Chapitre 27 : There is suffering too terrible to name

Je suis désolé 3


McGonagall est sur l'estrade, occupée à donner des ordres relatifs à l'organisation de l'évacuation. Celle-ci sera supervisée par Pomfresh et Rusard, eux même aidé par les préfets. Minerva indique explicitement que les préfets en chef (la préfète en chef en l'occurrence) seront chargé d'aider les élèves majeurs dans la protection de Poudlard. La plupart des élèves ont l'air inquiet. Je décide d'aider d'une façon ou d'une autre et vais voir mes premières années de Gryffondors et m'assoient avec eux à table.

- Et nos affaires ? me murmure l'une d'entre elles.

- Elles vont rester ici, je réponds avec douceur. Je sais que ça fait peur. Mais le plus important c'est vous. J'ai une mission à vous donner.

Ils s'approchent de moi, l'oreille tendue. Je leur fais signe de la main de venir encore plus près. Une fois chose faite, je leur chuchote :

- Vous êtes des Gryffondors. Courageux.

- Tu nous avais dis que les descriptions des maisons ce sont des bêtises pour nous manipuler, fait remarquer l'un d'entre eux.

- Tu es plus malin que tu en as l'air, Tompkins. Mais aujourd'hui je veux que vous impressionniez Godric Gryffondor lui-même. Je veux que vous vous occupiez des autres premières années. Je veux que vous les rassuriez. Que vous les aidiez. Même les Serpentards.

- Même les Serpentards ? répète quelqu'un.

- Ils ont encore plus peur que vous. Vous savez que vous êtes avec vos amis. Beaucoup d'entre eux ont des membres de leur famille avec Voldy. Ce n'est pas de leur faute. Ils n'y sont pour rien. Vous devez les aider. Suis-je bien claire ?

Ils hochent lentement la tête. J'ébouriffe les cheveux de Tompkins et me relève alors qu'au même moment une voix aïgue, glacée et tranchante résonne dans toute la Grande Salle.

- Je sais que vous vous préparez à combattre…

J'échange un regard paniqué avec Neville alors que certains élèves crient, s'aggripant les uns aux autres.

- Vos efforts sont dérisoires. Vous ne pouvez rien contre moi. Je ne désire pas vous tuer. J'ai un grand respect pour les professeurs de Poudlard. Je ne veux pas répandre le sang des sorciers.

Un grand silence se fait entendre. Un silence assourdissant.

- Livrez moi Harry Potter, reprit la voix de Voldemort. Aucun mal ne sera fait à personne. Livrez moi Harry Potter et je quitterai l'école en la laissant intacte. Livrez moi Harry Potter et vous serez récompensé. Vous avez jusqu'à minuit.

Le silence est à nouveau assourdissant. Je vois des centaines de regards se tourner vers Harry comme des viseurs de snipers. J'inspire et m'apprête à le rejoindre quand une voix perçante interrompt le silence :

- Mais Il est là ! Potter est là ! Que quelqu'un l'attrape ! s'écrie Pansy.

Alors que je m'avance, baguette en main, vers cette vieille folle, je vois la table des Gryffondors, Serdaigles et Poufsoufles se lever comme un seul homme pour se placer devant Harry.

- Merci Miss Parkinson, dit McGonagall d'un ton cassant. Vous allez quitter la Grande Salle la première avec Mr Rusard. Il serait souhaitable que les autres élèves de votre maison partent avec vous.

Je me crispe totalement et essaye de me frayer un passage entre ces idiots d'élèves pour aller tuer Parkinson de mes mains mais Dubois me tire fermement en arrière.

- Garde ton énergie pour les prochains, me dit-il sagement.

- J'imagine que tu as raison, je soupire, abattue.

Minerva fait évacuer la plupart des élèves. La moitié des Gryffondors sont restés assis et Minerva doit aller les menacer en personne. Je vois Colin Crivey lui lancer un mauvais regard en suivant le reste des étudiants mineurs.

Kingsley monte sur l'estrade et nous explique le plan de bataille. Les jumeaux sont en charge de mettre au point une défense des passages secrets et défenses. Les troupes doivent maintenant être divisée.

Neville et moi nous tournons vers les membres de l'AD restant.

- Nous allons tous être divisé. Je sais que vous êtes tous capable de vous battre, vous êtes tous capable de survivre et c'est ce que nous allons faire. Je vais avec les jumeaux, je connais les passages et…

- Non, m'interrompt George derrière moi.

Je me tourne vers lui avec autorité, croisant les bras.

- Répète pour voir, Weasley ? Je ne rigole pas.

- Moi non plus. Je ne vais pas pouvoir me concentrer si tu es dans le périmètre, me répond-il gravement. On doit se séparer.

Merde. Il a raison. Je grogne et me tourne vers Neville, implorante. Celui-ci accepte de les suivre.

- Dans ce cas j'irais avec le Professeur McGonagall. Je prends Seamus avec moi, on aura besoin de faire péter des trucs. Ernie, viens aussi, je sais que tu seras capable de parer les sortilèges.

- Et nous ? demande les anciens membres de l'AD.

Neville et moi nous divisons nos élèves, décidant en fonction de ce qu'on sait sur eux en terme de connaissance en combats. C'est difficile pour Neville et moi. J'ai l'impression d'envoyer mes enfants se faire tuer. Je n'ose pas imaginer l'état de Madame Weasley.

Quand, finalement, tout le monde est réparti en différentes équipes, George attrape mon visage et m'embrasse passionnément.

- Sois prudente.

- Toi aussi, je murmure.

- Je t'aime.

- Je t'aime aussi.

Je ne me retourne pas quand nous nous séparons. Si je me retourne, je le rejoins et ne le quitte plus. Je prends la main de Neville et la serre en inspirant profondément. Neville me sourit, se voulant rassurant puis s'éloigne avec les jumeaux.

Je vais à la tour de Gryffondors. Le Professeur McGonagall ordonne à tous les portraits de partir et, d'un simple coup de baguette, agglutine tous les objets au centre de la salle commune.

- Nous allons faire des barricades, explique-t-elle. Allez récupérer matelas, oreillers, tout ce que vous trouverez ! Ensuite, nous nous mettrons en position !

Aussitôt demandé, aussitôt fait. Nous sommes efficaces, silencieux, tendus par l'appréhension à l'idée de devoir nous battre. Lorsque les barricades ont été faites et approuvés par McGonagall, je suis à une fenêtre avec Seamus.

- Avec les autres… on voulait vous dire à Neville et à toi… merci.

- Merci ? je répète sans comprendre.

- Merci d'avoir gérer l'AD comme vous l'avez fait.

- Merci d'avoir été membre de l'AD, je réponds avec douceur.

Je regarde l'heure. Minuit moins cinq. Cela va bientôt commencer. J'ai un regard nostalgique pour la salle commune. Celle où je parlais des aventures de Sherlock à Neville en première année, là où je râlais sur Gilderoy avec Ron et Harry, là où j'enquêtais sur Sirius en troisième année. Le premier baiser que j'ai eu avec George, sur le pas de la porte alors que Ron et Hermione se disputaient. L'endroit où j'ai charbonné pour les BUSE. Le lieu où j'ai…

BANG !

La bataille a commencé. Je vois dans le parc sortilèges et jets de lumières échanger de partout. Je me hisse pratiquement hors de la fenêtre, lançant des sortilèges de défense plutôt qu'attaque. J'ai peur qu'un incendio frappe l'un des nôtres.

Malgré mon entraînement au tir, je ne suis pas assez douée pour pouvoir utiliser le browning de Papa d'ici. Après ce qu'il semble des années entières, nous constatons avec amertume que nous ne pouvons plus les attacher de notre angle d'attaque.

- On doit aller les aider, je marmonne entre mes dents avant de dévaler les escaliers à toute vitesse.

J'ignore le cri de Minerva. Je dévale les escaliers détruits à certains endroits. J'évite les jets de lumière sans vraiment les pouvoir, concentrée à l'idée de survivre et sauver le plus de personnes possibles. Alors que j'arrive dans l'entrée du château, je vois Dumbledore. Alberforth Dumbledore. Mais, sa baguette à la main, ses yeux bleus concentrés et menaçants, lançant des sortilèges de défense, la ressemblance avec son frère est frappante.

- Al' ! je m'écrie avec un sourire.

- Tu viens m'aider, gamine ?

- C'est toi qui es venu, je réponds avec amusement avant de le rejoindre avec plaisir.

- Ils vont peut être réussir à ouvrir une brèche dans le rempart nord. Ils ont amené leur propres géants ! dit-il en lançant un protego.

- Vous avez vu Remus ? nous crie soudainement Tonks.

Je me tourne vers elle, et avant que j'ai le temps de dire quoique ce soit, Alberforth lui répond et me claque froidement :

- Regarde devant toi !

Nous avançons vers le parc. Je vois Rabastan Lestrange, que j'avais déjà rencontré au département des mystères et que je connais par son implication dans la torture des Londubats. Je serre ma baguette et m'approche, lui lançant un experlliarmus qu'il contre avec un protego mais regarde autour de lui en cherchant l'auteur du sortilège.

- Ici ! je crie d'une voix forte.

Il se tourne vers moi et a un petit sourire amusé.

- La petite Watson ? susurre-t-il avec… plaisir ?

- Non, je réponds froidement en lui lançant un stupéfix qu'il contre sans difficulté.

- Non ? répète-t-il sans comprendre. Elizabeth Watson. La petite copine de Londubat… Je connais bien Londubat.

- Je le connais mieux, je réplique.

D'un simple wigardium leviosa, je lance une énorme brique de pierre en sa direction. Il se bouge mais pas assez vite, la pierre le bousculant et le faisant tomber au sol. Il est là. À ma merci. Et l'envie de lui lancer un doloris est terriblement tentante. Mais, malheureusement pour lui, je connais beaucoup mieux.

Je sors le browning de mon père, et, sans ciller, je lui tire dans les deux cuisses et le regarde hurler de douleur. Mon cœur vibre d'adrénaline. J'ai l'estomac noué. Avec ma baguette, j'attire vers moi un monticule de pierre que je lui pose sur la poitrine avec une douceur infinie.

- Voyez vous, Rabastan, je ne suis pas la petite Watson. Je suis Elizabeth Watson. Et, je ne suis pas fan de vos pratiques de sorciers. J'ai tendance à préférer la bonne vieille méthode de sang de bourbe. J'espère que vous comprenez, je susurre froidement.

Lorsque je me tourne pour voir ce qu'il se passe, je vois Dolohov qui a la baguette brandie vers Remus, lui-même penché sur le corps inerte de Tonks. J'arrive à lui lancer un petrificus totalus alors que sa baguette commence à luire d'une lumière verte menaçante. Quand Dolohov est pétrifié, je lui lance un destructum et m'avance à grands pas vers Remus.

Tout d'un coup, une explosion me propulse en arrière dans les débris, à côté de la dépouille de Rabastan. Je sens une vive douleur à ma cheville et serre les dents en voyant un morceau de bois ayant traversé celle-ci. En tournant la tête, je croise le regard vide de Lestrange et lorsque je me relève, je vois le flanc du château éventré.

J'entends un cri déchirant. Un cri brisant le silence. Un cri de souffrance pure. Je vois dans l'entrée du château deux silhouettes rousses serrant une autre dans leur bras. Je me lève tant bien que mal, traînant ma jambe douloureuse derrière moi et n'ai pas un regard pour Remus qui pleure sur le corps de Tonks. Harry et Hermione se relèvent difficilement des débris. J'entends les pleurs de Percy.

- Elizabeth ! m'appelle Hermione en tournant alors la tête vers moi.

Elle court m'aider mais je regarde le corps. Je reconnais le corps. Je reconnais ce sourire amusé. Je reconnais ce nez rond. Je reconnais ces tâches de rousseur recouvrant son visage. Je reconnais ces deux oreilles un peu trop petites pour le visage qu'elles encadrent.

- Fred, je murmure d'une voix tremblante.

Hermione a passé mon bras autour de son épaule et m'aide à rentrer au château.

- F-Fred, je répète sans comprendre.

J'entends des maléfices venir de derrière moi et Ron et Harry nous attrapent et nous forcent à nous coucher. Ils appellent Percy qui refuse de quitter Fred et je suis soudainement prise de sanglot, essayant d'avancer en rampant vers la Grande Salle. J'entends Hermione hurler. Je refuse de tourner la tête.

Mais je n'en ai pas besoin. Je vois les araignées géantes entrer dans le château. Ron et Percy attrape le corps de Fred et Harry me soulève pratiquement de mes pieds. Nous allons nous cacher dans une niche, où habituellement se trouve une armure. Je regarde le corps de Fred où son sourire orne encore ses lèvres et un gloussement doublé d'un sanglot traverse les miennes. Je lui ferme les yeux de mes mains tremblantes et embrasse son front avec toute la douceur du monde.

Soudainement, Percy hurle avec une voix que je n'avais jamais entendue. On dirait Arthur Weasley.

- ROOKWOOD !

Je me lève d'un bond, ignorant la douleur aigüe et lancinante dans ma cheville. Je vois que Ron veut aller aider Percy mais Hermione et Harry tentent de l'en empêcher. Ils ont quelque chose à faire. Quelque chose d'Important. J'attrape le visage de Ron qui est tordu par la douleur, des traces de larmes sur les joues et je le regarde dans les yeux.

- Je vais aider Percy. Je vais l'aider, je promets, ma voix tremblant d'émotions. Harry a besoin de toi.

- Je veux… tuer des mangemorts…, me dit Ron avec douleur.

- Je protégerais Percy. Protège nous, va aider Harry, je souffle.

Il me regarde, inspire profondément et hoche lentement la tête sans être vraiment convaincu.

Je cours donc à la suite de Percy qui est dans un combat serré avec Rookwood. Je n'avais jamais vu Percy dans cet état. Je ne sais pas où sont ses lunettes, mais elles ne sont pas sur son nez. Il a sa baguette dans ses mains, le visage durci par la douleur et la concentration, ses lèvres bougeant à toute vitesse à mesure que les sortilèges sortent de sa baguette. Pourtant, bizarrement, Rookwood les évite habilement. Je viens prêter main forte à Percy.

Quand, finalement, nous arrivons à pétrifier Rookwood simultanément, je regarde Percy lui porter le coup fatal. À l'instant où la tête de Rookwood touche le sol, Percy se tourne vers moi et me tend un bras.

- On doit ramener Fred dans la Grande Salle, me dit-il calmement.

- Perceval, je suis…

- Elizabeth, me murmure-t-il comme si j'étais, moi aussi, sa petite sœur. Tu fais partie de la famille. Tu vas devoir être là pour George.

Je déglutis et ravale mes larmes en regardant ailleurs, incapable de réfléchir de façon cohérente. Je prends le bras qu'il me tend et nous allons rechercher Fred, boitillant en chemin.