Hey !
Le camp Nano avançant bien, j'ai écris quelques passages en plus pour développer des points de cette histoire qui manquait pour moi, du coup j'ai fait deux nouveaux chapitres. Mais là c'est bon, le premier jet est fini de chez fini. Vous allez avoir de la lecture, j'espère que ça vous plaira ! Ça fait tout drôle d'avoir enfin fini cette histoire. (Du coup maintenant, je passe ma vie sur FFVII Remake.)
Mais pour l'instant, je vous laisse avec le chapitre de la semaine !
Merci à Yu pour la correction, et à Ima et à Mijoqui pour les reviews et le fav ! Ça me fait grave plaisir de savoir que vous lisez, et que ça vous plait.
Bonne lecture !
« - Allez viens, tu vas voir. »
Vanitas hésite. Ses mains posées sur le corps d'Axel, une sur sa taille, l'autre tendue pour atteindre son épaule, il reste planté comme un piquet devant son petit ami. Vraiment, il le sent mal, ce truc.
Il aime bien danser, en vrai. En boîte, dans une pièce à moitié sombre où son corps n'a qu'à suivre le rythme marqué d'une musique qu'il n'a pas même besoin d'apprécier. Déchaîner son corps, laisser le fleuve du son l'engloutir, n'exister plus que dans une suite de mouvements qui lui viennent à l'instinct, et laisser les heures l'épuiser.
Mais là, son truc, ça a l'air technique. Et il n'aime pas quand c'est technique.
« - Je mène, t'auras juste à suivre.
- Ouais. »
Un ouais qu'il lâche pour lui faire plaisir, pour la forme. Et pour ne pas perdre la face, surtout. En vain. Quand la musique se lance et qu'Axel démarre, il a déjà oublié les quelques pas que le rouquin lui a montrés. Une fois en avant qu'il a dit, et puis … Il recule le pied droit ? Non, ça c'est les pas de l'allumé. Lui, il doit faire l'inverse. Un pas en arrière … Mais le temps qu'il s'en souvienne, l'autre a déjà bougé. Ils sont désynchronisés. Tout s'arrête.
Axel ne se plaint pas. Au contraire, il lui sourit.
« - Laisse, on va recommencer, c'est pas grave. »
Van voudrait dire non, parce qu'il ne sent minable et ridicule. Mais Van ne peut pas dire non, par peur de s'avouer vaincu. C'est lui qui est venu le provoquer, son mec, comme quoi la valse c'était pas bien compliqué. En tout cas, à la télé, ça n'avait pas l'air folichon. Et il est incapable d'aligner trois pas sans se planter. Il attend les moqueries doucereuses dont le renard se repais, intérieurement honteux, mais l'autre fait preuve d'une patience exemplaire à son égard. Il lui montre, lui remontre, tout doucement. Ses larges mains le guident sur un rythme tellement lent, pas après pas, mais quand la musique se lance derrière eux, le corbeau ne peut plus suivre. Devant, derrière, sur le côté, devant, derrière, et raté. ll finit toujours par foirer l'ordre.
Quelle idée de se lancer là-dedans, sérieux.
« - Allez, on retente. »
Encore. Et encore, il se rate. En beauté, son pied qui atterrit droit sur celui de son mec. La douleur travers son visage un quart de seconde, mais il la ravale aussitôt. Un self contrôle exemplaire qu'il a Axel. Il cache tout ce qu'il veut cacher, ne dévoile que ce qu'il veut bien montrer. Ça impressionne toujours Vanitas. Surtout, parce qu'il sait que le grand dadais prend sur lui pour lui éviter toute culpabilité. Il le protège. Ça l'énerve. En même temps, ça le touche. Il ne devrait pas avoir à faire ça, le renard. Et pourtant. Pourtant, tous ces petits détails qui montrent qu'Axel prend soin de lui, Van les grappille précieusement. Il les chérit.
« - Bon. »
Les deux immenses paluches se posent calmement sur sa taille.
« - C'est pas trop ça, hein ?
- Nan, t'as cru ?
- Mm ? J'ai cru t'entendre prétendre le contraire. Mes excuses, j'ai dû mal comprendre ? »
Son ego n'aime pas. Mais l'aîné ne s'attarde pas plus et il glisse ses bras autour de son torse tout petit comparé au sien.
« - C'est pas grave de pas savoir danser, tu sais ?
- Mm. »
Facile à dire pour lui, puisqu'il y arrive.
« - On peut essayer autre chose, si tu veux ?
- Genre ?
- Bah, qu'est-ce qui te plairait ?
- J'sais même pas ce qui existe. »
Axel rit. Il réfléchit quelques secondes, et son sourire s'allonge soudain.
« - T'as déjà essayé le rock ?
- Le rock ? »
Le rock, en danse, Vanitas n'est même pas sûr de savoir à quoi ça renvoie. Et même, musicalement? Les sons qui lui viennent à l'esprit, sans s'opposer, ne se ressemblent pas toujours. C'est tout un monde de son qui apparaît dans sa tête, une symphonie brusque. On peut vraiment danser là-dessus ?
« - Ouais ! J'ai pris des cours quand j'étais à la fac, c'est cool en vrai.
- Si tu le dis. »
Il ne savait pas qu'Axel avait pris des cours. Des cours de danse. Des cours de rock. A vrai dire, il ne sait pas grand-chose de la vie de l'allumette, en dehors des six mois qui séparent cet instant de leur rencontre. Il connaît Roxas, Saïx, sait qu'il a fait des études de commerce et qu'il se plait dans son boulot. Que c'est son premier CDI, qu'il s'entend de ouf avec ses parents. Mais sinon ?
Le rock. Maintenant il sait, pour le rock.
« - T'aimes ça ? » il demande curieusement en relevant la tête.
- Le rock ? Grave ! Mais c'est chaud de traîner Saïx pour danser, et j'ai plus de contact avec les gens du cours, donc bon.
« - Et la danse en général ?
- Ça dépend quoi. D'un style à l'autre, j'adore ou je déteste. »
Ça ne l'aide pas beaucoup. Il hoche quand même la tête, fait comme si la réponse lui suffisait.
« - Va pour le rock.
- Sérieux ?
- Bah si j'le dis ?
- T'es génial. »
C'est peut-être un peu gros, comme réponse. Et le teigneux doit bien faire un effort pour retenir son sourire, parce que ces mots, dans la bouche d'un type aussi éclatant, ça fait plaisir. Ça lui rentre dans le cœur comme une flèche.
« - T'imagines pas comme je t'aime, là. »
Un gros effort.
« - Et pas que là en vrai. Mais tu sais déjà. »
Son cœur qui cogne. Ça doit être du bonheur, sûrement. Et une délectable vague de fierté qui grimpe.
xoxoxox
J 187
Quand il se lève, ce matin, il n'a plus qu'une phrase en tête. Celle qu'une grande blonde lui a lâchée la semaine passée, et qui ne cesse de lui revenir. Un mot, surtout. Un seul.
Dépression.
Mais ça ne peut pas le concerner. Parce qu'il n'y a jamais pensé. Parce qu'il ne l'a jamais envisagé. Parce que c'est gros, trop gros.
Enfin, avec Axel aussi, c'était trop gros. Des mots qu'il ne voulait pas voir, pas croire. Qu'il a jeté au fond d'une poubelle. Qui sont revenus se glisser sous son oreiller, la nuit. Il a eu beau les ignorer, ils ne se sont pas effacés pour autant.
Ce matin, il s'est bougé pour sortir du lit et aller bosser. La journée était longue, parsemée d'ennui et de fatigue, mais elle a bien fini par passer. Il a distribué des sandwich pleins d'un truc qui devait sûrement être de la viande coupée avec autre chose et qui aurait fait rugir Yuffie. Des gestes répétés mille fois, mécaniques, déjà profondément ancrés dans son corps. Il y a bien eu deux trois cons pour l'irriter, comme celui qui refusait de comprendre que sa réduction était périmée depuis deux mois et que non, il ne pouvait pas la prendre quand même, mais bon. Il fait avec.
Arrivé au bout de sa journée, il est passé au supermarché pour attraper de quoi remplir son frigo, depuis deux jours qu'il vit sur ses réserves de secours. Il a pris le métro, le métro plein de gens qui rentraient aussi. Il s'est souvenu de Sora qui s'amusait à leur inventer une vie, avec Kairi. Et il a réalisé comme ça remontait, tout ça. Le lycée. Riku, Naminé. Presque dix ans qu'il a passé sa seconde. Il n'en revient pas.
Arrivé à l'appart, une étrange nostalgie lui a tordu le ventre, et il a trouvé l'endroit beaucoup trop vide. Un peu comme quand Axel ne rentrait pas, et qu'il pensait à lui les nerfs en boule sans pouvoir se concentrer sur le bouquin entre ses mains. Ça aussi, ça commence à remonter. Ça fait plusieurs mois, déjà. Déjà.
Il est parti pour de bon. Et il commence enfin à s'y faire.
Des mois. Il pensait ne jamais partir, et pourtant, ça fait des mois. Et un jour, ça fera un an. Un autre jour, encore, plus loin, ça fera des années, plus qu'il n'en a passées avec Axel. Et le rouquin ne sera plus qu'une parenthèse dans son existence.
Et il y a ce mot que Larxène a dit, et qui revient sans cesse. Alors il a fait ce qu'il y avait de plus naturel à faire. Calé dans son canapé, grognant contre le froid qui commençait à s'installer, il a ouvert Google et il a fait quelques recherches.
Passé une heure à écumer les sites, à zieuter le Wikipedia et les différentes définitions du terme, puis deux trois témoignages diamétralement différents de sa situation, la possibilité que la guêpe ait dit vrai a commencé à germer dans son esprit. Peut-être. Peut-être
Hypersomnie.
Manque d'envie.
Difficultés à se lever le matin, à cuisiner, à manger, à sortir.
Ennuie et fatigue.
Cette profonde sensation d'incompréhension, ce malaise qui l'éloigne parfois des autres, lui revient.
Le manque d'intérêt, pour tout. Qu'il arrive parfois à chasser, et qui accoure à nouveau comme une ombre invisible dans la nuit.
Peut-être.
Il tombe sur des images qui le rebutent, des photos de bras et de cuisses tailladées qui ne ressemblent en rien à sa peau immaculée, mais qui lui rappelle les poignets cachés de Roxas. Il voit des noms de médicaments, d'antidépresseurs et d'anxiolytiques, des trucs qui shootent. Des mots comme psy, traitement, qui lui font quitter la page au bout de quelques minutes. Il ne veut pas de ça.
Il repose l'ordi. Parce qu'il a peur d'avoir compris, sûrement, il se force à atteindre la cuisine pour se préparer à manger. Comme pour se prouver que non, tout va très bien, qu'il n'y a pas à s'inquiéter. Il sort des tomates, des courgettes, et il fait cette recette tout simple avec des morceaux de chèvre entre, que sa grand-mère préparait quand il allait encore la voir.
Ses grands-parents. Eux non plus, il ne les a pas revus depuis tout ça. Personne, en fait. Plus de famille. Il a beaucoup perdu, sans s'en rendre compte.
Il met ça dans le four, puis il va se doucher. Pendant vingt minutes. Il sent l'eau sur son corps, une caresse chaude qui lui apprend qu'il reste encore, dans sa vie, du plaisir à tirer. Il pense à la soirée qu'il a passée avec la joyeuse bande, autour d'une bouteille de blanc et de bols de nouilles. C'était bien. Et c'était dur de rentrer, et de se dire que le foyer qui n'en est pas un serait vide à son arrivée.
Il sort son corps de la salle de bain, et le plat du four. Ça sent bon. Il n'a pas vraiment faim, mais le parfum puissant du fromage l'aide à manger. Une assiette de sortie, quelques bouchées d'avalées. C'est quand même mieux que des pâtes ou qu'un bol de riz pâteux imbibé de vinaigre.
Il mange. Il apprécie, un peu.
Et puis, à nouveau, l'appartement est vide.
Tellement silencieux.
Pour lutter il allume la télé. Passé cinq minutes à zapper de chaines en chaines, il finit par aller piocher sur Netflix, un film qu'il ne regardera qu'à moitié, mais qui lui occupera la tête. Aussi, il cherche dans sa poche et ne trouve pas son téléphone qu'il ne souvient avoir laissé dans sa chambre. Il soupire. Se lève. Encore.
Une fois l'appareil entre les mains, il hésite entre le numéro d'Ienzo, et celui de Demyx. Il réalise qu'il ne sait pas quoi leur dire. Il veut juste quelqu'un pour lui faire la conversation. Quelqu'un pour l'occuper. Allez, Demyx.
Vous - 21h 32 :
Yo
Alors tes cours aujourd'hui, c'était comment ?
C'est naze, mais bon.
Il sait que cet après-midi, Dem s'occupait d'un type qui a du fric, deux fois son âge et qu'il suit depuis un an. Pas le gars le plus agréable au monde, mais il joue bien et il est sérieux. Ça fait toujours plaisir. Et puis, ça le change des gamines de bonnes familles qui se retrouvent face à un piano de par la volonté de leurs parents. D'autant qu'il préfère de loin sa guitare au piano, l'excité.
Pas de réponse. Mais ça fait deux minutes, aussi. Il en demande peut-être un peu trop. Pour tromper son ennui, il file dans la cuisine et il pioche une autre des ressources qu'il a achetées aujourd'hui, des fois qu'elles lui seraient utiles après une visite surprise. Une bière. Il a pas vraiment vérifié le nom, surtout la teneur en alcool, que ce soit efficace. Son trésor en main, il se tourne devant Watchmen tout fraîchement lancé, et il s'étale sur le canapé. Il vérifie le voyant de son téléphone. Puis il ouvre sa canette, et il avale de quoi embrouiller les neurones qui le gênent. De quoi éteindre les pensées, alléger l'ennui et troquer la fatigue du soir contre une euphorie délicieuse qui lui changera les idées.
Voilà. C'est pas le chapitre le plus joyeux, mais on est plus sur un mal-être calme, cette fois, donc ça devrait être plus simple à digérer que les gros pics d'émotions. Vous en avez pensé quoi ?
A la semaine prochaine !
