Salutations !

Booon, nous y voilà. Et si on commençait enfin l'histoire ? Oui j'exagère, c'est pas que ça n'avait pas commencé, c'est juste que j'ai enfin réussi à vous emmener là où je voulais aller depuis le début ! Le grand méchant de l'histoire ! Les mini-méchants ! Les Mentors qui s'apprivoisent et on pense que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes avant que ça ne vole une fois de plus en éclats ! (Ça, j'aime faire.)

Après quatre Livres et tout ce qu'on a traversé, l'histoire se précise enfin. Vous savez, ce moment où la montre s'accélère et qu'il faut vite aller sauver le monde ? Huhuhu j'ai hâte. (Si vous voulez savoir si on est encore dans le Livre de l'Air ou si maintenant s'ouvre un nouveau Livre à l'intitulé indéterminé, j'en ai aucune idée. Livre V : Esprits ? *haussement d'épaules*).

Quant à Loki... Aaah, Loki. Si je vous ai avoué tant galérer avec notre maître de l'Air, c'était pas pour rien. Êtes-vous prêt à découvrir le personnage comme jamais ? Bas les masques, je vous livre le seul, l'unique, Lokiii Odisooon *la foule est en délire*

Mutekiam : ahahah les mots, ces traitres auxquels on ne peut se fier... mais qu'est-ce qu'ils seraient venus faire là alors ? Quel aurait pu être l'objectif d'une armée d'esprits, hm hm ? Profiter de l'absence d'Odin pour... faire quoi ? Non vraiment, je ne vois pas. Tu as une idée en tête ? (ouiii je sais je suis très mauvaise comédienne, mais faut bien que je fasse semblant d'y croire). Et alors non à mon sens Steve n'a pas vu le dragon ! Mais c'est une bonne précision à apporter, si on avait été sur grand écran (mon rêve ultime) ça aurait été plus facile à voir : Tony est en hauteur, il observe clairement ce qu'il se passe, Steve court dans les bois, il a le nez rivé sur le soldat de l'hiver et ne voit que ça. Mais sache que c'est un bon point, si bon qu'il va revenir dis donc. Qu'est-ce que t'es douée.

Itsme : ma chère Itsme, ça ne fait que commencer. Autant je ne suis pas objective avec cette histoire (je l'aime), autant je le suis encore moins sur les chapitres à venir (ils sont les plus mieux). "Où est Peter", très bonne question que tu te poses, si bonne que tu vas pas être la seule à te la poser, tiens ! Quant à savoir s'il est prêt... mwahaha non. Non, comment pourrait-il ! Mais eh, c'est Peter, il a bien réussi à amener à Tony à calmer des esprits grâce à un feu sans chaleur ;) (tu n'as pas rêvé !) alors rien n'est impossible. Comme toujours, les réponses arrivent, dont celle sur Frigga... Petit warning en forme de mini-spoilers : oui, Frigga est morte (me regarde pas, c'est pas moi qui ai décidé) Loki sera amené à faire un bon gros deuil au moment voulu, mais juste pas maintenant. Maintenant, ils ont une autre priorité à traiter... Eheheh bonne lecture :3

C'est aberrant comme mes notes d'auteures sont longues. Faut que j'y travaille.


Chapitre 45 - Ce qu'il y a de meilleur

Gamora avait fait le tour du Temple, plusieurs fois. Elle était même sortie, avait sondé les bois autant que possible, était revenue, repassant plusieurs fois au même endroit ; elle avait examiné la moindre pièce, le moindre escalier, avait interrogé la pierre et n'avait reçu en retour qu'un brouhaha sourd de panique et de désordre.

Elle connaissait le pas de Peter par cœur. Elle l'avait entraîné de longues semaines, l'avait observé tout aussi longtemps, elle pouvait ressentir sa présence à l'opposé de la ville s'il le fallait. Elle pourrait le repérer de l'autre côté de la montagne, dans un désert de sable ou dans une foule à Ba Sing Se, elle pourrait le suivre les yeux fermés tant son ancrage au sol lui était familier.

Mais rien.

Pas le début d'une vibration, aucun signe de la présence de l'enfant.

Elle ne ressentait pas Peter. Pour la première fois depuis longtemps, elle ne le ressentait plus.

Les esprits fuyaient par les cieux. Le temps qu'elle le remarque ils étaient déjà loin, armée moitié moins grosse qu'à son arrivée mais toujours composée d'individus de toutes les tailles, toutes les couleurs et toutes les formes, ils disparaissaient enfin à l'horizon, loin au nord.

Elle retourna dans leurs quartiers.

Elle y sentit un autre pas qu'elle avait aussi appris à reconnaître. Sauf qu'il était lent, lourd, de coutume si vif et si léger, si elle avait ignoré les raisons à ce changement elle aurait pu douter qu'il s'agisse de Loki.

Elle pénétra dans la chambre de l'Avatar.

Le prince avait allongé sa défunte mère sur le lit abandonné de Peter. Les mains de la souveraine croisées sur son abdomen, les cheveux soigneusement ajustés sur l'oreiller, sans cette affreuse tache de sang à la poitrine, on aurait pu croire qu'elle dormait.

Loki caressa une dernière fois la main froide de Frigga et se redressa.

Il se retourna pour faire face à Gamora.

Et la maîtresse de la Terre avait beau haïr l'homme de tout son être, face à cette douleur si évidente, si explicite, elle ne put empêcher un soupçon d'empathie.

La colère, peu loin derrière, prit rapidement le dessus.

Elle manipula le sol sous ses pieds, tira Loki vers elle et le plaqua au mur. La pierre lui bloqua bras et jambes, il ne se débattit pas. Il n'avait pas l'énergie à ça.

La voix de la mercenaire se brisa :

« Qu'as-tu fait ? »

Loki ne voulait pas répondre. À quoi bon...

« Qu'as-tu fait ?! »

La pression exercée par la pierre s'accentua mais cela ne suffit pas à convaincre Loki de sortir de sa léthargie.

« Réponds ! implora Gamora.

– Rien. Je n'ai rien eu le temps de faire. »

La mercenaire se sentit brusquement désarmée.

Steve et Tony arrivèrent à ce moment-là. Ils se stoppèrent, interrogèrent la scène du regard, scrutant tour à tour la maîtresse et son prisonnier avant que Steve ne remarque le lit occupé. Il s'y précipita, dégaina l'eau de sa gourde qui aussitôt scintilla d'une chaude lueur dorée.

Loki osa y croire.

À peine l'Eau effleura-t-elle la souveraine que les épaules de Steve s'affaissèrent. Il la rangea dans sa gourde.

Et le prince se détesta d'avoir seulement espéré.

« Que se passe-t-il ? questionna Tony. Où est Peter ? »

Loki avait les yeux fermés, il ne répondit pas. Il entamait son deuil une seconde fois.

« Gamora ? » s'inquiéta Steve.

Elle avait gardé les mains brandit vers le prince, refusant qu'il lui file entre les doigts. Elle se doutait, pourtant, qu'il n'en avait nullement l'intention – cette passivité n'était pas simulée. Elle déglutit difficilement.

« Il n'est pas là.

– Pas là ? s'énerva Tony. C'est quoi ce délire, où est Peter ?!

– Il n'est pas là, Stark ! répondit Gamora, tout aussi à cran que son collègue du Feu.

– Gamora, tempéra Steve, que se passe-t-il ? »

Elle hésita. Elle ne savait pas comment formuler ces prochains mots.

« Ils l'ont pris. »

C'était Loki qui avait parlé. Les trois autres l'avisèrent avec horreur.

« Les esprits l'ont capturé, confirma-t-il. Ils le détiennent. C'était prévu, depuis le début c'était prévu...

– Prévu ? s'inquiéta Steve. Comment ça prévu ? »

Gamora prit alors conscience de l'ampleur de leur erreur.

« Loki est avec eux, » dénonça-t-elle.

Et tout comme la mercenaire quelques heures plus tôt, Steve et Tony sentirent le sang quitter leur visage.

« Loki ? » s'horrifia le capitaine.

Le prince laissa sa tête reposer en arrière. Au point où il en était...

« J'étais censé leur livrer l'Avatar, avoua-t-il, mais ils ont apparemment décidé de ne pas m'attendre. »

Tony se pinça l'arête du nez, peu certain de vouloir y croire. Steve tenta de digérer l'information. Gamora, sans vraiment s'en rendre compte, augmenta la pression des roches qui maintenaient le prisonnier.

« Pourquoi... » lâcha Tony – il prit une seconde supplémentaire pour réfléchir. Non, il n'avait pas envie de prononcer ces prochains mots. « Pourquoi les esprits voudraient Peter ? Pourquoi ? Pour en faire quoi ? Ce sont des bêtes !

– Quelqu'un mène ces esprits, expliqua Gamora. Leur colère n'est pas naturelle, elle ne vient pas d'eux. Elle vient... d'ailleurs.

– D'où ? pressa Steve. De qui ? »

Elle chuchota presque.

« Thanos. »

Tony et Steve échangèrent un regard désabusé.

« Il est le père de Gamora, précisa Loki.

– Quoi ?! lâcha Tony.

– Je n'ai rien à voir avec lui ! se défendit-elle aussitôt. C'est Loki le traître, pas moi !

– Gamora, vous le saviez ? questionna le soldat.

– Je... »

Elle s'étrangla.

L'avait-elle su ? Qu'avait-elle su ? Que Peter allait subir un raid d'esprit destiné à le capturer pour le livrer à Thanos ? Non, elle l'avait ignoré. Que Thanos avait été derrière la colère des esprits tout du long ? Elle l'avait... fortement suspecté. Elle l'avait su. Oui, évidemment qu'elle l'avait su. Qui d'autre ? Nebula même l'avait avertie, il y a quelques semaines de cela, elle aurait dû s'y préparer. Elle aurait dû les prévenir.

Elle avait enchaîné les erreurs, et maintenant Peter en payait le prix fort.

« J'ai fuis, à la première occasion, se justifia-t-elle. J'ai toujours haï ses projets, je n'y ai jamais adhéré ! Cela fait des années que je n'ai plus eu à faire à lui, je n'ai rien à voir avec lui ! »

Tony fit quelques pas sur lui-même, excédé. Une fois de plus, Steve tenta de digérer l'information. Si Loki y avait eu le cœur, il aurait pu avoir un rictus amusé.

Mais le cœur en était très loin.

« Où est Peter ? questionna Tony pour la troisième fois.

– À l'heure qu'il est, aux mains de Thanos, annonça Loki d'une voix froide et détachée.

Où ?!

– Dans un temple abandonné, au nord d'ici.

– On y va. »

Loki émit un rire triste à fendre l'âme.

« Pour faire quoi ? Vous serez mort avoir d'avoir franchi le seuil d'entrée.

– Je ne resterai pas ici sans rien faire !

– Tony, » intervint Steve.

Et le capitaine semblait terriblement fatigué. Tony se contint, Steve avait intérêt à se bouger ou il s'y rendrait seul.

« Que compte faire Thanos à Peter ? questionna le soldat avec un recul qui glaça Tony jusqu'aux os.

– Rien avant le solstice d'hiver, répondit Loki.

– Nous disposons donc de temps pour le récupérer ?

– Non. »

Tony allait lui arracher sa langue à ce pédant ! Il se força à laisser Steve continuer.

« "Non" ?

– À la première occasion Thanos repartira dans le monde des esprits, c'est de là qu'il opère. Là-bas, l'Avatar sera hors de portée.

– Quand s'y rendra-t-il ?

– Il y est peut-être déjà.

– Alors nous partons chercher Peter, maintenant. »

Tony retint un violent "merci !" et s'apprêta à rejoindre son dirigeable sans attendre.

« Vous ne pouvez pas y aller, » insista pourtant Loki.

Et l'ingénieur était à deux doigts de lui faire manger des boulettes de feu.

« J'ai peur qu'il n'ait raison, » intervint Gamora d'une petite voix.

Le maître du Feu l'observa avec effroi. Qu'elle ne s'y mette pas elle aussi, bon sang !

« Alors quoi, on abandonne ? On laisse le psychopathe torturer le gamin et on se fait une grillade ? accusa-t-il.

– Non, répondit Loki. Vous me prenez avec vous. »

Tony aurait pu rire pour moins que ça.

« C'est hors de question.

– C'est votre seul espoir, vous n'avez aucune chance sans moi.

– Je préfère affronter une armée d'esprits les mains liées plutôt que de te laisser sortir d'ici !

– Et abandonner tout espoir de retrouver Peter ?

– Fous-toi de ma gueule ! »

Steve intervint avec ce ton péniblement posé depuis le début :

« Loki, on ne peut pas vous faire confiance.

– Non, c'est un fait. Mais si vous mourez, Peter est perdu. Êtes-vous prêts à prendre ce risque ?

– Il se fout de nous ! » persista Tony.

Gamora avait encore un peu plus relâché sa prison de terre.

« Tu n'y penses pas... adressa-t-elle au maître de l'Air.

– Et pourtant.

– C'est non, insistait Tony.

– Tony... » commença Gamora avec un faible espoir de le faire relativiser – mais elle manqua d'argument. Seule une peur viscérale lui faisait considérer la proposition de Loki, ce que Steve ne manqua pas d'observer.

« Gamora, encouragea-t-il, comment est-il ? »

Elle hocha la tête, moins par colère que par dépit.

« Il est trop fort. Seul il est déjà puissant, mais il dispose en plus de ça d'esprits – une armée, d'un dragon...

– ... de Bucky. »

Steve dévisagea le fils d'Odin qui venait de parler.

« Vous ne pouvez pas y aller seuls, conclue simplement le maître de l'Air.

– Steve, » urgea Tony à qui il démangeait sérieusement de partir.

Le capitaine prit le temps d'une seconde de réflexion. Il s'adressa à Loki.

« Pourquoi ?

– Pourquoi quoi ? Pourquoi est-ce que je vous ai trahi, ou pourquoi est-ce que je vous aiderais ? Pourquoi sauver l'enfant, peut-être ? Vous souhaitez que je vous dise que je regrette, que je me préoccupe de son sort ? Je peux vous le dire, vous ne me croiriez pas. Et vous auriez raison. Il n'est pas question de me faire confiance, il est question de ce que vous êtes prêts à faire pour tenter le sauver. »

Steve interrogea Gamora du regard. La pression de ses menottes de terre était maintenant si faible, Loki auraient pu s'en dégager d'un simple pas sur le côté. Elle confia à voix basse :

« Je pense qu'il faut l'écouter. »

Alors le soldat prit sa décision. Il se rapprocha de Loki et lâcha d'un murmure pétrifiant :

« Au premier faux pas, c'en est fini de vous.

– Je n'en attendrais pas moins. »

Gamora baissa les bras, la pierre s'échoua au sol. Steve prit les devants.

« En route. »


Le voyage à bord du dirigeable dura une petite heure. Cinquante-sept minutes, pour être exact. Trois mille quatre cent vingt-trois secondes, mais ça n'était pas comme si Tony comptait.

Pour passer le temps il avait échangé avec Steve, proche du soldat mais sans chercher à parler bas. Loki était assis à quelques mètres de là ; il aurait pu les entendre juste en y prêtant attention.

« C'est une terrible idée, lâcha l'industriel au capitaine.

– C'est la seule que nous avons.

– Il va nous la mettre à l'envers.

– Peut-être. Mais s'il couvre la moindre chance de retrouver Peter, nous devons nous en saisir.

– Je le sens pas.

– Je sais. »

Et Tony ne savait pas s'il devait être rassuré que la confiance de Rogers soit finalement peu supérieure à la sienne. Le soldat lui adressa un regard entendu que Tony fut bien obligé de retourner, et ils se séparèrent.

Steve rejoignit Gamora qui regardait par la baie vitrée du dirigeable. Les bras renfermés, le regard ailleurs, le capitaine l'avait suffisamment côtoyée pour être capable de lire entre les lignes.

« C'est lui qui... t'a maltraitée, » souffla-t-il.

Elle détendit légèrement sa posture réservée, mais ses yeux ne quittaient pas le ballet de nuages sous les turbines du ballon volant.

« Il m'a élevée. Il m'a entraînée, c'est lui qui m'a appris la maîtrise de la Terre. Il l'a enseignée à Nebula aussi, nous étions ses meilleures soldates. »

Steve l'encourageait silencieusement à continuer.

« Il m'a appris à méditer, à comprendre les esprits. Il a toujours trouvé le monde trop fermé à la spiritualité. Je savais qu'il voulait... l'étendre. Mais j'ignorais – je refusais de croire qu'il puisse... »

Elle se coupa, à nouveau elle ferma ses bras qu'elle caressa pour tenter de se rassurer.

« Dis-moi comment il est, à quoi doit-on se préparer ? »

Elle soupira.

Un éclat de voix attira leur attention, ils se retournèrent pour découvrir Tony qui maintenait Loki par le col, avec l'intention explicite de lui faire payer. Steve et Gamora les observèrent avec surprise, presque curieux de voir ce que l'ingénieur serait prêt à faire, jusqu'où il pourrait aller – se retenant bien d'intervenir.

Mais après quelques mots de Loki, Tony relâcha sa prise, le prince s'en défit et ajusta son col avec nonchalance. Steve et Gamora reprirent leur conversation.

« Tu ne t'en sortiras pas si facilement, cracha Tony.

– Définir "facilement" ?

– Tu l'as trahi. Tu t'es joué de nous, t'avais prévu de le trahir dès le premier jour !

– Vous ne comprenez rien, c'est terrible. Je n'en ai pas eu le temps !

– C'est pas ça qui va te racheter une conscience.

– Vous êtes naïf, Stark. Ils m'ont doublé, pourquoi, pensez-vous ?

– Pour te permettre de te la jouer grand chevalier et nous faire baisser notre garde ? T'as peut-être réussi à duper Rogers une deuxième fois, mais tu ne m'as jamais dupé, moi.

– Une deuxième fois ? Éclairez-moi, c'était quand la première ?

– Tu crois qu'on n'avait pas remarqué ta petite mascarade ? Qu'on allait te laisser seul avec Peter alors que tu commandes les esprits comme tes larbins ? »

Loki esquissa un sourire sans joie, il prit le temps de s'asseoir, mouvement lent et décontracté, en parfait contraste avec la stature droite, tendue de Tony qui restait debout.

« C'était donc ça vos petites réunions nocturnes, déduisit le maître de l'Air. Et je suppose que c'était Gamora qui était chargée de me surveiller ? »

Tony ne répondit pas. Bien que surplombant le prince, il ne dominait pas cette conversation.

« Vous avez fait du beau travail, continuait-il. Fine équipe. »

Les poings serrés de Tony commençaient à chauffer. Loki était presque tenté de jouer avec le feu.

« Et dites-moi, qu'avez-vous découvert d'autre ? Que j'étais derrière vos illusions, je suppose ? Obadiah, Bucky ? Ça n'était pas facile, mais c'était un beau défi. Le Hulk aussi, sûrement ?

– Hulk ?

– Non ? Vous n'aviez pas compris qu'il ne s'était pas réveillé tout seul à Ba Sing Se ? » Il fit claquer la langue sur son palais. « Je suis déçu. »

La stupéfaction de Tony lui fit lâcher sa garde.

« Félicitations, tu es un psychopathe. Pourquoi seulement faire chose pareille ? »

Loki soupira. Il considéra son interlocuteur.

« Souhaitez-vous vraiment la réponse à cette question ? »

Tony secoua la tête, quoi que l'autre serpent lui dise, il savait qu'il ne devait pas le croire. Il était plus facile de l'ignorer, de se terrer dans sa conviction que Loki était nuisible, plutôt que de lui laisser la moindre possibilité de s'expliquer.

« Surprends-moi, » répondit-il pourtant.

Loki s'adossa en arrière, il observa Steve et Gamora qui échangeaient à voix basse.

Le capitaine avait donc accepté de lui accorder une seconde chance. Pourtant, Loki en était persuadé, il serait le dernier à accepter les explications que le prince pourrait fournir sur ses agissements de ces derniers mois. Ses valeurs étaient trop droites, trop "bonnes" pour qu'il puisse concevoir un instant de se mettre dans les bottes de Loki.

Gamora, elle, n'était pas objective. Elle craignait trop Thanos pour accepter la simple idée qu'on puisse se rallier à lui.

Ce que Loki pouvait concéder.

Alors que Tony...

« Vous-êtes vous déjà retrouvé dans une situation où toutes les portes se ferment à vous, confessa le prince, plus rien ne vous semble accessible ? Un jour, vous avez le monde au creux de votre main, le lendemain, vous en êtes parfaitement démuni. Vous êtes plus qu'un étranger, vous êtes un paria. Ce n'est même pas vraiment votre faute, vous essayiez juste de réparer les erreurs commises par quelqu'un d'autre... Quelqu'un qui était censé vous léguer un héritage, vous assurer un futur. Mais parce que vous avez refusé de marcher dans ses pas, parce que vous vouliez surpasser ses erreurs, vous voilà prisonnier d'un monde hostile qui ne veut plus de vous. Que faites-vous, alors ? »

Tony déglutit. Il ne se laisserait pas avoir par cette grossière analogie. Howard avait refusé d'armer le Royaume de la Terre, Odin avait massacré les Jotuns. Tony avait essayé de réparer l'erreur de son père mais tombé dans un piège, il fut propulsé au rang d'ennemi numéro un du continent, Loki avait tenté un parricide.

L'industriel refusa de concéder au prince que leur situation avait quoi que ce soit de comparable.

« Je ne m'allie certainement pas avec un fanatique.

– Vous tentez de changer le monde.

– Tu as voulu tuer Odin, j'ai voulu armer des innocents pour leur permettre de se protéger. La comparaison s'arrête là.

– "Innocents" qui se sont retournés contre vous, ils vous ont dupé, vous ont asservi. Vous les avez donc exterminés.

– Légitime défense, plaida Tony. Corrige-moi si je me trompe, mais tentative de meurtre avec préméditation ne tombe pas dans cette catégorie.

– Odin est un tortionnaire, je voulais nous en libérer. À défaut d'avoir réussi, j'étais prêt à d'autres... moyens, pour arriver à mes fins.

– La destruction du monde par des esprits noirs ? La mort et la souffrance de millions ? C'est ça, ton changement ? »

Loki baissa les yeux un instant.

« Je ne veux pas vous convaincre que ma vision est meilleure que la vôtre. Vous me demandiez mes motivations, vous les avez.

– Et tu vas me faire croire que maintenant, d'un claquement de doigts, ça a changé ? »

Las, le prince se leva. Il avisa Tony, l'ingénieur ne cilla pas. Les deux maîtres se jaugèrent, ambiance saturée de tension. Loki murmura :

« Imaginez-vous vous réveiller sur ce constat : ce qu'il y a de meilleur dans le monde que vous détestez n'existe pas dans celui que vous vouliez créer. »

Il laissa sa phrase en suspens et glissa hors de portée. Tony resta figé une seconde de plus, l'adrénaline faisait battre son cœur trop rapidement pour le bien-être de la cage qui était censé le maintenir.

Cette léthargie allait le tuer.

Il en fut libéré lorsque le prince déclara, à l'attention de tous :

« Nous devrions accoster ici et continuer à pied. »