Salutations !

Bon, c'est parti pour un gros morceau. Deux chapitres à suivre avec son lot de réponses à la fin, c'est promis ! Je préviens, ça va partir en cacahuètes. Je devrais pas mais j'ai hâte :3 *trépigne d'impatience* Je ne vous en parle pas davantage (c'est dur de vendre un chapitre sans rien spoiler), je vous laisse plutôt avec la suite !

Itsme : tu sais que ce passage du banquet, j'ai justement dû le reprendre ? Parce que j'avais initialement en tête un moment détendu (après tout pourquoi pas ? Naturellement ils se retrouveraient, après l'épisode de la terrasse, une nouvelle réunion complice avec Loki en prime dedans), mais en fait cette atmosphère était *trop* détendue. Il y a clairement un problème qui vient pointer le bout de son nez, impossible d'en faire abstraction. La complicité, ça sera pour plus tard (ou pas ?). Suspeeeens. :3

Mutekiam : oh mon dieu mais tu es à jour \o/ tu t'es avalé les dix derniers chapitres à une vitesse xD c'est sûr que si tu étais revenue la semaine prochaine ou celle d'après, tu aurais pu boycott les méchants cliffhangers qui se préparent. J'en suis navrée, j'espère qu'ils te feront revenir ^^ (je n'en doute pas :3) Tu sais que l'histoire de Peter je l'avais évidemment en tête, consciente que c'était un acquis pour tous et un rappel peu nécessaire. Mais je savais aussi, depuis que j'ai posé les premières pierres de cette fanfic, qu'il la raconterait tôt ou tard. (Oui, je savais qu'il la raconterait à Loki. Il est clairement le personnage qui a le plus besoin de l'entendre. Tu ne crois pas ?) Donc nous voilà 42 chapitres bien avancé dans la fic, et enfin, Ben refait surface. Quelle autre réaction Loki aurait-il pu avoir ? Pour ce qui est de Clint et Gamora, tu sais que qu'au début je m'étais dit "mais c'est évident que Loki va les repérer o_o comment je me dépatouille de cette histoire, moi ? Il ne faut pas qu'ils soient repérés !" Et puis j'ai pris conscience que c'était moi qui décidais et que si j'avais envie de les avoir suffisamment discrets pour réussir leur mission, c'était possible. Maiiis quand même. Loki les repère ^^ (c'est logique). Concernant Valkyrie je comprends ta réaction, mais après tout elle était complètement beurrée xD et pour elle ça n'a jamais vraiment été un secret. Puis alors prête à tout pour conquérir Gamora x) C'est un personnage (que je trouve) attachant mais imparfait ^^ Pour ce qui est du million d'autres reviews que tu m'as laissé (wiii des notifs ! *-*) je te réponds en MP ! Oh j'oubliais : j'ignore aussi quand se finit le premier arc narratif de cette histoire xD j'ai juste réussi à identifier le troisième x) (on fait ce qu'on peut...)


Chapitre 43 - Rupture (1/2)

Gamora passa la nuit à la bibliothèque du Temple, au dernier étage de l'édifice. La salle était aménagée sous les toits pointus du palais, quelques lucarnes étroites laissaient passer la blancheur de la lune. Elle s'éclaira d'une lampe à huile pour poursuivre sa quête.

Elle perdit beaucoup de temps à étudier les différentes tribus de l'Air, leurs différents temples, leurs différents cultes, mais rien sur la tribu des Jotuns. Lorsqu'elle comprit que ces informations-là ne se trouveraient pas dans le registre accessible au public, elle changea de méthode. Elle sonda la grande pièce et y découvrit sans peine une pièce cachée. Elle déplaça la bibliothèque menant vers cette sombre salle d'archives, et alors sa curiosité fut assouvie.

Elle commença par les documents de guerre attestant de l'anéantissement de la tribu des Jotuns par Odin. Elle trouva d'abord des descriptions de la fatidique bataille, ode à la gloire du Père de Toutes Choses.

Elle ne trouva pas grand-chose concernant Loki, mais là encore, ce n'était pas vraiment l'objet de son investigation. Elle s'intéressa plutôt aux parchemins relatant de la doctrine des Jotuns, cultes et croyances qui leur avait valu leur extermination.

Cette gloire aux esprits noirs, cette maîtrise de l'énergie corrompue, voilà la pratique pour laquelle la tribu de Laufey avait été anéantie.

Un manuscrit parmi tant d'autres représentait un pentagramme, étoile à cinq branches entourées d'un cercle, pointant aux quatre éléments et à un sigle mystère : celui des esprits noirs. Gamora frissonna d'horreur. Elle parcourut autant d'archives qu'elle fut capable d'identifier, jusqu'à ce qu'une image, plus qu'aucune autre, lui glace le sang.

L'image du temple abandonné.

Ce temple, où la tribu des Jotuns avait prospéré, une trentaine d'années auparavant.

Ce temple, creusé à même la montagne, aux pentes arides et coins anguleux.

Ce temple, où Gamora avait grandi.

Elle comprit.

Refusant de céder à la panique elle ignora ses tremblements, reposa l'image sur la pile de documents dérangés. Elle ne se préoccupa pas de son désordre, ne referma pas la porte secrète derrière elle. Elle quitta la bibliothèque, sans prendre conscience que déjà, au dehors, le jour se levait.

Elle dévala les escaliers avec une certitude en tête.

Loki devait être neutralisé.


Loki non plus n'avait pas dormi. Dans sa chambre, inlassablement, il avait fait les cent pas. Parfois il était allé s'asseoir dans son fauteuil rembourré, en était sorti pour tourner en rond, avant d'aller s'allonger sans fermer les yeux une seconde. Il s'était à nouveau levé pour étudier les montagnes à travers ses fenêtres entre-ouvertes. Il plut quelques heures, au plus fort de la nuit, avant que le ciel ne finisse par se dégager. Quelques étoiles se dévoilèrent au départ des nuages – il s'agissait des plus brillantes, celles que l'aurore ne suffisait pas à chasser.

Le jour s'affirmait, le ciel se teintait d'un bleu moins foncé, bordé par une lisière colorée à l'horizon. On commençait à entendre le chant des oiseaux les plus matinaux.

Lorsque soudain, Loki perçut tout autre chose.

Ils étaient en route.

Il pouvait les sentir, signature énergétique mobile, sauvage, ils étaient encore loin mais leur progression, inéluctable.

Ils arrivaient.

Saisi d'une angoisse aiguë, le prince se précipita hors de sa chambre. Un instinct le poussa vers les couloirs les plus familiers, les plus protecteurs auxquels il put penser.

Il se retrouva face à la porte de sa mère.

Sans réfléchir, il y entra.

Il surprit Frigga au saut du lit. Cette dernière, vêtue d'une simple chemise de nuit dont les épaules étaient recouvertes par ses flamboyants cheveux détachés observa avec effarement son fils se précipiter à son chevet.

« Mère, fit-il d'une voix fatiguée. J'ai fait une erreur. »

Frigga vint se placer face à son fils, elle saisit doucement son menton pour le forcer à la regarder. Elle lut dans son iris sombre un chagrin qu'elle ne lui connaissait pas.

« L'Avatar est en danger, confessa-t-il.

– Peux-tu le protéger ?

– Non, il est trop tard. Ils arrivent...

– Peux-tu le protéger, Loki ? » insista-t-elle.

La détermination qu'il lut dans ses prunelles chaudes l'obligea à reconsidérer.

« Je peux essayer.

– Va, commanda-t-elle. Dépêche-toi. »

Elle lui communiquait une volonté si forte, Loki se rendit compte que ç'avait été cette détermination qu'il était venu chercher. Il savait ce qu'il lui restait à faire. Il s'apprêtait à tourner les talons lorsqu'elle ajouta :

« Et mon fils, je t'en prie... Demande de l'aide. »

Elle avait raison, évidemment. Loki ne pouvait pas le nier, il ne pourrait pas lutter seul. Il acquiesça silencieusement.

Mais lorsqu'il ouvrit la porte pour sortir, il était déjà trop tard.


Steve avait le sommeil léger. Déjà parce que depuis qu'Howard l'avait guéri, il dormait relativement peu, ses nuits de sommeil relevaient davantage d'un réflexe que d'un besoin, comme une habitude qu'il avait adoptée. Ensuite parce que, depuis qu'il était au Temple de l'Air, il se sentait assez apaisé pour se satisfaire de quelques heures de repos avant d'affronter une nouvelle journée.

C'est pourquoi ce matin-là, tôt, il était déjà éveillé lorsqu'il entendit un bruit sourd. De furtifs tremblements dans le sol s'ensuivirent, évènement très tranché dans la quiétude usuelle du Temple Mère. Il ne lui en fallut pas plus pour immédiatement sortir et inspecter le palais.


À peine Loki avait-il franchi le pallier des appartements de sa mère qu'un rocher le percuta de plein fouet. La roche fusa vers le prince qui n'eut pas le temps de parer. La pierre le faucha, le choc fit vibrer le palais, explosion claire et brutale.

Frigga vit son fils projeté à l'autre bout du couloir, elle porta une main devant sa bouche pour masquer son effroi. Elle eut le temps d'apercevoir une furie verte débarquer à la suite du rocher, et déjà les combattants étaient hors de vue. De nouveaux coups retentirent, le sol trembla.

Frigga ne pouvait rien faire.

Pour Loki, elle ne pouvait rien faire.

Pour le reste... Elle retourna à l'intérieur de ses appartements, enfila une épaisse robe de chambre, saisit un poignard qui reposait sur le buffet et sortit, en direction des appartements de l'Avatar.


De nouveaux éclats sourds se firent entendre, Steve les suivit à travers les couloirs, soucieux. Il s'arrêta quelque temps sur une petite terrasse, observa la vue du Temple à la recherche d'un évènement perturbateur particulier.

À ce moment-là, il l'aperçut.

À l'orée du bois, une silhouette sombre, immobile, lointaine.

Steve chargea.

Il sauta de sa terrasse, atterrit d'une roulade et fonça vers les bois.


Tony fut réveillé par son gadget.

C'était un bruit strident, répétitif, une sorte d'alarme angoissante dont la nécessité de l'arrêter était plus forte que celle de savoir ce qu'elle pouvait bien signifier.

Il tomba de son lit, tâtonna à la recherche de son détecteur à esprits, grommelant pour lui-même que la sensibilité de l'engin devait être altérée pour à ce point s'emballer. Il tritura son objet quelques instants, tout en se forçant à émerger.

Il réussit à abaisser le son du gadget endiablé, alarme sourde mais perpétuelle. Il se força à trouver le dysfonctionnement à l'origine de cet affolement soudain.

Il ne le trouva pas.

Les idées légèrement désembuées, il se redressa. Il l'avait amélioré, ce détecteur, pour étendre son radar à plusieurs kilomètres à la ronde. Si des esprits devaient s'approcher, il devrait les sentir arriver de loin. Il eut un rapide coup d'œil par la fenêtre : rien. Il sortit de sa chambre, suivit une vague direction que son détecteur semblait lui indiquer.

Il parcourut les couloirs, à la recherche de la moindre piste sur ce qui se préparait.

Depuis une petite terrasse, il regarda vers les bois. Il vit Steve s'y précipiter.

De stupeur, Tony lâcha son boitier. Le détecteur se brisa au sol, l'alarme cessa dans un bruit métallique contrarié.


Gamora assiégeait Loki de coups. Elle soulevait des roches de la taille d'ours et les propulsait vers le maître de l'Air qui peinait à les esquiver. Après le premier il s'était difficilement relevé et avait de justesse bondit hors d'atteinte d'un second. Les éclats de pierre qui giclaient de chaque impact menaçaient de le blesser mais il ne prenait pas le temps de s'en protéger, trop occupé à échapper à la terrienne qui l'assaillait.

Il s'enfuit hors du Temple, atterrit dans la forêt où il espérait que la maîtresse de la Terre ait plus de mal à le toucher. Grand mal en fut : ses pans de terre soulevaient maintenant des arbustes, qui, avec la roche et la terre accrochées à leurs racines, fusaient vers Loki dont la surprise l'empêchait encore de proprement riposter.

Il tenta de hurler à Gamora de s'arrêter, mais les fracas répétés étouffaient toute tentative de communication. De toute façon, elle ne l'aurait jamais écouté. Il se percha sur un arbre que Gamora déracina d'un coup de poing. Prit dans les branches, il chuta au sol brutalement.

Le sang pompait avec force dans ses tempes, il soupçonna certains de ses os d'être brisés. Il se sentit tracté en hauteur, la roche se soulevait sous ses pieds pour le redresser.

Alors Gamora hurla :

« Tu es avec lui ! »

Loki avait le souffle coupé, les yeux effarés.

Comment ? Comment pouvait-elle...

Elle dénonça, avec froideur, le nom qui l'obsédait depuis son plus jeune âge, qui revenait la hanter après toutes ses années ; ce nom qu'elle avait espéré ne jamais plus avoir à prononcer :

« Thanos ! »

Ses yeux étaient humides, de peur ou de colère, Loki n'aurait su dire. La mâchoire crispée, tous les muscles bandés, elle accusait Loki avec violence.

Il souffla :

« Oui. »


Tony observa, sidéré, Steve Rogers détaler vers les bois. Il courait à une vitesse folle vers un point bien précis que Tony n'eut aucun mal à identifier.

Il courrait vers Bucky.

James Buchanan Barnes.

Le soldat de l'hiver.

Vivant, bien réel, il n'était pas une illusion. Il était là, à l'orée du bois, comme à attendre que Steve Rogers parvienne à sa hauteur.

Rapidement les deux soldats de l'Eau disparurent dans la forêt.

Tony s'envola à leur poursuite.


Steve rejoignit le bois en un battement de cils. Il fila la trace du soldat de l'hiver sans le perdre de vue un instant. Il ne prit pas le temps de dégainer sa gourde, elle ne lui servirait à rien, il fallait d'abord qu'il rattrape le fugitif.

Ce dernier lui rendait la chose compliquée.

Des arbres, coupés net en leur pied, tombaient du ciel et barraient le chemin du capitaine. Plus d'une fois il dut glisser sur l'herbe trempée par la rosée du matin, évitant de justesse de se faire assommer ; d'autres fois il sauta les obstacles sans perte de vitesse. Il esquivait des projectiles, pic de glace affûtés qui fusaient dans sa direction et se figeaient dans les troncs d'arbres derrière lui.

Bucky était encore loin, mais Steve gagnait du terrain. Les attaques du mercenaire ralentissaient sa course, Steve serait à son niveau en un rien de temps.

Des arbres se dressaient encore entre les deux maîtres de l'Eau, pourtant Steve présentait que le moment était venu pour lui d'attaquer. Il mit la main à sa gourde, lorsqu'une explosion retentit juste devant eux.


Tony poursuivait les maîtres de l'Eau depuis les airs. Flammes crépitantes aux mains et aux pieds, il arriva rapidement à leur niveau. À travers les feuillages, il pouvait voir les deux silhouettes se précipiter vers le rebord d'une falaise qui se présageait au loin.

Il considéra qu'il devait stopper Bucky avant qu'il n'y parvienne. Il se positionna au-dessus de lui et projeta une puissante boule de feu. Comme s'il avait pu l'anticiper, Bucky évita la décharge et envoya d'un demi-tour des pics de glace affûtés vers les cieux, Tony fut dérouté de sa trajectoire. Il fit un écart, se retrouva alors face à un sommet plus haut que les autres. Il manœuvra au dernier moment pour ne pas s'y écraser, y atterrit en urgence. Il se préparait à s'envoler à nouveau lorsqu'un rugissement attira son attention.

Il se tourna vers le palais.

Un nuage noir s'en approchait.

Une nuée d'esprits.

À sa tête, une ombre plus menaçante que les autres, aux larges ailes et au corps sinueux. C'était cette même ombre qui avait rugi, cette ombre dont la gueule allongée dissipait des flammes roses au lugubre présage.


Steve avait été stoppé net par la puissante explosion venue des cieux. Il aperçut, lorsque la fumée se dissipa, la silhouette de Bucky sauter, et disparaître.

Il se releva et reprit sa course.

Lorsqu'il comprit qu'il parvenait au bout d'un plateau, il sauta à son tour.

Il plongea dans le vide.


Tony lança un dernier regard vers les maîtres de l'Eau en fuite. Il les vit sauter de la falaise.

Il se retourna vers la vague d'esprits qui arrivait.

Le dragon à leur tête.

Il jura, se détesta pour cette seconde d'hésitation.

Et rebroussa chemin vers le palais.


Gamora dévisagea Loki avec horreur. Ils avaient été si naïfs ! Ils avaient refusé de le dénoncer, avaient accepté que l'Avatar s'entraîne avec lui, et maintenant Loki se retournait contre eux. Ils auraient dû agir depuis le début. Dès les premiers soupçons, ils auraient dû l'écarter, ils auraient dû le faire parler.

Loki les avait trahis tout du long.

Une rage sourde s'empara d'elle. Elle brandit une lame en acier avec la rude intention d'en finir.

Loki ne prit pas le temps d'essayer de l'en dissuader.

Il généra un fort vent tout autour de lui qui écarta sa prison de Terre, il s'en échappa.

Gamora déferla aussitôt la roche libérée en un jet de pierre pour essayer d'atteindre Loki qui était déjà loin dans les airs.

Il faudrait qu'il la contienne pour lui faire entendre raison.


Steve plongea en chute libre de longues secondes. Il voyait Bucky, en contrebas, chuter avec quelques mètres d'avance.

Le soldat de l'hiver matérialisa soudain une rampe de glace pour ajuster sa trajectoire, il y glissa habilement et Steve comprit : il visait le lac, à quelques mètres de là.

Le mentor de l'Eau l'imita, dégaina sa gourde pour glisser sur sa propre langue de glace accrochée au flanc de la falaise, et traversa les derniers mètres de vide à la poursuite du revenant.

Il plongea, tête en avant, dans un lac à l'eau glacée – suspectant qu'elle ne l'eût pas été, quelques secondes auparavant.

Pleinement immergé, il tourna sur lui-même jusqu'à ce qu'il génère un tourbillon qui le sorte de l'eau avec force. En émergeant il brisa la couche de glace qui se formait en surface.

Bucky, à genoux et une main au sol, avait givré le lac dans son intégralité.

Au sommet de sa tornade, Steve généra un puissant jet d'eau vers le soldat de l'hiver.

Ce dernier tendit la main, et avant même qu'il ne puisse l'atteindre, le torrent se givra. Tourbillon glacé, trombe d'eau figée sur le moment.

Steve sauta hors de piédestal et glissa sur la rivière gelée en suspension. Il atterrit sur Bucky, profita de l'élan pour assener un coup de poing en avant.

Les bras en croix pour se protéger, le soldat de l'hiver recula. L'un de ses deux bras était de métal, constata Steve avec effroi. L'hésitation lui fit perdre de précieuses secondes, Bucky était déjà reparti à l'assaut. Gerbe d'eau acérée à la main, il chargea.

Le capitaine forma alors un bouclier que les attaques du soldat de l'hiver ne parvinrent pas à transpercer. Sa gerbe d'eau tranchait, coupait, perçait, plus acérée qu'une lame d'acier, elle effritait à chaque coup un peu plus le bouclier du capitaine.

Steve reculait. Frappé par tant d'agressivité, il ne reconnaissait pas son ami d'enfance, jusqu'à en douter que ç'ait bien été lui.

Il suffit d'une courte ouverture pour que sa conviction première le rattrape. Il n'eut le temps de le regarder qu'un quart de seconde, un quart de seconde décisif durant lequel il le scruta droit dans les yeux.

Le visage du soldat était à moitié caché par un masque devant sa bouche, ses cheveux étaient longs. Dans les deux yeux qui perçaient, sans lueur ni esprit, Steve rencontra un homme perdu. Infiniment différent de celui qu'il avait abandonné, il y a quatre ans.

Résolument le même.

Bucky était en vie.

Et il n'était pas lui-même.

Steve devait le ramener.


Tony était à deux doigts d'atteindre le palais lorsqu'un déluge de flammes roses l'obligea à se stopper. Il atterrit maladroitement en marche arrière, entreprit de s'envoler à nouveau pour contourner le brasier pourpre.

Il rencontra la queue du dragon qui le fouetta brutalement, l'expédiant d'où il venait. Il roula au sol sur quelques mètres, aussitôt il se releva.

Le dragon atterrit lourdement en grognant. Il regarda Tony avec fureur, ses yeux jaunes le transperçait.

Un lézard en grande forme, cette fois-ci.

Ses ailes pleinement déployées, d'une dizaine de mètres d'envergure, n'avaient rien des ailes atrophiées de la créature qui sortait de son volcan. Elles brassaient un vent chaud. Ses griffes creusaient la pierre, sa queue fouettait l'air. Ses babines se retroussaient sur des dents acérées d'où quelques flammes violettes s'évaporaient. Maître de la place centrale de la Cité de l'Air, le dragon fit quelques pas pour asseoir son territoire.

Le message était assez clair : il ne le laisserait pas passer.

Tony maudit son incapacité à avoir soigné la bête, des jours plus tôt. Il sentit qu'elle était prête à le lui faire payer. Sans attendre, le reptile déversa déjà un nouveau déluge de feu en sa direction.

Tony s'envola immédiatement hors d'atteinte, poursuivit par les flammes roses, il contourna la grande place pour tenter d'accéder au palais par l'arrière.

C'est alors qu'il rencontra un groupe d'esprits ailés, peu disposés à le laisser passer.

Il se stoppa, prit en étau entre le feu du reptile et la fureur des esprits.

Deux explosions retentirent soudain dans le dos du dragon, la bête se retourna en feulant l'origine de ce désagrément.

Clint Barton, au sommet d'un arbre, banda une troisième flèche explosive. Elle atteignit la tête du serpent ailé qui ferma les yeux sous le choc, et grogna plus fort encore. Le dragon entreprit de se débarrasser de ce nuisible, il n'en ferait qu'une bouchée.

Il chargea vers l'archer, lorsqu'un flash blanc et bleu lui coupa la route. Il se cabra, tenta de happer la bête volante qui venait de lui passer sous le museau. Cette dernière échappa aux crocs de justesse ; de ses grandes ailes blanches, au rythme de ses sabots au galop, la pégase vola hors d'atteinte.

Sur le dos de son cheval blanc, Valkyrie lança un cri de guerre.

Le dragon lui répondit en rugissant.


Loki subissait les assauts répétés de Gamora. Il n'arrivait pas à contre-attaquer, trop occupé à se protéger du déluge de roches qu'elle lui envoyait. Il ne pouvait pas toucher le sol sous risque de finir enseveli, ne pouvait se réfugier au sommet d'un arbre qu'un court instant avant que celui-ci ne soit déraciné.

Gamora ne ployait à aucune rafale qu'il lui adressa, sans doute manquaient-elles de conviction. Il essayait explicitement de ne pas attiser sa colère, bien qu'il lui semblât qu'il fut déjà trop tard.

Depuis la cime des arbres sur laquelle il ne restait jamais bien longtemps, Loki aperçut l'orage d'esprits envahir le palais.

Ils allaient manquer de temps.

Ce moment de considération lui fut fatal. Une liane de métal s'enroula autour de son pied, il fut brusquement appelé à rejoindre le sol. Il amortit sa chute d'un coussin de vent, mais Gamora ne lui permit pas d'aller beaucoup plus loin : le lien, à son pied, se faisait trop serré.

Un autre fouet de métal agrippa la main qui maniait le sceptre, s'enroula si fort qu'il dut lâcher son bâton. Bientôt le serpent se referma sur sa proie, l'entourant tout entier, lien serré à lui briser les os.

Furieuse, Gamora s'approcha, le regard assassin.

« Gamora... arrête, » couina Loki, oppressé par les liens qui commençaient à l'asphyxier.

Elle pointa sa lame à la gorge du prisonnier. Elle siffla :

« Donne-moi une bonne raison de ne pas te tuer.

– Protège... Peter, » souffla-t-il, bientôt à court d'oxygène.

Elle s'immobilisa.

« Protège-le... »

Soupir à peine perceptible, les lianes étaient trop serrées autour de sa gorge, Loki ne pouvait plus articuler.

« Qu'as-tu fait ?! persifla-t-elle entre ses dents, pointant plus fort encore sa dague sur la gorge du prisonnier.

– Pas moi... lui... »

La tête commençait à lui tourner.

Gamora se rendit compte que son poignard tremblait. Elle l'abaissa, relâcha sensiblement son poing, amenant les lianes à se dénouer d'autant. Le serpent de métal libéra sa prise.

Loki chuta au sol, il toussa, prit une grande inspiration.

« Il est en danger ! cracha-t-il. Cesse de perdre ton temps avec moi et va le sauver, ils sont là pour lui ! »

Comme pour appuyer son propos, un rugissement retentit.

Le visage de Gamora se fit plus pâle encore.

Elle adressa un dernier regard horrifié au maître à terre. Il le soutint sans sourciller.

Elle se précipita vers le palais.