Chapitre 27
- Vous n'êtes que des incapables !
- Pardon ?! s'exclama Phinks.
- Ceux qui travaillent sous mes ordres doivent les exécuter ! C'est la règle et ce n'est pas deux abrutis de gardes-du-corps récemment engagés qui vont mettre du désordre dans mon organisation !
- Vous savez quoi ? Démerdez-vous maintenant, cracha le plus petit. On a fait le travail, payez-nous et on se casse.
- Toi… !
Il désigna Feitan. Il ravala ses mots et réussit étonnamment à devenir plus calme. Il baissa son ton mais ses mots restèrent aiguisés comme des lames.
- J'ai envoyé vos photos à mes collègues pour savoir s'ils vous connaissaient et il se trouve que j'ai reçu des résultats te concernant.
Là, Feitan porta de l'intérêt. Il n'était censé être dans aucun fichier, aucune liste. Comment cela était-il possible ? Amaldi vit son incompréhension et sourit.
- Il m'ont renvoyé leurs photos. J'ai failli ne pas te reconnaître, tu étais si jeune dans leur dossier.
Feitan écarquilla les yeux.
C'était tout simplement impossible.
- Feitan.
Phinks savait très bien où cela allait mener.
- Ils m'ont dit qu'ils te regrettaient de ne plus te voir. Je leur ai donc promis de t'envoyer chez eux. Je les ai personnellement invité.
- Feitan !
Il pâlissait de plus en plus. Non… non, il n'y retournerait pas…
Phinks n'aimait pas la situation. Ces gens dont parlait Amaldi avaient fait vivre un calvaire à Feitan lorsqu'il était petit. Le pauvre en avait gardé de sévères séquelles. Il pouvait tout brûler à n'importe quel moment. Il avait une attaque qui s'activait lorsqu'il était en proie à ce traumatisme en particulier. Normalement, cette attaque n'aurait dû se déclencher que dans le cas où il aurait croisé ses tortionnaires de nouveau. Quelle était la probabilité pour que Amaldi ait des contacts avec eux ? Ce dernier continuait de provoquer Feitan. Seulement, à la différence de Phinks, il ne savait pas ce dont Feitan était capable et quels étaient ses pouvoirs.
Il reporta son attention sur Feitan. Il arrivait presque à voir ce qu'il pensait rien qu'à son regard.
De l'aura commença à émaner de son corps. Mince. Il fallait agir maintenant.
- Comme ils vont être ravis…
- Ça suffit !
Tout le monde se tourna vers Phinks.
- Laissez-le.
Il prit le bras de Feitan et sortit de la salle avec lui. Amaldi les regarda partir avec un sourire en coin.
- Ils savent où tu es désormais. Ils peuvent venir à tout moment ! dit-il avant que les deux hommes aient franchi les portes de la salle.
Phinks l'amena dans un coin plus discret, loin de l'ambiance devenue oppressante de la réception.
- Fei… hey Fei.
Le pauvre avait le regard perdu.
- Tout va bien, Feitan.
- Non… non… tout va mal… ils vont me retrouver, Phinks…
- Non, ils ne vont pas te retrouver.
- Je-… je ne veux pas… revivre ça…
Sa voix se brisa. Il avait l'air vraiment effrayé. Phinks se mit à sa hauteur et le prit dans ses bras.
1. - Si ça se trouve… ils-… ils sont déjà là, murmura-t-il. (Chap. 10)
2. Feitan se cramponna à sa veste en retour. (Chap. 55)
