Et coucou ! Me revoilà pour un nouveau chapitre !
Prenez soin de vous et n'hésitez pas à me laisser des reviews, c'est toujours la nourriture de mon PC, il a faim D:
Je vous mets les notes en haut, parce que j'aime pas aller en bas, je trouve que ça spoile un peu les fins de chapitres, excusez-moi si vous n'aimez pas ça, n'hésitez pas à me le dire !


Résume des précédents chapitres :

16 ans ont passé depuis la victoire d'Harry sur Voldemort. Sirius parvient à obtenir un aveux secret : Ray est le fils d'Anthonin Dolohov, l'ancien Mangemort.
Xanthin s'est jadis vengé sur l'un d'eux et il est le suspect principal dans l'affaire des derniers meurtres. Des hommes du ministère interrogent Sirius, tentant de savoir si son oncle l'a utilisé pour se rapprocher de certaines familles. C'est un choc pour Sirius, qui apprend également que sa mère s'est oubliétée par suggestion de Xanthin et qu'il n'est qu'une substitution de Sullivan.
Les élèves entament leur propre répression au château, taguant des murs et des vêtements dont Sirius fait les frais. Il découvre ainsi l'avertissement lancinant qu'il est l'héritier de Voldemort, possède sa magie et le fera renaître.
Des rubans sifflants arrivent dans la grande salle, au dessus de certains élèves concerné par la répression.


notes :

(1) :Non ignosco : je ne pardonne pas. Timete me : craignez moi
(2) : Reconnaissez-le, que ce soit Dippet ou Dumbledore, pourquoi Slugh aurait eu un traitement spécial sinon ? :-)


Chapitre 31 : Persuasion en flacon

La lumière des torches faisait danser des ombres inquiétantes dans la demeure au murs de pierres. Deux personnes se tenaient dans la pièce, silencieuses et immobiles, cote à cote comme des statues, face à une table de granit. Leurs vêtements étaient des plus singuliers robes longues, bandes de cuir de dragon bordés d'une cape ténébreuse, noire et luisante dans la lueur des flammes. Leurs bottes sombres, de la même matière que leurs pardessus, montaient jusqu'en dessous de leurs genoux. Mais le plus étrange consistait en leurs masques, plaqués sur leurs visages invisibles déjà dissimulés sous les capuchons noirs. Une sorte de tête de hibou blanchâtre spectrale, à donner un frisson dans cette pièce lugubre.

La porte s'ouvrit sur un troisième individu habillé identiquement aux deux premiers. Il s'arrêta un instant et porta sa main libre au dessus de sa poitrine, levant l'index et le majeur, pliant les autres doigts.

- Non ignosco, déclara-t-il d'une voix respectueuse. (1)

- Timete me, répondirent en choeur les deux autres d'une voix grave, imitant le signe de main ressemblant à un d du troisième homme. (1)

La personne à gauche de l'entrée balaya rapidement la table de sa baguette magique, envoyant les documents dans le dossier présent. Le dernier mage arrivé s'approcha de la surface de pierre, déposant à son tour la liasse de parchemins qu'il avait emporté. Le sorcier en face de lui posa une main avide sur le premier papier de la pile.

- Ce sont les livraisons pour l'action de Pré-Au-Lard, révéla le dernier rentrée d'une voix rauque.

L'ultime personne de la pièce se rapprocha avidement. Elle lut en même temps que son comparse les informations contenues.

- Parfait, complimenta-t-elle d'une voix autoritaire.

Le timbre indiquait clairement qu'il s'agissait d'une femme. Il était difficile de savoir ses expressions à cause de son masque, mais elle semblait ravie d'après son intonation. L'avidité de son compagnon à analyser les parchemins la persuada que lui aussi était satisfait. Raison pour laquelle, le troisième homme, toujours de l'autre coté de la table, se racla la gorge et s'inclina légèrement devant eux. Les sorciers reportèrent son attention sur lui.

- Avez-vous entendu parler du mouvement de contestation à Poudlard ? Demanda-t-il lentement.

- Nous avons effectivement eu vent de l'affaire, annonça d'une voix tranchante le mage face à lui.

Tout en parlant, ce dernier croisa les bras sur son torse dans un signe de contrariété. Ses yeux aciers, seule partie de son visage visible, s'emplirent d'une lueur sinistre et effrayante. L'autre homme sembla un instant mal à l'aise devant un tel regard, retenant difficilement un frisson d'effroi. Mais il se reprit quand la sorcière intervint.

- Ce sont des proches de nos membres, dit-t-elle. Rien de surprenant à ces faits...

- Il ne faudrait pas que ces événements viennent à gâcher nos préparatifs, asséna le mage à la voix tranchante. Notre priorité, c'est Pré-Au-Lard.

- La directrice a fait une mise au point concernant ces actions, déclara la sorcière. Les élèves risquent l'expulsion. Ce ne sera donc plus un problème. Les auteurs préféreront rester anonymes, je doute qu'ils tentent un nouveau coup d'ici là.

Le mage ne sembla pas se décrisper pour autant. Sa comparse passa sans équivoque le revers de ses doigts sur le masque de l'être aux yeux aciers en un signe suggestif et autoritaire.

- Vous pouvez disposer, ordonna-t-elle soudainement au dernier homme, se retournant vers lui, aboyant presque.

Celui-ci s'empressa d'obtempérer en s'inclinant, laissant les deux sorciers seuls dans la pièce. La femme pointa ensuite sa baguette vers la porte qu'elle verrouilla hâtivement. Puis elle souleva son masque, révélant seulement des lèvres pleines d'un rouge soutenu. Elle continua avec celui de son compagnon, dévoilant une petite barbiche rousse taillée en triangle qui semblait danser à la lueur des flammes. La sorcière posa ses lèvres sur celles claires, de l'homme, dans un baiser avide et impérieux. Le magicien ne parut pas partager cet élan d'affection.

- Tout sera parfait, susurra-t-elle au mage pour qu'il sorte de sa froide indifférence.

- Je l'espère, répondit-il d'une voix glaciale en repoussant la sorcière par les épaules. Je ne souhaite pas d'impair, cette fois.

Sur ces mots, il replaça son masque, déverrouilla la porte et sorti d'un pas rapide et furieux, refermant d'un mouvement brusque derrière lui. Un sourire mesquin fendit le visage de la sorcière. Les torches lui donnèrent un aspect redoutable et carnassier.

La porte s'ouvrit soudain en crissant, sur une élève portant l'emblème de Poufsouffle. Un bandage immaculé s'étendait au delà de sa main. La jeune fille fut un instant interdite, puis sortit précipitamment en baissant la tête, laissant à son tour rentrer l'arrivant. La différence de son heurta les oreilles de ce dernier avec force. L'intérieur était silencieux, seulement coupé de légers bruit de tissu qu'on déplaçait. L'extérieur en revanche était bruyant, remuant, animé par des grincements d'armures, des cantiques de Noël, des rires, des pas et des conversations retentissantes. La vieille femme tourna la tête vers l'entrée de la salle, ainsi troublée de sa quiétude.

- Ah, voilà monsieur Greendal, remarqua Mrs Pomfresh. Hannah, voulez-vous bien vous occuper de lui ?

L'assistante hocha la tête et s'approcha de l'étudiant. Le loup remarqua que l'infirmière s'occupait de placer des bandages autour du poignet de Storm. Dans le lit voisin, Ray attendait, le poignet couvert d'une pâte orange qui fumait.

- Installez-vous ici, déclara la jeune femme en désignant un autre lit, face à celui de Weiss.

Le Serpentard obéit mollement tout en remontant sa manche. Il vit la prénommé Hannah s'affairer à défaire le bandage recouvrant la même partie du corps que les deux étudiants présents. Une trace grisâtre de brûlure déformait atrocement la jointure entre son bras et sa main. Le loup grimaça.
Certes, la brûlure guérissait et bientôt il n'en verrait plus la trace, mais la croûte, le suintement et la marque de peau séché le répugnait. Tout autant que le message qu'elle lui avait transmis.

Il avait en effet reçu, quelques instant après celui de Storm, un ruban identique à cette dernière. Sur le sien aussi, tous les membres du château avaient pu lire le mot «répression» sifflant. Il avait tenté de briser le sort, avec le même échec que la Serpentard. Il avait alors décidé de purement brûler le morceau de provocation.

L'idée lui avait parut excellente, du bout de sa baguette. Enfin, jusqu'au moment où le ruban s'était enroulé en feu autour de son poignet. Le loup avait lancé immédiatement un aguamenti, sans parvenir à éteindre les flammes, puis il avait tenté un sort de découpe désespéré, sans obtenir plus de succès. Alors, dans une détonation assourdissante, le morceau de tissu avait explosé. Les trois autres avaient fait de même avec leurs victimes, à la différence qu'eux n'avaient pas mis le feu au tissu.

D'autres rubans, verts cette fois-ci, s'étaient placés au dessus d'élèves, indiquant les mots « Sang Pur. » Sirius avait redouté que Jeyne ne subisse le même sort que lui. Mais à son grand soulagement, ceux là n'avaient pas explosés et ne s'étaient pas non plus enchaînés à leurs victimes. Ils avaient simplement disparut en fumé. Comme une mise en garde sous-jacentes dû à leur statut de sang.

Sirius se souvenait parfaitement de ce qui avait suivit. Le calme après les explosions, la consternation des élèves, l'odeur écœurante de la chair brûlé. Puis l'affairement des professeurs et l'infirmière, une fois le choc passé, qui s'étaient précipité rejoindre les malheureux. Les larmes aussi, les cris et gémissements de douleur des victimes. Le bourdonnement de sa tête. Les sanglots de peur de Jeyne à ses cotés. L'étreinte étouffante de la fille. Les pleurs de soulagement qu'elle évacuait. Et la souffrance mordante et lancinante à son poignet.
Il avait eu l'impression d'être presque étranger à la scène.

La brûlure du loup fut cachée par l'onguent orange qu'appliqua avec soin l'assistante, le ramenant au présent. La pommade se mit à fumer, comme il l'avait vu sur Ray auparavant. Il fallait maintenant attendre que la réaction s'estompe avant de remettre un nouveau bandage. Ce n'était pas la première fois qu'il le faisait, l'attaque avait eu lieu il y avait maintenant trois jours. Storm s'éclipsa aussitôt ses soins terminés et Mrs Pomfresh s'employa à couvrir la blessure du fils du Mangemort.

Le jour de l'incident, les quatre élèves visés par l'attaque s'étaient retrouvés à l'infirmerie. Aucun n'avait heureusement eu de blessure trop sévère. La plus sérieuse restait celle de Sirius, diagnostiquée sans gravité majeure, du moment qu'il suivait ses soins - ce qui avait grandement soulagé les deux infirmières de service. Personne ce jour là, parmi les victimes, n'avait ouvert la bouche, hormis la Poufsouffle qui sanglotait encore. Tous, en revanche, se lançait des regards furtifs, interrogatifs, angoissés et également, avait remarqué Sirius, méfiants. Ce qui n'avait rien d'étonnant, compte tenu qu'ils étaient tous affichés maintenant, pour être affiliés au Seigneur des Ténèbres. Mais ils ne savaient exactement comment, ni à quel point les autres approuvaient l'idéologie du mage noir. Ce qui les effrayait et les rendait mal à l'aise.

En outre, Sirius avait constaté que la fille de Poufsouffle avait parfaitement bien caché son secret, à l'abri dans une autre maison que Serpentard. Personne, parmi ses camarades, ne semblait au courant de sa situation. Personne ne semblait même soupçonner un tel lien. Les étudiants de sa maison médisaient à son propos, plus encore que pour les serpents. Ils se sentaient trahis chez eux. Ils avaient pour cela rejeté la jeune sorcière, avec une rudesse sans égale.

La prénommée Hannah finit de placer le bandage immaculé de Sirius qui s'enroulait sous la direction précise de sa baguette. Lorsqu'elle l'eut fixé par magie, elle adressa un sourire à l'étudiant, lui indiquant qu'il pouvait retourner à ses occupations. Le loup la remercia et se leva enfin, se dirigeant machinalement vers la sortie. A sa surprise, la porte donnant sur le couloir s'ouvrit alors qu'il n'était qu'à quelques pas du passage. Le bruit le saisit de nouveau tout aussi brutalement, lui faisant fermer les yeux de dépréciation. Lorsqu'il les rouvrit, il s'aperçut qu'une tête rousse se trouvait dans l'encadrure. La préfète ne sembla pas surprise de le trouver là, mais ne lui accorda pas plus d'attention qu'à un doxy.

- Ah, Miss Targaryen, je vous donne tout de suite votre potion, déclara l'assistante de l'infirmière.

Sirius avait volontairement ralentit son allure, dans une curiosité qu'il ne s'avoua pas. Malheureusement, Hannah mit un temps fou à trouver ce qu'elle cherchait, et Mrs Pomfresh n'avait pas reparut depuis que Ray était sorti, ses soins terminés. Le loup ne pouvait s'arrêter sans paraître suspect et indiscret. Avec une moue contrarié, il passa les battants de la porte, délaissant l'infirmerie.
Dehors, accoudé à la rampe de l'escalier, attendait le Poufsouffle préfet-en-chef. Il avait l'air perdu dans ses pensés, et le Serpentard ne lui accorda pas plus d'attention.

La grande-salle sentait atrocement les sapins au goût de Sirius, lui soulevant l'estomac. Il s'approcha tout de même de la table des Serpentard et s'y installa, prenant place à coté d'Elwin. Ce dernier était en train de lire son quotidien, comme à son éternelle habitude. Il leva les yeux vers le nouvel arrivant et les replongea dans les pages, une fois qu'il eut adressé un signe de tête au loup. Pour une fois, ce dernier ne fit pas honneur au festin s'étendant devant lui. Il piqua sans conviction dans un œuf au plat et se força à le terminer. Le préfet lui lança un regard surpris par dessus sa gazette.

- Tout va bien, Sirius ? Demanda-t-il.

Le loup hocha mollement la tête en un signe affirmatif, plongeant son nez dans son jus de citrouille.

- C'est rare de ne pas te voir faire honneur au petit-déjeuner, remarqua le blond.

- L'odeur de sapin me retourne un peu l'estomac, révéla le loup. Juste après celle de l'infirmerie, il n'y a pas mieux comme coupe faim. Il y a beaucoup de bruit aussi en ce moment. Partout, et ça me donne la migraine.

Le préfet hocha la tête, compréhensif. Un petit article attira son attention et il s'évertua à le lire. Lorsqu'il eut terminé, il dévisagea le loup.

- Il va y avoir une manifestation à Pré-Au-Lard, le jour de notre sortie, apprit-il au brun.

- Ah bon ? S'étonna ce dernier. Et... elle revendique quoi exactement ?

- C'est un mouvement pour les droits des anciens partisans du mage noir repentis ou blanchis... et contre la répression montante, acheva le blond.

Il lança un regard qu'il voulu discret sur le dos de la robe de son ami. On y voyait encore les traces des inscriptions diffamatoires qu'elle avait arboré. Elles étaient plus diffuses, maintenant. Il n'y avait eu aucun débordement depuis les dernières attaques et la mise au point de la directrice. Elwin avait vu le ruban rouge enflammé s'attacher à son ami, impuissant, ainsi que les quatre explosions qui avaient suivi. A sa suite, des verts très similaires s'étaient affichés au dessus de sa tête, celle de Melina, de Jeyne et de quelques autres élèves, majoritairement de Serpentard. Il avait ressenti un immense soulagement secret, lorsque ces rubans-là n'avaient pas explosé.

Il y eut soudainement une intense agitation dans la Grande-Salle. Des élèves de Poufsouffle s'étaient décalés et on entendit distinctement - même de la table des serpents - des élèves en jaune s'exclamer avec dégoût :

- Reculez ! Je ne veux pas partager mes plats avec cette allégorie de Voldemort !

- Moi non plus, qu'elle s'en aille et reste loin de nous ! Grimaça un autre.

Dans l'encadrure de la lourde porte de chêne se tenait la jeune fille que Sirius avait croisé plus tôt, à l'infirmerie. Celle-ci serra ses poings tremblants, tentant de retenir des larmes de rage. Elle tourna les talons et se précipita au dehors, sans accorder un regard de plus à l'intérieur. Son pansement tranchait redoutablement dans l'espace sombre, comme un rappel d'une faute qu'elle n'avait pourtant pas commise.

Sirius s'agita nerveusement sur le banc des Serpentard. Elwin lui adressa un regard surpris, ses sourcils redressés. Le visage tendu du loup fut la seule explication muette que le préfet reçu à son comportement inhabituel. Son regard ambré, habituellement si chaleureux, s'était fait plus dur, plus froid et dardait son dégoût vers la table des Poufsouffle. Il serrait les poings sur ses couverts malmenés par sa prise de fer.

Un reniflement bruyant résonna aux oreilles du loup. Dans la table voisine, quelques étudiants partageaient le mépris des jaunes dont Lupin et Baltimore. La fourchette dans la main de Sirius trembla encore plus violemment sous la poigne emplie de colère. Elwin guettait un signe impulsif.

- Sirius, appela le préfet d'une voix basse mais autoritaire.

Elwin le dévisageait, comme dans l'attente pesante d'une réaction de sa part. Le loup serra la mâchoire.

- Ne fais pas de choses stupides, continua le préfet en guise d'avertissement.

Sirius bougonna et inspira profondément avant d'acquiescer faiblement.

- Oui papa, répondit-il d'un ton moqueur en grimaçant.

Le blond leva ses yeux au ciel. Khamul arriva à cet instant, accompagné de Tom, et ils s'installèrent à coté de lui tout en discutant et piochant dans les plats.

- Rappelle moi Kham', chuchota le loup lorsque l'occasion se présenta, comment s'appelle ton ancienne régulière de Poufsouffle ? Tu sais, celle qui a reçu le ruban rouge comme le miens. Makilon ?

- Malkin ! Corrigea Khamul immédiatement. Phoebe Malkin. Sympa, mais un peu renfermée...

Des bruits animés provenant de plus loin à la table des Serpentard l'interrompirent. Les trois garçons tournèrent leur tête vers la tablée. Une énorme pile de cadeau arriva devant l'une des filles de sixième année, sous les sons heureux de ses découvertes et de ses amis.

- Oh, c'est l'anniversaire d'Amber ? demanda Sirius en souriant.

- Oui ! Confirma Tom avec entrain.

- Il va y avoir une sacrée animation dans la salle commune ce soir, commenta Khamul avec ravissement. On célèbre sa majorité !

Le visage de Sirius se rembrunit aussitôt.

- Je dois aller à ma retenue... je vais tout rater ! Asséna-t-il d'un ton amer.

Khamul eut l'air compatissant.

- La fête va sûrement durer dans la soirée, tu sais... tu pourras profiter de la fin !

Sirius hocha la tête sans conviction face à l'argument de son ami, quelque peu dépité. Il se leva en soupirant.

- Je vais me préparer pour le cours d'enchantements, révéla-t-il.

- Ne sois pas trop déçu Sirius, on fera tout pour faire durer la fête, promit Tom.

Le loup lui adressa un hochement de tête et se dirigea à grandes enjambées vers les cachots pour rassembler ses affaires. Un miaulement rauque lui fit tourner la tête et il découvrit Seth, avec une bande de tissu noir, traînant au sol, accrochée à une de ses griffes. Il entreprit rapidement de faire sortir la gêne de l'animal, mais le chat reprit le tissu, dans la gueule cette fois, et le rapporta à son maître, comme un chien le ferait avec une balle. Amusé, Sirius le lança dans la pénombre des lieux. Mais le chat ne bougea pas et darda son regard plissant vers son maître avec un miaulement de protestation.

- Je ne comprends pas ce que tu veux, lui adressa le loup en le contournant pour se rentre à la salle commune.

Le chat le suivit du regard, fouettant l'air de sa queue. Quand Sirius repassa avec son sac, il avait disparut dans les ténèbres. Le loup haussa les épaules et se dirigea vers les escaliers. Il découvrit la jeune fille brune de Poufsouffle au pansement identique au sien. Elle tenait nerveusement son sac et semblait marcher sans but précis.

- Malkin ? Interrogea le garçon.

La Poufsouffle eut un mouvement de surprise en voyant le Serpentard. Celui-ci constata les marques rouges autour des yeux gonflés et en déduisit qu'elle venait de pleurer.

- Que fais-tu ici ? Demanda le loup.

La Poufsouffle haussa les épaules maussadement.

- Je n'ai pas d'autres endroits en paix.

Elle crispa sa main gauche sur son pansement immaculé. Le Serpentard plissa légèrement ses yeux en voyant le mouvement.

-Tu... tu as vu la scène ce matin ?

Sirius hocha gravement la tête.

- C'est... c'est tout le temps comme ça..., continua la fille d'une voix aiguë.

- Bienvenue dans le camps des maudits ! Railla le loup d'une voix rauque, tendant ses bras dans un geste exagéré.

La Poufsouffle étouffa un sanglot, et serra de nouveau nerveusement son sac entre ses mains. Après un instant de silence elle demanda d'une petite voix :

- Comment... comment tu fais toi ? Pour supporter ça ?

Sirius soupira et s'approcha de la brune.

- Je n'y arrive pas vraiment, révéla-t-il lentement en la fixant.

- Jusqu'à maintenant j... j'avais réussi à le cacher. À présent, les gens me rejettent. Mes amis me traitent comme une... une parjure. Même pire que ça !

Le loup resta silencieux. La Poufsouffle continua en retenant des sanglots qui menaçaient de s'évacuer.

- Toi au moins tu... tu es talentueux, respecté, séduisant. Il n'y a pas beaucoup de monde qui dois te rejeter...

Sirius eut un grognement dubitatif.

- Je ne suis pas aussi sûr que toi, déclara-t-il. Mais il ne sert à rien de comparer nos situations...

- Tu penses ? Tu n'es pas traité comme un pestiféré ! C'est plus facile quand on est adulé par certains...

- Avant d'obtenir cette reconnaissance, j'en ai aussi bavé, figure-toi, asséna Sirius avec un rictus en insistant bien sur le mot. Et ça continue encore, quoi que tu imagines.

La Poufsouffle baissa les yeux vers ses pieds en se mordant la joue.

- Je suis désolée, murmura-t-elle. C'est juste que... je ne croyais pas que... que... à Serpentard...

Ses mots moururent dans sa gorge. Sirius soupira.

- Je te le concède. C'est certainement la meilleure voie, à l'heure actuelle, pour faire face à notre lien avec le Seigneur des Ténèbres, dit-il d'une voix grave. Il y a de nombreux camarades dans une situation plus où moins similaire. D'autres souffrent de préjugés sur leurs conditions de sang. Si ce n'est pas simplement d'être réparti dans la maison à la plus mauvaise réputation. Tout ceci fait que dans la majorité des cas, nous nous soutenons. Même sans savoir quels secrets on entretient. On fini même par les oublier.

Sirius fit une pause. La jeune fille leva les yeux vers lui.

- Je pensais que ce soutien était pareil chez les Poufsouffle, acheva-t-il.

- Mais de toutes évidences, souffla la brune, l'éponge a du mal à effacer le tableau de ce sombre secret.

- Peut-être que cela se serait passé autrement, si tu leur avait avoué avant qu'ils ne découvrent la vérité.

- Peut-être, concéda-t-elle. Tu leur avais révélé toi ?

Sirius grimaça.

- Non, mais disons que ça n'a pas vraiment été un secret. Le gros scandale de la famille... C'est ce qui a été le plus difficile pour moi. Beaucoup dont les enfants sont à Serpentard ont été au courant avant même que je n'arrive au château.

- Je pensais que... avec le renom d'une famille comme la tienne pourtant...

- Oh non, j'ai été autant, voir plus, traité en... comment tu disais déjà ? Ah oui... autant traité en pestiféré dans ma famille, que toi avec tes amis. Je n'avais pas beaucoup d'appui de mon illustre nom en arrivant... La peur et la honte font parfois beaucoup de mal. Mais j'ai persévéré et j'ai eu la chance de rencontrer des personnes formidables.

- Ah oui, opina la fille. J'ai eu vent de l'affaire avec ton oncle, je crois ? Un Répresseur Extrémiste... Ça n'a pas dû être simple de vivre avec lui.

L'expression du visage de Sirius changea immédiatement. Son sourire réconfortant disparut aussitôt, remplacé par un air distant et froid. Ses yeux lancèrent des éclairs.

- Non, ce sont des calomnies, asséna-t-il abruptement. Il a toujours été bon envers moi, malgré ma nature de Sourcélu et ...

Sirius se stoppa en se rendant compte de ce qu'il allait dire et évacua l'air devenu trop lourd pour ses poumons. Il passa nerveusement sa main sur son visage et imprima un sourire un peu forcé.

- Désolé, tu ne pouvais pas savoir, souffla-t-il.

La cloche sonna à cet instant pour indiquer que le premier cours de la journée était imminent. La jeune fille se ressaisi et se dirigea vers les escaliers.

- Ils oublieront, assura le loup à la brune alors qu'elle partait. Dans le cas contraire, tu as sûrement remarqué mais tu n'es pas seule dans ton cas. Ne donne pas le pouvoir à ceux qui t'abandonnent.

La Poufsouffle adressa un sourire au loup et celui-ci lui adressa un clin d'œil complice en retour. Puis il se détourna pour prendre la direction de sa salle de classe, à l'opposé. Il vit alors Blackwood lui jeter un regard noir en grimaçant.

- Tiens... il y avait une réunion des enfants de Voldemort ?! Apostropha-t-il d'un ton mauvais. Dommage qu'on ait pas été au courant. On aurait au moins pû vous enfermer, comme ça devrait l'être pour les gens tels que vous.

Sirius lui adressa un air méprisant. Il ne se retourna pas mais il espérait que la Poufsouffle n'ait pas entendu la phrase.

- ça suffit, Blackwood ! Asséna une voix un peu plus loin.

Le Gryffondor se retourna pour découvrir Aelys, les sourcils froncés, qui attendait un peu plus loin, en compagnie du préfet-en-chef. Le ton de la rousse avait été autoritaire. Blackwood plissa ses yeux mauvais mais son regard s'attarda sur le Poufsouffle de dernière année, aussi il jugea bon de pincer ses lèvres en gardant pour lui sa réplique. Sirius lui adressa un rictus moqueur en le dépassant, et le Gryffondor grogna son mépris.
Les Serpentard arrivèrent au même moment que le professeur Flitwick, aussi Sirius se mêla à leur groupe. Il joignit le mouvement vers le milieu des tables, en s'installant à coté de Khamul.

Le cours fut long et ennuyeux aux goût du loup. Il avait déjà vu sous tous les angles le nouveau collier d'or blanc et la nouvelle montre lunaire d'Amber qu'elle ne se lassait pas d'exhiber à ses amis. Elle l'avait fait cinquante quatre fois, pour être exact, il avait compté. Sans oublier les fois où elle racontait en détail ses autres cadeaux. Sirius avait presque l'impression de les avoir déjà vu tant il avait été inondé de détails. Il avait cru que ça arrangerait son humeur, mais il avait plutôt obtenu l'effet inverse, tant cela l'avait agacé.

La cloche signant la fin du cours retentit à la joie du loup, couvant la voix aiguë du professeur. Les Serpentard, en sortant, discutèrent avec entrain de la soirée, jusqu'à la sonnerie suivante.

- Oh mais regarde moi ça, c'est répugnant, déclara Khamul au loup tout à coup.

Sirius suivit son regard et découvrit Aelys et le préfet-en-chef en train de s'embrasser timidement avant de se séparer pour les cours. Sirius dû prendre sur lui pour ne pas faire une grimace, ce que ne se priva pas son comparse.

- Tiens, je ne savais pas que Goldstein sortait avec Targaryen, nota Jeyne, remontant au point de mire des garçons.

- Berk, mieux vaut voir s'embrasser deux veracrasses, conclu Khamul en grimaçant toujours.

Les Serpentard ricanèrent. Amber et une de ses amies, ne suivant pas les cours de Potions, quittèrent la bande pour se rendre dans leur dortoir. Les Gryffondor, dans leur quasi totalité, emboîtèrent le pas des verts en direction des cachots.

Slughorn les accueillis précédé de son énorme ventre. Son sourire ne présageait rien de bon pour Sirius. Et il en eut la confirmation lorsque son directeur annonça le sujet du jour.

- Qui peut me dire quelle est cette potion ? Demanda le vieux sorcier à sa classe.

Il désignait un chaudron où reposait une substance nacrée. Elle sentait, au goût du loup, un mélange agréable d'odeur de balais et de mer. Aussitôt, la main de Jeyne se leva.

- Oui ? L'interrogea le professeur avec un sourire.

- C'est de l'Amortentia, répondit la jeune fille. Le plus puissant philtre d'amour au monde.

- Exact, miss Fawley, dix points pour Serpentard. Sans nul doute une potion des plus puissantes et dangereuses, ajouta Slughorn avec malice.

Sirius jeta un coup d'œil sceptique au chaudron sur le bureau du professeur. Khamul installé à son coté, lui fit un sourire contenant le même état d'esprit. Le loup remarqua que plusieurs autres personnes doutaient fortement des paroles du maîtres des potions. Celui-ci eut un rire en le constatant.

- Oui, ne sous-estimez pas le pouvoir de l'amour obsessionnel jeunes gens ! Déclara-il en tenant son ventre proéminent. Bien, bien, bien... Pour aujourd'hui, je vous propose de tenter de créer ce philtre !

Des exclamations d'étonnement retentirent dans la salle, suivit par des chuchotements précipités. Slughorn leva les main et fit quelques mouvements pour demander aux élèves de se calmer.

- Il s'agit d'une potion du niveau des ASPIC, monsieur ! Protesta un Gryffondor.

- Nous ne verrons même pas son évolution, puisqu'il y a les vacances ! Enchaîna Blackwood.

- Allons, allons, s'il vous plaît ! Réclama le professeur. Je sais parfaitement tout ceci.

Il prit une posture théâtrale, le torse autant en avant qu'il le pouvait et leva un petit flacon scintillant, qu'il tenait entre son pouce et son index. Il attendit que toute l'attention soit pleinement redirigée vers lui avant de continuer. Sirius vit Jeyne retenir difficilement son empressement, les yeux brillants.

- Cette potion est complexe et plus difficile que ce que vous avez fait jusqu'à maintenant, poursuivit Slughorn. Elle rentre dans les potions que vous serez normalement capable d'accomplir après validation de vos ASPICs. Je ne m'attends pas à ce que vous ayez un résultat parfait, rassurez-vous. Néanmoins, cet essai nous permettra d'aborder sa théorie ainsi que les doses magiques associées à certains ingrédients. J'offrirai également ceci à celui ou celle qui obtiendra le meilleur résultat !

Il montra en évidence son petit flacon où une potion incolore se trouvait emprisonnée. Il ne devait pas y avoir plus de quelques goûtes. La fiole était encore plus petite que celles contenant l'Extarie de Dorian.

- Qu'est-ce que c'est, professeur ? Demanda Tom d'un ton curieux.

Sirius était certain que Slughorn avait attendu la question pour avoir un meilleur effet. Il se racla la gorge.

- C'est un sérum de persuasion, révéla-t-il avec malice.

Le loup suspendit sa respiration, brutalement. Il serra sa plume dans sa main en un geste sec et impulsif. Elle se cassa en deux dans un bruit net. Un mouvement d'intérêt collectif secoua la classe suite à l'annonce du professeur. Le visage de Jeyne rayonnait désormais d'une lueur d'envie.

- Ce sérum, comme vous l'avez sûrement déjà deviné, expliqua Slughorn, possède l'étrange propriété de réussir à convaincre une autre personne. Il suffit de le boire juste avant pour que l'effet agisse. Bien entendu, son action est limité à dix minutes et il est formellement interdit lors d'examen ou d'élections. De plus, il faut être près de la personne que vous voulez essayer de convaincre. L'effluve doit se mélanger à votre souffle et parvenir jusqu'à l'autre. Une goûte suffit pour un petit effet et je vous recommande de ne pas dépasser une gorgée, pour votre sécurité. Gardez en mémoire qu'on ne peut pas persuader l'esprit de tous !

- Pourquoi les gens ne l'utilisent pas tout le temps ? Demanda Tom surexcité.

- Eh bien, parce qu'employée trop souvent cette potion possède des effets secondaires assez gênants. vertiges, troubles de la mémoire, malaises, intoxication... De plus, il est fortement déconseillé de l'associer avec d'autres potions tant que toute trace du sérum n'a pas été complètement évacuée de votre organisme. Sachez aussi que plus vous l'employez sur une personne, plus celle-ci devient immunisé et donc, plus la dose à prendre sera conséquente importante, entraînant une descente sans fin. Le Service des substances intoxicantes recommande de ne pas dépasser une gorgée et de l'employer avec parcimonie. Celui que je mets en jeu ne contient de toute façon, pas plus d'une simple gorgée. N'imaginez pas demander à quelqu'un de vous épouser, de se donner la mort ou de vous léger sa fortune ! Son esprit ou son instinct de survie devrait vite retrouver la raison dans ces cas là et les gobelins y sont insensibles, comme beaucoup de créatures.

- Vous en avez déjà pris, monsieur ? Questionna un Gryffondor.

Slughorn eut un petit accès de rire en se tenant le ventre. Ses yeux fixèrent un point dans ses souvenirs.

- Cela m'est arrivé deux fois, révéla-t-il. La dernière fois, j'ai convaincu un vieux directeur de m'accorder une promotion et un meilleur bureau ! (²)

- Et la première ? Demanda Tom avec un sourire.

- Ah, la première... je voulais inviter une très belle jeune fille à m'accompagner à un bal...

- Et alors, elle a accepté ? Demanda Khamul en retenant mal son air ébahi.

- Tout à fait, répondit le professeur avec un air extatique. Les choses se sont gâtées ensuite puisqu'elle avait déjà invité quelqu'un. Mais je n'ai rien regretté de notre danse !

La classe se mit à rire.

- Bon allez, coupa Slughorn en agitant son flacon, il est temps de se mettre au travail ! Je vous mets les instructions au tableau !

L'ensemble de la salle ne fut plus qu'un mélange de brouhaha, de raclements de chaises et de chaudrons qu'on met sur le feu. Jeyne claqua dans ses mains lorsque son chaudron se mit à chauffer.

- J'espère que c'est moi qui gagnerait ! S'enthousiasma-t-elle.

Sirius bougonna. Il n'avait pas bougé depuis l'annonce du nom de la potion à gagner. Khamul en revanche, se montra autant enthousiaste que la jeune fille.

- Oh là là, j'imagine tout ce que je pourrais faire avec ! Convaincre certaines filles de venir sous la couette... à plusieurs, entre autre, rit-il. Ou obtenir mon super poste de chroniqueur sportif ! Et toi tu ferais quoi avec ?

Jeyne coula un regard vers le loup. Sirius soupira et déposa les morceaux restants de sa plume sur son bureau.

- Je le jetterai, grogna le loup.

Les trois élèves à ses cotés le dévisagèrent avec incrédulité. Son visage fermé, mâchoire serré et sourcils froncés indiquaient clairement que l'heure n'était pas venu de poser plus de questions.

- Mieux vaut que ça soit toi que Miller alors, apaisa la dernière de la tablée. Si tu crois, Khamul, qu'aux entretiens ils n'ont pas d'antidote à ce genre de traquenards, tu te fourres la baguette dans l'œil !

Jeyne et elle éclatèrent de rire puis se concentrèrent de nouveau sur leur chaudrons.

- De toutes façons je l'aurai même sans ça, bouda le châtain en plongeant lui aussi le nez sur sa potion.

Lorsque le professeur Slughorn annonça qu'il était temps de de laisser reposer la potion, il apparut clair aux yeux du loup que celle de Jeyne était la plus proche du résultat escompté. La potion devait avoir une teinte blanche brillante et des vapeurs violettes. Celle de la Serpentard était d'un beige crème lumineux à la fumée rosâtre.

- Bien, je suis très satisfait de vos résultats dans l'ensemble ! Annonça Slughorn.

Khamul bougonna dans sa barbe, en donnant un coup rageur dans son chaudron : sa potion avait viré au noir charbon.

- C'est une potion extrêmement complexe comme vous avez pu le constater. Il faut un dosage extrêmement précis et minutieux d'ingrédients et de magie. Bien, en attendant que vos potions soient totalement finalisées, nous les laisserons reposer dans vos chaudrons jusqu'à la rentrée. Je vous distribue vos devoirs sur le Feu-de-Glace de la semaine dernière

Tandis qu'il parlait il agita sa baguette et les parchemins s'envolèrent vers leurs destinataires.

Sirius décrocha, se perdant dans ses pensées. En face de lui, Jeyne jubilait de sa note et Lyra rangeait son devoir avec empressement. Le loup joua un instant avec un morceau restant de sa plume. Il cligna des yeux à l'évocation de son nom et reporta son attention sur son professeur.

- Greendal, j'ai compté la potion faite avec miss Targaryen pour votre note, plus un très bon devoir sur ces propriétés...

Sirius récupéra son parchemin avec la note Optimale. Des effluves de parfum diffuses de l'amortencia parvinrent jusqu'à lui. Parmi elles, le loup senti une odeur de bois de balais poli, celle des embruns de la mer sur les falaises et une dernière fruitée qu'il n'arrivait pas à clairement identifier. Une fois que tous les devoirs furent distribués le professeur se pencha sur les chaudrons de ses élèves, pour certains avec ravissement.

- N'oubliez surtout pas de bien recouvrir vos potions, c'est très important ! Il ne faut plus qu'elles voient la lumière du jour pendant un cycle lunaire entier, et comme la prochaine pleine lune est dans cinq jours, il commencera à cet instant.

Des brouhahas retentirent, mouvements d'élèves qui partaient vers le fond de la classe poser leurs chaudrons, recouvrant leurs potions avec divers éléments - couvercles, tissus...- et revenaient sur leur table pour ranger leurs affaires, ou inversement. Sirius fut un des derniers à se lever pour ranger sa potion. Il vit du coin de l'œil passer une crinière rousse près de lui et fit mine de chercher un couvercle à proximité.

- Eh bien, Targaryen, pour des premiers baisers, tu ne perds pas de temps... lui souffla le loup.

Aelys resta interdite un long moment, surprise par la réplique. Sirius en profita pour attraper un bout de tissu noir qu'il déposa avec soin sur sa préparation. La Gryffondor balança de mauvaise humeur son couvercle de fortune sur son chaudron. Elle rattrapa le loup avant qu'il n'arrive à sa table, que Lyra, Jeyne et Khamul partageaient, et lui répondit d'un ton sec, sous le regard surpris des trois autres.

- Il faut bien que j'oublie le tiens, Greendal. Je ne vais pas rester sur cet empoisonnement.

Puis elle tourna les talons, mettant son sac sur ses épaules et sortant du cachot. Sirius, interdit, fixa pendant un long moment la direction qu'elle avait prise, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que ses affaires sur la table, qu'il s'empressa de ramasser. Il rejoignit ses amis à la table du déjeuner tandis que leurs attentions étaient absorbées par Aelys et son copain de Poufsouffle, un certain Alphonse Goldstein d'après Elwin, qui s'embrassaient de nouveau, près des portes de chêne. Chacun y allait de sa propre appréciation : Khamul grimaçait et montrait son dégoût, Tom se moquait, Elwin avait un sourire entendu sur la situation et Jeyne semblait osciller entre soulagement et déception. Elle montra clairement sa jalousie au loup.

- De quoi parlait Targaryen à la fin du cours ? Questionna la brune avec un battement de cil charmeur.

Tout en parlant, elle balança ses cheveux à l'arrière de sa nuque. L'effluve de leurs parfum arriva jusqu'à Sirius qui eut un instant de stupéfaction. Il venait d'identifier la dernière odeur de la potion d'Amortencia.