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« … Monsieur Pot…
― Poussez-vous ! »

Evidemment. Evidemment que Drago l'avait contacté. Harry, l'air sombre et sans la moindre patience n'accorda ni une parole de plus ni un regard à Remus Lupin. Il passa à côté de lui avec une aura sombre d'enquêteur de films noirs. Et alors que Remus tenta simplement de parler, il se retrouva propulser dans le salon par la baguette de l'auror pas enclin à entendre l'amnésique aujourd'hui.

À l'étage, dans la première chambre, trois adolescents se mirent à regarder ce qui se passaient, dans la deuxième chambre, deux têtes, et dans la troisième aucune – soit Lily dormait profondément, soit elle restait à l'intérieur ou elle n'était pas là.

Harry pénétra dans la chambre du père de famille. « Insonor… » Remus ne put entendre la suite. Ses doigts appuyèrent sur la poignet. La porte était verrouillée, voir brûlante.

« Qu'est-ce qui se passe ? questionna Albus.
― Eh ! s'écria Scorpius.
― Vous ne devriez pas entrer, il avait l'air énervé… » rajouta Rose.

« Il a jeté un sort d'insonorisation ! » murmura James.

J'ai fait une erreur…

Les adolescents ne comprenaient pas et se regardaient inquiets, Harry avait l'air vraiment furieux. Remus finalement se décida à leur dire de venir boire un thé avec lui. Ce n'est pas comme-ci il allait casser la porte pour savoir ce qu'il se passait et les adolescents étaient visiblement trop réveillés (et effrayés) pour se rendormir.

Drago arriva plusieurs minutes plus tard et préféra se servir un verre de vin que boire du thé du loup déguisé en la grand-mère du Chaperon Rouge, visiblement habitué à se servir ici. Puis arrivèrent Hermione et Ron. Ce fut sans doute l'absence de dispute entre Hermione et Drago qui tendit davantage les adolescents. Hugo, le fils d'Harry et d'Hermione, scruta le visage de James crispé. Scorpius, Albus et Lily se jetaient des regards perplexes. Une heure depuis l'arrivée d'Harry, Remus commença à en avoir assez ! A avoir l'air aussi tendu, ils étaient en train de le rendre nerveux !

J'ai fait… James, laisse-moi, en paix !

Drago, Hermione et Ronald discutaient dans leur coin et visiblement le roux et la femme étaient énervés après le blondinet. Il semblerait

Mais une heure plus tôt, Harry entrait dans la chambre de Sirius…

La violence de l'entrée réveilla Sirius Black sur les baguettes de Merlin qui vit la porte être fermée et la pièce être insonorisée en même temps qu'il essayait de comprendre ce qui se passait et de comprendre : qui ? Quoi ? Comment ? Quel jour et quelle heure, on était ? Dans son pyjama, trop grand à cause de sa perte de poids, Sirius avait l'air ridicule. Harry l'agrippa rudement par le haut du bras, le faisant se redresser. Et brutalement, il referma ses bras sur lui.

Au bout d'une dizaine de minutes, Sirius grogna…

« … Harry… Harry… Tu pleures ? Harry…
― Tais-toi… »

Sans un mot de plus, sans un mot de moins, sans un mot supplémentaire…. Sirius n'arrivait pas à bouger. Il ne savait pas ce qui se passait et soudainement Harry le recula pour le regarder.

« Mon père a toujours été fier de toi ! »

La surprise teintant les yeux de Sirius, Harry soupira. Ce n'était pas la faute de Sirius si Peter avait adapté ses propos. Ce n'était pas lui qui était responsable des choix des autres. Sirius pensait-il vraiment que parce qu'il avait dit à Peter vouloir être libre ou vouloir même la mort de Remus ou peu importe qui, ça justifiait les actes de l'autre et sa peine à lui ? Il fallait parler. Harry n'aimait pas parler. Rudement, il vint observer son parrain. Est-ce qu'il comptait porter toutes les culpabilités toute sa vie sur tout et n'importe quoi ?

« Pourquoi tu ne m'as pas parlé de ce qu'il se passait avec Remus et Peter ? »

Sirius se recula, horrifié par les mots. C'était la pire situation qu'il s'était un jour préparé à affronter avec Harry. Devoir lui dire que c'était son petit-ami qui avait tué ses parents et la famille Lupin. Qu'il avait peut-être rendu fou Peter à force de le tromper. C'était le pire des poisons que de savoir que Severus avait manqué de mourir par sa faute, que Peter avait manqué de mourir par sa faute, que ses meilleurs amis avaient été tué par sa faute… que… Remus avait perdu… Harry, la mâchoire carrée et l'air stricte, observa son parrain. Il attendait une réponse, il venait de poser une question.

« C'est Ron qui te l'a dit ?
― Non, ton psy ne m'a pas confié ta vie, imbécile ! C'est Peter…
― …tu lui parles ? Il parle ? Il accepte de parler ? »

Si je donne mon accord, Harry, si vous utilisez mes souvenirs pour le faire parler, promets-moi que Sirius n'apprendra jamais que Peter veut le voir. Harry, tu dois me le jurer ! Pas avant que je ne le voie moi-même. Peter est dangereux pour Sirius.

« Non ! mentit sans remord l'auror, Juste une affaire où j'avais une question à lui poser.
― Harry…
― Change pas de sujet ! Je veux l'histoire en entier ! Du grenier des Weasley à la nuit avec Lucius…
― Lucius ?
― La nuit avec Severus, le jour de la mort de mes parents.
― Tu me réveilles pour me demander de te dire tout ce que j'ai fait d'honteux dans ma vie ? se crispa Sirius.
― Je te réveilles pour reconstruire tout ce qui rendait mon père fier de toi et que tu m'as caché. »

Harry avait longtemps vu James comme un putain de psychopathe torturant des élèves, harcelant sa mère, présomptueux et mourant par le mauvais choix. Ce n'était pas glorieux. James était aussi cet ami qui avait gardé la porte des toilettes, celui qui avait nettoyé, celui qui avait raté son test de Quidditch, celui qui avait manqué de perdre sa mère pour son meilleur ami, celui qui voyait son meilleur ami essayer de s'en sortir et qui était fier de le voir affronter les difficultés de la vie. Celui qui avait combattu avec Sirius les mangemorts avant d'être contraint d'être assigné à domicile.

Harry était fier de James. Maintenant. Maintenant. Il devait savoir. Savoir maintenant, ce que Sirius ne lui avait pas dit sur les années fabuleuses et incroyables à Hogwarts n'étaient donc que des mensonges ? Non ! Sirius refusait cela ! C'étaient de très belles années…

Bien des heures plus tard, malgré la difficulté de Sirius de se confier, Harry parvint à avoir une amorce d'idée de ce qu'avait été la vie à l'époque. Quelque chose clochait. Il devait parler à Ron, mais il ne pouvait pas le faire maintenant. Il était trop nerveux pour ça. Agacé, au bout d'un moment, d'une voix caverneuse, Harry dit :

« Mes parents sont responsables de leur mort. Ils ont fait confiance à Peter, quels imbéciles.
― Comment tu peux dire ça ! Peter semblait vraiment tenir à nous. Ce n'est pas leur faute, c'est injuste ! Harry, ne dis pas ça de…
― Alors toi non plus.
― Ah…
― Vous n'avez pas fait une erreur, la seule erreur c'est ce déchet du monde sorcier qui est bon pour la potence !
― Harry… J'aimerai parler à Peter. Il pourrait… il était proche de Remus, il pourrait aider, non ?
― Non. Peter ne communique pas. Après la visite de Remus à Londres, tu ne l'as jamais revu avant ton procès ?
― La visite de Remus ?
― Il était venu te voir, tu te souviens ? Il voulait te parler.
― C'est… vrai qu'il était venu. »

Sirius avait oublié ce passage furtif des années avant les morts de ses amis. Harry crispa les sourcils. Écoutant cette histoire, qu'il avait déjà vu des yeux de Peter et qui ne différait que peu. Toutefois…

Remus se souvenait de l'époque des maraudeurs. Donc, Sirius n'était pas effacé entièrement de sa mémoire. Il se souvenait de tout jusqu'à l'attaque chez lui. Cette visite… datait d'avant. Pourquoi Remus ne semblait pas s'en souvenir ? Harry devait lui en parler.

Quand ils descendirent au matin, des paires d'yeux les fixèrent inquiets. Sirius se rapprocha de Drago, embrassant sa joue et observa sa nervosité. Il fixa Hermione et Ron. Il était stupide ! s'insulta Sirius. C'était évident qu'ils parlaient à Peter.

Les adolescents étaient déjà dispersés, rassurés simplement de voir que ni Harry ni Sirius n'était blessé. Pourtant, la discussion se stoppa là car prenant la cheminette, les trois psycho'mages et l'auror partirent s'engueuler ailleurs.

Remus déposa un café devant Buck, tirant une chaise à côté de lui.

« Je vais bien, gronda Sirius.
― Je n'ai rien demandé. Ron revient tout à l'heure parler avec moi. Vous êtes fan de Quidditch ?
― Comment vous…
― C'est un peu visible dans cette maison. Si votre travail vous le permet, j'aimerai organiser un "Quidditch" de jardin cet après-midi à trois contre trois.
― Hm ?
― Albus, Scorpius, Rose…. Hugo, James, moi-même…
― Toi ? sourit moqueur Sirius.
― Ah, je vois que vous connaissez mes talents en balai.
― C'est un peu juste à trois…
― Justement, vous et Ronald Weasley, vous avez été dans des équipes de Quidditch, vous pourriez nous aider ?
― Pourquoi pas… »

Remus sourit doucement, retournant en cuisine, le cœur battant. Albus aime faire croire mais notre père n'a jamais été dans une équipe. C'était le plus grand… Découvrons donc en quoi, Buck était le plus grand en Quidditch.

Cet homme mentait… mais cet homme était aussi profondément aimé par Harry, Weasley, Malfoy, Madame Potter et les enfants.