Bonjour à tous,

Désolée pour l'attente de ce chapitre. Avec les vacances et les week-end, je prends un peu plus de temps pour aller voir mes proches que je n'ai pas vu depuis fin d'année dernière, étant tous très –trop - loin de chez moi. Alors, j'espère que vous n'en voudrez pas mais ça signifie moins de temps pour écrire cet été, le temps de refaire le tour de tout le monde. J'ai également 3 semaines de vacances en aout et je doute que je prendrais mon PC pour écrire les chapitres suivant. Ils arriveront avec un peu plus délai mais ils viendront, ne vous en faites pas. J'essayerais de laisser le moins de temps possible, promis. Mais ce ne sera pas un chapitre par semaine jusqu'à la reprise…

J'ai fait la trame principale de cette dernière partie et il y a encore (minimum) 6 chapitres à venir. La fin approche !

Ça fait longtemps que je n'ai pas répondu aux reviews. Je vais remonter jusqu'à ceux du chapitre 27.

Anne O'Delly : Encore merci de suivre cette fic. J'espère qu'elle te convient toujours autant et que ce sera le cas jusqu'à la fin.

Lalaland22 : Bienvenue dans l'aventure. Ravie d'entendre qu'on peut avoir du mal à décrocher de la fic une fois lancé. Ça fait du bien de le savoir. J'espère que la suite sera aussi accrocheuse. Merci pour l'encouragement.

Krokmou : fidèle au post. Toujours un plaisir de voir des reviews. Merci beaucoup. Profite bien de la suite

Naruhina : également fidèle au post. Merci pour ton soutien et tes reviews qui motivent. Profite également du chapitre. En espérant qu'il te plaise.

En attendant, voici la suite. Un chapitre transitoire encore une fois (donc un peu plus court – quoique), afin de lancer la dernière partie de cette fic. J'espère qu'il vous plaira

{Enjoy}


oOo

Le cœur de Marinette s'effondra. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'ils étudiaient le logo de l'université et lisaient mécaniquement la lettre. Honnêtement, elle n'enregistrait aucun mot. Mais ses yeux continuaient de bouger, comme si eux comprenaient l'étendue de ces quelques mots. Adrien n'était pas mieux non plus. Le cœur au bord des lèvres, il sentit son estomac se contracter et commençer à peser une tonne. Jamais un courrier ne lui avait paru aussi lourd dans les mains. Comment un simple bout de papier pouvait-il l'envoyer dans une euphorie complète un instant et le déchirer de l'intérieur la seconde suivante ?

Il sentit son père faire un mouvement, le sortant de son mutisme. Il jeta un coup d'œil à l'ainé avant de dériver vers Marinette, qui fixait encore la lettre. La voir engloutit son cœur un peu plus. Ce n'était pas juste. Son père avait raison : ce n'était pas une offre qu'il pouvait refuser. Le cœur lourd, il s'empara de la main de sa petite amie et commença à quitter la pièce.

« J'ai besoin d'y réfléchir. Annonça Adrien en regardant Mari' dans les yeux. Nous devons en parler ensemble.

- Adrien. Intervint Gabriel. Ils attendent une réponse pour demain soir. Après ce délai, les inscriptions pour cette université – et cette opportunité – seront clôturées.

- Alors j'ai jusqu'à demain soir pour te répondre. Trancha-t-il, atteignant la porte du bureau. Ne nous dérangez pas ce soir Nathalie. »

Quand ils quittèrent la pièce, Gabriel et Nathalie échangèrent un regard lourd de sens. Elle hocha la tête et sortit à son tour, laissant le père seul avec ses pensées.

Marinette suivait Adrien silencieusement. Elle l'observait à la dérobée, en même temps que ses pensées filaient à mille à l'heure. Elle se doutait que son petit-ami était dans le même état d'esprit qu'elle – désorientée, effrayée et en même temps heureuse pour lui. Elle voulait crier, elle voulait hurler. Elle voulait pleurer, le prendre dans ses bras et se greffer à lui pour qu'ils n'aient pas à se séparer. Mais elle savait que ce n'était pas possible. Elle n'avait pas le droit de le retenir poursuivre ses rêves. C'était une opportunité en or qui s'offrait à lui. Sur un plateau d'argent. Il ne devait pas refuser à cause d'elle. Aussi douloureux soit-il. Les larmes s'amoncelèrent aux coins de ses yeux bleus. Elle inspira profondément pour se calmer. Il leur restait du temps.

Du temps. C'était tout ce à quoi pensait le mannequin. « C'est injuste. » résonnait dans sa tête en boucle, encore et encore. Pour une fois qu'il était heureux dans sa vie, qu'il avait quelqu'un de bien avec qui être… Elle allait lui être enlevée. Oui, il pourrait envisager une relation à distance. Mais ce n'était même pas envisageable. S'il partait là-bas, il irait jusqu'au bout d'une thèse. Soit huit ans. Huit longues années. Et il se connaissait assez pour savoir qu'il avait besoin de contact constant, qu'il ne supporterait pas de la savoir loin de lui constamment et que leurs rencontres seraient de courtes durées. Et il la connaissait aussi suffisamment pour savoir qu'elle n'était pas pour ce type de relation.

Pas qu'il puisse lui en vouloir.

Mais cette lettre remettait tout son avenir en cause. Jusque-là, il s'était imaginé terminer le lycée avec elle, entrer dans son école proche de la sienne, lui proposer d'emménager ensemble –sérieusement, ils auraient tous les deux bientôt dix-huit ans ! – et, dans quelques années, quand ce serait convenable de le faire sans choquer l'opinion de la majorité, il aurait demandé sa main. Son père aurait donné la bague de sa mère pour qu'il lui offre. Il voyait déjà la soirée qu'il aurait organisée. Il l'avait déjà imaginé dans sa robe de mariée. Puis enceinte de ses enfants. Oui, il avait été loin dans son imagination avec elle. Parce qu'elle était son avenir. Son passé, son présent et son futur. Ça avait été une certitude pour lui depuis quelques temps.

Et là, comme un cheveu sur la soupe, arrivait cette lettre.

Il poussa la porte de sa chambre, toujours silencieux. Marinette détacha sa main de la sienne pour le devancer. Elle ne s'arrêta qu'une fois devant la baie vitrée. Le bruit mat de la porte se fermant fut le seul son qu'ils entendirent pendant quelques instants.

« Je…

- Ne refuse pas cette offre. Parla-t-elle doucement, la voix clairement serrée. »

Il ne voyait que son reflet dans la vitre mais c'était suffisant pour que son cœur se brise. Elle luttait contre les larmes, il le savait. Et lui aussi. Il s'avança vers elle juste avant qu'elle ne l'arrête avec la main en se retournant pour lui faire face. Les larmes coulaient librement sur ses joues mais elle affichait un sourire qui se voulait rassurant.

« Si j'accepte cette offre, je vais devoir déménager aux Etats-Unis. Et toi comme moi savons ce que ça implique pour nous.

- C'est de ton avenir dont nous parlons Adrien.

- Mais c'est toi mon avenir ! Haussa-t-il légèrement le ton, blessé qu'elle ne le comprenne pas. Je te vois partout avec moi dans mon avenir. Pas toi ?

- Si, bien sûr que si. Je ne l'ai jamais imaginé sans toi.

- Alors pourquoi me pousses-tu à partir ? À te quitter ?

- Parce que tu refuseras cette offre uniquement à cause de moi. Et je ne veux pas te priver d'un rêve.

- Je peux le réaliser ici, à Polytech plus tard. On serait ensemble, tous les jours. On pourrait…

- Pourquoi te contenter de peu quand on t'offre le graal ? Coupa-t-elle doucement, s'approchant de lui pour poser une main sur sa joue. Je t'aime de tout mon cœur Adrien. Et je refuse d'être celle qui te ralentit dans la conquête de tes rêves. Parce que je t'aime.

- Marinette…

- Est-ce que tu ne me pousserais pas à vivre mon rêve à fond si une telle opportunité m'était proposée ? »

Silence. Adrien comprenait son raisonnement. Si la situation était inversée, il n'aurait même pas réfléchi et l'aurait poussée à accepter, peu importe le prix pour lui. Son regard s'adoucit. Il se lova dans le creux de sa main, fermant les yeux pour apprécier le contact. C'était injuste ! Il savait qu'aucune école prestigieuse ne se trouvait à proximité de son université pour elle. Sinon, la question ne se serait même pas posée : elle serait venue. Mais ce n'était pas possible non plus. Ils étaient bloqués. Et, si cette décision lui était difficile à prendre, Adrien savait qu'elle était déjà écrite.

Il serra les dents.

Marinette vint se blottir contre lui. Il pouvait sentir les sanglots qui la secouaient, bien qu'elle reste silencieuse. Ses bras vinrent s'enrouler autour de son corps et ses sanglots prirent de la rigueur. Bientôt, elle fut incapable de les retenir. Comment un cœur brisé pouvait-il se briser encore plus ? Les larmes d'Adrien se mêlèrent aux siennes. Il l'aimait. Tellement. Il était à elle et elle était à lui. Hier, aujourd'hui et demain.

Il s'écarta légèrement d'elle, juste assez pour écraser ses lèvres sur les siennes. Elle gémit contre lui et y mis toute sa frustration, tout son ressentiment et toute sa détresse. Elle y mit aussi tout son amour pour lui, toute sa dévotion et tout son cœur.

Il était le sien. Et elle était la sienne.

Et ils se le prouveraient. Encore et encore.

Jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus le faire.


oOo

« J'accepte l'offre. Annonça Adrien, tenant Marinette derrière lui par la main. Mais je veux que vous stoppiez toutes mes activités afin de me dégager le maximum de temps libre pour le passer avec mes amis et Marinette. »

Gabriel leva les yeux de son travail et haussa un sourcil en regardant son fils qui débarquait de si bon matin dans son bureau sans s'annoncer. Dès que son regard tomba sur le blond, le cœur de Gabriel se serra. Il était évident qu'Adrien avait pleuré. Ses yeux étaient encore rouges et bouffis, même s'il devinait qu'il avait essayé de le cacher. Marinette n'était pas mieux mais restait collée au bras de son petit-ami. Gabriel lança un regard vers son assistante.

« Je ne vais pas pou…

- Non négociable. Trancha Adrien.

- Tu aimes un peu trop cette phrase ces temps-çi. Grimaça l'ainé.

- Je vais devoir tout quitter pour aller là-bas. Laisse-moi profiter du temps qu'il nous reste.

- Je ne t'y oblige pas.

- Mais tu l'as dit toi-même : ce n'est pas une offre que je peux refuser. Tu as fait en sorte qu'elle me parvienne alors assume. »

Nathalie lança un regard d'avertissement à Gabriel. Ce dernier remarqua que Mari' calmait discrètement son fils. Les deux hommes serrèrent les dents. Il a été difficile pour Gabriel de ne pas faiblir quand il vit les yeux de son fils s'humidifier légèrement.

« Bien. Je ne vais pas pouvoir tout annuler, notamment ceux des deux prochaines semaines. Mais je vais arrêter de prendre des rendez-vous pour toi. Seuls ceux qui sont déjà organisés et dont tu as été spécifiquement demandé te seront imposés. »

Il hocha la tête et tourna les talons, toujours Marinette derrière lui. Elle leur lança un regard de remerciement juste avant que la porte ne se ferme derrière eux. Étonnamment, Gabriel se sentit coupable et lourd. Il ferma les yeux et appuya ses doigts sur ses sinus.

« Il a fait le bon choix. C'était la bonne chose à faire. C'est de son avenir dont nous parlons. Alors, ça devrait être bon. N'est-ce pas ?

- Oui Monsieur. »

Même Gabriel pouvait entendre l'incertitude dans le ton de son assistante.


oOo

Alya le regardait, bouche bée. Ses yeux s'humidifièrent alors que Nino posait sa fourchette plus ou moins discrètement sur le côté de son assiette. Lui aussi était choqué par la nouvelle. Il perdait un de ses meilleurs amis après tout. Mais il avait déjà vécu ça avec Marinette. Et, s'ils étaient bien plus jeunes à ce moment, la séparation avait été un crève-cœur à cette époque. Ils n'avaient pas énormément de moyens pour se parler. Mais leur relation avait tenue. Plus que bien. Elle s'était même améliorée et était devenue indestructible.

Aujourd'hui, c'était différent.

Ils étaient plus vieux, avaient à disposition des outils de communications plus faciles d'accès. Il s'inquiétait pour Alya, certes. Mais il savait qu'il trouverait les mots pour la conforter plus tard, quand ils seraient tous les deux.

Par contre, c'était une autre histoire pour Marinette.

Le métis jeta un coup d'œil à sa meilleure amie. Elle tenait la main d'Adrien sur la table et semblait perdu dans sa contemplation. Mais il n'était pas dupe. Il la connaissait par cœur. Si Alya – et même Adrien – ne pouvait pas voir qu'elle allait mal, ce n'était pas leur faute. Même lui pouvait presque ne pas voir les signes. Mais ils étaient là. Malgré le faux sourire, la fausse joie qu'elle disait ressentir pour lui. Oui, il y avait de la fierté dans son regard. Mais il y avait aussi un désespoir que Nino ne voulait pas revoir dans ses magnifiques yeux. Oui, elle l'encourageait. Mais il y avait également un cri du cœur dans ses paroles qu'elle parvenait magnifiquement à cacher. À tous. Mais pas à lui.

Alors il continua de l'observer silencieusement. Une fois, ils accrochèrent le regard. Et jamais les mots n'auraient pu être aussi précis que ce qui passa dans leurs yeux. Suppliante, Marinette l'intima de ne rien dire, ne rien laisser paraitre. Il s'exécuta, se promettant intérieurement d'aller la voir ce soir-là.

Quand il arriva chez elle vers vingt-et-une heures, surprenant ses parents quelques instants avant qu'ils ne le laissent passer pour la rejoindre, il ne fut pas étonné de la voir s'effondrer dans ses bras quelques secondes après qu'il l'ait prit pour un câlin réconfortant. Ce soir-là, Nino se retrouva près de huit ans auparavant, quand ils étaient perdus dans les bras l'un de l'autre, pleurant leur proche disparu.


oOo

Ils ne dirent rien au reste du groupe. Marinette et Adrien voulaient passer le plus de temps ensemble sans avoir à subir la pitié des autres. Fidèle à sa parole, M. Agreste diminua de façon drastique ses obligations pour le travail. Le premier mois avait été chargé encore mais la suite avait été plus légère. Résultat : la relation entre Adrien et Mari' devint encore plus intense, plus profonde. Ce n'était pas quelque chose qu'ils avaient anticipé. L'idée de se séparer devint vite insoutenable pour eux deux. Rapidement, Mari' se mit à pleurer pour un rien. Juste les mots voyage, post-bac, étude ou même été lui donnait les larmes aux yeux.

C'est avec une boule au ventre qu'ils passèrent les examens. Mais, fidèles à eux-mêmes, ils les réussirent haut la main. Ils étaient fiers. Tous les quatre, ils avaient vaincu ce fameux bac qui donnait des insomnies à certains. Ils étaient fiers… mais en même temps, ils étaient tristes. Parce que cela signifiait la fin d'une époque. Et ce n'était pas la fin qu'ils souhaitaient en commençant cette dernière année de lycée. C'est lors de la dernière soirée tous ensemble, juste avant les vacances officielles, que la nouvelle fut révélée.

Un gros blanc avait envahi l'espace.

« Mais… comment ça tu pars ? Demanda Rose, commençant à sangloter. Qu'est-ce que vous allez devenir Marinette et toi ?

- Nous… Commença-t-il, la gorge serrée et empoignant un peu plus fort la main de sa petite amie.

- Vous allez être en relation à distance ? Continua l'éternelle romantique. En même temps, vous n'avez pas trop le choix. Mari', tu le rejoindras quand ? Oh mon Dieu, c'est tellement romantique.

- Nous nous séparons dès que je monte dans l'avion. Trancha Adrien, ne supportant pas vraiment ce type de discours. »

Nouveau blanc.

C'était désagréable. Ils étaient déjà à fleur de peau, sachant que dans deux jours, ils allaient devoir se séparer. Pour de bon. Et là, ils faisaient face aux visages déconfis de leurs amis. Les yeux de Mari' s'humidifièrent. Elle se mordit la langue pour retenir ses larmes et inspira profondément, le plus discrètement possible. Sentir les doigts d'Adrien se resserrer sur les siens la rendit plus fébrile. Elle tourna son visage et tomba dans son regard. Comment pouvait-on y lire autant d'amour et de douleur à la fois ?

C'était injuste.

Mais ils avaient fait le bon choix.

« Mais… mais vous êtes si parfaits ensemble. Pleura Rose, soutenue par plusieurs camarades. Vous ne pouvez pas vous séparer.

- Ce n'est pas quelque chose qu'on fait avec joie. Grogna Adrien, perdant visiblement patience. Mais nous n'avons pas vraiment le choix. Je pars pour minimum cinq ans. Huit si je fais ma thèse dans le labo de mon mentor. Je refuse… je refuse de lui imposer ça. Se justifia-t-il en se tournant vers elle de nouveau et en caressant sa joue. Tu mérites d'être heureuse. Pleinement. Et ce n'est pas à des milliers de kilomètres que j'arriverais à te rendre heureuse.

- L'inverse est vrai. Lui chuchota-t-elle en se hissant sur la pointe des pieds pour l'embrasser brièvement.

- Mais vous vous aimez tellement. C'est l'évidence même. Continua Alix, ce qui choqua un peu tout le monde tellement c'était hors de caractère d'elle.

- Et c'est parce que nous nous aimons que nous nous laissons partir. Avoua Marinette aux autres. Pour que nous puissions vivre nos rêves. Et, une fois fait et si nous sommes réellement fait l'un pour l'autre, j'ai l'intime conviction que nous nous retrouverons. Sourit-elle avec une infinie tendresse. N'est-ce pas ainsi que se termine toute les histoires d'amour Rose ? Les deux âmes-sœurs se retrouvent, peu importe les épreuves qu'elles traversent ?

- Si. Sourit-elle, les larmes coulant sur ses joues.

- Alors, en attendant, continua-t-elle en se tournant vers Adrien, on va vivre nos vies séparément. Les choses se termineront comme elles doivent l'être. J'ai confiance. »

Personne n'avait une objection à ça. Alors, après avoir appris avec une horreur grandissante qu'Adrien partait deux jours plus tard, ils profitèrent de lui pour leur dernière soirée. Oui, il y eut beaucoup de larmes ce soir là. Beaucoup de promesses de rester en contact. Beaucoup de câlins, de tapes dans le dos et d'encouragement silencieux pour la future rupture. Ivan et Mylène, Kim et Ondine, Marc et Nath', Alya et Nino ne pouvaient empêcher leurs cœurs de se serrer quand ils se rendirent compte que c'était la dernière fois qu'ils voyaient Marinette et Adrien en tant que couple. Et l'idée de se séparer de leur compagnon respectif ne leur donnait qu'un avant-gout de la douleur qu'ils pouvaient ressentir.

Intérieurement, tous firent le vœu que cette histoire se termine comme dans les comptes de fée dont était si friande Rose. Parce que ça ne pouvait pas se finir autrement, non ?


oOo

Les adieux avec les parents de Marinette furent plus déchirants qu'il ne l'avait imaginé. C'est avec les larmes aux yeux qu'il quitta la boulangerie, après avoir été engloutit dans un câlin d'ours que seul Tom était capable de donner sans briser les os. Sabine avait été plus douce mais l'amour débordait de ses bras autour de lui. Cela lui serra encore plus le cœur. Non seulement il faisait souffrir Marinette mais également ses parents. Ils ne le méritaient pas.

Ils l'avaient rassuré, lui disant encore et encore qu'il serait toujours le bienvenue ici quand il en aurait l'occasion. Ils lui avaient glissé des friandises dans son sac à dos, discrètement pour que M. Agreste ne le voit pas. Ils lui avaient dit plus d'une fois qu'ils l'aimaient comme un fils et qu'il allait leur manquer.

Il avait l'impression de quitter sa véritable famille.

Gabriel sourcilla légèrement quand Adrien revint dans la voiture, agrippé à Marinette. Il était clair que les deux adolescents avaient pleurés, encore une fois, et qu'ils luttaient devant lui pour ne pas s'effondrer. Encore une fois, le cœur de Gabriel se serra. Ce n'était pas la première fois depuis que son fils avait accepté l'offre. Et, si avec le temps Gabriel s'était convaincu qu'il avait pris la bonne décision en dégotant cette opportunité unique à son fils, il ne pouvait empêcher un pincement de culpabilité lui piquer l'esprit dès qu'il les voyait ainsi.

Le trajet jusqu'à l'aéroport fut d'un silence plus tranchant qu'une lame aiguisée. Adrien et Marinette regardaient chacun par-delà leur fenêtre mais leurs mains étaient jointes. Gabriel n'avait cessé de remarquer que le pouce de son fils caressait inlassablement le dos de la main de sa petite-amie. Quand ils arrivèrent au parking de Charles de Gaule, aucun des deux n'amorça un mouvement pour quitter la voiture. Gabriel lança un regard vers Nathalie. Même elle ne savait clairement pas quoi faire. La lèvre de Marinette vacillait, indiquant clairement que sa lutte contre les larmes devenait compliquée. Elle laissa échapper un reniflement un peu plus fort, attirant immédiatement l'attention d'Adrien.

Le cœur de Gabriel se brisa quand il vit les larmes silencieuses glisser sur les joues de son fils. Ça ne devait pas se passer comme ça.

Le gorille ouvrit la porte du côté d'Adrien. Les deux adolescents se raidirent immédiatement. Et, en même temps, Gabriel put voir un poids s'abattre sur eux. Avait-il fait le bon choix pour son fils ? S'il était partit convaincu du manoir, les voir là, maintenant, aussi abattus, mettait à rude épreuve sa certitude. Adrien se tourna vers son père.

« Pouvez-vous nous donner un instant ? »

Incapable de répondre sans avoir la conviction que sa voix ne vacillerait pas, Gabriel se contenta de hocher la tête et de sortir du véhicule, suivit par Nathalie. Avant que la porte ne se ferme, il put clairement entendre le sanglot de l'un des deux. À moins que ce ne soit des deux. Il ferma les yeux, se pinçant l'arête du nez pour prendre une inspiration. C'était le bon choix ! Il le fallait.

Quand Adrien et Marinette quittèrent la voiture quelques minutes plus tard, ils portaient les traces de leur tristesse mais leurs visages étaient d'une neutralité effrayante. Main dans la main, ils dépassèrent les deux adultes qui les accompagnaient. Les valises étaient tirées par du personnel de l'aéroport. Quelques journalistes étaient là mais ils furent vite délogés par le garde-du-corps et la sécurité de l'espace VIP dans lequel ils se trouvaient.

« Adrien ! »

Le blond tourna la tête et vit Alya, Nino et Chloé courir dans leur direction. D'un hochement de tête, le gorille indiqua aux autres agents de sécurité de les laisser passer. Ils ne ralentirent pas et se jetèrent sur Adrien. Il vacilla mais s'accrocha à Marinette qui le maintint en place. Elle fut rapidement engloutie dans le câlin de groupe, mettant mal à l'aise Gabriel qui ne savait pas comment se comporter. Il ne resta que quelques minutes avant l'appel pour l'embarquement. Et, bien qu'il n'en fut pas étonné, il fut tout de même un peu blessé que son fils ne lui prête pas un instant attention, se concentrant plutôt sur ses amis et sa petite-amie.

Le premier appel eut lieu. Ils se serrèrent encore plus dans les bras l'un de l'autre. Alya pleurait. Nino n'en menait pas bien large mais il arrivait encore à contrôler ses larmes. Il tenait la main de la métis, la soutenant silencieusement. Chloé, elle, cachait mal ses émotions.

« Tu vas me manquer Sunshine. Pleura Alya. On s'appelle régulièrement. Promis ?

- Je ne t'oublierais pas, tu sais ? Sourit-il à travers ses larmes. Tu es ma meilleure amie Al'. Depuis toujours. Pareil pour toi Chloé.

- On se verra quand j'irais rejoindre Maman à New-York. Je ferais le détour pour te voir.

- Je n'en doute pas. Sourit-il. »

Il serra les deux filles dans ses bras et se tourna vers Nino. Le métis retira sa casquette porte-bonheur et vint prendre le blond dans ses bras un instant avant de se reculer.

« Ça ne va pas être pareil sans toi ici. Admit-il, la voix serrée. Mon frère va me manquer. Mais ça va aller. Je te le promets. »

Adrien savait qu'il voulait comparer cette épreuve à celle qu'il avait connu avec Marinette. Et, s'il s'en référait à sa confiance, il ne doutait pas qu'il ne perdrait pas son amitié. C'était important pour lui. Il se battrait pour qu'elle survive à ça. Tout comme il se battra pour garder Marinette dans sa vie. À défaut de partager sa vie avec elle pour les prochaines années – pour toujours ? non, il ne voulait pas y penser – il la garderait comme amie. C'était mieux que rien, non ? Alors pourquoi ses pieds avaient-ils le poids d'une tonne de béton ancrée au sol ?

Un second appel.

« Adrien… commença son père, vite coupé par un regard noir de la part de son fils. »

Adrien se tourna vers Marinette. Elle affichait un sourire vacillant, les yeux déjà humides et des larmes coulant une fois de plus sur ses joues. Immédiatement, ses propres larmes montèrent. Il l'attira à lui violement, écrasant ses lèvres sur les siennes.

Une dernière fois.

Il y mit tout son amour pour elle. Toute sa colère de devoir se séparer. Toute sa peine. Et elle y répondit avec une ferveur sans faille.

Quand ils se séparèrent, elle ne put soutenir son regard et se blotti contre son torse. Il enroula ses bras autour de sa taille et plongea son visage dans ses cheveux, la respirant une dernière fois.

« Je t'aime tellement Adrien. Je veux que tu sois heureux. Murmura-t-elle de façon à ce que seul lui puisse l'entendre.

- Je t'aime aussi Princesse. Plus que tout au monde. »

Il se desserra et prit doucement son menton pour remonter son visage vers le sien. Encore une fois, son cœur se brisa en la voyant ainsi. Elle ne méritait pas ça. Il n'était pas censé la faire souffrir. Il lui avait promis, au début de leur relation, qu'il ne lui briserait pas le cœur. Qu'il prendrait soin d'elle, qu'elle pouvait lui faire confiance avec son cœur. Qu'il en prendrait soin. Et, au lieu de ça, il la détruisait. Il avait échoué.

Elle posa sa main sur sa joue.

« Ce n'est pas de ta faute. Murmura-t-elle, consciente de ce qui se passait dans sa tête une fois de plus.

- J'ai promis de…

- Tu as promis de m'aimer comme personne. De me protéger. Et tu as réussi. Au-delà de tout. Tu m'as sauvé. A plus d'un titre. Je sais que tu m'aimes. Et tu sais que je t'aime infiniment. On ne le fait pas par choix. Je ne pourrais jamais –jamais Adrien – t'en vouloir. Cette voie est ta voie. C'est ton rêve. Alors vit le à fond. Ne m'attends pas. Ne pense pas à ce que tu laisses. Voit au-delà de tout ça et profite. »

Comment ne pas tomber amoureux d'elle une fois de plus ? Malgré son chagrin, elle le soutenait et le faisait avancer. Malgré les larmes, elle était toujours la plus belle chose qu'il ait jamais vu. Pour la millième fois depuis sa décision, il se traita de con de la quitter. Il ne la méritait pas.

« Je veux que tu me promette de ne pas m'attendre non plus. Pleura-t-il doucement. De me dépasser et d'être heureuse. Je ne mérite pas tes larmes Princesse. Et je serais toujours à ton côté. Je veux juste faire partie de ta vie, d'une façon ou d'une autre.

- Tu as une place dédiée. Sourit-elle en déposant un baiser volatile sur ses lèvres. Tu as pris mon cœur d'une façon où tu y as fait une place permanente. »

Troisième appel. Et dernier.

Ils s'embrassèrent une ultime fois, déversant une fois de plus tous leurs sentiments. Quand ils se séparèrent, les larmes coulaient librement, évacuant leur cœur de cette douleur sourde qui les faisait suffoquer. Il recula d'un pas, ne lâchant pas sa main.

« Tu prendras soin d'elle, n'est-ce pas Nino ?

- Comme toujours Frère. Sourit-il, pleurant pour de bon cette fois, en venant aux côtés de Mari'.

- Je t'aime.

- Je t'aime. Répéta-t-elle une dernière fois. Tout ira bien. »

Nino posa une main sur sa taille dès qu'Adrien fut assez loin pour qu'il ne puisse plus tenir la main de Mari'. C'est peut-être cliché, mais il aurait pu jurer sentir leur lien se briser à l'instant où ils ne se touchaient plus. Il jeta un coup d'œil à son père. D'un mouvement, il se détourna et passa les portes de l'embarquement, suivit par Nathalie qui l'accompagnait pour les premiers jours.

Marinette s'effondra au sol à l'instant même où la porte se referma, le visage enfoui dans ses mains alors que son cœur se brisait comme jamais auparavant.

Elle eut du mal à retenir ses sanglots. Et les reniflements d'Alya et Chloé ne l'aidait pas à se retenir. Nino avait amortit sa chute, agenouillé à ses côtés et caressant son dos inlassablement. Gabriel ne comprenait rien de ce qu'il lui chuchotait mais il pouvait clairement voir une tendresse infinie sur ses traits quand il lui parlait. Après quelques minutes qui parurent durer une éternité, elle se releva. Quand son regard croisa celui de Gabriel, il put voir qu'elle était brisée. Mais il put également y voir une détermination sans limite qui le fit froncer les sourcils.

« Satisfait ? Vous avez enfin réussi. Le dit-elle avec une voix la plus froide jamais entendue de ses lèvres.

- De quoi parlez-vous ?

- À nous séparer. N'est-ce pas ce que vous souhaitez depuis le début ? Qu'une petite profiteuse comme moi s'éloigne de votre fils bien aimé ? Félicitation, vous avez réussi à mettre un océan entre nous.

- C'était son choix. Et le bon choix à faire. »

Essayait-il de se convaincre une fois de plus ? Parce qu'en voyant les visages des quatre adolescents devant lui, sa certitude était devenue de la poussière quand il avait vu leurs visages détruits par la tristesse. Surtout celui de son fils. Et le regard qu'il lui avait lancé ! Comme s'il le tenait responsable de sa perte. Mais c'était lui qui avait choisi. Il n'était pas à blâmer. N'est-ce pas ?

« Si vous le dites. Mais c'est vous qui avez mis tout en œuvre pour qu'il ait une telle offre. Une offre jamais produite. Un tel traitement de faveur qu'Adrien redoute le regard des autres. Vous ne le saviez pas, n'est-ce pas ? Qu'il adore cette opportunité mais qu'il la répugne également ? Parce qu'il ne l'a pas gagné par ses propres moyens. Encore une fois, vous vous êtes immiscé dans sa vie pour la dicter une dernière fois.

- Ce n'était pas mon choix ! S'insurgea-t-il.

- En êtes-vous sûr ? Vous l'avez dit vous-même : ce n'était pas une offre qu'il pouvait refuser. Alors dites-moi M. Agreste, qu'est-ce que ça fait de briser le cœur de votre fils pour gagner l'ultime bataille que vous pouvez mener sur sa vie ? »

Avant même qu'il n'ait pu répondre, elle se détourna. Elle, ainsi que tous les amis de son fils.

Et, pour la première fois, Gabriel se demanda sincèrement : « Mais qu'est-ce que j'ai fait ? »


oOo

Bon… j'avoue… j'ai pleuré en écrivant ce chapitre. Et mon copain s'est bien foutu de moi !

J'espère qu'il vous a plus. J'écris le prochain chapitre au plus vite pour ne pas trop vous faire attendre.