NdA: Bonjour tout le monde! Dans ce chapitre, on en apprend un peu plus sur la vie d'Evan, j'espère que ça vous plaira! Oh et on a encore un petit dérapage en fin de chapitre mais bon, vous avez l'habitude maintenant, n'est-ce pas? Bonne lecture et à jeudi :)
J'ouvre les yeux. Il est là, debout à côté de mon lit, occupé à me regarder de ses yeux fous. Je n'ai pas le temps d'ouvrir la bouche. Il m'attrape par le cou et me tire hors du lit. J'essaie de crier mais je ne peux que gémir. Ma voix n'est déjà plus que l'ombre d'elle-même.
Très vite, je me retrouve isolé. Il descend à la cave et je gémis encore plus. Non, je n'ai rien fait, je ne veux pas y aller!
– La ferme putain! Arrête de gémir ou je t'éclate la gueule!
La suite, je la connais par coeur. Il me projette sur le sol avant de m'éclater la gueule même si j'arrête de gémir pourtant. Ce n'était pas mes premières fractures et il prenait un malin plaisir à briser des membres qui n'étaient pas encore remis pour me faire gémir plus fort alors qu'il me bâillonnait. Un malade. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, prostré dans le noir à être battu. La veille, j'avais passé toute la journée sous la neige avec pour seuls vêtements un t-shirt et un short trop grand pour moi.
Tard dans l'après-midi, il était venu me rechercher dans la petite cour enneigée avant de m'enfermer à la cave. Je connais cet endroit. Depuis que je suis ici, j'y ai passé plus de temps que n'importe qui. Il est là, il me fait face et m'arrache mon haut. Je me recroqueville sur moi-même. Le premier coup vient. Le second. Ses mains se posent sur moi, sa main est sur ma gorge et se resserre de plus en plus.
– Evan! Evan! Réveille-toi!
J'ouvre les yeux. Putain, j'suis où? Je tremble et je ne peux empêcher la nausée de monter dans ma gorge. Je vomis avant de basculer sur le côté. Je suis perdu. Il est toujours là, debout, au pied de mon lit. Je recule et je tombe à côté du lit. Ma tête et ma jambe blessée heurtent le sol. Je suis sonné.
Luna est agenouillée à mes côtés. J'entends d'autres voix. Tout s'embrouille dans ma tête. Je n'y comprends rien. Quelqu'un s'en va. Je ne comprends pas pourquoi. L'autre est toujours là. Il me regarde et s'efface lorsque mon père le traverse pour me rejoindre. Je soupire. Je tremble encore.
Sev' s'agenouille à mes côtés. Il prend mes mains, je le vois, mais je ne les sens pas. Il me prend la tête, murmure quelque chose aux autres et plonge ses yeux dans les miens. Sans que je puisse l'arrêter, il voit ce que je viens de revivre en cauchemars.
– Accio potion calmante…
Sev' me redresse et je sens une fiole pressée contre mes lèvres. J'ouvre difficilement ma bouche et déglutis avec difficulté. La potion agit immédiatement et mon corps se fait mou contre celui de Sev'. Il me soulève et m'entraine plus loin. Je n'ai pas la force de me débattre et la potion est trop forte pour que j'arrive à paniquer.
–Retournez vous coucher, je m'en occupe…
Sev' me porte, poursuit son chemin et je reconnais le tableau qui sépare la salle commune de ses appartements. Il grimpe les marches et me dépose dans mon lit dans ma chambre. Je soupire. Il allume rapidement les veilleuses et je me sens aussitôt rassuré.
Je reprends peu à peu contact avec la réalité et me redresse dans mon lit. Je grogne. Putain, ma cheville…
– Attends, je vais regarder, ne bouge pas.
Il jette un sort et remet soigneusement mon attelle qui s'était desserrée suite au choc avant de m'administrer une potion contre la douleur.
– Ça va aller, je m'occupe de toi…
Sa main passe dans mes cheveux. Elle tremble. Il est inquiet, je le vois au fond de ses yeux. Les images parlent plus que les pauvres mots que j'ai pu lui confier à propos de mon passé à l'orphelinat. Il a vu les blessures, Phil' lui a parlé de mes fractures et certainement de mon passif avec les adultes mais le voir presque en direct', c'est autre chose j'imagine.
Je finis par fermer les yeux mais je n'ose pas me rendormir. Je ne veux pas revivre ça. Mon accident n'a pu que me rappeler quelque chose que j'aurais préféré oublier. Je pensais que ça irait, que j'avais surmonté la crise mais c'était loin d'être le cas et j'aurais dû m'en douter.
Je finis par me calmer et j'essaie de parler mais une fois de plus, le son ne revient pas, comme si j'étais revenu des années en arrière.
– Ally? Peux-tu aller chercher Poppy? Nous avons besoin d'elle ici…
L'elfe convoquée acquiesce et disparait rapidement pour revenir avec l'infirmière, à peine quelques minutes plus tard.
– Severus?
– Une crise.
L'infirmière lève sa baguette et je ne peux m'empêcher de me recroqueviller sur moi-même au souvenir de la batte avec lequel il me tabassait.
– Tout va bien se passer, Evan… Poppy veut juste voir ce que tu as. Tu connais le sort de diagnostic, non?
J'acquiesce mollement et laisse l'infirmière analyser ce qui ne va pas. Sans surprise, c'est l'état de choc qui est diagnostiqué. Rien d'étonnant à ça. Sev' fait l'inventaire des potions que j'ai prises et l'infirmière décide d'y ajouter un autre truc.
– Ça va vous faire somnoler, Mr Snape. Vous allez vous reposer quelques heures et nous allons vous mettre en observation à l'…
– Poppy…
L'infirmière roule des yeux mais Sev' sait très bien que je ne supporte pas l'infirmerie et que j'y risque de faire une autre crise, peut-être plus violente encore.
– Bon, d'accord, il peut rester ici mais je veux un rapport tous les jours et je veux être avertie de toute évolution!
Sev' acquiesce et je prends la potion. Je suis complètement shooté et pourtant, je trouve encore le moyen de lutter contre elle jusqu'à ce que Sev' reprenne sa caresse dans mes cheveux.
L'espace d'un instant, j'ai l'impression d'être revenu le soir où j'ai subi ma dernière agression. Le soir où, pour la première fois depuis la mort de ma mère, quelqu'un m'avait tendu la main. Je referme alors les yeux et plonge alors dans un sommeil sans rêve.
Lorsque j'ouvre les yeux encore une fois, les lumières sont toujours allumées et Sev' n'est plus à mon chevet. Je me redresse douloureusement sur les coudes pour le découvrir assis à mon bureau en train de corriger des copies. Il l'a mis dans l'autre sens afin de pouvoir travailler tout en continuant de garder un œil sur moi.
– Tu es réveillé.
J'acquiesce mollement, encore un peu dans les vapes. Je sais pas ce qu'elle m'a donné mais c'est plus fort qu'une potion de sommeil sans rêve. En tout cas, j'ai bien dormi et c'est déjà ça. Je me sens reposé et apte à me lever même si je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est.
– Si tu te sens bien, ça te dirait de manger un peu? J'ai fait préparer des toast légers pour toi au cas où.
Mon estomac gargouille. Il a bien fait. Même si je ne suis pas en état de manger quelque chose de riche, les toast passeront et je me sentirai probablement mieux avec quelque chose dans le ventre.
j'acquiesce donc une nouvelle fois et Sev' approche un plateau garni.
Je ne veux cependant pas manger au lit car ça me rappelle trop les hôpitaux. Je me lève donc en grimaçant sous le regard inquiet de mon père.
– Evan? Ta cheville?
–N…N…
Putain! Pourquoi j'y arrive pas! Frustré, je soupire longuement mais le son refuse une nouvelle fois de sortir de ma bouche. Je serre les poings. Non, je n'ai pas mal à ma cheville, c'est juste mon corps qui est crispé. Facile à dire, allez, dis-le!
– Non?
J'acquiesce. Merci Sev'. J'ai pas l'énergie pour parler aujourd'hui. Il croise mon regard mais il ne cherche pas à lire dans mes pensées comme il l'aurait fait. J'imagine que ce qu'il a vu dans ma tête la nuit dernière doit lui rester en mémoire.
D'un pas maladroit, je me lève et attrape mes béquilles restées à côté de mon lit pour marcher. Sev' me suit, inquiet, jusqu'à ce qu'il comprenne que je dois pisser. Il me laisse faire et je me tiens difficilement debout sans béquille pour me vider tranquillement. Soulagé, je range mon matos et me lave les mains avant de reprendre mes béquilles.
Comme je m'y attendais, Sev' est derrière la porte. Il est passé en mère poule level 2 je pense. Je le regarde avant de fixer les escaliers. J'y arriverai pas. Si je tente de descendre, je vais me casser la gueule et je crois que je n'ai pas besoin de ça en plus. Comme il tient toujours mon plateau, je le lui désigne et pointe l'étage inférieur.
– Tu veux manger en bas?
Super, je savais que j'étais bon en mimes. J'acquiesce et Sev' me lance le sort une nouvelle fois pour me faire asseoir sur une des chaises de la salle à manger. C'est un peu inconfortable pour moi qui suis tout crispé mais j'ai eu ce que je voulais, je ne vais pas m'en plaindre.
Sev' dépose le plateau devant moi et j'attrape un toast finement beurré avec de la confiture dessus pour le porter à mes lèvres. C'est léger et légèrement sucré. Pas trop lourd à digérer mais quand même bon. J'apprécie l'effort et en mange un deuxième, ce qui fait sourire l'elfe qui vaque à ses occupations.
– En dessert, nous avons fait un peu de pudding au chocolat pour monsieur Snape, est-ce que cela vous ira?
J'aurais bien aimé lui dire de m'appeler Evan mais comme je n'arrive pas à produire de son aujourd'hui, je me contente de hocher la tête et d'attraper le petit pot de pudding qui pop sur la table.
Ça aussi c'est bon. Et puis, c'est du chocolat et inconsciemment peut-être, ça me réconforte un peu. Je profite d'avoir l'horloge en face de moi pour m'apercevoir que j'ai pioncé toute la nuit mais aussi une grosse partie de la matinée et qu'il est presque midi. Oups, j'ai mangé en décalé. Tant pis. C'est pas grave. Je n'ai plus assez faim pour manger le repas suivant et, même si je ne supporte pas le gaspillage, manger davantage me rendrait malade. Ce serait contre productif.
– Ne t'inquiète pas pour le repas du midi, les elfes ont préparé un plat spécial pour toi. Il est sous charme de stase donc tu peux le manger quand tu veux. Je sais que tu n'aimes pas le gaspillage.
Je hausse un sourcil. Je lui ai déjà dit ou il l'a remarqué? Aucune idée. Mes pensées sont assez confuses et j'avoue être un peu perdu. Je termine mon pudding lorsque des coups se font entendre contre la porte d'entrée. Sev' soupire profondément et me laisse quelques secondes pour aller ouvrir la porte.
De là où je suis, j'entends les voix de la bande et je peine à saisir leurs mots tellement ils partent dans tous les sens. Quelques questions fusent mais aucun ne laisse à Sev' le loisir d'y répondre avant de poser d'autres questions. Je remarque alors que j'entends les voix de tout le monde sauf de ma blonde. Ils l'ont laissée seule?
Grognant, j'attrape mes béquilles pour me lever et me dirige à mon tour vers la porte d'entrée.
– Evan!
Sev' se tourne vers moi mais je ne quitte pas la bande des yeux jusqu'à croiser le regard que je cherchais. Luna. Elle est là. Ses grands yeux sont inquiets et je peux voir sa lèvre trembler. Elle est inquiète et je pense qu'elle se contient de toutes ses forces pour ne pas craquer.
Maladroitement, j'appose mes béquilles contre le mur et ouvre les bras. Mécaniquement, elle marche vers moi avant de se plaquer un peu brusquement contre mon torse. Ses bras me resserrent davantage contre elle et, même si je grimace un peu, je ne l'arrête pas. J'imagine qu'elle a dû passer sa nuit et sa matinée à s'inquiéter pour moi.
Je veux ouvrir la bouche pour lui dire que tout va bien mais rien ne vient. Tout ne va pas bien, évidemment, puisque je suis revenu à la case départ mais au moins, je ne suis pas tout seul. Mes mains glissent sur son visage et je vais l'embrasser tout en douceur. Putain, ça fait grave du bien.
Blaise siffle dans notre dos mais j'en ai rien à foutre. J'embrasse ma blonde comme si je voulais revenir en arrière quand j'étais encore capable de parler pour la rassurer, quand je n'étais pas blessé. Ma cheville se rappelle à moi et je réalise qu'inconsciemment, j'ai reposé mon pied blessé au sol.
Je ne m'en soucie pas. Luna est dans mes bras et pleure en me serrant de toutes ses forces alors même si je douille un peu, je ne moufte pas, je veux lui montrer que je suis là, que la crise est passée, du moins, pour le moment. Je ne sais pas encore comment se passeront les autres nuits mais les séances de méditation que j'ai suivies avec Sev' pendant les vacances n'ont pas suffi. Il faut que je m'entraine davantage et que je pense à faire le vide avant de m'endormir et espérer que ça marche.
Cette nuit-là, je ne l'ai pas fait. J'étais trop nerveux pour y arriver, même si Luna était à mes côtés. Peut-être que c'est ça qui a causé mes cauchemars et par extension, ma crise. J'imagine que ça a dû être spectaculaire. J'en ai déjà eu à l'orphelinat mais je m'en souviens rarement. Ici, j'ai des flash. Sev' lit dans ma tête, il me porte et puis c'est un peu le trou noir.
Est-ce que j'ai crié? Je n'en sais rien. Je déteste cette part de ma vie où c'est comme si un pan entier de ma mémoire avait foutu le camp.
Luna s'arrête peu à peu de pleurer contre mon épaule mais ne desserre pas son étreinte sur moi. Je l'embrasse encore. Les autres ne disent rien. Je regarde derrière Luna pour voir Milli bâillonner Blaise comme elle peut, Théo et Daph' se tiennent la main et Draco observe comme toujours silencieusement dans son coin.
Je soupire. Luna revient à la réalité et se sépare de moi. Dommage. J'appréciais le contact. Ça me réchauffait un peu. Ça caille pas mal ici en fait… Elle glisse sa main sur ma joue et je me penche volontiers vers elle, front contre front. Elle rompt une nouvelle fois le contact et sa main passe de ma joue à mon front.
– Tu es chaud…
Sev' rapplique au pas de course et me lance un sort de diagnostic.
– Température à 39,2°C. Retourne t'allonger dans le canapé, Evan…
Je me retiens de rouler des yeux. Ouais, ouais… Ça explique pourquoi je caille en fait mais j'ai toujours fait de la température après mes crises. J'avais juste oublié ce que ça faisait, j'imagine. Luna est encore inquiète. Elle fronce les sourcils alors que Sev' me donne une potion et je l'invite à venir s'asseoir près de moi.
Sagement, elle s'assied au bord du canapé et je glisse ma main dans la sienne. Je n'ai toujours pas dit un mot mais je sais que faire une fixation là-dessus ne m'aidera pas à me débloquer. Il faudra du temps. Peut-être pas aussi longtemps que la première fois, enfin, j'espère. Ça m'ennuierait beaucoup si je ne pouvais plus communiquer avec Luna. Bon, on a toujours les téléphones mais c'est pas assez.
Après un court instant, Draco finit par s'avancer.
– Tu nous as fait peur, Evan…
J'acquiesce. Ouais, j'imagine. Désolé pour ça.
– Enfin… On est venu voir comment tu allais… On va te laisser te reposer. T'inquiète pas pour Luna et pour les cours, d'accord? On gère!
J'acquiesce. Ouais, merci. Théo s'avance à mon tour et je remarque mon chat qui le suit de près et un sac. Onyx s'avance et prend possession de mes genoux pour obtenir quelques gratouilles que je lui accorde volontiers. Lui aussi n'a pas dû comprendre ce qui s'est passé mais ses ronrons ne trompent personne. Il va bien.
– Je t'ai ramené tes affaires… Ton téléphone, ton casque, quelques livres… Si tu en veux d'autres, note les titres, j'irai te les chercher…
Ils sont vraiment aux petits soins pour moi. Est-ce que ma crise a été si terrible que ça? Je fronce les sourcils. Je ne me souviens vraiment de pas grand-chose et ça rend le tout compliqué. Finalement, ils repartent tous à l'exception de ma blonde qui ne m'a toujours pas lâché.
– Miss Lovegood? Evan doit se reposer au maximum, je compte sur vous… Evan? Tu veux retourner dans ta chambre?
J'acquiesce. Je sais que Luna se sentira plus à l'aise en haut qu'ici, avec Sev' dans les alentours. Je me fais donc léviter une nouvelle fois et Sev' remonte le sac que Théo a déposé dans l'entrée. C'est bien. Si je dois rester ici, au moins, j'aurai de quoi m'occuper et me changer les idées.
J'atterris finalement dans mon lit où je me redresse presque immédiatement. Sev' m'adresse un ultime regard qui signifie "repos" et nous laisse tranquilles. Luna reste debout mais je l'invite à venir s'asseoir près de moi et je l'embrasse à nouveau tout en douceur. Nos mains se lient à nouveau et je bascule sur l'oreiller en l'entrainant avec moi.
Elle m'embrasse à nouveau avant de se reculer.
– Sois raisonnable, Evan, le professeur Snape t'a demandé de te reposer…
Je nie vigoureusement de la tête. Elle se mord la lèvre. Elle fait toujours ça quand elle est nerveuse ou quand elle ne sait pas quoi faire. Je ne la connais que trop bien et j'imagine très bien à quoi elle doit penser en ce moment.
– Est-ce que…par hasard… tu ne sais plus parler?
Je baisse la tête. Je ne sais pas trop comment lui dire ça mais oui. Elle n'est pas idiote et a très bien compris ce que mon attitude signifiait. J'attrape finalement mon téléphone dans le sac laissé sur ma table de nuit et je lui écris un message.
Ça reviendra… t'inquiète pas…
Elle lit le message et ses yeux rencontrent aussitôt les miens. J'essaie de lui faire comprendre que je ne suis pas inquiet mais j'ai quand même une petite part d'incertitude et elle le devine très bien. Elle finit par accepter ma réponse en hochant la tête et choisit de ne pas aborder les sujets qui fâchent. Je sais qu'elle doit avoir une multitude de questions mais je ne peux pas y répondre. Pas pour l'instant.
Je la rassure comme je peux même si ce n'est pas évident. Je la garde contre moi et je continue de l'embrasser. Je ne sais pas vraiment pourquoi je fais ça. Pour la rassurer elle ou pour me rassurer moi? Je suis complètement paumé.
Luna passe un peu de temps avec moi. J'essaie de me montrer présent mais je plonge souvent dans mes pensées. J'essaie de faire comme Greg' m'avait expliqué avant, pour calmer mes crises de panique. Je pense à des moments heureux où je suis avec ma mère, où je suis avec Luna, en train de l'embrasser, notre rencard de Saint Valentin, ses sourires, nos moments complices et tout le reste.
Je suis couché dans mon lit et je ne fais rien. J'imagine qu'elle doit s'ennuyer même si je sais qu'elle aime être avec moi. J'ouvre la bouche pour parler mais je ne parviens qu'à émettre un son étranglé.
Luna croise aussitôt mon regard et ses yeux ne quittent pas les miens. Ma voix n'est qu'un murmure et je peine à sortir un mot.
– Ç…Ç… a v…a?
L'effort me laisse frustré. Putain, je ne croyais pas que reparler soit aussi difficile. Au moins j'ai réussi à émettre un son, même si j'ai galéré et je vois les épaules de Luna se baisser en même temps que la tension la quitte. Elle est rassurée d'entendre le son de ma voix et ça marche plus que tous les baisers que j'ai pu lui offrir.
– Ça va… Je suis inquiète pour toi…
J'ai toujours du mal mais je veux me forcer. Pour elle.
– T'…en f…ais pas…
Je l'embrasse une nouvelle fois sur la bouche mais la fatigue s'empare de moi. Je suis complètement crevé. Je dormirais bien mais je veux pas la laisser alors je m'obstine à garder les yeux ouverts. Elle ne tarde d'ailleurs pas à s'en apercevoir.
– Dors…
–N…non…
Elle lève les yeux au ciel.
– Evan! Le professeur Snape a dit que tu devais te reposer!
–P…pas t'lai…sser toute s…seule…
Elle soupire.
– Je reste jusqu'à ce que tu dormes, d'accord? Après j'irai rejoindre les autres dans la salle commune en passant par le tableau!
Vaincu, je retombe mollement dans mon lit. Sa main retourne dans mes cheveux et la caresse tendre achève de m'assoupir. Je ferme les yeux et je finis par m'endormir en me concentrant sur sa main.
Lorsque j'ouvre les yeux, Luna n'est plus là. Elle est partie. Un œil à l'horloge m'indique que j'ai seulement dormi deux petites heures mais je me sens déjà mieux. La potion agit sur du long terme et j'étais trop sous son contrôle pour faire des cauchemars. Tant mieux. Je n'aurais pas aimé subir une deuxième crise.
Lorsque j'étais à l'orphelinat avec Greg' et Phil', je passais souvent de longues nuits à faire des crises jusqu'à ce je reprenne le contrôle de moi-même, parfois au bout de quelques jours, parfois au bout de quelques semaines. Lorsque ça durait trop longtemps, j'étais tellement affaibli que Greg' devait souvent me garder à l'infirmerie en observation.
Après quelques minutes, je me relève et me frotte les yeux avant de voir que j'ai un message. Je souris déjà car je sais qu'il n'y a qu'une personne qui peut m'envoyer un sms. J'ouvre ma boite de réception pour le lire.
Je repasse te voir ce soir
Repose-toi bien
L.
Idiote. Je t'ai déjà dit qu'il n'y avait que toi pour envoyer des messages et signer! Je lui envoie un pouce en l'air avant de ranger mon portable et d'attraper mes béquilles. Je quitte ma chambre en galérant pas mal jusqu'à l'escalier. J'ai pas envie de rester dans ma chambre, surtout si je suis tout seul. J'aurais trop peur de faire une nouvelle crise. J'ai eu de la chance la première fois qu'il y avait Luna à mes côtés et que mon cauchemar l'a réveillée.
Je me mords la lèvre. Ça va être galère… Mais je ne peux pas appeler Sev'. J'essaie mais une fois de plus, le son ne franchit pas mes lèvres.
J'essaie de faire un pas mais je n'y arrive pas. Je m'assieds donc sur la première marche, les béquilles sur les genoux et je descends sur les fesses. Je suis presque à la moitié des marches lorsque ces maudits appuis de merde dégringolent jusqu'au pied de l'escalier.
Sev' sort aussitôt de son laboratoire et approche de l'escalier. Il trouve mes béquilles avant de croiser mon regard, assis sur une marche à mi-hauteur. Il soupire. J'imagine qu'il est soulagé de me voir en un seul morceau.
– Tout va bien?
J'acquiesce et il me soulève avec sa baguette pour m'asseoir dans le canapé. Sev' me lance un nouveau sort de diagnostic et soupire.
– Ta fièvre est tombée, c'est déjà ça. Tu veux manger quelque chose?
Maintenant qu'il le dit, ouais, j'ai un petit creux. L'air de rien, Luna a passé beaucoup de temps avec moi et cinq heures sont déjà passées depuis mon dernier repas. J'acquiesce et Sev' demande à un elfe d'apporter un plateau de nourriture. J'y retrouve un peu de riz et des blancs de poulet ainsi que deux tranches de cake.
Je mange doucement et le gout du poulet légèrement roussi passe bien et me donne finalement plus d'appétit que je ne le croyais. J'engloutis mes blancs de poulet rapidement avant d'attaquer le dessert.
– Ça fait plaisir de voir que tu as au moins retrouvé l'appétit. Il reste du cake si tu en veux encore tout à l'heure…
J'acquiesce. Ouais, peut-être. Mais pour l'heure, j'ai trop mangé. Je regarde autour de moi pour trouver quelque chose à faire lorsque mon chat saute sur mes genoux pour attirer mon attention. Je lui propose quelques gratouilles avant d'attraper l'un de ses jouets qui traine au bout du canapé.
Onyx joue volontiers avec moi jusqu'à ce qu'on frappe à la porte, à peine une trentaine de minutes plus tard. Je me redresse mais Sev' me fait signe de rester assis et va ouvrir la porte. Je fronce les sourcils. Luna a dit qu'elle ne viendrait pas avant le soir et il est à peine dix-huit heure.
Sev' discute avec son visiteur et je reconnais la voix de l'infirmière. Je me souviens alors qu'elle avait exigé de pouvoir constater mon état et assurer le suivi médical. Mon père la fait entrer et elle entre aussitôt dans le salon.
Elle me regarde, sa trousse de soin à la main et met les poings sur les hanches.
– Ravi de vous voir en meilleur état, Mr Snape.
J'acquiesce et la laisse me jeter d'autres sorts de diagnostic non sans appréhension. Ses sourcils ne se froncent pas. J'imagine que c'est bon signe. Severus lui fait l'inventaire de ce qui s'est passé durant la journée. Ils parlent un peu et je retiens un mouvement d'humeur en les voyant parler de moi comme si je n'étais pas là.
Ça m'énerve. Ça me rappelle trop mon séjour à l'hôpital, lorsque j'avais été admis maigre et totalement dans les vapes. Les médecins parlaient beaucoup et s'agitaient autour de moi en parlant de mon état. Leurs propos allaient dans tous les sens et je n'avais rien compris à leurs mots si ce n'est que j'étais en très mauvais état.
Voir Severus faire un rapport à l'infirmière me rappelle mon passé et je ne peux pas m'empêcher de trembler. Je ne suis pas en si mauvais état, si? Après tout, je marche, je sais me tenir debout et ça va. J'ai même réussi à manger. Je suis pas à moitié mort et obligé d'être nourri par Baxter. Je suis loin de tout ça.
– Evan?
Je reviens à moi et croise les regards inquiets de l'infirmière et de mon père. Je hoche la tête. C'est bon, ça va! Je me relève pour montrer que je tiens parfaitement debout et Sev' fronce les sourcils. Je tiens difficilement sur mes jambes. J'ai mal mais je tiens comme je peux. Je ne veux pas leur montrer que je ne vais pas si bien que ça. Je sais qu'ils peuvent m'aider mais je n'en veux pas. J'ai toujours voulu pouvoir me débrouiller seul. Je me le suis promis quand j'ai repris connaissance à l'hôpital.
J'avais beaucoup pensé à ma mère et je lui avais fait la promesse que je vivrais pour nous deux et que je ferais de mon mieux pour garder la tête haute. C'est une chose sur laquelle je ne reviendrai pas.
– Ç…Ça va.
Je tente de faire un pas mais la douleur grandissante me renverse dans le canapé. Je grimace et porte ma main à ma cheville. Sev' hausse un sourcil avant de jeter un œil à l'horloge.
– Evan, la douleur s'est réveillée?
Je détourne le regard mais ça ne sert à rien de mentir après une preuve aussi accablante alors je cède. Oui et ça fait un mal de chien! Sev' soupire.
– Pourquoi tu ne me l'as pas… oh… pardon, c'est ma faute, j'aurais dû y penser…
Bah ouais, je galère à parler et j'ai déjà du mal à avouer mes douleurs. Si ça ne tenait qu'à moi et si je n'avais pas été découvert, j'aurais continué de garder le silence même si j'en souffrais.
Sev' appelle une potion et me la tend sans hésitation. Je n'en prends qu'une gorgée car je veux garder les idées claires. Je sais que la douleur reviendra plus vite mais ça ne me gène pas. Si je reste allongé, je peux l'endurer.
Je dépose la potion sur la table basse et ignore le regard de mon père. Je n'en fais qu'à ma tête, je sais bien mais j'ai aussi besoin de garder toute ma tête. Je ne veux pas encore voir ces choses. L'infirmière pose à nouveau des questions et Sev' se détourne pour y répondre. Frustré, je shoote dans la table.
– Evan?
–J…s…uis…là
L'infirmière comprend la situation car elle se met à me poser des questions auxquelles je peux facilement répondre par oui ou par non. J'imagine que Sev' lui a déjà dit que mes difficultés à parler étaient revenues au grand galop. Elle fait le tour de mon état: mon repos, ma cheville, mes repas, ma température, mes vertiges et tout le reste. Elle apprend avec joie que je me suis bien reposé et que je n'ai pas fait de nouvelles crises. Elle n'explique pas la première mais Sev' sait et malgré tout ce qu'elle a pu dire sur le sujet, je ne veux pas qu'elle sache.
L'interrogatoire terminé et l'infirmière satisfaite, je reprends mes aises dans le canapé pendant que Sev' la raccompagne à la porte, une heure plus tard. Il me jette un coup d'œil et je lui fais signe que tout va bien.
– Tu veux quelque chose?
Il ne me laisse pas le choix. Je sais que si je ne force pas, je finirai par perdre la parole à nouveau alors je pousse une nouvelle fois sur mon blocage.
– J…e…de…voir?
Sev' soupire.
– Tu dois te reposer, Evan…
– V…vider ma t…tête
Il finit par céder et comprend que j'en ai besoin. Il monte à l'étage et revient rapidement avec quelques livres et mon matériel scolaire. Je remarque aussi qu'il a descendu mon téléphone et mon casque ainsi que quelques romans que je n'ai pas encore lus, faute de temps.
Il m'adresse un œil appuyé et se dirige vers son laboratoire.
– J'ai une potion à terminer, ça ira?
J'acquiesce. Il s'apprête à entrer lorsqu'il se tourne vers moi pour ajouter quelque chose.
– Oh et, Evan? Pas de folies, d'accord? S'il te faut quelque chose, Dipsy reste avec toi…
L'elfe apparait et je soupire profondément. Je croise le regard de Severus mais je sais qu'il ne cèdera pas. Je vais devoir me coltiner une nounou. Mon père donne quelques consignes à l'elfe de maison avant de s'isoler dans son laboratoire.
Heureusement pour moi, Dipsy ne reste pas prostrée à côté de moi et s'atèle à préparer le repas du soir pour Severus. Je prends mon livre et me concentrer sur un dernier devoir en Histoire de la Magie. C'est toujours celui que je fais en dernier parce que c'est barbant. Le livre qu'on a dû acheter pour le cours est aussi ennuyeux que le professeur lui-même.
Plusieurs fois je baille à m'en décrocher la mâchoire mais je tiens bon et, après avoir sélectionné les passages intéressants, je rédige une ébauche de devoir. Je suis en train de résumer les quelques infos que j'ai lorsque l'elfe revient vers moi.
– Vous souperez avec votre père, Mr Snape?
Je me mords la lèvre, hésitant. Je ne sais pas. Je n'ai pas encore faim et je ne sais pas si je serai capable d'avaler quoi que ce soit. L'elfe s'en rend compte car elle reprend plus doucement.
– Un peu de bouillon avec un toast peut-être?
J'acquiesce avant de désigner de la main que je mangerai juste un peu et Dipsy semble se satisfaire de ma réponse. C'est à ce moment que Sev' sort enfin de son laboratoire, un peu plus de deux heures plus tard.
Il semble soulagé de voir que je n'ai pas bougé et constate que j'ai bien avancé dans mes devoirs. Comme il va être bientôt l'heure de manger, je rassemble mes affaires et les dépose sur un coin de la table. J'attrape mes béquilles et galère pour me mettre debout et rejoindre Sev' dans la salle à manger. Ma jambe ne me fait plus mal, la potion a bien agi et je suis soulagé.
Je m'assieds et l'elfe dépose sur la table une assiette garnie de pommes de terre, de légumes divers et de poulet ainsi qu'une assiette plus légère, garnie de charcuterie maigre et de toast ainsi qu'un bol de bouillon.
Sev' arque un sourcil mais je ne dis rien et commence à manger. La chaleur du bouillon me fait du bien. Il a beaucoup de goût et me redonne de l'appétit. Je le bois à mon aise et attrape un toast avec un peu de jambon. Ça passe bien et j'en profite pour en avaler un deuxième. Lorsque j'ai terminé, l'elfe revient avec du pudding en dessert mais je n'ai plus faim. Sev' le met sous charme de stase et je me lève pour débarrasser, histoire de me rendre un peu utile.
– Evan, tu dois…
– Laisse… Ça va…
Je prends les assiettes et me tourne pour les déposer sur le recoin de l'évier en marchant doucement avec mon attelle pour ne pas me faire mal jusqu'à ce que l'elfe revienne et fasse disparaitre le reste de la vaisselle. Je soupire. J'aurais dû me douter que si Sev' me laissait faire, eux ne le feraient pas. Je regagne le canapé lorsque l'on frappe à la porte.
Je jette un œil à l'horloge. Le repas dans la grande salle est terminé depuis longtemps et j'imagine que les autres sont derrière la porte. Sev' va ouvrir et Luna est avec Draco derrière la porte. Il la laisse entrer, me fait signe et repart de son côté. Il tient vraiment bien son rôle, c'est sympa de sa part.
– Bonsoir Professeur…
Mon père salue Luna et la laisse entrer. Elle fait quelques pas et ses yeux tombent dans les miens. Elle sourit timidement et je tends la main vers elle pour l'inviter à venir près de moi.
Luna s'assied sur le coin du canapé et glisse sa main dans la mienne. Je l'embrasse timidement sur la tempe mais la présence de mon père l'intimide. Je me redresse et attrape mes béquilles dans l'intention de remonter dans ma chambre lorsque Sev' m'interpelle.
– Attends Evan! Tu veux monter?
J'acquiesce.
– Pas de folie, d'accord? Demande moi quand tu veux monter ou descendre ou appelle un elfe, d'accord? Un accident m'a suffi!
Luna arque un sourcil alors que mon père me lévite jusqu'en haut et fait apparaitre une cloche.
– Secoue la si tu as besoin de moi, je viendrai le plus vite possible, d'accord?
J'acquiesce et mon père nous laisse tranquilles, prétextant une réunion dans son bureau avec le directeur pour nous laisser tous les deux. Luna attend quelques minutes avant d'aborder le sujet qui fâche.
– Tu es tombé dans l'escalier?
Ses yeux sont remplis d'angoisse et je lui prends la main en niant vigoureusement pour la rassurer.
–Je… des…cends sur les fesses… lâch…é mes bé…quilles…
– Oh!
Elle sourit. Oui, ce n'est certainement pas l'accident qu'elle imaginait. Ses traits se font plus doux et je suis content de ne pas avoir tenté de descendre avec mes béquilles. Je me serais très certainement cassé la gueule et j'en aurais inquiété plus d'un.
Je m'allonge dans mon lit et attire Luna sur moi. Elle est au dessus de moi et mes lèvres vont naturellement à la rencontre des siennes. Mon corps s'arque contre le sien à la recherche d'un maximum de contact. Je me redresse sur les coudes avant d'enlever mon t-shirt.
Les mains de Luna effleurent mes côtes. Je gémis. Ses mains fraiches arrachent des frissons à mon corps et mes mains glissent naturellement de chaque côté de sa taille pour mieux la plaquer contre moi. Nos baisers se font plus intenses. J'y mets brièvement la langue avant de me retirer pour reprendre mon souffle et mes esprits.
Luna ne se détache pourtant pas de mon corps malgré son souffle court. Nos regards se croisent et notre baiser recommence avec autant d'ardeur que la première fois. Son corps contre mon corps à moitié nu s'échauffe. Ses mains quittent mes flancs pour encadrer mon visage alors que notre embrassade s'intensifie à nouveau.
Mes mains glissent sous son haut et je le lui retire après avoir croisé son regard. Elle n'hésite pas et m'aide à le lui enlever. Putain, c'est chaud là! Elle se redresse pour dévoiler un soutien gorge noir en dentelles. Je l'aime bien ce soutif. Il tranche sur sa peau blanche et avec ses cheveux blonds, ce qui ne la rend que plus belle encore.
Nos bouches se séparent à regret pour récupérer un peu d'oxygène. Luna m'embrasse encore et son corps retombe mollement sur le mien et sur ma queue tendue par l'érection.
Je gémis et elle se redresse aussitôt. Je vois des étoiles. Un sentiment de frustration s'empare de moi alors qu'elle quitte mon corps et reprend contenance.
– Par…pardon, j'ai été trop loin…
Elle soupire et se retire directement. Je me redresse rapidement pour lui attraper la main. Son regard croise le mien mais elle ne détourne pas les yeux. C'est déjà un grand pas en avant.
– Tu dois te reposer…
– Pfff… viens là…
Je glisse une main sur sa joue pour aller l'embrasser une nouvelle fois. Elle répond sagement au baiser avant d'attraper son haut pour se rhabiller. Je suis déçu mais je n'en montre rien. Dommage. Je l'aimais bien dans ce soutien gorge, moi…Un mignon petit soutien gorge noir en dentelle. Fin, élégant.
Je me recouche après un dernier baiser, acceptant de mettre fin à ce petit jeu de tension sexuelle entre nous. Je soupire en m'allongeant confortablement contre mes oreillers sans toutefois me rhabiller moi aussi. Luna se glisse dans mon lit et vient s'allonger contre moi, ses cheveux chatouillant la ligne de mes pectoraux. Je tourne la tête pour embrasser ses cheveux alors qu'elle passe chacun de ses doigts frêles sur les lignes de mes tatouages. Je suis bien là.
