Avant de commencer, juste un petit merci pour les dernières reviews !

Petite-Licorne-Arc-en-Ciel : C'est vrai qu'ils auraient pu faire un chouette couple, dans un univers alternatif peut-être ;)

Millidred : Eh oui, j'en suis tellement désolée ! Effectivement, ce qui m'a notamment orienté vers cette conclusion c'est l'envie de respecter le destin que J.K. Rowling avait initialement prévu pour les personnages. Parfois je me demande cependant ce qu'aurait pu donner une romance Léna-George, peut-être bien qu'un jour je donnerais une fin alternative à cette histoire, en tout cas j'adorerais le faire !

Et maintenant, le tout dernier chapitre avant l'épilogue.

Je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 26

Le renouveau

Le samedi 11 mars 2000

Sur une plage ensoleillée mais balayée par un vent toujours hivernal, Léna et Danny étaient emmitouflés dans leurs cirés marins. Tous les deux étaient installés en tailleur sur un rocher à peu près plat et profitaient des conditions plutôt favorables de l'heure de midi pour passer leur pause déjeuner ensemble.

– Ha… soupira Léna alors qu'elle était envahie par la nostalgie, consécutivement à ses échanges de souvenirs avec Danny. C'était le bon vieux temps !

– Je n'échangerais ces souvenirs pour rien au monde, admit Danny.

– Je n'aurais jamais imaginé que ça me manquerait tant un jour. Tu imagines ? Nos courses en sac à patates sur la plage me manquent !

– Tu sais, on peut toujours en refaire… proposa Danny. Je suis sûr que Ryan adorerait ça.

– Oui, on peut, acquiesça Léna avec un sourire. Mais ce ne sera jamais plus pareil…

– Je sais… soupira Danny. Il me manque. Malgré ces années de séparation, c'est comme si hier encore on était sur cette plage, celle de notre enfance.

Léna lui sourit avec tristesse.

– Désolé, je te rends encore triste, se maudit Danny.

– Non, ça va, le rassura immédiatement Léna. Je suis heureuse de me remémorer ces vieux souvenirs. Ce n'est même plus douloureux, c'est juste… triste. Injuste qu'il ne soit plus là. Mais c'est comme ça, on doit l'accepter. La vie continue, pas vrai ?

Danny acquiesça avant de jeter un coup d'œil à sa montre. Il grimaça.

– Ma pause déjeuner est terminée, annonça-t-il à regret.

– On peut se voir ce soir, si tu veux ? lui proposa-t-elle. Je vais boire un verre avec George et Lee, mais tu peux te joindre à nous. Tu pourras enfin rencontrer George.

– Ce sera avec plaisir, accepta-t-il de bonne grâce.

Le soir venu, Léna emmena ses amis dans un bar du coin. George et Lee avaient grommelé dans leur barbe quand elle leur avait appris qu'ils n'allaient finalement plus au Chaudron Baveur. Elle leur avait calmement expliqué qu'elle ne pouvait décemment pas emmener Danny là bas. Lee avait alors fait remarquer à Léna que la présence de Danny n'était pas non plus indispensable. Elle avait alors levé les yeux au ciel avec exaspération et échangé un regard entendu avec George. Néanmoins, Lee avait fini par sortir de son renfrognement et il avait été plus que poli avec Danny. Léna était également ravie de voir George faire des efforts pour parler avec lui.

Alors que Danny leur parlait du patient qui avait dégobillé partout dans sa voiture dans l'après midi, Lee se désintéressa totalement de la conversation. Son regard avait été attiré ailleurs, vers une fille qui venait de s'installer sur un tabouret au bout du comptoir. Elle avait de beaux cheveux bruns coiffés en un chignon lâche, de jolies tâches de rousseur parsemant son visage, et même de beaux yeux bleus, si on y regardait de plus près. Mais ce n'était pas ce qui avait attiré le regard de Lee. Ce qui l'avait interpellé, c'était l'air profondément triste qui assombrissait son visage. Il avait alors ressenti une volonté viscérale d'aller la voir, sans même songer au fait qu'il était dans un bar français et qu'il ne parlait pas un traître mot de cette langue. Heureusement pour lui, l'apprentissage de l'anglais était bien plus répandu dans le monde, y compris en France.

Lentement, Lee se leva et s'éloigna. Il n'entendit pas ou bien ignora ses amis qui lui demandaient ce qu'il faisait. Son attention toute entière était dirigée vers cette inconnue. Il se dirigea alors simplement vers la jeune femme au chignon et s'installa sur le tabouret voisin au sien. Les yeux bleus emplis de chagrin se relevèrent vers lui avec curiosité.

George et Léna échangèrent un regard et haussèrent les épaules tandis que Lee engageait la conversation avec l'inconnue. Il leur raconterait tout en temps voulu, si l'envie lui en prenait. Léna incita Danny à reprendre la parole et il enchaîna sur une seconde anecdote à propos des joies de son métier. Il se trouvait qu'il en avait à foison et cela fit bien rire Léna et George. Même s'il ne racontait que des situations peu ragoutantes, Léna pouvait voir comme il aimait ce métier, à quel point il lui permettait de s'épanouir. Elle rêvait de connaître ça, mais, la vérité, c'était que son poste au ministère ne lui convenait plus, et ne lui avait jamais vraiment convenu, bien qu'elle était douée dans son travail. Elle avait envie de changement, mais quand est-ce qu'une opportunité se présenterait à elle ?

– Léna ? appela Danny.

– Hein, quoi ? fit-elle, prise en faute.

– Je suis ennuyant, c'est ça ? Désolé, je parle trop. Il ne faut pas hésiter à me le dire, ça m'arrive quand je bois un peu. Un véritable moulin à paroles.

– Non, pas du tout ! le contredit Léna. J'étais juste perdue dans mes pensées. Tu disais ?

– Non, non, répliqua-t-il. Je me tais un peu.

Léna se tourna vers George mais il s'était à son tour désintéressé de la conversation et observait Lee. Léna en fit de même et constata que Lee était tout entier investi dans sa conversation avec l'inconnue. Elle repensa à ce que George avait dit, sur les multiples coups de cœur de Lee. Cette fille allait-elle en être un énième autre ?

– Je dois aller aux toilettes, déclara Danny avant de se lever.

Léna attendit qu'il se fût éloigné pour se retourner vers George.

– Alors, il est sympa, non ? fit-elle.

George acquiesça.

– Tu dis ça pour me faire plaisir ?

– Non, il est gentil, répliqua-t-il.

– Gentil ? releva-t-elle. Ça veut dire « chiant » ça généralement, non ?

– Mais non ! s'offusqua George avec exaspération. Tu veux que je te dise quoi ? Que je suis amoureux de lui ?

– Ce serait un début… admit Léna.

– Malheureusement pour lui, je ne suis pas de ce bord là. Pas encore, du moins. Mais plus sérieusement, il est sympa. Vraiment. Pourquoi mon avis t'importe tant ?

– Tu es mon meilleur ami.

– Et alors ? Tu n'as pas forcément besoin que j'approuve chacune de tes amitiés. Il n'est vraiment qu'un ami ?

George haussa un sourcil de façon significative. Léna voulut le détromper mais le regard de George la stoppa. Il avait tapé dans le mille et il le savait parfaitement. Léna ne pouvait pas le nier.

– Pour l'instant, oui. Mais peut-être bien que, dans un éventuel futur, j'aimerais que cela change, admit-elle en soupirant. Dans un futur pas trop lointain, idéalement.

George parut satisfait de son aveu. Il adorait avoir raison plus que tout.

– Depuis… ce qu'il s'est passé entre nous… commença Léna avec hésitation.

– Ce à quoi je m'efforce de ne plus penser, l'interrompit George avec une grimace. Bizarrement, ce souvenir s'est associé à ma grande tante Tessie et c'est répugnant. Je n'aurais jamais du la mentionner… Bref, je m'égare.

Léna grimaça en imaginant à son tour George et une image hypothétique de la dite grande tante Tessie. Dans son esprit imaginatif, la grande tante se transforma en une version féminine de George, avec une quarantaine d'année en plus et des poils piquants au menton. Elle frissonna.

– Je disais donc, reprit-elle, que depuis ce jour, j'ai pu faire le tri dans mes émotions, mes sentiments, bref tout ce qui peuple les recoins de mon esprit. Et je crois que mes anciens sentiments pour le meilleur ami de mon frère remontent. Je n'ai jamais pu les laisser s'exprimer pleinement à l'époque. Et puis, c'était les sentiments un peu naïfs d'une adolescente. Mais maintenant, j'ai l'impression qu'ils sont en train de se modifier en quelque chose d'un peu plus sérieux. Et je n'ai pas envie de les réfréner, bien que ça m'effraie.

– Pourquoi ça t'effraie ? releva George.

– Peur de souffrir, soupira Léna. Cette vieille histoire avec ce maudit Thomas a laissé des traces. Et puis, je ressors d'une période difficile pendant laquelle j'étais beaucoup trop vulnérable, même si je m'en sors mieux de jour en jour.

– Je comprends ce que tu ressens mais, quoi qu'il arrive, je serais là, d'accord ? Tout ira bien.

– Oh, George ! Tu veux me faire pleurer ?

– Quoi ? Sérieusement, on ne peut plus rien dire, fit semblant de se plaindre George.

– Tu es le meilleur des amis. Et tu as beau le cacher, je sais que tu es très sentimental au fond.

– Ne te fatigue pas à raconter ça autour de toi, je nierai tout en bloc, la prévint-il.

Léna secoua la tête avec exaspération tandis que Danny faisait son retour. Tous les trois recommandèrent un verre, puis un autre, jusqu'à être un peu trop désinhibés. Néanmoins, ils s'en rendirent compte et furent raisonnables.

Alors que Léna parlait avec un enthousiasme démesuré de courses en sac à patates, George se laissa emporter dans le flux de ses pensées. Il observait de nouveau Lee. Léna l'interpella, se plaignant de son manque d'intérêt pour les sacs à patates.

George leva les yeux au ciel en échangeant un regard avec Danny, ce qui fit bouder Léna.

– Léna ? fit George avec plus de sérieux.

Elle tourna un visage boudeur vers lui que le jeune homme ignora royalement.

– Tu te rappelles ce que je t'ai dis à propos de Lee ? Que je ne l'ai jamais vu réellement amoureux ?

– Hmmm ? grommela-t-elle en mâchant une poignée de chips.

– Je crois que ce n'est plus tout à fait vrai. C'est peut-être prématuré de ma part de supposer ça, mais je crois bien qu'il s'engage sur cette voie, là maintenant, dit-il en indiquant Lee du menton.

Léna contempla à son tour Lee. Elle était bien loin de le connaître aussi bien que George. Néanmoins, le regard du jeune homme ne trompait pas. Lee ne quittait pas des yeux la jeune femme et si ce n'était pas de l'amour dans son regard, Léna ne savait pas ce que c'était. En tout cas, Lee semblait réellement envoûté. D'ailleurs, son ami avait une telle personnalité solaire que le visage de la fille si triste auparavant rayonnait désormais. Cela rendit heureuse Léna.

Danny bailla alors bruyamment, entraînant un second bâillement consécutif chez Léna. En secouant la tête pour se remettre les idées en place, elle décréta qu'il était temps pour elle de rentrer. Finalement tous les trois en décidèrent de même. George tenta d'attirer l'attention de Lee pour le prévenir mais il était beaucoup trop obnubilé en cet instant. George abandonna donc l'idée. Son ami semblait en suffisamment bonne compagnie pour que tous les trois lui manquent.

Ils poussèrent la porte du bar et George s'en alla de son côté, non sans avoir adressé un clin d'œil à Léna auparavant. Celle-ci aurait voulu lui tirer la langue mais George s'en était déjà allé. Léna et Danny restèrent silencieux pendant une bonne partie du trajet retour jusqu'à leur immeuble. Une fois arrivés là-bas, ils s'immobilisèrent devant la porte de l'appartement de Danny.

– C'était sympa, finit par dire Léna pour briser ce silence d'église, bien qu'effarée par la banalité de ses paroles.

Danny hocha la tête en souriant.

– George est sympa, fit Danny. Lee aussi, bien qu'il ne soit pas resté très longtemps avec nous…

Léna eut un sourire en repensant à Lee. Elle espérait du fond du cœur que tout irait bien pour lui. Il ne méritait pas qu'on lui brise le cœur.

– Vous avez l'air proches, toi et George, fit alors remarquer Danny.

– On est uniquement amis, s'empressa de préciser Léna. Mais oui, il est important pour moi.

Danny hocha la tête. La respiration de Léna commença à s'accélérer. L'idée d'embrasser Danny l'avait brusquement envahie et occupait tout son esprit. Elle vit les lèvres de Danny bouger sans parvenir à décrypter les mots qu'il prononça, occupée qu'elle était à imaginer ses lèvres contre les siennes.

– Hein ? fit-elle.

– Je disais que votre complicité à toi et George était belle à voir.

– Ah.

Léna était un peu déçue. Elle adorait George plus que tout mais elle n'avait pas vraiment envie de parler de lui en cet instant. L'alcool lui embrouillait l'esprit et elle avait de la peine à se concentrer à cause des élans de ses hormones.

– Tu sais, à l'époque, quand je n'étais que le meilleur ami de ton frère, je suis un peu tombé amoureux de toi… avoua soudainement Danny, changeant totalement de sujet.

Au flux de ses paroles, il était facile de deviner qu'il avait longtemps ravalé cette confession. Aujourd'hui, il trouvait enfin le courage nécessaire pour tout avouer.

– Je n'ai cependant jamais rien dit, poursuivit-il. Après tout, tu étais la sœur de Yann. Et puis il y a eu cette fois où il a démoli le pif de ce gars, je ne pouvais décemment pas tenter quelque chose avec toi dans ces conditions. J'étais mort de trouille à cette simple idée. Yann m'effrayait réellement. Je ne suis pas maso, bien que…

Danny ne put jamais terminer son monologue. Léna n'avait pas pu s'en empêcher plus longtemps. L'alcool dans ses veines lui avait apporté le petit coup de boost nécessaire pour faire ce dont elle mourrait d'envie. Plaquer ses lèvres contre celles de Danny. Selon elle, il mettait beaucoup trop de temps pour terminer sa phrase. Finalement, il avait raison quand il disait qu'il parlait un peu trop.

Léna ne regretta en rien son geste et, manifestement, Danny non plus. Ses mains s'étaient retrouvées particulièrement rapidement dans le dos et les cheveux de Léna, plaquant son corps contre le sien. Lorsqu'elle commença à perdre haleine, la jeune femme se recula en titubant. Tous les deux se contemplèrent dans le silence pendant quelques secondes, le temps de se remettre de leurs émotions.

– Bon et ben… bonne nuit, lui souhaita alors Léna, ne sachant que dire d'autre.

Après un dernier sourire, elle grimpa les escaliers et laissa un Danny hébété mais ravi sur le palier. Elle peina à insérer la clé dans la serrure et sut que Danny entendait ses misérables tentatives. Quand elle eut enfin réussi, elle passa le seuil de son appartement et referma la porte derrière elle, le cœur battant. Elle avait le souffle coupé par la vague d'émotions qui la traversait. Un ensemble mêlé de sentiments confus.

Elle se laissa retomber au sol le long de la porte. Elle se sentait complètement lessivée. Elle n'en revenait pas d'avoir fait ce qu'elle venait de faire. Encore un mois auparavant, c'était George qu'elle embrassait. Bien sûr, c'était un accident de parcours pour tous les deux et ils s'efforçaient de l'oublier. Mais encore tout récemment, elle ne se sentait pas prête pour une relation quelle qu'elle soit. Avec Danny, elle pouvait pourtant parfaitement l'envisager.

Elle avait hâte de voir ce qui les attendait tous les deux et, en même temps, elle mourrait de trouille à l'idée même de le revoir. Elle avait tendance à beaucoup trop se mettre la pression et elle le savait.

Avec difficulté, elle se releva et partit s'écraser sur son lit, toute habillée. Vinyle, qui dormait jusqu'alors paisiblement, émit un miaulement de désapprobation.

– Désolée, Vinyle, s'excusa-t-elle en baillant.

Celui-ci vint se blottir contre elle en ronronnant tandis que, déjà, Léna sentait le sommeil la gagner. C'était la preuve qu'elle avait accumulé beaucoup trop de sommeil de retard – et bu un peu trop d'alcool – car elle avait pourtant des milliers de préoccupations en tête en cet instant. Beaucoup d'entre elles concernaient Danny.

Elle craignait tant de souffrir même si elle savait pour sûr que jamais Danny ne la blesserait volontairement. Elle avait confiance en lui. Peut-être était-ce cette confiance aveugle qui l'effrayait le plus, d'ailleurs. Néanmoins, le sourire qui illuminait son visage tandis que le sommeil l'enveloppait finalement en disait long sur son bonheur…

Elle savait au fond d'elle que tout irait bien.


Alors voilà, j'espère que cette issue pour Léna vous plait quand même, bien que je sais que beaucoup d'entre vous l'auriez préférée avec George !

Personnellement, j'aime beaucoup l'amitié qu'elle a avec George et je trouve leur relation presque plus belle comme ça !

Maintenant, il ne vous manque plus que l'épilogue à découvrir, pour connaître les destins à la fois de George et de Léna, quelques années plus tard !

Cela va vraiment être étrange pour moi de finir de poster cette histoire, mais il y a une fin à tout...

Je vous dis donc à samedi :)