Bonjour tout le monde ! Vous avez vu, je suis à l'heure aujourd'hui, mais aujourd'hui aussi je travaille, donc... j'ai pas pu oublier qu'on était dimanche. Un chapitre qui va mettre certaine chose au point et qui ne va pas ravir tout le monde.
Hmp: excuse moi ! Je suis impardonnable, j'ai loupé ta review de la semaine dernière, à vouloir faire trop vite, on fait mal et c'est ce qui est arrivé. Désolé. En plus tu me demandais un chapitre avant l'heure, j'ai fait tout le contraire, mais je me rattrape cette semaine. Quand à Bella, elle est en colère, mais elle finira bien par se calmer, elle est volcanique comme son pays d'origine, voilà tout. Carlisle trouvera bien une solution pour se faire pardonner. Bisous !
Guest: Une alliance marquise/ Athenodora, je veux bien que la dame de compagnie soit rancunière, mais là c'est un peu fort. Pour Isabella c'est inconcevable que quelqu'un de proche d'elle puisse la trahir. Est-ce qu'elle a raison ou non, ça c'est autre chose. Bisous !
Guest: Bella est quelqu'un de têtue, mais aussi quelqu'un d'aimant, alors non, elle sera incapable de rester dans son coin. Ce n'est pas elle. Quant à pardonner à son mari, c'est une autre histoire. Elle pense, forcément, mais elle sait aussi qu'il mérite sa colère. Bisous !
Guest: Carlisle ne pense pas à mal avec la marquise, c'est un peu, et c'est triste de le dire, sa seule amie. Pour lui c'est compliqué de l'éjecter tout simplement. Même si sa discussion avec Jasper lui a fait comprendre que Bella et Carmen ne pouvaient pas rester dans le même secteur. Il ne veut plus de la marquise, mais c'est la seule qui le raccroche encore au passé. C'est à lui d'en décrocher. Bella en effet c'est encore montré bien plus intelligente que certain. Ne t'en fais pas pour Carlisle, il est long, mais il y arrivera. Bisous !
Bianca31: Athenodora est un mystère, a-t-elle pu faire quelque chose contre eux et être assez intelligente pour que personne ne le remarque ? C'est une bonne question, mais une chose est sûre si c'était vrai, Bella ne s'en remettrait pas facilement. Carlisle n'attend plus rien de Carmen, mais comme je le disais plus haut, c'est sa seule amie. Depuis des années, c'est la seule personne qui l'écoute, en dehors d'Aro, qui n'est plus là. C'est peut être juste dur pour lui de couper ce dernier lien avec son fils et Esmée. Mais il y arrivera. C'est un homme intelligent qui vient de comprendre que parfois, certaine chose ou personne ne sont pas compatibles. Bisous !
Guest: Qui n'aime pas Jasper ? Designe le moi, parce que je risque de devenir très méchante avec. Jasper est juste génial ! Bisous !
Allez je vous laisse profiter, moi je vais me préparer pour le travail. Bonne journée à tout le monde et à la semaine prochaine !
Jasper regardait les autres en se demandant ce qu'il faisait ici. Il jeta un œil à droite, il y avait deux magistrats et deux nobles. A gauche, il y avait le général Garrett Grant et le commandant Hank. Tous ces hommes étaient extrêmement influant. Même Jasper les connaissait, alors il se reposait la question, que faisait-il là ?
A la base, il avait d'abord pensé qu'il parlerait de la guerre, mais il était rare que Carlisle ne se déplace pas au siège de guerre pour ça. Il avait voulu en parler avec Bella, mais dès qu'il s'agissait de son mari, la brune se fermait comme une huître. Impossible d'avoir une discussion posée sur ce sujet. Elle n'avait toujours pas lâché le morceau et elle ne risquait pas de le faire. Pourtant Carlisle y avait cru après la réception des bruinois, mais c'était bien mal connaître la phénixienne. Isabella avait juste fait remarquer qu'à partir de maintenant elle saurait séparer le devoir de reine et celui de femme.
Carlisle entra dans le bureau sous les révérences de ses invités. Certains semblaient savoir ce qui se préparait, ce qui n'était pas le cas de Jasper.
- Merci d'être tous venu aussi tôt, les salua le roi en s'asseyant. J'ai conscience que nous avons tous besoin d'un sommeil réparateur dans les heures sombres qui se préparent, mais il reste une chose à régler avant que nous nous y mettions.
Tous s'assirent à leur tour, Jasper en fit de même en se demandant à quelle sauce il allait être mangé.
- J'ai toute confiance en vous Garrett et vous le savez. Seulement nous venons de recevoir trois déclarations de guerre. Opale a bien travaillé. Bruine ne bouge plus une oreille depuis que son prince est entre nos mains et Vespal n'a aucune envie de prendre part au conflit. Nous allons devoir gérer trois fronts différents. Autant vous dire qu'il va falloir que je reprenne du service. Commandant Hank, je veux que vous vous chargiez de l'ouest, Garrett de l'est et je me chargerai personnellement d'Opale. Il va sans dire que si l'un d'entre vous tombe sur James, il est autorisé à le tuer ou à me le ramener vivant que je me charge personnellement de son cas. Commandant Whitlock, vous m'accompagnerez, je vous veux sous mes ordres. Je vous ai vu à l'œuvre au château. Il nous faudra de la réactivité et de la défense pour faire face à Opale, avec eux, tous les coups sont permis. Un esprit phénixien ne fera pas de mal dans cette bataille.
Jasper en resta sans voix sur sa chaise. Ça allait être sa première bataille en tant que commandant, il n'avait encore jamais fait ses preuves sur un champ de bataille et Carlisle le voulait lui à ses côtés pour faire face à l'ennemi le plus coriace. Depuis quand le roi avait-il aussi confiance en lui ?
- Et donc, la dernière chose qui me reste à régler, c'est désigner mon héritier au cas où je mourrai lors de cette guerre, continua Carlisle en sortant une feuille. Ceci est le serment que j'ai écrit et signé lorsque je suis devenu roi. Dessus j'y ai écrit que mon successeur devrait être quelqu'un de juste, d'impartiale, de bon combattant à l'esprit assez ouvert pour être également diplomate. Voilà pourquoi, si je meurs... je veux que ce soit Isabella qui hérite du trône.
La plupart des yeux qui lui faisaient face s'écarquillèrent. Jasper était paralysé sur sa chaise. Que...quoi ? Comment ? Pourquoi ? Isabella était-elle au courant ?
- Excusez moi votre Majesté, mais, bien que j'apprécie énormément la reine, commença un des deux nobles, elle n'est pas volterrienne de souche.
- Elle l'est devenu par le mariage, répondit aussitôt Carlisle intraitable. Isabella m'a prouvé plus d'une fois que quoiqu'il arrive, peu importe les griefs qu'elle peut avoir contre moi, elle ferait toujours ce qui est en son pouvoir pour le bien de ce pays. Elle a mis sa vie en jeu pour protéger ce château et la ville qui le borde. C'est une combattante émérite. Elle est intelligente et je ne connais personne de plus qualifié qu'elle.
- Votre neveu..., tenta l'autre noble.
- N'est pas légitime pour commencer, n'est pas bon sous pression et ne connaît rien à la diplomatie. Bien que cela s'apprenne, j'en convient, le peuple lui a décidé depuis longtemps. Ils vénèrent Isabella. Les soldats également depuis l'attaque du château. Demandez leur leur avis, ils vous répondront tous qu'à choisir ils préféreraient Isabella sur le trône. Vous mêmes en y réfléchissant bien, à qui feriez vous le plus confiance pour vous protéger et vous diriger ?
Les hommes se regardèrent, quand à Garrett il n'hésita pas une seule seconde.
- La reine sans aucune doute, répondit le général des armées.
- La reine, ajoutèrent les magistrats qui complimentaient sans cesse son intellect.
- Oui mais..., tenta un noble pour qui tout cela était bien trop rapide.
- Il n'y a pas de mais. Isabella est déjà reine, alors que Demetri ne sera jamais roi. Non pas que je n'aime pas mon neveu. Mais que je dois penser à ce pays avant toute chose. Avec Isabella au pouvoir, nous avons une chance que Phénixis nous prête main forte, ainsi que Vespal. La présence de la reine a été réclamé à chacune de nos rencontres. Isabella a des alliés et peut-être même des amis. Demetri n'a pas ce poids politique.
- Oui, je comprend votre point de vue, trancha le noble en se rangeant à la majorité.
- Bien quelqu'un d'autre à quelque chose à ajouter ? demanda Carlisle en les regardant à tour de rôle.
Un silence se fit entendre et Jasper n'y tint plus. Il avait besoin de savoir.
- Oui, moi j'aimerai bien savoir si la reine est au courant de vos projets ? s'exclama le commandant en prenant enfin la parole.
- Non, répondit honnêtement le roi en le jaugeant. Mais je me chargerai de lui faire parvenir l'information lors de mon départ.
- Isabella ne trahira jamais la confiance de Demetri, lança Jasper n'y tenant plus.
- Si elle le fera, répondit Carlisle sûr de lui. Parce que d'une, elle ne trahie rien en prenant ce trône qui lui appartient déjà, de deux parce qu'elle a fait la promesse de protéger et de servir Volterra et qu'une phénixienne ne revient jamais sur une promesse, je suis assez bien placé pour le savoir.
- Vous allez la mettre devant le fait accompli, devina le blond en secouant la tête.
- En effet, je serai déjà parti quand elle l'apprendra. De plus, c'est vous qui lui apprendrait.
- Oh non..., tenta de refuser Jasper en comprenant enfin pourquoi il était là.
- Elle n'acceptera de voir personne d'autre. Ma lettre est déjà prête. Vous savez aussi bien que moi qu'elle doit garder ce trône. Volterra n'a jamais eu de femme pour dirigeant, mais je crois sincèrement qu'il ne pouvait pas en avoir de meilleure. Jasper, regardez moi ! Mérite-t-elle ce trône ? Sera-t-elle la plus apte à gouverner ?
Le blond serra les mâchoires, il ne voulait pas répondre à cette question. Parce qu'il savait la vérité.
- Et bien tâchez de rester en vie pour qu'elle vous dise elle même le fond de sa pensée, répondit-il en grognant.
- J'attends ça avec impatience, ricana le roi qui était même prêt à subir une colère plutôt que cette indifférence insoutenable. Bien entendu, j'attends la plus grande discrétion de chacun de vous sur ce sujet. Voilà pourquoi, vous ne devrez donner cette lettre que lorsque la reine sera seule en votre compagnie. Je ne veux aucune dame de compagnie dans la pièce et aucun garde. Cette information doit rester secrète car si les ennemies l'apprenait, ils feraient d'Isabella leur cible privilégiée.
Ils se regardèrent tous en sachant bien que la situation était grave. Se faisant des signes de tête encourageant, ils se levèrent à l'unisson. Il était temps de préparer la guerre. Jasper resta dans le bureau en se mordant la lèvre. Comment allait-il pouvoir calmer son amie quand elle allait apprendre la nouvelle ? Sachant que lui même devait allé au front.
- Donnez lui demain matin avant votre départ, personnellement je pars ce soir pour examiner le terrain, lança Carlisle en lui tendant la lettre. Ne croyez pas que je l'ai choisi par défaut. Si j'ai appris quelque chose depuis notre mariage, c'est à lui faire confiance. Isabella, malgré tous les obstacles, n'abandonne jamais. Volterra ne sait que se battre, il est grand temps que quelqu'un leur apprenne la paix. Qui mieux que la reine le pourrait ?
- Vous parlez comme ci vous n'alliez jamais revenir, s'inquiéta Jasper en prenant la lettre.
- Je n'ai jamais fait face à autant d'ennemis sans aucun allié. Je ne compte pas sur Phénixis pour nous venir en aide, j'ai fini par comprendre que leur île est leur seule préoccupation. Vespal n'a pas à s'engager dans un conflit qui ne les concerne pas. Ils le feront uniquement pour venir en aide à Isabella si elle devient la dirigeante de ce pays. Je suis peut-être le meilleur général de l'histoire, mais je ne suis pas invincible.
- Notre armée est puissante, ne perdez pas espoir avant même le combat, l'encouragea le commandant en fronçant les sourcils.
- Oh non, ne vous en faites pas. Je suis pessimiste pour l'instant, mais je suis ainsi avant chaque bataille. Une fois là bas, je ne fais que garder mon objectif en tête. Cette fois ci, il sera soit de gagner cette guerre, soit d'emporter le maximum d'ennemi pour qu'Isabella n'ait pas à y faire face plus tard. La lettre vous pouvez en parler à Alice, mais uniquement à elle. Ni Jane, ni Athénodora. Je préfère qu'Isabella ne se retrouve pas seule face à cette nouvelle.
- Quand est-il de Demetri ? Viens-t-il avec nous ?
- Non, je le laisse à la protection de la ville et du château, je ne reproduirai pas deux fois la même erreur.
- Vous est-il venu à l'esprit qu'il allait très mal prendre le fait de ne pas être votre héritier ?
- Oui, j'y ai pensé, mais je pense que c'est Athénodora qui le prendra le plus mal, voilà pourquoi je préfère que cette information ne s'ébruite pas. De plus, ils sont très proche d'Isabella, alors peut-être que s'ils l'apprenaient, cela serait moins dur pour eux.
- Elle va vraiment être furieuse, le prévint Jasper avec un sourire en coin.
- Oui, je le sais, mais cette fois ci je ne serai pas là pour subir ses foudres, répondit le roi en riant.
- Sa colère ne fera qu'augmenter si elle ne peut pas l'extérioriser. Si vous revenez en vie j'ai peur qu'elle vous étrangle de ses propres mains.
Le rire de Carlisle empli la pièce aussitôt. Il s'imaginait bien sa femme, les yeux brillants, les joues rouges, les poings serrés, prête à lui tordre le cou. Il devait gagner cette guerre, ne serait-ce que pour la revoir et trouver un moyen de se faire pardonner.
- Je dirais à Alice de ne pas la lâcher d'une semelle et à Alistair de rester sur ses gardes, prévint Jasper en serrant la lettre dans sa main.
- Elle a de la chance d'avoir des amis tel que vous, constata Carlisle en baissant les yeux.
- Non, c'est nous qui avons de la chance d'avoir une amie comme elle. Bella aurait pu être une pimbêche sans nom. Mais elle ne s'est jamais considérée comme une princesse ou comme une noble. La confrérie a fait d'elle une combattante au même titre que nous tous. Elle n'a jamais appris à vivre comme une noble, elle a vécu comme un soldat. C'est ce que Mama voulait et ce que Mama veut, Mama l'obtient. Il fallait endurcir Bella, pour qu'elle ne se fasse pas manger par tous ces volterriens au caractère de cochon.
- Mission accomplie, ricana Carlisle en se frottant la nuque. J'aurais bien voulu la rencontrer un jour cette fameuse Mama.
- Croyez moi, il ne vaux mieux pas, répondit Jasper en perdant son sourire.
Il fit une dernière révérence au roi et partit rejoindre sa femme pour la tenir au courant, maintenant qu'il en avait l'autorisation. Il ne pouvait même pas prévenir son amie avant le départ de son mari, car il était convoqué au siège de guerre toute la journée. Carlisle était un petit malin. Alice paru choquée au départ, puis elle finit par penser comme le roi, que c'était la solution la plus logique et la plus rentable pour Volterra. Isabella serait-elle aussi raisonnable. Jasper en doutait fortement. Devait-il prévenir Phénixis ? C'est une question qu'il poserait probablement à Bella lorsqu'il la verrait le lendemain matin.
En attendant, il resta avec sa femme et profita d'elle autant qu'il le put. Jasper allait partir un bon moment. Cette guerre serait la première du commandant et il n'en dormit pas de la nuit. Il allait se battre pour un pays qui n'était pas réellement le sien, pour un roi qu'il n'appréciait pas plus que ça. Même s'il devait reconnaître que ces derniers jours, il avait vu une autre facette de Carlisle. Cet homme avait un cœur, même si le phénixien en avait douté très longtemps, mais Carlisle ne savait pas s'en servir. Ou bien avait-il oublié. Comment un homme aussi intelligent, expérimenté et paranoïaque que lui pouvait se laisser manipuler par la marquise ? C'était vraiment un mystère.
- Je vais aller voir Bella, s'exclama Jasper en embrassant Alice ne souhaitant pas vraiment la laisser.
- Elle ne va pas bien le prendre, marmonna la brune en grimaçant.
- C'est à croire que même quand il veut faire quelque chose de bien, Bella ne s'est pas l'accepter comme tel. Il lui confit son pays et son peuple, à une étrangère plutôt qu'à son neveu. Il le fait parce qu'il sait qu'elle est capable. Seulement je crois que Carlisle a oublié que Demetri est son ami.
- Le roi pense en dirigeant et non pas en mari ou en oncle. Il a besoin de quelqu'un de confiance et apparemment c'est Bella qui lui vient à l'esprit lorsqu'il y pense. C'est un grand honneur.
- J'espère qu'elle saura le voir ainsi, soupira Jasper avec peu d'espoir.
Ce fut les mains moites et la lettre sous le coude qu'il entra dans les appartements de la reine. Athénodora était avec elle, alors que le soleil se levait à peine. La tête d'Alistair ne semblait pas engageante. Le garde n'aimait pas beaucoup Demetri et Athénodora. Était-ce ses années avec Aro qui l'avait mené sur ce chemin ou bien son instinct protecteur. Jasper tourna son regard vers son amie et la trouva bien blanche et bien fatiguée. Derrière sa colère se cachait une grande souffrance. Bella avait attaqué parce qu'elle ne trouvait plus de solution avec Carlisle. Mais sa fierté de phénixienne l'empêcher à présent de faire demi-tour. Néanmoins, ça semblait la travailler. Elle était éreintée et malheureuse.
- Pourriez vous sortir s'il vous plaît, il faut que je parle à la reine seul à seul, demanda Jasper.
- Je reviendrai dans un quart d'heure pour vous apporter votre robe, lança Athénodora en se levant.
- Inutile, Alice s'en charge déjà, elle est en train de la récupérer, prévint le commandant en lui désignant la porte du regard.
Il ne voulait personne d'autre que sa femme auprès d'Isabella aujourd'hui. Elle n'avait pas besoin de quelqu'un qui viendrait lui chuchoter à l'oreille de refuser cet héritage. Athénodora fronça les sourcils mais ne pipa mot. Alistair afficha son éternel sourire en coin et sortit à son tour. Bella quant à elle le regardait surprise. D'une que venait-il faire ici de si bon matin ? De deux pourquoi voulait-il lui parler en privé ?
- Tu n'as pas bonne mine, constata-t-il en s'approchant d'elle.
- Je te retourne le compliment, s'amusa-t-elle en tapotant la place à côté d'elle dans le canapé. Que se passe-t-il ?
- Je pars au front dans quelques heures, répondit-il en s'asseyant.
- Déjà ! s'exclama-t-elle en se redressant aussitôt. Mais je croyais que le roi refusait de partir avant d'avoir réglé une dernière affaire...
- Qu'il a réglé à présent, la coupa Jasper en lui tendant la lettre.
La brune regarda le papier comme si elle pouvait le brûler du regard.
- C'est de lui ? cracha-t-elle froidement.
- Oui, avoua Jasper en lui tendant un peu plus.
- Je n'en veux pas et quel culot de te charger de jouer le rôle de messager ! Je n'y crois pas ! Je lui avais pourtant interdit de te prendre à partie...
- Ouvre là, intervint-il en posant une main sur sa joue. Je t'en supplie, cette lettre est bien plus importante que tu ne le penses. Je ne te l'aurais même pas transmise dans le cas contraire. Bella fais moi confiance, il faut que tu la lises.
Voyant le sérieux et pourrait-elle même dire la panique de son meilleur ami, la brune prit sur elle d'ouvrir cette fameuse lettre. Carlisle y serait enfin parvenu à communiquer avec elle. Qu'est-ce qu'il avait bien pu inventer pour se mettre Jasper dans la poche ? Elle arracha l'enveloppe avec hargne et déplia la lettre avec peu de délicatesse. L'écriture fine et élégante de Carlisle s'étendait sur la page et serra le cœur de la brune avant même qu'elle ne la lise.
« Isabella, ma femme, ma reine,
Je sais qu'en ce moment, vous me détestez probablement. Je sais que je vous ai beaucoup déçu, que vous estimez probablement que je n'ai fait aucun effort.
Sachez que cette lettre n'est pas pour vous faire part de mes sentiments, certainement qu'une seule ne suffirait pas en sachant la complexité de ceux ci.
Aro m'a confié, il y a longtemps, qu'il avait toute confiance en vous et que je ferai bien d'en faire autant. Je vous ai souvent surveillé, pour ne pas dire espionné. Tout ce que j'ai récolté comme information c'était que ma femme était peut-être secrète et me cachait bien des choses, mais que jamais elle ne m'avait voulu de mal.
Le peuple vous adore, vous aime même. Je subit chaque jour leur reproche parce qu'ils ne vous voient pas assez. Les soldats ne parlent que de votre bravoure et de vos exploits pendant l'attaque du château. Vous avez su conquérir le cœur de chaque volterrien de ce pays.
Lorsque vous aurez cette lettre, je ne serais plus dans le château. Je pars vers Opale rejoindre l'un de nos fronts. J'emporte Jasper avec moi. J'ai toute confiance en ses compétences et surtout, je pourrais le garder à l'œil pour qu'il ne lui arrive rien. Je lui en ai beaucoup voulu pour ses paroles, sans comprendre qu'il avait raison. Je ne fais que vous faire souffrir en étant pas le mari que vous méritez. Mais tout comme vous n'avez jamais perdu espoir de me voir devenir quelqu'un de meilleur, je ne perd pas espoir de vous prouvez que je peux changer.
Vous êtes la personne qui compte le plus pour moi aujourd'hui. Vous êtes la personne en qui j'ai le plus confiance. Ne me demandez pas pourquoi, je n'aurais pas la réponse. C'est un fait, c'est tout. Je compte sur vous pour prendre soin de ce pays et de son peuple au cas où il m'arriverait malheur. J'ai réuni le conseil de confiance pour désigner mon héritier. Ou devrais-je dire mon héritière. Car oui il s'agit de vous. Je refuse que qui que ce soit d'autre que vous monte sur ce trône. Je ne peux vous confier ma vie, alors je vous confie Volterra. Vous êtes la plus brillante reine que j'ai vu de ma vie et personne ne vous égalera jamais. J'ai longtemps douté de vous et de vos intentions, sachez qu'aujourd'hui ce n'est plus le cas. J'ai besoin de vous, tout comme Volterra aura besoin d'une reine forte et autoritaire. Vous savez être les deux, mais vous savez surtout être aimante et protectrice.
Je sais ce que vous pensez. Demetri n'est pas fait pour devenir roi, même avec votre aide, il ne saura jamais faire face à l'envahisseur tout en dirigeant le reste du pays. Il n'arrive déjà pas à s'imposer devant sa mère, je le vois mal tenir tête à des opposants. Je ne fais pas ça pour le blesser ou pour que vous me pardonniez. Bien au contraire, je pense même que vous allez m'en vouloir. Mais je ne peux confier Volterra à personne d'autre que vous. Qu'importe que notre relation ne soit pas au beau fixe, vous restez la même personne à mes yeux. Une belle personne.
Ne hurlez pas trop sur Jasper, ce n'est que le messager. Je n'ai pu pensé qu'à lui pour vous faire parvenir cette lettre. Vous refusiez de voir toute autre personne. Alice est probablement au courant à l'heure qu'il est, elle est la seule de vos dames à être au courant de la succession et si cela ne vous dérange pas, j'apprécierai qu'elle le reste.
Ne m'en veuillez pas trop non plus, je vous en supplie. Je ne fais pas ça pour vous déplaire, mais pour donner une chance à mon pays de s'en sortir. Je me souviens d'une discussion que j'ai eu avec Aro lorsqu'il a fallu choisir un nouvel héritier. Lui non plus n'avait pas envie de voir Demetri prendre cette place, moi qui craignait qu'il vous épouse et vous laisse maître à bord, je dois dire que c'est à présent ce que je vais faire. J'ai toujours pensé que vous feriez une bonne reine, mais à l'origine je ne voulais pas que vous soyez la seule à prendre les décisions. Vous auriez pris le pouvoir sur Edward et Demetri avec une telle facilité que vous auriez pu faire ce que vous vouliez. Peut-être n'ai je pas vu que vous en aviez fait de même avec moi. Néanmoins ce que je pensais alors avait une part de vérité et une part d'erreur. Oui vous allez prendre le pouvoir et non pas parce que vous l'avez usurpé mais parce que je vais vous le donner. Vous avez toute ma confiance.
Isabella, ma femme, ma reine, mon héritière, prenez soin de ce pays qui me tient tant à cœur et pour lequel je me bat depuis toujours. Mais surtout prenez soin de vous, entourez vous des bonnes personnes. Je suis sûr qu'une espionne comme vous se fera un plaisir d'aller fouiller mon armoire privée dans mon bureau contenant toutes les informations nécessaires pour poursuivre cette tache. La clé se trouve déjà dans les mains d'Alistair, même s'il ne sait pas très bien ce qu'il a reçu. Je ne vous ferai pas part de mes sentiments dans cette lettre, une autre vous attend dans le bureau, si jamais il m'arrivait quelque chose ou que l'envie vous en prenne de la lire, alors vous découvrirez que je peux être paranoïaque, manipulateur et colérique, mais que quand je pense à vous, je m'adoucit. Vous avez été ma bouffée d'air frais, cet air purificateur qui m'a fait revenir à la vie. Merci pour tout Isabella. Je n'aurais jamais cru qu'épouser une phénixienne serait une telle chance. Bien à vous.
Carlisle »
La brune en resta paralysée sur son canapé. La feuille tremblait dans ses mains. Jasper ferma les yeux en attendant la tempête. Il se mit à compter dans sa tête les secondes qui s'écouleraient avant qu'elle n'implose.
- Je vais le tuer ! cracha-t-elle en serrant les dents.
Jasper cacha sa grimace derrière ses mains. Il n'avait vraiment pas envie qu'elle tourne sa colère vers lui. Les yeux chocolats de la reine étaient à présent noirs. De quoi donner envie à n'importe qui de fuir.
- Il me donne ça ! Et il s'en va ! Je vais lui tordre le cou ! hurla-t-elle en se levant. Qu'est-ce qu'il n'a pas compris la dernière fois ? Quand je l'ai supplié de ne plus jamais me laisser seule dans cette situation ! Il n'a plutôt pas intérêt de mourir, car je veux l'étrangler moi même !
Le commandant se faisait tout petit dans le canapé. Isabella était en mode Charlie Swan et il préférait ne rien ajouter de peur de devenir sa nouvelle cible.
- Je n'en crois pas mes yeux ! cria-t-elle à nouveau en jetant la lettre au sol. Il ose faire ça ! Il ose me laisser seule au commande de son pays. Il ose le faire alors que Demetri est plus légitime que moi ! Il ose... il ose partir sans même venir me voir ! Sans même me dire droit dans les yeux tout ce qu'il a sur le cœur. Il me laisse des lettres !
- Tu ne lui as peut-être pas trop laissé l'occasion de s'expliquer..., tenta Jasper réaliste.
- Tais toi ! Espèce de vendu ! Depuis quand tu le sais ? s'énerva-t-elle encore plus en se tournant vers son ami.
- Depuis hier, mais j'ai été beaucoup trop pris pour pouvoir te prévenir avant...
- Carlisle avait tout prévu pour que tu ne puisses pas le faire avant son départ, ça lui ressemble bien. Son héritière... et puis quoi encore ? Bon sang, cet homme va me rendre folle !
- Je sais que tu es en colère et je me doutais bien que tu le serais. C'est pour ça que je lui ai demandé si tu étais au courant. Je crois sincèrement qu'à ces yeux, tu es le choix le plus logique et le plus raisonnable. Il ne fait pas ça pour t'acheter mais parce qu'il veut ce qu'il y a de mieux pour Volterra.
- Je n'y arriverai pas ! hurla Bella en serrant les poings. Mais pour qui me prend-t-il ? Un dieu ? Je ne suis qu'une femme ! Une phénixienne. Je ne peux pas devenir l'héritière de Volterra, c'est impossible !
- C'est surtout trop tard, car c'est déjà le cas, lança Jasper préférant lui faire entendre raison avant son départ.
- Non..., soupira-t-elle en sentant l'émotion monter.
- Tu es l'héritière légitime du trône de Volterra et le conseil en a déjà été informé. S'il arrive quelque chose à ton mari, les conseillers du roi sont déjà prêt à faire de toi la prochaine dirigeante de ce pays.
- Non...
- L'objectif de la confrérie était que tu fasses de ce pays un lieu de paix, réfléchis un peu à tout ce que tu pourrais accomplir en étant la reine de Volterra, la reine légitime et décisionnaire.
- Je ne veux pas ! hurla-t-elle en foudroyant son ami du regard. Je suis en droit de refuser...
- Refuser ? Refuser quoi Bella ? Tu vas abandonner tous ces gens qui compte sur toi ? Tu vas revenir sur un serment que tu as fait en devenant reine ? Tu as travaillé tellement dur pour que Carlisle te fasse confiance et aujourd'hui qu'il te prouve qu'il compte sur toi, tu vas fuir ? Ça ne te ressemble pas. Tu as atteint ton objectif et je pense sincèrement que personne à la confrérie n'en aurait imaginé autant.
- Ne me parle pas d'objectif, de devoir ou de serment ! Tout ce que je vois sur cette page, c'est une lettre d'adieu ! Il court à sa perte en me laissant seule !
Les larmes commencèrent à monter aux yeux de la reine. Elle avait mal au cœur et d'ailleurs elle posa une main dessus comme ci cela pouvait l'aider. Mais rien n'y faisait, elle commençait à avoir du mal à respirer. Pourquoi ? Pourquoi Carlisle faisait-il une chose pareille ?
- Tu as refusé de l'aider Bella, lui expliqua calmement son ami. Tu avais de bonnes raisons de le faire, mais c'est un fait. Ne te demande pas pourquoi il ne t'a pas prévenu, car lorsqu'il a essayé de le faire, tu lui as fermé ta porte. Il est parti sans te dire au revoir, parce qu'il savait très bien que tu ne lui ouvrirais pas. C'est un roi qui est parti à la guerre l'esprit tourmenté parce qu'il n'a pas pu te dire au revoir. J'ai beaucoup de griefs contre Carlisle et jamais je n'aurais cru le défendre un jour ou même travailler avec lui. Mais je le crois sincère dans sa démarche. Il ne t'a pas mis héritière pour se venger ou je ne sais quoi d'autre. Il l'a fait parce qu'il n'a confiance qu'en toi.
- Je n'ai pas besoin qu'il est confiance en moi, j'ai besoin qu'il reste en vie ! Comment compte-t-il se faire pardonner s'il meure ?! J'ai besoin...j'ai besoin...
- Tu as besoin qu'il t'aime, comprit Jasper en venant la prendre dans ses bras.
- OUI ! hurla-t-elle en repoussant son ami. J'ai besoin qu'il me prouve que je ne suis pas qu'un objet pour lui. Or, il est parti en me laissant seule une fois de plus. Il est parti sans même me dire au revoir et en me laissant juste une maudite lettre comme adieu. J'étais tellement enfermée sur moi même que je ne sais rien de cette guerre. J'étais tellement furieuse que je ne voulais rien savoir. Comment puis-je l'aider à présent. Ai-je seulement envie de l'aider cet ingrat ?
- De toute façon je ne crois pas que tu puisses faire grand chose. Je pense plutôt que tu devrais te préparer à ce qui t'attend si jamais il lui arrive quelque chose.
- Il n'y a plutôt pas intérêt ! se fâcha-t-elle à nouveau.
- Nous avons eu trois déclarations de guerre, trois fronts différents, tenta-t-il de lui expliquer. Carlisle a voulu prendre celui d'Opale.
- Mais ce sera le plus dangereux ! paniqua-t-elle aussitôt en prenant son collier dans sa main.
- Oui, mais justement. Il pense être le plus expérimenté pour lui faire face. Seulement il est assez intelligent pour savoir que James ne joue pas à la régulière. Quelle surprise nous prépare-t-il ?
- Tu seras avec lui n'est-ce pas ? comprit Bella en sentant sa panique augmenter.
- Oui, il l'a souhaité, il pense qu'un esprit phénixien ne sera pas de trop. Notre façon de voir un champ de bataille est différent du leur, ce qui peut être un avantage.
- Et Demetri ?
- Il reste avec toi au château. Carlisle n'a pas voulu que l'attaque des mercenaires se reproduisent.
- Donc, si je comprend bien, l'armée est divisée en quatre.
- En effet.
Aux yeux de la reine, c'était une catastrophe. Leur armée était certes forte, mais elle ne pouvait pas être partout.
- Comment vais-je pouvoir dire ça à Demetri ? Comment vais-je pouvoir le regarder dans les yeux ?
- Tu peux ne rien lui dire pour l'instant. Carlisle n'est pas mort et tu n'as pas à divulguer cette information pour le moment. Quand à moi, dois-je prévenir ton père ?
- Ciel non ! s'exclama la brune en ouvrant grand les yeux. Il serait capable d'envoyer un assassin pour tuer Carlisle et que je récupère le trône. Je vais me charger de Phénixis cette fois ci.
- Je sais que tu es triste, en colère et malheureuse. Que tu ne vois pas la décision de Carlisle comme un geste d'amour. Mais, je pense sincèrement qu'il tient à toi. Alors ne fait pas de bêtise pendant notre absence.
- Et toi reste en vie, ordonna-t-elle en le prenant enfin dans ses bras. Et par pitié, ramène le moi vivant.
Jasper sourit en coin. Son amie avait beau être furieuse, elle tenait à son mari. Carlisle était parti au front sans espoir vis à vis de sa femme. Malgré tout il lui faisait une confiance aveugle. Isabella ne se déroberait pas de sa tâche, ça ne l'empêchait pas de hurler tout son soul pour évacuer son stress. Son ami l'embrassa avant de sortir, lui conseillant d'en parler avec Alice. Sa femme serait peut-être plus apte à la calmer que lui. Alors Isabella se retrouva seule dans ses appartements, avec cette lettre à ses pieds. Les mains tremblantes, le cœur battant, elle se demanda comment elle en était arrivé là ? Mais surtout qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir faire pour aider son mari. Car c'était peut-être un crétin, mais c'était son crétin. Sortant du salon, elle rejoignit Alistair et lui tendit la main.
- La clé s'il vous plaît, lança-t-elle de but en blanc.
Elle ne savait pas comment Carlisle avait fait parvenir cette clé, s'il avait laissé un mot au garde, mais ce qu'elle savait, c'était que le sourire d'Alistair se fit complice. Il lui tendit la clé avec joie et la suivit jusqu'au bureau de son mari. Elle y trouva cette fameuse lettre qu'elle refusa d'ouvrir. Carlisle lui dirait lui même et en face ce qu'elle contenait. Il ne se défilerait pas à nouveau sur ce sujet.
Mouais... il a pas fait dans la demi mesure cette fois. Carlisle croit en elle, apparemment plus que Bella ne se fait confiance. Maintenant reste à voir où ça va les mener. Bisous !
