Mon coeur cognait.

Carmen chuchota quelque chose dans mon oreille mais je pouvais pas comprendre.

Tout ce qui résonnait dans mes oreilles étaient les battements de mon coeur et les exclamations des invités.

« Le baiser! Le baiser! Le baiser ! »

Je soulevai mon regard vers Edward, l'expression de son visage était toujours aussi sérieuse, son regard était réduit sur moi comme s'il tentait de décoder ce que j'allais faire.

Comme si j'avais le choix.

Je n'avais jamais le choix.

Et le souvenir de cette discussion que nous avions eu dans ma pièce concernant le baiser, me revint en mémoire.

Edward n'embrassait aucune femme.

« Baiser n'a qu'un seul sens pour moi - sexuel. »

Je sentis la main de Carmen contre mon dos, me guider à la descente de l'estrade où j'étais paralysée.

Je réussis à déverrouiller mes jambes pour finir par circuler entre les tables en direction de notre table… En direction d'Edward.

Ce n'est qu'un jeu…

Un stupide putain de jeu…

Tout sera oublié…

On passera à autre chose après ça….

Les pensées pseudo rassurantes bouillonnaient dans mon cerveau tandis que je n'étais plus qu'à deux pas de lui. Je me rendis compte qu'Edward était debout parce que tous les invités étaient debout à applaudir.

Mon regard se posa finalement sur le visage de l'homme dont j'étais éperdument amoureuse et qui n'en avait pas la moindre idée. Impossible de lire sur son visage ce qu'il pensait de la situation, je n'y voyais ni la satisfaction ni le rejet….

Je réduis encore la distance et je pouvais sentir son souffle sur mon visage.

Il semblait rigide, tout aussi paralysé que moi.

Et alors que je n'avais plus qu'à me mettre sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres, un silence s'installa progressivement dans la salle, comme si l'univers entier était suspendu à ce baiser.

Je me soulevai pour me rapprocher de son visage en posant doucement ma main sur sa poitrine près de son coeur. Parce que je ne pourrai pas faire de cet instant un jeu de rôle, ni une simple vente charitable…

Je ne pourrais pas faker ce moment.

Impossible.

Mes doigts remontaient doucement jusqu'à se poser sur l'angle de sa mâchoire parfaitement dessinée.

Je ne pouvais pas le regarder dans les yeux alors qu'il semblait aussi rigide qu'une statue.

Je regardais ses lèvres en espérant qu'il me pardonne pour l'avoir mis dans cette situation.

En priant pour que mon baiser ne lui dise pas tout ce qu'il y avait dans mon coeur.

Je posai mes lèvres sur les siennes puis je sentis sa main agripper ma taille. Il ne m'éloigna pas. Le contact était doux mais ferme, et je n'étais pas sûre de comprendre ce que ça signifiait.

Mais je savais ce que je ressentais…

Cette vague de désir qui voulait faire parcourir mes mains dans sa chevelure et sur l'ensemble de son corps. Ce magnétisme qui voulait marquer sa peau de mes sentiments, qui voulait lui montrer toutes les raisons des pourquoi, qui voulait le remercier de me détourner de mon échec - Seigneur, je voulais, si mal, lui montrer que je l'aimais.

Je détachais mes lèvres des siennes et quand j'ouvris mes yeux, je me retrouvais noyée dans ses émeraudes incandescentes.

Et tout ce que je voyais me disait tout ce que je craignais.

Il savait.

Parce qu'un baiser était la plus sûre façon de se taire en disant tout.

...

« Qu'est ce que le baiser ?
Une divagation,
Tout chavire. »

Daniel Heinsius

...

A/N: Laissez moi vos pensées, elles m'inspirent :) Bon weekend !

Cami.