Hermione stressait. Elle passait sa main sur sa poitrine, vérifiant que le bustier était toujours collé à son corps par le sort qu'avait apposé l'une des trois vendeuses. Elle sentait la nervosité mordre ses traits et Pansy, non loin d'elle, était d'un calme olympien. Elle était dans la salle de bain de l'ancienne chambre de Draco et elle appliquait avec minutie son rouge à lèvre carmin. Pansy était belle. Hermione, dans l'embrasure de la porte, ne pouvait s'empêcher de la trouver presque renversante.
Elle portait une robe en tulle d'un vert menthe apaisant. Le tissu était plus opaque le long de son corps, cachant ainsi sa peau laiteuse. Au travers des manches larges resserrées autours de ses poignets, on apercevait ses bras fins dénués de bijoux. Sur le tulle, au niveau des poignets, des épaules et de la taille étaient brodées quelques fleurs aux teintes pâles. Un nœud de velours vert bouteille enserrait sa taille fine et l'on devinait ses longues jambes sous le tissu. Elle portait une paire d'escarpins de la même teinte que la robe et ses cheveux volaient autours de son visage. Elle avait choisi de ne pas toucher à ses cheveux, les laissant voler librement au-dessus de ses épaules. Elle portait, pour tout bijoux, une simple paire de boucle d'oreille, deux perles de nacre pendant au bout d'un fin fil argenté.
– Pansy, tu es éblouissante.
– Grangie, ne fait pas de compliment de la sorte, je vais finir par croire que je te plais.
– Cesseras-tu de m'appeler de la sorte un jour ?
– Oui. Le jour où j'aurai un bon surnom. En attendant, ce sera Grangie quoique je vais t'appeler par ton prénom toute la soirée. Etiquette oblige.
Hermione leva les yeux vers le ciel avant de retourner dans la chambre pour mettre ses chaussures à talons ouvertes couleur crème. Elle prit soin de correctement fermer les lanières contre ses chevilles avant de se lever et Pansy quitta la salle de bain. Pour la première fois, Hermione voyait quelque chose dans ce regard ferme, il y avait un éclat de fierté, la fierté du travail bien fait.
– Si je suis éblouissante Grangie, tu l'es tout autant si ce n'est plus. Je ne suis pas habituée à faire ce genre de compliment ni même à dire ce que je vais dire. Grangie, tu sembles tout droit sortie d'un conte de fée. Tu es sublime et je ne dis pas ça uniquement parce que je t'ai coiffé et maquillé même s'il faut bien avouer que j'ai fait sur toi un travail d'artiste.
– Vantarde.
– Je préfère le terme de talentueuse.
Hermione leva les yeux au ciel avant d'inspirer un grand coup. En contre-bas, 19h sonnait ce qui signifiait que les invités allaient arriver d'ici une dizaine de minutes. Elle chercha le regard de Pansy qui lui attrapa la main pour la presser avec délicatesse avant de sortir de la chambre de Draco, l'invitant à la suivre d'un signe de la main. Elles n'étaient à quelques mètres de l'escalier principal et elles entendaient Narcissa donner les dernières directives tout en pestant contre les deux retardataires. Pansy regarda Hermione et lui sourit avant de descendre les marches sous le sifflement d'admiration de sa fille. Selon ses mots, Pansy était une princesse et il fallait avouer qu'elle ne mentait pas.
– Grangie, la soirée ne se passe pas dans ce couloir.
Hermione pesta. Pansy avait clairement le don de la mettre mal à l'aise et, derrière, elle entendait Blaise en rajouter une couche, supposant qu'elle ne descendait pas les escaliers car elle ne savait marcher avec une paire de talons et autres âneries de la sorte. Fierté mal placée, elle souffla avant de faire les quelques pas qui la séparait du haut de l'escalier.
Hermione fixait ses pieds, sa main frôlant tout juste la rambarde alors qu'elle descendait sous les regards estomaqués qu'elle remarqua à peine. Elle avait aperçu Narcissa et la Lady Malfoy était tout bonnement parfaite dans sa robe bleu acier donc le buste était parsemé de petites fleurs brodées. Ses longs cheveux blonds étaient maintenus dans un chignon sophistiqué dans lequel avait été planté de la gypsophile.
Aucun ne parlait et cela suffit à faire rougir Hermione qui replanta immédiatement le nez vers le sol. Elle se sentait ridicule aux côtés de ces deux femmes et de sa fille qui ressemblait à un véritable petit ange dans sa robe jaune pâle.
– Maman, tu es super trop belle.
– Scorpius, on ne dit pas super trop belle, on dit très belle.
– Oups oui, tu as raison Cissa. Maman, tu es très belle. Plus belle qu'une princesse même.
Hermione sourit tendrement à ce petit garçon avant de s'accroupir pour se mettre à sa hauteur et déposer un baiser sur sa joue rebondie. Il avait fière allure dans son costume avec la petite fleur jeune accrochée à sa boutonnière.
– Tu es très beau aussi mon ange et toi aussi ma princesse, tu es magnifique.
En guise de réponse, les deux enfants l'embrassèrent avant qu'elle ne se redresse pour plonger son regard miel dans celui de Draco. Lui aussi était beau. Son costume lui allait à ravir. Il était simple et sobre mais efficace. A sa boutonnière, une fleur rosée rappelant celle qu'elle portait dans sa coiffure. Elle lui sourit timidement avant de prendre place à ses côtés. Elle se sentait être le centre de l'attention.
Draco, de son côté, ne réussissait pas à la quitter des yeux. Sa robe crème lui allait à merveille. Le bustier était couvert de fleurs aux teintes pastelles, il laissait paraître sa peau légèrement hâlée. Si le haut collait sa peau, moulant sa poitrine délicieuse, la jupe était vaporeuse, faite d'un tulle de la même teinte café crème que le haut. Elle glissait sur le sol avec légèreté et le tissu était fendu au niveau de sa jambe droite, jusqu'à la moitié de sa cuisse. Des fleurs étaient cousues en pluie le long de la fente. Sur son épaule gauche, deux bretelles florales dont la seconde tombant gracieusement sur son bras. Elle était maquillée avec finesse et ses cheveux était relevés en un chignon flou d'où s'échappaient quelques mèches rebelles. Ils avaient poussé depuis qu'elle les avait au niveau de ses épaules mais cette longueur ainsi arrangée lui allait à merveille.
Ils n'eurent le temps de parler que les invités commencèrent à arriver. Hermione recevait des compliments comme rarement elle en avait reçu. Un homme de l'âge du patriarche lui fit même un baise main sous le regard noir de Draco. Ils aperçurent Temperence au bras d'Harry, Ginny, le ministre de la magie, plusieurs célébrités dont Hermione ne connaissait que le nom. Outre les mots doux, Hermione fut fusillée plus d'une fois de regards assassins, certaines jeunes femmes et même plusieurs femmes ne semblaient apprécier la main que posait Draco dans le creux de ses reins. Derrière elle, les deux enfants se cachaient, ne saluant les invités que d'une voix timide.
Lentement, la soirée débuta et les invités s'émerveillaient devant le travail de Narcissa qui avait réussi à décorer le manoir avec goût. Le thème du renouveau avait transformer ce bal d'hivers en véritable bal printanier. Il y avait quelques fleurs çà et là, de la fausse neige un peu partout et un petit orchestre dans un coin. Une sonnette retentit alors que deux elfes de maison fermaient les portes de la salle de bal. Tout le monde se tut et Lucius prit la parole de sa voix forte.
– Bonsoir à toutes et à tous. Tout d'abord, j'aimerais vous remercier, tous, de votre présence à ce dixième bal de charité. Vous n'êtes pas sans savoir que depuis la fin de la guerre, de nombreux fonds ont été nécessaires pour reconstruire mais aussi pour aider et soutenir. C'est grâce à votre générosité si, à l'heure actuelle, des centaines d'enfants ont pu trouver refuge dans des orphelinats décents, si de nombreuses infrastructures telle que Poudlard ont pu rouvrir dans un temps record. Nous comptons donc, cette année encore, sur votre générosité. Je déclare donc ce dixième bal officiellement ouvert.
De nombreux applaudissement fusèrent et, rapidement, les gens s'écartèrent pour libérer la piste de danse. Lucius avança, tenant la main de Narcissa et se plaça au centre de la pièce. Draco tira la main d'Hermione et le couple vint se positionner à la droite du Lord et de la Lady. Tous les regards étaient sur eux et, si des sifflements d'admirations avaient été envoyés lorsqu'Hermione avait pris place, beaucoup plus retentirent lorsque, du haut de leur 6 ans, Scorpius et Rose prirent place à la droite de leurs parents. Pour l'occasion, Pansy et Blaise ne prirent pas place sur la piste, les trois couples attiraient déjà toute l'attention de leur public.
Rapidement, les premières notes de Dmitri Shostakovich retentirent et, comme un seul homme, ils se mirent à danser. Si Lucius menait sa femme d'une main ferme, les gestes d'Hermione, eux, se faisaient plus indécis et elle se laissait porter par les gestes de Draco. Les deux enfants, quant à eux, ne se quittaient pas des yeux et, de temps à autres, ils fixaient Lucius et Narcissa pour se remettre à leur cadence. Plusieurs photos furent prises et rapidement des invités vinrent se joindre à eux.
La première valse passée, les hommes s'inclinèrent devant les femmes pour venir embrasser leur main et Scorpius, un peu perdu, déposa un baiser sur la joue de Rose qui lui sourit avant de lui rendre la pareille. Nombreux adultes s'émerveillèrent devant tant de douceur. A peine Draco avait lâché Hermione, lui murmurant à l'oreille qu'elle était la femme la plus belle de la soirée, Lucius lui présenta le bras de Narcissa pour qu'il aille valser avec sa mère.
Hermione sourit à cet homme versatile avant de déposer sa main sur son bras.
– Vous êtes très en beauté ce soir, Hermione.
– Vous l'êtes tout autant, Lucius.
Lucius guidait Hermione d'une main de maître, la faisant pivoter et la portant avec fermeté. Lorsqu'il la reposa sur le sol après un porté simple, il se pencha vers elle.
– Vous ne dansez pas si mal mais il va falloir tout de même retravailler légèrement tout cela. Je souhaite pour vous que Narcissa ne s'en aperçoive pas sinon vous pouvez dire adieux à vos dimanche matin jusqu'à ce que vous sachiez danser une valse à la perfection.
Hermione grimaça légèrement, arrachant un rictus au patriarche qui, fier de lui, la fit pivoter une nouvelle fois pour la faire tomber sur deux orbes bleus qu'elle n'avait pas vu depuis Poudlard. Si ces yeux la marquèrent, elle ne laissa rien paraître, se reconcentrant dans le mouvement de rotation que lui imposait le Lord.
…
Hermione commençait à avoir mal au pied. Elle ne se souvenait pas avoir danser tant de valse à la suite. D'abord Draco puis Lucius, elle avait fait un tour dans les bras d'Harry avant d'accorder une valse à un Blaise Zabini lui murmurant à l'oreille qu'il verrait aisément telle et telle personne finir la soirée dans une chambre si on en croyait les regard emplis de tension sexuelle qu'ils échangeaient. Elle avait finalement retrouvé Draco le temps d'une nouvelle danse avant qu'il ne la guide vers le bar où il lui offrit une coupe de champagne alors que leurs deux enfants venaient à leur rencontre. Scorpius avait les mains légèrement poisseuses et, avant qu'il n'ait le temps d'agripper la robe d'Hermione, elle se mit à sa hauteur pour lui passer une serviette sur ses petits doigts. De son côté, Draco essuyait la bouche de Rose qui avait réussi à se mettre un peu de crème sur une joue.
Scorpius passa ses bras autour du cou d'Hermione pour qu'elle le porte contre elle. Draco avait déjà Rose dans ses bras, il la comparait à une princesse de conte moldu sous les yeux surpris d'Hermione.
– Ne me regarde pas comme ça Hermione, j'ai bien retenu qui était la princesse préférée de Rose et je ne suis pas sans culture. Les classiques sorciers et moldus se ressemblent. Puis même, Belle me rappelle un peu toi. La née moldue qui découvre la magie et qui finit par s'éprendre du grand méchant.
– Je suis impressionnée et honorée par cette comparaison. Belle était ma princesse favorite à moi également même s'il faut bien avouer que j'avais plutôt l'impression d'être Alice découvrant le pays des merveilles.
Ils se sourirent et Draco s'approcha d'Hermione pour venir déposer ses lèvres contre les siennes. Les deux enfants eurent la même moue de dégoût alors qu'au loin Lucius laissait un sourire étirer son visage. A quelques pas d'eux, une tête brune aux yeux d'un bleu impressionnant regardait la scène et il sentait le scandale arriver alors il s'approcha, laissant sa femme papillonner entre les invités.
Lucius n'avait pas fait dix pas que déjà il voyait la jeune femme devant le couple. Il y avait son fils au visage livide, Hermione qui fulminait et les deux enfants qui regardaient sans comprendre. Autour d'eux, quelques personnes avaient tourné le regard pour saisir les mots envoyés et monter de nouveaux potins.
– … C'était bien vrai alors. On ne m'avait pas menti. Tu fais maintenant dans la sang-de-bourbe. Tu es tombé si bas, Draco. Tu en es presque pitoyable.
– Astoria, n'utilise plus ce terme.
– Pa ? C'est quoi une sang-de-bourbe ?
– Rien mon cœur, c'est un vilain mot qu'il ne faut pas dire.
Rose le fixait, son visage trahissait son scepticisme. Scorpius, lui, empli de fatigue, porta son pouce entre ses petites lèvres pâles et Astoria retira le doigt du bambin sans douceur. Draco et Hermione allaient répliquer quand Lucius haussa finalement le ton.
– S'il vous plait, ne faisons pas de scandale. Il serait dommage de gâcher si belles festivités.
– Lord Malfoy.
– Miss Greengrass.
– Astoria, ne touche plus à mon fils.
– Draco, c'est aussi le mien. Je reste sa mère.
– Non, c'est pas vrai. Ma maman c'est Hermione et c'est la meilleure maman du monde.
– Vous n'avez donc aucune limite vous, les sang-de-bourbe. En plus de voler nos pouvoirs, vous nous volez nos fils. Je suis déçue de vous, Lord Malfoy. Comment pouvez-vous accepter une telle… traitrise ? De tels bâtards n'ont rien à faire dans une famille aussi illustre que la vôtre.
Lucius choisit d'ignorer les propos d'Astoria et de prendre dans ses bras une Rose dont le visage trahissait l'arriver soudaine de larmes. Draco serra les dents pour ne rien dire, pour ne pas imploser et gifler Astoria comme elle le méritait. Dans les bras d'Hermione, Scorpius était rouge de colère. Cette dame qu'il ne connaissait ni de Merlin ni de Morgane insultait sa Maman.
– Vous n'êtes pas très respectueuse Madame. Maman elle dit toujours qu'il faut être poli et que si on n'aime pas les gens, on les ignore plutôt que de venir les embêter.
Hermione se détendit légèrement, déposant un baiser sur la joue de l'enfant pour le féliciter d'avoir retenu une leçon importante de la vie.
– Ca me dégoûte. Je suis bien heureuse d'avoir abandonné ce… ce bâtard qui n'est même pas l'ombre d'un Greengrass.
Les mots étaient tombés comme des couperets et, dans la salle, tout le monde s'était tu. Pansy avait les poings sur les hanches et Scorpius s'extirpa des bras d'Hermione pour venir pleurer dans les jambes de son grand-père. Astoria, en une phrase, venait de dévoiler qu'elle était sa mère et de dire ouvertement qu'elle le détestait. C'en était trop pour le bambin dont les larmes coulaient à grosses gouttes.
– Lucius ? Peux-tu t'occuper de Rose et de Scorpius ? Nous allons aller dans ton bureau pour parler avec Miss Greengrass, Draco et Hermione. Pansy ? Ma chère ? Pouvez-vous vous occuper de la soirée en mon absence ? Vous avez toute ma confiance.
En quelques mots, Narcissa avait réussi à faire en sorte qu'une guerre n'explose dans sa salle de réception. Elle vit Lucius prendre Scorpius dans ses bras, il portait les deux enfants contre lui et, avant même qu'un seul journaliste de lève son appareil photo, il leur jeta un regard noir lourd de promesses de représailles si un seul flash éclatait. Rapidement, Pansy reprit constance pour faire en sorte d'éloigner les invités du quatuor qui commençait à se diriger en dehors de la pièce. Lorsque les portes se fermèrent derrière Hermione, elle sursauta légèrement. Les festivités reprirent à vitesse grand V et déjà une nouvelle valse résonnait.
