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Chapitre 44 - Encore quelques jours

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J'observe en silence les pirates qui sont autour de moi, ils apprennent la nouvelle de plein fouet. Je passe ma main sur leurs épaules, essayant de les réconforter un peu. Ils me remercient pour le geste, mais ils doivent en informer tout le village rapidement. Ils se dépêchent de réunir tous les habitants et les pirates sur la petite place, devant la petite maison du chef du village. La nouvelle choque tout le monde, les larmes salées font leur chemin sur les visages de tous les âges. Les familles, les enfants, les vieilles personnes, les pirates et les infirmières sont touchés par la mort du grand Barbe Blanche. Il était un père, un protecteur, un patient... Il était beaucoup pour nous. Quand le choc diminue, tout le monde se met au travail pour l'arrivée des pirates revenants de la guerre, il faut choisir un endroit pour enterrer Père et Ace, ainsi que les autres victimes, il faut préparer les pierres tombales, la cérémonie d'enterrement, et l'arrivée d'autant de gens dans la petite vallée.


/ Jour 1 après Marineford /

Me voilà entrain de me promener dans l'herbe grasse de la vallée, je n'arrivais plus à dormir ce matin, alors je me suis levée tôt. Tout le monde dort dans le village, villageois comme pirates. Une petite brume matinale recouvre le paysage, il va pleuvoir aujourd'hui.

Je m'inquiète un peu pour Marco, aucune mauvaise nouvelle n'a été écrite à son sujet dans le journal et il peut guérir de presque toutes les blessures normalement, pourtant j'ai peur pour lui. Je sais parfaitement que mon inquiétude est amplifiée par mes sentiments pour lui, parce que je ne m'inquiète pas autant pour Izou et Thatch. Néanmoins... Je n'arrive pas à faire disparaître cette boule de stresse dans mes intestins. Je me sens obligée de faire les cents pas en attendant l'appel de Marco. L'escargophone trône dans mes mains en même temps que je marche dans cette étendue d'herbe. Je guette la moindre sonnerie et la moindre mimique de cette créature semi-artificielle.

Le Den den mushi sonne finalement au bout d'une heure de cents pas. Je décroche immédiatement en silence, attendant d'entendre la voix de Marco à l'autre bout du combiné.

- « Héra ? C'est Marco yoï. » - dit-il d'une voix un peu faible.

- « Marco ! Tu vas bien ? Tu es sur le chemin du retour ? » - dis-je d'une voix impatiente.

- « Je vais bien yoï. On est sur le navire de Shanks, j'ai emprunté son escargophone. Son navire est rapide, on devrait arriver dans quelques jours. » - dit-il faiblement.

- « Je m'étais inquiété car ton escargophone ne répondait pas hier soir... » - dis-je plus doucement.

- « Désolé yoï. Je l'ai perdu durant la bataille, et hier soir... on n'allait pas très bien. » - dit-il faiblement.

- « Tu tiens le choc ? Ça va aller... ? J'aimerais tellement pouvoir te réconforter mieux que ça Marco. » - dis-je avec inquiétude.

- « C'est terrible... Perdre Père et Ace... Oz.. Et tellement de nos frères sont tombés durant la bataille. » - dit-il d'une voix sanglotante.

- « Je suis là Marco. On est tous là, et on sera bientôt tous ensemble. » - dis-je avec douceur.

- « Merci... Merci de me permettre de me reposer sur toi Héra. J'essaie d'être fort devant nos frères, pour qu'ils puissent se reposer sur moi. Mais c'est tellement dur... » - dit-il en pleurant.

Mes yeux me piquent, je sens des larmes qui naissent devant mes yeux, menaçants de s'échapper. Mon nez commence également à couler, me faisant renifler de façon désagréable. L'escagophone montre clairement les émotions qu'affiche Marco à l'autre bout du fil, il pleure pour sa famille. Mon coeur se serre devant cette vision, je me sens tellement impuissante. Je voudrais le serrer fort dans mes bras et essuyer ses larmes avec mes mains... Mais je suis contrainte de le réconforter avec des mots... Des larmes coulent sur mon visage, j'espère qu'il ne les verra pas.

- « Héra ? Oï, tu pleures ? Pourquoi tu pleures ?! » - dit-il en se focalisant sur moi.

- « Non. Je ne pleure pas. » - dis-je en reniflant bruyamment.

- « L'escargophone pleure, et je t'entends renifler. Ne pleure pas Héra... » - dit-il en se focalisant sur moi.

- « Moi aussi.. Je suis triste pour Père et Ace. Et je suis encore plus triste parce que tu pleures, et que je peux rien faire pour t'aider ! » - dis-je en laissant mes larmes couler sur mes joues.

- « Héra... Ça me touche, merci d'être là pour moi. Encore quelques jours à tenir. » - dit-il d'une voix plus douce.

- « Oui, encore quelques jours... » - dis-je en reniflant.

- « Je dois raccrocher... Héra. Les autres veulent parler à leur famille. » - dit-il en soupirant.

- « Rappel-moi plus tard, d'accord ? » - dis-je en reniflant.

Marco me promet de me rappeler lorsqu'il le pourra, et nous raccrochons pour mettre fin à la discussion. Je me sens toute retournée après cette conversation larmoyante. J'ai besoin de me calmer un peu, alors je marche encore plus loin à l'écart du village.


/ Jour 2 après Marineford /

Je me sens plus proche de Marco en attendant son retour depuis la plateforme en pierre en haut de la montagne. De là, je peux voir l'océan à perte de vue, j'admire le calme de la mer, mais aussi ses remous lorsqu'elle est battue par les vents. Je pratique un peu de relaxation pour calmer mes émotions, ma tristesse et mon impatience. Ici, je ne dérange personne. C'est l'endroit idéal car il est éloigné des gens d'en bas. Ici, personne ne peut me voir pleurer, personne ne peut voir mon inquiétude.

J'ai établi un petit programme de routine à suivre jusqu'au retour de Marco. Je resterai toute la journée perchée sur la plateforme. Je ne descendrai qu'à la nuit tombée, parce que l'obscurité m'empêchera d'apercevoir quoi que ce soit au large. Je prendrai mon dîner, puis je préparai mon repas pour le lendemain midi. Je dormirai dans la tente, puis je me lèverai aux aurores pour prendre mon petit déjeuner et remonter au sommet. J'observerai la mer, je pratiquerai la méditation, et je discuterai avec Marco par den den mushi. Le midi, je mangerai mon plat froid préparé la veille, et à l'heure du goûté je prendrais les biscuits fait par mamie biscuits. C'est un bon programme.

J'avais envisagé de m'entraîner avec assiduité pour m'occuper l'esprit, mais je n'ai trouvé aucun adversaire capable de m'offrir ce que je cherche. Si j'avais eu un ordinateur et une connexion internet, j'aurais pu regarder des séries, jouer à des jeux, lire ou encore écouter de la musique. Mais je n'ai rien de tout cela dans ce monde. Je peux éventuellement jouer aux cartes avec les membres de l'équipage, lire des livres assez peu intéressant, ou écouter les anciens raconter leurs souvenirs. Mais ce n'est pas assez ... pas assez pour occuper mon esprit qui vagabonde.

Je me demande ce qu'il advient de mon compagnon de voyage Can, est-il vivant ? Est-il blessé ? A-t-il put essayer de changer le destin d'Ace ? Je sais qu'il n'a pas réussi, Ace est mort, mais peut-être qu'il est un peu intervenu d'une façon ou d'une autre. Mon den den mushi sonne, et je décroche en me demandant si c'est Marco qui me rappelle.

- « Allo ? Marco ?» - dis-je.

- « C'est Can. C'est mon tour d'utiliser le den den mushi. Je n'avais personne d'autre que toi à appeler. » - dit-il d'une voix un peu faible.

- « Can, tu es blessé ? Comment tu vas ? Comment était la guerre ? Attends, tu es bien seul dans la pièce ? » - dis-je en enchaînant les questions.

- « Oui, je suis bien seul. J'ai une méchante brûlure à l'épaule, mais je vais bien, ça guérira. Je n'ai pas pu sauver Ace... J'ai essayé de le décaler de la trajectoire d'Akainu, mais il l'a transpercé de son poing de magma. » - dit-il avec hésitation.

- « On savait qu'on ne pourrait peut-être pas le sauver, hum... C'est l'Histoire. Mais tu es vivant, c'est tout ce qui compte. » - dis-je pour le réconforter.

- « Je suis vivant. Je n'oublierai jamais ce que j'ai vu durant cette guerre. À quel point je me suis sentie faible et comment j'ai eu peur pour ma vie. » - dit-il un peu plus fort.

- « J'imagine que dans ces moments-là, on se rend compte qu'on est dans la réalité, et pas dans un shônen personne ne meurt jamais. » - dis-je pour le réconforter.

- « C'est vraiment ça oui... J'ai failli mourir... Je me suis jeté sur Ace pour le pousser du coup d'Akainu... Mais Ace m'a poussé en retour pour m'en sauver. S'il ne l'avait pas fait... J'aurais pris le coup à sa place. » - dit-il en reniflant.

- « C'était le destin d'Ace de protéger Luffy au péril de sa vie. Pas le tien. Maintenant... ça va aller Can, la guerre est terminée, tu n'as plus à risquer ta vie. » - dis-je doucement.

- « Tu as raison, n'en parlons plus pour le moment. J'ai envie de me vider un peu l'esprit car sur le pont... nos frères pleurent. On n'est qu'une poignée, les autres ont rejoint les navires des alliés. Je suis avec eux car je me suis porté volontaire pour rester avec Marco auprès des corps. » - dit-il en reniflant un peu plus.

- « Je vois, c'est une bonne chose. Comment est Red Force ? Et l'équipage de Shanks ? Je me souviens qu'on a ce point commun de les adorer. » - dis-je en changeant de sujet.

- « Le navire est très grand et... assez chaleureux. Il y a des palmiers sur l'étage arrière du navire, et une sorte de terrasse. Il y a beaucoup d'ombre sur le pont, je suis sûre qu'il te plairait. Shanks le Roux est très cordial avec nous, mais j'ai l'impression qu'il se force à rester sérieux à cause des événements... Son équipage est assez... particulier mais très sympathique. Tu m'envies d'être ici non ? » - dit-il d'une voix plus légère.

- « Être sur le pont du Red Force, avec Marco et Shanks, ça semble vraiment bien. » - dis-je en souriant doucement.

- « J'ai toujours voulu être ici, mais... pas dans ces circonstances. » - dit-il avec regret.

- « Profite de cette opportunité pour créer des liens avec eux, pas de regrets ok ? » - dis-je pour l'encourager.

- « Pas de regret. Je dois raccrocher, les autres ont aussi besoin de réconfort. À plus tard. » - dit-il avec plus de courage.

- « À plus tard.» - dis-je en raccrochant.

Je suis rassurée, et j'ai le coeur un peu plus léger après avoir discuté avec Can. J'espère qu'il ne sera pas traumatisé par la guerre, pas au point qu'il abandonne la piraterie pour aller élever des chèvres quelque part. Je suis sûre que l'adoration mutuelle qu'on a pour Shanks et son équipage lui redonnera goût aux aventures.


/ Jour 3 après Marineford /

J'inspire et j'expire... J'inspire... j'expire... J'essaie de pratiquer comme je peux la méditation, je vide mon esprit de toutes mes peurs, de tous mes espoirs.. de toutes mes pensées. L'air entre et sort de mes poumons, l'air a quand même une autre odeur que celle des villes de mon monde. Je me sens toujours un peu patraque, triste, stressée, angoissée, seule. Je n'ai toujours pas discuté avec Izou et Thatch, je n'ai aucun moyen de les joindre. Mais j'ai une idée !

Je continue mes respirations pour prendre un peu de courage. Je peux appeler le Den den mushi que Marco et Can utilisent sur le Red Force, et de là, lui demander s'il a reçu des nouvelles des deux commandants, ou s'il a le numéro de den den mushi du navire sur lequel ils sont. Potentiellement, il connaîtra de tête les numéros... ou peut-être pas. Je tape rapidement le numéro de téléphone du den den mushi du Red Force, appréhendant l'idée de tomber sur quelqu'un d'autre que Marco ou Can. L'appareil sonne quelques secondes, preuve qu'il n'est pas déjà en communication.

- « J'écoute. » - décroche une voix grave que je ne reconnais pas.

- « Eh... Eh.. Est-ce que je peux parler à Marco ? » - dis-je avec hésitation et timidité.

- « Il n'est pas disponible, qui es-tu ? » - demande la voix grave.

- « Je... Je suis Héra, Marco est mon commandant.» - dis-je en me sentant gênée.

- « Je vois, un souci ? » - demande-t-il avec curiosité.

- « Non, aucun. J'essaie de joindre Izou et Thatch, mais j'ignore sur quel navire ils sont montés. » - dis-je avec un peu plus d'aisance.

- « Les commandants Izou et Thatch ? Je pense les avoir vus monter à bord du navire de Doma le Chevalier de Bohème. Je n'ai aucun moyen de le contacter. » - dit-il simplement.

- « D'accord, merci. Pourrais-tu demander à Marco de me rappeler ? » - dis-je doucement.

- « Je lui dirai sans faute. » - dit-il sans émotion particulière.

- « Okey, merci. Bah je vais raccrocher alors... » - dis-je avec hésitation.

- « Bien. » - dit-il en raccrochant.

J'ignore à qui j'ai parlé via l'escargophone, certainement un membre de l'équipage de Shanks. Il n'était pas très bavard, mais je n'avais pas non plus envie de papoter avec lui. J'espère qu'il demandera bien à Marco de me rappeler. Je dépose mon escargophone dans mon petit sac, afin de le garder en sécurité. Je soupire un coup avant d'observer le ciel nuageux. L'odeur de la pluie me détend, et la petite brise froide me prévient de l'arrivée d'un orage.

Je décide de quitter la plateforme dans la roche pour redescendre au campement. Il me faut une petite dizaine de minutes pour arriver en bas sans danger. Aujourd'hui, les infirmières s'occupent des personnes âgées, j'ai donc la tente rien que pour moi. Je m'assieds sur mon sac de couchage, juste devant l'entrée de la tente. Je m'installe confortablement pour observer à l'abri la pluie qui va bientôt tomber.


Un violent orage s'abat sur l'île, pour le moment la tente résiste bien à la pluie. Je commence lentement à déchanter lorsque le sol devient de plus en plus boueux, même sous la tente. Le renforcement imperméable s'humidifie, et je commence à m'inquiéter. Un pirate court dans ma direction, complètement trempé par la pluie.

- « Prends tes affaires, tu vas loger chez mamie biscuits jusqu'à nouvel ordre. » - dit-il entrant dans la tente pour emporter les affaires des infirmières.

J'attrape mon sac à dos pour y ranger mes vêtements et mon escargophone bien empaqueter entre deux tee-shirts. Je range le maquillage que les infirmières m'ont donné, puis j'attrape mon sabre pour courir jusqu'à la maison. La maisonnette se trouve à une centaine de mètres, plus ou moins, suffisamment loin pour que je sois trempée de la tête aux pieds. Mamie biscuits m'attend sur le seuil de la porte, elle me fait entrer avant de refermer la porte derrière nous.

La petite maison ressemble à un stéréotype de chalet Suisse, les murs sont en bois, il y a une cheminée et l'intérieur est chaleureux. La première pièce est un salon-cuisine, la zone du salon est à gauche avec la cheminée, et la petite cuisine est à droite avec une petite table pour manger à côté de la fenêtre près de la porte l'entrée.

- « Tu pourras dormir sur le canapé, il est petit mais tu seras au sec. » - dit-elle en se dirigeant lentement vers la cuisine.

J'observe un instant la grand-mère avant de déposer mon sac et mon sabre près de l'entrée. Je sors l'escargophone pour le déposer à côté de moi sur la table haute de la cuisine.

- « C'est très gentil à vous de m'accueillir durant l'orage. » - dis-je avec un sourire.

Mamie biscuits m'indique de m'installer sur un tabouret devant la table haute. Je le fais en silence en la regardant préparer une tellière de thé qu'elle fait chauffer.

- « C'est la moindre des choses, nous devons beaucoup à Edward Newgate et ses pirates. » - dit-elle lentement en sortant deux tasses.

- « Pouvez-vous m'en dire plus sur le passé de Oyagi et de cette île ? » - dis-je avec curiosité.

- « Edward Newgate prenait soin de nous depuis des décennies. Quand nous étions jeunes, notre île était trop pauvre pour payer le Gouvernement Mondial pour la protéger des pirates et des bandits qui pillaient et brûlaient nos maisons. Edward et d'autres enfants ont combattu les criminels et les ont chassés. Quand Newgate est devenu pirate, il nous envoyait chaque mois l'argent qu'il recevait. Il faisait pour nous ce que devrait faire la marine. » - dit-elle lentement.

- « Je vois... Il devait beaucoup tenir à cette île. » - dis-je en recevant une tasse de thé.

- « C'est grâce à lui qu'on a construit le village caché derrière la cascade. L'argent qu'il envoyait permettait de commercer avec les autres îles.» - dit-elle lentement.

Nous prenons le thé ensemble, buvant et discutant paisiblement tandis que l'orage fouette les vitres de l'habitation. Après cette discussion, mamie biscuits me fait rapidement visiter sa petite maison, puis elle me laisse pour aller faire une petite sieste. Je m'installe dans le canapé, laissant mes chaussures à l'entrée. J'enfile des vêtements secs, puis je m'enroule dans un plaid. Mon escargophone est devant moi, je le fixe en attendant que Marco me rappelle. Je me laisse bercer par le bruit de l'orage et la chaleur de la maison. Je peux entendre dehors quelques pirates qui courent pour éviter l'averse, et je vois même passer dehors par la fenêtre une infirmière complètement trempée.


Je me suis assoupie un moment, la sonnerie de l'escargophone me réveille en sursaut. Je décroche sans avoir totalement repris mes esprits, attendant d'entendre la voix à l'autre bout du fil.

- « Héra ? Ben m'a dit que tu voulais me parler yoï. » - dit Marco.

- « Ben ? Ben qui ? » - dis-je avec incompréhension.

- « Ben Beckman. C'est à lui que tu as parlé tout à l'heure. Tu vas bien ? » - dit Marco en s'inquiétant un peu.

- « Ah je vois ! Désolé, je faisais une sieste, j'ai la tête ailleurs. Je vais bien, je vais passer un peu de temps chez mamie biscuits parce qu'un orage se déverse sur l'île. » - dis-je avec plus d'esprit.

- « Je vois, de quoi voulais-tu me parler yoï ? » - dit Marco.

- « Ben m'a dit qu'Izou et Thatch sont peut-être sur le navire de Doma, est-ce que tu as son numéro d'escargophone pour que je puisse leur parler ? » - dis-je avec espoir.

- « Tu as de la chance, je le connais de tête. Tu as de quoi noter ? » - explique Marco.

Je trouve rapidement un petit carnet avec un crayon pour noter le numéro que Marco m'indique.

- « Attends demain pour appeler, l'orage risque de bientôt couper la communication. » - ajoute Marco.

- « Compris, je vais attendre. Comment s'est passé ta journée ? » - dis-je avec douceur.

- « Ennuyeuse. J'ai essayé de m'occuper l'esprit en jouant aux cartes avec Can et les pirates de Shanks, mais sans grand succès. » - explique Marco.

- « Vous arriverez d'ici combien de jours ? » - dis-je avec beaucoup d'impatience.

- « Trois jours dans le meilleur des cas, quatre si on croise la route de la tempête. Pas trop impatiente ? » - répond Marco.

- « C'est un supplice d'attendre, je n'ai rien d'intéressant à faire. » - dis-je avec désespoir.

- « Et si je te donnais une tâche par jour à faire ? Pour t'occuper un peu l'esprit, et en échange... tu m'en donnes aussi yoï. » - propose Marco avec amusement.

- « Bonne idée ! Vas-y donne moi un truc à faire ! » - dis-je avec enthousiasme.

- « Okey, voyons-voir... Hum.. Tu vas me faire des biscuits. » - annonce Marco.

- « D'accord... Dans ce cas, tu vas faire un gros câlin à chaque personne présente sur le Red Force. » - dis-je avec un sourire amusé.

- « Quelle vicieuse... Je ferai de mon mieux, yoï. » - annonce Marco.

Nous continuons de discuter durant un quart d'heure, plaisantant ensemble sur quelques sujets. Marco me décrit l'ambiance à bord du Red Force, et des petites anecdotes sur ce qu'il s'y passe. Lorsque nous terminons, je demande à mamie biscuits de m'apprendre une recette de biscuits. La vieille dame est ravie de m'enseigner sa recette la plus simple, et nous mettons toutes les deux la main à la pâte pour faire une fournée pour mes frères.


/ Jour 4 après Marineford /

J'ai plutôt bien dormi sur le canapé de mami biscuits, mais effectivement, il est trop court malgré ma petite taille. J'ai dû dormir avec les jambes pliées, maintenant j'ai des courbatures. Mami biscuits m'a fait un petit déjeuner, un chocolat chaud avec des petites pâtisseries, un vrai délice. En voilà une bonne raison d'être sur cette île. Le grand air et la nature c'est bien, mais je m'y ennuie !

Pour avoir bonne conscience, j'ai fais une séance de sport, j'ai couru puis j'ai fais des étirements et un peu de gainage etc... Rien de fou, mais je me suis débrouillée sans machines ni vidéos de sport. Ensuite j'ai pris une bonne douche, et j'ai nettoyer la boue collée à mes vêtements. Je suis maintenant confortablement installé avec une couverture sur le canapé. J'ai mon escargophone dans les mains, celui qui est customisé à l'effigie de Marco, car nous avons échangé nos modèles. Je compose le numéro de den den mushi de Doma le Chevalier de Bohème, j'espère qu'il va décrocher.

- « Allô ? » - dit une voix masculine.

- « Allo ? C'est Héra ! Je cherche Thatch et Izou ! » - dis-je rapidement.

- « Héra-chan ? Ici Doma, tes amis sont sur le pont. Tu veux leur parler ? » - répond Doma.

- « Oui s'il te plaît ! » - dis-je avec enthousiasme.

Doma me quitte quelques secondes pour crier à Izou et Thatch qu'ils ont un appel. Je peux entendre les deux commandants se précipiter vers le den den mushi. Thatch est celui qui attrape le combiné en premier, les deux commandants crient à pleins poumons.

- « HERA-CHAN ! » - hurlent Thatch et Izou.

- « Les gars ! Vous allez bien ? Vous êtes blessés ?! » - dis-je avec inquiétude.

- « On va bien mon coeur ! » - réplique Thatch.

- « Vous me manquez les gars ! Je suis soulagée de savoir que vous allez bien. » - dis-je avec soulagement.

- « Tu as parlé avec Marco ? » - demande Izou en arrachant le combiné à Thatch.

- « Oui, on a discuté. » - dis-je simplement.

- « Il t'a toujours pas déclaré sa flamme ?! » - demande Izou avec impatience.

- « Non pas encore, mais il a dit qu'il organisera un super rendez-vous à son retour. » - dis-je simplement pour défendre Marco.

- « On lui filera un coup de main, cette soirée sera la bonne Héra-chan ! » - s'exaspère Thatch.

- « Merci les gars. Vous tenez le coup ? » - dis-je avec inquiétude.

- « On tient le coup Héra, on n'est pas seul. On savait bien que Père ne serait pas éternel. » - ajoute Izou.

- « On les aimait, Père et Ace. Et pour cela, on fera payer à Teach son ingratitude. » - dit Thatch avec détermination.

- « Marco a dit que vous allez arriver d'ici 3 jours environ. J'ai hâte de vous revoir. » - dis-je avec émotion.

- « Nous aussi on a hâte de te serrer dans nos bras petite soeur. » - ajoute Izou.

Izou, Thatch et moi discutons quelques longues minutes avant de devoir raccrocher, j'ai brièvement raconté à mes deux amis mes journées sur l'île et l'accord que j'ai faits avec Marco pour nous occuper jusqu'à leur retour. Ils m'ont un peu charrié, mais ils étaient amusés d'entendre que Marco a dû faire des câlins aux pirates de Shanks. Je leur ai également promis une fournée de biscuits fait maison par mes soins.

J'appel ensuite Marco pour échanger nos ''gages'' de la journée. Je tombe encore une fois sur Ben Beckman, qui n'est pas très loquace. Cependant il accepte d'aller quérir Marco pour que je puisse lui parler. Je rassure mon phénix favoris sur la santé d'Izou et de Thatch, puis je lui décris les biscuits que j'ai faits. Il m'informe avoir accompli son gage dans sa totalité, et qu'il a réussi à faire un gros câlin à tout le monde, même les plus réticents comme Ben. Marco me donne un nouveau gage pour la journée, celui de m'entraîner sérieusement, de mon côté, je lui donne le gage d'organiser un strip poker avec les pirates du Red Force. Nous nous quittons amusés par nos gages respectifs.

Après avoir raccroché, je décide de suivre le gage que Marco m'a donné, et je vais chercher des adversaires pour m'entraîner quelques heures.


/ Jour 5 après Marineford /

Après mon rituel matinal, j'ai décidé d'appeler Marco depuis le sommet de la montagne. Je compose son numéro avec une certaine habitude, prête à recevoir mon gage de la journée et à demander à mon phénix favoris le numéro d'escargophone de Vista et Haruta. J'ai pris soin d'attendre qu'il soit au moins 9h du matin avant d'appeler, histoire de ne réveiller personne sur le navire.

Comme d'habitude, c'est Ben Beckman qui décroche, et je lui demande de me passer Marco. Aujourd'hui, je le sens un peu amuser par mes appels réguliers. Il me laisse attendre dans le vide tandis qu'il va chercher le phénix, et Marco décroche avec amusement.

- « Prête pour ton gage de la journée yoï ? » - demande Marco.

- « Dis-moi d'abord comment s'est passé le strip poker ! » - dis-je avec beaucoup trop amusement.

- « Je suis sûre que tu aurais adoré être là. Shanks, Ben, Yasopp, Can et un autre type ont joué avec moi. Can a fini rapidement sans sous-vêtement, puis ensuite l'autre type, Yasopp, et Shanks. J'ai terminé la partie avec Ben comme seul adversaire. » - raconte Marco.

- « Autant d'hommes en sous-vêtements ? J'avoue que je préfère ce genre de vues à d'autres. Combien de vêtements as-tu perdus commandant ? J'espère que tu nous as fait honneur. » - dis-je en taquinant Marco.

- « J'ai fait honneur à notre équipage, même en sous-vêtement yoï. » - répond Marco.

- « Je suis très fière de toi, peut-être pourrais-tu continuer à nous faire honneur durant un concours de boissons ? Hum ? » - dis-je en défiant Marco.

- « Je vois, c'est mon gage yoï ? Dans ce cas, tu vas devoir faire un concours de beuverie avec Saburo. » - ordonne Marco.

- « Ce n'est pas très sympa ça, tu sais très bien que j'aime pas l'alcool. » - dis-je d'un ton déçue.

- « Apprends à boire, ça te sera utile avec des pirates. » - ajoute Marco.

- « J'ai un désavantage naturel avec l'alcool ok ? À part ça, tu aurais le numéro de den den mushi de Vista et d'Haruta ? » - dis-je pour changer de sujet.

- « Ils sont sur le navire de Brew. Note le numéro que je vais te dicter. » - demande Marco.

Marco me dicte le numéro dont j'ai besoin pour contacter Vista et Haruta. Ensuite, nous discutons encore un peu de nos gages d'hier avant de raccrocher pour aller prendre notre repas.

C'est en fin de journée que je retrouve le dénommé Saburo pour ouvrir un concours de beuverie. Le pirate a déjà un certain âge, la cinquantaine minium, il est plutôt grand et bien épais. Apparemment, il est charpentier sur le Moby Dick. Son alcool de prédilection est le rhum, l'alcool que je déteste avec la vodka. Quelques pirates du campement se joignent à nous pour ce concours qui n'est pas fait pour les petites natures comme moi. Le souci avec le rhum... c'est que ça me donne vraiment envie de vomir.

Je me sens extrêmement ridicule d'avoir vomi après avoir bu mon premier verre de rhum. Je suis plus que médiocre, je suis désespérante. Saburo a continué à me resservir en rhum, encore et encore, quand bien même je vomissais tout. Mon repas du soir est ressorti avec tout l'alcool que j'ai ingurgité. À la fin de la soirée, je suis partie me coucher avec un sale sentiment d'échec.


/ Jour 6 après Marineford /

Je me suis réveillée tard, la faute à l'alcool ingurgité hier soir. Les infirmières m'ont laissé un plateau contenant un verre d'eau, quelques cachets, de quoi manger et des instructions pour ma gueule de bois. Je prends les cachets avec l'eau, puis je mange mon petit-déjeuner avant d'aller me brosser les dents pour faire disparaître mon haleine de chacal. Je fais quelques exercices pour aider mon corps à faire circuler mon sang, puis j'attrape mon escargophone. Je m'installe à l'ombre d'un arbre, mes lunettes de soleil sur le nez et une grosse fatigue dans la gueule.

Je compose le numéro d'escargophone du navire de Brew, puis j'attends que quelqu'un décroche.

- « Ouai ? C'est qui ? » - demande une voix masculine.

- « Eh... Je suis Héra, je voudrais parler à Haruta et Vista.. » - dis-je d'une voix hésitante.

L'homme de l'autre côté crie le nom d'Haruta et de Vista, en leur disant qu'ils ont un appel. Les deux épéistes prennent leur temps de récupérer le combiné de l'escargophone.

- « Ici Vista, c'est toi Héra-chan ? » - demande Vista avec sa douceur habituelle.

- « Oui c'est moi. Je viens prendre de vos nouvelles. » - dis-je simplement.

- « On va arriver demain sur l'île, tu ne pouvais plus attendre ? » - demande Haruta avec amusement.

- « J'ai déjà pris des nouvelles de Marco, Can, Izou et Thatch, il ne manque plus que vous. Vous seriez déçu de ne pas recevoir mon appel non ? » - dis-je en les taquinant.

- « Pour sûr qu'on serait déçu ma grande. Nous ne sommes pas blessés, nous allons bien. Mais tu as une petite voix, ça va ? » - répond Vista.

- « J'ai une gueule de bois... Vous avez rencontré des adversaires intéressants durant la bataille ? » - dis-je en connaissant déjà la réponse.

- « J'ai brièvement croisé le fer avec Oeil de Faucon, il mérite bien son titre de meilleur sabreur du monde. Il était très impressionnant, tu aurais dû voir son slash... Il a coupé en deux une immense vague de glace. » - ajoute Vista.

- « Incroyable ! J'aurais voulu voir ça. Et les autres grands Corsaires ? » - dis-je avec curiosité.

- « À la hauteur de leur réputation, mais... ils n'avaient pas très envie de se battre. Ils sont restés en retrait durant la majeure partie de la bataille. » - répond Haruta.

- « Comment va Marco ? » - demande Vista avec préoccupation.

- « Il a beaucoup de peine, mais il n'est pas seul. Can et quelques-uns de nos frères sont avec lui sur le Red Force. Je l'appelle tous les jours pour m'assurer qu'il ne s'effondre pas de chagrin. » - dis-je plus sérieusement.

- « Tu nous rassures Héra, nous étions inquiets à l'idée qu'il ait du mal à s'en remettre. Nous aussi, nous souffrons énormément, mais nous serons bientôt tous réunis. » - répond Haruta avec émotion.

- « Tu devras reprendre tes entraînements avec Joz, ça lui fera plaisir... Il a perdu un bras à Marineford, contre Aokiji. » - ajoute Vista d'un ton grave.

- « J'espère bien reprendre mes entraînements avec vous tous. Joz a encore beaucoup à m'apprendre pour que mon armure de diamants égale un jour la sienne. » - dis-je avec un sourire.

- « À ton niveau, cette armure est un don du ciel pour toi Héra. » - ajoute Haruta avec un sourire.

- « Oui, je n'aurais pas imaginé un meilleur premier pouvoir à copier. » - dis-je simplement.

- « On va devoir raccrocher, on se revoit demain, Héra. » - termine Vista.

Vista termine la conversation puis je raccroche à mon tour. Ils vont bien, tout le monde est plus ou moins en un seul morceau. Je retourne vaquer à mes occupations et surtout faire une sieste pour regagner un peu d'énergie, je me sens épuisée. J'espère que cette journée passera très vite, j'ai hâte d'être demain.


Je sors de ma sieste à cause d'un escargophone trop bruyant. Je décroche avec une gueule de bois toujours aussi puissante. De l'autre côté du combiné, j'entends la voix de Marco à demi réveillée. Je lui demande s'il a bien dormi, et il me retourne la question. Je lui raconte ma soirée riche en vomi, et il me raconte sa soirée alcoolisée à bord du Red Force. Shanks le Roux aurait battu tout l'équipage durant le concours de beuverie, battant même Marco et Can avec une grande facilitée. Can est encore entrain de comater à cause de l'alcool tandis que le capitaine aux cheveux roux est déjà sur le pont, non sans quelques difficultés.

Marco et moi nous mettons d'accord pour nous donner mutuellement un gage pour nous reposer. Je ferme doucement les yeux tandis que nous discutons un peu en cherchant du repos. Il me raconte à quel point la soirée de la veille était riche en rires et en bonne humeur. Je finis par m'endormir, bercée par sa voix.


/ Jour 7 après Marineford /

C'est le grand jour. Je me suis levée très tôt pour rejoindre le sommet de la montagne, afin de pouvoir observer l'horizon à la recherche des navires pirates revenant de la guerre de Marineford. J'utilise la longue vue que Marco m'a confié, et je scrute les différentes directions. J'avale mon petit déjeuner, des viennoiseries faites par mamie biscuits et une grande gorgée de jus de fruits. Quand j'ai terminé, j'installe le petit miroir que les infirmières m'ont généreusement pas prêté du tout, et que j'ai dû emprunter, pour respecter ma promesse et me maquiller pour Marco. Comme je n'ai pas envie d'en faire des caisses, je mets surtout du fard rouge-rose sur mes yeux et du gloss rosé. C'est très joli et assez discret.

Après deux heures d'attente, les voiles du Red Force sont visibles à l'horizon. Je me sens toute excitée, mes intestins me font ressentir ce stress qui m'anime à l'idée de revoir mes frères et Marco. Mon den den mushi sonne dans mon sac, je le décroche rapidement.

- « Île en vue yoï ! » - annonce Marco.

- « Navire en vue ! » - dis-je avec émotion en réponse.

- « Les autres sont un peu à la traîne derrière nous, mais ils vont bientôt être visibles. » - ajoute Marco.

- « J'ai attendu ce jour depuis près de deux semaines, je suis tellement heureuse. » - dis-je avec émotion.

- « Si je pouvais... je m'envolerais jusqu'à toi pour te serrer dans mes bras en premier. » - dit Marco.

- « Pourquoi tu ne peux pas ? » - dis-je en m'inquiétant.

- « J'ai perdu un pari yoï. On m'a attaché avec du granite marin pour m'empêcher de te rejoindre avant qu'on arrive sur l'île. Un conseil, ne pari jamais contre Ben Beckman. » - dit Marco.

- « Pourquoi a-t-il fallu que tu fasses ce pari ?! » - dis-je avec exaspération.

- « J'en suis le premier désolé yoï. Écoutes, comme je te connais, tu es sur la montagne n'est-ce pas ? Le temps que tu descendes, que tu préviennes tout le monde de notre arrivée et que tu faces le trajet jusqu'à la plage, on aura déjà fait la moitié du trajet. Alors court ma grande. » - dit Marco.

- « Je t'attendrai en amont de la rive Marco ! » - dis-je avant de raccrocher.

Je range l'escargophone dans ma sacoche avant de descendre rapidement le petit sentier creusé dans la roche. Je pars à travers le village puis le campement, hurlant qu'ils arrivent bientôt. Lorsque les pirates commencent à s'agiter sous mes paroles, je juge que je peux maintenant aller vers la plage. Je traverse la vallée herbeuse en courant jusqu'à en perdre haleine, puis je m'engouffre dans la jungle.


La suite au prochain chapitre ! ;)

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