Coucouuuu !
Comme on se retrouve héhé !
J'espère que tout va bien pour vous et que vous êtes assis car on débarque avec du loooourd XD du très lourd et du sexy XD ! j'ai eu chaud de partout et quand même un petit pincement au coeur, vous comprendrez pourquoi à la fin (même si je suis à peu près certaine de ce que vous retiendrez à la fin du chapitre mouhahahahah). On entame un arc décisif pour les filles et c'est une sacrée étape qui les attend !
Je vous laisse avec ce chapitre bouillant et vous souhaite une bonne lecture ! Tartine vous réceptionne à la fin ! soyez pas trop liquide ! Prenez soin de vous :3
Chapitre vingt-quatre
Larmes de vipère
Point de vue de Lilly:
Nous sortons main dans la main du lycée avec Akira. Visiblement les adieux avec le natif de Bibidia, Amerika-san, ont été difficiles. J'essaie de la rassurer sur le chemin en l'assurant qu'il prendra contact avec elle vite, nous ne sommes que vendredi. Elle sourit, les échanges, les voyages, ça donne des envies d'ailleurs. Je dois bien avouer moi-aussi que toute cette semaine, mon coeur a battu sur un rythme différent, plus exotique, avec des tonalités « Monkey ».
Nous arrivons toutes les deux aux abords du « Moby Dick », Sabo-sempaï nous y a donné IM-PE-RA-TI-VE-MENT rendez-vous un peu plus tôt dans l'après-midi. J'ai peur … une exhortation aussi directe du président des élèves, j'espère qu'il ne vas pas nous annoncer une mauvaise nouvelle. Je n'ai défait le visage de personne récemment. Enfin je crois. Ah… il y a peut-être cette histoire avec les nobles à l'hôtel, mais il me semble que mon père avait réglé ça.
- ça va Lilly ?
J'ai soupiré à haute voix. Les yeux Océan d'Akira se posent sur moi et je serre sa main encore plus fort. Peu importe ce qui nous attend, nous le traverserons à deux.
- au poils.
Je lui réponds en lui tirant la langue, elle me gratifie d'un sourire.
Nous franchissons les portes du restaurant et mon coeur se réchauffe en sentant les odeurs des mets préparés par ma mère. Elle y met tant son coeur qu'ils finissent par avoir le même parfum qu'elle. Je distingue de dos de jolies boucles blondes. Arrivées à la hauteur des épaules de Sempaï, Akira et moi réalisons qu'il n'est pas seul. Le vice-président (a.k.a le petit ami, l'autre moitié de ce couple beaucoup trop sensuel) est là lui aussi, à moitié entrain de couver des yeux sa propriété, à moitié entrain de minauder pour s'assurer de l'effet qu'il fait au Président.
Ces deux-là, jamais une crème glacée n'a eu aussi chaud… Je crois voir du chocolat couler d'une cerise, elle aussi doit être réceptive.
Akira parvient à leur faire « coucou » naturellement et s'en va les rejoindre. J'avoue qu'il me faut un sacré sang froid pour ne pas partir en courant. Rien que les observer suffit à mon bonheur, là c'est presque trop ! Je prends mon petit courage pour aller glisser mes fesses sur le skaï des fauteuils du café. Les deux garçons se sont mis au fond. A peine assise, je sens la main d'Izou-sempaï parcourir mon bras.
- ça vous dirait, une party à quatre ?
D'un coup, mes muscles sont passés hors service et ma tête se fracasse contre la table. En ultime reflex j'ai pu protéger mon nez.
- Lilly ? Tout va bien ?
Sabo-sempaï me tend des serviettes en papier. En les saisissant je croise le regard sournois de mon sempaï. Son sourire si carnassier.
- Bah oui Lilly, tout va bien ?
Il s'approche de moi et en faisant mine de me relever il me susurre : « Parce que c'est toi, je veux bien partager. J'ai une jolie photo de la merveille qui lui sert de postérieur ». Dans ma tête, la Matrice défile et je refais les calculs de ma vie. Impossible que je meurs avant d'avoir vu ça. Je trouve alors en moi la force de me relever. La perversité, c'est une motivation comme une autre.
- Humhum … une partie ?
- C'est un jeu ?
Akira sert à tout le monde un verre d'eau bien fraîche.
- Pas tout à fait !
Sabo-sempaï lève la main pour commander et Izou-sempaï vient déposer sa tête sur mon épaule. Je l'aime bien quand même ce fou, si j'avais été un mec, j'aurai été un peu comme lui.
- OOOOh poussin t'es là !
Ma mère a répondu à l'appel et je savoure ses baisers sur mes joues. Si j'avais été un chat, là pour sur je ronronnerai.
- Si tu nous disais pourquoi tu nous as demandé de venir, tu fais trop de mystère !
Akira sourit en dégageant sa masse de cheveux de sa nuque transpirante. Sabo-sempaï ricane gentillement et vient déposer son index sur le bout du nez de mon amie.
- Je vais avoir besoin de toi, de vous deux les filles !
Nous échangeons un regard surpris Akira et moi. En quoi pourrait-il avoir besoin de nous? Cela étant, je veux bien monter un fan club de leur couple et en assurer la présidence, à vie !
- De nous ? … Sempaï a des ennuis ?
Dans les yeux d'Akira je vois de l'inquiétude mais aussi de la détermination. Cette fille est vraiment géniale. Pour autant, vu la frimousse tendre de mon sempaï, ce ne doit pas être une question de vie ou de mort.
- Non, ne t'en fais pas, je voudrais simplement vous voler toutes les deux pour une soirée ! Izou et moi sommes invités quelque part mais il n'est pas question pour nous d'y aller… fin… en autre chose que Président et Vice-Président. Alors je voudrais que vous soyez l'une et l'autre nos cavalières ! Qu'est-ce que vous en dites?
Izou-sempaï entortille son bras autour de mien et rapproche son visage, le sourire vissé aux lèvres.
- Accepte-tu d'être ma partenaire d'un soir ?
Ses lèvres en forme de coeur … j'ai tellement à apprendre ce type et de sa manière d'être si sexy. De l'autre côté de la table, chez les « sages mais néanmoins si désirables » Akira/Sabo, Sempaï a saisit les mains de sa Kouhaï qui le dévore des yeux.
- Sempaï est toujours si beau…
Akira a parlé sans s'en rendre compte, mais comment dire le contraire !?
- Héhé, je prends ça pour un oui ! Plaisante Sabo-sempaï en caressant le sommet du crâne de mon Akira qui doit intérieurement se jurer de ne plus jamais se laver les cheveux.
Mon sempaï me destine un clin d'oeil comme pour sceller notre deal : une soirée à son bras contre un cliché de la pêche sacrée de Sabo-sempaï. Tout ça me semble plus qu'honnête.
- C'est bien parce que c'est vous, je veux bien protéger votre secret, je… je sais ce que c'est.
Je fais ce que je peux pour rester indifférente mais je sais ne tromper personne. Un sourire de fierté se dessine sur mon visage tandis qu'Akira compte toujours les étoiles qui scintillent autour de son sempaï.
- voilà mes loulous ! Voilà pour vous !
Ma mère nous rejoins, les bras chargés de bon jus et coupes glacées. Avec un café pour moi. Je lui fait une place sur la banquette et l'invite à se reposer, juste un peu.
- J'en profite pour vous dire que nous allons emprunter votre fille samedi soir madame.
- Oh ! Vous avez prévu quoi ?
Ma mère écoute Sabo-sempaï et démêle sa boucle d'oreille coincée dans une mèche de ses cheveux.
- C'est une soirée de gala: la fête d'anniversaire de la reine du lycée !
D'un coup, elle s'arrête de trifouiller ses cheveux et regarde Akira.
- Tu y vas aussi ?
Mon amie hoche la tête.
- Alors va falloir que je fasse le stock d'ingrédients pour la gueule de bois qui suivra la fête.
Premier rire collectif.
- Et cette fois, j'insiste pour que tu viennes te préparer chez nous, mon petit doigt m'a raconter ton … ratage de la dernière fois.
Second rire collectif. Ma mère retourne à son service en nous faisant « coucou », ses bracelets tintent tandis qu'elle s'en va saluer de nouveaux clients venus chercher le frais. Toujours hypnotisée par la présence réconfortante de ma mère, je mets plusieurs secondes à réaliser, alors mon café me brûle la gorge.
- ATTENDEZ UN PEU ! Vous avez dit que c'était la fête d'anniversaire de la Reine du lycée !? Vous voulez qu'on aille à la soirée de BOA !? Vous êtes au courant qu'elle nous déteste !?
Sabo-sempaï pouffe de rire et Akira s'étouffe avec la queue de cerise qu'elle était en train de mâcher.
- Vous préférez laisser Ace et Luffy seuls à cette soirée?
Argument ultime.
Nous nous regardons Akira et moi et tant de choses défilent dans nos yeux. Evidemment que non. Il n'est pas question de laisser Ace seul à passer une soirée à être moqués des autres et à le laisser perdre confiance en lui. Parce qu'il ira lui, c'est un grand frère, il ne laisserait pas Luffy avec la vipère. Et nous? Qu'est-ce que nous sommes pour vouloir les protéger ?
L'invitation solennelle de nos sempaï prend tout son sens à mes yeux: eux aussi veulent savoir si nous sommes prêtes à protéger les frères, sans nous battre, mais en étant simplement là, pour eux. Pas besoin de long discourt, Akira et moi nous sommes comprises.
- Quelle heure ?
/
La villa de Boa est comme elle : exubérante et sans grâce. Beaucoup trop chargée en parfum et bruyante, elle en impose avec ses deux bâtiments protubérants.
Je glisse une mèche de cheveux derrière mon oreille et m'en vais atteindre le bras de mon cavalier de ce soir. Son chignon habituel s'est faussement négligé pour dévoiler ses longueurs de jais qui dévalent le satin blanc de son costume. Je vois son visage se retourner au ralentis et ses yeux légèrement maquillés étincellent.
- Prête à faire un carton ?
- Toujours.
Je glisse ma manche parsemée de plumes légères qui virevoltent. J'ai mis le paquet ce soir. Après tout, il s'agit de Boa.
Perchée sur mes escarpins transparents je reste toujours un peu plus petite que Izou-sempaï. Nous rejoignons Akira et Sabo-sempaï qui sont déjà devant les grilles à discuter. Il me semble qu'il lui a glissé une fleur dans les cheveux. Une de plus. Ce soir elle a bien appris la leçon de la dernière fois et est parvenue à rester elle-même tout en étant encore plus jolie qu'à l'ordinaire. La session de shopping express nous a permis de retoucher une ancienne robe à moi pour en faire un écrin de douceur et de verdure pour Akira. Dos nu, nouée à la base de la nuque et qui déferle sur ses bras comme des lianes pour éclore en un jupon délicat et vaporeux. Le tout, évidement brodé et décoré de miles fleurs. Ses cheveux incandescents sont devenus plus sages l'espace d'une soirée sans pour autant être dociles. Il a simplement fallu les convaincre, et en grande professionnelle capillaire, ma mère a su trouver la méthode. Le résultat ? Un chignon bas, volumineux et si poétique. Ses mèches ondulent autant que la nature est imparfaite et pourtant si adorable. Une couronne de fleurs ramassées par Akira rehausse encore les traits de son visage. Elle est elle-même, elle est si jolie.
A ses côtés, l'autre soleil: Sabo-sempaï. Si Akira est la douceur, il est l'élégance.
Moulé à la perfection dans un costume bleu aux boutons d'or, sa chemise blanche est déboutonnée sans honte ni pudeur. Cette nuit les boucles blondes sont aussi domptées et gominées en arrière, laissant sa marque à la vue de tous. Il se retourne et n'a d'yeux que pour mon cavalier. Comme une nuit chaude que l'on voudrait éternelle, Izou-sempaï porte un costume blanc de soie qui danse sous les caresses du vent. Le large col de sa chemise rose laisse le haut de son torse largement à découvert. Ses muscles secs, façonnés par la danse, sa peau laiteuse signe de son origine ethnique. Je vois dans les yeux du blond qu'il désire absolument tout ce qu'il voit. Satisfait de son effet, mon sempaï dépose un baiser sur mes mains.
- Woah … Lilly !
Le large sourire d'Akira me donne à moi aussi confiance en moi. Elle ne m'avait pas vu avant que je réajuste correctement ma coiffure.
Ce soir j'ai choisi de ne pas me cacher, ni moi ni mon corps. Je porte un body transparent parsemé de cristaux scintillants qui se constellent pour en cacher le minimum. Par-dessus le body, un drapé blanc de satin. Des épaules un peu bouffantes pour me grandir et un décolleté plus bas que mon nombril pour me faire scintiller. On peut voir la courbure de ma poitrine, je le sais. Mes jambes sont nues et se dévoilent à chaque pas sous ma longue robe fendue et les plumes brodées au bout de mes manches rajoutent à la frivolité du moment. Une ceinture de pierres précieuses fine ceint ma petite taille. J'ai remonté le haut de ma chevelure pour la coincer avec ma pince favorite : une flèche d'argent. Pour finir, ma mère m'a confier des boucles d'oreilles en perles offertes par le roi Neptune, le roi des mers, à mon père.
Comment nous résister ?
Sabo-sempaï m'adresse un clin d'oeil et nous invite à passer les grilles tous ensemble. Nous arrivons dans la cour centrale, face à nous, un gigantesque escalier aux marches de marbre et aux rampes de fer forgé.
- On dirait mon ancienne maison. Dis-je en plaisantant.
Pas si loin de la vérité à vrai dire.
Des tables aux nappes blanches sont dressées entre les colonnades et buissons fleuris. Le personnel (exclusivement féminin) fait le service, le champagne coule à flot. Pour autant quelque chose me dérange, je ne parviens pas à mettre un mot dessus, mais j'en suis certaine…
En tout cas ce que je vois bien c'est que tout le monde nous regarde. Le clan de Boa ne devait pas s'attendre à ce que nous soyons là Akira et moi. Au travers des murmures j'entends une légère mélodie, puis le rire de Kid Eustass. Il doit bien être le seul à ne pas avoir fait d'effort particulier, ou alors considère-t-il simplement sa présence comme un cadeau? Cavendish s'étouffe en voyant Akira passer devant lui et je salue Dellinger d'un coucou amical. Bien des gens convergent à notre rencontre pour saluer Sabo-sempaï.
Soudain une main vient se poser sur mon avant-bras, en face de moi je vois le visage d'Akira s'illuminer.
- Contente de vous voir ici les filles !
Nami ! Je ne m'attendais pas à la croiser dans le nid du serpent ! Mais je comprends très vite la raison de sa présence : un certain Trafalgar en costard qui se tient près d'elle.
J'allais lui répondre quand j'ai senti une vague de chaleur à ma droite. Puis un silence dans l'assemblée. Je me retourne et les escaliers pourtant si mornes tout à l'heure semblent à présent avoir été pavés par le roi des enfers en personne. Après tout, les gens l'appellent bien « Démon », mais ce que je vois, c'est le regard d'un homme pour une femme, pour celle qu'il souhaiterait chérir. Je me surprends à découvrir que leur relation a tant évolué ces derniers temps. Akira ne chancèle pas, au contraire, elle l'attend. Elle attend qu'il fasse le dernier pas vers elle, elle lui sourit, peu importe le temps qu'il met pour le faire.
Décidément cette soirée est celle du changement, cette fois la « belle aux bouclettes noires » a troqué ses traditionnels vêtement noirs pour se parer de blanc. Les mains dans les poches de son pantalon en denin immaculé, les manches de son blaser assorti légèrement retroussé et un gilet de laine beige comme seul protection pour son torse démesuré. Protection imparfaite d'ailleurs, je vois d'ici les reliefs de son torse et son nombril coincé entre ses abdominaux dorés.
Il marche, il s'arrête, il ne voit qu'elle et lui sourit.
- Bonsoir.
- Bonjour… euh, bonne après-midi et re bonsoir.
Akira pète une durite et s'incline à 90° en cognant sa tête contre les ados de Portgas-san.
- Oh c'est tout dur par ici.
Je m'avance pour l'empêcher de s'empêtrer encore plus mais Portgas-san me devance. Il se baisse, prend son épaule d'une main et de l'autre enroule ses doigts dans ceux d'Akira. Doucement il l'aide à se redresser. Et se mettent à rire tous les deux. Dans leur univers.
Soudain, les lumières se tamisent puis s'éteignent. La mélodie lointaine se fait plus insistante et prend de tonalités de valse. Puis ils jaillissent, au sommet des escaliers. Boa et Luffy. Elle ne cache pas sa fierté, après tout c'est la reine du jour.
« Vêtue » d'or, la Reine porte un bustier aux fibres dorées assorti à sa minijupe dévoilant ses interminables jambes. Sur sa hanche, un énorme noeud scintillant rappèle à tous ses ambitions: elle est régente ce soir.
A son bras, Luffy. Lui n'a rien d'exubérant pourtant il est à mes yeux le seul vrai monarque de ce duo improbable. Pour l'occasion, il a troqué ses t-shirts habituels pour une chemise blanche, ouverte comme son aîné. Ses jambes athlétiques dévalent l'escalier dans un pantalon de lin gris. La gomme de ses baskets blanches crisse lorsqu'il arrive sur le parvis de marbre.
Je comprends alors que nous allons avoir droit à la traditionnelle « ouverture de bal », les yeux de Boa me mettent mal à l'aise.
Luffy pose sa main sur la hanche de Boa qui frétille et tremble à ce contact. Ses joues deviennent roses et c'est comme si une nuée de coeurs s'échappaient des serpents à ses oreilles. Luffy a plaqué ses cheveux en arrière et je peux voir son visage, mon coeur se serre: je n'y vois aucun sourire. Sans pour autant afficher une mine fâché, il ne laisse transparaître aucune joie. Il y a un tel contraste entre les deux, c'est surement ce qui fait rire les convives. De-ci, de-là j'entends des murmures et des moqueries.
La musique s'arrête et Boa s'effondre de plaisir, je crois discerner des mots comme « mariage » et « tendre », sans rien y comprendre.
Les lumières se rallument, l'heure est donc à présent à la fête.
Les soeurs de Boa l'aident à se remettre debout et j'en profite pour aller m'éclipser vers le buffet. Comme dirait ma mère : « l'alcool nourri, hydrate et fais oublier. Celui qui dira le contraire est un putain de Marine ». Je suis pas certaine de ce que ça veut dire mais dans la seconde, c'est tout ce qui me vient à l'esprit.
Devant la table, je repère les coupes de champagne. Evidement, tout est taillé pour les mensurations cosmiques de la Reine, mes petits bras peinent à atteindre le verre visé.
Puis, ledit verre se met à voler et j'ai une étrange sensation de déjà-vu.
A la place du champagne, des takoyakis.
Mais toujours ce même voleur qui vient me ravir.
Taillés l'un pour l'autre nos corps s'emboitent à merveille même si sa main vient me plaquer fermement contre lui. Il agrippe ma taille et avale d'une traite le liquide doré avant d'envoyer valser la coupe. Une fois la main libre il vient dégager les cheveux de ma nuque et y dépose un baiser. Je sens sa respiration et son souffle fait frémir ma peau.
- Tu ne danses plus avec ta Reine?
Dans mon dos je l'entends sourire et se redresser.
- Ce n'est pas celle qui règne dans mon coeur.
Nous rions tous les deux face à cet élan de niaiserie, mais qui ne me déplait pas. Je pose ma main sur la sienne et commence à jouer avec ses doigts.
- Comment tu peux dire ça ?
Il vient enfoncer son nez dans mes cheveux, derrière mon oreille.
- Si tu savais tout ce que j'ai envie de te dire, je me suis beaucoup retenu.
Il caresse mon ventre et vient déposer un autre baiser dans mes cheveux. Je n'en fini plus de jouer avec ses doigts, impossible de bouger ou de penser à quoique ce soit.
- Pou…pourquoi tu te retenais ?
Je mords ma lèvre inférieure et je l'entends rire. Il défait ses doigts des miens et m'enlace encore plus. Il respire fortement et me retourne pour venir coller son front contre le mien. Il vient serrer ses poings derrière mon dos tandis que je plaque mes mains sur lui. Comme ça, tous les deux, j'ai l'impression d'être à ma place.
- Parce que je t'aime Lilly, comme un dingue.
J'allais buger, disjoncter, exploser mais avant que le néant ne m'emporte, ce sont ses bras qui viennent me blottir contre lui. Il n'attend pas de réponse, mais qu'est-ce que je pourrais lui dire d'autre, à part… merci ?
Qu'il sache tout, qu'il m'ait vu telle que je suis…
Qu'il puisse m'aimer malgré tout… merci.
Je reste là, à m'emplir de sa chaleur et de son odeur, sans bouger. A tout oublier.
Il y a sur terre une personne magnifique, un soleil qui rend ma vie plus lumineuse. Je commence à apprendre par coeur les battements du sien, c'est à mes oreilles la musique la plus douce et la plus réconfortante. Je ne savais pas qu'être aimée donnait aussi chaud. Je le regarde, et je peine à croire que tout cela est vrai, et je sais d'avance que je vais me repasser le film de cette soirée dans ma tête, des jours et des jours.
Luffy nous libère et s'en va attraper des brochettes. Complètement momolle je serai incapable de dire où je suis, à part en train de flotter quelque part dans les nuages. Être aimer ça rend bête aussi ?
Boarf. Peu importe.
Luffy revient, des tâche de sauce sur sa chemise blanche mais affreusement délicieux malgré tout. Il me tend en une brochette et alors que j'allais lui dire que la nourriture était meilleure partagée, j'entends un énorme « criiiiiiiiiiiiiiiiic »… un long silence est des gens crier.
- Oups…
Alors que Luffy explose de rire, il me semble alors entendre la voix de notre, maintenant légendaire, « Akiki la Boulette », ruineuse de soirées professionnelle. J'envoie valser mes hauts talons et commence à courir vers mon amie.
Point de vue Akira :
Je le savais.
Je savais que ça finirait comme ça. La mode et moi, ça a toujours été une guerre des plus ostensibles. A la seconde où j'ai enfilé les talons que m'a prêtés Lilly, j'ai su. J'aurais dû davantage m'entraîner avec mais l'après-midi est si vite passé ! Bon, d'accord, j'ai végété de nombreuses heures devant mon miroir à contempler la robe bleue qu'avait retouchée Nina pour moi. De ma vie je n'ai jamais vu un habit qui pouvait autant me correspondre. Et en plus je suis assortie à Sabo !
Ce dernier m'a été d'une grande aide sur le chemin qui menait à la demeure tapageuse de Hancock. Ou tout du moins son bras. J'ai pleuré ce matin lorsque Nina et Lilly m'ont obligée à laver mes cheveux – alors que Sabo y avait posé ses doigts, vous vous rendez compte ?! La vision du blond dans l'encadrement de ma porte et de sa main élégante tendue comme une invitation a aussitôt résorbé le trou béant dans ma poitrine. Je me suis appuyée sur lui durant toute la durée du trajet, telle une ancre agrippée à son embarcation. J'avais tellement peur de tomber et de ruiner la robe de mon amie. Mais Sabo ne s'est pas plaint. Au contraire, il m'a complimentée sur ma tenue et ma coiffure. Rien que pour ça je savais que mes rêves seraient aussi doux que les cheveux cotonneux de Lilly.
Lilly qui de magnifique était passée à somptueuse, la pureté de ses habits faisant écho au costume d'Izou. En fait tout le monde était paré avec soin et à son image. Nami et sa robe carmin Law et son costard orageux Luffy et sa chemise simple et chic à la fois Viola et ses froufrous Franky et... Ah non, il est quand même venu en slip. Et il y a Bonney qui met de la sauce partout sur ses collants incarnadins. Évidemment, elle n'en a cure. Sans vouloir me dénigrer, je suis une véritable néophyte en matière de mode (sans rire?). Je dirais même que je suis encore un embryon. Pourtant, je suis incapable d'apprécier l'excentricité des deux sœurs cadettes Boa. Ça me donne presque envie de vomir sur leurs robes en écailles de crocodile. Et il y a Hancock, Reine du lycée Grand Line, qui n'a pas pu s'empêcher d'étaler sa richesse en arborant un ensemble... enfin un « truc » doré.
Enfin bon, mis à part ces cinq là, et Kid (lui ne m'a pas du tout choquée), tous les invités se sont mis sur leur trente et un. On dirait qu'on a tous pris cinq ans d'un coup. Tout ce monde si élégant...
Et Ace. Surtout lui en fait. J'étais tellement captivée par l'aura qu'il dégageait dans ce blaser que je n'ai pas pu m'empêcher d'administrer un coup de boule à ses abdominaux. Des abdominaux en acier, si je peux me permettre. La nonchalance de sa posture, les mains dans les poches. Ses cheveux légèrement gominés – légèrement car je crois bien qu'ils sont presque aussi indomptables que la crinière de ma meilleure amie. Son gilet de laine blanche étrangement déboutonnée en haut et en bas. A cette vue mon cerveau a jeté du charbon dans la chaudière comportant les sigles « rythme cardiaque ». Difficile de garder les idées claires après m'être rendue compte de ce détail. Il s'est penché vers moi et m'a susurré à l'oreille pour que je puisse l'entendre dans le vacarme environnant :
- Crimson-san, tu m'écoutes ?
Ah, parce qu'il parlait ?!
- Euh non, enfin oui, enfin...
Il a pouffé, amusé. Mes prunelles ont enfin quitté son nombril pour se déverser dans ses prunelles onyx. J'ai lu dedans qu'il était un peu perturbé de me faire cet effet. Il est vrai que je n'avais rarement été aussi gênée de ma vie. J'ai amorcé le mouvement pour placer une mèche derrière mon oreille mais j'ai omis un détail important : ma chevelure était retenue en un chignon parsemée de fleurs. Je me suis sentie ankylosée par ma maladresse. Ace m'a sourit et a poursuivi :
- Je ne pensais pas que tu viendrais, qui plus est au bras de Sabo.
- Ah bon ? Avec qui d'autres j'aurais pu venir ?
- Je ne sais pas..., bredouille-t-il maladroitement alors je devine qu'il a bel et bien une personne en tête. Ne me regarde pas comme ça, je ne vois vraiment pas. Ah, si, peut-être... Amerika ?
J'ai arqué un sourcil, un peu décontenancée. Le polynésien étant reparti la veille, je ne voyais pas où il voulait en venir. Enfin, si, une petit idée était en train de germer mais je n'avais pas envie de l'arroser. Pas ce soir. Je lui ai sourit et j'ai empoigné son bras pour le rassurer à ma façon. Ce bras qui était seul lorsqu'il a descendu l'escalier de marbre pour me rejoindre. Je compris alors : Ace n'est pas venu accompagné. Il doit juger qu'il n'a pas sa place parmi tous ces invités. Il n'a intégré la soirée de Hancock que pour veiller sur Luffy.
J'ai alors partagé son sentiment. Je n'aime pas les fêtes mondaines. C'est inutilement bruyant, on dirait que le bonheur a du mal à éclore à la vue de ses sourires trop grands et trop faux. Je nous préfère avec nos uniformes scolaires. J'ai lorgné sur l'accoutrement d'Ace qui jurait entre ses dents « Fichu Sabo, pourquoi a-t-il saboté ce gilet ? ». Bon, peut-être pas lui. Je me suis inclinée vers lui :
- Dis Ace, ça te dit de faire un jeu pour qu'on s'amuse tous les deux ?
- Un jeu ? Tous les deux ?
- Oui, rien que toi et moi.
Il a papillonné des paupières pour chasser une vision. De la joie a jailli dans ses onyx mais il n'a rien laissé d'autre transparaître. Enfin, je devrais dire qu'il a « essayé de ne rien laisser transparaître ». J'ai réfléchi à toute vitesse et me suis souvenue de ma virée à Alabasta avec mes trois amies les plus proches. Le deuxième jour, nous avons joué à...
- Action ou vérité, ça te branche ?
Il m'a fixée, éberlué. Puis il a répété lentement :
- Action ou...
- Très bien, pour ta première action tu vas prendre une photo de la naissance des pectoraux d'Izou. Ça fera plaisir à Lillynette.
- Quoi ?! Mais je n'ai encore rien choisi !
- C'est trop tard, on ne se débine pas !
Je l'ai saisi par les épaules et l'ai poussé vers sa cible. J'ai ensuite contemplé mes paumes ouvertes vers le ciel et j'ai rougi. J'ai senti sa chaleur à travers son blaser. Tiens, au fait, où est Lilly ? C'est fou comme je perds notion de la réalité lorsque je suis avec Ace ! Je la cherche des yeux mais ne la trouve nulle part. Je constate seulement que Luffy ne danse plus avec Hancock et qu'il s'est également volatilisé.
- Hé ! Mais c'est Crimson-chan !
J'ai fait volte face et suis tombée nez à nez avec... euh, c'est qui lui ? Sa tête me disait vaguement quelque chose, ça devait être un terminal dans une autre classe que celle de Sabo.
- Coucou Monsieur l'Inconnu. Tu t'éclates bien ?
- Ah ah, quelle audace même dans tes propos, la rumeur est donc bien fondée ! Tu mérites ta notoriété, ma jolie. J'aime qu'on me parle avec une telle... hardiesse...
A ces mots il a passé un bras sur mes épaules et a fait tomber l'une des fleurs accrochées à mes cheveux. Je lui ai pincé sèchement le ventre pour le punir de son irrespect envers la nature et il s'est écarté en rougissant un peu.
- Que.. ? Quoi ?
- Tu as un peu de ventre. Ce n'est pas bien de boire, ça fait grossir.
Je lui ai pris sa coupe de champagne des mains, l'ai bu cul-sec et j'ai fait demi tour. Arf, ça pique la langue ! Ce n'est pas bon. J'ai retrouvé Ace quelques minutes plus tard. Sa joue affichait une marque de lèvres. En arrivant à ma hauteur, il a soupiré en roulant des yeux et en me montrant la photo d'Izou :
- Pas de commentaire, merci.
Je me suis mordue la lèvre inférieure pour ne pas ricaner. En tout cas la photo était réussie, le Senpai de Lilly prenait même la pause. Je crois que mon amie sera fière de moi. Ce qui n'est pas le cas de mon partenaire qui me lance des éclairs avec ses prunelles. M'est avis que je vais prendre cher.
- Action ou vérité.
- Action ! je m'écris un peu trop fort pour montrer ma détermination.
Ace a parcouru la piste de danse du regard et a désigné une personne du menton :
- Ça tombe bien, Hancock est seule. Va lui chiper le nœud papillon accroché à sa taille.
De tous les accessoires qu'elle exhibait, ce nœud était le plus extravagant. Il devait maintenir sa jupe. Ace a plissé les yeux :
- Non attends, mauvaise idée c'est trop dur, tu vas...
- J'y vais !
Je me suis élancée vers la Reine de la soirée en de grandes enjambées. Mes chevilles menaçaient de se tordre à chaque pas. Tchac, tchac, tchac. « Hé hé, me suis-je dit, je crois que je commence à m'y faire ! C'est facile, ça me donne envie de le penser en anglais ! Easy, finger in the... AAAAAH ! » Tchac, tchac, CRAC ! L'une de mes échasses s'est fendue et mon corps a basculé en avant. J'ai tenté vainement de me rattraper, les bras en avant, suppliant n'importe quelle matière au monde pour me servir de béquille. Par miracle, mes doigts ont agrippé quelque chose et...
CRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIICH
- Oh oh.
C'est pas trop normal ça.
Je me suis redressée enfin et mes yeux se sont attardés sur le vêtement que je tenais entre mes mains. Un vêtement que j'ai arraché vraisemblablement car il n'était relié à aucun corps. Ah. Mince. Et ce silence n'augurait rien de bon pour moi. Je me suis redressée complètement et mes yeux se sont fait harponner par deux seins colossaux qui gigotaient devant mon nez. Mazette ! Mais ils sont nus ces seins ?! Comment est-ce possible ?! Mon cerveau a fait le lien entre ce buste dénudé et le haut que j'ai déchiré. Bien, bien, bien. Et à qui appartenait-il ?
A Hancock.
Bien, bien, biiiiiiiien !
Et nous y voilà. Je le savais. Je le savais que la mode ne voudrait pas de moi et que mes talons allaient me jouer un mauvais tour. JE-LE-SA-VAIS !
Je suis dans une mélasse noire. Bien noire.
La bouche de Hancock était si ouverte qu'on aurait pu la décrocher et faire du hula hoop avec. Ses deux saphirs m'anéantissent sur place, me reléguant au rang de microbe. Pour dédramatiser la situation, j'ai plaqué mes deux paumes contres ses tétons. Mais comment voulez-vous que mes mains recouvrent quoi que ce soit quand un seul de ses lolos fait la taille d'un ballon de foot ?! Des exclamations surprises ont commencé à percer le silence étouffant. Oui, étouffant, bon sang qu'est-ce que j'ai chaud tout à coup !
- C'est inutile Akiki, il faudrait un régiment de pastèque pour lui couvrir ne serait-ce qu'un sein.
La remarque provient de Lilly qui se démarque du cercle qui nous entoure tant elle est belle. Les bras croisés, un sourire moqueur sur ses lèvres maquillées, elle jubile de cette humiliation. Toute l'assemblée se met à rire, Nami la première qui applaudit bruyamment. Seul Kid est étrangement silencieux alors que d'ordinaire il est le premier à se moquer des autres. La haine qui se dégage de la Reine vipère suffit à calmer tout le monde. Elle me repousse, se cache les seins piteusement et darde ses foudres sur Lilly.
- TOI, articule-t-elle avec rage, et TOI, fait-elle en me désignant, vous allez...
Je ne la laisse pas finir. Mes mains ont agi d'elles-mêmes lorsque j'ai fait le lien entre ma mission et le nœud autour de sa taille. La seconde suivante, mes doigts l'ont dénoué et la jupe est tombée au sol.
Vous connaissez le penchant de Lilly et de moi-même pour les culottes. Eh ben cette fois impossible de s'ébahir. Car Hancock n'en porte tout simplement pas.
Cette dernière pousse un hurlement strident.
- Ma sœur !
Marigold et Sandersonia viennent cacher leur aînée avec leurs corps gigantesques. Silence de cimetière. Seul un rire l'affronte avec témérité et parvient jusqu'à mes oreilles. Car c'est le rire le plus plaisant au monde, une mélodie qui a mis un certain temps à émerger et qui fait pourtant partie de mon quotidien à présent.
C'est celui de Ace. Il brave la foule amassée autour de nous et vient me saisir le poignet. Sa mine hilare réchauffe ma certitude qui s'amenuise. Celle de m'être mise la pire harpie du lycée définitivement à dos. Entre deux fous rires, il réussit à capter mon regard et à souffler :
- Je dis...ah ah ah... je dis action... !
Et alors que Hancock et ses sbires m'exterminent dans leurs têtes, je sens un sourire insouciant naître sur mes lèvres. Je murmure pour que lui seul m'entende, pour que ce moment ne concerne que nous :
- Emmène-moi loin de tout le monde.
Son sourire fait écho au mien et ses doigts qui frôlent les températures dans les pays tropicaux se resserrent autour de mon poignet. Et il me tire. Il m'entraîne dans la foule humaine en poussant tout le monde. Mes chaussures volent derrière moi. J'espère que Lilly ne m'en voudra pas trop... Je suis Ace sans hésiter, alors que Hancock s'époumone derrière nous :
- Rattrapez ces vermines ! ET QUE CA SAUTE !
Ses troupes vont se mettre à notre poursuite, il n'en fait aucun doute. Nous nous extrayons de l'assemblée. Mon corps suit à la perfection celui d'Ace bien qu'il court aussi vite qu'il le peut. Il ne me ménage pas car il sait que j'ai une bonne foulée. J'aime cette considération qu'il a à mon égard. Je me sens estimée.
Nous gravissons les escaliers de marbre et pénétrons dans la demeure. Nous gloussons comme des fous, pleurons tellement de rire que nous prenons portes et murs, bonnes et majordomes. Rapidement, je ne parviens plus à réguler mon souffle. Nous nous perdons dans les couloirs. A un moment, nous faisons une pause à l'étage, dans un long corridor, croyant avoir semé nos poursuivants. Toutefois, nous sommes alertés par des bruits de pas dans l'escalier qui mène ici. Ni une ni deux, Ace ouvre une porte au hasard et nous nous enfermons à l'intérieur.
La pièce est plongée dans une semi-obscurité. J'imagine que la fenêtre doit donner sur le jardin où se déroule la fête d'anniversaire. J'arpente du regard ce que je pense être un cabinet. Tout ce qui je parviens à saisir est l'éclat que renvoie la lumière du dehors dans les yeux d'Ace. Des yeux figés sur moi. Dans la précipitation et la crainte d'être repérés, je me suis plaquée contre le mur. Et lui contre moi.
L'obscurité. Il a ce pouvoir d'alimenter l'excitation et les chenilles. Des chenilles qui deviennent chrysalides puis papillons. Des papillons qui remuent sauvagement dans mon ventre. Je respire bruyamment, je suis persuadée qu'il peut percevoir mon cœur qui rompt ma poitrine pour marteler son torse. Il recule pour que son corps n'écrase plus le mien.
Et puis tout à coup les lumières s'éteignent, comme lorsque Hancock a fait son entrée avec Luffy. La fête est terminée, je l'ai gâchée. Mais je ne parviens pas à culpabiliser. Pas maintenant alors que je ne le distingue plus rien du tout et que tout mon corps appelle le sien. Je déglutis et ma bouche tremble lorsque je bafouille :
- A-Ace... ?
Quelque chose m'échappe dans l'intonation de ma voix. De la supplication. De l'avidité. De la lascivité. Mes joues sont en feu et je ne peux même pas les rafraîchir avec des idées plus conventionnelles car quelque chose se pose dessus.
Des lèvres.
Les siennes.
Elles flattent ma pommette et c'est le seul contact physique qui me retient à lui. Puis elles envisagent un nouvel itinéraire. Elles descendent jusqu'à ma mâchoire, sous mon oreille et viennent se loger dans mon cou. Mes mains se crispent contre le mur dans mon dos. J'ai tellement peur de tout briser, de faire le geste de trop comme lors de notre premier baiser. Un souffle brûlant vient ébouillanter ma peau.
- Akira ?
Mon prénom. Tous les poils de mon corps se hérissent. Ma voix chevrote :
- O...oui ?
- Action ou vérité ?
- A...action...
- Repousse-moi.
Sa voix est tellement rauque que la température monte encore d'un cran. Je sens de la sueur couler le long de ma nuque. Il enchaîne dans un sifflement grave :
- Repousse-moi avant que je...
« Que je devienne fou » je crois l'entendre marmonner. Mes neurones font des saltos dans ma cervelle et je peine à réfléchir. Cependant il m'a donné une mission, je ne peux pas l'omettre. Je l'écarte brusquement de moi, l'envoyant dans les ténèbres de la pièce. Pièce dans laquelle je m'avance. A présent que ma vision s'est habituée, je crois discerner un imposant bureau. Mes aspirations peu orthodoxes invoquent des images à mon esprit. Mon corps, allongé dessus. Le sien, surplombant le mien. Je m'en détourne pour ne pas perdre la boule et tente d'apercevoir mon partenaire dans la pièce. En vain. Là où il se tient, la pénombre règne en maître. Je racle ma gorge asséchée et déclare :
- Action ou vérité ?
- Action.
Cette fois sa voix s'est faite dévorée par quelque chose que je n'ose pas nommer. Un mot beaucoup trop équivoque qui commence par un « d », qui finit par « ir » et qui risque de me rendre folle. J'inspire profondément puis souris un peu tristement. Jamais « vérité », n'est-ce pas Ace ? Tu n'aimes pas parler de toi, je le sais. Dans ce cas...
- Recommence. En le faisant pour de vrai cette fois.
Je serre les poings, m'apprêtant à essuyer un refus immédiat. Je m'attends à un « Non », qu'il soit hésitant ou affirmé. Je m'attends à récolter les morceaux de ma déception pour les recoller plus tard. Je m'attends à... à tout.
A tout sauf à ça. A ce qu'il fasse ce que j'avais espéré de toutes mes forces. Un bras jaillit des ténèbres pour me tirer encore plus dans la pénombre. Je perçois ses dents avant sa bouche. Elles percutent les miennes dans un bruit sonore. Comme pour s'excuser, sa langue vient les caresser aussitôt après. J'en ai la chair de poule. Une main ferme vient agripper ma nuque pour me forcer à relever la tête. Même si je l'avais voulu, Ace y met tant de férocité que je n'aurais pu me dégager de son emprise. Tout comme je ne peux empêcher un gémissement de s'extraire de ma gorge lorsque sa langue quitte mes dents pour laisser le champ libre à ses lèvres. Ses lèvres qui grignotent les miennes comme si j'étais un met des plus succulents.
Violence impétuosité brutalité. Voilà ce qui grouille dans ses entrailles et qui se réveille lorsqu'il ne peut plus se contrôler. Il est le volcan qui entre en irruption, le feu qui croît pour devenir incendie. Il n'y a pas de demi-mesure. De nombreuses personnes le décrivent ainsi et le fuient. Ses emportements ne plaisent pas à tout le monde.
Mais à moi si.
Oh mon Dieu.
Car il ne m'effraie pas, je n'ai jamais était terrifiée par lui. Je l'accepte tout entier et surtout je m'estime.
Je m'estime enfin.
Je me sens capable de gérer ça. Les papillons de tout à l'heure parcourent tout mon organisme, s'extrayant par millier de mon bas ventre. Je ne peux plus rester inactive, je n'ai plus peur de tout briser. Mes mains sont des serres. Elles agrippent si violemment son gilet que les quelques boutons restant s'éparpillent sur le sol. Son grognement se perd dans ma bouche. Je me tiens sur la pointe des pieds pour goûter le plus possible de lui. Mes phalanges inexpérimentées dessinent fébrilement le contour de ses abdominaux. Son ventre se creuse par moment au contact de ma peau tiède. Mon autre main n'est pas moins active. Elle s'est égarée dans l'ébène de ses cheveux épais.
Lui aussi se laisse tenter par la rencontre de mon corps. L'une de ses paumes vient patrouiller tout le long de mon dos nu. Et son autre main... Oh Seigneur son autre main qui effleure ma cuisse, passe sous ma robe l'espace du seconde pour finalement renoncer et se pose à la racine de mes cheveux.
Je m'embrase au fil des secondes. Nos bouches sont scellées, je n'ai plus de souffle mais pour rien au monde je n'arrêterai. Oh mon Dieu... oh mon Dieu ! Dans cette obscurité totale, il n'y a que lui. Que ses mains, son halène, son odeur, ses cheveux, ses lèvres, ses...
BAAAAAM
- Ah ! Vous voilà les tourtereaux !
Ah non, il y a également Nami. La lumière s'allume et nous sommes éblouis.
- Ah putain Nami ! râle Ace.
Après quelques secondes passées à nous cramer la rétine, nous voilà habitués à l'éclairage artificiel. La première chose que je remarque c'est qu'Ace et moi sommes étroitement enlacés. Mais ni l'un ni l'autre ne nous écartons. Nous nous fixons, partageant la même pensée. La barrière entre nous, qui s'était déjà fissurée le soir du concert, est à présent détruite. Plus aucun obstacle ne subsiste. Nami nous lance un regard fougueux:
- Roh la la ce que vous êtes choux ! Par contre pour votre première fois vous aurez pu choisir quelque chose de plus confortable, bande de coquins !
Première fois ? A ces mots je rougis et enfin nous dénouons nos membres. Nous ne sommes pas allés jusque là ! Ace soupire :
- Classe Nami, très classe.
- Fais pas ta sainte nitouche alors que tu étais en train de peloter les fesses d'Akira avant que je n'arrive.
- Quoi ?! Je n'étais pas en train de... Et déjà comment tu nous as retrouvés ?!
Les orbes chocolat de Nami pétillent de malice. Je me demande qui de Lord ou de mon amie est le plus calé sur la vie des autres... La rouquine bombe son buste et donc sa poitrine opulente.
- Qu'importe ! En tout cas, laissez-moi vous dire une chose vis à vis de ce qui s'est passé avec Hancock...
Ses talons claquent contre le parquet à mesure qu'elle s'avance vers nous. Enfin vers moi. Elle me saisit par les épaules. Un sourire vient éclipser le froncement de ses sourcils :
- Je suis fière de toi.
- T'étais pas censée dire ça ! s'écrit Ace en claquant son bras.
- Roh ça va ! T'étais le premier à te fendre la poire je te rappelle !
Ace papillonne des paupières, comme si ce qu'a dit la rouquine venait de percuter son cerveau. Puis il revient à moi et pouffe à nouveau :
- Je dois avouer que c'est la scène la plus hilarante à laquelle j'ai assistée.
Je lui souris, comme pour le remercier et ramasse le nœud que j'ai dérobé à la Reine du lycée. Une pensée me traverse.
- Où est Lilly ?
- Toujours en train de t'inquiéter pour la blandinette ! rétorque Nami hilare. Après voter fuite, elle a balancé une autre remarque à Hancock qui s'est mise à pleurer avant de partir. Aaaaaah que c'est bon d'être méchants ! Bon c'est pas tout mais il faut partir, on va finir par se faire repérer !
Ce soir là j'ai compris plusieurs choses.
Déjà que je n'aimais pas les soirées mondaines. De toute évidence, je n'étais pas faite pour elles, dixit Nami qui se souvient très bien du fiasco de son anniversaire.
Ensuite que je pouvais porter de jolis vêtements tout en étant moi-même. Pas besoin de dix couches de maquillage ou de vêtements trop moulants. Il suffisait de trouver ce qui me correspondait le mieux. J'ai senti que j'étais parvenue à quelque chose qui reflétait ma personne lorsque les yeux d'Ace me hurlaient sans cesse qu'il me trouvait charmante. C'est fou le nombre de phrases que je peux dénicher dans ses onyx.
Troisièmement, qu'Ace était parvenu à assumer ce qui se tramait entre nous. Il ne s'est pas encore livré verbalement mais ce soir son corps a parlé pour lui. Et il m'a donné une merveilleuse réponse.
Quatrièmement, et même si je le savais déjà, Lilly est la plus belle fille du monde. Bien plus que Hancock.
Enfin, que ladite Vipère ne risque pas de passer l'éponge sur cet épisode.
Oh ça non.
* s'évente avec la queue du chat*
Booooooooooon ! * essuie sa bave* Il était chaud ce chapitre xD On l'attendait depuis un bail, on avait tellement hâte de pouvoir écrire l'anniversaire de Hancock ! Déjà car on savait que ça allait être le carnage et aussi parce queeeeee... voilà quoi xD * zieute du côté des quatre loulous * Hancock en prend plein la tronche à son propre anniversaire, franchement je n'aime pas son perso dans le manga mais là les filles sont durs ! Jusqu'où ça va les mener ? Mystère ! Bon... * aperçoit Akira et Ace qui ont encore envie de s'embrasser * Arrêtez les enfants j'ai déjà chaud ! Portez-vous bien, on vous dit à dans un mois !
