Chapitre 45 : Cinq ans plus tard

Cinq ans s'étaient désormais écoulés depuis la fin des jeux et presque trois depuis les événements qui suivirent.

Il ne s'était plus produit aucun incident notable venant de nouveau ébranler nos vies qui étaient riches et bien remplies.

Enfin si, il y avait bien eu, cette « tragédie » il y un an de cela. Un matin nous fûmes réveillés par la sonnerie du téléphone. Quand je décrochai, j'entendis ma mère en pleurs, essayant tant bien que mal, entre deux sanglots, de m'expliquer qu'une des oies d'Haymitch était morte, qu'il l'avait trouvé le matin même dans la cuisine, toute seule et froide. J'évita bien de demander à Maman si elle pensait qu'elle était malgré tout consommable, car elle semblait vraiment bouleversée. Elle m'expliquât que cela faisait une heure qu'Haymitch était prostré dans le jardin, tenant sa défunte oie dans les bras, pleurant en silence. Je dis à Maman que nous allions nous préparer et venir les voir.

Quand nos arrivâmes, ma mère me tomba dans les bras en pleurant, et Peeta s'occupa d'aller voir Haymitch qui était toujours dans le jardin. Il était mieux que cela soit lui que se charge d'Haymitch, compte tenu du fait que je n'avais jamais été très douée pour consoler qui que ce soit et aussi car je n'avais jamais fait preuve d'une grande tendresse envers ces animaux, que je ne considérais que comme de la nourriture sur pâtes.

Il lui fallut bien une bonne heure avant de réussir à convaincre Haymitch de lâcher sa « petite fifille » et de la lui confier. Peeta demanda à Maman si elle avait un drap pour l'envelopper dedans. Elle lui en donna un et Peeta, très délicatement, emmitouflât l'oie dans la couverture.

Après quoi Peeta proposa à Haymitch de s'occuper de creuser un trou dans le jardin, lui demandant où il souhaitait enterrer le volatile. Une fois cela fait il déposa tout en douceur l'animal dans le trou. Nous étions tous les quatre autour de celui-ci à regarder dedans. Haymitch, entre deux « crises » de larmes bafouilla quelques paroles très tendres. Nous restâmes encore quelques minutes en silence autour de la petite tombe, puis Peeta reprit la pelle et commença à recouvrir l'oie.

Nous restâmes avec eux le reste de la journée, essayant tant bien que mal de les consoler. J'avoue que bien que c'était pesant et à mon sens totalement disproportionné, j'étais quand même affectée de voir Haymitch dans cet état. Il câlina ses deux autres oies, leur parlant, semblant leur expliquer la situation…que pouvaient elles bien comprendre ? Mais bon, je me montrai respectueuse et ne fis aucun commentaire.

Quand nous rentrâmes le soir, nous étions fatigués l'un comme l'autre. Sur le chemin du retour, Peeta me dit qu'il allait essayer de voir à trouver une autre oie pour Haymitch, qu'il pensait que cela l'aiderait. Sur le moment je lui dis qu'il serait peut-être judicieux de ne pas l'alimenter davantage avec ces bestioles, vu le résultat que ça donnait quand il en perdait une. Et dire qu'il lui en restait encore deux. Normalement l'espérance de vie d'une oie, en tous cas les oies domestiques, est de vingt-cinq ans en moyenne. Nous ne savions pas ce qui avait pu arriver à celle d'Haymitch qui avait à peine cinq ans, mais elle devait peut-être souffrir d'une quelconque maladie.

Quelques jours après, alors que je rentrais du travail, j'entendis des cacardements provenir du jardin. Sans réfléchir j'attrapa mon arc, me disant qu'un animal s'était égaré et était venu se donner à moi. Je déboulai dans le jardin, armée et je fus stoppée dans mon élan par Peeta qui me fit des grands signes avec les bras. Intriguée je baissai mon arc et m'approcha, il se déplaça alors sur le côté et je découvris alors une belle oie blanche, encore petite.

- Tu n'as pas pu t'en empêcher ! Lui dis-je

- Non, de toutes façons avec ou sans ton consentement j'avais pris ma décision. Mais j'en ai quand même parlé avec Lize avant pour voir ce qu'elle en pensait si ça peut te rassurer.

- Bon, maintenant qu'elle est là on ne va pas la ramener. Mais on va la leur amener dès ce soir, il est hors de question qu'elle reste à la maison sous mon nez, sinon je peux t'assurer qu'elle va finir dans une cocotte.

Il s'avança vers moi et m'embrassa. Je n'étais pas méchante, je savais que cela ferait plaisir à Haymitch qui était inconsolable depuis l'évènement « tragique » de l'autre jour, et puis si Maman avait donné son consentement. A quoi bon lutter.

Peeta s'occupa de porter l'oie dans ses bras, elle semblait docile et se laissa faire sans peine. Soit c'était ça, soit Peeta avait vraiment un don pour apaiser tout et tout le monde.

C'est ma mère qui vint nous ouvrir. Haymitch était dans le salon affalé sur son canapé ses deux autres oies chacune de part d'autre de lui.

- Mitch chéri ? Peeta et Katniss sont là. Ils ont un cadeau pour toi.

- Une bouteille de vodka ? Ronchonnât celui-ci

- Mitch !

- Pardon ma biche, c'est la tristesse qui me fait penser à l'alcool, mais je te jure que je n'en n'ai pas bu une seule goûte !

- Bon tu peux venir nous rejoindre s'il te plait ? Lui demanda Maman.

- J'arrive, j'arrive. Ils pourraient faire l'effort de venir jusqu'à moi, c'est eux les jeunes et…

Lorsqu'il vit Peeta tenant l'oie dans ces bras, il se figea sur place.

- Tiens Haymitch, regarde ce qu'on t'apporte. Elle a besoin d'un nouveau foyer. Là où elle était, elle risquait de finir à la marmite. Lui dit Peeta, s'approchant de lui et lui déposant l'animal dans les bras.

Haymitch la pris avec délicatesse et la porta devant lui.

- Bonjour, toi, que tu es jolie. Tu es toute petite dis donc.

L'oie se laissait faire sans broncher, je pensais un instant que Peeta l'avait drogué pour qu'elle se tienne tranquille à ce point.

- Tu as vu mon petit canari des îles ? N'est-elle pas magnifique. Elle a l'air si douce.

- Oui on dirait qu'elle t'a déjà adopté. Répondit Maman.

- Merci les enfants, c'est tellement gentil à vous. Je ne pensais pas être prêt pour…enfin…mais elle me fait fondre. Je la garde c'est sur.

Viens ma douce je vais te présenter tes sœurs. Tu vas voir, elles sont très gentilles, on va bien s'occuper de toi. Dit-il embarquant la petite oie avec lui dans le salon.

Nous le suivîmes, pour voir le spectacle. Les deux autres étaient toujours sur le canapé, et se redressèrent voyant Haymitch arriver avec cette nouvelle venue dans les bras. Elles se mirent à cacarder, et la petite bête leur répondit. Haymitch la posa sur la banquette au milieu de ses deux autres compagnes. Celles-ci ne semblaient pas montrer de signe d'hostilité, elles s'approchèrent, la regardèrent, mais il n'y avait aucune animosité. La jeune oie elle semblait un peu effrayée au début, mais elle finit par aller se frotter à l'une des deux. Après quoi elles descendirent du canapés toutes les trois pour aller se promener dans le jardin, toujours en cacardant gaiment.

- Eh bien voilà, on dirait qu'elles vont bien s'entendre dit Haymitch qui avait retrouvé le sourire.

Et il prit Peeta dans ses bras et m'agrippa aussi pour que je me joigne au câlin collectif.

- Encore merci à vous, vous êtes des amours tous les deux !

Finalement, je devais admettre que Peeta avait eu une bonne idée. Ce garçon savait vraiment faire ce qu'il fallait avec les gens. Tout l'inverse de moi-même si je m'étais quand même un peu adoucie avec les années.

Depuis les derniers évènements dramatiques que nous avions connus, rien ne semblait avoir véritablement changé, si ce n'est le fait d'avoir enfin accepté de me laisser aller à vivre une histoire normale, en paix, même si je restais persuadée, au fond de moi, que ce genre de choses ne pouvaient pas durer éternellement. Depuis mes onze ans je n'avais jamais connu vraiment de répit après tout. Nous étions toujours en train de nous reconstruire, il fallait du temps pour cicatriser, mais plus le temps passait, plus la vie me semblait facile à supporter.

J'étais toujours à la tête de l'école du District, et Peeta dirigeait toujours la « boulangerie », bien que cette appellation fût devenue (elle l'était déjà dès le départ en fait) quelque peu bancale, puisque, outre le fait que durant la journée, la partie boulangerie / pâtisserie marchait évidemment très bien, le soir venu, la partie pub faisait fureur ! C'était même devenu un des lieux incontournables du douze.

Peeta déléguait de plus en plus de tâches concernant la boulangerie, sauf pour une chose, la décoration de ses gâteaux. Il aimait trop s'en occuper.

Dans le même temps il continuait à officier en tant que professeur à l'école deux jours par semaine.

Il était particulièrement apprécié des élèves. Ils apprenaient beaucoup à son contact et souvent il m'arrivait de passer devant sa classe pour l'écouter.

La première fois que je l'avais fait j'avais pensé qu'il avait dû s'absenter de la classe, car j'entendais des rires bruyants et j'étais entrée pour voir ce qu'il se passait.

Tous se retournèrent surpris de me voir et s'arrêtant immédiatement de rire, et ils me saluèrent pompeusement. Peeta était bien là, mais visiblement il était en train de leur expliquer une recette de manière relativement hilarante à l'aide de dessins un peu bizarres qui remplissaient l'intégralité du tableau, pour illustrer ses propos. Il prit un air surpris et innocent, et me demanda s'il y avait un problème, ne manquant pas au passage de m'appeler « Madame la Directrice ». Cela l'amusait beaucoup de m'appeler comme ça. Je gardai un air sérieux, expliquant que je venais simplement voire comment se passaient les cours et que cela m'arrivait régulièrement de passer dans les classes à l'improviste (lui comme moi savions que c'était faux). Je lui demandai donc de continuer et resta plantée à l'entrée de la classe pour l'embêter et voir s'il allait continuer de faire le pitre avec ses élèves me sachant là. Comme j'aurais dû m'en douter, cela ne l'avait évidemment pas arrêté, bien au contraire.

J'avoue avoir moi-même, du me contrôler, pour éviter de ne trop rire. Mais je ne disais rien puisqu'il semblait que ses méthodes pédagogiques, bien que peu orthodoxe, portaient leurs fruits, les notes de ses étudiants étant parmi les meilleures. Les fois suivantes, quand je passais devant sa classe et qu'il m'arrivait d'entendre des rires, je souriais simplement en poursuivant mon chemin.

Il n'avait plus eu d'épisodes depuis bientôt trois ans, et n'avait pas eu besoin de devoir de nouveau subir le traitement de choc que lui avait administré le Docteur Aurélius. De toutes manières je le lui aurais interdit. D'avoir dû voir ces images de lui sur ces disques m'avait passablement perturbée durant un temps. Je les avais d'ailleurs détruits peu de temps après.

Pourtant il nous arrivait ponctuellement, à l'un comme à l'autre, d'avoir toujours des nuits agitées. Nous savions que cela ne passerait jamais complétement, cependant nous trouvions toujours le réconfort dont nous avions besoin dans les bras l'un de l'autre. Nous avions eu un peu de mal, durant les mois qui avaient suivi l'incident avec Plutarch, à nous sentir parfaitement à l'aise chez nous, sachant que nous avions été espionnés pendant des mois. Nous ressentions le besoin impérieux de protéger à tout prix notre intimité, même si nous avions par la suite définitivement officialisé notre relation.

J'avais, sur le moment, envisagé de quitter cette maison, pensant que je ne m'y sentirais plus jamais aussi bien qu'avant, puis le temps passant, je finis par « oublier » en un sens. Nous l'aimions tant. Elle était notre refuge à tous les deux même si elle avait été salie par l'intrusion malsaine de Plutarch.

Maman était finalement restée un an de plus à l'école pour enseigner. Je crois que cela lui plaisait. Elles avaient fait ça en alternance avec Annie. Puis l'année suivante, cette dernière avait enfin volé de ses propres ailes. Elle semblait plus épanouie maintenant et commençait à penser à l'avenir, le sien, et n'était plus entièrement focalisée uniquement sur Finn. Ce dernier avait désormais intégré l'école lui aussi.

Et cela avait semblé lui faire beaucoup de bien, il s'était intégré très facilement et était très épanoui. De sortir un peu des jupons de sa mère n'avait pas dû lui faire de mal.

De plus, il n'était pas improbable, que ce fut cette « séparation » qui permis à Annie de réussir à s'émanciper un peu et de s'autoriser à retrouver une vie de femme. La mort de Finnick l'avait énormément affecté, et elle s'était raccrochée à Finn qui lui rappelait son mari, ce qui était compréhensible, surtout compte tenu de caractère fragile.

Nous allions désormais chaque année passer une semaine de vacances tous ensemble dans le quatre, à la maison de la plage. La première fois ce fut un peu le camping, la maison ne comportant que deux chambres, et notre petit groupe comptant huit personnes, ce n'était pas évident. Nous nous étions donc retrouvés, Gale, Johanna, Peeta et moi à devoir dormir ensemble dans le salon. Ce qui donna souvent lieu à des situations tantôt très amusantes, tantôt embarrassantes.

Par exemple, il y eu cette nuit, au cours de laquelle, n'arrivant pas à m'endormir j'avais eu le « plaisir » d'entre Gale et Johanna s'adonner à des activités, intimes.

Même s'ils essayaient de rester silencieux, ils pouffaient de rire de temps à autre.

Cet idiot de Peeta eu alors l'idée stupide de commencer à me caresser de manière un peu trop entreprenante, j'imagine que la situation avait dû lui donner des idées, et il me fallut le rembarrer sans ménagement pour qu'il se calme.

La nuit suivante, il avait dû en parler avec Gale, qui avait dû lui-même en parler à Johanna, car ils remirent ça ! Mais de manière encore plus bruyante ! Peeta recommença ses explorations et quand il se prit un bon coup de coude de ma part dans les côtes, il éclata de rire et les deux autres aussi, qui allumèrent la lumière me disant qu'ils l'avaient fait pour m'embêter. Je fis semblant d'être vexée avant de finir par en rire avec eux, traitant quand même au passage Peeta de sombre idiot.

Nous faisions visiblement trop de bruit, puisque Haymitch sorti de sa chambre, les cheveux en pétard et l'œil mauvais demandant si nous avions bientôt fini car il aimerait bien dormir. Cela nous calma, quelques minutes seulement.

Le lendemain matin, celui-ci se fit un malin plaisir de faire tout le raffut possible et imaginable et nous avions dû rattraper le sommeil manquant l'après-midi, en faisant une sieste sur la plage.

Après cette semaine de grande proximité avec nos amis, durant laquelle, je n'avais pas laissé la moindre chance à Peeta d'avoir un peu d'intimité avec moi, contrairement à d'autres qui eux ne s'étaient pas gênés, j'étais passablement frustrée, à tel point qu'un soir, j'avais proposé à Peeta une balade au clair de lune sur la plage, ayant repéré quelques jours plutôt un coin tranquille, nous permettant de nous retrouver un peu tous les deux. Il fut ravi de cette initiative de ma part et ne se fit pas prier pour en profiter et moi non plus d'ailleurs.

Après quoi, un midi, je mis les pieds dans le plat et demanda à Annie ce qu'elle pensait de l'idée de faire agrandir la maison. Elle ne sembla pas contre.

Nous en discutâmes donc tous ensemble et nous décidâmes de nous grouper afin de financer les travaux. L'année suivante, nous avions finalement chacun notre chambre.

Nous étions dans notre vingtaine et nous profitions tous de la vie comme nous le pouvions, malgré nos bagages de blessures quelques fois toujours un peu encombrants. Mais la force que nous avions, c'était d'avoir la même histoire qui nous permettait de nous comprendre et de nous soutenir. On aurait pu nous voir comme étant un groupe de parole, si nous avions tous été internés dans un hôpital psychiatrique. Fort heureusement chacun d'entre nous avait su rebondir.

Celle qui eut la plus surprenante transformation fut surement Annie, qui, malgré ses troubles, liés à un syndrome post traumatique, qu'à l'époque seul Finnick était en mesure d'apaiser, avait apprit, petit à petit à surmonter tout cela.

Elle était l'une des premières à proposer d'aller passer une soirée endiablée à « L'en K », où, le soir venu, Haymitch faisait son show derrière son bar, le tout accompagné de bons groupes de musiques, qu'il dénichait on ne savait trop comment. Les soirées musicales se tenaient du jeudi soir au samedi soir inclus. Les autres soirs étaient plutôt consacrés à des artistes en devenir, comiques, orateurs et j'en passe.

Durant environ six mois, Annie nous embarquait quasiment tous les weekends là-bas.

Il y a bien eu quelques fois, où j'avais dû lui expliquer que je souhaitais rester au calme car j'étais fatiguée, mais elle était tellement enthousiaste et persuasive, qu'elle arrivait à m'avoir à chaque fois. On aurait dit qu'elle voulait rattraper son adolescence en partie volée, comme pour nous tous. J'en avais parlé à Peeta qui avait ri, en me disant qu'il savait très bien pourquoi elle était comme ça.

Donc un samedi soir, alors que nous étions de nouveau fourrés à « L'en K », je l'avais observé. Peeta m'avait dit qu'il pensait qu'elle avait des vues sur l'un de ses employés qui travaillait au bar avec Haymitch. Un garçon nommé Caleb qui avait vingt-cinq ans. Cela faisait quelques mois qu'il avait été embauché. Sur le moment j'avais rigolé, disant à Peeta qu'Annie était très loin de ce genre de préoccupations.

Et je savais, en tous cas je pensais savoir, qu'elle n'était toujours pas remise de la mort de Finnick et j'avais fini par penser très sérieusement qu'elle finirait sa vie seule.

Encore une fois j'étais tellement naïve sur certaines choses. Donc, ce soir-là, je l'avais regardé faire.

Haymitch, qui avait parfaitement comprît lui aussi, faisait toujours en sorte d'être occupé quand Annie venait passer commande au bar, afin que cela soit Caleb qui la serve. Celui-ci ne semblait pas être insensible à ses charmes non plus.

Elle, rougissait à chaque fois qu'il s'agissait de lui parler et bafouillait, on aurait dit une petite fille. A chaque fois, ses approches étaient complétement loupées et elle finissait par repartir avec son verre pour aller se cacher à l'autre bout de la salle, ce qui semblait amuser Caleb. Ceci étant, vu la maladresse dont j'avais moi-même fait preuve dans ce domaine, je ne me sentais pas le droit de me moquer.

Le lendemain de cette énième soirée, et vu le spectacle auquel j'avais assisté, voyant Annie tenter des approches plus qu'approximatives, je pensai qu'il allait falloir agir.

D'une part car je n'allais pas survivre à des mois supplémentaires à ce rythme et d'autre part car il semblait que la situation ne bougerait pas si nous ne leur donnions pas un petit coup de pouce. Je décidais donc d'appeler Johanna à la rescousse. Nous convînmes toutes les deux de la meilleure stratégie à adopter. Nous allions organiser une fête à la maison d'ici deux semaines, le temps qu'elle s'organise pour venir et que Gale puisse se libérer. Durant cette soirée nous demanderions à Haymitch de faire venir l'un de ses groupes. Johanna s'occuperait d'Annie, de la préparer d'un point de vue vestimentaire. Le rôle de Peeta et d'Haymitch serait de convier Caleb à la soirée, avec le reste de l'équipe évidement, et ils devraient faire en sorte de l'encadrer, afin de l'aider un peu à aller vers Annie, qui ne ferait certainement pas le premier pas. Maman, d'habitude sur la réserve concernant ce genre d'idée, était excitée comme une puce quand nous lui en avions parlé.

J'en profitas également pour inviter quelques autres personnes, comme Eiffie que nous n'avions pas vu depuis un moment. Elle venait une fois par an nous rendre visite au Douze. Cette visite serait donc celle de l'année. Même si elle gardait son style très « Capitolien » elle arrivait à trouver des tenues moins excentriques quand elle venait, et à se mettre un peu plus au diapason de notre mode de vie. Elle ne l'avouerait sans doute jamais, mais au fond, je pense que de se montrer plus naturelle lui plaisait, à de rares occasions évidement. Cela ne l'empêchait pas pour autant, à chaque fois qu'elle me voyait dans mes tenues décontractées, de me faire des petites remarques sur le fait que je devrais prendre un peu plus soin de moi, ne serait-ce que pour le plaisir de Peeta. Je ne disais rien mais je savais très bien comment m'habiller pour faire plaisir à Peeta, bien que celui-ci n'avait pas besoin de cela pour me trouver « belle ». Parfois je pensais qu'il se contentait vraiment de bien peu de choses pour être content.

Paylor également avait accepté de venir, ainsi que Delly, malgré sa grossesse bien avancée, son désormais mari Thom, qui ne manquait jamais une occasion de s'amuser ces derniers temps et surtout il était toujours content à l'idée de revoir Gale.

Delly, bien qu'étant une personne adorable, semblait particulièrement compliquée à gérer durant sa grossesse, « Les hormones ! », m'avait un jour glissé Maman.

Au final ce qui devait être une petite fête prenait des allures de mini réception. Mais Peeta et moi aimions voir la maison remplie de monde et profiter de ces moments tous ensemble. Pas que nous n'aimions pas notre vie à deux bien au contraire !

Nous nous suffisions à nous même. Il pouvait nous arriver de passer des semaines rien que tous les deux sans voir personne en dehors du travail. Nous avions su trouver notre équilibre ensemble. Nous ne disputions jamais, en tous cas cela faisait des années qu'aucun accrochage quel qu'il soit ne s'était produit. Nous avions appris à laisser l'espace nécessaire à l'autre, moi allant à la chasse des journées entières, Peeta s'isolant pour peindre. Cela étant nous avions aussi ce besoin irrépressible de nous accorder le plus de temps possible ensemble. Mais le fait de nous laisser de l'espace me rassurait, car j'avais toujours peur de cette dépendance que j'avais développé vis-à-vis de lui. Lorsque nous étions tous les deux, nous ne nous embêtions jamais. On pouvait passer des soirées, voir même des nuits entières à parler à rire, où à nous donner l'un à l'autre. Je m'étais vraiment totalement libérée avec lui à ce niveau, j'étais complétement épanouie, à tel point que nous avions bien souvent du mal à nous retenir de nous sauter dessus dès que l'occasion se présentait. Nous étions sur la même longueur d'ondes, nos envies coïncidaient toujours avec celles de l'autre. Il m'arrivait souvent de me dire que je nous avais fait perdre un temps considérable, avec mes peurs, mes doutes, mes craintes diverses et mes psychoses. Peeta ne semblait pas s'en formaliser et nous rattrapions le temps perdu en profitant totalement de chaque moment.

Une peur en revanche n'avait pas disparu avec les années...Les enfants !

Même si Peeta n'en parlait jamais et semblait être à mille lieues d'y penser, du moins pour le moment, je ne pouvais m'empêcher de me demander combien de temps cela aller encore durer. Je n'y pensais pas continuellement mais cela m'arrivait. J'avais, bien évidement soigneusement évité d'aborder ce sujet avec lui de près ou de loin depuis des années, et je m'étais bien gardée de lui dire, qu'il m'arrivait parfois de me surprendre à y penser de façon moins négative. Et dès que je m'en apercevais, je m'auto sermonnais, en me rappelant cette promesse que je m'étais faite à moi-même depuis l'enfance et que je me devais de respecter !

La veille de notre soirée, arrivèrent Gale et Johanna. Cela faisait un an qu'ils habitaient officiellement ensemble tous les deux, dans le sept. Gale devait faire de nombreux allers-retours pour son travail, mais il savait que Johanna aimait trop sa vie au milieu des arbres pour l'en priver. Qui aurait, un jour pu croire, que ces deux la seraient ensemble ? Gale avec son côté calme, qu'il avait fini par retrouver, avait su apprivoiser mon amie, que je pensais pourtant être définitivement indomptable. Nous passâmes la soirée tous les quatre en toute simplicité, ce qui me fit du bien puisqu'Annie m'avait littéralement épuisée ces derniers mois, et j'espérais bien qu'avec la soirée de demain, elle arriverait enfin à sortir de sa coquille pour se laisser approcher par Caleb.

Alors que je me rendais dans la cuisine pour me faire un thé, Johanna m'emboita le pas. Je savais que ça signifiait qu'elle voulait me parler. Elle était accoudée au comptoir tandis que je préparais des tasses. Je ne disais rien, attendant qu'elle se décide à me parler. Ce n'était pas dans ses habitudes de ne rien dire sans aller droit au but, mais là je sentais qu'il allait falloir que je l'aide un peu.

- Jo, tu vas te décider à me dire ce qu'il y a ? Dis-je toujours affairées à préparer les tasses pour le thé.

- Kat ! Tu me voles mes répliques.

- Arrête ! Je sais très bien que tu m'as suivi ici pour me parler. Alors crache le morceau. Il y a un problème avec Gale ? Lui demandais-je.

Pourtant ils semblaient aller très bien. Quoi que, Jo était peut-être un poil distante avec lui, sans pour autant que cela ne soit choquant.

- Il m'a demandé en mariage !

- Oh !

Je ne savais pas quoi répondre de plus, comprenant très bien dans quel état d'esprit elle devait se trouver. Je savais que si Peeta le faisait mes peurs reprendrais le dessus.

- Ouais…

- Bon, mais tu lui as répondu quoi ?

- Rien…J'ai pleuré. Moi pleurer ! Et je l'ai planté là pour partir planquer au sommet d'un arbre.

Quand je suis rentrée il dormait et ronflait allégrement.

Il m'avait juste laissé un mot me disant « ne t'inquiètes pas, pas de pression on en reparle quand tu seras prête, je t'aime aussi ».

Et depuis je ne lui en ai pas re parlé et lui non plus. Dit-elle posant sa tête sur le comptoir avec un air de désespoir.

- On dirait du Peeta le coup du message ! Lui dis-je en rigolant pour détendre l'atmosphère.

- Je suis sûre que Peeta le savait !

Il du tout garder pour lui pour ne pas que tu vendes la mèche, forcément !

Je te jure, les trois là avec Haymitch, ils forment un clan !

C'est pas bon pour nous Kat ! Ils nous cernent de toute part !

On ne pourrait s'enfuir toute les deux ?

Cela me fit rire et elle aussi.

- Mais sinon, sérieusement, tu en penses quoi concrètement ? Demandais-je

- Je suis la première à savoir tenir des raisonnements aux autres, en particulier à toi, mais quand il s'agit de moi…Le pire c'est que je crois que j'en ai envie.

Mais je ne sais pas, cette histoire d'engagement, la robe, les talons, c'est pas mon truc. Pas que j'ai envie de me séparer de lui, au contraire, il est trop doué au lit pour ça…Bon, il a d'autres qualités aussi évidemment !

- Tu sais Jo, je ne pense pas être la meilleure personne pour t'aider sur ce sujet. C'est peut-être à Annie que tu devrais en parler ?

Moi qui fui à la première occasion, je serais surement dans le même état que toi à l'heure qu'il est.

Oh ! Si ! J'ai une idée ! Tu sais à qui tu devrais en parler ? Peeta ! Évidemment, tu seras gentille d'éviter de lui mettre des idées en tête s'il te plait, mais il pourrait peut-être t'aider à comprendre les attentes de Gale, à te donner le point de vue d'un garçon.

- Tu n'as pas tort. Ça me désole de voir que pour une fois c'est toi qui me donnes des conseils et pas si foireux en plus !

- Avec plaisir ! Allez viens on va retourner avec eux avant qu'ils ne conspirent encore plus !

Nous venions de nous coucher, j'étais dans les bras de Peeta et je me retournai pour lui faire face.

- Peeta ?

- Oui ?

- Je ne veux pas qu'on se marie.

- Je sais, mon non plus d'ailleurs.

Je me redressais et alluma la lumière.

- Comment ça tu ne veux pas te marier avec moi, toi ? Dis-je presque énervée ! Les joies de la contradiction féminine

- Non, je ne veux pas. Me dit-il avec un petit sourire amusé. Il me connaissait par cœur et ne semblait pas surpris par ma réaction.

- Mais pourquoi ?

- Et bien parce que je pense qu'on n'a pas besoin de ce type d'engagement toi et moi pour savoir qu'on s'aime et qu'on a envie de rester ensemble jusqu'à la fin de notre vie.

J'étais assise face à lui les bras croisés le regardant d'un air perplexe attendant la suite.

- Tu sais, quand j'ai dû te demander en mariage pour éviter que Snow ne s'en prenne à nous, à ce moment-là j'aurais vraiment souhaité que ça soit pour de vrai. Je crois que j'avais toujours rêvé sans oser l'espérer, qu'un jour cela arrive vraiment.

Mais cette comédie m'a dégouté et ça m'a fait comprendre que je n'avais pas besoin de ça pour rester avec toi.

On est bien comme ça tous les deux non ? Me demandât-il en penchant la tête sur le côté.

Mais toi pourquoi tu réagis comme ça ? C'est pour me tester ou c'est en rapport avec le fait que Gale a demandé Jo en mariage ?

- Non ! Enfin si ! Mais j'étais tellement persuadée que toi tu le voudrais un jour ou l'autre, qu'en un sens, tu me prends de cours là.

- Tu es quand même un peu vexée. Dit-il toujours souriant

- Pas du tout !

Il rigola.

- Bon peut être un peu, mais ce n'est pas ce que tu penses ! Enfin si peut être ! Et si moi j'en avais eu envie au final ?

- Je pense que je le saurais ! Et si tu en avais eu vraiment envie, je n'aurais pas dit non je pense, mais comme toi et moi ce n'est pas ce que nous souhaitons la question ne se pose pas.

Franchement, oses me dire que tu as déjà pensé à un mariage avec moi avec une robe blanche, marchant dans une allée pour venir prêter un serment qu'on respecte déjà ?

Ose-me dire ça, et je te demande en mariage, là, de suite, maintenant !

- Arrête ! Forcément que j'y ai déjà pensé, mais ça ne me correspond pas, même si à la fin je serais surement heureuse.

Tout ce…enfin tu imagines ? Eiffie voudrait s'occuper de ma tenue, je n'aurais pas mon mot à dire, tout le monde voudrait mettre son grain de sel, on ne serait pas tranquille pendant des mois avant que le jour J n'arrive…non, non ! C'est tout sauf intime.

- Donc, si je te suis, tu y as pensé et tu n'es pas à cent pour cent contre si cela pouvait être fait en catimini ? Dit-il l'air amusé.

- J'ai l'impression d'entendre le Docteur Aurélius !

- Mais pourquoi on a cette discussion au fait ? Je t'ai dit que j'étais d'accord avec toi.

- Parce que tu essayes de jouer à un jeu tordu avec moi Peeta. Je le sais !

- Pas du tout ! Dit-il en prenant un air innocent.

Et puis ni toi ni moi ne sommes prêts pour ça. On prend la vie comme elle vient et ça nous va comme ça.

Si un jour tu changes d'avis je le saurais, et on en parlera sérieusement, mais en ce qui me concerne, notre vie me convient telle qu'elle est.

Je le regardais avec suspicion. Il souriait toujours, ce n'était pas bon signe.

- Tu veux bien éteindre la lumière maintenant ? Me demandât-il en m'embrassant.

Après quelques minutes à nous observer, je m'avouais vaincu et je consenti à me recoucher et éteindre la lumière.

La soirée était un succès, comme souvent. Le temps avait été avec nous, tout le monde semblait heureux et détendu.

Annie était passée entre les mains expertes de Johanna, qui avait fait en sorte de la rendre « sexy, mais pas trop non plus » selon les termes d'Annie. Elle avait dû la contenir un peu et je la comprenais dans la mesure où moi non plus je n'aurais pas laissé Jo me relooker complétement si j'avais été à sa place. Cette dernière pouvait avoir du mal à se refreiner parfois. Cela devait surement venir de toutes ces années passées à fréquenter le Capitole.

Caleb et elle s'échangeaient des regards timides de temps à autres, sans pour autant oser s'approcher. Haymitch alla parler aux musiciens, afin de leur demander de basculer en douceur vers quelques morceaux qui permettraient de pouvoir danser plus calmement. Lorsque les premières notes de musiquent commencèrent, je vis Peeta aller chuchoter quelque chose à Caleb et lui donna un coup de coude pour l'encourager. Celui-ci traversa le jardin et s'approcha d'Annie pour l'inviter à danser. Elle avait viré au rouge et semblait ne pas savoir comment réagir. Caleb ne se démontât pas et lui pris délicatement la main l'incitant à le suivre. Peeta, Gale et Haymitch s'approchèrent alors de Jo, Maman et moi pour nous inviter également à danser. Je savais très bien qu'outre le plaisir de notre compagnie, c'était pour éviter à Annie et Caleb de se sentir seuls au monde et qu'ils soient surement moins gênés. Nous fûmes rejoins par Delly et Thom, tandis qu'Eiffie dansait avec Paylor. Ces dernières rigolaient ensemble comme des perdues. Je ne savais pas ce qu'elles pouvaient bien être en train de se raconter pour être dans cet état là, mais ça m'amusa.

Peeta me regardait avec des yeux malicieux et coquins. Je savais parfaitement à quoi il pensait quand il me regardait comme ça, surtout vu comment il me tenait fermement contre lui. Il était diabolique quand il s'y mettait, il savait exactement quoi faire pour me mettre en route. Même si ce n'était pas l'envie qui manquait, je me voyais mal planter tous mes invités pour partir batifoler avec lui en cachète. Sachant très bien que je ne répondrais pas à ses avances, en tous cas pas dans l'immédiat, je m'amusai moi aussi à le provoquer discrètement. Après tout il fallait qu'il sache lui aussi ce que ça faisait de se sentir un peu frustré parfois.

Jo avait semble-t-il décidé de se lâcher ce soir, notamment sur l'alcool. Haymitch ne s'était pas fait prier pour lui préparer quelques « cocktails maison ». Je savais qu'elle faisait cela car elle était en pleine crise de panique suite à la demande de Gale. Je la surveillais du coin de l'œil entre deux provocations supplémentaires de Peeta que je sentais être sur le point de me kidnapper, au cas où.

J'observais aussi Annie, elle semblait plus détendue. Caleb et elle dansaient toujours ensemble et il lui chuchotait des choses à l'oreille qui visiblement semblaient faire leur petit effet.

La partie musicale « douce » pris fin et j'abandonna un Peeta à l'œil plus enflammé que jamais, pour retourner avec Eiffie et Paylor afin de profiter de leurs présences. Elles étaient toujours hilares. Ces deux personnes aux antipodes l'une de l'autre se côtoyaient souvent au Capitole. Il faut dire que concernant Eiffie, une fois passé son look extravagant, il y avait une vraie personne qui méritait à être connue. Haymitch aussi aimait bien revoir Eiffie et ils n'avaient de cesse de se lancer des piques tous les deux. Ils étaient de vieux amis qui avaient dû partager des moments pas très sympathiques dans leurs rôles respectifs d'hôtesse et de mentor.

Cela permettait aussi à Paylor de relâcher la pression liée à sa fonction. Elle travaillait tellement dur pour aller jusqu'au bout de son programme, que dès que je lui proposais de venir se ressourcer au douze, le temps d'un weekend, rares étaient les fois où elle refusait et lorsqu'elle le faisait, c'était à contre cœur, car elle devait travailler bien souvent.

Les employés de Peeta ainsi que Delly et Thom aussi semblaient passer une bonne soirée.

Mis à part notre petite danse, aux moult mais discrètes provocation, Peeta et moi ne profitions que peu l'un de l'autre dans ces moments-là, faisant le tour des gens présents au fur et à mesure. Au fil des ans, tous avaient appris à se connaitre et s'appréciaient ce qui facilitait les choses. Je n'avais jamais aimé les soirées avec des clans éparpillés. L'alchimie ne prenait pas et cela avait le don de me stresser.

Nous apprécions nos soirées privées, pour autant nous n'en abusions pas, afin de garder cette fraicheur et cette légèreté qui émanaient de ces quelques heures passées ensemble à profiter les uns des autres sans toute autre forme de contraintes.

Alors que j'étais en pleine conversation avec Gale, la musique s'arrêta brusquement. Nous nous retournâmes et vîmes Jo un verre à la main, juchée sur la scène, plantée derrière le micro Je sentais la catastrophe arriver. Je cherchais Annie des yeux, mais je ne la voyais pas, ni elle ni Caleb. Je n'eus pas le loisir de me pencher plus sur la question, que résonnait dans les baffles la voix de Jo.

- Gale Hawthorne ? Dit-elle chancelante, tournant la tête de droite à gauche.

Ah te voilà !

Tu te souviens, ? Tu m'as posé une question l'autre jour.

Et franchement à bien y réfléchir, tu es un mufle !

Alors puisque visiblement tu ne sais pas t'y prendre pour demander à une fille de t'épouser, je vais te montrer ce que ça fait, de faire ça n'importe comment !

Gale Hawthorne, malgré le fait que je sois à moitié cinglée, que je sois un peu éméchée là de suite, que je ne sois pas aussi énigmatique et sexy que la Fille du Feu à côté de toi là et que je ne puisse pas avoir d'enfants : Veux tu m'épouser ?

Je regardai Gale qui semblait être très gêné par ce déballage public et surtout il avait l'air d'avoir reçu un coup sur la tête.

- J'attends ta réponse Gale ! Dit-elle de nouveau, le fixant.

Gale restait là, planté à côté de moi. Je lui donnai une bourrade dans le dos et il me lança un regard furieux que je lui rendis en lui faisant un signe de la tête pour lui faire comprendre de réagir et de ne pas laisser Jo comme ça. Il ne bougeât pas

- Ah voilà ! C'est bien ce que je pensais !

Tu vois, j'ai fait ça, parce que je voulais voir si tu étais vraiment sérieux quand tu m'as demandé ça, là, en plein pendant notre soirée pleine de sexe !

Je pensais bien que c'était parce que je t'avais fait…

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Peeta la chargeât sur son épaule comme un sac de pommes de terre et la fit descendre tandis qu'elle se débattait comme une démente.

- Peeta pose moi immédiatement ! Tu sais de quoi je suis capable mon petit boulanger ? Je vais te réduire en miette. Mais t'as des jolies fesses vu d'ici.

Peeta resta impassible, l'embarquât dans la maison et la monta à l'étage. Haymitch fit signe au groupe de reprendre et la musique redémarra, mais nos invités mirent quelques minutes avant de reprendre leurs esprits.

J'attrapa Gale par le bras et le traina un peu à l'écart.

- Mais qu'est ce qui ne va pas chez toi ? Pourquoi tu n'es pas intervenu ? Lui dis-je énervé

- Ah ne te mêle pas de ça Kat, s'il te plait !

- Ah non Gale ! Pas de ça avec moi ! Tu lui as vraiment fait ta demande après que vous ayez…

- Oui…

- Mais enfin Gale…Qu'est ce qui t'es passé par la tête tu la connais non ?

Elle doit penser que tu n'es avec elle que pour ça !

Tu sais quand même maintenant, que sous ses airs de dure à cuire, elle est loin d'avoir confiance en elle ?

- Arrête hein ! Puis Peeta lui il n'a pas eu l'air choqué quand je lui en ai parlé.

- Il va m'entendre lui tien ! Bref mais ce n'est pas le problème !

Gale tu es quand même plus romantique que ça enfin !

T'aurais pu, je ne sais pas moi trouver une autre façon de lui demander.

Et puis d'abord tu le penses vraiment ?

- Mais oui évidement. Tu crois vraiment que je l'aurais fait sinon ?

- J'en sais rien, ça m'est déjà arrivé de ne pas te comprendre.

- Je te retourne le compliment !

- Bon ! Arrêtons ça ! Tu vas aller la voir, quand Peeta aura fini de la calmer, et vous allez vous expliquer tous les deux ! Tu ne peux pas la laisser comme ça ! Et tâches de ne pas tout faire foirer, sinon ça sera toi le prochain gibier que j'aurais à manger dans mon assiette, tu m'entends ?

Il baissa la tête et me dit un petit « oui » à voix basse. On aurait dit un enfant venant de se faire réprimander. Peeta redescendit quelques minutes plus tard et fit signe à Gale que la voie était libre. Après quoi il s'approcha de moi, semblant tout fière de lui, l'homme prodigue qui avait su gérer l'instant critique. Il essaya de m'embrasser mais je le repoussai.

- Ah non ! Toi tu ne vas pas t'en tirer comme ça !

- Mais quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ! Dit-il l'air surpris.

- T'as pas d'autres conseils idiots à donner à Gale ?

Tous les trois, là, avec Haymitch, je pense que parfois vous régressez ensemble ! Vraiment !

Conforter Gale dans le fait que c'est bien de demander sa copine en mariage après avoir couché avec elle !

Comme si tu ne savais pas que Jo était perturbée ?

- B'en connaissant Jo, je ne sais pas, je ne pensais pas qu'elle voudrait d'un truc à l'eau de rose, romantique et il pensait la même chose se disant que ça éviterait de la faire paniquer, alors il s'est dit que ça serait peut-être le meilleur moment…

- Tu es un idiot Monsieur Mellark ! Bien sûr qu'elle veut du romantisme !

Elle n'en n'a jamais eu. C'est peut-être la première fois qu'elle est amoureuse et qu'elle pense qu'on s'intéresse à elle pour autre chose que son corps.

Je te pensais quand même plus au point sur la psychologie féminine !

- Je n'avais pas vu les choses comme ça !

- J'espère que tu as rattrapé le coup ?

- Oui je pense. Elle s'est calmée après m'avoir flanqué une bonne gifle ! Dit-il en se massant la joue.

Je lui ai donné mon point de vue et elle s'est mise à pleurer. Je l'ai aidé à se mettre au lit. J'espère que Gale va s'en sortir…

- On verra bien. Lui dis-je en lui lançant mon fameux regard de la fille en colère.

Bon par contre j'ai complétement perdu Annie et Caleb de vue.

- Oh ne t'inquiètes pas pour eux ! Me dit-il avec un sourire.

- Quoi, comment ça ?

- Ils sont dans la forêt ! Me dit-il avec un clin d'œil

Puis il reparti voir nos invités, avant que je ne puisse ajouter quoique ce soit. Une heure plus tard je vis Gale redescendre, il avait l'air épuisé mais il semblait aller bien.

- Alors comment va-t-elle ?

- Elle dort.

Elle aura surement une bonne migraine demain et elle aura aussi probablement oublié ce qu'elle a fait ce soir, mais ça va.

Je voulais lui montrer ça, me dit-il en sortant une boite de sa poche, mais je pense qu'il vaut mieux que j'attende qu'elle soit plus calme pour le faire.

Je regardai dans la boite et découvrit une très jolie bague, simple naturelle, pas tape à l'œil.

- Elle l'avait vu une fois dans une vitrine, m'expliquât-il, alors j'ai pensé que ça lui plairait. Elle n'est pas très bijoux en plus.

- Elle est très jolie Gale et je pense qu'elle sera touchée.

Tu sais ce que tu devrais faire ? L'emmener en forêt demain

- Mais on devait aller chasser toi et moi…

- Ce n'est pas grave, tu as plus important à gérer je pense.

- Pourquoi pas.

C'est curieux quand même tu ne crois pas ? Je veux dire, qu'on ait ce genre de conversation, alors qu'à l'époque je pensais que c'est toi que j'épouserais, me dit-il en souriant. Mais il n'y avait aucune amertume dans sa voix.

- Oui c'est bizarre.

- Et le plus bizarre, c'est que toi, madame « je suis contre l'engagement », tu sois celle qui me donne des conseils ! Dit-il en riant

- B'en oui que veux-tu ! Conseiller c'est mon métier maintenant, alors que ça soit pour choisir une université ou pour les problèmes de cœurs…

- Tu as changé Catnip, c'est bien.

Je ne sais pas comment Peeta s'y est pris, mais en tous cas il est fort.

- Comme si Peeta faisait tout tout seul !

Je ne peux pas, moi aussi, évoluer simplement ? Dis-je un peu vexée.

- Ah non ! Oublies ce que j'ai dit ! En fin de compte t'es toujours bien là ! Et il rigola de plus belle.

Le lendemain, Annie, que je n'avais plus vu de la soirée, revint nous aider à ranger, tandis que Gale suivi mes conseils et avait emmené Johanna en forêt.

- Tiens tiens ! Mais qui voilà ? Lui dis-je.

- Oui, je suis vraiment désolée, ça ne me ressemble pas du tout.

Je ne voulais pas planter votre soirée.

Heureusement que je savais que ta mère devait prendre le relais pour Finn et le ramener chez elle, pour que je puisse dormir ce matin.

Peeta pointa le bout de son nez

- Oh mon dieu ! Une apparition ! Dit-il hilare

Annie s'empourpra

- Et sinon on peut savoir où tu étais passée ?

Un peu plus et je lançais un avis de recherche ! Lui dis-je.

- Pas très loin en plus. Caleb m'a proposé de nous éclipser car il se sentait cerné et observé de toute part, ce qui était aussi mon cas, bande d'infâmes comploteurs que vous êtes !

Nous sommes partis dans les bois, on a marché, discuté…

- Tu entends ça Peeta, ? Ils ont marché et discuté…

- Oui, oui, j'entends, dit-il tout en rangeant la vaisselle, mais j'attends la suite !

De nouveau Annie s'empourpra.

- Je n'ai hélas pas de détails croustillants à vous donner les amis, vous me connaissez.

Il m'a simplement raccompagné à la maison, puis en fait, on a passé la nuit ensemble à discuter, il n'y a rien eu d'autre.

- Ah non ! Là tu me déçois ! Lui dis-je. Après tout le mal qu'on s'est donné ?

- Kat, tu deviens comme Jo, s'en est un peu effrayant. Dit-elle en rigolant.

- Oh pardon ! Lui dis-je soudain, prenant un air gêné.

Tu as raison. Ça ne me regarde pas…Peeta tu peux la cuisiner à ma place ?

- Annie, tu devrais lui donner un truc à se mettre sous la dent, sinon elle va être insupportable et c'est moi qui en fait les frais après. Dit-il en esquivant le torchon en boule, que je lui balançais à la figure.

- Bien alors si c'est pour ta survie personnelle Peeta. Elle rigolait, moi moins.

On s'est embrassé un peu. Dit-elle en piquant un fard.

- Ah bon quand même ! Je me disais bien aussi ! Du coup tu te sens comment ?

- Je ne sais pas, ça m'a fait bizarre.

Le dernier homme à m'avoir embrassé c'était Finnick.

J'ai l'impression de le tromper, je sais que ce n'est pas le cas, mais je le vois comme ça.

Puis j'ai pensé à Finn aussi. Comment pourrait-il prendre l'arrivée d'un nouvel homme dans sa vie ?

J'avoue que sur le coup, hier soir, c'était bien, mais ce matin, le retour à la réalité est un peu brutal.

- Vous devez vous revoir ?

- Oui il m'a proposé qu'on se voit un soir, mais il me laisse décider quand.

On a beaucoup discuté de nos passés respectifs tous les deux, bien que visiblement certaines personnes l'avaient déjà informé…dit-elle en vrillant vers Peeta, qui se détourna pour retourner à ses tâches en prenant un air innocent.

Il a compris que dans tous les cas, il ne fallait pas me brusquer.

En fait il se trouve qu'il a perdu sa petite amie durant la guerre lui aussi. C'est un point commun dramatique, mais qui nous permet de nous comprendre.

- Oh le pauvre. Dis-je sincèrement désolée. Tu le savais Peeta ?

- Non il ne nous en avait jamais parlé. Dit-il.

- De ce que j'ai compris, reprit Annie, ce n'était peut-être pas aussi sérieux entre eux que Finnick et moi, malgré tout il était très attaché à elle, ils se connaissaient depuis l'enfance.

- Et tu sais ce qu'il recherche ? Je veux dire de quoi il pourrait avoir envie ?

Et Finn vous en avez parlé ?

- Oui on en a un peu parlé.

Lui comme moi on ne sait pas trop ce qu'on cherche, je crois qu'on n'a pas vraiment envie de projeter quoique ce soit pour l'instant. Mais il ne me semble pas être un garçon volage

- Je te rassure Annie, s'il l'avait été je le saurais et Haymitch et moi ne lui aurions pas donné quelques tuyaux. Dit Peeta qui passait de nouveau par là. De nouveau il esquiva un autre torchon, jeté par Annie cette fois-ci.

Mais que vous êtes ingrates ! Dit Peeta l'air outragé.

On voulait simplement aider. Annie, tu me connais suffisamment pour savoir que je suis un type correct quand même ?

- Mais oui Peeta, je sais que tu es bienveillant. Dit-elle en lui souriant.

Merci d'ailleurs de veiller sur moi comme ça…

- Tu fais partie de la famille, lui dit-il, c'est normal.

- Kat, pour revenir à ta question, oui on a parlé de Finn, ça n'a pas l'air de lui poser de problème. Il aime les enfants mais ne souhaite pas spécialement en avoir.

Et je t'avoue qu'en un sens ça me rassure, parce que je ne suis pas certaine d'être capable d'en avoir un autre, même si je devais de nouveau tomber amoureuse.

- Je comprends. Lui dis-je

J'étais quand même contente, car pour la première fois depuis la mort de Finnick, elle avait pensé un peu à elle et à sa vie privée. Et ça ne pouvait lui faire que du bien.

Deux heures plus tard, Gale et Johanna émergèrent de la forêt, souriants, bras dessus, bras dessous. Gale nous appela et nous sortîmes les rejoindre :

- Les amis, on a quelque chose à vous annoncer ! Dit-il

- Oui ! Gale a accepté de m'épouser, dit Johanna, en tendant sa main ornée de la jolie bague que Gale m'avait montré hier.

Il rigola.

- Elle préfère dire que c'est elle qui m'a fait sa demande, et je ne peux pas m'y opposer vu comment je me suis comporté comme un imbécile l'autre fois. Dit-il en la serrant dans ses bras et lui lançant un regard plein de tendresse.

Nous les félicitâmes chaleureusement. Je pris Gale dans mes bras lui murmurant un « bien joué » ce à quoi il me répondu un « merci Catnip ».

Voilà qui promettait de joyeuses réjouissances à venir.