NO TOUCHING !
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Chapitre 29
Invocation au déluge
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Hello !
Ça fait... combien de temps ? Deux ans ? Trois ans ? Ça file si vite...
Je ne sais pas quel genre d'excuses il faut que je fasse pour une si longue période sans nouvelle. J'ai plus saisi ma plume pendant dans deux ans (les concours, la vie, tout ça...) et quand j'ai pu — enfin — reprendre l'écriture, vous n'imaginez pas le bien que ça m'a fait.
J'écris beaucoup plus qu'avant, en réalité, mais je crois que j'avais aussi besoin de nouveaux projets. No Touching ! garde une place dans mon cœur, c'est aussi pour ça que je me suis mis un coup de pied dans le derrière pour y mettre un point final, mais je l'avoue, je suis sortie du journal intime pour essayer des trucs différents et j'ai un peu de mal à y revenir.
Si ça vous intéresse, ce sera un jour sur mon profil ! o.O
J'ai quasiment fini la première partie de mon petit Alice/Frank en préparation, hé hé.
(Faut être optimiste dans la vie !)
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Pardon pour cette longue note d'auteur, d'autant qu'elle n'est pas encore finie, mais je tiens avant tout à remercier mes revieweuses, particulièrement celles du dernier chapitre. J'avoue que je suis pas sûre d'avoir répondu à tout le monde mais j'ai pas trop osé débarqué dans votre boîte mail trois ans après :
« Coucou, merci pour tout ! »
Mais l'intention est là et j'en profite pour le dire ici !
Merci parce que les commentaires réchauffent mon petit cœur même après toutes ses années et j'y ai puisé ma motivation dans les heures de pénurie les plus sombres. Merci tout particulièrement à Sun Dae V qui est venue commenter quasi tous les chapitres (keur sur toi) et qui est donc en partie responsable de la publication de ce chapitre-là. Merci également à Pamphile pour sa relecture attentive !
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J'espère que vous allez bien.
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Bonne lecture !
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15 mai
Ce matin, ô surprise ! il fait un temps moyen. On aurait pu penser qu'avec tous les événements de ces derniers jours, le ciel aurait décidé de neiger. Mais non, rien. Pas d'ouragan dévastant l'Écosse, pas de tremblement de terre surprise, ni de tsunami sur les côtes britanniques. Juste un ciel gris quasi-quotidien.
Les lois de l'évolution étaient pourtant claires. J'étais censée rester seule à tout jamais. C'était même écrit dans le livre de mon destin.
« Lily Evans. Chieuse de première classe. Éleveuse de chats. »
Non pas :
« Lily Evans, petite-amie de James Potter. »
Je crains les conséquences pour avoir osé défier les lois de la nature. Si une météorite tombe demain sur le château, je m'en tiens personnellement responsable.
Pardon à tous.
(Bien sûr, tout n'est pas perdu non plus. Il est encore possible que je fasse tout foirer avec James, et rétablisse donc l'équilibre de l'univers.)
Au bout d'un long moment, je finis par émerger de mon lit, tout doucement pour éviter de réveiller Mary qui dort encore, juste à côté. Je m'engouffre sous la douche pour m'éclaircir les idées. L'eau qui coule sur ma peau me réchauffe peu à peu. Je souris comme une idiote, à la manière de tous les imbéciles heureux qui peuplent Poudlard et soyons honnête : je m'en fiche complètement.
J'ai même un peu envie de chanter.
« Jamais sans toi,
Vivre seul je ne peux paaaas… »
- LILY ! s'écrie une voix derrière la porte.
Ah, l'ai-je vraiment fait ? A voix haute ?
Oups.
- Non seulement tu m'as réveillée mais ça fait un quart d'heure que t'es là-dedans ! s'agace Mary de l'autre côté de la porte.
- Tu devrais plutôt me remercier. On ne fait pas la grasse mat' en semaine !
- Je commence à dix heures.
- Euh, ça te laissera du temps pour prendre ton petit déj' ?
Je ne peux pas l'entendre avec l'eau qui coule (et parce que j'ai recommencé à chanter) mais je jurerais qu'elle vient de me maudire sur sept générations. Pas cool pour ma descendance, ceci dit. Avec James comme patriarche, n'a-t-elle déjà pas assez de problèmes ?
VAS-Y LÈVE LES BRAS !
- LILY.
- Tu sais, tu pourrais être plus tolérante. C'est pas comme si je chantais souvent !
- Jamais c'était bien aussi…
Quelle mauvaise foi. Elle peut être vraiment méchante quand elle n'a pas eu son café. Maman disait même que j'avais une voix si mélodieuse qu'elle pourrait faire tomber la pluie dans le désert.
Et qu'on se le dise : ces gens-là en auraient bien besoin !
- Allez, sors de là. Depuis quand tu restes plus de cinq minutes dans la salle de bain ?
- J'essaie de me coiffer.
Je l'entends qui s'esclaffe derrière la porte.
- Tu as ce qui faut pour ça au moins ?
- Je n'aime pas du tout ce que tu insinues !
Car je détiens une brosse, des élastiques et même des cheveux ! Qu'a-t-on besoin de plus ? J'ai l'embarras du choix. Je pourrais les attacher, les relever en un joli chignon sexy - on a toujours l'air classe avec un chignon - et... ah non, pas moi, j'ai l'air d'une bibliothécaire et avec tout le respect que je dois à Mme Pince, je doute que « sexy » soit la qualité qui prime sur son C.V.
Sinon il y a toujours l'option queue de cheval. Un classique indémodable. Sauf que la mienne penche dangereusement à droite. Merlin, y'a pas un manuel pour se coiffer correctement ? Ma marraine la fée était probablement trop bourrée pour me donner ce talent.
Ou n'importe quel autre.
Pas de fatalisme, Lily ! Il reste toujours les couettes. On ne peut pas rater des couettes.
Par Merlin, j'ai l'air d'avoir douze ans.
Un palmier ?
NON.
- Tu t'en sors ?
- A merveille.
- Ca veut dire non ?
Elle me connait si bien.
Je jette un dernier coup d'oeil à mon reflet, mes cheveux roux qui partent un peu dans tous les sens telle une lionne sauvage, et je laisse tomber. Ils sont bien comme ils sont. J'ouvre la porte de la salle de bain et dans l'encadrement, Mary m'adresse un grand sourire.
- Ah oui, en effet, ça change.
- Tu ne parviendras pas à détruire ma bonne humeur.
Je la contourne pour sortir lorsqu'elle m'arrête.
- Ce n'était pas mon but. C'est chouette de te voir heureuse.
Je ne vois pas du tout de quoi elle parle !
Une fois dans les couloirs, je dévale les escaliers à toute vitesse. A la table des lions, la plupart des copains sont déjà là. Ils discutent, dévorent leurs tartines, rigolent en crachant des bouts de céréales.
Un petit-déjeuner tout à fait ordinaire.
- Bonjour !
Devant moi, la petite bande lève des yeux stupéfaits. Je ne comprends pas pourquoi. C'est parce que j'ai souri ? Parce que ma voix est avenante ? Parce que j'ai l'air contente de voir leurs tronches de beau matin ?
Ils sont sévères. On a tous nos moments de faiblesse.
- Tiens donc, Lily Evans ! s'exclame Black. Motivée dès sept heures tapantes ?
- Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt !
Je sais, personne n'aime cette expression.
A part moi !
Je balaie la table du regard. Pas de cheveux ébouriffés. Pas d'yeux de la couleur de mon chocolat chaud du matin. Juste le reste de la bande, le sourire aux lèvres, amusé par la situation.
- Tu cherches quelque chose ? demande Remus.
- La marmelade, c'est tout.
Où est-elle passée ? Est-ce qu'elle est encore en mode grasse mat' ?
Tant pis. Je me contenterai de pain sec.
- C'est Sirius qui l'a, marmonne Peter avec mauvaise humeur. Il préfère la garder pour lui tout seul…
- Hé, je l'ai vue en premier ! Et puis, il en reste à peine pour deux tartines.
- Justement ! Tu peux m'en filer un peu !
Black lui lance un regard noir et serre avec force le pot de marmelade. Je dois admettre que je suis impressionnée. S'il se montre aussi protecteur avec nos futurs enfants, on pourrait même envisager de les laisser dans la même pièce que lui. D'un autre côté, soyons réaliste. Un enfant ne se tartinant pas, ça reste peu probable.
- Tiens, en parlant de marmelade, James n'est pas là ? je demande.
Ah, quelle légèreté ! Quelle indifférence dans la voix ! J'exige l'oscar de la meilleure actrice, là maintenant. Je suis géniale.
Les maraudeurs restants ne s'attardent pas sur le génie de ma transition. Sirius hausse les épaules en tentant comme il peut de racler le reste du pot.
- Aucune idée. Il était en train de se coiffer dans la salle de bain. J'imagine qu'il aura fini demain matin.
Je ne suis donc pas la seule optimiste capillaire !
J'espère juste qu'il n'est pas en train de pleurer sur notre baiser d'hier. En ce qui me concerne, je suis fataliste. J'ai abandonné tous mes principes pour être avec lui. J'ai chevauché un cerf dans la Forêt Interdite. J'ai mangé des feuilles. Il est désormais trop tard pour faire machine arrière.
- Tiens, regarde qui voilà !
Oh. C'est lui. Je ne sais pas ce qu'il faisait dans la salle de bain ; il est toujours le même. Il n'a pas l'air d'avoir pleuré, c'est déjà quelque chose. J'essaie de me concentrer sur ma biscotte à tartiner (en plus à cause de ce maudit Sirius, c'est de la confiture, comment voulez-vous que ça ait le moindre intérêt ?) mais mes yeux ne cessent de revenir aux fossettes creusées par son sourire. MON DIEU.
(Ceci n'était pas une adresse directe à James, je tiens à le préciser. Juste une interjection sous le coup de l'émotion. Reprends-toi, Lily !)
Du coin de l'œil, j'aperçois à nouveau des mèches brunes un peu folles vissées sur une tête dont la proportionnalité ne m'a jamais frappée comme étant particulièrement réussie. Pourtant je dois bien reconnaître une certaine harmonie entre ses cheveux et sa dégaine confiante. Non, pas de révélation soudaine. Il n'est plus pour moi cet adolescent inutile avec les capacités cérébrales d'un petit pois rabougri. A la place je songe qu'il est encore plus beau qu'hier. Je sens ce cœur stupide s'emballer encore.
Alerte, les fossettes sont dans la place. Alerte, je répète, les fossettes sont dans la place !
Ma cuillère loupe le pot de confiture. Y retourne. Vole en direction de ma biscotte. Se pose en tremblotant sur ce qui fut la tartine la plus compliquée de mon existence.
James me regarde. Il me sourit à moi. Je réalise que dans la salle, le silence s'est installé. L'attention est toute entière tournée vers lui, encore debout devant notre tablée. Ca n'a pas l'air de le déranger plus que ça. Pourquoi faut-il toujours qu'il fasse une entrée remarquée ? Ne peut-il passer inaperçu, comme tout le monde ?
Se délectant de l'attention de la foule, il s'approche de quelques pas et empoigne la chaise vide à côté de la mienne sans cesser de me regarder. Il s'y assoit, toujours avec le même sourire, toujours dans le même silence attentif et avance son visage.
Je n'arrive plus à penser. Je n'arrive pas à me dire que c'est en train d'arriver, là, devant tout le monde, et j'entends quelques clappements de mains et - Merlin - un tonnerre d'applaudissements, je sens ses lèvres qui saisissent les miennes, une bouffée de chaleur m'envahit, quelqu'un siffle, crie t'en as mis du temps Potter et je m'écarte brutalement. Silence. Pas dans la salle, juste dans ma tête.
Je le regarde.
Et je lui fous une claque monumentale.
Cette fois-ci, le silence emplit bel et bien la pièce. James ouvre de grands yeux. Il me faut quelques secondes pour réaliser ce que je viens de faire.
- Lily…
Sa voix résonne étrangement. Je perçois de la perplexité dans ses yeux, prie pour qu'il ne voit pas la panique dans les miens. Ne reste pas plantée là, espèce d'idiote. J'ignore si c'est la voix de la raison ou de la tarée qui vit dans ma tête, probablement les deux, et mieux vaut l'écouter. Je me lève d'un bond et force mes jambes à me porter loin des regards de merlan frit qui m'entourent.
C'est ça, cours t'enterrer dans la Forêt Interdite, le Saule Cogneur a besoin d'un bon câlin.
Yep, c'est bien la voix de la raison.
Je me retourne pour voir si Potter n'est pas en train de me courir après. C'est un réflexe chez lui : je m'énerve, je le frappe et il me suit partout quand même.
Mais non. Il n'est pas là.
Tant mieux, il a appris sa leçon !
...
Enfin quand même, il pourrait faire un effort.
La moindre des choses après m'avoir embrassée devant tout le monde sans mon accord, c'est quand même de courir pour me rattraper !
Je m'arrête dans le couloir et vois passer un groupe de Serdaigle mais toujours pas de trace de l'ébouriffé.
OK. Tant pis pour lui.
...
Si ça se trouve il a un petit creux et il prend le temps de se faire une tartine avant de me rattraper.
Ou est-ce qu'il a juste lâché l'affaire ?
C'était peut-être la claque de trop. Il a dû perdre l'habitude. Ca faisait longtemps alors ça l'a surpris. Il a oublié la marche à suivre. Ou alors j'ai secoué deux neurones dans son cerveau et il a compris que ça n'en valait pas la peine.
Deux Serpentard qui rejoignent leur salle commune me regardent fixement, ils ont l'air étonnés de me voir toujours plantée au milieu du couloir après ma grande sortie. Je fais genre de refaire mes lacets en essayant de rester naturelle mais comme j'ai pas de lacets c'est pas si évident.
Est-ce que ça veut dire qu'il me quitte ?
Quand je pense que Sirius se foutait de ma gueule parce que je n'arrivais pas à garder un copain plus de trois jours. Je déteste quand il a raison.
Bon Lily. C'est vraiment stupide de rester plantée là.
Après tout ça devait bien arriver. Ça a commencé par une baffe, ça termine par une baffe. Voilà. Souviens-toi à quel point il est énervant avec ses cheveux et son rire bruyant ! C'est un être arrogant, têtu et immature et avec lui, ta vie finit toujours par virer au n'importe quoi !
Bon, ça fait dix minutes maintenant. Il devait vraiment avoir faim.
Alors qu'il n'y a même plus de marmelade !
Je suis à deux doigts d'aller le chercher pour le ramener par le col pour l'engueuler de ne pas m'avoir suivie. Je suis ta copine espèce de nul alors si tu restes assis sur ta chaise chaque fois que je m'énerve on ne va pas s'en sortir ! Mais je ne le ferais pas. C'est ce truc appelé dignité qui m'en empêche. Non je rigole, j'en ai pas. J'ai juste pas envie que Sirius se foute encore de ma gueule. C'est un plaisir que je lui donne trop souvent et cet extra-terrestre ne le mérite pas.
Oh et puis zut.
Si Sirius ouvre sa grande bouche, j'aurais une bonne raison de lui éclater le pot de marmelade sur la tête. Je crois que ça me détendra.
Je marche d'un pas déterminé jusqu'à la Grande Salle. A la table des Gryffondor, la conversation animée s'arrête soudain et tous me regardent comme s'ils avaient vu un fantôme. Bon, on est dans le monde sorcier donc ils voient des fantômes tous les jours. Mais vous m'avez comprise !
- T'as raison de prendre ton temps ! je lance à l'adresse de l'ébouriffé. Le petit déj' c'est le repas lui plus important de la journée !
James s'étouffe avec son toast à la confiture. Je vois bien qu'il essaie de me répondre mais il n'est pas en état, trop occuper à cracher des petits bouts de pain et à reprendre sa respiration. Sirius chuchote un truc à l'oreille de Peter plié en deux et on n'est pas loin d'avoir plusieurs décès à la table de Gryffondor. Pas que ce soit une idée qui me dérange en soi mais j'ai quand même deux-trois trucs à régler avant !
Dont le cas de Black, mais on verra ça plus tard.
Les larmes aux yeux et un champ de bataille de miettes devant lui, Potter se lève pour me faire face et finit par me répondre d'une voix un peu étranglée.
- Je suis désolé pour le baiser. Je pensais que...
Le baiser ? Pourquoi il me parle d'un baiser ?
Ah oui, le baiser. J'avais complètement oublié cette histoire. Mais c'est vrai que c'était pas cool.
- Tu pensais, je répète. Ben pour l'efficacité on repassera !
- Lily...
- Non mais j'adore quand ma vie devient un spectacle. C'était une super idée de m'embrasser devant tout le monde sans me demander mon avis !
- Je…
- Beau moment de triomphe personnel. Hé, les gars, je l'ai enfin pécho. J'ai mis un peu de temps mais bon, elles finissent toutes par me céder !
James me regarde. Il semble tout défait, tout triste. Mais je suis trop occupée à être en colère pour y réfléchir.
- Enfin, au final t'as quand même eu ce que tu voulais. Et cerise sur le gâteau, t'auras pas à me supporter très longtemps !
Est-ce que si je repars encore il va me suivre cette fois ?
J'aimerais bien lui donner la marche à suivre mais je suis distraite par Sirius qui se marre à côté.
- Je crois que vous me devez trois gallions, les gars.
- Tu rigoles ?
- Tu avais parié trois jours, Lunard. Et pardon mais là, ça fait deux. Donc c'est bibi qui remporte la mise.
- Je ne suis pas sûr qu'ils aient encore...
- Assume ton optimiste Peter. Quatre jours. Non mais sérieusement ?
Je me tourne vers James.
- De quoi est-ce qu'ils parlent ?
- Ils ont parié sur le temps que tu mettrais à rompre avec moi, répond-il, blasé.
Je fronce les sourcils.
- Et c'est tout ce que ça te fait ?
James hausse les épaules, l'air de dire j'ai l'habitude. Mais une question plus importante me vient à l'esprit : QUI a parlé de rompre ?
Bon c'est vrai que j'ai dit « tu n'auras pas à me supporter très longtemps ». Mais c'est vague comme déclaration ! Et puis, qui romprait alors que ça renfloue clairement les poches de Sirius Black ? Pas moi, j'ai des principes.
Je me demande s'il est encore temps de partir ou si j'ai raté mon moment. Je ne sais pas, je crois qu'il est trop sonné pour me suivre de toute façon. Je ne sais même pas ce que moi je fous là. Je suis incapable de m'arracher à ses yeux bruns et j'ai juste envie d'assommer Black et de lui dire que c'est pas grave (à Potter, pas à Black, qui sera de toute façon inconscient à ce stade de l'histoire), lui dire qu'on s'en fout du baiser, que j'ai réagi comme ça parce que je suis rousse et un peu tarée, suis-moi dans une salle vide et n'en parlons plus !
Ah mais qui est cette personne qui est moi ?
- Écoute Lily, je n'ai jamais pensé ça, dit-il d'un ton confus. J'étais juste heureux et...
J'aimerais avoir la force de fuir avec dignité. (Mais qui est cette Dignité ?)
Il est trop mignon quand il ne sait plus quoi dire.
- Je n'ai pas réfléchi, je suis désolé.
- Je sais.
Et je l'embrasse.
Merlin, même un discours de Dumbledore a plus de logique que moi.
- Je...
- Non mais vous ne pouvez pas vous décider à la fin ? C'est cruel les faux espoirs comme ça.
Black pousse un petit cri de douleur (je soupçonne Remus en face de lui avoir donné un bon coup de pied dans le tibia - je le remercierai plus tard).
Je vois bien que James n'y comprend rien. Au moins, on est sur la même longueur d'onde. Sa bouche me fait encore de l'œil mais je le laisse reprendre ses esprits. Il se passe la main dans ses cheveux comme pour se raccrocher à quelque chose. Puis sa main effleure sa joue encore rouge. Je grimace.
- Tu m'en veux ?
- Pour la gifle ? (Il sourit.) Non, je l'ai un peu méritée.
- J'avais peur, comme tu ne m'avais pas suivie...
Il fronce les sourcils, encore plus perdu qu'avant.
Pardon mon grand mais entre moi et les tartines tu as quand même choisi les tartines !
- Tu voulais que je te suive ?
Comme quoi notre ami peut être traversé par des moments de lucidité, tout arrive dans la vie.
- Je ne comprends pas, tu m'engueules toujours quand je te suis, du coup là je me suis dit que j'allais respecter ton besoin d'être seule. (Il se passe encore la main dans les cheveux, un peu agacé.) Tu n'imagines pas l'effort que ça m'a pris de rester sur cette chaise au lieu de te rattraper !
Je soupire.
- Ne te retiens pas autant la prochaine fois. C'est assez pénible de devoir t'attendre dans le couloir.
Un léger silence s'installe entre nous et je prends conscience que ce silence s'étend à toute la Grande Salle. Parce que si tout le monde a assisté au baiser, tout le monde assiste aussi à cette réconciliation improbable et je n'avais pas prévu de prendre en charge le dîner-spectacle !
- Tu veux sortir ? demande James.
- Bonne idée.
Nos spectateurs ont l'air si déçu qu'ils me font presque un peu de peine.
Dans le couloir, il n'y a personne. On marche l'un à côté de l'autre pour rejoindre la salle commune.
- On ne s'en sort pas très bien, hein ?
- Disons que..., commence-t-il. Il faut qu'on communique.
Je hausse un sourcil interrogateur.
- J'aurais surtout besoin que tu me fournisses une liste.
- Une liste de quoi ?
- D'à peu près tout ce qui est susceptible de te mettre en rogne...
- Un genre de mode d'emploi, en somme ?
Je le fusille de mes yeux verts.
- Je ne suis pas si chiante.
Le regard qu'il me décoche se suffit à lui-même. N'empêche que ne pas m'embrasser dans la Grande Salle devant tout le monde, il aurait pu le comprendre tout seul. Je ne vais quand même pas lui mâcher le travail !
Je lui souris.
- Une liste enlèverait tout le fun. Tu finiras bien par comprendre ce qui me plait ou pas.
- A mes risques et périls, c'est ça ?
- Yep. Qu'est-ce qu'un poisson sans ses arrêtes ? Un champ sans ses mines ? Un océan sans ses requins ? Dis-moi, Potter, qu'est-ce que la vie sans sa part de danger ?
- La tranquillité ? hasarde-t-il.
- Exactement. Mais ce n'est pas l'option que tu as choisie.
L'option tranquillité était comprise dans le prototype Leah Jones, soit la meilleure copine disponible sur le marché. Notre ami est désormais coincé avec Lily Evans, un modèle un peu plus... imprévisible.
James hausse les épaules.
- Le concept de petite vie tranquille est surestimé, de toute façon.
- Je suis contente de te l'entendre dire.
Ses yeux descendent sur ma main ; la sienne s'en approche et la saisit. Je le soupçonne grandement d'éviter ainsi qu'elle vienne lui mettre une droite de façon inopportune.
Je m'en fiche, j'en ai une autre.
Ha, ha, ha.
oOoOo
19 mai
Qu'on soit clair : le romantisme n'a jamais été ma tasse de thé.
J'ai passé pas mal de temps dans ma vie à faire semblant de vomir chaque fois qu'un couple allait passer l'étape Mme Pieddodu une rose rouge à la main. Sans compter toutes les fois où j'ai fait remarquer à une Mary rougissante devant son amoureux à quel point il s'agissait d'une pratique dépassée qui ne visait qu'à nous faire oublier que nous ne sommes que des créatures dominés par notre libido et nos hormones. Et à faire vivre les fleuristes.
James a longtemps pris ses conseils de drague dans Comment séduire quand on est un taureau en rut. J'ai donc naturellement cru qu'il était hermétique au principe.
J'avais tort.
Entendons-nous, ce n'est pas qu'il est pas adorable, à essayer des trucs pour me plaire. C'est juste que...
Bon.
Prenons ce matin, par exemple.
Alors que je débarque tranquillement dans la Grande Salle, Black, occupé à se servir une platée de haricots sans me quitter des yeux, tient fermement la chaise que je tente de tirer.
Sa capacité à faire plusieurs choses en même temps m'étonnera toujours.
- Ne t'assois pas ici.
Pardon ? Y a-t-il un problème avec cette chaise ? Un coussin-péteur invisible ?
Hmm, sans doute pas. Si c'était le cas, Black aurait été le premier à m'inviter à m'asseoir. Je reste donc plantée comme un piquet de tente devant cette foutue chaise, impatiente.
- Tu as intérêt d'avoir une bonne raison, Sirius. Parce j'ai faim.
- Cette place est réservée pour Xavier.
J'ouvre des yeux immenses.
- Je plaisante, Evans. James a laissé ça pour toi.
Il me tend un morceau de parchemin, sur lequel on a griffonné quelques mots :
Lily,
Sur ma racine je t'attends,
Ne désirant que tes cheveux roux,
Car seul me perdre dans tes yeux
Pourra vraiment me rendre heureux.
Ah ! il n'est pas bonheur plus doux
Qu'avec toi m'asseoir en mangeant...
Love,
Cheveufou
Trois relectures. C'est ce qu'il me faut pour comprendre le sens de... quoi exactement ? J'ai peur d'analyser ma situation. Je croise le regard hilare de Sirius Black. Et des autres. Tous les yeux sont rivés sur moi. Tous attendent patiemment ma réaction.
« Car seul me perdre dans tes yeux... »
Il est sérieux ?
Si ça se trouve, il a été kidnappé par des extra-terrestres ! Ce mot est leur plan diabolique pour m'attirer dehors et m'enlever à mon tour !
(Oh pitié, faites que ce soit ça. Pitié.)
- Quel poète, hein ? s'amuse Black.
- Tu l'as lu ?
- Ben, pour ma défense, il n'était pas contre.
Je le fusille du regard.
- Il a dû oublier que tu savais lire.
Il rigole, pas vexé pour deux noises.
- Perso, je lui trouve quand même une certaine audace dans les rimes..., intervient prudemment Peter.
Il me faut dix autres secondes pour comprendre ce qu'implique vraiment cette déclaration.
- Tu l'as lu aussi ?
- Bien sûr.
- James en était plutôt fier, ajoute Remus.
Je veux mourir.
Non : je veux tuer James Potter.
- Si vous parlez de ça à quiconque...
Ils éclatent de rire.
Je soupire, relisant la... chose (l'appeler poésie serait une insulte à Shakespeare tout comme l'appeler texte serait une insulte au verso de ma boîte de céréales) en me mordant la lèvre. De la table émane un délicieux fumet. Mes soi-disant amis se marrent devant mon air désespéré.
- Il veut que je le rejoigne dehors ? Pourquoi ?
- Pour vivre d'amour et d'eau fraîche ? propose Peter.
Ah. De toute évidence, l'auteur du concept n'a jamais goûté un toast à la marmelade.
- Se perdre dans tes yeux surtout, non ? s'amuse Black. Si je me souviens bien...
- Je. Te. Déteste.
Sinon, je peux aussi le laisser tout seul là-bas sur sa racine.
...
Un bon moyen d'être à nouveau célibataire !
Il a quand même écrit « Love » à la fin. Il est chou.
Et pénible.
Je pousse un nouveau soupir.
- Très bien. On dirait que je n'ai pas le choix.
- Va rejoindre ton poète, Lily !
Je salue la bande d'idiots méchamment moqueurs qui me font office d'amis, puis m'éloigne avec dignité offrir mes cheveux roux et ma lumineuse présence au plus obscur crétin du monde.
Oui, le mien.
Dehors, ça ne m'étonne pas plus que ça, il pleut. Pas une pluie franche, non, un petit crachin fourbe, bien écossais, toujours prêt à vous gâcher un pique-nique en plein air. Je ne tarde pas à repérer mon petit-ami (non mais sérieusement) assis dans l'herbe sur une nappe rouge, ayant disposé tout autour de lui un nombre incalculable de mets. Sa veste flotte au-dessus de lui dans une vague tentative de lui servir de parapluie. Au moins, assis sur sa racine, il semble avoir le sourire.
- Lily ! J'ai cru que tu ne viendrais jamais ! J'avais peur que Sirius ne t'ait pas transmis mon poème.
Tiens, il appelle ça un poème. C'est adorable.
- Oh, nooon. Il n'est pas de bonheur plus doux qu'avec toi m'asseoir en mangeant !
- Tu cites mon œuvre, remarque-t-il, flatté.
- Dis-moi, Potter, as-tu déjà, ne serait-ce qu'une fois dans ta vie, lu de la poésie ?
Il sourit devant mon indignation.
- Hum, laisse-moi réfléchir...
- Les inscriptions dans les toilettes ne comptent pas.
J'essaie de me calmer. C'est normal qu'il en rigole ; c'est un sorcier. Ce n'est pas sa faute. La culture n'est pas dans leur culture.
Je m'assieds à côté de lui sur sa nappe rouge déjà trempée. James s'étonne de ne pas me voir rire avec lui.
- C'est quoi le problème, Lily ?
- Le deuxième vers fait neuf pieds, dis-je pour toute réponse.
- Et alors ?
- Alors le reste en fait huit !
S'il me sort l'excuse de la licence poétique, je lui fais manger sa nappe mouillée.
- Si t'es aussi nul en chiffres qu'en lettres...
- Je peux savoir pourquoi tu t'énerves ? Je voulais juste te faire plaisir.
- Et ta stratégie pour ça c'est m'écrire un poème et m'organiser un pique-nique sous la pluie ?
Potter passe la main dans ses cheveux humides. Comme un écho à mes paroles, la bruine s'intensifie légèrement. Je sens les miens, fraîchement coiffés - ou presque - s'emmêler allègrement.
- C'est Remus qui me l'a conseillé, se justifie-t-il. Il organise parfois des piques-niques pour Mary.
- Non mais James, si tu commences à écouter tes amis on ne va pas s'en sortir !
Il sourit.
- C'était une très mauvaise idée, pas vrai ?
- Le seul cas où ça aurait pu être pire, c'est si t'avais organisé le pique-nique sous le Saule Cogneur. Et encore, on aurait été protégé de la pluie !
La pluie en question redouble d'intensité. Ah ! le voilà le déluge que j'attendais ! James a l'air un peu déçu de son effet. Pourtant ce n'était pas si mal. Il a choisi un joli coin devant le lac, il a tout préparé avec enthousiasme, les tartines, le jus de citrouille, la marmelade, quelques patacitrouilles, une nappe et des pâquerettes disposées en forme de cœur. Il n'avait juste pas prémédité qu'on était en Écosse. Et en Écosse, IL PLEUT.
- Je t'avais dit que t'aurais dû me faire une liste ! dit-il avec un sourire.
- C'est marrant, j'aurais cru que piquer-niquer en plein déluge faisait partie des évidences que tu pouvais comprendre tout seul.
James grimace.
- Désolé.
- Bon, ce n'est pas ta faute si l'univers est contre nous.
Les nuages noirs auraient pu lui servir d'indice mais bon. Ne lui en demandons pas trop. C'est un joueur de Quidditch pas un météorologiste.
- Tu veux retourner dans la Grande Salle ? demande-t-il.
- Tu veux dire, au sec et chaud ? Mais enfin, pour quoi faire ?
Je jette un nouveau coup d'oeil du côté de sa nappe, joyeusement en train de se transformer en piscine, les patacitrouilles flottant telles de petits canards oranges qui circulent entre les îlots-tartines et rien à faire, je n'arrive pas vraiment à m'énerver de l'absence totale de timing de mon petit-ami.
J'aurais presque envie d'en rire. Je me tourne vers lui, très sérieuse :
- Si on part d'ici, Potter, l'univers gagne.
- Certes, mais si ça veut dire se réchauffer près d'une cheminée avec des trucs mangeables, est-ce que c'est vraiment grave ?
L'idée mérite réflexion.
L'univers ne gagne-t-il pas si on reste comme cons sur notre aire de pique-nique aquatique ?
- Tu n'as peut-être pas tort sur ce point.
- On n'a plus qu'à rentrer retrouver les autres... J'entends d'ici Sirius dire je t'avais prévenu...
Pour le coup, je comprends sa réticence. Personne n'a envie d'entendre ça.
James m'aide à me relever. Il pleut encore des cordes. Nos cheveux dégoulinent de pluie et nos vêtements sont aussi gorgés d'eau que les petits pains. Sa main est encore dans la mienne, et je ne peux m'empêcher de la fixer, le cœur battant un peu plus vite que d'habitude.
- Tu as peur que je me perde ?
- Tu pourrais tomber dans le lac, réplique-t-il dans le même ton. Ce ne serait pas la première fois.
Salaud.
La pluie redouble encore et je sens monter un éclat de rire. Non mais qu'est-ce qu'on a fait pour mériter ça ? James croise mon regard amusé, sourit à son tour, puis - ce qui me prend complètement au dépourvu - commence à courir.
- Mais qu'est-ce que tu fais ? Je ne peux pas courir !
- Mais si !
On court le plus vite possible pour se mettre à l'abri et j'arrive enfin, à bout de souffle, dans le hall du château, trempée, épuisée...
- On n'est pas obligé d'aller retrouver Sirius, tu sais.
- C'est ce que je me disais aussi.
Il m'ouvre une salle vide avec un sourire.
oOoOo
23 mai
Parfois, la vie c'est quand même chouette. (Et aussi nulle, ça dépend des moments, mais c'est pas le sujet.)
J'ai toujours été une fille solitaire. Je n'ai jamais eu besoin de personne. Et surtout pas d'un garçon, dont l'utilité est largement sur-estimée par l'espèce humaine.
Les garçons, c'est nul, j'ai pas changé d'avis. Mais voilà. Il manque un truc quand lui n'est pas là. Même quand il est à cinquante centimètres de moi, en pleine discussion avec Sirius, j'ai envie de le voler discrètement, de l'enfermer dans un placard à balais et de hurler TU ES MIEN avec un rire machiavélique.
Voler un individu d'un mètre quatre-vingts, même pour une sportive comme moi, ça reste toutefois compliqué logistiquement parlant. Mais c'est vraiment la seule chose qui me retient.
Je crois que ça agace un peu son meilleur ami.
Cet après-midi, par exemple.
- Vous avez révisé ? lance Remus juste avant d'entrer dans la salle de métamorphose.
- Nope.
- Wow ! James a vraiment une mauvaise influence sur toi.
- C'est réciproque, grogne Sirius. Hier il a refusé de lâcher une bombabouse dans un couloir plein de Serpentard parce que, je cite, le règlement l'interdit et ça force Rusard à nettoyer.
- T'as dit ça ? je m'étonne.
- Yep, confirme James avec une certaine fierté.
Je saisis le col de son uniforme pour l'attirer jusqu'à mes lèvres. Il m'adresse un sourire coquin.
- Article 6, alinéa 13...
- Toi, tu sais parler aux filles.
Dans les yeux de Sirius, l'horreur absolue.
- Merlin, quelqu'un peut me réveiller de ce cauchemar ?
Remus lui tapote l'épaule en souriant.
- Moi je trouve ça beau.
- Je pourrais dire quelque chose mais je suis bien trop occupé à me retenir de pleurer, réplique-t-il avec mauvaise humeur. Bon, on entre ou on reste plantés là ?
Je pénètre à la suite de James dans la salle de métamorphose. Il s'assied à la table du fond et me tire même une chaise pour que j'y pose mon noble fessier. J'ai à peine le temps de m'exécuter quand une main retire la chaise avec violence. Des yeux me fixent d'un air de défi.
- Ah non ! s'écrie Sirius. C'est ma place !
Potter s'écarte sous la surprise. Le visage animé de son meilleur ami brûle de colère.
- La dernière fois j'étais d'accord parce que bon, vous êtes un couple tout nouveau, vous êtes mignons, mais c'est fini maintenant ! Je reprends mes droits ! Cette chaise est à moi !
Je fais semblant d'inspecter cette chaise qui lui tient tant à cœur.
- C'est marrant, je ne vois ton nom nulle part.
- Il est implicite, réplique-t-il avec ferveur. Tu vois ce léger creux ? C'est la marque de mon postérieur. Je m'assois ici aux côtés de James depuis la nuit des temps. Peter et Remus sont juste devant nous. Toi tu es là-bas, occupée à lécher les souliers de Minerva au premier rang.
- Tu m'emmerdes, Black.
C'est pas très poli, mais je lui tire la langue et m'assieds quand même. Non mais.
- C'est ma chaise, répète-t-il avec un regard noir.
- Monsieur s'attribue des objets d'appartenance publique, maintenant ?
Je ris. C'est ma petite vengeance pour toutes les fois où j'ai tenté de le virer de mon canapé préféré et où il s'est contenté de me fixer avec condescendance.
- James, dis quelque chose !
- Tu peux lui dire de partir, par exemple, je chuchote.
- Je...
Tiraillé entre deux êtres chers à son cœur, il se contente de nous regarder, déstabilisé.
- Un problème, Mr Black ?
- Lily a volé ma chaise, marmonne-t-il avec mauvaise humeur.
- Est-ce qu'en le disant tu t'es rendu compte à quel point c'est ridicule ? Je peux te rendre ta chaise, si tu veux... (Il m'observe avec une lueur d'espoir.) Mais je garde ma place !
- J'ai rencontré des harpies plus sympathiques que toi.
- Espèce de...
Minerva McGonagall lâche un long soupir.
- Je sais ce qu'on va faire. Vous allez tous les deux vous mettre au premier rang, d'accord ? Laissons Mr Potter à une solitude bien méritée.
Je jurerais percevoir une lueur de soulagement dans les yeux de ce dernier.
- Vous n'êtes pas sérieuse, déclare Sirius.
- Sinon, Mr Black, vous pouvez aussi prendre la porte.
(Pauvre porte.)
Heureusement pour cette dernière, après avoir sérieusement considéré l'option, Black finit par capituler. On s'assied tous les deux devant, la tête basse. Mais sitôt que notre enseignante bien-aimée s'éloigne un peu, Sirius se penche à mon oreille.
- Je ne te laisserai pas l'accaparer comme ça !
Je lui renvoie un sourire amusée.
- En fait, t'es jaloux que je sois sa préférée...
- N'importe quoi. C'est moi son préféré.
Je lui tapote gentiment l'épaule.
- Ne t'inquiète pas, il t'aime bien aussi. Je te le prêterai de temps en temps. Le mardi entre seize et dix-huit heures, ça t'irait ?
- Je te déteste.
- C'est pas grave. Lui, il m'aime.
Je crois que ça-y-est. Je crois que j'adore ma vie.
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oOoOo
Note de l'auteur
Bon, voilà, si vous êtes toujours là n'hésitez pas à laisser un petit mot pour me dire ce que vous en avez pensé !
En toute honnêteté, j'ignore quand arrivera le suivant. Il gît dans mes dossiers sous sa forme de brouillon pour le moment mais il finira par arriver (espérons). Il se pourrait bien que ce soit le dernier.
En attendant, prenez soin de vous.
Je vous dis à bientôt !
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