Chapitre 45 – Bataille de Poudlard (Partie 1)

-Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous ai convoqués à cette heure tardive, dit Rogue de sa voix traînante face à tous les élèves rassemblés devant lui. J'ai eu connaissance que plus tôt dans la soirée, Harry Potter a été vu à Pré-au-Lard.

Des murmures parcoururent immédiatement les rangs des quatre maisons. Blaise et Laureen échangèrent un regard où se lisait à la fois la peur et la détermination. Harry était ici. Le moment de régler les comptes était donc arrivé, et le prix à payer allait être très élevé sans doute.

-Alors, reprit Rogue, ramenant le silence. Quiconque, élève ou professeur, s'avise de venir en aide à monsieur Potter se verra infligé une punition à la mesure de la gravité de sa transgression. D'autre part, toute personne ayant connaissance des faits en question qui ne viendrait pas m'en informer maintenant, se verrait punie avec une égale sévérité. Donc, si quelqu'un dans cette salle sait quoi que ce soit des agissements de monsieur Potter au cours de la soirée, j'invite cette personne à m'en informer maintenant.

Il se tenait à présent au centre de la salle, au milieu des élèves alors qu'il les toisait avec un mépris affiché. Laureen avait refermé sa main sur sa baguette discrètement, la fébrilité faisant trembler ses doigts. Soudain un bruit d'étonnement général lui fit tourner la tête. Harry était là, sortant des rangs de Gryffondor, défiant Rogue à la vue de tous.

-Il semble que malgré toutes vos belles stratégies défensives, il y ait un problème de sécurité monsieur le directeur, lança Harry avec aplomb.

A ce moment les portes de la Grande Salle s'ouvrirent en grand et l'Ordre du Phénix dans sa quasi intégralité entra, baguettes en main et tous prêts à se battre.

-Et je crains qu'il ne soit de taille, ajouta Harry. Comment osez-vous vous tenir où il se tenait ? Dites-leur comment ça s'est passé ce soir-là ! Comment vous l'avez regardé dans les yeux, cet homme qui vous faisait confiance, et l'avez tué ! Dites-leur !

Rogue sortit brusquement sa baguette, et Harry sortit la sienne en réponse mais McGonagall se plaça devant son élève, prête à un duel contre son collègue. Ils se défièrent du regard un instant, soudain McGonagall attaqua Rogue d'un sortilège non-verbal et le duel commença, envoyant des étincelles dans tous les sens. Aussitôt Laureen s'attaqua aux deux Carrow derrière Rogue, les accablant de tous les sorts auxquels elle pouvait penser, achetant du temps à son ancienne professeure. Finalement les Carrow s'écroulèrent sur le sol à cause d'un sort de McGonagall qui avait ricoché, et Rogue prit la fuite.

-Lâche ! hurla la professeure de transfiguration.

Dès que la voie fut libre Laureen s'était élancée en direction de Fred et George qui se tenaient toujours à l'entrée de la salle, et leur tomba dans les bras en pleurant d'émotion.

-Lau' ! s'exclamèrent en même temps les jumeaux alors qu'ils la serraient fort contre eux.

-Je… je…

Elle ne savait quoi leur dire, mais ne les lâcha pas pour autant, baignant dans leur présence réconfortante. Un cri retentit soudain dans la salle, une petite fille de Poufsouffle qui se bouchait les oreilles en émettant un hurlement strident. Puis la même chose se produit avec Padma Patil, sans que personne ne comprenne. C'est alors qu'ils l'entendirent.

-Je sais que beaucoup d'entre vous voudront combattre, siffla sa voix. Certains pensent même peut-être que c'est une décision sage, mais c'est de la folie. Livrez-moi Harry Potter, et il ne sera fait aucun mal à personne. Livrez-moi Harry Potter, et je quitterai l'école en la laissant intacte. Livrez-moi Harry Potter, et vous serez récompensés. Je vous donne une heure.

Un silence passa alors que tous tentaient de se remettre du malaise provoqué en eux par la voix de Voldemort.

-Qu'est-ce que vous attendez ? s'exclama Pansy Parkinson en pointant Harry du doigt. Que quelqu'un l'attrape !

Aussitôt Ginny se plaça protectivement devant Harry, puis Hermione, Neville, et presque tout le monde à l'exception de quelques Serdaigle et de la maison Serpentard. Rusard arriva à ce moment en courant.

-Elèves hors des dortoirs ! Elèves hors des dortoirs ! brailla-t-il. Elèves errant dans les couloirs !

-Il faut qu'ils soient hors de leurs dortoirs sombre crétin ! répliqua McGonagall.

-Oh, euh, désolé, madame.

-Il se trouve, monsieur Rusard, que vous arrivez au moment opportun. Voulez-vous, si ce n'est pas trop vous demander, conduire miss Parkinson et le reste de la maison Serpentard, hors de cette salle ?

-Et où est-ce que je dois les emmener exactement madame ?

-Le cachot serait parfait.

Tout le monde sauf les Serpentard applaudit cette nouvelle avec enthousiasme. Laureen tira Blaise par la manche et le fit rester près d'elle, fusillant du regard quiconque semblait vouloir protester. Les jumeaux dévisageaient le jeune sorcier avec suspicion, aussi Laureen se planta protectivement devant lui.

-Si je suis encore en vie c'est grâce à lui, énonça-t-elle lentement. Donc soyez gentils. Il est avec nous.

Cela sembla rassurer un peu les jumeaux qui hochèrent la tête.

-Où est Charlie ? demanda-t-elle ensuite d'une petite voix.

-Je ne sais pas, répondit George l'air désolé.

-Mais il va bien ? insista la jeune femme.

-Il est vivant, biaisa Fred avec une grimace.

-Weasley, Weasley et O'Neil, escortez les élèves plus jeunes vers la Salle sur Demande, et faites-les sortir ! leur ordonna Kingsley. Weasley et Delacour, avec eux !

Aussitôt tous les nommés, plus Blaise, rassemblèrent tous les élèves qui n'avaient pas dix-sept ans et les entraînèrent vers le septième étage. Cela prit finalement peu de temps car les jeunes étaient tellement terrifiés, ils n'osaient pas contredire les plus vieux. Le seul problème fut la poignée d'élèves de quinze ou seize ans qui voulaient se battre malgré leur jeune âge, notamment Colin Crivey et ses frères Dennis et Michael, qui échappèrent carrément à Laureen et sprintèrent pour redescendre au rez-de-chaussée se joindre aux troupes. Quelques autres réussirent à faire la même chose, et Bill commença à leur courir après mais Fred l'en empêcha, arguant qu'il fallait en priorité mettre les autres à l'abri. Arthur Weasley et d'autres adultes arrivèrent à ce moment pour prendre le relais, aussi Laureen, Blaise, Fred et George redescendirent pour aider ailleurs. Ils trouvèrent en bas des escaliers McGonagall qui donnait des instructions à Neville, Dean et Seamus.

-Alors si j'ai bien compris professeure, vous nous autorisez vraiment à faire ça ? demandait Neville.

-Oui, c'est exact Londubat, affirma la professeure.

-A le faire sauter ? Boum ? s'assura Neville.

-Boum ! confirma McGonagall avec un air très déterminé.

-Génial ! Mais, comment on va s'y prendre ?

-Vous devriez en discuter avec monsieur Finnigan. Si je ne m'abuse, il a un penchant très prononcé pour la pyrotechnie, répondit la vieille dame avec un fin sourire.

-Moi je vais l'exploser ! s'exclama Seamus avec un air de gamin ravi.

-A la bonne heure. Sauvez-vous, sauvez-vous.

Molly Weasley et le professeur Flitwick s'approchèrent de McGonagall.

-Vous êtes consciente bien sûr qu'on ne peut repousser Vous-Savez-Qui indéfiniment, dit Flitwick.

-Ça ne veut pas dire que nous ne pouvons pas le retarder. Et son nom est Voldemort, prononça clairement la sorcière. Filius, autant que vous l'appeliez ainsi, il va essayer de vous tuer de toute façon.

Flitwick s'avança dans la cour pour placer des sortilèges de défense tandis que McGonagall se tournait vers l'intérieur du hall d'entrée et levait sa baguette.

-Piertotum Locomotor ! dit-elle.

Aussitôt les grandes statues en pierres des chevaliers qui décoraient les murs intérieurs de l'école sautèrent à bas de leurs perchoirs et commencèrent à s'avancer en rang dans la cour.

-Poudlard est menacée ! Gardez le mur d'enceinte, protégez-nous ! Faites votre devoir envers notre école ! Je rêvais depuis toujours d'utiliser ce sortilège, sourit ensuite la vieille sorcière à l'attention de Molly Weasley, qui lui renvoya un regard d'incompréhension.

Laureen et ses trois compagnons se placèrent dans la cour avec les professeurs, levant leurs baguettes vers le ciel afin de créer une bulle protectrice autour de l'école.

-Protego maxima, fianto duri, repello inimicum, répétaient-ils religieusement. Protego maxima, fianto duri, repello inimicum.

Lorsque le bouclier magique fut intégralement en place, les quatre jeunes furent placés devant la Salle sur Demande pour vérifier qu'aucun ennemi ne tentait de passer par là pour rentrer dans l'école et afin de couvrir la retraite des plus jeunes si jamais des Mangemorts s'introduisaient jusque-là. D'une fenêtre du couloir, Laureen pouvait voir l'armée de Voldemort qui se dressait non loin du château.

Soudain une nuée de sorts destinés à briser le bouclier magique furent lancés par les partisans du Seigneur des Ténèbres, tel un millier de lucioles mortelles. Les bruits successifs de détonation que les sorts faisaient en se brisant sur la barrière immatérielle fit trembler le château, et Laureen agrippa nerveusement la manche de Blaise. Ce dernier passa un bras autour de ses épaules en lui murmurant des paroles rassurantes à l'oreille. Il se tourna ensuite vers les jumeaux, s'approchant d'eux.

-Quoiqu'il se passe, elle est notre première priorité, dit-il d'un air extrêmement sérieux. Nous devons la protéger à tout prix.

-Content de voir que nous sommes sur la même longueur d'ondes, Zabini, répondit Fred en hochant la tête.

-Pourquoi cette soudaine amitié envers elle ? questionna néanmoins George.

-Elle a quelqu'un à retrouver, sourit Blaise.

Les jumeaux échangèrent un coup d'œil étonné. Blaise savait-il pour Charlie ?

-Et je donnerai volontiers ma vie pour qu'elle soit heureuse, continua le jeune homme. Elle mérite de vivre en paix, avec le sorcier de son cœur, qui qu'il soit.

Ceci capta définitivement l'attention des deux rouquins. Blaise était-il donc prêt à se sacrifier pour le bonheur de leur meilleure amie, sans même savoir toute l'histoire ? Ou alors savait-il quelque chose dont eux-mêmes n'avaient aucune idée ?

Les détonations des sorts contre la bulle continuaient à se faire entendre, le stade de Quidditch était en flammes, et les murs tremblaient de temps à autre. Les jumeaux gardaient un côté du couloir alors que Laureen et Blaise devaient défendre l'autre. George jeta un coup d'œil à son frère.

-Ça va Freddie ? demanda-t-il avec une angoisse mal dissimulée.

-Oui, répondit son frère sur le même ton.

George lui donna un léger coup de coude moqueur.

-Moi aussi, souffla-t-il.

-Regardez ! intervint Laureen.

Elle pointait du doigt le petit pont de bois couvert qui menait vers Pré-au-Lard. Il y avait de la lumière, elle en déduit que Neville, Seamus, Dean et Ginny étaient toujours là-bas, mais ses yeux agrandis par la peur restaient fixés sur toutes les silhouettes sombres qui couraient à toute vitesse vers le pont pour pénétrer dans le château et attaquer.

-Allez, sortez de là, marmonna la jeune femme en pensant à ses amis qui étaient là-bas.

Une crampe à l'estomac la saisit brusquement et elle se plia en deux sous la douleur, soufflant d'un coup tout l'air qui était dans ses poumons.

-Laureen, tu ne te sens pas bien ? s'inquiéta Blaise en la soutenant comme il le pouvait.

-Ce n'est rien, juste mal au ventre, grogna-t-elle. J'ai le temps de m'asseoir un peu vous croyez ?

-Assieds-toi, on fera barrière, répondit Fred.

Après quelques instants, la bulle qui était autour du château explosa, se délitant en une myriade de filaments enflammés. Aussitôt les trois jeunes hommes regardèrent par la fenêtre alors que la peur grimpait en eux. Laureen réussit à se relever en grimaçant et, une main posée sur son ventre pour tenter de juguler la douleur, elle se campa aux côtés de Blaise, baguette en main. Les combats n'allaient pas tarder. Son regard fut alors attiré par le pont qui explosait, et elle pria pour que Neville et les autres aient eu le temps de s'enfuir. De son point de vue en hauteur, elle pouvait voir les géants contrôlés par Voldemort qui attaquaient, les Mangemorts qui arrivaient dans la cour sous forme de brume noire, des parties extérieures du château qui brûlaient ou explosaient. Elle pouvait aussi entendre les cris effrayés des élèves qui étaient encore dans les étages inférieurs.

Harry arriva à ce moment, et entra dans la Salle sur Demande sans prendre le temps de leur expliquer quoi que ce soit. Blaise leur fit signe à tous de se cacher, et effectivement, Malfoy, flanqué de Crabbe et Goyle, arriva peu après. Les trois Serpentards entrèrent dans la Salle également.

-Qu'est-ce que tu fais ? murmura Laureen avec colère. Harry est seul face à ces trois-là maintenant !

-Il peut se défendre, répliqua Blaise. S'ils t'avaient vue, Crabbe et Goyle n'auraient pas hésité à te tuer, et moi avec !

La jeune femme ne répondit rien mais ses yeux orageux parlaient d'eux-mêmes. Pour le moment aucun ennemi n'était en vue, mais elle sentait la tension dans l'air et savait que le danger était proche, ce n'était qu'une question de minutes avant que les Mangemorts n'investissent ce couloir. Alors qu'ils guettaient tous un éventuel ennemi, les portes de la Salle sur Demande se rouvrirent et Harry, Ron, Hermione, Malfoy et Crabbe en sortirent. Les deux derniers prirent la fuite à toute vitesse. Effarés, les quatre virent Harry transpercer un diadème avec une dent géante avant de tomber par terre, alors que Ron envoyait le diadème en question dans la Salle sur Demande qui était en feu et dont les portes se refermèrent ensuite. Ron et Hermione s'approchèrent d'Harry.

-C'est le serpent, c'est lui le dernier. Le dernier horcruxe, dit Harry.

-Alors entre dans la tête de Voldemort, essaie de trouver où il est, proposa Ron. Si on le trouve, on trouve le serpent, et là on pourra en finir.

Harry sembla se concentrer, mal à l'aise, et après un long moment il rouvrit les yeux.

-Je sais où il est.

Les trois disparurent sans plus d'explications. Laureen, Blaise et les jumeaux commençaient à sérieusement s'inquiéter quand des bruits de pas s'approchèrent. Un couloir non loin explosa, les faisant sursauter, et bientôt trois mangemorts se trouvaient devant eux.

-Expelliarmus ! s'écria immédiatement Laureen.

Le Mangemort visé réussit à éviter le coup, et un combat sans merci commença entre les quatre jeunes et les trois adultes. Un pan de mur à côté d'eux explosa et ils se refugièrent derrière les débris pour reprendre leur souffle, lançant des sorts à l'aveuglette pour empêcher les Mangemorts d'avancer. Lorsque Blaise jeta un coup d'œil par-dessus leur abri précaire, il jura entre ses dents. Sept Mangemorts, dont Bellatrix Lestrange, Antonin Dolohov et l'actuel Ministre de la Magie Pius Thicknesse, se trouvaient dans le couloir, se préparant à les attaquer. Percy Weasley arriva à ce moment-là, suivi d'Oliver Wood, lançant des sorts comme une furie. Les quatre jeunes en profitèrent pour sortir de leur cachette et attaquer en même temps. On entendait fuser des Expelliarmus, Flipendo, Stupéfix de toutes parts, en plus de tous les sorts non-verbaux.

-Petrificus totalus ! cria George en visant Thorfinn Rowle, qui dévia le sort.

-Ministre, je vous remets ma démission ! s'écria Percy avec un sourire sauvage et totalement incongru venant de lui, accablant Pius de sortilèges variés.

-Perce, tu fais de l'humour ?! s'étonna Fred avec un sourire ravi.

-Protego ! cria Laureen en faisant un bon devant Percy, visé par Augustus Rookwood.

Elle vit ce dernier pointer sa baguette vers le plafond et lancer un sort. Elle réagit juste avant que les pierres ne commencent à craqueler et à tomber. Elle lança un Protego au-dessus du groupe puis un autre sort qui poussa tout le monde en arrière, elle-même se jetant à leur suite pour ne pas mourir écrasée. Elle roula plus loin en criant de douleur, tenant son ventre des deux mains. Blaise et Percy la relevèrent alors qu'Oliver et les jumeaux les protégeaient au maximum. Elle tint debout en s'appuyant sur Percy, et fixa Rookwood qui lui renvoya un sourire mauvais.

-Draco fiamma ! hurla-t-elle en pointant sa baguette sur lui.

Le sorcier se prit une énorme boule de feu en pleine poitrine et fut projeté plus loin en s'enflammant. Laureen retomba sous la douleur intolérable qui lui déchirait le ventre, Percy essayant tant bien que mal de la garder debout.

-Vous avez combattu vaillamment, résonna la voix de Voldemort autour d'eux. Mais je ne souhaite pas cela. Chaque goutte versée d'un sang de sorcier est un terrible gâchis. J'ordonne à mes forces de se retirer immédiatement. Occupez-vous de vos morts en leur absence. Occupez-vous de vos morts avec dignité. Harry Potter, c'est à toi que je m'adresse maintenant. Cette nuit, tu as laissé tes amis mourir à ta place au lieu de m'affronter toi-même. Il n'est pas de plus grand déshonneur. Rejoins-moi dans la forêt interdite et fais face à ton destin. Si tu ne viens pas, je tuerai jusqu'au dernier homme, jusqu'à la dernière femme, jusqu'au dernier enfant qui aura essayé de te cacher de moi.

Alors que tout le groupe échangeait un regard de panique, Laureen poussa un hurlement alors qu'elle se penchait en avant en tenant son ventre, yeux exorbités par la douleur. A ce moment exact le couloir derrière eux explosa sur tout un pan, ne blessant personne mais ouvrant le couloir sur l'extérieur. Les six sorciers restèrent cois face à la scène sous leurs yeux.