« Je rêve !, pesta-t-il. Une coupure de courant ? Maintenant ? Je croyais que cette planète était auto-alimentée. »
Arslan commença à jouer avec les boutons de ses systèmes mais rien n'y fit. Jetant un coup d'oeil par la fenêtre, il constata que les lumières de la ville brillaient toujours mais que les quartiers impériaux semblaient tous être plongés dans le noir. Mais que se passe-t-il exactement ? Alors qu'il se dirigeait vers les générateurs de secours, tout se remit brutalement en marche. Il voulu se remettre au travail mais ses commandes ne répondaient toujours pas. Soudain, les alarmes se mirent à sonner dans les couloirs. D'accord. Arslan empoigna son sabre et se précipita hors de son laboratoire pour se rendre sur la plateforme de l'étage. Des troopers couraient dans tous les sens et des officiers criaient des ordres. Le jeune homme attrapa un soldat qui passait devant lui.
« Vous pouvez me dire ce qu'il se passe exactement ?, lui demanda-t-il sèchement.
- C'est une cyber-attaque mon Seigneur, répondit le trooper. Quelqu'un s'est introduit dans nos systèmes.
- Dans les systèmes des armées ?
- Non Monsieur. Dans les systèmes de l'Empire. »
Arslan regarda le soldat partir en courant. Une cyber-attaque ? Qui donc était capable d'une telle chose ? Les systèmes de sécurité de l'Empire étaient les plus performants de la galaxie. Le jeune homme tourna les talons pour retourner dans son laboratoire. Il avait bien l'intention de protéger ses données contre cette attaque invisible. Alors qu'il s'apprêtait à franchir la porte, il entendit des exclamations retentir de tous les côtés. Pourquoi crient-ils de déconnecter les écrans ? Lentement, il retourna sur la plateforme. Des moniteurs officiels étaient accrochés dans tout le quartier général et le jeune homme avait une vue d'ensemble depuis le dernier étage. En face de lui, sur le plus imposant des écrans, venait de s'afficher l'emblème des Sentinels. Voilà qui devient intéressant. Arslan apprit rapidement que tous les moniteurs impériaux avaient été piratés et que la même image s'affichait partout dans la capitale. Du Sénat en passant par le palais impérial. Qu'est-ce-qu'ils mijotent ? Les ingénieurs tentaient de reprendre le contrôle de leurs systèmes mais rien n'y fit. Les Sentinels avaient la main mise sur toute la structure interne. Arslan s'appuya sur la rambarde et fixa son regard sur le symbole. Soudain, ce dernier se brouilla et le jeune homme recula machinalement d'un pas en écarquillant les yeux tandis qu'un silence de mort s'abattit dans le quartier général.
Cassiopea El-Solar était apparue sur les écrans. Nonchalamment assise dans un immense fauteuil arborant l'emblème de sa milice, la jeune femme adressait un sourire moqueur à ses interlocuteurs.
« Bonjour Chancelier, dit-elle en employant délibérément l'ancien titre de Palpatine. J'espère que vous êtes bien installé, j'ai plusieurs choses à vous dire. J'ai pris la liberté de demander à mon informaticienne de monopoliser tous vos écrans afin d'avoir toute votre attention. Vos systèmes devraient rester hors-service pour le reste de la journée, histoire d'assurer nos arrières. Je suppose que vous m'écoutez attentivement ? Bien. Il se trouve que mes équipes et moi-même avons découvert quelque chose de très interessant il y a quelques semaines et, je dois vous dire que cette nouvelle m'a profondément déplue étant donné qu'elle me touche personnellement. »
La jeune femme décroisa les jambes, se pencha en avant dans son fauteuil en prenant un air de conspirateur, et sortit un cristal luminescent de sa poche. Elle le fit tourner dans ses mains en silence pendant quelques secondes et le présenta enfin bien en évidence.
« Ceci, reprit-elle. Est un cristal Kyber. Mais vous le savez très bien n'est-ce-pas ? Vous parcourez la galaxie à la recherche de planètes minières depuis un certain temps déjà dans le seul but de vous en procurer en très grande quantité. Alors, je me pose des questions voyez-vous. Pourquoi un homme comme vous, qui haïssait les Jedi au point d'ordonner leur massacre il y a quatre ans, s'intéresserait-il aux pierres de puissance qui font fonctionner nos sabres laser depuis des millénaires ? Étrange, n'est-ce-pas ? Je me suis donc renseignée sur les pouvoirs de ces cristaux et sur l'intérêt qu'ils pourraient avoir pour vous. Laissez-moi vous dire que je n'ai pas apprécié ce que j'ai découvert. J'ignore peut-être encore ce que vous manigancez exactement mais j'en sais désormais assez pour vous dire avec certitude que je ne vous laisserai pas faire. Vous voulez dominer le monde ? Il faudra nous passer sur le corps. Sachez que, dorénavant, à chaque pas que vous ferez, à la moindre de vos tentatives pour mener à bien vos plans diaboliques, vous allez devoir vous frotter aux Sentinels. Tant que vous continuerez à menacer la galaxie, nous ne cesserons jamais de nous mettre en travers de votre chemin.
J'ai une avance considérable sur vous Palpatine, il se trouve que je suis une Jedi. Je connais la Force, je sais comment elle fonctionne et, surtout, je sais m'en servir. Je n'ai pas besoin d'utiliser vos procédés douteux pour parvenir à la plier à ma volonté. Elle m'écoute parce que je la respecte et – vous savez Sheev – vous aurez beau essayer, vous aurez beau chercher à vous emparer de nouvelles connaissances, jamais, elle ne vous respectera. Vous avez détruit des millions de vies, je ne vous laisserai pas continuer une minute de plus. Tous ces peuples souffrent par votre faute et j'entends bien leur rendre leur liberté, peu importe le temps que cela prendra. Je réduirai à néant tous vos projets de domination, c'est une promesse que je vous fais.
Nous savons tous les deux qu'il vous manque quelque chose pour réaliser vos plans. À présent, je peux vous affirmer que vous ne mettrez jamais la main dessus, je m'en suis assurée. Ce que vous faites est une insulte à la Force et au nom que vous osez vous donner. Vous n'avez rien d'un Sith, vous êtes un monstre assoiffé de pouvoir prêt à tout pour parvenir à ses fins et vous me dégoûtez. J'espère sincèrement que vous finirez par brûler en enfer où vous paierez pour tous les pêchés que les Jedi Noirs ont commis depuis des générations. Je vous y conduirai moi-même si j'en ai l'opportunité. Profitez de votre gloire tant que vous le pouvez encore, elle ne tardera pas à s'effondrer. Je vous attends sur le champ de bataille, vous y découvrirez le sens du mot rébellion. »
Le silence se prolongea encore durant d'interminables minutes une fois la communication coupée. L'emblème des rebelles restait affiché sur tous les écrans et les ingénieurs ne paraissaient pas pouvoir récupérer le contrôle de leurs systèmes. Au bout d'un moment, l'agitation se mit de nouveau à régner. Les alarmes se remirent à sonner, les officiers à hurler et les soldats à courir de tous les côtés. Arslan recula pour se mettre dans l'ombre et s'adossa contre le mur.
Bon, cela a au moins le mérite de résoudre deux de mes problèmes. Cassiopea est en vie et les Archives sont bien en possession des Sentinels. Elle ne l'a peut-être pas dit clairement, mais il est évident qu'elle y faisait référence. Palpatine n'a pas dû apprécier le message. Comment a-t-elle fait pour entrer dans nos systèmes ? Ils sont supposés être impénétrables. Cette milice est définitivement bien plus puissante qu'on ne l'imaginait. Le jeune homme se dirigea lentement vers son laboratoire en essayant de passer inaperçu. À présent, il est clair qu'il ne va jamais me remettre sur la mission Archives. J'ai été en contact avec les Sentinels sur la planète où elles devaient se trouver, il va vite faire le lien et comprendre qu'elles m'ont filées entre les doigts. Je vais devoir trouver une autre solution et, pour ça, il va falloir que je quitte Coruscant.
De retour devant ses ordinateurs, Arslan essaya, en vain, de relancer son processus de décodage. Aucune de ses commandes ne répondaient. Soupirant, il récupéra le cristal et le replaça dans sa veste. Il allait devoir remettre ses recherches à plus tard. Dans le pire des cas, il disposait d'une version équivalente de ce processeur sur l'Interceptor et le vaisseau fonctionnait indépendamment du système central, il pourrait donc poursuivre ses investigations une fois à bord. Si l'Empereur consentait à le laisser repartir, seul et sans escorte de surveillance. Il va falloir que je lui sorte le grand jeu en matière de soumission. Je dois lui faire croire que je suis vide de toute émotion. La tâche risque d'être complexe. S'il me provoque, je vais avoir beaucoup de mal à me retenir de lui mettre mon poing dans la figure. Reste à espérer qu'il soit aussi sûr de lui que je le pense. S'il est déjà persuadé d'avoir gagné en me torturant, il ne cherchera pas beaucoup plus loin et je n'aurai pas grand chose à faire. Arslan sortit son holo-portable de sa poche et le connecta aux systèmes de l'Interceptor pour le faire fonctionner. En quelques manipulations, il réussit à récupérer la communication des Sentinels et il l'activa. Elle a l'air d'être en forme, constata-t-il en réécoutant le message. Elle semble même parfaitement remise. Comment est-ce possible ? D'un autre côté, personne n'avait encore survécu à une transe cosmique alors je n'ai pas vraiment de références. Le jeune homme coupa la vidéo et quitta son laboratoire pour retourner vers ses quartiers. Il avait l'intention de continuer à se faire oublier tant que la vague Sentinels secouerait le palais et les officiels. Peu importe ce qu'il s'est passé. Elle est en vie et elle a pu rejoindre sa milice. C'est la seule chose qui compte. À présent, je vais pouvoir me concentrer sur les Archives tout en creusant cette étrange connexion qui nous lie. Nos routes vont irrémédiablement devoir se recroiser.
Alors qu'il tournait dans un couloir, le jeune homme se retrouva face à un groupe de troopers arborant des coques violettes sur les épaulettes de leurs armures. Les hommes de Stanford. Arslan s'arrêta devant eux et se composa un masque apathique. Il ne prononça pas le moindre mot, n'esquissa pas le moindre geste, et attendit la suite. Au bout de quelques secondes, le capitaine d'escouade sembla réaliser que le Seigneur Sith n'allait rien tenter et il s'avança de quelques pas.
« Seigneur Hell, commença-t-il. L'Amiral Stanford nous envoie vous chercher pour le compte de son Altesse Impériale. Tous deux vous attendent au siège de commandement, au palais. Ils veulent vous entretenir d'un sujet d'importance.
- Dans ce cas, Arslan répondit d'un ton monocorde. Mieux vaut ne pas les faire attendre plus longtemps. Ouvrez la voie, messieurs. »
Le jeune homme observait le comportement des soldats le précédant tandis qu'il sortait du quartier général des armées pour se diriger vers le palais. Ils avaient l'air nerveux et sur leurs gardes mais pas plus que d'ordinaire. Les troopers classiques étaient toujours tendus lorsqu'ils se trouvaient en présence de manipulateurs de Force. Leurs pouvoirs les mettaient mal à l'aise et ils avaient peur de finir étranglés pour le moindre mot plus haut que le précédent. Ça, c'est à cause de Vador. Ce type a l'étranglement de Force bien trop facile. Les hommes de Stanford ne semblaient pas lui accorder une attention particulière. Ils le surveillaient probablement du coin de l'oeil mais rien de plus. Ils n'ont pas l'air de me considérer comme une menace et ils respectent les ordres. On ne leur a donc pas demandé de me tenir en respect. Palpatine est donc soit très sûr de lui, soit il s'agit d'une manœuvre pour me mettre en confiance. Il va falloir faire preuve de prudence.
Les soldats le firent passer par des couloirs détournés du palais et ils ne croisèrent presque personne sur leur chemin. Le siège de commandement impérial se trouvait localisé dans l'aile l'ouest de l'immense bâtiment. C'était une salle ronde, équipée à la pointe de la technologie et qui pouvait accueillir un grand nombre de personnes à la fois. Il n'y avait pas la moindre fenêtre et il était impossible d'y entrer si l'on ne disposait pas d'une trentaine d'autorisations différentes. Palpatine avait fait construire un bunker au cœur de sa capitale. Des Gardes Rouges surveillaient les entrées et leur ouvrirent les portes. Les hommes de Stanford restèrent dehors tandis qu'Arslan entrait prudemment. Il fit quelques pas et s'arrêta en prenant une posture droite, les mains derrière le dos et les jambes légèrement écartées. Il choisit de ne pas s'annoncer et il jeta un regard circulaire sur son entourage. Comme il s'y était attendu, la pièce était bondée. Des hommes couraient dans tous les sens pour tenter de reprendre le contrôle du système tandis que d'autres leur hurlaient des ordres. Apparemment, la priorité était de remonter le signal de la communication des Sentinels pour tenter de les localiser. Bon courage avec ça, Arslan réprima un sourire. Il avait lui-même essayé de trouver l'origine de la communication depuis son holo-portable mais elle était bien trop habilement cryptée pour cela. Les Sentinels s'étaient transformés en fantômes avant d'attaquer.
Il tourna son regard vers le centre de la pièce. Palpatine s'y trouvait assis sur son trône et Stanford se tenait à ses côtés. Il semblait lui murmurer des choses à l'oreille et l'Empereur avait l'air d'approuver. Une véritable sangsue. Il va finir par se rendre vraiment indispensable. Arslan resta silencieux mais il amplifia la portée de sa signature de Force pour se faire remarquer. L'Empereur leva immédiatement les yeux vers lui. Stanford en fit de même et grimaça de désapprobation.
« Seigneur Hell, commença Palpatine d'un ton presque jovial.
- Vous m'avez fait demander votre Altesse Impériale ?, Arslan répondit d'une voix égale.
- Tout à fait, tout à fait. Approchez donc. »
Le jeune homme s'avança vers le trône et s'arrêta à quelques pas de Stanford qui le regardait toujours d'un air mauvais. Arslan ne prit même pas la peine de lui rendre son regard et il garda les yeux fixés sur Palpatine. L'Empereur sembla le jauger durant de longues secondes. Finalement, il sembla satisfait de ce qu'il trouva et reprit la parole.
« Dites-moi, comment vous sentez-vous ?
- Bien mon Seigneur, répondit Arslan.
- Aucune, disons, séquelle particulière ?
- À quel sujet ?
- Bien. Très bien. »
L'Empereur se leva et avança jusqu'aux commandes centrales de la pièce, il fit signe à Arslan et Stanford de le suivre. Tous les écrans étaient encore inactifs et le symbole des Sentinels continuait à y briller. Palpatine soupira exagérément et empoigna une holo-tablette indépendante, probablement raccordée à un vaisseau. Il y fit défiler les avis de recherches connus des membres de la milice rebelle et s'arrêta sur celui de Cassiopea.
« Les Jedi ne m'ont jamais rien causé d'autre que des problèmes et celle-ci ne fait pas exception à la règle. Il va nous falloir régler cette affaire rapidement, qu'en pensez-vous Seigneur Hell ?
- Les Sentinels sont une plaie pour la galaxie, répondit Arslan en conservant une neutralité apparente. Ils doivent disparaître.
- Nous sommes bien d'accord, dit l'Empereur en souriant. Je suppose que vous ne verrez aucun inconvénient à disposer d'elle, deviez-vous croiser sa route à nouveau ?
- Votre Altesse impériale désire sa mort, je me ferai donc une joie de vous livrer son cadavre.
- Je ne demandais pas mieux.
- Excusez-moi, Sire, intervint Stanford d'un ton impatient. Peut-être devrions-nous en venir à la raison de sa convocation ?
- Vous avez raison, Amiral, répondit l'Empereur. J'aurais une nouvelle mission à vous confier, Seigneur Hell.
- Je vous écoute votre Altesse, je suis à votre service.
- Vous avez entendu la communication d'El-Solar, je suppose.
- Bien sûr, Sire.
- Vous comprenez donc que nous devons modifier toutes nos opérations concernant les Archives et les cristaux. J'ai décidé de confier cette tâche à l'Amiral Stanford ici présent. Étant donné les événements de ces derniers jours, vous comprendrez sans doute ce qui m'a poussé à prendre cette décision.
- Le jugement de Votre Altesse ne peut qu'être bon, répondit Arslan sans broncher. De plus, décida-t-il d'ajouter pour la forme. L'Amiral est quelqu'un de très compétent et je ne doute pas de son efficacité dans cette affaire.
- Je…, Stanford semblait estomaqué et ne sut quoi répondre.
- Je vous l'avais dit Amiral, reprit l'Empereur d'un ton jovial. Ces séances de correction sont d'une efficacité redoutable. Le Seigneur Hell est parfaitement apte à reprendre du service.
- Je n'en doute pas, Sire, Stanford avait repris son air méfiant. Mais permettez-moi d'insister concernant la mission…
- Vous êtes dorénavant responsable du projet Archives, Amiral, le coupa l'Empereur d'un geste de la main. Et je vais suivre vos suggestions au sujet d'Onderon.
- Sire, l'Amiral s'inclina respectueusement.
- Comme je le disais, reprit Palpatine à l'attention d'Arslan. J'ai malgré tout une mission à vous confier. Suite aux quelques, disons, désagréments qui ont jalonné votre dernière opération, l'Amiral et moi-même pensons qu'il serait plus pertinent de vous confier un exercice plus classique dans lequel vous avez l'habitude d'exceller. Voyez-vous, je tiens à m'assurer que notre petit différend est désormais loin derrière nous.
- C'est tout naturel, répondit Arslan en bon petit soldat. Que puis-je faire pour vous ?
- Il y a cette planète, Onderon. Elle se situe dans la Bordure intérieure et nous pose problème depuis quelque temps déjà. Il y a plusieurs siècles, notre Ordre contrôlait l'endroit mais, au fil du temps, les choses ont évolué. Les peuples locaux se sont reconstruits et ont décidé de monter une résistance contre nous, ce qui est très loin de me plaire. Je voudrais donc récupérer cette planète. Elle dispose de nombreuses ressources et, qui plus est, me revient de droit.
- Vous voudriez que je m'y rende ?, supposa Arslan. Pour mettre un terme à cette situation gênante.
- C'est exact. Vous êtes un expert en la matière, meilleur que Vador lui-même par moments. Je ne compte plus le nombre de planètes que vous avez mises à mes pieds. Celle-ci ne sera sans doute pas différente. De plus, un succès vous couvrirait de gloire. Une opération est en cours sur Onderon depuis plusieurs mois déjà mais les peuples sont résistants et nous n'arrivons pas à franchir leurs premières barrières de défense. Nous avons récemment découvert d'où leur venait cette force de frappe. Il se trouve que le roi et la reine sont de très proches amis de Bail Organa et de son épouse. Vous n'êtes pas sans savoir que ce dernier complote contre moi depuis des années à présent, sa fidélité à la République et aux Jedi est connue de tous. Cependant, il siège dans mon Sénat et ne présente pour l'instant pas de menace concrète à mon égard, je me contente donc de l'observer et d'attendre le geste de trop. En ce qui concerne Onderon en revanche, nous savons de source sûre qu'il y est intervenu. Alderaan est une planète riche et dotée d'infrastructures militaires conséquentes, elle fournit Onderon en armes et en vaisseaux pour que la planète puisse se défendre.
- L'Interceptor, avec ses canons et ses vaisseaux embarqués pourrait régulariser la situation, dit Arslan.
- Votre bâtiment est prêt au décollage, intervint Stanford. Il a été entièrement rééquipé depuis son retour de Jedha. Vos hommes se tiennent également à votre disposition.
- Comme je vous l'ai dit, reprit Palpatine. Une réussite lors de cette mission vous serait extrêmement bénéfique. Onderon nous tracasse depuis bien trop longtemps et aucun de mes généraux ne semble capable d'en venir à bout. Je connais vos capacités, vous êtes rapide, efficace et, surtout, impitoyable, soumettre une planète est votre spécialité. Si vous parvenez à me l'offrir, je vous en serai très reconnaissant et nous pourrons envisager de parler de nouvelles opérations plus pointues.
- J'en serais très honoré, dit Arslan en inclinant la tête. Quand dois-je décoller ?
- Le plus rapidement possible, la situation sur Onderon est particulière. »
L'Empereur claqua des doigts et trois soldats se précipitèrent vers lui, holo-tablettes à la main. Après quelques manipulations, ils parvinrent à connecter leurs écrans à des systèmes externes et Onderon finit par s'afficher en hologramme sous les yeux d'Arslan. Ce dernier s'approcha et fit tourner l'image devant lui. Stanford tapa quelques codes et différentes informations vinrent s'ajouter autour de l'hologramme de la planète.
« Il y a plusieurs choses à savoir sur Onderon, reprit l'Amiral avec un air supérieur. Premièrement, les humains sont la seule espèce intelligente à y vivre, ils sont donc au pouvoir. Le roi et la reine étaient des appuis de premier ordre pour la République il y a encore quelques années et ils n'ont jamais abandonné leurs convictions. De plus, ils étaient également proches de l'Ordre Jedi car on dit que la Force serait puissante sur leur planète. Pour moi, cela se rapproche plus d'une fable que d'autre chose mais, pour vous, je suppose que cela doit avoir un sens et que l'information pourrait même s'avérer utile. Ensuite, nous savons qu'ils sont en affaire avec Alderaan et qu'ils sont donc en possession d'armes perfectionnées, nous ignorons cependant de quels moyens ils disposent avec précision. Nous savons pourtant qu'ils ont mis nos troupes en déroute plus d'une fois et son Altesse impériale soupçonne certains habitants de manier la Force car certaines choses n'ont pas vraiment de sens et aucune arme connue ne pourrait les expliquer.
- Des manipulateurs de Force ?, coupa Arslan. Des Jedi en fuite ?
- Nous ne pensons pas, non, répondit l'Empereur. Vador a mené une petite enquête et il n'a trouvé aucune trace d'anciens membres de l'Ordre sur Onderon. Nous pensons plutôt qu'il s'agirait d'autre chose, une autre sorte de Force qui serait employée par des personnages appelés "magiciens".
- Des magiciens ?
- Il s'agit d'une caste au service de la famille royale d'Onderon. Des manipulateurs de Force sans aucun doute. Si vous en avez l'occasion, j'aimerais que vous enquêtiez également sur le sujet, des êtres de ce genre pourraient nous être utiles et il serait préférable de les laisser en vie.
- Je verrai ce que je peux trouver sur leur compte.
- Le plus important maintenant si vous voulez bien, Amiral.
- Bien sûr, Sire, reprit Stanford. Onderon se trouve dans l'orbite de la lune de Dxun. Cette dernière est habitée par une espèce volante primitive que l'on appelle les Drexis. Ce sont des êtres violents, dangereux et, accessoirement, carnivores. Ils dévorent tout sur leur passage.
- Le rapport avec Onderon ?, s'enquit Arslan.
- J'y viens. Une fois par an, la lune change sa trajectoire autour de la planète et s'en rapproche dangereusement. C'est un phénomène inexpliqué mais il en résulte une fusion de leurs atmosphères. Cela crée une sorte de pont spatial qui relie les deux mondes et les Drexis en profitent pour descendre se nourrir sur Onderon. Ils font généralement un carnage.
- Un pont spatial ?, Arslan semblait sceptique. Un rapport avec la présence de la Force sur la planète ?
- C'est fort probable, oui, répondit l'Empereur. Voilà pourquoi il est important d'en découvrir plus sur ces magiciens.
- Le fait est, reprit Stanford agacé. Que la période du pont est proche. Il devrait s'ouvrir dans quelques jours à peine, une semaine tout au plus. Les habitants, qui sont donc habitués à la situation et qui savent comment cette affaire se termine généralement, sont entrés dans un état de panique assez poussé et ils se replient tous vers leurs bunkers de protection. Bien évidemment, ils ne peuvent pas juste s'enterrer là dedans et attendre que le moment passe, autrement, les Drexis détruiraient toutes leurs infrastructures et leurs récoltes. Ainsi, ils se contentent de mettre femmes, enfants, personnes âgées et autres qui pourraient être vulnérables, à l'abri tandis que les plus forts restent à la surface pour se battre. Les dits magiciens font toujours partie de ces combattants d'après ce que j'ai cru comprendre.
- J'ai ordonné à nos forces sur place de se retirer il y a deux jours, enchaîna Palpatine. Les défenses d'Onderon étaient toujours en place et nous ne disposions plus de moyens suffisants. Cependant, cela nous a avant tout conféré une très bonne avance. Les habitants sont à présent obnubilés par les Drexis et ne pensent plus du tout à nous. De plus, je me suis assuré de ne laisser aucun Croiseur dans les environs pour ne pas attirer leur attention. Nous sommes devenus le cadet de leurs soucis et ils se trouvent dans un état de détresse non négligeable. Nous tenons là notre chance d'agir et de conquérir. En attaquant maintenant, nous les prendrons par surprise et ils ne pourront pas résister. De plus, nous parlons de l'Interceptor. Votre vaisseau est l'un des mieux armés de la galaxie et j'ai demandé à ce qu'il soit équipé au maximum. Vous connaissant, vous ravagerez leurs défenses en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
- Et que faites-vous des Drexis ?, demanda Arslan en se retenant de grimacer.
- Vous avez entendu l'Amiral Stanford. Le pont ne devrait s'ouvrir que dans une semaine. Le saut en hyper-espace jusqu'à Onderon ne vous prendra que quelques heures, en partant dès maintenant, vous y serez au lever du jour. Un ou deux jours devraient vous suffire pour régler cette affaire, vous me semblez être en pleine possession de vos capacités. Par la suite, vous pourrez vous attarder un ou deux jours de plus pour mettre leurs ressources à l'abri et pour traiter de la question des magiciens avant de revenir vers Coruscant en me rapportant des prisonniers de la caste pour de plus amples recherches. Vous serez parti avant l'arrivée de cette vermine de Drexis et ils se chargeront du reste. Nous allons faire d'Onderon un exemple et, une fois l'attaque terminée, nous retournerons récupérer ce qui nous intéresse. Je vous ai préparé un inventaire de tout ce qu'il vous faudra rassembler et tenir loin des envahisseurs. Je double le nombre de vos hommes pour vous faciliter la tâche.
- Que dois-je faire des habitants ? Les bunkers seront occupés à ce que je comprends.
- Comme je l'ai dit, vous me ramenez des magiciens. Le roi et la reine feraient probablement de très bons prisonniers politiques et moyens de pression et j'apprécierais donc de les récupérer également. Si vous jugez bon d'ajouter d'autres officiels, faites-le. Autrement, les Drexis se chargeront de leur cas.
- Très bien. Je pars tout de suite ?
- Nous avons fait le tour, dit Stanford. Il s'agit d'une mission cruciale pour la poursuite de nos projets, Onderon dispose de ressources qui nous seront utiles pour le Grand Oeuvre. Il est donc impensable de ne pas réussir. Nous tenons là une opportunité unique qui ne se représentera pas avant un an au mieux.
- Je pense encore être capable de m'occuper d'une bande d'humains de bas étage, répondit Arslan en regardant Stanford de haut en bas et en levant un sourcil. Je ne vois pas en quoi ils me poseraient le moindre souci. Après tout, je parle là d'une race qui m'est inférieure en tous points.
- Espèce de…, commença Stanford en grognant.
- Quoi qu'il en soit, coupa l'Empereur. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre Onderon. Je compte sur vous pour me régler cette affaire rapidement, comme je vous l'ai dit, vous en serez récompensé. Si vous m'apportez satisfaction, je suis prêt à oublier toute cette histoire d'Archives et de Sentinels.
- Je décolle dans une heure, répondit Arslan sans relever. Le temps de faire le point avec mes équipes. Je pars sans mon apprentie, elle est loin d'être prête pour ce genre de mission. Son humanité et son émotivité sont un véritable problème et risquent de devenir un handicap.
- Il est vrai que Ténébris est encore jeune, songea Palpatine. Elle n'a encore jamais pris part à ce genre d'opération, il lui faudra un entraînement tout particulier. Je pense m'en occuper moi-même, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.
- Bien sûr que non mon Seigneur, vous êtes le mieux placé pour la former et en faire une guerrière digne de notre Ordre.
- Alors cet entretien est terminé. Stanford, vous savez ce que vous avez à faire. Trouvez les Sentinels et réglez cette histoire. Seigneur Hell, nous nous reverrons à votre retour d'Onderon. »
