Salut, salut ! Me revoila pour un nouveau chapitre. Je me suis bien amusé à l'écrire et j'espère qu'il vous plaira. Merci à tous ceux qui suivent cette fic' !
Bonne lecture et n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez, ça fait toujours plaisir de lire vos ressentis ! :)
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Chapitre 24 : Rusé comme Rosier
James était gêné, pour la première fois depuis très longtemps. Il était en compagnie de Lily, la réunion venait de se terminer et ils avaient réglé avec les préfets la dernière répartition des tâches pour le bal de noël (et de manière sérieuse et claire cette fois-ci). Ils étaient seuls dans la salle dédiée aux préfets, ils finissaient de remplir et de trier les derniers documents et compte-rendu à rendre aux professeurs pour le lendemain.
Depuis sa conversation avec Greta, James n'arrivait plus à se concentrer lorsqu'il était à côté d'elle. Il ne voyait que son regard émeraude hypnotisant, ses lèvres pleines qu'il avait envie d'embrasser, ses cheveux dans lesquels il voudrait passer sa main, et son rire qui réchauffait son cœur.
Il était complètement mordu. C'était un fait. Il aimait les rouquines immatures. Parce que c'était ce qu'était Lily, immature. Il n'était pas aveugle. Il savait que Lily ne réfléchissait pas avant d'agir, qu'elle ne pensait jamais aux conséquences de ses actions. Elle était tout ce qu'il n'était pas. Elle ne prenait jamais rien au sérieux, alors que lui avait tendance à prendre tout beaucoup trop au sérieux. Elle prenait les études à la légère alors que lui travaillait d'arrache-pied. Elle n'écoutait pas en cours, passait son temps à discuter avec ses amis, contrairement à lui qui tentait d'être le plus calme et studieux possible.
Lily était son opposée. Elle était drôle, gentille parfois, belle et attirante certes. Mais ils n'avaient rien en commun. Ils ne pouvaient pas fonctionner. Et elle ne l'appréciait sûrement pas de cette manière.
- James ? James ? Ouhouh ?
Une main passa devant ses yeux et il sortit de ses pensées. Lily le regardait avec un sourire amusé. Il s'obligea à ne pas la fixer trop longtemps.
- Eh beh, pour quelqu'un qui était tellement motivée à organiser ce bal t'as l'air de t'ennuyer royalement.
James fit la moue, gêné.
- J'étais perdu dans mes pensées, répondit-il simplement.
Lily se pencha sur la table en prenant un air intéressé. Il reconnut le même air de commère que prenait Greta parfois quand elle voulait lui soutirer des informations. Il sentit que la conversation qui allait suivre allait être particulièrement inconfortable pour lui.
- Oh oh ! Ne me dit pas que tu pensais à une fille !
James tenta de garder un visage impassible mais il sentit ses joues s'embraser. Pour la discrétion on repassera.
- Non, évidemment que non ! s'exclama-t-il d'une voix précipitée.
- Je ne te pensais pas romantique, chantonna Lily visiblement amusé.
Elle ne l'avait pas cru évidemment. Par Merlin, si elle se mettait en tête de chercher à quelle fille il était en train de penser il était dans la merde. Il ne pouvait pas lui avouer qu'il pensait à elle, mais Lily était tenace et elle ne le lâchera pas de sitôt.
- Je ne suis pas un romantique. Je ne pensais à personne, à part à la quantité de travail à faire avant décembre, ronchonna-t-il en adoptant un ton sérieux.
Lily leva les yeux en ciel.
- Me fais pas marcher James. Allez raconte tout à ta copine Lilou. Comment est-elle ? Belle ? Moche ? Dans notre année ? Me dit pas que c'est une Poufsouffle ? Je la connais ?
Elle commençait à l'assaillir de question et James se crispa. Certes il l'aimait plus que de raison mais elle n'en restait pas moins une vraie plaie.
- Mais puisque que je te dis que je ne pensais à personne ! T'es lourde à la fin.
Evidemment elle ne l'écouta pas et continua dans sa lancée.
- Obligé c'est une préfète. Tu ne pourrais avoir le béguin que pour une fille aussi sérieuse que toi.
Elle avait raison. Enfin en partie seulement. Parce qu'elle était toute sauf sérieuse.
- Dit moi son âge au moins ! insista la rouquine.
Il se leva brusquement. Il ne pouvait pas rester plus longtemps alors qu'elle l'assaillait de question sur sa vie amoureuse. Vie amoureuse qui la concernait personnellement depuis quelques jours maintenant.
Elle fronça les sourcils devant son mouvement d'humeur.
- Je-je dois allez voir Greta. On se voit plus tard ! bégaya-t-il avant de sortir brutalement de la pièce laissant toute ses affaires en plan.
- Mais James ! hurla Lily alors qu'il quittait la salle. Je t'ai vexé ? Oh allez ne sois pas aussi cachotier !
Par Merlin. Il devait absolument trouver Greta. Ou John. C'était une véritable catastrophe si Lily se mettait en quête d'une mystérieuse fille qui l'aurait fait craquer.
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Evan rampait. Le visage dans la poussière il tentait de ne pas tousser, le ventre au sol, il avançait à l'aide du bout de ses pieds et de ses avant-bras en tentant de faire le moins de bruit possible. Il plissait des yeux vers le filet de lumière face à lui, à quelques mètres. Il y était presque, il eut un léger sourire tout en continuant son avancée. Il était actuellement caché sous les gradins du stade de Quidditch. L'équipe de Gryffondor était en plein entraînement, Cynthia avait été nommée capitaine par intérim pendant le temps de son exclusion temporaire de l'équipe.
McGonagall avait un œil de lynx et l'ouïe d'un chat. Elle avait paré toutes ses tentatives pour entrer sur le terrain de Quidditch. Il n'avait même pas le droit d'aller dans les gradins. Une véritable torture. Elle n'avait aucune empathie cette bonne femme, elle ne se rendait pas compte à quel point le Quidditch était toute sa vie. Et ce n'était pas une exagération. Il vivait Quidditch, pensait Quidditch, dormait même en pensant à ce sport.
Dans un premier temps il avait tenté la semaine précédente de se déguiser. Un véritable échec, malgré son déguisement plutôt réussis (Dorcas et Peter l'avaient vraiment aidé sur ce coup) il ressemblait à Eliott comme deux gouttes d'eau. McGo l'avait cramé à peine avait-il fait un pas en direction du stade. Il avait eu l'impression qu'elle avait senti, ou plutôt ferrer, que c'était lui et pas son camarade. Ensuite il avait essayé de se lancer un sort d'invisibilité, un nouvel échec. Il n'avait pas abandonné pour autant, il avait tenté de soudoyer un première année et lui avait fait porter un miroir à double sens pour qu'une fois dans les gradins il puisse suivre l'entraînement en direct. McGo avait confisqué l'objet et pour la première fois de sa vie il s'était vu prendre une retenue à distance, sans être physiquement face à son professeur. Alors aujourd'hui il avait misé le tout pour le tout. Il avait décidé de s'introduire sur le terrain mais par le sol. Il était sous les gradins, il s'y était glissé par dessous les tentures par la lisière de la forêt interdite. C'était une question de vie ou de mort, il devait absolument surveiller ses joueurs. Et il était passé maître dans l'art de la ruse pour entrer sur le terrain, après plusieurs jours de lutte contre sa directrice de maison.
Ce n'est pas qu'il n'avait pas confiance en Cynthia pour mener les entraînements, mais son amie avait des tendances à la flemme et au laissez passer. Elle serait capable de prévoir des petites pauses goûter pendant l'entraînement. Ce qui était tout bonnement impensable. Il savait qu'elle n'avait pas écouté la moitié de ses recommandations avant qu'elle ne se rende aux entraînements. Ne pas savoir était une véritable torture, et il était incapable d'attendre. Surtout que Cynthia serait bien capable de lui raconter des bobards pour endormir sa confiance et lui faire croire qu'ils bossaient à fond alors qu'en vérité ils glandaient comme des bienheureux sur leurs balais. Ses joueurs le prenaient vraiment pour un lapin de trois semaines.
A plat sous les gradins il pouvait maintenant apercevoir un bout du terrain, et surtout entendre ce qu'il se passait.
Il entendait le rire de ses coéquipiers et pouvait apercevoir leurs pieds. Ses sourcils se froncèrent et une mine agacée apparut sur son visage. Pourquoi n'étaient-ils pas en train de voler ? Par les couilles de Merlin, ils étaient en train de papoter tranquillement. Ils voulaient peut-être du thé et des petits gâteaux ? Quoique connaissant Cynthia elle était capable d'en avoir amené. C'était inadmissible ! Lorsqu'il reviendrait dans un mois il ne voulait pas que ses joueurs soient devenus des flemmards de première. Ils n'étaient pas les Poufsouffle, merde !
Il s'approcha davantage de la lumière et osa sortir sa tête légèrement de dessous la tenture. Il laissa échapper un juron sonore. Ses joueurs étaient en train de discuter tranquillement, et mangeaient des biscuits secs en ricanant bêtement. Il allait les trucider.
- C'est quoi ce bordel, marmonna-t-il alors qu'il s'apprêter à hurler son mécontentement.
Un raclement de gorge le sortit de ses pensées et le coupa dans son élan. Son regard remonta lentement et il croisa les yeux perçants de sa directrice de maison.
Merde.
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D'un pas aérien, un sourire rayonnant sur les lèvres Greta prit place à côté de Sirius dans la salle d'étude. Le Serpentard lui adressa un simple hochement de la tête alors que la Serdaigle le saluait bruyamment.
Elle jeta un petit coup d'œil sur son parchemin où il écrivait d'un air concentré avant qu'elle ne vienne le déranger. Elle eut un léger sourire crispé en remarquant le devoir de DFCM qu'elle n'avait pas encore commencé.
- Qu'est-ce que tu veux Catchlove ? Tu me déranges, demanda Sirius d'un ton abrupt.
Greta releva un regard surpris vers son camarade. Sirius n'était certes pas la personne la plus chaleureuse qu'elle connaissait mais il n'était jamais aussi sec et limite mauvais. Le garçon abordait une mine plus renfermée que d'habitude et son regard gris s'assombrissait de seconde en seconde. La jeune fille finit par se racler la gorge.
- C'était pour te dire de me rejoindre en 607 à 20h pour te donner les clopes, dit Greta d'un ton léger. Ne sois pas autant sur la défensive Sirius, sinon tu peux te brosser pour avoir tes clopes.
Sirius passa une main lasse sur son visage.
- Désolé, grimaça-t-il. Je suis juste de mauvaise humeur en ce moment.
Autant Greta avait été légèrement surprise par la froideur de Sirius, autant maintenant elle était choquée. Sirius Black venait de s'excuser et pour couronner le tout il venait de se confier à elle. Bon il ne lui avait pas confié le secret de l'année, mais il venait de lui parler librement.
Elle savait qu'il faisait référence à Dorcas, mais elle ne savait pas quoi lui répondre. Après tout, Dorcas lui avait bien dit -voir hurlé- de ne rien dire à Sirius sur ce qu'elle ressentait. Elle était sans voix.
- Oh… répondit Greta avec une extrême intelligence.
Elle se mordit les lèvres alors que Sirius lui lançait un regard agacé. Il ramassa rapidement ses affaires et se leva d'un mouvement brusque.
- Laisse tomber, je vais rejoindre les autres, marmonna le garçon.
- Attends Sirius, s'exclama Greta en lui agrippant la manche de sa robe de sorcier.
Il lui lança un regard noir, en appuyant sur sa main que tenait sa manche. Gênée, Greta lâcha le vêtement du garçon avant de lui répondre d'une voix douce et qu'elle espérait encourageant.
- Ne t'inquiètes pas, ta bonne humeur va revenir.
Le garçon fronça des sourcils et il la regardait à présent comme si elle était stupide.
- Catchlove je n'ai pas besoin de tes phrases à la con que t'as choppé dans les romans du Docteur Mamour.
Sirius tourna les talons et s'éloigna d'un pas raide, laissant Greta figée sur place. Elle espérait que Dorcas allait réussir à se bouger, et vite. Personne ne survivrait à Sirius Black dans cette humeur.
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- Aie ! Aie ! Aie ! Vous n'avez pas le droit de faire ça ! Je pourrais vous dénoncez pour violence sur un de vos élèves ! piaillait Evan alors McGonagall le raccompagnait jusqu'à la sortie du terrain en le tirant légèrement par l'oreille.
La mégère l'ignora royalement. Elle lui avait déjà fait un sermon lorsqu'elle l'avait forcé à sortir de dessous les gradins sous les œillades amusés de ses joueurs. Après un dernier regard noir elle lui ordonna de rejoindre le château.
- Que je ne vous reprenne plus à ignorer mes ordres Monsieur Rosier, ou ce n'est pas d'un mois sans Quidditch mais de deux que vous écoperez ! Et ne me faites pas cette tête outrée, je suis sérieuse. Maintenant retournez dans votre salle commune ! Et fissa !
Evan ravala une réplique acerbe et après un haussement de tête à la fois hautain et vexé il se dirigea d'un pas morne vers le château. Il passa la grande porte avec rage, un ricanement moqueur retentit à sa droite et le Gryffondor se stoppa. Une grande blonde le toisait d'un œil goguenard.
- Alors on s'est fait disputer Rosier ?
Il lui lança un regard noir et tenta de l'ignorer en passant son chemin. Mais c'était sans compter que Mary MacDonald était une véritable plaie. Cette fille lui pourrissait l'existence. Elle avait évidemment aperçu McGonagall lui tirer les oreilles.
- T'as encore perdue ta langue ? McGo te l'a coupée ou tes amis ont enfin réalisé à quel point tu étais insupportable et t'ont lancé un sort de mutisme ? caquetait la vieille pie derrière lui en lui emboîtant le pas.
- Tu me fais chier MacDonald. Va voir ailleurs.
Le rire cristallin de la fille résonna à ses oreilles.
- Ouh quelle humeur de merde. Ça ne doit pas être la folie avec toi tous les jours. Tu m'étonnes que tu sois toujours célibataire.
- Mais à quel moment je t'ai montré que je voulais te parler ? s'énerva le garçon.
La jeune fille eut un léger sourire railleur pour toute réponse, et il continua à bougonner dans sa barbe, ignorant la jeune fille.
- C'est à cause du Quidditch que tu tires la gueule ?
Pour toute réponse Evan se retourna vers elle et la fusilla du regard. Elle osait lui demander ça ! Alors que ça paraissait évident. Et puis ils n'étaient pas pote, pourquoi elle bavassait avec lui comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Une véritable sangsue cette fille, il avait l'impression de la croiser à chaque fois qu'il faisait un pas en dehors de sa salle commune depuis Halloween.
- Je ne comprends pas pourquoi vous êtes autant obsédé par ce sport, commenta Mary plus pour elle-même que pour Evan. Ça n'a rien d'exceptionnel le Quidditch. Juste une bande de glands qui vole sur un balai en jouant avec des balles.
Evan pila net et Mary faillit lui rentrer dedans. Elle l'insulta copieusement alors que le Gryffondor prenait la parole d'un ton outré.
- Rein d'exceptionnel ? Une bande de glands ? Des balles ? siffla-t-il en appuyant sur chaque mot comme si c'étaient des insultes ultimes.
Mary roula des yeux et darda un œil las sur le Gryffondor. Elle avait l'impression d'avoir Severus en face d'elle, lorsqu'il défendait son sacro-saint Quidditch.
- C'est juste le meilleur sport du monde sorcier, fit Evan d'un ton sans appel.
- Tu es exactement comme Severus.
Sur ces belles paroles Mary reprit sa route d'un pas calme non sans lui avoir lancé un dernier regard moqueur. Evan resta figé, le visage rougit par la colère.
- JE NE RESSEMBLE PAS A ROGUE ! hurla-t-il mais la blonde était déjà loin.
Il n'avait rien à voir avec ce crétin.
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Mary se laissa tomber dans un fauteuil de la salle commune. Louis poussa une exclamation sonore en la remarquant. Il n'y avait que les garçons. Charlotte était avec Libby, partit faire elle ne savait pas quoi dans le château.
Sirius et Severus étaient assis côte à côte dans le canapé vert bouteille. Ils tiraient tous les deux une tête de dix pieds de long. C'était la folle ambiance chez eux depuis quelques jours. Entre Sirius qui déprimait après s'être prit le râteau de sa vie et Severus qui était littéralement à deux doigts de mourir s'il ne touchait pas à un balai dans la seconde.
- Je te jure je vais finir par me pendre à cette allure-là, chuchota Louis à l'oreille de Mary en prenant place sur l'accoudoir de son fauteuil. Avec leurs têtes de dépressif je me mets à réfléchir, et ça me donne des idées noires.
Mary leva les yeux au ciel devant tant de dramatisme. Louis avait tendance à tout exagérer.
- Il faut qu'on trouve quelque chose pour les faire bouger, soupira Mary en observant ses deux amis.
- Tu crois que je n'ai pas déjà essayé ? rétorqua Louis d'une voix agacée.
La jolie blonde fit la moue.
- Bon un problème à la fois, Sirius on ne peut pas l'aider parce qu'on ne connaît pas toute l'histoire avec sa Gryffondor, mais pour Sev on a moyen, déduisit-t-elle.
Louis releva un œil intéressé sur son amie en reconnaissant le ton de celle-ci. Il eut un léger sourire.
- Tu as une idée ?
Elle posa un regard las sur son ami.
- Evidemment. Pour qui tu me prends ? Je suis Mary MacDonald. J'ai toujours une idée.
- Arrête de te la jouer et raconte-moi tout, s'impatienta Louis. Oh grande sauveuse !
Mary laissa un sourire innocent étirer ses lèvres alors qu'elle prenait tout son temps pour lui répondre.
- Si je te disais que j'ai un moyen pour remonter le moral de notre Sevie national, mais aussi d'assister à un spectacle d'exception et de se faire de l'argent en même temps, tu serais pour ?
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Charlotte laissa échapper un énième soupir. Elle regardait son amie d'enfance avec un air de chien battu, mais Libby était insensible à son charme. Après des années elle ne se faisait plus avoir par les yeux doux de sa meilleure amie. La Serdaigle lui lança un regard sévère alors qu'elles entraient dans la bibliothèque.
- Arrête de faire l'enfant. T'as plus quatre ans Charlotte.
- Mais je n'ai pas envie de travailler, gémit la Serpentard en traînant des pieds.
- Cha, on arrive bientôt en décembre et tu n'as quasiment pas ouvert un seul livre. Pour tes devoirs tu te contentes de copier sur Severus ou Mary, ou sur Greta. Il serait temps de te bouger, les ASPICs sont à la fin de l'année.
La française leva les yeux au ciel en affichant une grimace affligée.
- Mais de toute façon je ne sais même pas ce que je veux faire après Poudlard, alors que je redouble ou pas ça ne me fait ni chaud ni froid.
Libby l'ignora, attrapa vivement son bras pour la tirer avec vigueur vers le fond de l'antre du savoir. Charlotte se laissa traîner tout en maudissant son amie. Elle n'avait aucune envie de travailler. Après tout si elle redoublait ça lui laissait une année de plus pour savoir ce qu'elle voulait faire après Poudlard, et pour couronner le tout elle serait toujours dans le climat chaleureux et familier du château. Elle n'avait aucune envie d'affronter le monde extérieur, où il était question de la vie d'adulte. C'était à dire continuer des études davantage axées vers un métier, ou entrer dans le monde professionnel directement. Ça voulait aussi dire vivre seule parfois, s'occuper de choses ennuyantes comme les factures. Elle devrait même se faire à manger seule si elle était loin de chez ses parents. L'horreur. Charlotte ne voulait pas. Pas tout de suite en tout cas, elle était très bien dans son petit train-train quotidien, entourées de ses amis.
Libby s'arrêta devant une table ou deux Gryffondor étaient installés. Elle reconnut le brun à lunettes comme étant Nick, le petit-ami de son amie. La Serdaigle eut un grand sourire avant de déposer un rapide baiser sur les lèvres de celui-ci. Il eut un grand sourire et lui demanda comment elle allait alors qu'elle prenait place à côté de lui. Charlotte soupira en prenant place à côté du second Gryffondor.
Elle lui accorda un signe de tête peu amène. Elle n'avait aucune envie de faire la discussion à un inconnu aujourd'hui. Elle n'était pas d'humeur. Elle ne voulait pas travailler et elle avait été forcé par son ignoble amie. Dire qu'elle voulait juste échapper à l'ambiance pesante de ses amis, elle n'avait aucune envie de se retrouver dans le lieu du silence qu'était la bibliothèque.
Libby lui lança un regard noir en voyant qu'elle ne sortait pas ses affaires de cours. Charlotte fit les gros yeux tout en sortant des parchemins, de l'encre et une plume à une lenteur exagérée. Elle fit un maximum de bruit pour montrer son désaccord. A ses côtés le Gryffondor lui lança un regard en coin et elle lui tira puérilement la langue. Il roula des yeux mais un léger sourire étira ses lèvres fines. Elle fronça des sourcils. Se moquait-il d'elle ?
La première heure passa lentement. Très lentement. Charlotte était distraite, elle passait plus de temps à papillonner qu'à travailler. Et les rires étouffés des tourtereaux en face d'elle la perturbait. Ce que Libby pouvait être tarte quand elle était amoureuse, pensa-t-elle en remarquant les joues rose de son amie et son sourire niais. Quoique son petit-ami abordait la même tête. C'était mignon en soit, et ça la soulageait que le Gryffondor ait l'air aussi attaché que son amie.
Un reniflement la sortit de sa contemplation du couple et elle se tourna vers son voisin. Il semblait passablement agacé par les minauderies du couple. Un léger sourire étira les lèvres de Charlotte alors qu'elle le détaillait.
Il était plutôt mignon. Pas un canon, mais mignon. Il avait des cheveux châtains assez court, et de courtes mèches tombaient sur son front. Il avait un nez droit, et un visage anguleux. Elle se demandait de quel couleur était ses yeux lorsqu'il tourna brusquement la tête vers elle. Il avait dû se sentir observé. Elle eut le plaisir de croiser deux orbes d'un bleu sombre.
- T'as fini de me regarder ? Tu me déconcentre, dit-il sèchement.
- Ce n'est pas plutôt les deux niais qui te déconcentrent ? Mais ravie de savoir que je te perturbe, répondit Charlotte d'un ton joueur.
Il resta imperturbable, ce qui agaça Charlotte qui avait envie de faire réagir le garçon.
- Tu me gênes dans mon travail, alors oui tu me perturbe mais pas de la façon que tu penses. Tu peux ravaler ton sourire séducteur et me laisser tranquille maintenant ?
Charlotte ouvrit la bouche, vexée. Mais pour qui ce prenait-il ? Elle ne le connaissait ni d'Adam ni d'Eve et il se permettait de l'envoyer dans les choux.
- Ne prend pas tes désirs pour la réalité, je n'essayais pas de te séduire, rétorqua-t-elle abruptement.
Il esquissa un léger sourire entendu, puis se repencha sur son devoir.
- Très bien. Alors maintenant laisse-moi tranquille.
- Eh ! C'est toi qui m'as adressé la parole en premier.
Il soupira et releva à nouveau son regard bleu sur elle.
- Et je le regrette amèrement. Maintenant si tu le permets j'aimerais travailler, et en silence. Tu sais, cette chose où on n'entend rien.
Il s'était exprimé d'une voix lente comme si elle était stupide. Réellement énervée par ce crétin à présent Charlotte sentit ses joues rougir, elle s'apprêtait à répliquer quand la voix douce de Libby l'interrompit.
- Un problème ?
La blonde tourna un regard furieux vers son amie. Elle attrapa son sac d'un geste brusque avant de fourrer toutes ses affaires dedans sans aucune délicatesse.
- Je vais y aller. Cet endroit est rempli de crétins, c'est invivable.
Sans laisser le temps à son amie de l'empêcher elle se leva et quitta la table. Le Gryffondor n'avait pas lever un seul regard sur elle quand elle était partie. Il s'était contenté de l'ignorer.
Mais bordel qui était-il ? Elle n'arrivait pas à se le remettre. Mais foie de Serpentard elle allait trouver qui était ce crétin et n'allait pas se faire prier pour l'emmerder.
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Dorcas fixait la porte de la salle avec appréhension et angoisse. D'ici quelques minutes, Sirius allait passer le pas de cette porte. Il s'attendait à retrouver Greta pour qu'elle lui donne ses cigarettes. Mais à la place de la Serdaigle c'est elle qu'il trouverait. Et elle redoutait sa réaction. C'est pour ça que Tracey et Greta étaient cachés un peu plus loin dans le couloir pour fermer la porte à clé. Histoire que le garçon ne prenne pas la fuite. Dorcas espérait avoir le temps de le convaincre de l'écouter avant qu'il ne dégaine sa baguette et sorte de la pièce aussi facilement qu'il y était entré.
Elle entendit un grincement et la poignée de porte s'abaissa. Rapidement elle descendit de la table sur laquelle elle était assise pour se mettre debout. Stressée, elle se mit à triturer ses bracelets au poignet droit.
Sirius entra dans la pièce, le visage sombre. Dorcas eut un pincement au cœur en remarquant son regard sombre. La porte claqua derrière le garçon au même moment où il remarqua la Gryffondor qui se tenait en face de lui. Sa mâchoire se carra alors que ses yeux se plissaient, la trahison s'affichant sur son visage. Il s'apprêtait à faire demi-tour quand Dorcas hurla en avançant vers lui pour l'empêcher de partir.
- NON ! Attends Sirius, reprit-elle plus doucement. J'aimerais te parler.
Le garçon ne répondit pas, mais il ne bougea pas. Il la fixait avec rancœur. Et Dorcas comprenait maintenant ce qu'il avait ressenti la dernière fois, alors qu'elle restait silencieuse devant lui. Un sentiment d'injustice mêlée à de l'impuissance la traversait de toute part. Elle se sentait honteuse. Elle n'avait pas le droit de lui en vouloir pour son silence alors que c'était sa faute s'ils en étaient là.
Elle prit une grande inspiration pour se donner du courage. Si elle ne parlait pas rapidement il allait quitter la pièce.
- Je suis désolé. Pour t'avoir ignoré, fuis, pour t'avoir insulté, et pour être resté silencieuse la dernière fois. J'ai été minable, et je t'ai blessé. Je suis réellement désolé Sirius.
Elle avait parlé d'une petite voix qu'elle ne se reconnaissait pas. Mais pendant toute sa tirade elle n'avait pas lâché le regard de Sirius, au prix d'un énorme courage. Le visage du garçon resta dur mais son regard s'adoucit légèrement.
Elle pouvait le faire. Elle était capable de lui dire ce qu'elle ressentait même si s'était flou. La seule chose dont elle était certaine c'était qu'il lui avait affreusement manqué et qu'elle avait pensé à lui chaque jour depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus.
- La vérité, continua-t-elle d'une voix plus assurée, c'est que je ne sais pas ce que je ressens pour toi. Je ne regrette pas ce qu'il s'est passé à Halloween mais je ne sais pas si je veux plus maintenant. Tout est allé trop vite, je-je on s'entendait bien et du jour au lendemain tu m'embrasse et je-...
- Je rêve ou t'essayes de reporter la faute sur moi ? l'interrompit sèchement le garçon. Je suis celui qui a gâché notre relation c'est ça ? T'es gonflée Meadowes.
Dorcas rougit furieusement et tenta de garder un ton calme. Elle ne voulait pas s'énerver.
- Non, tu as mal compris. Ce que je veux dire c'est que tu m'as prise de court, et je ne savais pas comment te faire face après ça. Je ne savais pas quoi faire. Ni quoi te dire, et tout le monde n'arrêtez pas de me dire que tu attendais plus de moi. Ce que je ne pouvais pas te donner à ce moment-là. J'étais tellement perdue, et je le suis encore.
Il y eu un léger silence. Ils se regardaient dans les yeux, puis finalement un léger sourire étira les lèvres de Sirius et Dorcas sentit son cœur se gonfler d'une chaleur apaisante.
- A ce moment-là ? dit Sirius d'une voix rauque en s'approchant. Et maintenant ?
Dorcas sentit son cœur s'affoler dans sa poitrine. Sirius la regardait avec assurance, et sa beauté la perturbait.
- Je… Tu me plais, je ne peux pas dire le contraire, avoua la brune. Mais je veux faire les choses bien. Je veux être sûre de ce que je ressens pour toi. Je ne veux pas te mener en bateau, ni te faire des promesses dans le vent.
Sirius hocha la tête et s'arrêta à quelques centimètres d'elle.
- On peut y aller doucement, murmura-t-il.
Dorcas sourit. Un vrai sourire cette fois. Sans gêne, et sincère. Instinctivement elle attrapa la main du garçon et pressa ses doigts contre les siens. Sirius répondit rapidement à son étreinte.
- N'empêche que maintenant tu ne peux plus me mentir, fit Sirius d'un ton amusé.
Dorcas fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Tu as un petit côté Serpentard, avoue-le.
La brune éclata de rire avant de donner une légère tape sur l'épaule de Sirius.
- Jamais ! Je suis une Gryffondor pur jus.
- La courage en moins, la taquina Sirius.
- Eh ! Je suis venue te parler je te signale !
- Et tu as usé de la ruse pour ça. Qu'est-ce que je disais déjà ? Ah oui ! Une vraie Serpentard.
Sirius éclata de rire devant la mine outrée de la jeune fille. Son rire se calma légèrement, mais son esprit était plus apaisé. Il était heureux. Les mots de Dorcas l'avaient soulagé et il n'aurait jamais imaginé pouvoir imaginer de nouveau quelque chose avec la jeune fille.
- Alors Dorcas -Serpent- Meadowes ça te dit de m'accompagner à la prochaine sortie à Pré-au-Lard ?
Le sourire éclatant de la jeune fille fit écho au sien alors qu'elle répondait d'une voix taquine.
- Seulement si tu arrêtes de me comparer à un serpent.
- Je te promets d'essayer, mais pas de réussir.
Sans réfléchir Dorcas l'enlaça et posa sa tête contre son torse, un sourire rayonnant étira ses lèvres alors que les bras de Sirius se refermait autour d'elle.
