Chapitre 47 : Neuf mois
Peeta réveilles toi ! Lui dis-je en le secouant.
- Kat, ça ne va pas ? Dit-il encore à moitié endormi.
- Non, je me sens…Je n'eus pas le temps de finir ma phrase que je me ruais vers les toilettes rendant l'intégralité de mon dîner.
Cela faisait une semaine que ça durait, mais Peeta ne le savait pas. Hier soir encore, il avait préparé des cailles farcies et à peine eu t'il servi le plat, qu'en en sentant l'odeur, j'avais détalé comme un lapin aux toilettes.
- Tu veux que j'appelle ta mère pour qu'elle vienne te donner un remède ?
- Non, je dois couver quelque chose ne t'inquiètes pas.
Il y a des herbes dans la cuisine, dans un bocal avec un étiquette marquée « maux d'estomac », tu pourrais aller me préparer une tisane ? Je n'ai pas la force de descendre.
- Oui bien sûr, me dit-il, j'y vais de suite.
Je me nettoyai le visage, me brossa les dents et rampa vers le lit car j'avais des frissons.
Ma mère m'avait donné ces herbes il y a quelques jours déjà, et c'était la seule chose qui permettait de m'apaiser un peu. Quand je lui avais demandé un remède, elle m'avait regardé d'un air suspicieux, puis m'avait dit :
- Peeta est au courant ?
Ce à quoi j'avais répondu, « pas encore », avant de lui faire comprendre d'un simple regard qu'elle ne devait pas insister. Elle n'ajouta rien, mais son air avait subitement changé et son visage s'était illuminé. Puis elle me prit dans ses bras et je n'eus pas le courage de la repousser.
Alors que je venais à peine de me remettre au lit, j'entendis Peeta remonter et le vit entrer dans la chambre, mais, à ma grande déception, il ne m'apportait pas ma tisane. A la place, il tenait dans ses mains le bocal vide dans lequel je rangeais mes plantes contraceptives et me regardât de manière perplexe.
- Euh…Kat, je…je ne sais pas trop…tu n'en n'as plus ?
Effectivement, cela faisait trois mois que celui-ci était vide et que j'avais décidé un beau jour, de ne pas re remplir. Je ne lui en avais pas parlé. Je n'étais pas sûre de vouloir en parler, au risque que cela me fasse changer d'avis, et j'avais décidé de voir ce que la nature déciderait, ou non, pour nous.
- Peeta viens près de moi. Lui dis-je très calmement.
Il rampa sur le lit et vint s'installer à côté de moi. Je me tournai pour lui faire face. Je le regardai alors fixement droit dans les yeux, j'avais besoin de voir sa réaction, d'y lire les émotions qui s'en dégageraient et surtout j'avais besoin de lui, là, maintenant.
- Je suis enceinte.
Je l'avais su immédiatement. C'était inexplicable. Une sensation en moi…J'avais été acheter un test de grossesse et celui-ci fut catégorique. J'avais gardé cette information pour moi, je voulais pendre le temps d'assimiler le fait que ma vie allait changer du tout au tout, et que ce qui m'avait toujours flanqué une trouille bleue était sur le point d'arriver, enfin dans neufs mois, si tout se passait bien. J'avais eu un moment de panique, juste avant de lire le résultat, mais, contre toute attente, en le lisant je fus à la fois rassurée, contente, nerveuse, stressée, angoissée, mais contre toute attente…heureuse.
Il m'avait fallu beaucoup de temps pour me décider… Cela faisait maintenant treize ans que la guerre était terminée. Notre vie de couple était toujours aussi paisible et harmonieuse, nous n'avions rien autour de nous qui ne laissait penser qu'une nouvelle catastrophe pouvait se produire. Ce qui subsistait cependant, c'était toujours de temps à autres, nos angoisses post traumatiques, nos mauvais rêves. Mais c'était normal et c'était une partie de nous depuis tellement d'années maintenant que nous vivions avec.
Peeta avait, comme j'avais toujours su qu'il le ferait tôt ou tard, commencé à aborder tout en douceur le sujet « bébé » il y a presque deux ans. La première fois, il se heurtât à un mur, avec un « non » ferme et catégorique. Plus pour le principe d'ailleurs, car avec l'adoption de Gale et Johanna, d'avoir vu Finn grandir toutes ces années, plus le fait de m'occuper d'enfants au quotidien, je m'étais un peu détendue sur le sujet.
Je n'en avais jamais parlé à Peeta, mais il m'était arrivé d'y penser, quelques fois et surtout lors de ma rencontre avec Anton.
Pourtant, je lui avais toujours dit, que cette vie ne serait jamais pour nous, et surtout quand nous nous étions « mariés » en secret.
Il m'avait semblé qu'il avait accepté la chose, enfin je savais très bien encore une fois que ça le titillerait un jour. Donc, quand il m'en parla, je ne fus pas surprise, mais je voulais marquer le coup pour lui rappeler qu'il s'était engagé avec moi en toute connaissance de cause.
Il n'en avait plus reparlé pendant quelques mois, avant de revenir à la charge, mais indirectement.
Nous passions un jour devant un magasin du centre-ville, spécialisé dans la puériculture. Il avait voulu s'arrêter devant pour regarder la vitrine. Je restai un peu en retrait le regardant faire. Il ne le vit pas, mais je jetai un rapide coup d'œil moi aussi, simplement histoire de voir. Sur le chemin du retour, il m'avait dit qu'il aimait bien régulièrement, regarder les nouveautés mises en vitrine, qu'il trouvait ça vraiment mignon. J'avais dû, une fois de plus, lui dire que, oui, j'admettais que c'était mignon, mais chez les autres ! Le sujet fut clos, cette fois-là.
De nouveau il n'en parla plus, jusqu'à il y a environ cinq mois, où, au cours d'un diner en amoureux dans le jardin, il fit en sorte que nous abordions sérieusement la question.
Nous étions en train de manger le dessert, qu'il avait évidemment préparé lui-même, quand il passa à l'attaque.
- Kat ?
- Tu sais, il va falloir que tu arrêtes de me faire autant de pâtisseries, car à force je vais vraiment finir par ressembler à une baleine. Lui dis-je, trop concentrée à déguster ma part de gâteau.
- Et bien justement, en parlant de ça….
- Quoi ? Tu trouves que j'ai pris du poids ?
- Non ! Pas du tout, tu es parfaite, parfaite, oui.
Mais je voulais qu'on puisse, enfin j'aimerais bien, s'il te plait, qu'on puisse aborder un sujet tous les deux et si possible, calmement.
- Je t'écoute. Lui dis-je entre deux bouchées
- Voilà, je sais que ce n'est pas du tout ton sujet de prédilection, que tu m'as déjà dit non clairement, que je t'avais dit ne pas y penser ni ne pas le vouloir encore, il y a des années de ça quand on commençait à peine notre relation…
- …C'est pas possible ! Le coupais-je en posant ma cuillère.
Tu m'as piégé avec ce diner en amoureux et ton gâteau délicieux pour me re parler de bébé ?
- Non je ne t'ai pas piégé, je voulais juste que tu sois détendue.
- C'est la même chose Peeta. Tu es un traitre.
Mais bon, puisque c'est si important pour toi, visiblement, vu tout le mal que tu t'es donné, je veux bien essayer de faire un effort, même si tu connais déjà mon point de vue sur la question.
- Et justement ce point de vue, il n'a pas du tout changé ?
Je veux dire, je t'ai vu faire toutes ces années, avec Finn, puis comment tu as été émue en rencontrant Anton, ou encore comment tu sembles épanouie avec les élèves à l'école….
- Ce n'est pas pareil ils ne sont pas à moi. Ce n'est pas moi qui dois me faire du souci pour eux, en tous cas pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ni durant toute leur vie.
- Arrête, tu es complétement gâteuse avec Finn depuis qu'il est tout petit, et tu ne t'es pas vu faire avec Anton !
Il marquait un point. Je le regardais d'une expression neutre sans rien dire.
- Écoutes, je te rassure, je suis très heureux avec toi, comblé vraiment. Mais j'avoue que le temps passe et que j'y pense de plus en plus même si on est encore jeunes, et j'aimerais vraiment fonder une famille avec toi. Peut-être pas demain, mais je voudrais vraiment qu'on essaye d'en parler un peu plus ensemble.
- Et si ça ne changeait rien ?
- Au moins je me dirais que j'aurais essayé.
- Et ça ne te donnerais pas envie d'aller voir ailleurs ?
- Non ! Tu sais très bien que non ! Arrête avec ça.
- Mais comment veux-tu que je n'y pense pas ? Réfléchis ! Tu es en train de me dire que tu y penses de plus en plus. A un moment donné, tu n'auras peut-être plus envie d'attendre, ce qui serait normal je pense.
- Mais parce que c'est avec toi que j'ai envie de faire ça, pas avec quelqu'un d'autre et tu le sais parfaitement, donc s'il te plait, arrêtes de te servir de cette excuse comme d'un bouclier.
Ce que j'aimerais savoir, en toute honnêteté, c'est si tu y as déjà pensé ?
- Et si c'était le cas ? Si c'était le cas, mais que je te disais que malgré le fait d'y avoir hypothétiquement pensé une fois ou deux, ça ne changeait pas ma décision. Je ne vois pas en quoi ça te ferait du bien de le savoir.
Tu pourrais y voir de l'espoir là où il n'y en a pas. Et je n'ai pas envie de te faire du mal, en te laissant croire des choses, pour après que tu sois déçu.
Je t'en ai déjà demandé suffisamment comme ça.
- Tu parles de quoi par exemple ? De notre séparation ?
Pour la séparation je pense que toi comme moi nous en avions besoin. J'ai la vie que je voulais je ne m'en plains pas.
- Mais ça ne te suffit plus. Je savais qu'un jour on y arriverait. Dis-je sur un ton très calme
- Bien sûr que si ça me suffit ! Rah ! Je ne sais pas comment te faire comprendre les choses…
- Mais je comprends ce que tu essayes de me dire. Lui dis-je en attrapant sa main.
Oui j'y ai pensé. Je te vois faire toi aussi, je sais que tu en as envie et que tu y pense. Peut-être…peut-être bien, que oui, l'idée me rebute un peu moins qu'avant. Enfin me rebuter…ce n'est pas l'idée d'avoir un enfant de toi qui me rebute, c'est tout ce que ça représente qui me fiche une trouille terrible. Et elle ne date pas d'hier, elle était déjà là bien avant que tu ne rentres dans ma vie.
- Je sais. Mais de quoi tu as peur aujourd'hui ? Regarde, notre vie est normale.
Le pays se porte bien. Paylor y a veillé. Les enfants que tu accompagnes tous les jours, depuis plus de dix ans, vont bien, ils grandissent sans danger, ils ont des vies qu'ils n'auraient jamais espérés avoir. Il n'y a plus les jeux, plus de menaces…
- J'ai peur de ne pas savoir m'y prendre. De ne pas être une bonne mère. De le perdre, de tellement m'attacher à lui et qu'il me rejette ou s'éloigne de moi et d'avoir de nouveau aussi mal que lorsque j'ai perdu Prim…Je ne le supporterais pas.
Pourtant, Peeta ne le savait pas, mais durant ces dernières années, j'en avais souvent parlé avec le Docteur Aurélius, afin qu'il m'aide à y voir plus clair et à comprendre pourquoi j'avais encore tous ces blocages.
Ils s'étaient en partie estompés et j'étais tout à fait d'accord avec ce que Peeta venait de dire, mais c'était plus fort que moi.
- Regarde un peu ta relation avec Lize. Durant des années tu l'as rejeté parce que tu estimais qu'elle n'était pas une vraie mère, qu'elle ne savait pas s'y prendre. Et tu vois comment vous êtes maintenant ?
- Oui, mais il n'empêche qu'elle n'a pas su assurer durant des années, après la mort de Papa…
Et ça aussi ça me fait peur. Qu'il t'arrive quelque chose et de me retrouver seule comme Annie à l'époque et si je devenais comme ma mère ? Je ne supporte pas l'idée de devoir imposer ça à un enfant qui n'a rien demandé.
- Oui mais à la différence c'est que t'es battue pour ta famille, pour Prim…
Si une chose pareille devait arriver, tu ne serais pas seule et je sais que tu ne baisserais pas les bras. Mais comme je suis immortel, il n'y a aucune raison que tu aies peur de me perdre ! Dit-il en esquissant un sourire.
- Écoutes, je ne suis pas prête à plus pour l'instant Peeta. Crois-moi j'en suis désolée, j'aimerais te dire oui et te donner ça. Mais je ne m'en sens pas capable.
- Je comprends. Mais je sais que tu y penseras quand même, je te connais.
- Tu vois, je te l'avais dit que ça aller te donner de faux espoirs.
- Ne t'inquiète pas pour moi ! Je vais très bien. Me dit-il avec un sourire en m'embrassant.
Je m'étonnais d'avoir, pour une fois, été capable d'en parler aussi calmement avec lui.
Il se trouve aussi, que je me rappelais une fois où Annie m'avait dit qu'un jour, je le sentirais en moi, cet appel de mon corps qui me ferait comprendre que « l'heure était venue ». Je l'avais ressenti, je crois, à une ou deux reprises. J'avais bien évidement refoulé tout ça, refusant d'y accorder la moindre importance.
Cependant Peeta avait gagné son pari risqué. Durant les deux mois qui suivirent notre discussion, je n'arrêtais pas d'y penser maintenant. Je lui en voulais de m'avoir mis ça en tête. Je sentais qu'il en avait tellement envie, et pour les bonnes raisons en plus ! Je savais qu'il voulait d'une vraie famille, bien que pour moi, nous deux, formions déjà une famille.
Un match infernal se jouait depuis des semaines, dans ma tête et mon corps, cela m'épuisait. Pendant deux mois ça revenait en boucle. Du coup j'avais été relativement irritable avec tout le monde. Jusqu'au jour où je décidai d'abdiquer.
J'avais retourné la question des milliers de fois dans ma tête, seule, je ne voulais aborder le sujet avec personne, surtout pas pour m'entendre dire « à quel point c'était formidable d'être mère » et toutes les niaiseries qui allaient avec !
Cependant, un jour, je me fis la réflexion que si c'était moi qui décidais où, quand, comment, qui maitrisais un peu plus la situation, peut être que cela me permettrait d'être plus à l'aise.
C'est comme ça, qu'un jour, alors que je faisais infuser les dernières feuilles de la plante contraceptive, et que Peeta était toujours au travail, je me mis à regarder le bocal vide. Une peur panique s'était alors emparée de moi. J'avais un moment pensé partir immédiatement en forêt pour aller en chercher d'autres. J'avais d'ailleurs commencé à m'équiper de ma gibecière, d'enfiler la veste de mon père et à sortir de la maison, mais je m'arrêtai en plein milieu du jardin. Je m'étais alors assise par terre et me mis à réfléchir.
Je ne voulais pas que Peeta me quitte, même si je savais pertinemment qu'il ne le ferait jamais, mais on n'est jamais sûre de rien.
Serais-je capable d'aimer un enfant ? surtout de lui ? Oui évidement, enfin il me semblait.
Serais-je capable de me battre pour la survie de mon enfant ? Je l'avais trop fait, mais il me paraissait évident, que compte tenu de mon tempérament, le contraire serait inimaginable.
Allait-il m'aimer ? Normalement oui et à défaut, il aurait son père pour ça.
M'abandonnerait-il ? Oui, un jour, il devrait bien quitter la maison, mais ça serait dans l'ordre des choses et, si je n'avais pas tout fait foirer entre temps, il n'y avait aucune raison pour que l'on se perde l'un l'autre.
Était-ce dangereux pour moi ? Oui, indéniablement, mais Peeta avait raison, j'étais entourée et je savais qu'il ne me laisserait pas tomber, ni faire n'importe quoi, et surtout, qu'il arriverait d'une manière ou d'une autre à me rassurer.
Je n'avais aucun doute sur sa capacité à être un bon père. Lui, je le voyais parfaitement dans ce rôle. Me concernant par contre, c'était totalement nébuleux, le flou artistique le plus total.
Et puis, devoir de nouveau être responsable de la vie de quelqu'un…et si comme pour Prim…
Non ! Pour Prim je n'y étais pour rien ! On avait décidé à ma place et je n'aurais rien pu maitriser de toutes manières. Il m'avait fallu six longues années d'échanges avec le Docteur Aurélius pour en arriver accepter cette glaçante conclusion.
En avais-je vraiment envie ? Une partie de moi semblait dire que oui. L'autre avait l'impression de faire cela pour garder Peeta et lui donner quelque chose de moi, moi qui lui en avais demandé tellement. Le « récompenser » pour ses années de patience à mon égard. Penser cela me dérangeait. Ce n'était pas une bonne raison pour mettre un enfant en route, mais il semblait bien que, malgré tout ce que je me forçais à croire et penser, j'en avais envie.
J'en avais surement envie depuis un moment en fait. Mais je m'étais faite une promesse à moi-même et je refusais de la rompre, c'était à une époque où nous ne pouvions choisir notre destin.
Qu'allais-je perdre à renoncer à cette promesse ? Qu'allais-je y gagner en retour ? Le bonheur ? C'est dans les contes de fées que le bonheur existe. Pas dans ma vie, pas totalement.
J'avais toujours avancé, en équilibre sur une corde, qui me faisait tantôt pencher vers le bonheur tantôt vers la tristesse. Je me complaisais un peu dans cette situation, m'avais dit un jour le Docteur Aurélius, parce que ça me donnait une bonne excuse pour fuir et m'échapper et éviter surtout de devoir me confronter à mes sentiments.
Peeta ne faisait pas un métier à risques, et j'étais loin d'avoir le caractère de ma mère. Et moi qui pensais n'être qu'une personne égoïste, incapable de penser à autre chose qu'à moi-même, j'avais pu voir, au cours des années, que finalement je pensais plus souvent aux autres qu'à moi-même, sauf pour ça.
C'était la seule chose qui m'appartenait, mon corps et j'avais le pouvoir de décider, si oui ou non, j'y laisserais la vie grandir en moi.
Le fait de comprendre que c'était moi qui détenais ce pouvoir-là, fut comme un déclic.
Oui Peeta avait réellement envie de fonder une famille avec moi, mais moi seule pouvait décider si j'allais accepter.
Je me relevai, la nuit était tombée. Peeta devait être en plein inventaire, ce qui pour le coup m'arrangeait bien.
Je me séparai de tout mon attirail et j'attrapa le bocal vide et le rangea derrière les autres qui étaient pleins d'autres herbes aux propriétés diverses.
Quand il rentra ce soir-là, je l'embarquai immédiatement dans notre chambre sans lui laisser le choix. Cela dura un mois et demi comme ça et il ne semblait pas s'en plaindre, moi non plus du reste.
Cette idée de savoir que l'on faisait l'amour pour concevoir la vie, tout en sachant qu'il ne se doutait de rien m'excitait au plus haut point. Cela était devenu presque un jeu pour moi. Curieux. J'étais vraiment pleine de contradictions.
Puis, il y a trois semaines, je commençai à me sentir, « différente », sans savoir expliquer en quoi exactement. Ma poitrine me faisait mal, j'avais des sensations bizarres en moi. Cela dura deux semaines, et lorsque les premières nausées arrivèrent en suivant, je ne me posai plus de questions. Je savais.
- Tu peux répéter ? Me dit Peeta, les yeux écarquillés, tenant toujours ce fichu bocal vide entre ses mains.
Je l'embrassai très tendrement et lui murmura à l'oreille.
- Tu vas être Papa.
Il m'écarta de lui pour me regarder et semblait être en train de réfléchir à toute allure, essayant d'assimiler ce que je venais de lui dire.
Je me réinstallai bien confortablement dans lit, attendant qu'il finisse par réagir.
- Mais, mais, tu es sure ?
- Oh oui je le suis ! Et le test de grossesse que j'ai fait, lui aussi en est certain !
- Mais, euh, ça fait longtemps ?
- Humm, Je dirais trois semaines.
- Et tu n'as pas passé d'examens ?
- Non pas encore.
- Bon. Bien. Demain je ne vais pas travailler, on va aller à l'hôpital pour voir si tu vas bien et si tout va bien. Dit-il.
- Peeta, tu es sûre que ça va ?
- Je…Oui, c'est juste que je ne m'y attendais pas…Je…enfin, pas si tôt…Enfin, pardon ! Je suis un vrai idiot ! Non, il faut juste que je m'assure que ça soit réel et que je ne suis pas en train de rêver.
Je me levai alors, me planta devant lui et lui pris son bocal des mains pour le poser par terre, je m'installai alors sur lui à califourchon et le regarda droit dans les yeux.
- Peeta, pose-moi la question.
- Tu es enceinte, réel ou pas réel ?
- Réel.
Et enfin il réagit ! Il se leva, moi m'accrochant à sa nuque les jambes enroulées autour de lui et il me fit tourner puis m'embrassa avec passion, le sourire d'une oreille à l'autre, me serrant fort contre lui.
- On va avoir un bébé ! Me dit-il. Je t'aime tellement. C'est le plus beau cadeau que tu m'aies jamais fait.
- Je t'aime aussi. Tellement…
Par contre, je ne voudrais pas casser ce moment, mais si tu ne veux pas que je te vomisse dessus, je pense qu'il serait préférable que je me rallonge.
- Oh ! Oui pardon. Il se pencha alors pour me déposer dans le lit et vint s'allonger à côté de moi, avant de se relever subitement.
Mince j'ai oublié ta tisane. Je reviens ! Dit-il en partant comme une fusée.
Je vais être Papa ! Criât-il en dévalant les escaliers. Cela me fit rire.
J'étais heureuse pour lui, pour nous, même si d'un coup, le fait de lui avoir dit, la réalité me rattrapait subitement et je ne pus m'empêcher d'être envahie par la peur.
Quelques minutes plus tard, il remonta avec la tisane tant attendue. Je l'avalai d'une traite à m'en bruler la bouche, mais il n'y avait que ça qui me soulageait.
Peeta était à côté de moi, il me regardait en silence. Il commença à avancer sa main vers mon ventre, qui était encore tout à fait plat évidement.
- Je peux ?
Je lui fis signe de la tête, et il posa délicatement sa main chaude sur ma peau et se mit à caresser mon ventre, en le regardant comme s'il s'agissait d'un gros gouter qu'il s'apprêtait à dévorer.
- Comment tu te sens ? Me demanda-t-il.
- Barbouillée, mais ça va passer.
- Non, je veux dire…
- Oh ! Eh bien, maintenant que je te l'ai dit, je suis terrifiée, mais je suis contente que tu le saches.
- Si tu veux tout savoir, je suis terrifié aussi. Me dit-il.
- Ah non Peeta ! Tu n'as pas le droit ! Tu vas avoir du boulot pendant les mois à venir et entre-autre celui de me rassurer sur le fait que j'ai pris la bonne décision.
- Ne t'en fait pas pour ça. Non c'est…je pense que tout futur parent doit l'être à un moment donné, la vie change et…
- Peeta, je ne veux pas philosopher là-dessus pour l'instant s'il te plait, nous avons neuf mois devant nous avant la tempête. Lui dis-je en l'embrassant.
- Quelqu'un d'autre est au courant ? Me demandât-il.
- Maman. Elle l'a deviné quand je lui ai demandé un remède. Mais je ne lui ai pas « dit officiellement » non plus. Je voulais que tu sois le premier à le savoir, bien qu'honnêtement, je ne savais pas quand ni comment j'allais te l'annoncer.
- Je pense que j'aurais fini par m'en douter à un moment donné. Me dit-il en rigolant.
- Oui surement, mais je t'aurais fait croire que c'était à cause de tes pâtisseries, comme ton gâteau au chocolat, celui avec le cœur coulant, et ta chantilly maison…Peeta !
Tu crois que tu pourrais m'en faire un là ?
Il rigola de nouveau.
- Oui je peux. Je peux te descendre avec moi pour ne pas être tout seul ? Je vais t'installer dans le salon.
- D'accord, mais tu me portes.
- Madame va être exigeante maintenant ?
- Peeta, je porte ton enfant ! Tu as intérêt à prendre soin de moi si tu veux qu'il soit en forme !
- Tu penses bien que je vais faire mon possible, évidement.
Puis il me souleva et m'emmena dans ses bras en bas. Il m'installa comme une princesse. Je pourrais vite y prendre goût, mais il allait falloir que je me maitrise un peu quand même.
- Au fait, lui dis-je, pour l'instant j'aimerais bien qu'on garde ça pour nous, le temps de s'assurer que tout aille bien, et aussi pour me donner un peu de répit, avant que tous ne s'excitent autour de moi.
- Ça me va ! J'aime l'idée que nous ayons ce secret rien que pour nous. Comme pour notre « non mariage ». Me répondit-il tout en s'affairant dans la cuisine.
Donc demain on va à l'hôpital et je ne te laisse pas le choix.
- Pas de soucis, je pensais prendre rendez-vous bientôt de toutes manières.
Et puis ça me rassure que tu sois avec moi.
Je voulais savoir, tu ne m'en veux pas, de ne pas te l'avoir dit plus tôt ?
Ou encore d'avoir abusé de toi, pour te faire un enfant dans le dos ?
- Pas du tout ! Au contraire ! Puis je comprends mieux maintenant, pourquoi tu étais déchainée ces derniers temps. Pas que tu sois frigide en temps normal, mais j'avoue que ça faisait un moment que tu n'avais pas été, aussi en demande.
- J'avais une mission à remplir Peeta ! Tes soldats devaient partir à la guerre !
- On dirait qu'ils ont su vaincre rapidement ! Dit-il fière de lui.
- Oui plutôt ! Je t'avoue que je ne pensais pas non plus que ça marcherait aussi vite.
- Tu as pris la décision quand ?
- Il y a deux mois environ.
- Bon, j'arrête de t'embêter avec mes questions.
- Oui s'il te plait, et soit attentif à ce que tu fais, j'attends avec impatience ma gourmandise.
- Je sais faire plusieurs choses en même temps tu sais ? Me dit-il en m'adressant un clin d'œil.
Une fois rassasiée et satisfaite, Peeta me remonta dans notre chambre.
Nous ne dormîmes pas cette nuit-là.
Lui, car il était trop excité par la nouvelle qu'il venait d'apprendre et moi, car je gambergeais sur la suite des évènements à venir.
Le lendemain, comme prévu, Peeta m'embarqua à l'hôpital après avoir appelé le matin à la première heure, pour obtenir un rendez-vous en urgence avec le gynécologue.
Il s'était montré très persuasif et ne lui avait pas vraiment laissé le choix pour dire la vérité.
L'examen se déroula bien. Tout semblait normal et le médecin nous confirma que j'étais bien enceinte d'environ trois semaines, et qu'il n'y avait aucun problème.
Il me prescrit tout un tas de pilules « spéciales grossesse », que je ne prendrais pas, me méfiant toujours de ces trucs là et sachant que Maman me donnerait le nom des plantes nécessaires pour que tout aille bien.
En sortant de là, Peeta semblait être sur un petit nuage. J'étais contente de lui pouvoir lui donner ça.
Les trois premiers mois passèrent vite.
L'examen trimestriel se déroulât bien, comme pour le précédent examen il n'y avait rien à signaler de particulier.
Nous avions pu entendre les battements du cœur du bébé, ce qui avait fasciné Peeta qui avait demandé à avoir une copie de l'enregistrement.
Il ne me brusquait pas, sachant que malgré tout, j'alternais les moments d'euphories liés aux hormones et les moments moins sympathiques, durant lesquels, mes vieux démons refaisaient surface, mais il se montrait toujours présent pour me réconforter et me rassurer.
Il devait faire aussi face à mes envies diverses, de nourriture à tout heure du jour et de la nuit, ainsi qu'à d'autres besoins qui n'avaient fait que s'amplifier.
Il ne me disait jamais non, dans un cas comme dans l'autre, et heureusement pour lui, car j'aurais été capable de le tuer à la moindre protestation de sa part.
Après cet examen capital, qui permettait de nous rassurer sur le fait que la partie la plus critique était passée, je décidai qu'il était temps de commencer à l'annoncer.
Nous tombions d'accord pour commencer avec Maman et Haymitch. Enfin, surtout Haymitch, puisque Maman était déjà au courant.
Comme prévu j'étais allée la voir, un jour où Haymitch était à « L'en K », pour lui demander de m'indiquer quelles plantes utiliser pendant la grossesse.
Elle non plus n'aimait pas les médicaments, et elle me sortit rapidement une liste de tout ce qu'il me faudrait.
Bien que Peeta ait insisté, pour que j'évites au maximum de me rendre seule en forêt, je n'avais pas tenu compte de son avis et m'y étais rendue pour faire ma petite récolte.
Quand il le sut il tenta de me gronder, mais après lui avoir expliqué la raison de ma promenade, il se stoppa net.
Cependant je lui avais dit que pour l'instant, il était hors de question que j'arrête mes excursions avec mes élèves.
Je n'étais, ni malade, ni impotente et je savais parfaitement ce que je pouvais faire ou pas, dans la limite du raisonnable. Il avait fini par lâcher prise devant mon obstination.
J'étais malgré tout certaine qu'il avait dû parler à l'un de mes élèves, qui était aussi dans son cours, puisque l'attitude de celui-ci changea du jour au lendemain et il se montra très protecteur et prévenant à mon égard, m'évitant toute tâche pénible et étant aux petits soins avec moi.
Quand j'en avais parlé à Peeta, un soir, un peu agacée, il m'expliquât qu'il n'avait rien révélé, mais que comme l'élève en question n'avait pas de bonnes notes, il l'avait menacé de le faire renvoyer s'il ne faisait pas extrêmement attention à moi durant nos sorties en forêt.
Je sermonnai Peeta, lui disant qu'il exagérait un peu de faire peur à ce pauvre enfant comme ça, mais en même temps je trouvai cela touchant.
Un soir, nous allâmes donc manger chez Haymitch et Maman.
Pendant le diner, alors qu'Haymitch était en train de se battre avec sa cuisse de dinde rôtie, pour la décortiquer, tout en jurant, je le regardais l'air amusé et lui dit :
- Haymitch, ? J'espère que vous saurez maitriser votre langage quand votre petit fils ou votre petite fille sera né ?
Haymitch était vraiment devenu comme un père, donc je considérais que cela serait son petit enfant à part entière. J'en avais parlé avec Peeta qui était totalement d'accord avec moi sur ce point.
- Ah ça va Trésor hein ! Tu vois pas qu'elle fait de la résistance ? Dit-il.
Maman et Peeta se retenaient de rire. Puis il lâcha son morceau de viande, s'essuya les mains et bu une gorgée de vin et me regarda.
- Tu peux répéter ce que tu viens de dire ?
- Vous allez être grand père Haymitch.
Maman tu me passe la salade s'il te plait ?
Il y avait dû avoir un cours circuit au niveau de son cerveau car il restait là sans rien dire durant plusieurs minutes, la bouche ouverte en me regardant avant de se tourner vers Peeta.
- C'est une blague qu'elle me fait ou bien ?
- Non pas du tout ! Dit celui-ci l'air radieux
Haymitch fondit en larme ! Celle-là je ne m'y attendais pas !
Puis il m'agrippât avec sa grosse poigne et me trainât vers lui pour me serrer dans ses bras.
- Oh mes petits ! Vous m'aurez tout fait vivre tous les deux !
Comment tu t'y es pris pour la persuader ? Demandât-il à Peeta
- Figure-toi que je n'ai pas fait grand-chose, à part répondre aux envies de Madame qui a tout fait s'en m'en parler.
- Oh oh ! Veinard ! Oh pardon ma tourterelle. Me dit-il en me caressant la joue, chose qu'il ne faisait jamais.
Je veux dire…
- Ça va Haymitch ! Lui dis-je amusée.
- Tu y crois toi ? Mon chaton d'amour, on va être grands parents ?
- Oui mon chéri !
Félicitations à vous deux. Nous sommes vraiment ravis pour vous.
- Peeta, je vais aller chercher ma meilleure de bouteille de whisky il nous faut fêter ça ! Dit Haymitch en se levant précipitamment.
- Pas trop non plus, Mitch ! Tu sais ce qu'a dit le Docteur au sujet de ton foi ?
- Oui, b'en ça ira pour ce soir ! Dit-il en s'échappant vers son bar.
- Tout va bien Maman ? Demandais-je un peu inquiète
- Oui ! Très ! Je lui fais peur de temps en temps avec ça, pour ne pas qu'il perde ses bonnes habitudes.
Il a un peu trop abusé de la boisson durant toutes ces années en tant que mentor, mais ne t'en fait pas, il est en pleine forme.
J'ai simplement demandé au médecin de lui flanquer la trouille pour qu'il reste sage. Me dit-elle avec un clin d'œil.
D'ailleurs Peeta, dit-elle à voix basse, si tu pouvais prétexter, après un verre, que tu en as assez, ça m'arrangerait.
- Pas de soucis Lize ! Comptez sur moi.
- Merci mon garçon, tu es un amour.
Bon alors, vous avez commencé à penser à la chambre où vous allez installer ce petit bout ? Il me tarde de savoir si c'est une fille ou un garçon ! Roh ! Je vais pouvoir me re mettre à tricoter devant Mitch maintenant qu'il est au courant !
- Maman, Maman, s'il te plait ne t'emballe pas, tu sais que je n'aime pas trop ça, ça m'oppresse.
Non, nous n'y avons pas encore pensé, mais on a encore le temps.
Haymitch revint pile à temps avec sa bouteille pour faire taire ma mère. Il semblait vraiment heureux ! Et puis maintenant Peeta pourrait se confier à lui, ce qui lui ferait sans doute du bien.
J'en étais au milieu du quatrième mois.
Annie, Caleb et Finn étaient au courant maintenant. Ils le furent peu de temps après Maman et Haymitch d'ailleurs.
En même temps, vu que mon ventre avait commencé à s'arrondir, Annie avait rapidement deviné.
J'en avais parlé à Delly aussi car je voulais avoir le temps de la préparer pour mon absence, pour qu'elle puisse me remplacer. Je ne voyais personne d'autre qu'elle pour remplir cette mission. Elle était mon bras doit au travail.
Évidement les deux furent aux anges en apprenant la nouvelle. Mais je leur avais formellement interdit d'en parler à d'autres personnes, ni d'essayer de me donner des leçons sur l'éducation, l'accouchement, les premiers mois après la naissance du bébé, et j'en passe.
Je n'étais pas encore prête. Je prenais les choses comme elles arrivaient, ne me projetant pas spécialement parce que dès que j'avais le malheur de le faire, cela me faisait paniquer.
J'avais décidé de l'annoncer à Johanna et Gale durant les vacances d'été, qui débuteraient d'ici un mois. Comme chaque année nous devions tous nous retrouver pour une semaine à la maison de la Plage dans le quatre. Je ne voulais pas le leur dire par téléphone.
J'étais dans le jardin, dans le hamac à lire un livre et Peeta était dans sa dépendance en train de peindre.
Tout d'un coup je sentis un coup dans mon ventre. Puis un autre.
- PEEETTAAAA !
Celui-ci sorti en trombe et accouru vers moi l'air très inquiet
- Quoi ? Qu'est ce qui se passe ? Tu ne vas pas bien ?
- Peeta, ça a bougé ! Lui dis-je terrorisée.
- Quoi ? Comment ça ?
Et "BIM" de nouveau un autre coup !
- Le bébé ! Il me donne des coups ! Là ! Il vient de recommencer !
- Ohhhhhh ! Ce n'est que ça ! C'est merveilleux ! Attends je veux voire, montre-moi !
- Comment ça c'est merveilleux ? Lui dis-je.
Mais il est en train de se battre là-dedans ! Peut-être qu'il a un problème ?
- Mais non, c'est normal qu'il commence à bouger à ce moment de la grossesse mon cœur. Aller soulève ton haut que je puisse le sentir.
- Tu en as toi de drôles d'idées !
- Tais-toi et obéis femme !
- Non mais ! Ça ne va pas non, de me parler comme ça ?
- Détends-toi et laisses moi faire s'il te plait.
Me détendre, alors que j'avais ce machin qui faisait du punchingball dans mon ventre, il en avait de bonnes !
Mais je lui obéis, le laissant tout à son bonheur. Il se mit à parler à mon ventre. Il avait commencé à le faire dès qu'il avait été sûr que j'étais bien enceinte, donc je ne me formalisais plus maintenant. Il caressait tout en douceur ma bedaine arrondie et à un moment donné « BIM » ça recommença et Peeta fut émerveillé.
- Il reconnait ma voix ! Dit-il le sourire d'une oreille à l'autre.
- Ou bien il a décidé de te coller un pain pour te signaler qu'il a faim et que moi aussi par la même occasion ! Lui dis-je sur un ton pas des plus agréable.
- Tu as faim ?
- Très ! Lui dis-je recouvrant mon ventre, mettant ainsi fin à son moment de béatitude.
Je m'en voulais un peu de le couper alors qu'il avait l'air de vivre un moment magnifique, mais moi j'étais perturbée.
C'est vrai, les premiers mois, à part le fait de voir mon ventre s'arrondir et ma poitrine prendre petit à petit de l'ampleur, un peu de fatigue et sans parler des nausées, je n'avais pas trouvé cela trop contraignant ni même gênant. Je pense que je n'avais pas complétement conscience des choses, ou peut être que si, mais je devais les occulter en partie.
Tout ce qui me plaisais dans cette histoire c'était de pouvoir profiter allégrement de la situation auprès de Peeta, qui se pliait en quatre pour satisfaire mes moindres demandes.
Même lorsque j'avais entendu les battements de cœur, lors que l'échographie trimestrielle, cela m'avait paru abstrait, j'avais du mal à imaginer que c'était le petit être qui poussait en moi qui faisait tout ce boucan.
Mais là maintenant, de le sentir bouger, tout d'un coup, tout devin réel. Je pris vraiment conscience qu'il était là et qu'il allait naître d'ici quelques mois. La panique s'empara de moi. Je ne me sentais pas prête ! J'en étais déjà au milieu de ma grossesse et le temps semblait défiler à toute vitesse. Je ne m'étais pas documenté, je ne savais rien, ma vie allait changer, est ce que j'allais allaiter ou non ? Beurk !
Non ça ne me disait rien du tout. Et Maman ! J'allais être Maman ! Je n'avais eu aucun problème à imaginer Peeta Papa, puisque je l'avais toujours vu en lui, mais moi, mère ! Déjà, le fait de me considérer comme une copine, partenaire, compagne, il m'avait fallu des années pour m'y faire, mais là, il ne me restait même pas cinq mois !
Et si j'avais un problème au moment de l'accouchement ?
Et s'il lui arrivait quelque chose ?
Et si je ne savais pas comprendre pourquoi il pleurait ?
Si je n'arrivais à avoir ce fameux « instinct maternel » dont tout le monde parlait ?
Je me disais que je n'avais absolument pas réfléchie aux conséquences de mes actes ! Que je m'étais laissée attendrir par les réflexions idiotes de Peeta, qui lui, étais un incorrigible et éternel optimiste. Il ne pensait jamais, lui, aux mauvaises choses, aux problèmes qui pouvaient nous tomber sur le coin du nez à tout moment !
C'était moi qui le faisais pour lui et qui lui ramenais les pieds sur terre ! Ah doux rêveur ! Et puis certes Paylor était toujours Présidente, mais après ? Quand elle passerait le relais ? Et si les jeux étaient rétablis ? J'étais certaine que le sort ne nous serait pas favorable, pas avec la chance que je m'étais toujours payée.
Non ! Ça n'allait pas du tout ! Et cela dura comme ça pendant trois semaines. A chaque fois que le bébé bougeait, je restais là, tétanisée, à ressasser en boucle toutes ces pensées négatives.
Peeta s'en était aperçu. Évidement il avait essayé de me faire parler, en vain. Au bout d'un moment, le voyant vraiment inquiet, j'avais fini par lui faire part de mes réflexions. Il n'en fut pas surpris, il s'y attendait. C'est alors qu'il décida de m'emmener dans sa dépendance.
Il voulait me montrer ses dernières créations, de jolies peintures colorées, des paysages du douze ou de la mer. D'autres avec des animaux, bariolés de couleurs, et enfin, une de moi le ventre arrondi, le visage serein en train de m'occuper des plantes dans le jardin.
A cause de mes hormones complétement détraquées, je me mis alors à pleurer sans pouvoir m'arrêter. Peeta se précipita pour me prendre dans ses bras, pour s'assurer que j'aille bien.
Et en fait, j'allais très bien ! De voir ces peintures et l'amour qu'il avait mis dans celles-ci, cela m'avait instantanément apaisé. Je les trouvais belles et chaleureuses, comme tout ce qui émanait de lui. Mais en même temps, cela me ramena au fait que moi, je ne savais pas voir le bon côté des choses et que j'étais sans doute en train de passer à côté des moments merveilleux de ma grossesse, alors que lui vivait tout à fond et avec passion. Je me sentis soudain minable alors que deux minutes avant j'étais mieux.
- Peeta, dis-je entre deux sanglots, je suis encore en train de tout gâcher !
Tu vois je m'inquiète pour tout et rien ! Je ne serais jamais une bonne mère !
Toi tu seras parfait, car tu sais toujours faires les choses au bon moment, ou dire ce qu'il faut, mais moi je n'y arrive pas !
- Kat, arrêtes, tu sais que ce n'est pas vrai.
Je serais peut-être aussi paniqué que toi, si tout ça se passait dans mon corps. J'ai le rôle le plus facile dans l'histoire.
- J'ai tellement peur…
- Mais moi aussi j'ai peur, mais c'est normal je pense.
Il n'y a pas de manuel pour apprendre à être parent tu sais ?
Mais tous les deux on sera là l'un pour l'autre, pour le bébé, et on y arrivera comme tous les gens qui ont vécus ça avant nous.
- Tu m'aideras ?
- Toujours
La semaine suivante, durant le week-end, j'étais de nouveau en train de contempler ses toiles. J'y allais presque tous les jours, car cela m'apaisait de les regarder.
Et puis, après une heure à être restée assise au milieu des peintures de Peeta, mes yeux se portèrent sur les jouets de Prim. J'attrapa son lapin en peluche, qu'elle trainait partout quand elle était petite. Je pensai à elle comme il m'arrivait souvent de le faire. Je sais que si elle avait été avec nous, elle m'aurait soutenue sans relâche, et m'aurait secoué.
Je pris le lapin avec moi et rentra dans la maison. Peeta était toujours au travail.
Je montai à l'étage et entra dans la première chambre d'amis, j'en fis le tour, je ressortis et entra dans la seconde, je regardais par la fenêtre, puis je descendis, et j'alla dans la chambre du bas.
De nouveau j'en fis le tour, la porte fenêtre donnait immédiatement sur le jardin, mais je pensai qu'une porte fenêtre dans une chambre d'enfant n'était pas du tout une bonne idée.
Je remontai de nouveau et retourna dans la première chambre qui était à côté de la nôtre.
Les trois chambres de l'étage donnaient toutes sur le jardin. La nôtre se trouvait au bout du couloir, elles étaient toutes en enfilade. Les deux chambres d'amis étaient de taille égale, spacieuses, avec du parquet au sol et de larges fenêtres comme dans toute la maison.
Je descendis de nouveau et retourna dans la dépendance attraper quelques toiles de Peeta. Je remontai et commença à les installer aux quatre coins de la première chambre. Après quoi je fis de même dans la seconde.
Peeta rentra et je lui criai du haut des escaliers que j'étais à l'étage. Il vint me rejoindre.
- Regarde, lui dis-je, là, au niveau de la disposition du placard, on aurait plus de place de mettre cette toile ci sur ce mur, avec le berceau en dessous, tu ne penses pas ?
Quoi que, peut être que si on l'accroche mal, elle pourrait lui tomber dessus en pleine nuit, ce n'est peut-être pas une si bonne idée que ça.
- Par ce que tu crois franchement que j'irais accrocher un tableau au-dessus du berceau de mon enfant, sans m'assurer qu'il soit quasiment complément collé, à tel point que si l'on devait un jour l'enlever, tout viendrait avec ? Me dit-il en me prenant dans ses bras et m'embrassant dans le cou.
- Oui, tu n'as pas tort.
Tu as déjà réfléchi à quelle chambre tu voudrais choisir ?
- Non, j'attendais qu'on le fasse ensemble, quand tu serais prête.
- Et bien je le suis !
Je le fis aller et venir d'une chambre à l'autre, l'obligeant à trimballer les toiles, regarder par la fenêtre, observer chaque recoin de chaque pièce.
Je lui avais dit qu'il était hors de question de l'installer dans celle du bas, à cause de la porte fenêtre, et il fut de mon avis.
Après je ne sais combien d'allers-retours d'une pièce à l'autre et Peeta qui restait d'un stoïcisme total, je me plantai dans celle qui était à côté de la nôtre en lui disant :
- Je crois que ça sera celle-ci, l'autre est trop proche des escaliers.
- Dans tous les cas on installera une barrière. Me dit-il
- Oui oui…dis-je toujours dans mes pensées, l'écoutant d'une oreille distraite.
Tu peux prendre ta journée demain ?
- Oui pourquoi ?
- On va aller faire les magasins ! Il va falloir commencer à se pencher sur ce qu'il faut acheter et il va falloir aménager cette chambre. Dis-je tout en installant le lapin de Prim sur le lit.
- D'accord, je vais téléphoner à Haymitch pour le prévenir.
Le lendemain, nous nous rendîmes donc dans la fameuse boutique qui plaisait tant à Peeta.
En entrant là-dedans, je perdis complétement les pédales et acheta quasiment la moitié du magasin !
Peeta avait quand même réussi à me freiner sur les vêtements, arguant qu'on ne connaissait pas encore le sexe bébé. Mais j'achetas quand même quelques pyjamas unisexes, puis des bodys, parce que, sous le pyjama, que ça soit un garçon ou une fille, on ne verrait pas la différence.
Peeta ne s'opposa pas à moi et je réussi quand même, à le laisser donner son avis, de temps en temps.
La vendeuse était ravie, évidement ! A nous seuls nous venions de lui faire faire son chiffre d'affaire pour le mois entier.
Nous devions être livrés le week-end suivant.
En rentrant, je téléphonais aussitôt à Maman, pour lui dire qu'elle et Haymitch étaient réquisitionnés d'office, pour nous aider à réceptionner les colis et monter les meubles.
Lorsque le livreur arriva enfin avec tous nos achats j'étais sur excitée !
Je ne l'avouai pas, mais je me rendis compte, au fur et à mesure que les colis s'empilaient dans la maison et en voyant également la tête de Maman et d'Haymitch que je m'étais vraiment, vraiment, laissée aller sur les achats.
- Et tu l'as laissé faire ? Glissa Haymitch à Peeta qui rigolait
- Je n'ai pas eu le courage de m'opposer à elle sur ce coup-là !
- Mais quand même, vous aviez vraiment besoin de tout ça ?
- Oui ! Dis-je d'un ton ferme.
- Bon, et bien je pense qu'on a du pain sur la planche mon gars ! Dit Haymitch à Peeta en lui tapant sur l'épaule.
Maman m'aida à déballer peluches, vêtements et autres babioles. Il y avait des choses que j'avais acheté, sans même savoir à quoi cela servait exactement, ou même comment cela s'utilisait.
- Tu as acheté un tire-lait ? Tu ne veux pas l'allaiter ? Demanda Maman.
- Non il n'en n'est pas question ! Mais il faudra que tu m'explique comment ça fonctionne ce machin, parce que, sur le principe je vois, mais en pratique…
- On verra ça un autre jour ma chérie, je pense que tu n'es pas encore prête. Dit-elle avec un petit sourire
Des biberons ! J'en avais un stock déraisonnable ! Les tétines, n'en parlons pas !
Mais ce n'était pas grave, je préférais ne manquer de rien.
J'entendais Haymitch et Peeta rigoler à l'étage, au moins ils travaillaient dans la bonne humeur, c'était déjà ça.
Ma mère commença à laver les vêtements pour ensuite les mettre à sécher, car il faisait un beau soleil, donc autant en profiter.
De mon côté, je m'attelais à faire de la place dans les placards de la cuisine, pour ranger tous les accessoires divers et variés que j'avais acheté. Mais plus ça allait, plus je me disais que je n'aurais jamais assez de place, malgré le grand nombre de placards et la taille non négligeable de la pièce.
Je montai à l'étage voir où les garçons en étaient. Ils avaient déjà monté le berceau et s'attaquaient à présent à la commode et la table à langer qui allait avec.
- Peeta ? Tu peux venir une seconde ? Demandais-je avec une petite voix.
Il sorti de la pièce et je l'entrainai un peu à l'écart
- Je crois que j'ai peut-être, vu un peu grand sur certaines quantités. Tu crois qu'on peut ramener certaines choses au magasin ? Lui dis-je en murmurant
- Oui ne t'en fais pas pour ça. J'ai profité d'un moment où tu étais en train de t'extasier devant des mouches bébé, pour en parler à la vendeuse et elle m'a dit qu'on avait un mois pour ramener ce qui ne conviendrait pas, ou si on estimait qu'on avait pris des choses en double. Dit-il l'air amusé
Je ne fis mine de rien
- Bien, parfait, dans ce cas je vais mettre de côté ce qui ne va pas, et je te laisserais les lui ramener. Je pense qu'il vaut mieux que j'évite ce magasin pendant quelques temps.
Sur quoi je retournai en bas.
Deux jours ne furent pas de trop pour venir à bout du montage et du rangement. Au final, environ un quart de ce que j'avais acheté, de manière légèrement compulsive, allait repartir au magasin. Personne ne me fit de remarque. Je pense que Peeta avait dû briefer Haymitch, qui étouffa un léger rire en voyant le tas d'affaires que nous n'allions pas garder.
Peeta m'avait interdit de revenir voir la chambre avant qu'elle ne soit terminée. Quand enfin je découvris celle-ci…je pleura de nouveau comme une madeleine géante. Foutues hormones ! Il s'était même permis d'installer les peluches de Prim sur une étagère qu'il avait fixé au mur. Ses toiles, elles aussi, étaient en place. Avec la lumière dans la pièce, tout semblait si doux, apaisant et calme. Je m'empressai d'aller m'installer dans le grand fauteuil qui permettrait d'allaiter, pour contempler tout ça.
Une fois n'est pas coutume, j'étais ravie et Peeta me voyant comme ça l'était d'autant plus.
Arriva enfin le moment de l'échographie qui permettrait de connaitre le sexe du bébé.
Nous en avions parlé avec Peeta et nous étions finalement tombé d'accord assez facilement sur le fait qu'on voulait savoir.
Le médecin commença son examen. Tout semblait toujours aller très bien et il semblait satisfait. J'étais presque étonnée à chaque examen, qu'il ne trouve pas ne serait-ce qu'une anomalie, puisque de toutes manières, ma vie avait toujours fait en sorte de me jouer des tours aux moments où je m'y attendais le moins. Mais non ! Je devais me rendre à l'évidence, j'allais bien, et le bébé aussi.
Celui-ci se développait normalement, la taille était dans les courbes, l'estimation du poids légèrement au-dessus par contre, en même temps vu la carrure du père, je n'en étais pas surprise.
Quand vint le moment où il nous demanda si on voulait connaitre le sexe, nous nous regardâmes une fois de plus avec Peeta pour nous assurer qu'aucun de nous n'avait changé d'avis et nous lui fîmes signe que oui.
Le verdict tomba : nous allions avoir une petite fille !
Peeta était aux anges. De mon côté je ne savais pas ce que je ressentais, enfin si la première chose à laquelle je pensai alors ce fut à Prim, et je fondis en larmes. Le médecin semblait décontenancé par autant d'émotivité et ne savait pas s'il s'agissait de joie ou non. Peeta lui demanda si nous pouvions rester seuls un moment et le médecin sortit discrètement de la pièce.
Il me tenait dans ses bras en essayant de me calmer
- Kat, ssshh, calmes toi. Ça va aller. Je sais à quoi tu penses. Je te jure que tout va bien se passer. Je ne laisserais rien ni personne lui faire du mal, jamais.
- Mais, mais, si je n'arrive pas à la protéger, si je lui transmets toutes mes peurs et mes tares ? Dis-je toujours en pleurant.
- Mais non, il n'y a pas de raisons, et puis je suis sûre qu'elle aura ta force surtout, je n'en doute pas un seul instant. Une toi en miniature il me tarde de voir ça ! Dit-il en rigolant.
Je ne m'arrêtais pas de pleurer pour autant, c'était comme ça maintenant, une fois que les vannes étaient ouvertes, il devenait de plus en plus compliqué de les refermer.
Je ne pensais qu'au fait qu'on allait me l'arracher au moment où je m'y attendrais le moins, qu'elle aussi, elle serait une cible, que si l'ancien régime était rétabli, elle pourrait devenir une esclave au Capitole, des idées absurdes sans doute, mais sur le moment c'était les seules choses auxquelles je pensais.
- Calme-toi, je suis là. Ça te ferait plaisir qu'on passe au magasin de puériculture, en sortant, pour regarder les vêtements ? Tentât-il.
- …Oui, peut-être, pourquoi pas. Dis-je entre deux sanglots, sa tactique semblait fonctionner.
Peeta fit revenir le médecin. Il termina sa consultation en nous disant que pour lui tout se déroulait normalement, mais il m'invita tout de même à me détendre et à me reposer car j'avais une tension un peu élevée. Rien d'inquiétant, mais il ne voulait pas que ça empire. On se demandait bien pourquoi ma tension pouvait être élevée !
En sortant Peeta m'emmena donc comme promis à la boutique. Mais avant, je fis presque un caprice pour faire un détour par la boulangerie, car j'avais une envie irrépressible de gâteau au chocolat.
De nouveau, une fois entrée dans ce fichu magasin, j'eu le plus grand mal à refreiner mes pulsions d'acheteuse compulsive que j'avais développé depuis le début de ma grossesse. Sur le coup Peeta me laissa faire, car il semblait lui aussi, tout aussi enthousiaste que moi.
Nous rentrâmes et nous nous empressâmes de tout déballer et de s'extasier encore devant les petites robes, les toutes petites chaussures. Son idée avait fonctionné et ça m'avait re donné le sourire.
Après quoi, il allât tout ranger, je l'accompagnai et m'installa dans le fauteuil tout en lui disant où il devait mettre telle ou telle chose.
- Tu vois, me dit-il, tu ne t'en rends même pas compte mais avant même qu'elle ne soit là, tu sais déjà quoi faire.
- Peeta, soit raisonnable, je ne fais que te dire de ranger les robes avec les vêtements qu'elle mettra bien plus tard et les bodys avec les bodys, il n'y a rien de compliqué là-dedans, c'est juste de la logique.
- Pas forcément pour moi. Je n'aurais peut-être pas pensé, à mettre les bodys dans la commode, à côté de la table à langer dans laquelle tu m'as fait ranger tout le nécessaire pour la nettoyer, de manière à ce que cela soit accessible plus facilement, afin d'éviter qu'elle ne tombe par exemple.
- Ma mère m'a un peu aidé sur ce coup-là.
- Peut-être, il n'empêche que je ne suis pas du tout inquiet sur ton aptitude à devenir mère.
Je ne l'ai jamais été, sinon je ne t'aurais jamais proposé qu'on se lance dans cette aventure, crois-moi.
Une fois terminé, je m'installai dans notre lit tandis qu'il préparait nos bagages pour le départ du lendemain. Nous devions nous rendre dans le quatre pour notre semaine de vacances entre amis.
Nous étions épuisés l'un comme l'autre par cette journée et les émotions qui allaient avec, aussi nous nous écroulâmes sans demander notre reste, après que Peeta ait fortement insisté pour que je mange au moins un peu, avant de dormir.
Nous étions les premiers à arriver à la maison. Jo, Gale et Anton ne nous rejoindraient que plus tard dans la soirée.
Il me tardait en un sens, de leur annoncer la grande nouvelle, qu'ils verraient d'ailleurs d'eux même, tant mon ventre s'était arrondit, encore plus durant le dernier mois qui venait de s'écouler.
J'étais le centre de l'attention, tout le monde était aux petits soins pour moi, Caleb et Finn compris.
Ils avaient vraiment développé une belle relation tous les deux. Je pensai que cela devait faire du bien à Finn d'avoir un autre repère masculin dans sa vie et de voir sa mère épanouie.
Celle-ci s'était d'ailleurs, vraiment, de plus en plus détendue au fil des années. Bien sûr, elle m'avait confié que rien ni personne ne remplacerait jamais Finnick, mais Caleb avait su trouver sa place et gagner sa confiance et il était vraiment très sympathique et s'intégrait parfaitement dans notre joyeuse bande.
Durant l'après-midi Finn vint me rejoindre sur la terrasse alors que j'étais étalée comme une baleine échouée sur un transat. J'étais à chaque fois frappée, par sa ressemblance physique avec son père. Dans moins d'un an, il aurait l'âge que celui-ci avait lorsqu'il avait remporté ses premiers jeux. En grandissant il avait forcément posé des questions et Annie avait dû lui expliquer petit à petit les choses. Pour l'aider, je lui avais proposé de lui prêter le livre que nous avions fait avec Peeta et Haymitch.
Finn l'avait lu en entier et nous avait remercié de l'avoir fait et qu'il avait les réponses dont il avait eu besoin. Il n'en avait plus re parlé depuis.
Il s'installa à côté de moi. J'aimais passer des moments avec lui. Je l'avais déjà emmené chasser avec moi, avec l'autorisation d'Annie cela va de soi. C'était un adolescent qui avait les pieds sur terre et même s'il était un natif du quatre et que l'eau semblait être son élément, tout comme elle l'était pour Finnick, il s'était parfaitement fait et intégré à la vie du douze, qu'il avait adopté pleinement.
- Kat, je peux te parler ?
- Oui bien sur mon grand. Lui dis-je
- Voilà, je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, Maman me gronderait surement d'ailleurs, mais je l'ai entendue parler à Caleb un jour, lui dire que tu avais peur de devenir Maman…
Je voulais juste te dire, que pour moi, tu as été très présente et que tu es une personne très importante dans ma vie, et que moi je pense que tout ira bien.
Je fondis en larme ! Je ne savais faire que ça maintenant dès que j'avais un trop plein d'émotions, c'était exaspérant.
Peeta m'entendit et arriva sur le champ et regarda Finn, qui ne savait plus où se mettre.
- Qu'est ce qui lui arrive ? Lui Demanda Peeta.
- Ce, ce n'est pas de sa faaaauuuuuteee ! Dis-je entre deux crises de larmes.
- Ce n'est pas ce que j'ai insinué. Dit calmement Peeta, en se tournant vers Finn.
- Je lui ai juste dit qu'elle comptait pour moi et que j'étais sûr qu'elle ferait une bonne mère. Dit celui-ci, ce qui ne fit qu'aggraver ma crise de larmes.
Peeta lui sourît, le remercia, lui donna une tape amicale sur l'épaule et lui demanda de nous laisser, le rassurant en lui expliquant que c'était les hormones qui me faisaient réagir comme ça.
Il me prit dans ses bras, qui devenait mon refuge de prédilection
- Aller mon cœur ça va aller.
Tu pleures parce que ça t'a fait du bien à entendre où que ça t'a fichu la trouille ?
- Non, non ça m'a beaucoup touché. Dis-je en me redressant pour pouvoir me moucher.
Peeta insistait désormais pour que je me ballade systématiquement avec un paquet de mouchoir à portée de main
- Il est adorable ce gamin. Dit Peeta.
- Oui, trop…
- Tu veux rester là où tu viens avec nous à l'intérieur ? J'ai fini de tout installer dans notre chambre, tu veux peut-être aller t'allonger un peu ?
- Non c'est bon, je vais me mettre sur le canapé, je préfère rester avec vous.
Il me souleva comme si je ne pesais rien et me porta jusque sur le canapé.
Quelques heures plus tard je fus réveillée par des bruits de voix enjouées. J'étais toujours sur le canapé, on m'avait recouverte d'un plaid. Je ne m'étais même pas sentie partir. Je me recoiffai rapidement, ajusta mes vêtements et me leva pour aller saluer mes amis.
Gale fut le premier à me voir. Il en lâcha ses valises ce qui intrigua Jo qui lâcha un :
- C'est pas vrai ! La vilaine cachotière ! Tout en regardant également Peeta avec un regard assassin.
Donc forcément nous sommes les derniers au courant ?
- Oui, mais je ne voulais pas vous le dire par téléphone.
- Toi ! Tu vas avoir des choses à me raconter. Dit Jo qui me prit dans ses bras.
Gale n'avait toujours rien dit, il était resté sur place, encore un qui se figeait ! Je commençais à avoir l'habitude.
Jo lui donna un coup de coude
- Eh bien ! Qu'est-ce que tu as ? Tu ne vas pas rester planté là sans rien dire enfin !
- Heu oui…
Il s'approcha de moi, me fixant, je me sentis presque coupable et je n'osais pas le regarder. Une fois arrivé à ma hauteur, il me prit dans ses bras et me souleva de terre et me dit à l'oreille :
- Je suis tellement heureux pour vous et pour toi et que tes stupides blocages se soient enfin envolés.
Il me reposa.
- Je savais que tu finirais par changer d'avis un jour, et que Peeta saurait te donner la confiance dont tu avais besoin.
Je te souhaite de vivre le bonheur que nous vivons Jo et moi avec Anton.
- Merci Gale.
Peeta s'approcha de nous et Gale se tourna vers lui et le prit aussi dans ses bras en le félicitant chaleureusement.
Et dire qu'il y seize ans presque, avant la moisson, je disais à Gale que je n'aurais jamais d'enfants, nous voilà maintenant adultes parents en devenir, ou parents tout court. La vie était décidément pleine de surprises.
Cette semaine ensemble fut un vrai régal, qui me permit de m'échapper et d'oublier, durant l'espace de quelques jours, les angoisses qui me rongeaient.
Un soir, Gale proposa qu'on re fasse le jeu des défis !
- Ça fait des années qu'on n'y a pas joué. Katniss étant out, on a peut-être une chance de battre le record ! Dit-il tout excité.
- Comment ça je suis out ? Je suis enceinte pas impotente !
- Ma tourterelle, me dit Haymitch, pour jouer à ce jeu, il faut boire, et tu n'as pas le droit de boire.
Tu peux être l'arbitre si tu veux ? Sauf que tu n'auras pas le droit de donner de point à Peeta, sinon c'est lui qui va gagner.
- Je ferais l'arbitre avec toi ma chérie. Me dit Maman.
- Mais moi je voulais jouer. Dis-je en prenant une moue boudeuse.
- Elle va pleurer là ? Demandât Haymitch à Peeta, l'air inquiet.
- Non je pense que ça devrait aller ! Répondit celui-ci.
- Par contre Caleb, lui, n'a jamais été initié au jeu des défis ! Précisa Annie
- Parfait ! Faut le dépuceler ! Hein Caleb ? Lui lança Haymitch
- Mais oui ! Je ne recule devant aucun défi.
- Voilà qui est parlé ! En plus Anton est au lit, Finn doit encore bouquiner quelque part, donc la voie est libre ! Trancha Haymitch
Ce soir-là, j'ai bien cru que j'allais accoucher tellement nous avions ri.
Johanna et Gale qui avaient dû échanger leurs vêtements. Gale en robe moulante, il n'y avait pas de mots pour décrire ce spectacle.
Caleb fut un peu bizuté et dû entre autre, goûter un énième nouveau cocktail d'Haymitch. Nous avions vraiment cru le perde à un moment, tellement il toussait. Je pensai qu'il risquait d'en garder des séquelles à vie.
Annie, avait été obligé de balancer pendant trois minutes tous les gros mots qu'elle connaissait, elle qui n'en disait jamais ! Contre toute attente, non seulement elle ne se défilât pas, et pris très à cœur le défi qui lui était lancé, à telle point qu'elle avait d'ailleurs réussi à nous choquer.
Haymitch eu lui aussi le droit à un relooking complet de la part de Johanna, et nous offrît une danse, digne des boites de nuits les plus glauques du Capitole ! C'est là que nous avions pu constater que les robes lui allaient très bien.
Le clou du spectacle fut surement le moment, où, tous les garçons se retrouvèrent nus à faire une course sur la plage.
Peeta était dans un bel quand nous partîmes nous coucher, et il était toujours tout nu. D'ailleurs tous étaient restés nus, arguant que maintenant qu'on les avait vu comme ça, ça ne nous choquerait pas qu'ils le restent et qu'ils se sentaient mieux comme ça, je cite : « telle que la nature généreuse nous a faite » !
Le lendemain, Maman s'était levée tôt pour préparer des remèdes « lendemain de fête ».
Et le moins que l'on puisse dire c'est que certains en avaient bien besoin ! Surtout le futur père de mon enfant !
Il était beau à voir ! Je l'avais laissé finir sa nuit tout seul tellement il ronflait, sentant l'alcool à plein nez en étant étalé toujours nus en plein milieu du lit.
Les joyeux lurons ne se souvenaient plus vraiment de la fin de la soirée. Nous autres filles, mères, ou future mère, qui étions restées relativement sage, nous prîmes un malin plaisir à leur rafraichir la mémoire.
Après quoi, ils s'occupèrent de nous quatre toute la journée. Nous nous sentions un peu coupable, car ils nous avaient tellement fait rire, mais c'était fabuleux de les voir s'activer à la moindre demande de notre part, malgré le fait qu'ils semblaient tous s'être fait piétiner la tête par quelque animal en colère.
Bien sûr, arriva inévitablement un moment dans la semaine, durant lequel Jo me cuisina pour savoir, quand j'avais décidé, ce qui m'avait fait changer d'avis, comment je vivais là chose et j'en passe.
J'avais du mal à lui refuser de lui parler des ressentis d'être enceinte car je savais qu'elle ne pourrait jamais connaitre ça.
Je n'enjolivai rien, je lui parlai des bons comme des mauvais côtés, mais elle me connaissait aussi bien qu'Annie et elles surent me rassurer, en me disant que les peurs que j'avais, elles aussi les avaient connues.
Pour Jo se fut un peu différent, mais pas tant que ça non plus. Voir même plus compliqué pour elle, étant donné qu'elle n'a pas pu sentir Anton grandir en elle.
Dès lors comment être sure le moment venu qu'il vous adopte vous aussi ? Pour autant elle avait su instinctivement trouver exactement quoi faire avec Anton.
Il avait presque quatre ans maintenant, il jouait dans le sable avec Finn qui s'occupait de lui. A chaque fois qu'Anton voyait Finn, il était en admiration totale devant lui.
Johanna le regardait elle semblait avoir trouvé une forme d'apaisement singulière, qui ne pouvait s'expliquer que par le fait d'entrer dans le cercle très fermé d'être Maman.
Mais pour autant disait-elle « oui tu t'apaise, mais tu développes aussi d'autres peurs, dès qu'il touche quelque chose, qu'il tombe, qu'il se cogne. Mais un enfant c'est robuste » m'expliquât elle.
Elle commençait déjà à lui apprendre à grimper aux arbres. Il semblait qu'il en avait marre du harnais. Il avait bien changé, en tous cas avec nous, il nous parlait beaucoup plus maintenant et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il avait la gouaille de Jo, ce qui amusait beaucoup Gale.
Celui-ci était un père aussi présent que possible compte tenu de son travail.
Cependant il avait fait le choix de mettre un peu sa carrière entre parenthèses au début, (en accord avec Paylor) pour rester avec sa famille et s'occuper d'eux.
Bien sûr, Hazelle ne manquait pas une occasion de venir les voir, ce qui ne semblait pas toujours ravir Jo, qui était devenue assez possessive avec son fils.
Ceci étant les premiers temps ça l'avait beaucoup amusée, car Anton avait trop peur d'Hazelle et refusait de s'approcher d'elle.
Elle qui croyait ne jamais arriver à aimer un enfant qu'elle n'aurait pas porté, elle qui était si sauvage, elle était en fin de compte devenue une vrai mère poule.
Si elle en avait été capable, il me restait encore de l'espoir.
J'eu de la peine de devoir rentrer, mais je savais que Peeta avait encore deux semaines de congés devant lui pour les passer avec moi, donc ça me rassurait.
Le septième mois et le huitième mois passèrent presque aussi vite que les précédents.
J'étais devenue vraiment énorme, tellement je m'étais empiffrée sans retenue.
Le médecin avait eu beau me dire de faire attention à mon régime alimentaire et à mon poids, je n'en avais fait qu'à ma tête. Qu'il essaye un peu lui, d'être à ma place et d'avoir des envies incontrôlables et tellement fortes que vous seriez capable de tuer pour ça, voir même de braquer la boulangerie en pleine nuit (j'y avais en effet déjà songé).
Peeta continuait de parler presque tous les jours à mon ventre, à « notre fille ».
Il m'arriva plusieurs fois, quand il n'était pas là, de le faire mois aussi. Au début je pensai que j'étais complétement folle. Mais quant à plusieurs reprises elle bougeât dans mon ventre semblant réagir au son de ma voix, j'avais trouvé cela amusant.
Je m'étais même laissé aller un jour à chanter. J'avais fini par m'habituer à ses moments de folies durant lesquels j'avais l'impression qu'elle essayait de construire une extension à l'intérieur de moi pour avoir plus de place. Parfois je lui disais qu'elle exagérait, surtout quand elle avait décidé de s'en prendre à ma vessie, ce qui m'obligeait à aller aux toilettes un nombre incalculable de fois. Au final, de la sentir, ne me semblait plus si odieux que ça.
Il m'arrivait souvent, aussi, de passer plusieurs heures par jour dans sa future chambre, simplement pour regarder l'agencement, vérifier que tout était parfait et me poser sur le fauteuil pour regarder les toiles de Peeta.
Je décidai, contre l'avis de celui-ci, d'assurer quand même la rentrée, prétextant que c'était pour éviter que Delly ne soit seule et puis car il m'était difficile de passer complètement le relais. Mon travail allait me manquer, mais ce n'était que pour un temps, même si j'avais peur que Delly ne travaille encore mieux que moi et de perdre mon poste. Oui, mes pensées étaient vraiment néfastes et incontrôlables !
J'en étais à huit mois et demi de grossesse.
J'étais échouée sur mon canapé à regarder la télévision. Depuis une semaine ou deux j'avais quelques contractions.
Au début, forcément, j'avais paniqué, avant que l'on ne m'explique que c'était normal à ce stade. Le médecin m'avait imposé un repos strict maintenant, car ma tension était toujours élevée. Une fois encore, ce n'était pas lui qui était sur le point de pondre un « bébé Peeta » qui allait devoir sortir on ne sait trop comment vu qu'elle dépassait maintenant toutes les courbes, en termes de taille et de poids !
Passer mes journées seules n'était pas évident, mais depuis quelques jours Peeta s'était arrangé pour rentrer plus tôt à la maison ce qui me faisait du bien.
Bien évidement Maman et Haymitch se relayaient aussi pour venir me voir dès qu'ils le pouvaient, en s'arrangeant par rapport à leurs travails respectifs.
Annie Finn et Caleb, eux aussi passaient me rendre visite, mais Annie venait souvent seule, car elle savait que je pouvais parler plus librement comme ça. J'avais fini par lui poser quelques questions, comme ça manière de.
Peeta ne le savait pas non plus, mais j'avais acheté un livre, qui expliquait les soins à donner à l'enfant, la température de l'eau, du lait, la couleur des selles, comment changer bébé…Je m'étais sentie un peu mieux après l'avoir lu, me disant que ça ne semblait pas si compliqué à faire, que c'était « mécanique ».
Je regardais un programme sur les différentes espèces animales du District six, quand soudain j'eu l'impression que je venais de me faire pipi dessus. Je commençai à râler me disant qu'elle exagérait vraiment de tabasser ma vessie comme ça ! Je soulevais le plaid et regarda : le canapé était inondé. Et là, ça fit tilt ! J'avais lu un truc là-dessus : je venais de perdre les eaux. Une panique s'empara de moi, il était trop tôt ! Je m'enroulai comme je pouvais dans le plaid et me précipita difficilement vers le téléphone.
- PEETAAAA ! Je viens de perdre les eaux. Lui dis-je paniquée.
- Ne bouge pas j'arrive ! Et il ne me laissa même pas le temps d'ajouter quoi que ce soit qu'il avait raccroché.
Cinq minutes plus tard à peine, j'entendais le bruit de sa fourgonnette se garer devant la maison et il déboula en trombe.
J'étais retournée sur le canapé, car je commençais à avoir de plus en en plus de contractions. On m'avait prévenu que ce n'était pas une partie de plaisir, en effet je pouvais en attester. Moi qui n'étais pas douillette, surtout après avoir subi deux fois les Hunger Games, ainsi que la guerre, là je serais les dents. Le stress de la situation devait aussi y être pour quelque chose sans doute.
Il s'approchait de moi.
- Ça va mon cœur ? Tu as besoin de quelque chose avant qu'on ne parte ?
- Tu crois que ça va toi ? j'aimerais t'y voir !
Non, je n'ai besoin de rien mais ça serait sympa de s'activer un peu là !
Puis je me mis à pleurer
- Peeta ça ne fait pas neuf mois ! C'est trop tôt ! tu crois qu'elle a un problème ?
- Mais non, ça arrive parfois et puis il ne restait que deux semaines avant le terme de toutes façons, donc je pense que tout va bien, mais on va s'en assurer.
Il attrapa le sac qu'on avait déjà préparé depuis plusieurs jours et m'aida à marcher jusqu'à la fourgonnette, toujours enroulée dans mon plaid.
Quelques minutes après nous étions à l'hôpital ou je ne tardai pas à être prise en charge.
- Tu as fait prévenir Maman et Haymitch ?
- Oui Haymitch était au bar, il a appelé Lize qui est de service aujourd'hui.
Je pense qu'elle viendra te voir dès qu'elle le pourra.
Je fus installée dans une chambre on me brancha de partout pour contrôler mon rythme cardiaque, ma tension et idem pour le bébé. Puis on m'expliqua que le médecin n'allait pas tarder à venir m'examiner. Peeta restait à côté de moi et me tenait la main.
Une nouvelle contraction se fit sentir.
Je lui broyai la main, mais il restât stoïque se contentant de me répéter « souffle, oui souffle, comme ça », comme on nous avait appris durant les cours d'accouchement que nous avions suivis une fois ou deux, à sa demande. J'y avais vite mis un terme, car ça ne me plaisait pas d'être les cuisses écartées, entourée de plein d'autres femmes, même si nous étions toute habillées évidemment ! Peeta lui continua d'y aller pour « être prêt le moment venu » m'avait-il dit.
Mais je ne sais pas pourquoi au lieu de m'aider ça m'énervait ! Ça me donnait presque envie de le frapper.
Donc les premières fois je tentai de garder mon calme et de prendre sur moi en l'écoutant me répéter ses formules vaudou, mais à un moment donné je finis par craquer et lui dire que s'il continuait, je l'étranglerais à mains nues ! Cela le fit rire.
Le médecin arriva enfin ! Il n'avait pas l'air pressé alors que moi je voulais savoir si tout allait bien. Il examina tout puis entrepris de mesurer le degré de dilatation de mon col ! Une expérience tout à fait charmante.
- Madame Everdeen, tout à l'air de bien se présenter.
Votre tension est toujours un peu trop élevée à mon gout, ce qui a tendance à jouer un peu sur le rythme cardiaque du bébé. Votre col est en train de s'ouvrir doucement, nous en sommes à deux centimètres pour le moment.
Pour l'instant on va rester comme ça et laisser faire la nature. Si jamais on constate que le bébé souffre de votre hyper tension on déclenchera l'accouchement pour accélérer les choses.
Alors, je sais que les futures Mamans ont envie de me tuer quand je dis ça, mais essayez de vous détendre au maximum. Ah et pour l'instant je ne peux pas vous donner de calmant tant que le travail n'est pas plus avancé.
- De toutes façons je n'en veux pas Docteur.
- Vous êtes sûre ? Ça aide quand même.
- Tout à fait sûre ! Je veux que cela soit aussi naturel que possible.
- Bien, comme vous le souhaitez.
Monsieur Mellark, encore une fois il n'y a aucune inquiétude à avoir je ne suis pas surpris que l'accouchement se produise un peu plus tôt que prévu compte tenu de la taille du bébé. Donc gardez la tête froide, vous allez en avoir besoin. Lui dit le Docteur en lui serrant la main et lui donnant une tape sur l'épaule tout en faisant un clin d'œil amusé, ce qui fit rire Peeta
- Il voulait sous-entendre quoi par-là ? Que je suis ingérable ? Non mais je voudrais bien l'y voir lui ! Et toi aussi d'ailleurs !
- Mais non Kat, je pense que tu es loin d'être une exception tu sais.
Je t'aime. Me dit-il en me caressant les cheveux, ce qui me détendis.
Il vint alors m'embrasser. C'est pile à ce moment-là, que j'eu une autre contraction et je m'agrippai au premier truc qui passait, ses cheveux. Je l'entendis vaguement dire « Aie » mais je n'étais pas apte à l'écouter. Quand il réussit à me faire lâcher prise je tenais deux touffes blondes dans les mains et lui se massait la tête.
- Ouf ! Je l'ai sentie passer celle-là ! Dis-je reprenant mon souffle.
- Oui moi aussi…Dit Peeta.
- Oh pardon ! Désolée je n'ai pas fait attention…
- Ce n'est rien, il fallait que j'aille chez le coiffeur de toutes manières.
- Approche-toi de moi, lui dis-je, j'ai envie de t'embrasser.
- Oui, mais tu gardes tes mains loin de ma tête s'il te plait, j'aimerais que ma fille évite de voir son père à moitié chauve.
- Je suis désolée. Tu devrais peut-être aller voir une infirmière pour voir si je ne t'ai pas trop abimé
- Non ça va aller, j'en ai vu d'autres. Me dit-il amusé.
Puis les heures passèrent et les contractions allaient et venaient et étaient de plus en plus fortes et de plus en plus rapprochées. Toutes les deux heures le médecin ou une infirmière venaient vérifier, ma tension, le rythme cardiaque du bébé, et l'ouverture de mon col.
Ma mère passa me voir, mais je m'étais endormie. Peeta lui avait fait un compte rendu de ce qu'avait expliqué le médecin. Elle lui dit qu'elle reviendrait avec Haymitch quand tout serait terminé, qu'elle préférait nous laisser vivre ce moment tous les deux, mais qu'en cas de problème, il fallait qu'il l'appel immédiatement.
Cela faisait maintenant dix heures que nous étions à l'hôpital. Le médecin revint une fois de plus me voir.
- Bon, Madame Everdeen, on va devoir déclencher l'accouchement.
Le bébé commence à fatiguer là-dedans. Votre tension ne baisse pas suffisamment et votre col n'est pas encore suffisamment ouvert.
Encore une fois, ne vous inquiétez pas, je préfère prendre toutes les précautions c'est tout.
Par contre je vais être totalement transparent avec vous, la méthode que je vais devoir utiliser ne va pas être agréable.
Vous êtes toujours sûre de ne rien vouloir prendre avant qu'on commence ?
- Oui ! je suis parfaitement sure ! Il m'énervait vraiment celui-là !
Je refusais de prendre quoique ce soit, je voulais pouvoir tout ressentir et surtout être lucide pour vivre ce moment que j'avais tant redouté.
Deux brancardiers m'amenèrent alors dans la salle d'accouchement. Peeta m'y rejoint quelques minutes après, car il avait dû s'équiper d'une blouse et de sur-chaussures. Il vint immédiatement à côté de moi et je cherchai instinctivement sa main, il me fallait à tout prix sentir un contact physique entre nous. Nous échangeâmes un regard. On y était.
- Bien ! Madame Everdeen, je vais devoir faire ce que l'on appelle un décollement des membranes. Étant donné que vous avez déjà des contractions, cela ne servirait à rien de vous injecter un quelconque médicament. Cette méthode-là, bien que douloureuse, permet de déclencher vraiment le travail.
Vous êtes prêtes ?
Je vous invite à souffler quand je vous le dirais même à crier si cela peut vous soulager, mes oreilles ont l'habitude.
Je vais commencer maintenant.
Effectivement c'était vraiment douloureux. A côté les contractions c'était de la gnognotte. Mais je restai calme, enfin silencieuse du moins, je poussai quelques grognements et souffla comme un bœuf, mais je su garder la face. J'avais juste de plus en plus envie de taper sur ce Docteur !
- Voilà c'est fait. Désolé je sais que ce n'est vraiment pas agréable. On va devoir attendre quelques minutes maintenant, que cela fasse effet.
Dès que vous sentez que vous avez envie de pousser vous me le dite.
Comment est-ce que j'allais sentir ça moi ? Je m'en voulu de ne pas avoir terminé les cours d'accouchement.
- Peeta tu restes avec moi ? Lui dis-je cherchant son regard et son contact un peu paniquée.
- Toujours !
Finalement mes questionnements ne durèrent pas trop longtemps. Effectivement je ressentis au bout d'un bon quart d'heure, comme une envie de pousser, il n'y avait pas d'autre mot.
- Docteur, je crois que j'ai envie de pousser là !
- Ok parfait on y va !
Katniss, je vais vous appeler Katniss maintenant, à chaque contraction, vous prenez une grande respiration et vous poussez de toutes vos forces.
Dès que celle-ci s'arrête vous reprenez votre souffle et vous respirez normalement avant de recommencer. Je vous dirais quand vous arrêter.
Première contraction je me mis à pousser de toutes mes forces en broyant la main de Peeta au passage. Il était collé à moi me prenant en partie dans ses bras et m'encourageant, accompagnant chacun de mes mouvements, me disant qu'il m'aimait et qu'il était là.
La seconde, la troisième, la quatrième…j'étais déjà épuisée, je pleurais en leur disant que j'avais l'impression de ne pas y arriver alors que je Docteur n'arrêtait pas de me dire que tout se passait très bien et qu'il apercevait déjà la tête.
Nouvelle contraction, encore une autre.
- La tête est sortie.
Peeta, tout en continuant de me tenir la main, voulu aller voir, il semblait vraiment ému et me serra encore plus fort contre lui.
Une nouvelle contraction et avec elle les épaules. Je pensais être en train d'expulser un sumo, mais ce n'était pas grave, j'étais dans un monde parallèle ou je n'attendais plus que les ordres du médecin pour agir comme un robot, allant puiser dans mes dernières forces pour tout donner.
- Katniss, ne poussez plus maintenant.
Est-ce que vous voulez l'attraper et l'aider à finir de sortir ?
Instinctivement je lui répondis :
- Oui !
- Redressez-vous,
Voilà comme ça,
Attrapez là,
Parfait vous vous en sortez très bien, maintenant laissez la venir en douceur.
Puis j'entendis ses premiers pleurs alors que je la tenais, la mettant au monde. Et à ce moment-là je su. J'étais Maman à présent.
Il n'y avait pas de mots assez forts pour décrire cette sensation. Peeta pleurait de joie à côté de moi, on lui proposa de couper le cordon, ce qu'il fit évidement.
Je tenais ma fille sur ma poitrine contre moi pour lui donner ma chaleur, mais on vint me la récupérer pour la nettoyer l'ausculter.
Je failli sauter à la gorge de l'infirmière qui venait me l'arracher des bras. Arracher est peut-être un terme un peu exagéré, mais c'était ce que j'avais ressenti. Peeta suivi l'infirmière, collé à elle pour voir ce qu'elle lui faisait. Je le regardais faire, épuisée, mais j'étais envahie par des bouffées d'amour. J'étais comme habitée, par deux types d'amours. Celui que je venais à peine de ressentir pour ma fille, qui ne pouvait s'expliquer, mais qui était d'une puissance folle, et l'amour que j'avais pour Peeta, qui était tout aussi fort et puissant, mais bien qu'étant tout aussi inexplicable, il était différent. Je ne pensais pas que mon cœur cacher tous ces sentiments en lui.
Enfin l'infirmière me la ramenât, emmaillotée et la posât sur moi tandis que le Docteur finissait de s'occuper de moi.
Peeta et moi échangeâmes des sourires, des « je t'aime » à n'en plus finir et il m'embrassa, comme j'aimais tant qu'il le fasse, avec tout l'amour dont il était capable.
Après quoi on nous laissa un peu tous les trois savourer ce moment.
Elle était enfin là devant moi, et je n'avais plus peur. Elle était parfaite. Nous étions une famille.
