Bonjour

Et voici le dernier chapitre de cette histoire. J'espère qu'il vous plaira. La semaine prochaine, je commence la publication de ma prochaine histoire. Vous aurez le premier chapitre avant mon départ en vacances. Je rentre le 29 août donc le second chapitre arrivera début septembre.

Merci de m'avoir lu malgré l'irrégularité des publications de cette histoire.

Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Sydney8201

Musique du chapitre :

You found me de The Fray

Chapitre 40 : Perfection

« Les détails font la perfection, et la perfection n'est pas un détail. »

Leonard de Vinci

Si Dean avait du décrire le bonheur avant d'avoir rencontré Castiel, il aurait probablement eu du mal à se montrer concis. Il aurait cité son frère bien sûr et le temps passé avec lui. Mais il aurait également fait une liste de tout ce qui pensait à tort définir le bonheur. Un travail fixe. Un salaire intéressant. Un toit au-dessus de sa tête et au-dessus de celle de Sam. Une voiture en parfaite condition. Charlie. Bobby. Travailler avec Ellen en qui il avait toute confiance. Et la liste était encore longue. Bien sûr toutes ces choses et ces personnes contribuaient grandement à son bonheur. Mais il avait une nouvelle vision maintenant que Castiel était dans sa vie. Il n'avait pas rayé ses proches de cette liste. Certainement pas Sam qui restait la personne la plus important dans sa vie. Mais il avait réalisé combien l'argent, le travail et les biens matériels étaient finalement futiles. Combien il était idiot de s'y référer pour déterminer si on était heureux ou non. Car aujourd'hui, si on lui demandait de définir le bonheur, il n'aurait probablement qu'un seul nom à dire. Castiel.

Sa relation avec son petit ami le comblait. Il ne voyait pas comment la décrire autrement. Il était amoureux. Il passait du temps avec un homme extraordinaire en qui il avait toute confiance et avec qui il envisageait sérieusement un avenir. Une famille. Un mariage peut être un jour. Et le sexe, même s'il n'était pas essentiel, était absolument génial. Castiel connaissait son corps par cœur. Et il savait comment lui procurer un maximum de plaisir. Parfois sans même se soucier du sien.

Quand Dean avait annoncé à Sam qu'il avait enfin pris son courage à deux mains et avouer ses sentiments à Castiel, son frère l'avait bien sûr longuement félicité. Puis, parce qu'il était un petit salop, il s'était empressé de lui dire qu'il le savait. Qu'il l'avait compris bien avant Dean. Qu'il n'aurait pas perdu de temps s'il l'avait écouté dès le début. Et parce qu'il avait raison, Dean avait accepté son commentaire sans s'énerver. Après tout, Sam avait effectivement senti que ses sentiments étaient réciproques avant lui. Il méritait de s'en féliciter.

Sam lui posa des dizaines de questions sur leur relation. Il commença par quelques-unes auxquelles Dean accepta de répondre. Depuis combien de temps ? Qui avait fait le premier pas ? Qui était au courant ? Comment Castiel avait réagi ? Puis, quand sa curiosité sur ce point fut satisfaite, il s'empressa de poser des questions embarrassantes auxquelles Dean refusa de répondre mettant fin à la conversation. Le jeune homme était toutefois content de voir son frère aussi enthousiaste au sujet de sa relation amoureuse. Il savait d'ores et déjà qu'il n'aurait aucun mal à faire accepter Castiel à son frère. Ce qui faciliterait sans doute grandement le choses pour la suite de leur histoire.

Il en avait parlé avec Castiel le lendemain de leur aveu. Ils s'étaient réveillés dans les bras l'un de l'autre, enlacés comme au moment où ils s'étaient endormis. Ils s'étaient longuement regardé dans les yeux comme deux idiots pour qui plus rien au monde n'existe sauf l'autre. Et Dean n'en avait même pas eu honte.

Puis ils avaient pris le petit déjeuner ensemble et avaient commencé à parler. De leurs sentiments. Des secrets qu'ils avaient gardé pour eux chacun de leur côté. Ils avaient été deux idiots. S'ils avaient eu le courage de se parler plus tôt, ils se seraient épargnés bien des souffrances. Et quelques disputes également. Dean n'avait jamais pensé une seule seconde que Castiel pouvait partager ses sentiments. Et son petit ami avait pensé la même chose dans son coin. Ils avaient été lâches tous les deux. Dean était réellement soulagé d'avoir finalement fait le premier pas. Il aurait pu passer à côté de quelque chose de parfait s'il n'avait pas pris son courage à deux mains.

Ils se mirent d'accord sur le fait qu'il était important de ne surtout pas brûler les étapes. Ils étaient amis et ils se connaissaient. Ils avaient déjà couché ensemble à plusieurs reprises. Mais leur histoire, leur vraie histoire, était encore toute récente. Dean voulait faire les choses bien. Castiel semblait du même avis. Ils devaient avoir un premier vrai rendez-vous. Quelque chose de romantique et de stressant. Quelque chose que tous les autres couples vivaient un jour puis racontaient ensuite à leurs enfants et amis. Dean tenait à faire les choses dans l'ordre. Il laissa toutefois à Castiel le choix du lieu de leur premier rendez-vous.

Plus la date approchait et plus il était nerveux. Il avait peur de décevoir Castiel. Jusque-là, leur relation avait été principalement sexuelle. Ils avaient été amis oui mais Dean avait beaucoup changé depuis. Il ne pouvait pas être sûr que Castiel aimerait le « nouveau lui ». Et alors qu'il se préparait pour son premier rendez-vous, il réalisa qu'il y avait autre chose qui le stressait plus encore.

Il était terrifié à l'idée qu'on le reconnaisse. Que ce soit un ancien client ou quelqu'un qui avait vu son visage dans les journaux. Il avait peur qu'on le pointe du doigt et qu'on parle de lui dans son dos. Qu'on se moque de Castiel parce qu'il sortait avec un ex-prostitué. Il ne voulait surtout pas que son passé puisse endommager leur relation naissante. Ou qu'elle puisse avoir une quelconque répercussion sur Castiel.

Il ne le dit pas à Sam. Il ne le dit à personne. Mais il y pensait constamment. Il se prépara quand même du mieux possible malgré son angoisse. Il opta pour quelque chose de décontracté mais d'habillé au cas où son petit ami choisirait un endroit un peu chic. Il avait donné tous ses costumes quand il avait arrêté de se prostituer. Il doutait d'avoir aucune occasion de les porter et il préférait de toute façon se débarrasser de tout ce qui lui rappelait son passé. Il choisit un jean dans lequel il se sentait à l'aise, qui n'avait aucun trou et qui, selon Charlie, mettait ses fesses en valeur. Il ajouta une chemise grise plutôt cintrée pour parfaire l'ensemble. Il était satisfait par son reflet dans le miroir. Il espérait toutefois que Castiel aimerait également sa tenue.

Il se coiffa longuement, se rasa de près puis partit attendre Castiel dans le salon. Quand son petit ami frappa finalement à la porte, Dean sursauta avant de se précipiter pour lui ouvrir. Bien sûr, son petit ami était à couper le souffle. Il était toujours séduisant et très souvent sexy. Même quand il faisait aucun effort. Mais cette fois, il avait soigneusement choisi un pantalon de costume et une chemise bleue qui mettait ses yeux en valeur. Dean préférait ne pas trop penser à la façon dont ses vêtements lui collaient également au corps. Il doutait de pouvoir attendre qu'ils aient mangé pour lui sauter dessus s'il y pensait trop.

Castiel le complimenta sur sa tenue puis ils sortirent finalement de l'immeuble main dans la main.

Dean avait espéré pouvoir masquer son angoisse et faire comme si de rien n'était avec Castiel. Il ne voulait pas gâcher leur rendez-vous en avouant combien il avait peur que tout dégénère ou qu'il ne soit pas à la hauteur. Mais Castiel le connaissait. Il avait appris à lire ce qu'il ressentait sur son visage et dans ses yeux. Il ne mit pas très longtemps à deviner que quelque chose clochait. Et il posa la question avec les sourcils froncés et un début d'angoisse évidente lisible sur le visage. Dean aurait pu choisir de mentir mais ils s'étaient promis de ne plus le faire. Il choisit donc de se montrer parfaitement honnête.

- Ce n'est pas toi et ce n'est pas … je n'ai pas le moindre doute sur nous … sur notre histoire et notre relation. Je suis … je crois ne jamais avoir été aussi heureux de ma vie mais … je suis également … terrifié. J'ai peur de ne pas être à la hauteur. J'ai peur de te décevoir et … j'ai peur que quelqu'un me reconnaisse. Mon visage était dans les journaux. Et … on pourrait tomber sur un de mes anciens clients. Je … je ne voudrais surtout pas qu'on te voit comme celui qui couche avec un ancien prostitué.

Castiel lui prit alors les mains et plongea son regard dans le sien. Dean retint son souffle, terrifié à l'idée que Castiel puisse avoir les mêmes peurs concernant sa réputation.

- Dean, tu ne me décevras pas. Tu n'as aucune crainte à avoir de ce point de vue-là. Pour la simple et bonne raison que j'ai appris à connaître le « nouveau toi » depuis que je suis revenu et que je l'aime tout autant que j'aimais l' « ancien toi ». Ne t'inquiète pas pour ça. Ca ne pourra être que parfait.

Dean était rassuré sur un point mais il ne l'était définitivement pas sur l'autre. Et c'était sans nul doute son principal souci concernant leur premier rendez-vous.

- Mais tu as peur toi aussi …

- Non, je n'ai pas peur. Je me fiche qu'on te reconnaisse même si je préfèrerais qu'on te laisse tranquille et que je serais capable de frapper quiconque ose dire quoi que ce soit sur toi et ton passé. Mais je me fiche qu'on puisse te reconnaître. Parce que je n'ai pas honte de t'aimer. Je n'ai pas honte de sortir avec toi. Je suis même plutôt fier. Je suis honoré que tu puisses partager mes sentiments. Je m'estime chanceux. Et quiconque pense le contraire est un idiot fini. D'accord ?

Dean aurait aimé pouvoir être rassuré par ces quelques mots. Ils le touchaient. Et il ne doutait pas une seconde de la sincérité de Castiel. Il savait que son petit ami se fichait réellement de ce qu'on pourrait penser de lui. Ce qui ne changeait finalement pas grand-chose. Il risquait tout de même d'être catalogué. Et cela pourrait éventuellement lui fermer des portes. Dean ne voulait surtout pas lui causer le moindre tort.

- Comment peux-tu être aussi … calme à propos de tout ça ? Tu n'as pas peur qu'on se fasse de fausses idées sur toi ? Qu'on puisse penser que tu es juste un nouveau client ? Tu n'as pas peur que cela puisse avoir une mauvaise influence sur ton avenir professionnel ?

Castiel secoua la tête sans hésiter une seconde.

- Non, je n'ai pas peur. Parce que je sais ce que je veux le plus au monde … et ce n'est pas un avenir professionnel parfait ou même me faire apprécier de gens que je ne connais pas. Je me fiche de mon image et de ma réputation. Parce que ce que je veux le plus au monde c'est que tu fasses parti de ma vie. C'est de pouvoir enfin t'aimer au grand jour sans avoir à me cacher. C'est de construire quelque chose avec toi.

Dean grimaça, toujours aussi peu convaincu. Castiel fit un pas dans sa direction sans lâcher ses mains. Ils étaient dans la rue et tout le monde pouvait les voir. Mais Castiel semblait s'en contreficher.

- Et je suis étonné que tu puisses autant t'inquiéter de ce que les autres penseront de toi. Tu m'as toujours dit que tu t'en contrefichais. Que tu n'y prêtais même pas attention.

- Ce n'est pas pour moi que je m'inquiète Cas. Je me fiche effectivement que les gens puissent se moquer de moi … me critiquer … me détester ou m'insulter. J'ai appris à ignorer ce genre de choses. J'ai appris à ne plus les entendre. Mais si mon passé a un impact sur toi alors je ne pourrais pas me le pardonner. C'est pour toi que je m'inquiète. Pas pour moi.

Castiel déposa un rapide baiser sur ses lèvres que Dean accepta même si, une nouvelle fois, les passants pouvaient les voir.

- Je te remercie de t'inquiéter pour moi. Mais c'est inutile. Je suis un grand garçon. Je sais ce que je veux et une nouvelle fois, c'est toi. Le reste n'a strictement aucune importance. Et … ça ne semblait pas être un problème pour toi quand tu sortais avec Victor. Tu ne t'inquiétais pas que ton passé puisse impacter sa réputation.

Dean y avait pensé au début. Mais cela ne l'avait jamais autant angoissé. Il voyait plusieurs explications à tout ça. Et il était tout à fait prêt à les donner à Castiel.

- Sans doute que ce que je vais te dire va te paraître horrible et ça l'est bien sûr mais … peut être que je tenais moins à lui que je tiens à toi. Peut être que je n'étais pas aussi terrifié à l'idée de le perdre lui. Alors que l'idée de te perdre toi me paralyse complètement. Peut être que dans un coin de mon esprit, j'espérais que mon passé ferait tout capoter … parce que je savais que ce n'était pas avec lui que je voulais être mais avec toi.

Castiel sourit. Visiblement, il était touché par ce qu'il entendait plutôt qu'horrifié comme Dean avait redouté qu'il ne soit. Il y avait toutefois une autre explication à son angoisse.

- Et Victor est dans la police. Son visage était dans la presse aussi. Les gens savaient qu'il ne fallait pas plaisanter avec lui. Qu'il était puissant et qu'il avait de l'influence. Je pense que d'une certaine manière, je n'avais pas peur pour lui parce que je savais qu'il pouvait facilement se défendre.

Cette fois, Castiel grimaça une seconde. Dean se demanda alors s'il l'avait vexé. Ce n'était pas le but recherché mais il pouvait comprendre que cela soit le cas. Il venait plus ou moins de dire à son petit ami qu'il le pensait incapable de se défendre. Ce qui n'était pas vrai. Il le savait fort. Mais il le savait également impuissant face une mauvaise réputation.

- Je ne suis peut être pas policier mais je suis tout aussi capable de me défendre que l'est Victor. Je n'hésiterais pas à frapper quiconque se moquera de toi. Et je peux faire très peur quand je m'énerve. Crois-moi. Personne n'osera plaisanter avec moi si je me mets en colère.

Dean ne put s'empêcher de rire en voyant Castiel prendre un air faussement agressif et furieux. Il était ridicule ainsi. Mais ce qu'il venait de dire était vrai. Dean n'avait pas le droit de douter de sa capacité à se défendre. Lui avait perdu son calme quand Castiel avait agi ainsi. Il devait lui faire confiance. Il devait accepter qu'il n'ait pas peur. Il n'avait certainement pas le droit de douter de sa détermination. Et il n'en avait de toute façon pas envie.

- Ok, ok je te crois. Inutile de jouer les gros durs avec moi. Je … je suis désolé d'avoir douté de toi … je … je vais essayer de passer outre mon angoisse.

- Tu as le droit d'avoir peur Dean. Et tu as le droit de m'en parler quand c'est le cas. Mais fais moi confiance. Tout se passera parfaitement bien.

Dean prit quelques secondes pour assimiler ce que Castiel venait de lui dire avant d'hocher la tête. Ils reprirent finalement leur route après avoir échangé un nouveau rapide baiser. Castiel le conduisit jusqu'à un petit restaurant non loin de là. C'était un endroit plutôt chic mais pas trop guindé. Dean ne fut pas surpris de constater que son petit ami avait trouvé le lieu idéal pour leur premier rendez-vous. Suffisamment romantique pour que cela ne ressemble pas à une soirée entre amis mais pas trop luxueux pour pas que Dean ne se sente mal à l'aise. C'était parfait.

Castiel annonça son nom à la personne de l'accueil et ils furent aussitôt conduit à leur table. Ils étaient dans un coin de la salle, à l'abri des oreilles indiscrètes. La lumière était tamisée et une unique bouge au centre de la table leur offrait une lumière. C'était un endroit intime. Dean s'y sentait parfaitement bien.

Mais cela ne pouvait bien sûr pas durer. Ils avaient tout juste commandé leur boisson quand le jeune homme remarqua le regard insistant que le barman avait posé sur lui. Il savait reconnaître quelqu'un d'intéressé. Cela l'avait aidé quand il multipliait les conquêtes. Il savait parfaitement quand quelqu'un le désirait. Et ce n'était absolument pas le cas pour le barman. Il ne le regardait pas parce qu'il avait envie de lui. Parce qu'il était jaloux de Castiel. Ou même juste par curiosité ou dégoût à l'idée que deux hommes puissent sortir ensemble. Il le regardait parce qu'il l'avait reconnu. Et cela réveillait son angoisse tout juste éteinte. L'homme le dévisageait. Et il était évident qu'il savait parfaitement qui était Dean. Il s'interrogeait probablement sur qui était Castiel maintenant. Il devait sans doute se demander s'il payait Dean pour être là. S'il était un client. Ou juste quelqu'un qui s'était fait piéger.

Dean tenta de l'ignorer comme Castiel lui avait conseillé de le faire. Il ne le regarda pas. Garda les yeux rivés sur Castiel. Il se concentra sur ce que son petit ami lui disait. Mais plus les minutes passaient et plus il avait du mal à penser à autre chose. Le barman le regardait toujours. Et il n'était plus seul. Il était avec un de ses collègues. Il ne cherchait même pas à être discret. Il pointait son doigt en direction de Dean et parlait à son compagnon sans se soucier que le jeune homme puisse le voir. Leurs regards finirent par se croiser et le barman sourit. Il murmura quelque chose à son collègue et ce dernier éclata de rire. Dean sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine. On se moquait de lui. Il avait l'habitude. Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait. Surtout depuis le procès et la médiatisation de son histoire et de la sortie de son livre. Mais il pouvait sentir que les deux hommes se moquaient aussi de Castiel. C'était ce qu'il avait redouté. Et c'était plus qu'il ne pouvait supporter.

Il se leva brusquement de sa chaise, faisant sursauter Castiel. Il n'avait pas envie de lui dire ce qui était en train de se passer. Il ne voulait pas le confronter aussi brutalement à la réalité de ce que leur relation risquait d'être. Mais il avait besoin de s'éloigner quelques minutes. De s'enfermer dans un endroit où il ne pourrait plus voir le barman et son ami.

- Je dois … il faut que j'aille aux toilettes, lança t-il alors.

Il ne laissa pas le temps à Castiel de dire quoi que ce soit. Il s'éloigna aussitôt de la table. Il ne pouvait pas sortir du restaurant sans passer devant le barman. Il refusait de fuir le restaurant. Il ne voulait pas laisser ce salopard gagner. Il opta donc pour les toilettes comme il l'avait dit à Castiel. Il les trouva heureusement rapidement et referma la porte derrière lui. Il posa ensuite les mains sur le rebord du lavabo et tenta de reprendre son souffle. Il pouvait sentir qu'il paniquait. Il sentait la transpiration perler à son front. Il respirait difficilement. Il devait toutefois se ressaisir. Il s'était promis de ne pas gâcher la soirée. C'était pourtant exactement ce qu'il était en train de faire.

- Dean ?

Le jeune homme releva les yeux et vit Castiel derrière lui dans le reflet du miroir. Il aurait du fermer la porte. Il aurait du savoir que son ami le suivrait. Qu'il comprendrait qu'il lui avait menti et qu'il viendrait prendre de ses nouvelles.

- Si tu es là à cause de barman alors je tiens à te rassurer tout de suite. Je l'ai vu te regarder. Et je l'ai vu parler à son collègue. Mais j'ai choisi de ne pas prêter attention à eux. Je me fiche de ce qu'ils peuvent bien se dire. Je suis bien avec toi. Et si tu n'es pas à l'aise … si tu as envie de partir, alors on ira ailleurs. A vrai dire, je me fiche de l'endroit où on passera notre premier rendez vous du moment que nous nous y sentons bien tous les deux.

C'était exactement ce que Dean avait besoin d'entendre. Il avait le soutien de Castiel. Et avec lui à ses côtés, personne ne pouvait l'atteindre. Il ne laisserait pas un imbécile gâcher son premier rendez vous avec l'homme qu'il aimait. Castiel avait raison après tout. Ils pouvaient bien aller n'importe où. Ce n'était pas l'endroit où ils dinaient qui avait de l'importance. C'était le fait qu'ils soient ensemble. Qu'ils aient envie de l'être. Qu'ils soient amoureux et heureux tous les deux.

- On peut partir ? demanda t-il alors.

- On peut partir, confirma Castiel sans hésiter.

Dean lui sourit alors, considérablement soulagé. Il le fut plus encore quand Castiel lui rendit son sourire aussitôt. Ensemble, ils pouvaient faire face à tout et n'importe quoi. Ensemble, ils étaient bien plus forts que deux idiots qui n'avaient rien de mieux à faire que de se moquer. Ensemble, ils étaient indestructibles. Et Dean avait tout intérêt à ne jamais l'oublier.


Castiel était nerveux. Il avait la sensation que l'enjeu de son premier rendez vous avec Dean était énorme. Il savait bien que le jeune homme l'aimait sincèrement. Il ne doutait pas de ses sentiments. Et ils se connaissaient bien. Ils avaient passé énormément de temps ensemble. Ils avaient traversé des épreuves. Ils avaient même déjà couché ensemble à plusieurs reprises. Il savait tout ce qu'il y avait à savoir sur Dean. Il n'aurait pas du être nerveux concernant leur premier rendez vous officiel.

Sauf qu'il avait peur de décevoir le jeune homme. C'était un moment important. Il marquait le début d'une nouvelle histoire. Et si cela ne tenait qu'à Castiel, elle serait sa seule et unique. Sa dernière. Celle qu'il vivrait jusqu'à la fin de son existence. Il avait donc besoin que tout soit parfait.

Et s'il savait effectivement ce que l'« ancien Dean » aimait, il avait plus de doutes concernant ce que le « nouveau Dean » pouvait attendre d'un rendez vous amoureux. Il en avait vécu des dizaines avec Victor. Castiel n'était pas sûr de pouvoir être à la hauteur du policier. Il ne voulait surtout pas se comparer à lui. Ils étaient différents et son histoire avec Dean n'avait rien à voir avec celle de Victor. Mais il avait été le premier petit ami du jeune homme. Le premier à partager un lien de ce genre avec lui. Castiel passait ensuite et si lui avait l'avantage d'être aimé de Dean, cela ne signifiait pas pour autant que leur histoire était acquise.

Gabriel avait été ravi d'apprendre que son frère et son ami s'étaient enfin avoué leurs sentiments. Castiel avait été longuement félicité et après une salve de questions indiscrètes, Gabriel avait fini par le laisser tranquille.

Après leur longue discussion concernant leur stupidité de ne pas s'être avoué leurs sentiments plus tôt, Dean et lui s'étaient mis d'accord pour un premier rendez vous officiel. Ils voulaient faire les choses bien et surtout les faire dans l'ordre cette fois. Une étape après l'autre pour se donner une chance de construire quelque chose de solide. Sur de bonnes fondations.

Mais c'était à Castiel que revenait la responsabilité de choisir l'endroit. Il ne voulait pas quelque chose de trop luxueux. Il était presque sûr que Dean ne serait pas à l'aise dans un endroit trop guindé. Il voulait toutefois marqué le coup. Et cela impliquait qu'il choisisse un restaurant suffisamment classe sans l'être trop.

Il finit par arrêter son choix sur un lieu que Gabriel connaissait bien pour y avoir emmener sa petite amie actuelle. Il avait de très bonnes notes sur Internet et Castiel voulait croire que c'était l'endroit parfait. Il prit du temps pour se préparer, choisit ses vêtements soigneusement puis passa une bonne heure à tenter de discipliner – vainement – ses cheveux.

Quand il partit chercher Dean, il était nerveux. Mais il était également excité. Il avait hâte que ce rendez-vous commence enfin. Hâte de débuter ce nouveau chapitre de sa vie avec l'homme qu'il aimait.

Sa première réaction en voyant Dean fut de regretter d'avoir à sortir. Le jeune homme était absolument magnifique. Son jean mettait ses fesses et ses cuisses en valeur. Sa chemise semblait réellement avoir été cousue à même son torse. Peut être pouvaient-ils décaler leur réservation d'une heure ? Castiel en avait très très envie. Puis, parce que Dean et lui s'étaient mis d'accord sur le fait qu'ils ne devaient brûler aucune étape, il renonça à l'idée.

Son petit ami et lui sortirent de l'appartement et s'engagèrent dans la rue en silence. Castiel devina rapidement que quelque chose clochait. Il connaissait Dean. Et son comportement n'était pas celui de quelqu'un de sensiblement nerveux ou d'excité et d'impatient. Il semblait angoissé. Il y avait quelque chose qui l'empêchait de se réjouir et Castiel avait besoin de savoir quoi pour l'aider.
Il finit donc par lui poser la question. Et la réponse du jeune homme ne se fit pas attendre. Lui aussi avait peur de décevoir Castiel. Lui aussi avait peur de ne pas être à la hauteur de ses attentes. C'était une crainte que Castiel savait parfaitement comment dissiper. Mais ce fut plus difficile avec la deuxième inquiétude de Dean.

Il existait effectivement une possibilité pour que le jeune homme soit reconnu. Son visage avait été dans les journaux et son histoire avait fait la une pendant quelques jours. Il risquait d'être pointé du doigt. Castiel savait que ce n'était pas forcément facile. Mais Dean lui avait souvent répété qu'il se fichait de ce qu'on pouvait dire de lui. Qu'il assumait pleinement qui il était et les choix qu'il avait pu faire dans la vie. Il n'avait donc pas envisagé cela comme un problème. Il avait visiblement eu tort. Sauf que Dean n'était pas inquiet pour lui-même mais pour Castiel. Il avait peur que son passé puisse avoir des répercussions sur son petit ami. Et si ce dernier était touché de le voir aussi inquiet pour lui, il se chargea tout de même de le rassurer. Il se fichait lui aussi de ce qu'on pouvait dire d'eux. Il se fichait de ce qu'on pouvait penser de leur histoire. Ils étaient heureux. Castiel n'avait pas honte et il refusait de se cacher.

Dean sembla accepter ses arguments. Mais, le destin continua de s'acharner sur eux. Car ils étaient à peine installés au restaurant que Castiel remarqua les regards que le barman lançait à son petit ami. Il le vit plaisanter avec son collègue et se moquer d'eux. Il ne fut donc pas surpris quand Dean quitta la table précipitamment, soi-disant pour aller aux toilettes.

Castiel attendit quelque secondes avant de le rejoindre. Il savait que Dean allait avoir besoin de lui pour éviter une crise d'angoisse inutile. Seul, il ne ferait qu'aggraver la situation. Et Castiel était son petit ami. Il avait le devoir de l'aider. Il avait choisi ce restaurant. C'était en partie sa faute s'ils en étaient là.

Il ne fut pas surpris quand Dean lui confirma qu'il avait bien pris la fuite à cause de l'attitude de barman. Et Castiel pouvait le comprendre. Il aurait probablement réagi de la même manière à sa place. Il n'hésita pas à proposer à Dean de partir. Il n'avait pas envie de rester dans cet endroit. Pas envie de donner un seul centime à un restaurant qui employait un tel salopard. Il se fichait finalement de l'endroit où ils iraient. Il regrettait de n'en prendre conscience que maintenant. Ce n'était pas le lieu qui comptait maos la personne avec qui il se trouvait. Dean était son âme sœur. L'homme qu'il aimait plus que la vie elle-même. Diner avec lui … même dans un fast-food … était un moment magique. Parce qu'ils étaient ensemble et que c'était en fin de compte la seule chose qui comptait.

Il rassura donc son petit ami sur ce point puis ils quittèrent finalement les toilettes main dans la main. Ils furent intercepté par leur serveur alors qu'ils passaient devant le bar. Castiel hésita une seconde à répondre simplement qu'ils avaient une urgence. Qu'ils devaient partir. Puis, après avoir croisé le regard amusé et moqueur du barman, il opta pour une sortie un peu plus théâtrale.

- Je suis désolé mais nous n'avons pas l'intention de rester dans un restaurant comme le vôtre. Le comportement de votre barman ici présent est inadmissible. Ce qu'il a fait est impardonnable. Vous feriez bien de vous soucier des personnes que vous employez. Parce que croyez-moi, je vais me charger de vous faire une réputation dont vous ne serez pas prêt de vous défaire. Je vais parler à toutes les personnes que je connais et croyez-moi j'en connais énormément … et je leur dirais de le raconter à tous ceux que eux connaissent. Vous n'aurez rapidement plus un seul client dans votre établissement. Ou vous pouvez virer cet imbécile. A vous de voir. Mais en ce qui nous concerne, nous partons.

Le serveur sembla surpris par ce qu'il entendait. Castiel ne lui laissa toutefois pas le temps de s'excuser. Il se tourna vers le barman et le foudroya du regard.

- Quelque chose me dit que vous rirez beaucoup moins d'ici quelques minutes. J'espère que vous avez bien profité de votre dernier fou rire … parce que je vais détruire votre vie.

Sur ces mots, il entraina Dean jusqu'à la sortie. Le jeune home semblait totalement sidéré par ce que Castiel avait fait. Mais ce dernier avait tenu à prouver à son petit ami qu'il pouvait parfaitement se défendre et le défendre lui aussi. Qu'il n'avait pas peur. Qu'il n'avait pas honte. Et qu'il ne laisserait jamais plus personne faire du mal à l'homme qu'il aimait sans se battre.

Il espérait l'avoir un peu impressionné au passage. Ils remontèrent la rue en silence durant quelques minutes puis Castiel aperçut une enseigne de fast-food non loin. Il y conduit Dean et le fit s'asseoir à une table libre.

La serveuse leur apporta les menues avec un large sourire sur les lèvres. Castiel réalisa alors que c'était ici l'endroit parfait. Peu importait que ce ne soit pas suffisamment chic aux yeux de certains.

- Merci Cas pour … pour ce que tu as fait et pour avoir accepté de partir. Et … je n'aurais jamais du douter de ta capacité à te défendre parce que franchement … tu étais très impressionnant tout à l'heure et … enfin voilà … merci.

Castiel sourit. Il était content de voir que son petit ami avait apprécié son geste.

- Et je suis désolé si ce n'est pas … si tu attendais autre chose de notre premier rendez-vous. Je sais bien que ce n'est pas parfait mais …

- Dean, c'est parfait. Tu es là. Tu souris. C'est tout ce que j'attendais d'un premier rendez-vous. Je me fiche de l'endroit où on est. Et honnêtement, ce restaurant me semble tout à fait approprié. Le personnel est charmant et … ça nous ressemble plus d'une certaine manière.

Dean acquiesça. Castiel avait vu juste. Il n'aurait pas du opter pour un restaurant chic. Il aurait du suivre sa première intuition et opter pour un lieu sans prétention. Un endroit où ils n'auraient pas eu à se soucier du regard des autres. Un où ils auraient pu aller en tant qu'amis. Parce que c'était ce qu'ils étaient avant tout. Deux amis.

- Et puis tu sais … j'ai attendu des mois entiers pour pouvoir enfin être avec toi. J'ai rêvé de ce moment. J'ai rêvé de t'entendre dire que tu m'aimais. J'ai failli passer à côté de tout ça. Alors crois moi, rien ni personne ne pourra m'empêcher de profiter de ce moment. De toi.

- Mais tu sais que ça pourrait arriver à nouveau. Il y aura toujours un risque …

- Et ensuite ? Le simple fait d'être avec un homme et de l'assumer représente un risque. Il y a des homophobes qui pourraient tenter de nous tuer juste parce qu'on se tient la main dans la rue. Alors franchement … un risque de plus ou de moins, ce n'est pas ça qui me fera peur. Et ça ne devrait pas t'inquiéter non plus. Parce qu'on s'aime et que c'est la seule chose qui compte.

Dean acquiesça à nouveau. Castiel savait qu'il continuerait probablement à avoir peur pendant quelques temps. Mais il espérait que cela finirait par passer. Qu'il finirait par comprendre que Castiel ne comptait pas renoncer pour si peu.

La serveuse revint après quelques minutes pour prendre leur commande. Puis, quand elle leur déposa leurs plats sur la table, elle leur adressa un large sourire à nouveau.

- Je ne sais pas si je devrais vous le dire parce que ce n'est pas vraiment professionnel de ma part mais … vous formez un couple absolument adorable et particulièrement sexy tous les deux. Toutes mes collègues le pensent et … enfin si vous avez une furieuse envie de vous embrasser, ne vous gênez pas pour nous.

Castiel et Dean éclatèrent de rire. La serveuse leur adressa un petit clin d'œil avant de s'éloigner. Sa gentillesse et son humour firent du bien à Dean. Il se détendit rapidement et, parce qu'il aimait se donner en spectacle parfois, il finit par embrasser Castiel en plein milieu de leur repas. Ils entendirent quelques applaudissements mais n'y prêtèrent pas vraiment attention. C'était leur moment à eux.

Ils terminèrent de manger en parlant de tout et de rien. Puis, Castiel insista pour payer et pour laisser un très large pourboire à leur serveuse. Elle les avait aidé sans le savoir. Elle méritait d'être récompensée.

Ils retournèrent jusqu'à l'immeuble de Dean sans se lâcher la main. Le jeune homme semblait enfin à l'aise. Il n'avait pas la tête basse ni les yeux rivés au sol. Il regardait droit devant lui la tête haute. Castiel voulait le voir ainsi tout le temps. Il ne voulait plus jamais l'entendre douter. Ou se questionner sur sa valeur.

Ils s'immobilisèrent finalement devant la porte de l'appartement de Dean. Puisqu'il s'agissait d'un premier rendez-vous, c'était le moment de se séparer. Castiel avait bien sûr envie de rentrer. Il ne voulait pas que cette soirée se termine. Ce n'était pas parce qu'il avait envie de faire l'amour avec le jeune homme – il en avait très envie – mais c'était aussi parce qu'il ne voulait plus jamais être séparé de lui. Il voulait partager chaque seconde de chaque minute avec lui. Il voulait le regarder dormir. Il voulait se réveiller à ses côtés. Il voulait vivre avec lui. Mais c'était bien trop tôt pour le lui proposer. Et si Dean voulait s'en tenir aux règles du premier rendez-vous alors il ne protesterait pas.

- Je sais que ça ne se fait pas lors d'un premier rendez-vous mais c'est nous et … je n'ai pas envie que la soirée se termine alors … est-ce que tu veux entrer ? Juste pour un café ?

C'était presque comme si Dean pouvait lire dans ses pensées. Castiel accepta sans hésiter puis suivit son petit ami à l'intérieur. Il s'installa sur le canapé pendant que Dean préparait deux cafés. Il les posa ensuite sur la table basse avant de s'installer à côté de Castiel.

Cette soirée était parfaite … peu ordinaire mais absolument parfaite et … j'espère que toutes nos autres soirées seront aussi merveilleuses. C'est … je ne me souviens pas d'avoir un jour été aussi heureux et je te le dois. C'est … presque un peu effrayant d'être aussi … heureux.

- Je ressens la même chose Dean. Mais je n'ai pas peur. Parce que je sais qu'on finira notre vie ensemble. Je sais qu'on vieillira côte à côte. Et je sais qu'on finira par se marier … par fonder une famille et par acheter une maison en banlieue. Alors tu as le droit d'avoir peur mais de mon côté, je vais avoir confiance pour nous deux.

Dean le dévisagea une seconde en se mordant la lèvre inférieure. Puis, après un long silence, il se jeta littéralement sur Castiel. Ce dernier fut surpris et incapable de réagir pendant une seconde. Puis il répondit au baiser de son petit ami avec enthousiasme. Il ne prendrait pas d'initiative. Il voulait avant tout voir ce que Dean attendait de lui. Ce dernier lui donna la réponse quand ils durent se séparer pour reprendre leur souffle.

- Au diable les règles Cas … reste avec moi cette nuit. Fais moi l'amour.

Castiel n'allait certainement pas refuser. Il en avait envie depuis que Dean lui avait ouvert la porte en début de soirée. Il l'embrassa à nouveau en guise de réponse et le jeune homme accueillit sa langue dans sa bouche avec un petit gémissement.

Ils finirent par quitter le canapé après quelques minutes pour rejoindre la chambre de Dean. Ils se déshabillèrent alors rapidement avant de s'allonger entièrement nu sur le lit. Castiel était installé entre les jambes de son petit ami mais ce dernier semblait avoir une autre idée. Il le fit basculer sur le côté avant de s'installer sur lui et de se redresser.

- Ce soir, c'est moi qui prends les reines ! lança t-il.

Castiel posa les mains sur ses hanches puis en glissa une jusqu'à son entrejambe pour saisir son sexe. Il le masturba une seconde avant de le relâcher et de sourire.

- Je suis tout à toi, répliqua t-il.

Dean se pencha pour prendre le lubrifiant dan sa table de nuit. Il en mit sur ses doigts puis glisser sa propre main entre ses jambes pour commencer à se préparer. Castiel ne pouvait rien faire d'autre que de l'admirer dans sa position. Et le spectacle était tout à fait fascinant. Dean semblait trop impatient pour prendre son temps. Il faisait aller et venir ses doigts en lui tout en gardant les yeux rivés dans ceux de Castiel. Il se mordillait la lèvre inférieure et gémissait doucement à chaque fois que ses doigts heurtaient sa prostate. Castiel posa ses mains sur son torse pour jouer une seconde avec ses tétons avant de les redescendre sur ses hanches. Il ne chercha pas à stimuler son sexe. Il ne voulait pas que les choses se finissent trop rapidement.

Dean finit par retirer ses doigts de lui-même. Il prit ensuite le sexe de Castiel en main, se positionna correctement puis s'empala dessus sans ménagement.

Castiel ne put retenir un long gémissement quand il sentit son sexe pénétrer le jeune homme aussi violemment. Il eut besoin de quelques secondes pour retrouver son calme. Mais Dean ne semblait pas avoir la moindre patience. Il commença à bouger presque aussitôt.

Il soulevait les hanches doucement puis les rabattait rapidement. Il s'était positionné de sorte à toucher sa prostate presque à chaque fois. Par moment, il se contentait de dessiner des huit avec les hanches pour reprendre son souffle. Castiel ne pouvait que le regarder. Il ne chercha pas à accompagner ses mouvements. Il ne chercha pas à le faire changer de rythme. Il était parfaitement heureux ainsi. Dean dégageait quelque chose de sauvage dans cette position qui le fascinait complètement.

Il pouvait déjà sentir son orgasme approcher. Il savait que Dean était proche également. Ses gémissements étaient plus fréquents et plus longs. Il avait basculé la tête en arrière et fermé les yeux. Castiel garda les mains sur ses hanches. Il ne saisit pas son sexe. Il ne tenta pas de le faire jouir. Il lui laissa les reines comme Dean le lui avait demandé.

Le jeune homme recommença à soulever les hanches rapidement. Il avait perdu le rythme. Il aurait probablement mal aux cuisses le lendemain. Mais il ne semblait pas s'en soucier. Il continuait à aller et venir sur le sexe de Castiel.

Ce dernier n'aurait pas su dire combien de temps cela dura. Il fut pris par surprise quand après avoir à nouveau abaissé ses hanches violemment, Dean poussa un long cri et jouit brutalement entre eux. Si ce n'était pas la première fois que Castiel le voyait faire, c'était tout comme. Il retint son orgasme pour apprécier celui de Dean. Le jeune homme n'avait visiblement plus la force d'aller et venir sur son sexe. Il se contenta donc de former des huit avec ses hanches pour prolonger son plaisir. Puis, quand son orgasme fut fini, il posa ses mains de chaque côté du visage de Castiel et souleva sensiblement les hanches.

- A ton tour, souffla t-il.

Castiel saisit le message. Il prit les reines à son tour et commença à aller et venir à l'intérieur de Dean. Il n'eut pas besoin de beaucoup de temps pour jouir à son tour. Et il était presque sûr qu'il s'agissait là de son orgasme le plus intense de toute sa vie. Il cria sans se soucier qu'on puisse l'entendre dans les appartement d'à côté et se répandit longuement à l'intérieur de Dean.

Ce denier attendit qu'il ait fini pour se laisser tomber à côté de lui. Il posa presque aussitôt sa tête sur le torse de Castiel et son bras autour de sa taille.

- Je t'aime Cas … et franchement, j'adore le dire alors … attends toi à ce que je le répète encore et encore … jusqu'à ce que tu finisses par te lasser de l'entendre.

- Oh crois-moi je doute de me lasser un jour. Et je t'aime aussi bien sûr. Comme un fou.

- J'ai … je sais que je peux te donner l'impression d'avoir peur ou d'avoir des doutes mais … s'il y a bien une chose dont je ne doute pas c'est du fait que j'ai envie de toutes ces choses dont tu parlais tout à l'heure … de me marier avec toi, de vieillir à tes côtés, de fonder une famille … il n'y a que la maison en banlieue qui me pose problème mais … on pourra en reparler plus tard. Pour le moment, je vais dormir.

Castiel rit pendant une seconde devant ce qui était une plaisanterie. Il était en revanche soulagé de voir que Dean voyait l'avenir de la même manière que lui. Qu'il ne l'envisageait pas sans lui. Ils avaient attendu trop longtemps. Ils avaient perdu beaucoup de temps parce qu'ils étaient deux idiots. Mais ils s'aimaient et fin de compte c'était la seule chose qui comptait vraiment.