On se revoit à Konoha

Disclaimer : D'après les personnages de Naruto de Masashi Kishimoto. Une histoire originale de Nounouillechan. Écrit par Chicken Poulet.

Chapitre 27

Kô ne leur avait pas mentit à propos de leur chambre, elles étaient confortables et spacieuses, pour peu Tsunade aurait oublié qu'elle se trouvait chez les Yamashiro et que sa vie et celles des membres de son clan étaient menacés.

Elle avait enlevé ses vêtements de pluie mais gardait la sacoche contenant son bi de jade. Il s'agissait de l'objet le plus précieux de sa famille et elle comptait le protéger au péril de sa vie.

Neji avait reçu la chambre en face de la sienne, et elle le retrouva devant sa porte. Portant son uniforme réglementaire, avec une veste épaisse contenant de nombreuses poches et en bandoulières un sac en cuir de bien plus grand que le sien. Il avait les traits tirés et le regard vide. De tous les chefs de clans présent, il était sans doute celui qui avait le moins envie de se retrouver là et le plus silencieux en même temps.

- Neji, nous n'avons pas d'autres choix que d'être ici, quoi qu'il arrive on y fera face ensemble, d'accord ?

Il battit des paupières et se força un sourire.

- Merci, Tsunade. Si tu as fini retournons à la cuisine, la matriarche déteste les retards.

Elle lui emboîta le pas et remarqua qu'il avait du sang sur la main gauche.

- Tu t'es blessé ?

Il releva la main à hauteur de son regard, comme s'il découvrait sa blessure.

- C'est un peu impressionnant, mais ce n'est rien de grave.

Tsunade l'arrêta et sortit un mouchoir dont elle lui enveloppa la main. Le saignement provenait d'entailles qu'il avait entre le pouce et l'index et tout le long des doigts. Après avoir rapidement écarté l'hypothèse qu'il se soit blessé sur du verre elle plongea son regard dans le sien.

- C'est Kyubi ?

Neji la remercia de l'attention qu'elle lui portait, sans répondre à sa question et poursuivit son chemin jusqu'à la cuisine.

Cette question l'avait de toute évidence mis mal à l'aise et remué de mauvais souvenir. Tsunade respecta son choix de ne pas lui répondre et se promit de faire plus attention à l'avenir. De toute évidence, les Yamashiro s'était emparé de l'existence de Neji, par leur faute qu'il se trouvait à s'occuper de Kyubi et des autres bijuu. Et aujourd'hui encore ils s'étaient servis de lui comme émissaire.

La table du petit déjeuner était somptueuse et digne d'un matin de fête, il y avait du riz blanc, des œufs frais, du saumon grillé, du tofu et de la soupe miso. Kô servait le thé dans de petits bol en céramique.

Si le faste de la table était impressionnant, ce n'était pas pour cela que Tsunade restait sur le pas de la porte sans pouvoir esquisser un geste.

- Je l'ignore et je ne pense pas que cela soit important.

Il était assis juste là, l'enfant perdu de Konoha, évitant les questions insipides de Kôhei comme si de rien n'était.

- Sasuke ?

Il releva la tête vers elle, mais ne parvint pas à soutenir son regard plus de quelques secondes. Yurie coupa court au malaise qui s'installait.

- Nous voilà tous réunis, nous allons pouvoir nous mettre à table !

Son ton était convivial comme toujours, elle se mit en bout de table, Kôhei et Sasuke se placèrent à sa gauche, Tsunade et Neji à sa droite. Kô s'inclina légèrement et quitta la pièce.

- Il y a bien longtemps qu'il n'y avait eu autant de monde à ma table, vous n'imaginez pas comme cela remplit mon cœur de joie. Allons ? Vous avez l'air contrarié, cela ne vous convient pas ?

Neji était assis face à Sasuke mais semblait davantage préoccupé par le contenu de son sac. Le dernier Uchiwa regardait la matriarche avec insistance, tandis que Kôhei se frottait nerveusement l'arrière de la nuque. Après avoir observé ses paires, Tsunade en revint à son tour à dame Yamashiro. Il y avait peu de chance qu'elle ne les ait conviés que pour manger.

- J'en viens à penser qu'il s'agit d'une coutume propre au village de Konoha, rester assis devant de la nourriture sans jamais y toucher ! La journée va être longue et vous n'aurez pas de pause pour déjeuner. Si une chose ne vous convient pas, il suffit de me le dire, je me ferais un plaisir d'y remédier.

Son ton était celui d'une mère et Kôhei lui répondit comme un enfant capricieux.

- Mes vêtements sont bizarre, ils sont tout lisse et ça me gratte le cou. Je veux les vêtements que Kûki m'a préparé, ils sécheront sur moi.

Yurie prie la louche de service et en asséna un coup sec sur la tête du chef du clan Hagoromo, qui fit tressauter l'assistance. Il pesta en se frottant le haut du crâne alors qu'elle remplissait son bol de riz., comme si de rien n'était.

- Faites passer vos bols, je vais vous servir.

Quand Tsunade lui tendit celui de Neji Yurie marqua un temps d'arrêt.

- Il n'y a rien à faire, je n'en reviens pas… Alors vous êtes hokkage maintenant ? Tout comme l'était votre père. Les Sanju ne nous ont jamais déçu pour ce qui est de gouverner Konoha. Mon enfant, je vous revois, les joues roses d'avoir trop couru, l'air espiègle et toujours prête pour jouer un vilain tour. Mais avec ce minois il n'y a rien que l'on ne pouvait vous pardonner. Et vous êtes aujourd'hui une femme magnifique.

Le regard de Sasuke se fit un peu trop insistant, alors Yurie se tourna vers lui en relevant un sourcil interrogateur. Il s'était demandé quel âge pouvait avoir une personne ayant connu Tsunade enfant, mais se garda bien de la formuler à voix haute, car il craignait de recevoir lui aussi un coup de cuillère et de devoir essuyer les foudres de l'hokkage.

Face au silence qui commençait à durer, il lui tendit son bol, l'air le plus affable du monde.

- Puis-je en avoir, dame Yurie ?

Kôhei souffla un « lèche-botte » entre ses dents tout en cassant un œuf sur son riz avant de mélanger le tout énergiquement. En réponse la matriarche le menaça d'un nouveau coup, mais fut interrompu par de petites mains qui sortirent de sous la table pour prendre une paire de baguette.

A y regarder de plus près, il y avait des couverts et des bols en plus à côté de Yurie. Elle servit une portion de riz qu'elle fit glisser jusqu'au bord de la table.

- C'est bon, n'est-ce pas ? Une partie de notre clan se lève à l'aube pour préparer le petit déjeuner de l'ensemble des habitants.

Elle brisa la coquille d'un œuf et le laissa retomber dans le bol qui disparut à nouveau sous la table.

Kôhei fit la moue.

- Ça l'est, mais je préfère le petit déjeuner que me prépare ma femme, mais vous n'y pouvez rien. La nourriture est simplement meilleure quand elle est avec moi.

La matriarche lui répondit avec davantage diplomatie qu'un coup sur la tête.

- Toute fusionnelle que soit votre relation, cette réunion ne concerne que les chefs de clan et votre épouse ne l'est pas. Elle ne nous serait d'aucune utilité et c'est bien pour cela que nous n'avons pas requis sa présence

- Je le sais bien, mais Kûki et moi faisons presque tous ensemble, nous n'avons plus passé une nuit l'un sans l'autre depuis que nous nous sommes mariés.

Tsunade excédé s'adressa directement à lui.

- Pourrais-tu cesser de parler de ta femme, juste le temps d'un repas ? Je n'en peux plus.

Contre toute attente il lui répondit à nouveau sur ce ton sérieux et autoritaire

- En tant qu'hokkage de Konoha, ça pourrait être une bonne chose que tu te préoccupe de la savoir sans moi pendant aussi longtemps.

Tsunade le foudroya du regard et lui répondit avec arrogance.

- Toutes mes excuses, mon seigneur Hagoromo ! Il m'appartenait d'occuper votre épouse en votre absence, la pauvre doit se sentir bien seul et s'ennuyer fort, tandis que je risque paisiblement l'avenir de mon clan en ces lieux.

Yurie se pencha en avant pour s'interposer entre eux.

- Les enfants, je vous en prie, ne vous disputez pas. Kôhei, vous devez sans doute avoir de la peine d'être loin de votre épouse pour une nuit, mais nous n'y pouvons rien. Vous me semblez être un homme de raison, qui fait de bon choix. J'aime à penser que celle que vous avez pris pour épouse est une femme de raison qui ne fera rien d'inconsidéré en votre absence.

Kôhei prit son bol de thé et le remit entre les petites mains qui tapotait le bord de la table, puis il défia Yurie du regard. En presque un mois chez les Yamashiro, c'était la première fois que Sasuke voyait Yonosuke accepter de la nourriture de quelqu'un d'autre que sa mère.

- C'est vraiment dommage que Kûki n'ait pas pu m'accompagner, je suis certain que vous l'auriez beaucoup apprécié. C'est une femme stricte et douce à la fois, tout comme vous. Elle possède toutes les qualités que l'on peut imaginer et un seul défaut. Il arrive que son comportement ne corresponde pas à ses mots. On ne dirait pas, mais ça peut rapidement devenir un problème.

Dame Yurie se figea alors que son regard glissait lentement du bord de la table au visage de Kôhei, qu'elle fixa en silence un long moment.

- J'ai pris en compte les éléments que vous avez porté à ma connaissance. Cela perturbe davantage le déroulement des événements, mais nous n'avons pas le temps de nous en plaindre. Mangez autant que vous pouvez, vous aurez besoin de force.

Tsunade observa de nouveau ses compagnons d'infortune. Neji faisait la même tête depuis qu'ils avaient pris place à la table, comme s'il était imperméable à la situation. Sasuke était suspendu aux lèvres de leur hôte et Kôhei semblait être le seul à comprendre le changement d'attitude de Yurie.

- Comme vous le savez, la Réunion du Bi de Jade peut avoir pour objectif de donner à mon clan les pleins pouvoir en cas de litige politique majeur. Privant dans le même temps les vôtre de toutes autorités. Rassurez-vous, ce ne sera pas le cas.

Elle se tourna vers Sasuke et plongea son regard dans le sien.

- Je vous ai réunis pour restituer au clan Uchiwa son Bi de Jade.

Sasuke fronça légèrement les sourcils en inclinant la tête.

- "Restituer" ?

Yurie détourna le regard pour le porter sur les autres convives.

- De manière symbolique lors de votre investiture votre prédécesseur ou l'intendant de votre clan vous a remis un morceau du Bi de Jade, qu'il vous a fallu présenter devant le Conseil de Konoha. A l'origine cette cérémonie n'avait rien de symbolique, la pierre de jade n'a rien d'ordinaire. Elle a la capacité de recevoir et conserver une quantité phénoménale de chakra.

Yurie repoussa sa chaise et se redressa.

- Nous allons procéder à l'investiture d'Uchiwa Sasuke de la manière la plus traditionnelle qui soit. Vous lui présenterez vos respects et jurerez soutien et fidélité à son clan, le bi sera reformé et nous y injecterons tous le chakra dont nous disposons. Lorsque nos énergies seront parfaitement mélangées, vous serez libre de retourner à Konoha, si vous en trouvez la force.

Elle adressa cette dernière remarque à Kôhei et quitta la table.

- Je dois avancer les préparatifs, poursuivez votre repas sans moi mais faites vite. Quand vous aurez fini il vous faudra encore prendre un bain et revêtir les tenues laissées sur votre lit.

Sasuke se redressa à son tour et l'interpella mais elle dénia toute demande d'un geste de la main.

Il se laissa retomber sur sa chaise, son champ de vision rétrécissait, et il n'entendait plus rien à part les battements de son cœur.

Les mots de Yurie lui revinrent en boucle à l'esprit.

"C'est en ces pierres qu'étaient détenu le pouvoir de leur famille, le malheur et la destruction attendait celle qui la perdait"

Sa famille s'était vue privé de son Bi de Jade. Et le malheur et la destruction s'était effectivement abattu sur son clan. Tout devenait si clair qu'il ignorait s'il devait rire de sa naïveté ou pleurer de douleur face à cette nouvelle trahison.

Les Yamashiro veillent à ce qu'il y ait toujours un équilibre strict entre les familles nobles et le Conseil. Or, le clan Uchiwa avait prévu de renverser le Conseil. Sans encourager le massacre, il était évident que les Yamashiro lui avait enlever sa protection. Comment cela aurait-il pu être possible autrement ? Et dire que durant toutes ces semaines Yurie l'avait abreuvée de belles paroles sur le respect et l'affection qu'elle portait aux Uchiwa.

Sasuke sentit quelque chose de chose et humide sur les mains qu'il avait porté devant son visage, il lui fallut quelques seconde pour réaliser que ce n'était pas ses larmes. Lorsqu'il écarta les doigts, une petite boule de poil vint presser sa truffe contre son nez.

Sans vraiment pouvoir l'expliquer ce contacte lui était familier. Il se redressa, le regard humide et regarda Tsunade, Neji et Kôhei. Il n'y avait ni colère, ni rancune, seulement de la compassion dans leur regard.

Kôhei lui ébouriffa les cheveux puis posa une main amicale sur son épaule.

- Vois le bon côté des choses, petit Uchiwa ! Ce soir tu dors à Konoha.

Sasuke pinça les lèvres et se passa une main sur le visage.

- Je ne suis toujours un traître et un déserteur, souffla-t-il simplement.

Tsunade avait bien du mal à soutenir le contraire, elle n'oubliait rien des méfaits qu'il avait accomplis, de tout le mal qu'il avait fait. Naruto était encore à l'hôpital et Sakura comblait son absence en travaillant de manière compulsive.

Mais Kôhei donna une nouvelle tape sur l'épaule du Uchiwa.

- Ecoute, tu as les Yamashiro de ton côté et au cours de ton investiture l'hokkage en personne va t'assurer de son soutien inconditionnel. C'est pas comme si elle avait le choix. Tu seras de nouveau le bienvenu à Konoha, à moins que tu ne veuille pas revenir.

Sasuke prit de nouveau une grande inspiration pour se calmer. C'était ridicule mais il sentait les larmes lui monter aux yeux. Tout ce qu'il voulait c'était rentrer à la maison.

- KURAMA !

La voix de Neji le fit tressauter et il baissa les yeux sur le petit renard qui mangeait voracement son saumon, il en arrachait de gros morceau qu'il avalait sans vraiment les mâcher.

- Empêche-le d'en manger, ça va le rendre malade !

Avant qu'il n'ait pu esquiver un geste, le renardeau avala deux gros morceaux de plus et sauta de la table. Kôhei le rattrapa en vole juste avant qu'il ne touche le sol, et se leva pour le rapporter à Neji.

En passant il glissa ses derniers encouragements à Sasuke.

- Je peux t'assurer que tu as tout le soutien de ma famille, nous attendons avec impatience le retour d'un Uchiwa à la tête du clan. Et ils sont nombreux ceux qui attendent et se tiennent prêt à recevoir tes excuses.

Sasuke jeta un regard à Tsunade qui ne put retenir un sourire en montant une épaule.

oOo

Neji n'avait pas réprimandé Kurama pour le saumon qu'il avait mangé sans en avoir l'autorisation. "Ton estomac sera ton enseignant pour cette leçon", c'est ce qu'il avait dit. Mais il se fichait bien d'avoir mal au ventre, puisqu'il avait enfin pu goûter de la vraie nourriture.

De retour dans la chambre Neji s'était empressé de se déshabiller et d'aller dans la salle de bain, Kurama sauta sur le lit pour regarder le kimono cérémoniel d'un blanc immaculé. Le haori (haut) était en soie blanche brodé d'or et le akama (pantalon) en lin.

Une partie de lui avait envie de mâchouiller et de traîner les vêtements partout dans la pièce, tandis que l'autre voulait l'observer sagement. Il commençait à réfléchir et refouler ses instincts primaires, c'était le signe qu'il reprenait des forces.

Kurama s'assit à côté du haori (haut) et enroula sa queue sur ses pattes. Avec son titre de chef de clan et l'approbation des Yamashiro, Sasuke allait pouvoir retourner à Konoha la tête haute. Le Conseil pourrait bien faire quelques difficultés, mais il ne pourrait plus s'en prendre directement à lui. Cela voulait également dire que lui n'aurait plus à servir d'arme, qu'il pouvait envisager une vie consistant à souffrir ou faire souffrir.

Dans un futur proche, Naruto, Sasuke et lui pourraient vivre heureux et en paix.

Les longs cheveux de Neji lui couvraient une partie du visage, il était nu et s'exposer ainsi à la vue du démon à neuf queues ne semblait pas le déranger. Il faut dire que les sous-vêtements faisaient partie de la tenue réglementaire fournit par les Yamashiro.

- J'apprécie sincèrement que tu n'as pas ruiné ma tenue.

- Je suis trop fatigué pour ça.

Kurama avait répondu comme il le faisait d'habitude mais cette fois Neji s'arrêta net.

- Dis de nouveau quelque chose.

Le renardeau se leva, s'étira et se coucha roulé en boule à côté des vêtements de Neji, lui manifestant ainsi son mépris.

- Très bien. Tu finiras bien par me parler quand ton ventre te fera mal.

Alors qu'il prenait son akama (pantalon) l'attention de Kurama fut attirée par l'odeur du sang.

Les cheveux humides de Neji lui collaient au dos jusqu'à sa chute de rein, et du sang se mêlait à l'eau qui en coulait.

- T'as les cheveux qui saignent, tu devrais les sécher mieux que ça si tu ne veux pas tacher tes jolis habits.

Neji marqua un temps d'arrêt et ôta son akama avec la plus grande attention. Une fois ce tour de force réalisé, il vérifia qu'il n'était pas taché.

- Merci de me l'avoir indiqué, ce serait du plus mauvais effet si j'arrivais à la cérémonie couverte de sang.

- Ça t'arrive souvent de saigner des cheveux ? Je pense que tu devrais envisager d'en parler avec un médecin.

- Ne sois pas ridicule, personne ne peut saigner des cheveux.

Pour appuyer son explication, Neji releva ses cheveux et les rassemblèrent en une queue de cheval qu'il enroula sur elle-même. Il la releva et partit chercher une serviette dans la salle de bain.

Kurama écarquilla les yeux et ses pupilles se dilatèrent. Un sceau formé de cercles concentriques et symboles complexe étaient gravé dans le dos de Neji, c'était de là que venait le sang qu'il avait senti. Et c'était sans doute ce qui le rendait si similaire à Ôtsutsuki, l'ermite des six chemins. Les Yamashiro avait dû mêler une part de sa dépouille au corps de Neji. Ce type de greffe est une abomination et l'une des raisons pour laquelle on détruits le corps des ninjas les plus puissant.

- Il n'y a rien à faire, à chaque fois que je reviens ici c'est la même chose.

Pourtant Neji semblait bien plus préoccupé à l'idée de tacher sa tenue ou d'être en retard. Kurama se redressa pour s'asseoir et l'observer avec attention.

- Si tu gardes les cheveux en arrières ça ne se verra pas.

- Mais je n'arrive pas à les faire sécher, j'aurais l'air malin si ça devient transparents.

Le renard se gratta l'oreille gauche avec la patte arrière, puis balança sa queue de droite à gauche.

- Je suppose que c'est très important pour toi de ne pas attirer l'attention en ayant l'air trop bizarre, mais on est dans un clan de Yamashiro et c'est eux qui ont fait de toi celui que tu es. Tu n'as pas à te justifier d'être différents.

Neji le regarda dans les yeux et lui répondit avec une sincérité déconcertante.

- Ce n'est pas pour sauver les apparences, Kurama. Celui que j'étais me manque parfois.

Il enfila son haori sans débattre davantage, noua sa ceinture à sa taille et mit son bandeau de Konoha, afin de maintenir ses cheveux en arrières.

- Je n'ai pas de poche, je veux bien que tu te caches dans l'un des pans de me kimono, mais tu dois me promettre de rester calme et t'y tenir.

- J'évite de faire des promesses que je ne compte pas tenir, c'est un principe comme un autre.

Le démon à neuf queues avait le mérite d'être honnête.

- Et sur mes épaules, tu penses pouvoir le faire ?

Le renard resta silencieux un long moment, après avoir vu cette marque sanguinolente dans son dos, il craignait de lui faire mal.

- Il reste toujours la sacoche, mais il faut vraiment que tu sois calme. Je vais devoir passer un long moment sans m'occuper de toi. Et c'est ta dernière occasion de manger avant la fin de la cérémonie.

Kurama regarda la main qu'il lui tendait.

- J'ai suffisamment mangé pour ce matin.

- Très bien, de toute façon je suis certain que tu trouveras un moyen de t'alimenter si tu en ressens le besoin. Evite le talon d'Achille, la cicatrisation est très longue et particulièrement handicapante.

Le renard pouffa de rire.

- Tu t'imagines que je vais te mordre les pieds ? Et pourquoi les embrasser tant que j'y suis !

Neji releva l'une des jambes de son akama et montra les cicatrices en arc de cercle sur sa cheville.

- Kôkuo m'a fait ça et il n'a pas de dents, alors en reparlera quand tu auras faim.

- Il est faible et stupide. J'ai un minimum de fierté, tu sais ? J'aimerais encore mourir de faim plutôt que de te lécher les pieds.

Neji nia de la tête, comme s'il avait entendu la même phrase trop de fois.

- Retourne dans le sac et n'en bouge pas.