Bonjour à tous et à toutes,
Voici la suite de cet fic. Le chapitre sera plus court parce que 1) il marque le tournant dans cette histoire et 2) j'avoue être surbookée au boulot et on passe le week-end à fêter l'anniversaire de mon copain ainsi que la naissance de mon neveu (autant dire que je ne vais pas passer le week-end à écrire !) Je me rattraperais au prochain, promis.
Sur ce… {enjoy}
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Marinette ne revint pas à l'école de la semaine. À vrai dire, elle ne quitta l'hôpital que le lendemain de son admission. Une petite commotion cérébrale devait être surveillée et, pour rassurer ses parents ainsi que son surprotecteur de petit-ami, elle était restée sous surveillance. Pas que cela la dérange, au contraire. Elle n'était pas devenue une inquiétude supplémentaire pour ses parents pendant leur journée de travail. Mais elle devait admettre que sortir de la structure d'un blanc immaculé et sentant le désinfectant à plein nez l'enchantait aussi.
Le mercredi, sa mère l'avait amené au commissariat afin qu'elle dépose une plainte contre Wang. Adrien avait insisté pour l'accompagner, pour qu'elle ne traverse pas ça seule, mais elle avait refusé. Alors, elle était là, devant la porte principale du commissariat avec sa mère, sans aucune expression sur le visage. Sincèrement, elle donnerait n'importe quoi pour être n'importe où ailleurs qu'ici. L'idée de devoir revivre son altercation avec Wang l'angoissait, la terrifiait. Elle s'était jurée de ne plus avoir peur de lui mais après lundi, c'était complètement différent. Juste son souvenir, ses mains sur elle, son haleine, le poids de son corps contre le sien… Tous ces souvenirs l'engloutissaient dans un désespoir qu'elle n'aurait jamais cru capable de ressentir. Elle sombrait silencieusement, gardant une façade courageuse pour tous. Mais là, debout devant la devanture, elle ne savait pas si elle pourrait tenir ce masque. Le cœur au bord des lèvres, Mari' regarda une personne âgée sortir, aidée par un officier pour descendre les deux marches menant au bâtiment. Sabine effleura sa main doucement, sortant sa fille de ses pensées sombres. Mère et fille échangèrent un regard et, pour la première fois depuis son incident, Mari' brisa sa carapace. Sabine lu la détresse de sa fille en un instant, juste avant qu'elle ne commence à hyperventiler et à ne pas se sentir bien. Mari' vacilla un instant mais fut rattrapée par sa mère et par l'officier qui avait vu l'adolescente de décomposer sur place.
Seulement, ces nouvelles mains sur elle l'effrayèrent : elle hurla et tenta de se dégager de l'emprise, le souvenir de Wang revenant de plein fouet devant ses yeux. Elle trébucha sur ses propres pieds et faillit tomber au sol. L'officier la rattrapa et se recula immédiatement après avoir vu qu'elle ne risquait plus de tomber. Il échangea un regard avec Sabine.
« Nous venons déposer une plainte pour agression sexuelle. Expliqua-t-elle doucement, de sorte que seul l'homme en face d'elles puisse l'entendre.
- Je vais m'occuper de vous si cela vous va. »
Un hochement de tête de Sabine, un regard baissé de honte pour Marinette, et les deux femmes suivirent timidement l'homme dans l'enceinte du commissariat. Ce n'était sans doute pas correct, mais elles dépassèrent les deux personnes qui attendaient dans le couloir. Mari' ne les remarqua même pas, suivant aveuglément sa mère qui avait pris sa main pour la rassurer. Moins de cinq minutes plus tard, elles étaient assises dans un bureau fermé, faisant face à l'homme. Il regardait Marinette avec une infinie patience. Elle prit une profonde inspiration tandis que sa mère donnait les premières informations générales. Quand un blanc revint dans la pièce, l'adolescente compris que c'était son tour. Elle ferma les yeux un instant pour se donner du courage, leva le regard vers l'officier, et commença à tout raconter en détail.
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Le jeudi amena avec lui du soleil, une tête plus légère, une meilleure mine et des heures de sommeil récupérées. Autant dire que Marinette était en forme, dans la mesure du possible. Ses cotes lui faisaient encore mal mais c'était plus confortable, sa main ne la lançait plus vraiment et ses bleus avaient pris une couleur plus claire, facilement camouflable avec un peu de maquillage. Ses coupures se refermaient gentiment mais surement et son esprit se sentait libéré d'un poids depuis qu'elle avait quitté le commissariat la veille en larmes. Sa mère avait été d'une patience exemplaire, apportant tout le soutien que sa fille lui réclamait inconsciemment. Son père l'avait chouchouté, lui amenant tous ses plats préférés dès qu'elle en manquait. SI aucun réel repas n'avait pu être avalé durant ces deux derniers jours, Mari' s'était bien rattrapée en grignotant tout ce que lui apportait son père.
Adrien était venu la voir également, sautant son cours de chinois et gagnant le grognement de son père. Marinette l'avait réprimandé, refusant qu'il se mette à dos son père pour elle ainsi. Déjà qu'il loupait un jour d'école le lendemain pour l'amener pour un week-end thalasso et détente ! Adrien lui avait ri au nez et avait caressé sa joue avec amour.
« Je louperais n'importe quel cours ou évènement pour te retrouver si tu as besoin de moi. Murmura-t-il doucement.
- Je vais bi…
- Tu ne vas pas bien Mari'. Ne me dis pas le contraire, je sais que tu mens. Et c'est naturel. S'il-te-plait, ne m'écarte pas et laisse-moi être à tes côtés. »
Comment lutter contre ça ? Marinette lui adressa un léger sourire et vint se blottir contre lui. Respirer son parfum, se caler dans son cou et le sentir contre elle la rassurait. Elle avait besoin de lui. Maintenant, demain. Ressentant son désarroi, il resserra son emprise sur elle, lui murmurant qu'il était là, avec elle, qu'il ne la laisserait pas tomber. Elle ferma les yeux et se laissa bercer par ses mots, les intégrant pleinement.
« Je t'aime. Murmura-t-elle contre lui, la gorge serrée par l'émotion.
- Je t'aime aussi Princesse. Sourit-il en déposant un baiser sur ses cheveux.
- Non. Tu ne comprends pas. Continua-t-elle en se détachant de lui pour mieux le regarder. Je… je sais qu'on est jeune et que beaucoup vont se dire que je ne connais rien de l'amour mais… je t'aime réellement Adrien. Profondément. Je ne sais pas comment tu as fait pour me faire tomber si fort mais il n'y a qu'avec toi que je veux être. Qu'avec toi que je me sens en sécurité, entière … moi-même. Comme si tu complétais un morceau de mon âme pour que je puisse être enfin entière. Avoua-t-elle avec une petite voix, les larmes aux yeux.
- Crois-moi Marinette, se pencha-t-il vers ses lèvres, je comprends parfaitement. »
Il déposa ses lèvres sur les siennes, la faisant gémir doucement alors qu'elle fermait les yeux pour se fondre dans le baiser.
C'était fini. Wang ne l'importunerait plus. Elle était en sécurité avec lui. Avec Adrien.
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Le centre de Thalasso de Cabourg était magnifique. Marinette se retrouva bouche-bée devant la structure en L, remplie de baies vitrées donnant toute sur la mer qui était calme. La chaleur de Septembre était agréable et l'air de l'océan apportait une fraicheur bienvenue. Les cheveux lâchés, Marinette pencha la tête légèrement en arrière, laissant les rayons du soleil danser sur sa peau. L'air marin était plus frais, plus fruité et plus salé. Elle pouvait sentir la fine pellicule de sel se déposer sur sa peau trop habituée à la lourdeur de la pollution.
Adrien la regardait avec amour. C'était la troisième fois qu'il venait ici et c'était toujours un plaisir d'y déposer ses valises pour quelques jours. Il ne doutait pas que cela apporterait la paix manquante à Marinette. Doucement, il guida sa main vers la sienne et enroula ses doigts au sien. Le regard azur de sa petite-amie se braqua sur lui, arrachant un sourire à ses lèvres. Il apporta sa main à sa bouche et déposa un baiser sur la jointure de ses doigts.
« Prête à te faire chouchouter ?
- Seulement si tu en profites aussi. Sourit-elle, légèrement rouge.
- Oh, ne t'inquiète pas pour moi. Rigola-t-il en reprenant la marche. »
Ils arrivèrent à l'accueil avec leur valise commune. Adrien annonça son nom et ils furent rapidement pris en charge par un employé qui les mena dans l'une des chambres exclusives avec vue sur le front de mer. Marinette laissa son regard balayer le grand hall richement décoré. L'escalier en colimaçon permettait d'atteindre le niveau des appliques suspendues du plafond, menant l'esprit à l'évasion. Avec un sourire, Marinette suivit Adrien et l'employé alors qu'il expliquait les horaires des buffets du restaurant et du buffet des petits-déjeuners. Ils arrivèrent dans le hall de réception, ressemblant à un coin salon qui était parsemé de canapé en cuir. Une douce musique résonnait aux oreilles, invitant les nouveaux occupants à se détendre.
Encore quelques pas, quelques couloirs dépassés et quelques portes défilées, et ils arrivèrent à leur chambre. L'employé ouvrit la porte et les invita à entrer. Il déposa les valises dans l'entrée, répéta qu'il ne fallait pas hésiter à les appeler en cas de problème ou pour toutes autres demandes et quitta les lieux, laissant les deux adolescents entre eux. Marinette dépassa Adrien qui venait de se jeter sur le lit, les mains derrière la tête, pour rejoindre le bacon et profiter de la vue. C'était magnifique. Les plages de sable de Normandie s'étendaient à perte de vue de droite à gauche et elle distinguait à peine la ligne d'horizon entre l'océan et le ciel. C'était très inspirant ! Elle se tourna pour voir Adrien qui la regardait, amusé par sa réaction.
« J'ose espérer que tu profiteras de cet endroit autrement qu'en le dessinant. Sourcilla-t-il, taquinant la jeune femme.
- Je vais prendre des photos dans ce cas. Répliqua-t-elle en tirant la langue. Cet endroit est magnifique. Reprit-elle en venant s'installer à ses côtés. Merci Adrien.
- De rien. Sourit-il, plaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille. »
Il se redressa pour l'embrasser rapidement.
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Marinette ne pouvait pas le nier : ces deux derniers jours avaient été rafraichissant et reposant à souhait. Ils venaient de revenir du restaurant du complexe hôtelier, avaient partagé un repas digne de ce nom et avaient l'esprit aussi détendu que possible. En deux jours, ils avaient eu l'occasion de tester toute une panoplie de services qui étaient proposés par la structure. Le parcours marin jet ? Fait. Hammam ? Fais deux fois par jour, matin et soir. Un gommage complet du corps ? Check. Elle devait l'avouer : se retrouver quasi nue avec Adrien dans la même pièce alors que son corps avait encore des traces de son agression l'avait perturbée. Mais Adrien avait été un amour, lui répétant encore et encore qu'elle était magnifique, qu'elle ne devait pas s'inquiéter. Soin dans les bains, soin hydrojet, massage, relaxation. Tout. Ils avaient tout fait. Et ils avaient même eu le temps de sortir un peu pour profiter des plages et s'y promener.
Ils se sentaient un peu tristes de devoir partir le lendemain. Mais il fallait bien revenir à la réalité un jour ou l'autre. Et, comme pour leurs vacances, ce n'était que partie remise et ils savoureraient mieux leur prochain séjour.
Adrien passa en premier dans la salle de bain pour se changer. Mari' en profita pour le faire également, revêtant son short de pyjama et son débardeur avant de rejoindre le lit king size qu'ils partageaient. Adrien la rejoignit rapidement et elle se blotti contre lui aussitôt sous les draps. Avec un sourire, il éteignit la lumière, les plongeant instantanément dans le noir quasi-complet. Seules les étoiles et les bornes lumineuses extérieures laissaient une lumière tamisée passer entre les pans des rideaux. L'air frais pénétrait dans la pièce, apportant avec lui l'odeur marine que Marinette commençait à grandement apprécier. Les doigts d'Adrien glissaient contre son bras, parcourant sa peau de frisson délicat. Elle inspira profondément son odeur et remua contre lui. Il rit légèrement et resserra son emprise sur elle tout en déposant un baiser sur ses cheveux. Instinctivement, elle pencha son visage vers lui pour capturer ses lèvres.
Le baiser s'approfondit rapidement. Elle ou lui, peu importe qui avait pris les devants. Pour être plus à l'aise, Marinette se redressa et se coucha presque complètement sur lui. Il accueillit son geste avec un sourire contre sa bouche et passa ses bras autour de sa taille pour la mettre totalement sur lui. Elle gémit, lui donnant l'accès pour qu'il vienne taquiner sa langue un peu plus. Il se redressa légèrement, suffisamment pour laisser ses lèvres glisser sur sa machoire et remonter vers ses oreilles.
« Je t'aime tellement Mari'.
- Je t'aime aussi. Susurra-t-elle alors qu'il glissait le long de son cou et arrivait sur sa clavicule.
- Laisse-moi t'aimer Marinette. »
C'était un frisson contre sa peau. Une invitation qu'elle attendait depuis longtemps. Instinctivement, elle se cambra sous lui.
C'était toute la réponse dont il avait besoin.
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Quand ils se réveillèrent le lendemain matin, Adrien ne put empêcher un sourire amoureux se dessiner sur ses lèvres. Il frôla le visage de sa dulcinée et l'embrassa tendrement. Elle sourit et se blotti un peu plus contre lui, sa peau nue glissant contre la sienne et attisant le désir du jeune homme.
La nuit dernière avait été merveilleuse pour lui et, il osait l'espérer, pour elle aussi. Alors, quand elle se redressa et l'embrassa passionnément, l'invitant à revivre la même expérience, il ne put dire non.
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Le week-end avait été revigorant, vivifiant pour eux deux. Et, heureusement pour eux, les batteries étaient rechargées à bloc. Parce que, sincèrement, les jours qui ont suivis ont été très éprouvant pour eux deux. Le scandale avait éclaté. Les scandales avaient éclatés. Le premier sur le tromperie d'Adrien avec Lila combiné à la tromperie de Marinette avec Wang. Le second, et non des moindres pour la jeune femme, relatait de son agression par son soi-disant petit-ami chinois. Ça avait été un bordel monstre et l'équipe des relations publiques de Gabriel avait lutté pour être sur les deux fronts en même temps. Avec le recul, les deux adolescents comprirent que les choses auraient pu être pire. Pire que la traque des journalistes. Pire que les témoignages issus des fausses rumeurs que Lila avait soigneusement répandue dans les moins précédents son coup d'éclat. Pire que les insultes envers Marinette pour sa soi-disant tromperie. Étrangement, Adrien n'avait jamais été mis en porte à faux au sujet de sa tromperie avec Mari'. Ses fans n'étaient visiblement pas choqué de voir que le mannequin avait soi-disant été voir ailleurs avec une fille qu'ils estimaient visiblement meilleure pour lui que Mari'. Ça l'avait mis dans une colère noire et seule la patience de la franco-chinoise l'avait empêché de crier sur ces cons là.
Mais, quelque part, ils étaient heureux d'avoir traversé ça. Ensemble. Parce qu'après ça, ils étaient devenus plus forts. Même Gabriel ne pouvait pas le nier. Ils avaient cette aura autours d'eux qui les rendait indestructibles. Très rapidement, au fil des apparitions officielles et officieuses du couple, ils étaient devenus le couple d'adolescent à suivre. La soirée Halloween de Gabriel ? Ils avaient été félicités et soutenus par les clients présents. Certains, comme M. Longechamp, étaient devenus des amis du jeune couple. Marinette avait charmé quelques autres personnes par sa personnalité toujours optimiste et souriante, faisant la fierté du blond. La soirée caritative de Noël ? Elle avait subjugué les gens avec la création que Gabriel lui avait fait – officieusement, il ne voulait pas que sa « belle fille » détériore l'image de la marque et officiellement, il avait été ravi de lui créer cette robe de princesse.
Au fil de leurs apparitions, Marinette avait su gagner le cœur des fans d'Adrien. Même Nathalie était devenue plus malléable avec elle, plus sympathique. Gabriel était moins virulent avec elle quand ils étaient dans un espace privé fermé, ce qui relevait du miracle pour Adrien. Bien que, comme il l'avait dit à mainte reprise à Mari' : « Il finira bien par t'aimer. ». Comme quoi, même les miracles les plus miraculeux pouvaient se produire.
Sans qu'ils ne le sachent, leur seconde année de lycée fila à une vitesse impressionnante. L'été entre la première et la terminale, Marinette retourna avec Adrien pour sa semaine de séance photo en dehors de Paris, atterrissant près de Collioure pour cette seconde année de vacances en commun. Seulement, à la fin de la semaine, l'équipe photo quitta la villa pour la laisser seulement aux deux adolescents et à Nathalie –qui les chaperonnait toujours- afin qu'ils puissent profiter de vraies vacances en couples.
Lorsqu'ils entrèrent en terminale, la pression du BAC ne les empêcha pas de se voir très régulièrement. Nino et Alya étaient toujours de la partie et le quatuor jonglait entre les séances de révisions, les sorties détentes et les soirées entre amis. Ils ont trouvé un équilibre, se voyant déjà continuer ainsi pendant quelques années. Quand Noël fut passé et le nouvel an dignement fêter, une nouvelle problématique se posa pour les quatre adolescents : l'orientation scolaire. Post bac allait ouvrir dans quelques jours et ils avaient jusque fin Mars pour désigner leurs souhaits pour la suite de leurs études. Alya savait d'avance qu'elle s'inscrirait dans une école de journalisme sur Paris. Elle poserait un second choix, par précaution, mais ses stages et son dossier scolaire étaient suffisant pour s'assurer une place dans son premier choix. Nino s'orientait vers des études de cinéma avec l'option musique. Il adorait être DJ mais voulait rester dans un contexte non professionnel, choisissant ses soirées comme il l'entendait. Et puis, être un DJ reconnu était très compliqué et –non sans se dévaloriser – il préférait s'assurer un avenir dans une branche un peu moins bancale pour le reste de sa vie. Marinette, sans grande surprise, allait postuler à ESMOD. Même si elle détestait l'idée, sortir avec Adrien Agreste avait ses avantages. Chacune des créations qu'elle faisait étaient visibles plus rapidement avec les photographes qui les prenait en chasse durant leur rendez-vous. Et Adrien avait laissé glisser une fois que ses tenues étaient ses propres créations, ce qui avait lancé un engouement pour son talent. Au début, il n'y avait que ses amis qui lui avaient fait quelques commandes. Puis, son réseau s'était étendu jusqu'à ce que ce soit des amis d'amis de certains de ses amis. Bref… des inconnus complets pour elle. Pas qu'elle se plaigne. Mais c'était du travail et énergivore. Adrien l'avait réprimandé plus d'une fois, lui répétant de ne pas faire plus que ce que son corps ne pouvait supporter. Mais elle s'en était toujours sortie et le soutien sans faille de son petit-ami, malgré ses railleries, la motivait immensément.
Restait le problème Adrien.
« Je ne veux pas entrer dans une école de commerce Père. Je veux faire de la physique ! »
Il avait craqué lors d'une énième conférence sur l'avenir que lui réservait son père. Ce jour-là, Gabriel lui avait appris qu'il avait déjà sélectionné plusieurs écoles prestigieuses dans lesquelles il pourrait aller. Sans l'avoir consulté. Ça avait été le point de rupture. Le blond savait que Marinette le soutenait, lui répétant depuis quelques temps de confronter son père sur ce sujet. C'était son avenir. Alya et Nino étaient également de son côté. Alors, comme pour sa relation avec Marinette, Adrien avait repris le contrôle de sa vie et comptait bien faire accepter son souhait à son père.
En parlant de lui, il dévisageait son fils comme s'il venait de lui dire la pire connerie au monde. Visiblement, il ne le prenait pas au sérieux. Alors, Adrien se leva de son siège et posa ses mains sur le bureau de son père, plantant son regard dans le sien.
« Je ne céderais pas là-dessus non plus. C'est mon avenir et tu sais pertinemment depuis le début que je ne m'intéresse pas à la mode ni à reprendre ton entreprise.
- Tu renies ton héritage ? Sourcilla Gabriel, contenant visiblement un éclat de colère.
- Non. Mais je ne suis pas intéressé et cela se fera forcément ressentir dans l'entreprise. Il me semble qu'un patron doit être passionné par son travail pour tenir une entreprise telle que la tienne à son sommet. Je suis désolé père, mais ce n'est pas mon cas. Te soutenir ? Sans problème. Mais prendre ta place ? Certainement pas. Ce serait comme envoyer un navire vers un naufrage inévitable.
- Adrien… Grinça-t-il.
- Non négociable. »
Adrien se redressa et croisa ses bras sous la poitrine. Depuis son altercation avec son père deux ans plus tôt au sujet de sa relation avec Marinette, il s'était montré obéissant mais n'avait jamais hésité à donner son avis. Son père avait souvent grincé des dents mais, au final, les deux hommes avaient bâti une nouvelle relation plus directe. Plus franche. Et plus équilibrée.
« C'est de mon avenir dont nous parlons père. Je ne dis pas que je ne me pencherais jamais sur le commerce. Je le ferais peut-être un jour si jamais Mari' arrive à ouvrir sa propre entreprise. Je suivrais des cours de gestion pour l'aider dans les décisions compliquées et risquées et je ferais tout pour la soutenir. Mais pour le moment, je veux faire des études dans la physique. C'est ce qui me passionne. Et on manque de physicien. Je veux faire avancer les choses de cette façon.
- Est-ce une façon déguisée de me faire comprendre que tu veux que notre entreprise revienne aux mains de Marinette ? »
Le fantôme de la première impression qu'il s'était fait de la fille revint en force dans son esprit. S'il avait admis, avec le temps, qu'elle n'utilisait pas son fils pour parvenir à ses fins, il devait avouer qu'entendre Adrien parler de Marinette dans une telle conversation – où il disait à son fils qu'il voulait le préparer à la reprise de l'entreprise – ramenait cette idée désagréable.
« Ce n'est pas ce que je dis. Je suis sûre qu'elle réussira par ses propres moyens. Déclara fièrement Adrien. Mais je ne te dirais pas de ne pas la prendre non plus. Je suis sûre qu'elle deviendra vite un atout pour quiconque l'aura dans son entreprise.
- Hors de question.
- De toute façon, il me semble qu'elle n'a déposé aucune candidature chez nous pour son stage de cet été.
- Quel stage ? Sourcilla Gabriel.
- Elle veut faire un stage avant d'intégrer son école de mode. ESMOD, une autre, peu importe. Elle m'a parlé d'un contact qu'elle a eu d'une école à Milan. Bref… Elle a déposé quelques candidatures la semaine dernière. Elle attend les résultats. Mais on s'éloigne du sujet-là.
- Es-tu en train de me dire que tu veux aller à Milan ?
- Non plus. Bien que si Mari' doive y aller… je ne suis pas contre la suivre. C'est loin d'être décidé. Je pense qu'elle a toutes ses chances à ESMOD, donc la question ne se pose pas. Pour en revenir à moi, je veux postuler dans des écoles pour étudier la physique.
- Bien. Céda Gabriel après une bataille visuelle avec son fils. Quoique je dise ou fasses, j'ai bien compris que tu ne céderas pas. Et je ne veux pas me battre avec toi là-dessus.
- Merci père. »
Il fut congédié quand son téléphone sonna et quitta la pièce avec un énorme sourire.
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Lorsque les résultats d'amission tombèrent, Adrien sauta de joie en voyant que son premier choix avait été retenu. Le sien, mais aussi celui de Marinette pour ESMOD et ceux de Nino et Alya. Pour fêter ça, ils se préparèrent une petite soirée pour le week-end suivant.
Excité, Adrien ne se méfia pas quand il reçut un appel de son père. Il accepta volontiers de le rencontrer avec Marinette à son bureau le plus rapidement possible. Rien ne pouvait détruire sa bonne humeur. Son école et celle de Mari' étaient proches : ils pourraient se voir régulièrement, sans changer leurs habitudes. C'est donc main dans la main, avec d'immenses sourires aux lèvres, qu'ils arrivèrent devant son père.
« J'ai été accepté pour mon premier choix Père. Annonça fièrement Adrien dès que la porte se ferma derrière eux. Et Mari' est acceptée à ESMOD et son école de Milan.
- Heureux de l'apprendre. Félicita-t-il à sa manière. Quel choix allez-vous accepter ?
- ESMOD, bien évidemment. Répondit la franco-chinoise en lançant un regard à Adrien. Pourquoi aller à Milan quand tous ceux que j'aime sont à Paris ?
- À ce sujet, intervint Gabriel en lançant une enveloppe sur son bureau. J'aimerais que tu reconsidères ton choix Adrien.
- Père, si c'est pour me dire d'aller dans une école de commerce, je vous ai déjà dis que…
- Il ne s'agit pas de ça. J'ai eu l'occasion de rencontrer M. Ampère lors d'une soirée il y a quelques temps. Je lui ai parlé de ton souhait de devenir physicien de renom et lui ai demandé quelques conseils.
- M. Ampère ? S'étonna Adrien en prenant la lettre que son père avait placée entre eux. Mais c'est un génie du domaine ! Comment même as-tu su de qui il s'agissait ?
- Je me suis renseigné sur le domaine de compétence que tu vises Adrien, rien de plus. Quoiqu'il en soit, nous avons échangé quelques mails et appels par la suite et voici ce qu'il en ressort. »
Fébrile, Adrien ouvrit l'enveloppe et en retira le papier. Ses yeux s'écarquillèrent. Il lut la lettre, à peine conscience que Marinette trépignait à ses côtés.
« Il m'offre une place dans son université.
- En tant que protégé. Compléta Gabriel. C'est une offre que tu peux difficilement refuser, tu ne crois pas ? Une telle pointure, te prenant sous son aile.
- C'est génial Adrien. S'émerveilla Marinette, ne comprenant visiblement pas où se trouvait le problème. Et dans quelle université de Paris enseigne-t-il ?
- Il… il n'enseigne pas à Paris. Avoua d'une petite voix Adrien, son cœur se brisant et sa voix se serrant devant le dilemme qui commençait à se profiler à l'horizon.
- Où alors ? Commença à s'inquiéter la jeune femme. »
Incapable de répondre, Adrien lui tendit le courrier de façon à mettre en évidence le logi de l'université concernée.
Yale University.
New Haven.
Connecticut.
États-Unis.
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Pas si court que ça finalement.
Ne m'en voulez pas. J'aime les torturer nos deux amoureux
À bientôt pour la suite ) et n'oubliez pas les commentaires.
