CHAPITRE 52 : COUP DE MAIN CELESTE !


~ Bateau de l'Amiral Kizaru – 07h54 – Mer de Grandline ~

Assis derrière son bureau, Kizaru se frotte sa barbe naissante sur son menton, l'air fatigué et les paupières terriblement lourdes en cette fin de soirée et début de journée qui s'annonce longue. Bien qu'il ait quitté la base de Marineford que depuis quelques heures, Borsalino se cesse de regarder le temps qui passe sur sa montre jaune à son poignet. Jamais dans sa carrière, il n'avait eu à jouer contre le temps pour attraper un criminel. Souvent, c'était pour les criminels qu'ils poursuivaient que le temps était compté, mais jamais l'inverse. C'est bien ce qu'il l'inquiète le plus à vrai dire.

Dès son départ de Marineford, il a contacté tous ses meilleurs espions et soldats infiltrés sur les mers pour parvenir à avoir un maximum d'information sur ce mystérieux médecin et chirurgien Trafalgar Law. Malheureusement, il n'a reçu que de brefs rapports d'espions l'ayant aperçu avec un équipage à bord d'un sous-marin jaune sur une île de Grandline.

- Un sous-maaarin en plus ! Comment suis-je censééé l'attraper heeein ?! peste Kizaru en envoyant valser les rapports du bureau.

Il se prend la tête entre ses mains tremblantes sous l'effet de la frustration montante et de l'angoisse. Il est seul dans cette course-poursuite et sans soutien de son chef. Sengoku niera qu'il est impliqué si la mission est révélée au grand jour ! Pendant un instant, Borsalino regrette d'avoir pardonné à Sengoku… A qui aurait-il confié cette délicate missive si les deux hommes s'étaient éloignés pour ne jamais se pardonner ? Qui aurait eu cette mission dont l'objectif est de sauver la fille du chef en personne ? Ça, il l'ignore. Peut-être que s'il rentre vivant au QG avec sa cible, il lui posera discrètement la question. Mais il chasse ces pensées quand le visage figé de la jeune fille allongée dans le lit de l'infirmerie lui revient en tête. S'il s'était lancé sans réfléchir dans cette quête, ce n'était pas pour Sengoku… Mais pour voir un nouveau sourire ravissant et radieux sur les lèvres de cette demoiselle qui a mis un peu de piment au sein du QG avec son caractère de cochon et sa bonne humeur.

Borsalino se redresse dans le fond de son siège et s'autorise un instant de faire une micro-sieste. Le navire est en route vers le Nouveau Monde en direction des îles où cet étrange équipage et ce médecin ont été aperçu pour la dernière fois. Il se cale dans son siège et relève les jambes pour les poser sur son bureau avant de fermer les yeux, les mains sur son torse. Epuisé par l'absence de sommeil, Borsalino s'endort en quelques minutes dans son bureau, sous le regard désapprobateur d'un certain ange gardien. Depuis son petit nuage, Davy observe le navire de l'amiral Kizaru qui traîne à avancer dans la mer si calme pour ce début de journée.

- Je ne dois pas intervenir aux yeux des humains. Alors déclenchons les éléments naturels pour accélérer les choses ! Il n'aura rien à redire !

Davy descend de son monde pour venir discrètement survoler le navire, au-dessus de l'unique soldat à la vigie, endormi en position fœtale. Il vérifie qu'aucun autre soldat n'est présent sur le pont et commence à modifier l'atmosphère et les nuages au-dessus du navire, créant une dépression atmosphérique. Le vent commence à souffler dans les voiles du navire, lui permettant une accélération progressive. Les immenses voiles blanches du bateau se gonflent à leur maximum et le navire prend une vitesse de croisière plus importante, surprenant le pauvre soldat à la barre, qui se réveille brusquement. Davy descend alors de sa position et vient observer ce soldat seul à sa tâche, dans la cabine du capitaine, visiblement perturbé par ce changement atmosphérique. Il ne cesse de vérifier la boussole et la carte, cherchant une explication rationnelle. Davy roule des yeux et se rend invisible aux yeux des humains pour pouvoir l'approcher en toute discrétion.

Le soldat resserre sa prise sur la barre du navire et continue de suivre les indications données par l'amiral Kizaru. A ses côtés, l'ange Davy tique légèrement. Les informations de l'amiral sont très approximatives et l'équipage des pirates a déjà quitté l'île sur laquelle ils se dirigent depuis bientôt deux semaines. Son regard se pose sur le soldat épuisé, réfléchissant à sa prochaine aide. Il a une idée pour pouvoir faire avancer les choses mais cela est contraire à l'éthique qu'on lui a appris durant son enseignement parmi les anges au monde des anges. Davy repense alors à sa promesse qu'il s'est faite : la sauver est un souhait utopique et il le sait. Mais donner un peu plus de temps à Melody et son père pour se pardonner est une chose dans ses compétences. Il s'est promis d'exaucer ce vœu et qu'importe les conséquences pour lui !

Davy ferme les yeux un instant laissant des larmes qui perlent aux coins de ses yeux tandis que ses lèvres forment un sourire énigmatique.

- Pardonne-moi pour cet affront que je vais faire à notre profession, mon cher Gabriel. Mon acte sera un mal pour un bien quand je verrais leur sourire s'agrandir ! Et cette famille a besoin de sourire et d'être heureuse comme avant ! Alors, adieu mon frère.

Davy efface ses larmes coulant sur ses joues et se rapproche du soldat, toujours absorbé dans la conduite du navire sur cette mer agitée. Le soldat sent une sensation étrange avec une impression d'être observé. Davy ne tarde pas plus pour ne pas paniquer le soldat et se rend visible à ses yeux, surprenant le soldat qui en lâche la barre dans un hurlement.

- QUI ÊTES-VOUS ?!

Le soldat cherche à tâtons son arme de service dans son dos mais Davy s'est déjà rapproché de lui et vient poser deux doigts de sa main sur son front, avec un sourire désolé.

- Pardonne-moi mon brave, mais j'ai besoin de ton corps ! Angelio Possesio ! clame-t-il sous le regard effrayé du soldat.

Le corps du soldat se fige comme s'il venait de geler et Davy en profite pour venir pénétrer le corps du jeune garçon à la manière d'un démon qui prend possession d'un hôte humain. La scène ne dure que quelques secondes et aussitôt, le corps reprend vie, avec l'ancien ange Davy aux commandes. Curieux de ressentir cette sensation d'être un être humain, Davy observe autour de lui la cabine silencieuse. Il lève les mains fragiles et blanchâtres du garçon devant ses yeux observant les détails du corps humain.

- C'est si étrange d'être à nouveau de ce monde. Mais je ne devrais pas trop rêver… Ce petit jeu ne durera qu'un temps, se résigne Davy. Faisons vite… !

Il entend des bruits de pas rapides venant dans sa direction et se relève en vitesse pour reprendre son poste à la barre. D'un claquement de doigts, il modifie les instructions de l'amiral noté sur la carte et commence à repositionner le navire dans la bonne direction. L'équipage recherché est reparti bien plus loin que c'était imaginé l'amiral Kizaru lors de ses minuscules recherches. Fort heureusement qu'il y a un ange gardien qui a décidé de piper les dés dans cette course à la montre. Davy reprend un visage neutre et un regard impassible sur l'immensité de la mer qui s'étend devant le navire quand la porte de la cabine s'ouvre d'un éclair sur deux matelots habillés maladroitement, et armes à la main.

- On a entendu crier ! Qu'est-ce qui t'arrive bon sang ?! s'écrie l'un d'entre eux en s'approchant.

Davy tourne la tête, faisant une expression des plus surprise.

- Vous avez dû rêver. Je n'ai pas crié et je suis seul depuis quelques heures maintenant. Un type vous a fait une mauvaise blague je pense.

- Pouaf… Encore un coup de Léo, grogne le deuxième ! J'faisais un rêve super en plus !

- Ouais, on voit ça ! ricane le premier soldat. Tu bandes dur sous ton caleçon !

Le concerné baisse les yeux pour remarquer qu'effectivement, une érection trahit son rêve. Il rougit et retourne dans le dortoir, mort de honte. Davy s'autorise à sourire puis retourne à sa fixation de l'horizon bleu, tandis que son collègue vient à ses côtés en baillant.

- Tu veux que je prenne la relève ?

- Pas besoin, j'ai pris ma dose de café. Retourne dormir, tu ferais peur à un moustique !

Le matelot hausse les épaules, puis le salue avant de quitter la cabine pour aller dormir le reste de la matinée. Davy chantonne tranquillement à son poste, conduisant le navire sur la mer qui se calme progressivement.


~ Bureau de l'amiral en chef Sengoku – 09h40 – Marineford ~

- Comment ça « le dossier est vide » ?! beugle Sengoku. Où sont passés toutes les preuves que je vous ai transmis lors de son arrivée à Impel Down ?!

De l'autre bout de l'escargot-phone, le directeur Magellan et le sous-direction Hannyabal transpirent à grosses gouttes sous le regard de la Gardienne en chef Domino, Cette dernière tient entre les mains le dossier étrangement vide du détenu n°35148, découvert par le sous-directeur complètement paniqué. Magellan soupire une énième fois, gardant son calme légendaire malgré la tension dans la pièce.

- Après vérification du sous-directeur Hannyabal, le dossier du détenu ne détient plus aucune pièce l'inculpant des différents chefs d'accusation qui l'enferment ici. Nous allons procéder à des recherches approfondies afin de retrouver ses papiers mais nous tenions à vous en informer afin d'être transparent avec vous.

- Et vous avez intérêt à les retrouver avant ce soir minuit sinon je vous rétrograde Magellan ! Et je viendrais en personne vous arracher à ce bureau pour vous enfermer dans une cellule au sixième cercle ! hurle Sengoku, hors de lui avant de raccrocher le combiné sur son appareil qui pousse un couinement de douleur.

Magellan se relève de son siège et fixe Domino et Hannyabal d'un regard froid.

- Très bien vous deux. Que cet indicent ne sorte pas de cette pièce. Je vous réquisitionne toute la journée pour fouiller l'ensemble des dossiers présents dans ce bureau ! Je vais devoir enquêter du côté des personnes qui ont eu accès à ce bureau ! Moi vivant, ce type ne sortira pas vivant de ma prison !

Magellan quitte le bureau en direction des bureaux des officiers de la prison, laissant les deux autres dans son bureau. Domino soupire longuement avant de venir fermer la porte à clé derrière la direction, sous le regard vide d'Hannyabal. Elle se retourne et le regarde à travers ses lunettes.

- Pourquoi as-tu regardé ce dossier en particulier ? s'étonne-t-elle.

- …. Il m'a mis au défi de vérifier son dossier, répète-t-il bêtement. Il était persuadé qu'il était condamné pour une broutille… Et voilà que son dossier est vide!

- Etrange coïncidence, marmonne Domino. Mais ne perdons pas plus de temps !

Elle s'avance d'une démarche élégante et prend le siège du chef de la prison pour commencer ses recherches à l'aide du sous-directeur, qui rêve intérieurement de sa future place comme directeur de la prison d'Impel Down.


Voilà ce chapitre ! Désolé pour le retard ! J'ai eu un combo : flemme + pas d'inspiration !

Mais il sort quand même :) ! Review's ? Pleeeease !

Sentimalement vôtre,

Chesca-Shan