Bonjour à toutes. Et voilà je vous retrouve une dernière fois pour cette fiction. Encore un grand merci pour m'avoir suivi sur cette histoire et l'avoir commentée tout du long. Vos messages m'ont touchée et je suis heureuse de l'accueil que vous avez réservé à cette fiction un peu différente.
Et comme toujours un merci particulier à ma beta adorée Delicity-Unicorn.
Bonne lecture...
Chapitre 26
Ça faisait maintenant deux jours que Felicity était au centre. Oliver savait qu'il avait fait ce qu'il fallait mais sa culpabilité ne s'était pas apaisée. Il restait replié sur lui à ressasser toutes les situations dans lesquelles il aurait dû s'apercevoir des difficultés de Felicity mais il avait été trop absorbé par son travail, trop distrait et trop confiant alors qu'il savait que leur addiction serait toujours présente.
Il releva la tête quand on frappa à la porte de sa chambre et Barry apparu par l'entrebâillement pour l'informer qu'il avait de la visite. Au moment où il allait lui répondre qu'il n'en avait rien à faire, son ami le coupa et lui assura qu'il devait se lever. Barry disparut et Oliver maugréa de mauvaise humeur en le suivant.
Son regard tomba sur Donna quand il mit un pied dans le salon et toute sa colère se liquéfia. Barry le prévint qu'il partait travailler mais Oliver n'y fit pas attention. Il était paralysé face au regard de la mère de Felicity et il baissa les yeux. C'était à cause de lui que Felicity avait rechuté, Donna le savait, elle les avait prévenus mais ils n'avaient rien voulu écouter.
- « Je suis désolé Donna…, » d'une voix basse.
- « Oliver… », en s'approchant de lui.
- « J'avais promis de prendre soin d'elle de ne pas la laisser rechuter et j'ai échoué », la gorge serrée. « Vous m'en voulez et je le comprends. Je suis désolé… » Donna s'approcha un peu plus et le prit dans ses bras pour le consoler alors qu'il se flagellait inlassablement.
- « Ne dis pas ça.
- Je n'ai pas su la protéger.
- Je connais la culpabilité que tu ressens, j'ai été à ta place... Je sais ce qu'on vit quand la personne sur qui on veille se fait du mal et qu'on ne voit rien », en frottant son dos. « Mais ce n'est pas ta faute.
- Mais vous saviez ce qui allait arriver, vous nous aviez prévenu », en relevant la tête un peu perdu.
- « J'avais peur que tu ne sois pas un garçon sérieux… », en se reculant pour pouvoir le regarder dans les yeux. « ..que tu l'entraînes mais je me suis trompée.
- Je ne l'ai peut-être pas entraînée mais je n'ai pas su l'aider », d'une voix acerbe en faisant un pas en arrière.
- « Ne porte pas la responsabilité de son geste. Ne t'en veux pas… je ne vous en veux pas, ni à toi ni à Felicity. Je t'ai vu prendre soin de ma fille, l'épauler dans les moments difficiles. Si elle a replongé c'est seulement parce qu'elle n'a pas su parler et faire le bon choix ».
Oliver secoua la tête négativement mais Donna posa une main sur son épaule et le fit assoir avec autorité, ils allaient avoir besoin de parler. Elle avait pensé longtemps qu'elle pouvait aider sa fille en la surveillant, mais elle n'avait réussi qu'à rendre sa vie encore plus compliquée. Elle avait besoin de l'aide de spécialiste et c'était la même chose maintenant.
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Barry arriva au bureau et se dirigea sans attendre vers le bureau de Tommy. Depuis ces derniers jours toute son histoire avec lui tournait dans son esprit. Il avait tenté de réfléchir sérieusement à ce qu'il devait faire sans se laisser influencer par ses émotions et son attirance physique et il tremblait à l'idée de parler avec lui.
Il approcha du bureau dont la porte était entrouverte et se figea en entendant le rire d'une femme et la voix de Tommy. Il faillit faire demi-tour mais sa curiosité et un peu de jalousie le poussèrent à faire les derniers pas pour apercevoir la scène à travers l'entrebâillement. Il soupira en souriant tristement de sa naïveté. Tommy en avait eu assez d'attendre et il avait retrouvé son habitude de charmer toutes les personnes qui se retrouvaient face à lui.
Une porte claqua dans le couloir, Barry tourna la tête en sursautant vers l'origine du bruit le cœur trépidant et il entendit la voix de Tommy l'interpeller.
- « Barry ? », en se levant pour se diriger vers lui d'un pas rapide, un air inquiet sur le visage. « Ça va ?
- Oui… je… rien… je ne veux pas te déranger…
- Tu voudrais bien m'aider », en approchant d'un pas et en parlant d'une voix plus basse. Barry fronça les sourcils et hocha la tête sans comprendre ce qu'il voulait. « Je n'arrive pas à mettre à la porte cette mademoiselle Snart », avec une grimace.
Barry se pencha légèrement pour voir la jeune femme, habillée d'un tailleur cintré, d'un chemisier pigeonnant et de talons aiguilles. Elle avait mis toutes les chances de son côté. Et après avoir entendu son rire, il savait qu'elle ne visait pas seulement un contrat signé.
- « Oui… tu veux… », et le reste de sa phrase se perdit quand il croisa le regard joueur de Tommy.
- « Mademoiselle Snart je suis navré », d'une voix sérieuse en se tournant vers elle. « Monsieur Allen vient de me prévenir d'une urgence qui requière toute mon attention ».
La jeune femme se leva, les yeux légèrement écarquillés alors que Tommy la prenait par le bras pour la conduire vers la sortie.
- « Ma secrétaire vous rappellera pour prendre un rendez-vous », en passant devant Barry qui avait fait un pas dans le bureau pour suivre Tommy, la mine grave de circonstance dans le cas d'un problème urgent.
Une fois la jeune femme dans le couloir, Tommy lui adressa un sourire courtois et referma la porte de son bureau rapidement comme si elle pouvait s'y faufiler à nouveau. Il valait mieux ne pas prendre de risque pensa-t-il.
Il donna un coup sur l'épaule de Barry en le remerciant de son aide et l'invita à s'assoir avec un grand sourire soulagé.
- « Tu m'as sauvé ! »
Le jeune homme s'installa face au bureau, sourit à le voir si heureux et l'importance de son absence le frappa.
- « On pourrait déjeuner ensemble… », proposa-t-il sans attendre d'une voix incertaine.
Ces derniers jours avaient remué toutes ses émotions et il ne voulait plus perdre de temps. Même s'il était terrifié, il devait parler avec Tommy.
- « Oui… », un peu surpris. « Oui ça me plairait », alors qu'un sourire naissait sur son visage avant de s'épanouir. « Tu veux venir à l'appartement…? », en espérant que se retrouver seuls dans un endroit intime les aide à se rapprocher un peu plus.
- « Je pensais plutôt dans un restaurant… », un peu gêné. Tommy cacha sa déception et acquiesça.
- « Oui, Ça serait bien. Dis-moi où et quand…
- A midi », d'une voix précipitée. Tommy hocha la tête.
- « Le restaurant italien du coin ? », proposa-t-il.
- « Oui très bien. Je dois aller travailler maintenant », en se levant maladroitement. Tommy le regarda pratiquement s'enfuir de son bureau en se demandant ce qui lui arrivait. Barry qui avait passé ces dernières semaines à le repousser faisait enfin un pas vers lui. Il était déçu de ne pas pouvoir se retrouver seul avec lui mais au moins il avait une chance de passer un peu de temps en sa compagnie.
Ils se retrouvèrent quelques heures plus tard au restaurant et s'installèrent un peu mal à l'aise. Barry posa son sac sur la chaise entre eux et le regard de Tommy tomba sur le livre qui en dépassait. Il l'attrapa sans réfléchir, son attention attiré par le titre faisant références aux troubles de l'addiction et à leurs traitements et le posa sur la table.
- « C'est pour ça ?... Cette invitation… Tu as… », en resserrant les doigts sur le livre. « Il s'est passé quelque chose ? Tu as rechuté ? Mais Nyssa… et je suis là moi aussi », en relevant son regard effrayé pour le ficher dans celui de Barry. « Tu peux me parler. Tu le sais. Même si tu… si on n'est plus… Je suis toujours ton ami et je suis là », d'une voix précipitée.
- « Hé calme toi… », en posant une main sur la sienne.
- « Tu dois me le dire si…
- Je n'ai pas replongé, je n'ai pas joué et je n'en ai pas envie », d'une voix calme et confiante « et je te le dirais si ça arrivait ». Tommy se calma au ton de la voix de Barry et se remit à respirer un peu plus facilement. « Je me renseigne… et je me documente de façon plus… scientifique », avec un petit sourire.
Barry était touché par la réaction de Tommy et il s'en voulait qu'il ait eu aussi peur. Il le vit légèrement froncer les sourcils et prit une inspiration pour trouver le courage de lui expliquer la raison de son invitation. Il sentait la chaleur de sa main sous la sienne et son regard se posa sur celles-ci. Ce contact lui faisait un bien fou et un sourire fragile naquit sur ses lèvres.
- « Après ce qui est arrivé à Felicity… », en relevant la tête et en retirant sa main. « J'ai franchi le pas… Je me suis inscrit à une formation pour aider les personnes dépendantes. Je ne sais pas pourquoi elle ne nous a pas parlé », en secouant la tête un léger accent de déception dans la voix, « alors je voulais comprendre. Je me suis documenté et j'ai pensé que je pouvais faire plus… et j'ai l'intention de commencer des études d'infirmier, je voudrais me spécialiser dans ce domaine… j'ai déjà une certaine expérience », ajouta-t-il en riant un peu tendu face au silence de Tommy.
Tommy restait muet face à Barry, surpris et impressionné par ce qu'il apprenait. Il était fier de lui et il y aurait quelque chose de positif qui ressortirait de toute cette histoire. Il se rendit compte qu'il n'avait toujours pas parlé en voyant Barry baisser la tête un peu gêné.
- « C'est génial », en souriant. « C'est… je suis vraiment fier de toi… tu vas pouvoir aider beaucoup de monde…
- Te le crois vraiment ? » et Tommy hocha la tête avec un sourire éclatant. Barry sourit à son tour avant de baisser la tête pour trouver le courage de continuer. « Ce qui est arrivé à Felicity m'a aussi fait prendre conscience d'autre chose… » en regardant Tommy à nouveau. « Les changements dans nos relations proches sont toujours un risque », en parlant des personnes dépendantes, de lui, de ses amis. Il fit une pause pour choisir ses mots jouant avec la couture de sa serviette sur la table. Il voulait parler à Tommy, mettre des mots sur son comportement mais l'angoisse lui serrait la gorge. « Je me suis éloigné car je pensais que tu méritais mieux mais aussi parce que j'avais peur…
- Peur ? », en se penchant vers lui pour chercher son regard.
- « Pas peur de toi. Je n'ai jamais eu peur de toi ou de ce que tu me faisais ressentir mais j'ai du mal à gérer mes émotions. J'ai appris à gérer mes relations aux autres mais avec toi… c'est différent. Notre histoire est importante pour moi… j'avais peur de ma faiblesse… de mes réactions… si ton regard sur moi changeait.
- Je n'aurais jamais… », mais il s'interrompit quand Barry attrapa sa main.
- « Attends je dois finir », en lui adressant un regard suppliant. « J'ai parlé à Nyssa… et elle m'a fait prendre conscience que je me cachais derrière nos différences et que ce qui me faisait le plus peur c'était que tu ne m'avais pas vu pendant mes crises d'angoisse ou mes moments de dépression. Si on avait vécu ensemble tu aurais vu le pire de moi », d'une voix serrée.
Tommy resta silencieux, les larmes aux yeux et serra la main de Barry dans la sienne avec un peu plus de force pour le soutenir. Il avait envie de lui crier qu'il n'aurait jamais pensé du mal de ses difficultés, il aurait été là pour l'aider à les dépasser, mais il garda le silence, attendant que Barry ait terminé.
- « Je ne peux pas continuer à fuir. Je n'y arrive plus… », en relevant la tête et Tommy croisa son regard humide. Il se racla la gorge « et je te demande une seconde chance…», d'une voix tremblante.
Tommy leva la main de Barry et y déposa un baiser avant de glisser une main sur sa nuque pour l'attirer à lui et l'embrasser.
Le jeune homme se laissa aller à ressentir un bien être qu'il n'avait plus ressenti depuis longtemps. Il sentit son cœur s'alléger en sentant les doigts de Tommy caresser ses cheveux tendrement et ferma les yeux pour apprécier ce geste avant de mettre fin à leur baiser.
- « Ton père est venu me parler », en murmurant contre sa joue. Tommy sentit un frisson aux caresses de ses lèvres et de son souffle sur sa peau mais l'idée qui supplantait ce plaisir était la peur de ce que son père avait pu faire. « Il a souffert et il a réussi à s'en sortir. Je peux le faire moi aussi, je ferai de mon mieux ».
Tommy se recula à peine pour trouver ses yeux et plonger dans son regard larmoyant et il put y lire une détermination sincère.
- « Je t'aiderai. On réglera les problèmes qui se poseront, on parlera, on prendra le temps qu'il faut. On fera tout pour être heureux », avec un sourire fragile plein d'espoir.
- « Je t'aime », en se cachant dans son cou. Ces quelques mots dits dans un murmure si bas que Tommy pensa les avoir imaginés. « Je t'aime », susurré un peu plus fort contre sa peau.
Tommy sourit un peu plus, la gorge serrée et plongea ses doigts dans les mèches des cheveux de Barry et le tint serré contre lui alors que son cœur explosait en posant un baiser sur sa tempe.
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John observait Felicity assise dans le fauteuil face à lui. Ça faisait trois semaines qu'elle était de retour au centre. Les premiers jours elle n'avait été que l'ombre d'elle-même, elle semblait à John peut être encore plus mal que la première fois où il l'avait accueillie. Maintenant elle avait toujours des jours plus difficiles mais ils étaient moins nombreux et elle paraissait reprendre peu à peu du courage.
- « Alors c'est plus clair maintenant ? »
La jeune femme tourna la tête pour trouver le regard de son psy avec un air défaitiste.
- « C'était la pression. Je n'ai pas réussi… J'ai cru que j'arrivais à gérer mais cette angoisse m'a englouti peu à peu…
- Il n'y avait que ça? C'est seulement l'angoisse de la performance? », en s'accoudant sur son bureau pour se pencher vers elle.
Felicity détourna les yeux et déglutit. Il savait poser les questions qui faisaient mal et flairait toujours quand elle ne lui livrait pas toute la vérité. Parler l'aiderait mais en cet instant elle subissait ses interrogations et son attention focalisée sur elle comme une plaie.
- « Tu savais dans quoi tu t'embarquais…, des études au MIT. On en a parlé longuement ensemble… tu savais à quoi t'attendre et tu savais comment gérer le besoin ». Elle resta silencieuse et John continua. « Ce qui me pose question c'est pourquoi tu n'as pas parlé à quelqu'un. Il y avait le groupe de paroles, Barry, Oliver. Mais pourtant aucun mot… »
Felicity serra les lèvres alors qu'il formulait encore une fois cette question épineuse qui la gardait éveillait souvent la nuit. Pourquoi n'avait-elle pas parlé ?
Elle lui avait déjà expliqué son inquiétude d'entraîner Oliver avec elle. Sa peur de le décevoir. Mais pourtant il revenait encore une fois sur ce sujet et elle serra les dents pour contenir son irritation.
- « Je me suis déjà expliquée... », d'une voix basse.
- « Je ne pense pas que tu m'aies tout dit.
- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus?
- La vérité
- Mais c'est la vérité », en élevant la voix.
- « Non la véritable motivation de ton secret. Pourquoi tu n'as pas parlé ?
- Mais parce que ça a toujours tout fait exploser autour de moi. Oliver m'aurait abandonnée. Ma dépendance à fait exploser ma famille, ma mère ne me supporte plus et Oliver m'aurait abandonnée lui aussi… il va… », alors que sa gorge se fermait lui donnant la sensation d'étouffer.
John lui laissa le temps de se calmer un peu et reprit.
- « Ce n'est pas d'avoir parlé qui a fait que tes parents se sont séparés, et ce n'est pas non plus la raison pour laquelle ta relation avec ta mère est tendue. Tout ceci est à cause de la drogue, de ta dépendance. Parler c'est faire un premier pas et si tu caches tes problèmes ils ne font que se développer et ils deviennent de plus en plus difficiles à gérer ».
Felicity, recroquevillée sur elle-même effaça d'un geste rapide une larme qui roulait sur sa joue.
- « Il me manque », d'une voix fragile.
- « Je comprends. Vous avez tissé un lien fort rapidement entre vous. Tu as été là quand il en a eu besoin. Laisse-le être là pour toi à son tour.
- Mais il n'a jamais vu celle que j'étais. La junkie, accro, capable de presque tout pour avoir sa dose… Ce n'est pas de cette Felicity dont il est tombé amoureux.
- C'est grâce à ton passé et tes épreuves que tu es celle d'aujourd'hui. Oliver doit apprendre qui tu es et si tu l'aimes vraiment tu dois lui montrer toutes les facettes de ta personnalité.
- C'est trop difficile », en secouant la tête.
- « Oui », avec un petit sourire amical. « Mais il n'y a que comme ça que vous pourrez vous connaître, vous aimer et vous soutenir ».
Felicity hocha la tête, pas encore convaincue par les mots de John mais elle allait devoir maîtriser son angoisse et arriver à confier à Oliver ses pensées. Elle espérait que ce séjour lui permettrait de trouver la force dont elle avait besoin pour faire face à la situation.
Oliver gravit les quelques marches menant au centre et passa le seuil. Il regarda autour de lui, une multitude de souvenirs l'assaillant et se dirigea vers la secrétaire pour s'annoncer. Il était là à la demande de John pour faire le point avec lui sur la situation et il avait la boule au ventre en pensant à ce qu'il allait lui dire.
Il resta debout en attendant l'heure de son rendez-vous, se posta à la fenêtre en glissant les mains dans les poches et tenta de garder son calme. Il pensait toujours avec angoisse à ce que John allait lui dire et il tourna la tête en reconnaissant un rire qu'il connaissait bien. Il aperçut au loin Felicity, son cœur fit une embardée à la voir si heureuse et se rendit compte de la force de son absence. Son regard suivit la direction de celui de Felicity et il aperçut Ray qui riait avec elle.
Il sentit un danger et étouffa l'élan de jalousie qu'il sentit naître. Il croisa le regard de Ray et celui-ci se dirigea vers lui sans attendre en fermant la porte derrière lui, ôtant Felicity à sa vue.
- « Oliver ! Ça a l'air d'aller.
- J'irai bien quand Felicity rentrera avec moi », d'une voix basse et Ray hocha la tête.
- « Tu sais que je n'ai pas le droit de te parler d'elle…
- Ni le droit de flirter avec les patientes.
- Exactement », avec un sourire compréhensif. « Et tu sais que je ne ferais jamais ça », en soulevant les sourcils pour le questionner. « Elle est seulement plus à l'aise avec moi car on se connaît et que les autres résidents sont plus jeunes qu'elle ».
Oliver voulut répondre mais la porte de John s'ouvrit. Il jeta un dernier regard à Ray et se dirigea vers du bureau de John. Il prit place et de nouveaux souvenirs s'éveillèrent alors que son regard balayait les étagères de la bibliothèque.
- « Ray est un point de repère pour Felicity ici », en ayant noté le comportement tendu d'Oliver avec l'infirmier.
Oliver ne répondit pas mais hocha la tête pour lui montrer qu'il comprenait même s'il avait du mal à accepter cette idée.
John, comme à son habitude s'installa derrière son bureau, croisa les mains dessus et posa sur Oliver un regard concerné et attentif.
- « Comment va-t-elle ?
- Elle avance. Il lui a fallu quelques jours pour parler mais je pense que maintenant on a fait le tour de ce qui l'a conduit à cette rechute ». Il nota le regard inquiet d'Oliver mais ne lui donna aucune explication. « C'est à Felicity de te parler ». Oliver hocha la tête et se réinstalla sur son siège. « Et toi comment vas-tu ?
- Ça ira quand elle rentrera avec moi ». John hocha la tête avec confiance.
- « Tu veux dire quelque chose ? »
Oliver ne put s'empêcher de sourire en coin. Il avait toujours l'impression que John le connaissait mieux que quiconque.
- « Je… », en fronçant les sourcils. « Ce n'est peut-être pas le bon moment… mais j'ai confiance en vous…
- Je t'écoute », l'encouragea John en se penchant un peu plus vers lui pour lui porter toute son attention.
- « Felicity… est la femme de ma vie », d'une voix assurée. « Je… je souhaite faire ma vie avec elle, avoir des enfants mais… », il se racla la gorge avant de continuer. « Mais c'est peut-être risqué avec nos… antécédents…
- Risqué ?
- Si on rechute… si on leur transmet cette dépendance… », en se tordant les mains d'anxiété.
- « Tu connais déjà la réponse Oliver », en l'observant. « Tu attends seulement que je te donne mon approbation ou mon veto. Ça t'évitera de faire un choix par toi-même. La question est de savoir si vous êtes prêts, si vous serez capables de vous parler. Si vous rechutez, vous vous soignerez et vous ne transmettrez pas cette vulnérabilité à la dépendance. Elle provient d'un stress important ou d'un problème d'attachement dans l'enfance. Une personne plus sensibles et qui a plus de mal à gérer ses émotions sera plus vulnérable mais ce n'est pas pour ça que cette personne deviendra dépendante. L'environnement a aussi son rôle à jouer ».
Oliver hocha encore une fois la tête. Ils n'avaient jamais parlé avec Felicity de fonder une famille mais il l'aimait, il voulait vivre avec elle et il espérait qu'ils seraient capables de fonder leur famille malgré leurs difficultés.
- « Tu es prêt à la voir ? »
Oliver releva brusquement la tête surpris ne s'attendant pas à cette possibilité. Il sourit, anxieux et heureux, et John sourit à son tour avant de se lever.
Oliver attendit dans le petit salon alors que John remontait le couloir en direction de la salle de jeux. Il resta debout à le regarder s'éloigner et une seule idée tournait en boucle dans son esprit. Il allait enfin revoir Felicity et il avait du mal à respirer en appréhendant ce moment. Il glissa ses mains dans ses poches, soupira avant de prendre une inspiration pour se calmer et son cœur rata un battement quand il releva la tête et qu'il aperçut Felicity face à lui.
Elle restait à distance, triturant ses mains de nervosité et le regard un peu inquiet. Elle avait repris quelques kilos et quelques couleurs ce qui lui allait mieux et il se demanda encore une fois comment il ne s'était aperçu de rien.
- « Salut », en faisant un pas incertain vers elle. « Ça a l'air d'aller… » Il avait envie de la prendre dans ses bras, la serrer contre lui pour se rendre compte qu'elle était bien là mais il restait figé à la regarder. Il ne voulait pas la brusquer et la laisser avancer à son rythme.
- « Mieux », d'une petite voix.
Felicity avait du mal à détacher son regard d'Oliver, elle avait l'impression d'une apparition et elle se rendit compte qu'il était aussi anxieux qu'elle. Elle s'approcha de lui au besoin de le sentir et se lova contre son torse alors qu'il refermait les bras sur elle. Oliver sentit une boule se former dans sa gorge et son cœur se serrer à sentir enfin Felicity dans ses bras.
- « Je suis heureux de te voir », en soupirant. « John m'a dit que tu avais bien travaillé… », en se raclant la gorge sans desserrer son étreinte.
- « Oui il pense que je suis prête à te parler », en se détachant de lui pour le regarder et trouva son regard embué tout comme le sien.
Elle fit un pas en arrière, s'installa sur le canapé et Oliver prit place à côté d'elle. Elle glissa ses mains entre ses cuisses et se voûta un peu en baissant la tête. Elle devait parler mais ce n'était pas évident. La peur étreignait son cœur alors qu'elle allait devait se livrer.
- « John m'a aidé… », commença-t-elle, « … à prendre conscience de la raison de mes mensonges ».
Oliver hocha la tête mais resta muet et ne fit aucun geste. Elle avait besoin de temps pour se confier et il serait patient. Elle prit difficilement une inspiration et son cœur se serra pour elle.
- « J'ai menti… parce que j'ai cru que je pourrais m'en sortir seule, que je pourrais reprendre le contrôle mais rien ne s'est passé comme je le pensais et… et je ne savais plus comment te parler… et
- Bébé… », en posant une main sur son épaule mais il la retira bien vite en la voyant se tendre.
- « Et je ne voulais pas que tu vois celle que j'étais. Si tu avais vu qui j'étais réellement notre vie aurait explosée. Et ça a été encore pire… », la voix tremblante.
- « Mais je te connais Felicity », en fronçant les sourcils.
- « Non tu n'avais jamais vu la fille droguée et menteuse. Ce n'est pas de cette fille dont tu es tombé amoureux », sa voix s'étranglant.
Oliver sentit une fois encore sa gorge se serrer. Felicity lui avait caché ses problèmes car elle ne voulait pas qu'il voit ce côté de sa personnalité et pourtant rien n'aurait pu l'éloigner d'elle.
- « Rien de ce que tu aurais pu faire ne m'aurait conduit à t'abandonner.
- Tu dis ça mais… », en secouant la tête et Oliver attrapa ses mains dans les siennes.
- « Non. Rien au monde ne m'aurait fait t'abandonner. Tu as vu les pires aspects de ma dépendance et je ne te jugerai jamais. Je sais ce que tu dois affronter et je le comprends. »
Il posa sa main tendrement sa joue et effaça la larme qui y coulait. Felicity tressaillit à cette caresse et posa une main sur celle d'Oliver.
- « Je t'ai raconté mon passé mais c'est différent quand je te cache mes rechutes. Je suis désolée de ne pas avoir su te parler », en retenant ses larmes. « Ça ne se reproduira plus », en voulant y croire de toutes ses forces.
Oliver la prit dans ses bras pour la consoler et caressa ses cheveux tendrement la gorge serrée. Elle lui parlait enfin, elle lui confiait ce qui lui avait peur et c'était à son tour de se livrer.
- « Je t'en ai voulu… », commença-t-il et Felicity resserra sa prise autour de lui le cœur battant. « J'ai été en colère contre toi car tu n'avais pas eu assez confiance en moi pour me parler… mais c'est fini », en prenant sa tête entre ses mains pour la regarder dans les yeux. « Tu me parleras quand tu en auras besoin… Je te promets de ne plus me montrer aussi suspicieux, je te ferai confiance et je serais toujours près de toi. Tu as été là pour moi quand j'en ai eu besoin je veux être là pour toi ».
Felicity hocha la tête la gorge serrée et posa ses lèvres sur les siennes ne pouvant retenir ses larmes. Oliver lui rendit son baiser et ils se séparèrent à bout de souffle. Elle posa son front contre le sien en lui murmurant qu'elle lui ferait confiance pour se confier à lui. Oliver resserra ses bras sur elle et glissa une main dans ses cheveux avec un nouvel espoir.
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Oliver, le sourire aux lèvres, regardait ses deux meilleurs amis. En smoking, entourés de leur famille et amis, ils venaient de se marier et leur bonheur faisait plaisir à voir. Ils avaient traversé des moments difficiles mais tout ça était derrière eux. En pensant à cette période, Oliver chercha Felicity des yeux et sentit un élan dans son cœur quand son regard se posa sur elle.
Leur histoire aussi avait eu leurs bas. Le plus dur avait été de devoir se séparer d'elle alors qu'elle était retournée au centre où ils s'étaient rencontrés et les jours plus sombres, cette peur de penser qu'elle pouvait à nouveau chuter et lui cacher son mal être l'étreignait.
Felicity, en sentant un regard posé sur elle, se retourna et croisa le regard d'Oliver. Elle lui sourit tendrement en penchant la tête sur le côté et lui fit signe de la rejoindre. Elle reconnaissait cet air sur son visage, ces questions qu'il se posait encore par moment, cette crainte qui serinait à son esprit que leur bonheur pouvait prendre fin à tout moment. Elle savait et comprenait ce qu'il ressentait car elle ressentait la même chose et c'était peut-être un bien pour eux car ça leur permettait de faire attention.
Elle prit Oliver dans ses bras quand il la rejoignit et se serra contre lui, enfouissant son visage dans son cou. Il se pencha sur elle et la serra contre son torse. Enlacés ainsi, ils étaient seuls au monde, ils se comprenaient sans avoir besoin de mots.
Ils furent ramenés au monde environnant par Mady qui frappait contre la jambe de son père en l'appelant. Oliver se détacha de Felicity, se pencha pour que sa fille passe ses bras autour de son cou et la souleva pour la serrer contre lui et Felicity. Il avait eu peur qu'ils ne soient pas capables d'élever une enfant mais il pensait parfois que Mady leur avait donné la force qui pouvait leur manquer pour rester sur le droit chemin. La petite fille embrassa ses parents et se débattit presque instantanément pour descendre.
- « Elle en a déjà assez de nous », se mit à rire Oliver en la posant au sol.
- « Elle a déjà cinq ans », d'une voix pleine de mélancolie en regardant sa fille courir pour aller s'amuser avec les autres enfants. « Ça me manque qu'elle ne soit plus un bébé… »
Oliver caressa sa joue et se pencha pour déposer un baiser sur ses lèvres.
- « Tu sais… je sais comment faire les bébés », en murmurant contre ses lèvres. Felicity se mit à rire et il l'embrassa à nouveau en resserrant ses doigts sur sa hanche.
- « Ça me plairait bien », d'une voix plus basse en plongeant dans son regard. Elle caressa sa joue avant que sa main ne se perde dans ses cheveux.
Ils se détachèrent l'un de l'autre quand Barry et Tommy les rejoignirent en leur offrant une coupe.
- « Sans alcool », précisa Tommy en faisant un clin d'œil à Oliver. « On a une nouvelle à vous annoncer et il fallait de quoi trinquer. Tu leur dit ? », en se tournant vers Barry, posant une main dans son dos qui trouva sa place dans son cou sans attendre.
Leur amour était évident en voyant les regards et les attentions qu'ils avaient l'un pour l'autre. Oliver et Felicity échangèrent un regard rapide avant que Barry ne prenne la parole.
- « On a eu la réponse qu'on attendait… on va pouvoir adopter et c'est une petite fille… », d'une voix tremblante.
Felicity poussa un petit cri et prit son meilleur ami dans ses bras pour le féliciter. Oliver donna une accolade à Tommy avant de faire de même avec Barry. Ce dernier avait les larmes aux yeux. Il avait pris le risque de s'attacher à Tommy et depuis il était plus heureux qu'il n'avait jamais été. Ils auraient peut-être d'autres épreuves à affronter mais ils n'étaient plus seuls pour le faire.
Le regard d'Oliver se posa sur Felicity qui souriait, heureuse pour leurs amis. Ils s'étaient retrouvés et leur relation avait encore plus de force avec les épreuves qu'ils avaient dû affronter. Il la prit dans ses bras quand elle revint vers lui et il la serra contre son cœur en lui murmurant à l'oreille qu'ils devraient agrandir leur famille. Elle se tourna vers lui et il plongea dans son regard profond avant de l'embrasser tendrement.
Le olicity se parle et se retrouve enfin. Ils ressentent tous les deux une culpabilité mais John sait les aider comme il l'a toujours fait.
Tommy et Barry parviennent à se retrouver également pour faire évoluer leur histoire. Je suis contente que ce nouveau couple vous ait plu.
Delicity-Unicorn, l'écriture et le olicity nous lie depuis un petit moment déjà et je tiens à te remercier encore une fois pour ta présence, ton aide, ton regard à travers tes avis et pour tout le temps que tu me consacres. C'est un réel plaisir de partager cette passion avec toi ma jumelle. Merci pour tout. Je t'embrasse fort.
Merci encore d'avoir suivi cette histoire. Prenez soin de vous et bon été. Je vous embrasse fort.
