CHAPITRE 51 : UN PLAN PARFAIT


~ Prison d'Impel Down, niveau 2, cellule du détenu n°35148 – 21h35 ~

Au deuxième niveau, les prisonniers n'avaient encore jamais vu un tel système de sécurité pour un détenu du niveau 2. Les gardiens se relayent toutes les trois heures suite au passage du directeur Magellan pour veiller à l'application de ses ordres. Depuis cet instant, tous les regards des détenus se dirigent naturellement vers l'étrange personnage au sein de cette cellule. Des murmures remplissent les cages et cellules aux alentours qui sont immédiatement réprimandés par les gardiens qui viennent frapper ceux et celles se trouvant à leur portée. Des hurlements se font entendre dans tous le niveau et la cohue la plus totale. Les gardiens ne se laissent pas impressionner et continuent leur garde, frappant à tour de bras les détenus trop bruyants et agressifs. Ils s'éloignent peu à peu de la cellule du détenu n°35148, à son grand bonheur, qui souffle enfin et relève les yeux tandis que son serviteur du mal réapparait devant lui.

- Tu as fait ce que je t'ai demandé ? chuchote Jeremy.

- Tout est fait, monsieur, fait Arioch en s'inclinant. J'ai écrit la lettre comme vous me l'aviez ordonné et j'ai réalisé l'échange.

- Parfait, parfait Arioch… Maintenant, passons à la phase finale de notre plan dès la première heure demain.

- Vous êtes sûr que cela va fonctionner ? s'enquit Arioch d'une voix posée. C'est le Haut Conseil des Anges qui vous a condamné à perpétuité dans cette prison.

- Et où vois-tu ces putains d'anges ? ricane Jeremy avec froideur. Nulle part ! Même les dirigeants et la petite vermine qui nous surveillent sont de notre espèce… Des monstres qui aiment le sang, de la torture et la mort ! Ils ne sont pas plus purs que toi et moi ! Ils pensent que j'vais crever ici, mais ça, jamais…. Et tu m'aides dans cette tâche ! Après tout, je ne t'ai jamais dit que j'allais me laisser crever aussi facilement. Même si c'est ce que tu veux, n'est-ce pas Arioch ?

- Absolument pas, maître, réplique-t-il avec un sourire féroce. Mon but est de vous aider à réaliser votre vœu. Votre âme est mienne à partir de la seconde où vous avez apposé votre signature sur mon contrat.

- Alors, si tu la veux quand je vais crever, continue de bosser avec moi ! tique Jeremy. Maintenant, disparais, j'entends les gardes qui reviennent.

Arioch disparait dans la seconde, et Jeremy fait mine d'être endormi au moment où les gardiens s'arrêtent devant sa cellule et lui jettent le pain sur le sol noirci par les champignons et place une gamelle d'eau sur le sol.

- Bon appétit surtout ! Hahaha !

Les deux gardiens ricanent de concert avant de continuer leur tournée pour nourrir les autres détenus qui se réveillent progressivement. Jeremy relève les yeux et observe le morceau de pain rassis à ses pieds. Cela fait plusieurs jours que les gardiens avaient réduit la quantité de nourriture pour les détenus de son niveau. Et voilà qu'il se retrouve avoir un petit morceau de pain à quelques mètres de lui sans qu'il puisse l'attraper pour le dévorer en trois bouchées. Son ventre lui fait atrocement mal et sa gorge le brûle comme si on y versait des fourmis rouges qui le piquaient de l'intérieur, se régalant de son sang et de ses chairs. Jeremy tente à nouveau de bouger ses membres, faisant tinter les chaînes et es lourds médaillons qui le retiennent au mur. Il entend alors une autre voix venant d'une cellule voisine :

- Hey détenu n°35148 ! Toujours vivant dans ta piaule pourrie ?! beugle-t-il.

- …

- J'ai entendu tes chaînes bouger il y a un instant merdeux ! T'as intérêt à me répondre sinon … !

- Sinon quoi, Tomy le destructeur ? Tu vas venir me broyer les os comme tu l'as fait à ces pauvres femmes qui t'avaient rejeté ? Tu vas détruire la prison et tuer les gardiens en mangeant leur cœur comme ces clochards ?

- …. Comment tu sais tout ça, petit con ? grogne Tomy. T'es un p'tit bleu ici… On va t'saigner à la prochaine balade !

Jeremy reste silencieux face à la dernière phrase de son voisin de cellule. A la prochaine balade ? Face à sa non-réaction, Tomy le destructeur part dans un fou rire dément, suivi rapidement des autres détenus dans tous le niveau 2. Ce comportement très anormal alerte immédiatement les gardiens qui accourent en masse dans le niveau pour frapper sur les détenus à leur portée. Mais malgré les coups de matraques et les gémissements des prisonniers, les rires continuent d'augmenter en intensité pendant plus d'une dizaine de minutes avant que la situation ne se calme. Le sous-directeur Hannyabal qui passait par là rétablit le calme dans le niveau et regarde froidement Tomy le destructeur, qui a un sourire de dément jusqu'aux oreilles.

- A en voir ton sourire, c'est toi qui a causé tout ça ! s'agace Hannybal.

- Hahaha… En effet, tête de babouin… ! Je me moquais allégrement de l'ignorance de l'autre crétin que vous m'avez foutu comme voisin de cellule ! Où est-ce que vous nous avez trouvé cette pette canaille ? ricane-t-il.

Hannybal tourne la tête pour regarder le numéro des cellules, et fait immédiatement le rapprochement. Il fixe Tomy le destructeur toujours fier de lui et il lui assène un violent coup dans la tête à l'aide son trident. Le détenu surpris de l'attaque n'esquive pas et il est envoyé au fond de sa cellule, calmant aussitôt les détenus autour.

- Cette « petite canaille » n'est rien d'autre que le criminel qui a pénétré le Quartier Général de la Marine dans le but de kidnapper et de tuer la fille unique de l'amiral en chef Sengoku, dont il s'était épris d'amour ! Malheureusement pour lui, il semblerait qu'il ait trouvé plus fort que lui là-bas, le raille Hannyabal. La seule fierté que tu peux avoir, c'est d'avoir mis les pieds dans le lieu le plus sécurisé au monde et en être sorti vivant ! Les criminels de ton genre qui y vont, ne reviennent jamais et y vont pour une seule chose : leur exécution !

- ….

Des murmures émergent de partout à la suite des paroles du sous-directeur, tous sous le choc. Tomy se rapproche à nouveau des barrières et fixe Hannyabal, avec animosité.

- S'il est si dangereux, qu'est-ce qu'il fout au niveau 2 ?!

- Ordre de l'amiral en chef Sengoku qui n'a pas jugé nécessaire de le faire transférer plus bas… Et puis, je compte sur vous tous pour nous en débarrasser, fait Hannyabal avec son sourire macabre. Lors de votre prochaine balade… !

- C'est quand … ?! hurlent plusieurs détenus, déjà surexcités avant d'être calmés par des gardes.

- A la prochaine pleine lune, répond Hannybal en tournant les talons vers l'ascenseur. C'est-à-dire dans deux jours exactement. Bonne chance à tous et que le meilleur gagne !

Dans sa cellule, Jeremy comprend rapidement l'enthousiasme des autres détenus pour cette balade… ! Malgré le terme, la balade n'est pas une promenade de santé comme les autres…

- Tu as compris maintenant, ce qu'est la balade, le mioche ? ricane Tomy. La balade est le terme qu'on utilise à Impel Down pour le jour où les gardes s'enferment dans leurs bureaux et nous libèrent de nos cages pour qu'on purge les plus faibles dans ton genre ! C'est moi qui te tuerais !

C'en est trop pour Jeremy qui sait que son temps ici est compté désormais. Il tire de toutes ses forces sur les chaînes et hurle à s'en casser les voix.

- JE SUIS INNOCENT DES FAITS QUI ME SONT REPROCHÉS ! ILS SE SONT SERVIS DE MOI COMME UN BOUC EMISSAIRE ET JE SUIS VICTIME D'UN COMPLOT !

Hannyabal roule des yeux tandis qu'il appuie sur l'interrupteur pour faire venir l'ascenseur au niveau 2 pour retourner dans son bureau bien tranquille.

- Ils disent tous ça, que c'est prévisible !

- VERIFIEZ MON DOSSIER ! continue de beugler Jeremy. JE DEVAIS EPOUSER LA FILLE UNIQUE DE L'AMIRAL EN CHEF EN PERSONNE MAIS ON M'A ACCUSE SANS PREUVE QUE J'ETAIS UN TUEUR EN SERIE ! VOUS N'AVEZ AUCUNE PREUVE CONTRE MOI !

- Je vérifierai par moi-même ton dossier pour venir te fermer le claquet ! rétorque Hannyabal, tandis qu'il entre dans l'ascenseur. Maintenant, faîtes-le taire gardes !

Jeremy n'attendait rien d'autre que cette réponse et il cesse aussitôt son vacarme, laissant seulement les détenus autour, brailler comme des animaux. Les gardes ne s'occupent pas de lui, et frappent à nouveau tous les détenus qui les évitent farouchement. Certains très arrogants s'écartent au dernier moment et crachent à la figure des gardiens qui font alors signe aux monstres d'entrer en scène. Jeremy frisonne de dégoût lorsqu'il aperçoit les monstrueuses bêtes passer devant lui : certaines sont des mélanges entre des animaux, des insectes, animaux mythiques et une vague forme d'humain pour les visages. Il se fige quand l'une des bêtes en forme de Sphinx s'arrête devant sa cellule pour le fixer sans émotion.

- Qu'est-ce que….

- Voici le maître du niveau 2 Celui qui te dévorera probablement avant que je puisse mettre la main sur toi, ricane Tomy.

Devant ses yeux ébahis se tient une immense chimère violette, avec un corps de lion et le visage bouffi d'un homme. Il ouvre la gueule et une odeur épouvantable lui est soufflé au visage.

- Nouilles….. Nouilles au soja ! Nouilles !

A la simple entente de ces délicieux plats, le ventre de Jeremy grogne de plus belle, et il lorgne à nouveau le morceau de pain à ses pieds. Fort heureusement pour lui, la chimère et les autres monstres s'éloignent pour retourner faire leur garde près de la porte.

- Bienvenu dans L'Enfer des Bêtes Démoniaques mon garçon ! éclatent de rire les détenus autour de lui.


~ Prison d'Impel Down, bureau du directeur – 22h55 ~

Le sous-directeur Hannyabal se parade joyeusement dans le bureau de son supérieur, s'imaginant à sa place. Ce dernier le tuerait s'il le voyait agir ainsi…. Mais il est parti dans ses appartements il y a bientôt plusieurs heures et il n'est pas près de se réveiller ! Et il doit veiller cette nuit pour superviser l'équipe de nuit. Il vient s'asseoir derrière le vaste bureau du directeur Magellan et observe curieusement les nombreux dossiers devant lui. Sa curiosité a pris le dessus. Il meurt d'envie de découvrir les affaires que gèrent Magellan dans son bureau, pour pouvoir prendre sa place aussi vite que possible ! Cela fait des années qu'il en rêve ! Lui directeur, et ce petit poison sur pattes, son misérable larbin qui le survirait partout sans rechigner !

Alors qu'il commence à farfouiller les dossiers sous son nez, l'un d'entre eux attire son attention : le dossier du détenu n°35148. D'un coup d'œil aux écrans de surveillance autour du bureau, Hannybal se frotte les mains et prend précautionneusement le dossier qu'il ouvre pour découvrir les éléments contre ce détenu….

- Qu'est-ce que….. ! LE DOSSIER EST VIDE !


Et voilà. je n'ai plus de chapitre d'avance. Faut que je me grouille !

Des review's ? :)

Chesca-Shan