Chapitre 46 – Bataille de Poudlard (Partie 2)
Laureen poussa un hurlement alors qu'elle se penchait en avant en tenant son ventre, yeux exorbités par la douleur. A ce moment exact le couloir derrière eux explosa sur tout un pan, ne blessant personne mais ouvrant le couloir sur l'extérieur. Les six sorciers restèrent cois face à la scène sous leurs yeux.
Charlie Weasley, sur le dos d'un magnifique Suédois à museau court qui faisait du sur place, venait d'exploser le mur et les regardait à présent. Fred et George remarquèrent immédiatement qu'il avait l'air beaucoup plus vivant que dans les derniers mois. Il avait les cheveux coupés, la barbe courte et taillée, l'air sobre et alerte. Il sauta à bas du dragon et marcha droit vers eux à pas déterminés. Il souleva Laureen dans ses bras et regarda à peine ses frères.
-Dans la Grande Salle, dit-il simplement.
Il remonta sur le dragon, Laureen fermement serrée contre lui avec un bras, tandis que de l'autre il dirigeait le puissant animal vers la cour principale, où il atterrit avec fracas.
-C'est bien, Rhaegal, dit-il en posant sa main sur le flanc du dragon. Reste là, sagement.
Il fila à l'intérieur, portant toujours Laureen qui gémissait de douleur en se tortillant.
-Charlie ? murmura-t-elle en plissant les yeux quand la douleur recula un peu.
-Je suis là, mon ange. Je vais te soigner, ça va aller, souffla-t-il en arrivant dans la Grande Salle.
Il refusa de regarder les corps sans vie et repéra bien vite ses parents, Bill et Fleur à leurs côtés. Il fonça droit vers eux.
-Charlie ! s'exclama Molly en s'approchant. Qu'est-ce que tu fais là ? Et… Par Merlin ! Qu'est-il arrivé ?
Charlie allongea Laureen sur le sol avant de regarder sa mère.
-J'étais en train de m'occuper de Rhaegal quand j'ai reçu le message d'Hermione. On a volé jusqu'ici, et en passant au-dessus du château j'ai entendu le cri de Laureen, alors j'ai foncé.
Cette explication sommaire stupéfia ses parents et son grand frère, mais ils reportèrent leur attention sur Laureen qui se tordait de douleur en pleurant à chaudes larmes.
-Laureen, qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Molly en posant son gilet sous la tête de la jeune femme.
-Mal… au ventre, réussit à articuler la jeune sorcière en grimaçant. Ce n'est pas… une blessure par sortilège.
Aussitôt la matriarche Weasley lança quelques sorts sur sa presque-fille avant d'écarquiller les yeux. Ce n'était pas possible… Elle se tourna vers son deuxième fils.
-Depuis combien de temps Laureen et toi êtes séparés ? demanda-t-elle.
-Nous ne sommes pas séparés, siffla Charlie avec agressivité.
-Pas dans ce sens-là, répliqua Molly en fixant son fils avec impatience.
-Oh, fit Charlie. Depuis le Nouvel An environ.
Molly fronça les sourcils et relança des sorts sur la jeune femme avant de secouer la tête, n'en revenant pas.
-Maman, qu'est-ce qu'il y a ? demanda Charlie. Est-ce qu'elle est malade ?
-Non, elle est enceinte, souffla sa mère. Ou plutôt, elle va accoucher.
-QUOI ?
Le cri de Charlie fit tourner toutes les têtes dans leur direction mais il s'en fichait. Fred, George et Percy, suivis de Blaise et Oliver Wood, arrivèrent à ce moment.
-Comment va-t-elle ? s'empressa de demander Blaise alors qu'ils reprenaient leurs souffles.
Charlie se tourna vers lui et aussitôt son visage se tordit sous le coup de la rage.
-Toi ! cracha-t-il en le prenant au collet.
Aussitôt les jumeaux se précipitèrent pour libérer Blaise de la poigne de fer de leur frère.
-Charlie, arrête, c'est notre allié ! C'est grâce à lui que Laureen est toujours vivante !
-Il l'a épousée de force ! siffla le dragonnier.
-Pour la sauver, répéta Blaise. J'ai dû l'embrasser pour les apparences mais c'est tout. Je ne l'ai jamais touchée, je le jure. J'ai essayé de la protéger.
Il recula un peu pour prouver qu'il n'était pas venu se battre. Charlie le suivit pour continuer à l'invectiver quand une voix figea tout le hall.
-CHARLES WILLIAM WEASLEY, REVIENS ICI TOUT DE SUITE ! hurla Laureen entre deux grognements de douleur. OU JE JURE QUE TU NE VERRAS JAMAIS TON ENFANT !
Aussitôt le dragonnier se précipita auprès de l'amour de sa vie et lui prit la main, changeant radicalement de comportement.
-Je suis là mon ange, ça va aller, murmura-t-il en dégageant les mèches de cheveux qui collait au front de la jeune femme. Tout va bien se passer, ne t'inquiète pas.
-Mais tais-toi, ce n'est pas toi qui va accoucher ! grommela-t-elle en le fusillant du regard.
Ceux qui venaient d'arriver sursautèrent.
-Laureen est enceinte ? Mais de qui ? s'étonna George.
Fred lui mit rapidement une taloche en lui faisant les gros yeux.
-Il ne peut être que de Charlie ! rugit Laureen en posant ses yeux enflammés sur son meilleur ami, qui recula précipitamment.
-Je confirme, ajouta Blaise d'une voix à peine audible.
Il s'accroupit auprès de son épouse et lui mit une plume dans la main avant de lui présenter un parchemin.
-Papiers de divorce, expliqua-t-il. Je les tiens prêts depuis longtemps, tu as juste à signer là et notre union magique se dissipera. Je sais que ce n'est pas vraiment le moment, mais je doute que ton dragonnier apprécie qu'on soit encore mariés alors que tu vas mettre au monde votre enfant.
Laureen saisit la plume et griffonna sa signature rapidement avant de rejeter sa tête en arrière avec un énième cri de douleur. Blaise lui enleva la bague de leurs fiançailles et celle de leur mariage, puis retira sa propre bague.
-Elle est toute à toi, dit-il en regardant Charlie dans les yeux.
Charlie posa un regard nouveau sur le jeune homme, puis lui tendit la main.
-Merci, dit-il simplement.
Blaise hocha la tête, acceptant gracieusement les remerciements d'un homme qui voulait le tuer deux minutes plus tôt.
-Blaise, reste, dit alors Laureen.
Le jeune homme sembla surpris mais obtempéra, se plaçant de l'autre côté par rapport à Charlie. Molly avait matérialisé des draps propres, tandis qu'Arthur avait ramené une bassine d'eau fraîche et un linge. Charlie tamponna le front de sa fiancée pour faire tomber sa légère fièvre, tandis que sa mère plaçait un drap au-dessus des jambes de Laureen pour un peu d'intimité – chose incongrue dans cette Grande Salle remplie de survivants de la première vague d'attaque.
Ron, Hermione et Harry arrivèrent à ce moment, effarés face au nombre de morts et de blessés. Puis les portes de la salle s'ouvrirent à nouveau, avec fracas.
-Où est ma fille ?! cria une voix au bord de l'hystérie.
-Padfoot, du calme, le tança la voix fatiguée de Remus. Elle est vivante.
-Je suis sûre qu'elle est là, ajouta Tonks qui arrivait tranquillement derrière eux, malgré son bras en sang.
Les trois se frayèrent un chemin jusqu'aux têtes rousses qu'ils avaient aperçus de loin, et Sirius manqua de faire une crise cardiaque quand sa fille poussa un hurlement à cause d'une contraction particulièrement forte.
-Ma chérie, que t'arrive-t-il ? paniqua l'animagus en se précipitant à son chevet aux côtés de Charlie.
-Elle va mettre au monde notre enfant, répondit Charlie comme s'il n'y croyait toujours pas.
-Hein ? Quoi ? Mais je suis trop jeune pour être grand-père !
-Sirius ! s'exclamèrent en même temps Remus, Tonks, Arthur et Molly.
Un cri de Laureen les coupa net. Fleur tentait de lancer des sorts antidouleurs à la jeune femme mais ils étaient trop faibles. Molly annonça alors à Laureen qu'elle devait pousser, et cette dernière paniqua, arguant qu'elle n'était pas prête.
-Laureen, Laureen ! l'appela son père en prenant son visage à deux mains. Regarde-moi ! Bien sûre que tu peux le faire ! Tu es une Black, par Merlin, nous pouvons tout faire ! Brianna était capable de tout pour toi, tout comme toi tu seras capable de tout pour ton enfant.
Ces paroles semblèrent calmer Laureen, qui suivit les ordres de Molly pour expulser l'enfant qui voulait sortir de son corps. Après moult cris de douleur – autant de la future mère que des futurs père et grand-père maternel dont les mains étaient broyées – mots d'encouragements, et blagues faites par les jumeaux pour détendre l'atmosphère, Molly réceptionna un beau bébé dans ses bras.
-C'est un garçon ! dit-elle avec des larmes d'émotion.
Charlie coupa magiquement le cordon ombilical et observa, les yeux pleins de larmes de joie, son fils dans les bras de sa fiancée. Tandis que Fleur et Molly vérifiaient que Laureen ne perdait plus de sang et allait bien, la nouvelle maman concentrait toute son attention sur son premier-né.
-Brian Sirius Weasley, murmura-t-elle en contemplant son fils qui avaient les yeux grands ouverts.
Il avait les grands yeux verts intenses de sa mère, et déjà une touffe de cheveux roux comme son père.
-Brian Sirius Weasley, souffla Charlie comme pour tester le nom.
Laureen se tourna vers son fiancé en prenant garde à ne pas perturber son bébé.
-Je t'aime, dit-elle à bout de souffle alors que des larmes d'émotion et de fatigue noyaient ses joues.
-Je t'aime aussi, répondit Charlie en s'emparant de sa bouche.
Ils s'embrassèrent comme la première fois, c'était doux mais passionné, tendre mais enflammé. Un cri de protestation de leur enfant les fit sourire dans leur étreinte qui continua encore, jusqu'à ce que Remus intervienne.
-Je ne veux pas déranger mais Padfoot s'est évanoui, annonça-t-il en contenant difficilement son rire.
Laureen et Charlie se tournèrent, découvrant Tonks qui mettait des claques à son cousin pour le réveiller. Finalement Sirius rouvrit les yeux et posa immédiatement son regard sur son petit-fils.
-Papa, je te présente Brian Sirius Weasley, ton petit-fils. Brian, je te présente Sirius Black, ton grand-père.
Sirius se laissa tomber en tailleur près de sa fille et fixait le petit être avec des yeux ronds. Charlie prit le bébé des bras de Laureen qui commençait à fatiguer, berçant précautionneusement son fils. Toute la famille – plus Remus, Tonks, Blaise, Oliver Wood et quelques autres – vinrent s'extasier face à la bouille d'amour de Brian, qui agita un bras en poussant un petit cri. Aussitôt Charlie paniqua, et Molly prit son petit-fils dans ses bras avec un grand sourire.
-Il a juste faim, Charlie, expliqua-t-elle en le berçant un peu avant de le rendre à Laureen, lui donnant aussi un foulard pour se couvrir alors qu'elle allaitait.
Une fois le bébé repu, Sirius sembla sortir de sa torpeur et tendit les bras doucement.
-Je peux ? demanda-t-il d'une voix mal assurée.
-Bien sûr, répondirent en même temps les jeunes parents.
Sirius cala le petit bout'chou sur son épaule et lui fit faire son rot, un large sourire sur le visage tout du long, même lorsque Brian recracha un peu de lait sur sa veste. Il le prit ensuite dans ses bras normalement, et Brian se pelotonna contre le torse de son grand-père avec un soupir satisfait. Laureen chuchota quelque chose à Charlie.
-Tu es sûre ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Elle hocha vivement la tête.
-Comme tu veux, dit-il avant de se tourner vers le reste du groupe. Hum, Blaise et Ginny, vous pouvez approcher ?
Les deux concernés se glissèrent à l'avant du groupe, attentifs.
-Je crois que je dois vous présenter votre filleul, ajouta Charlie avec un petit sourire.
Ginny eut un cri de joie et se précipita vers Sirius pour voir son filleul, tandis que Blaise restait abasourdi.
-Vous êtes sûrs ? Je veux dire… Il y a tellement d'autres choix que moi, meilleurs que moi…
-Sans toi ce bébé n'aurait jamais vu le jour, répondit Laureen. Mais si tu ne veux pas, ce n'est pas grave, je comprends.
-Non, j'en serai honoré, sourit Blaise. Merci beaucoup.
Remus et Tonks s'approchèrent ensuite des nouveaux parents pour les féliciter ainsi que leur offrir de précieux conseils. Ils reçurent également les félicitations de presque tout le monde dans la salle.
-Ils sourient, remarqua Fred. Grâce à Brian.
-Pouvoir de la mignonnitude, sourit George.
-C'est de l'espoir, fit Bill en jetant un coup d'œil bienveillant au bébé qui dormait dans les bras de Sirius. Laureen et Charlie qui se retrouvent enfin après tout ça et sont toujours aussi amoureux, un bébé surprise qui naît au milieu d'une bataille… Brian est notre nouveau symbole d'espoir. Nous devons nous battre si nous voulons que nos enfants aient une chance de vivre en paix.
Fleur lui serra la main en lui renvoyant un regard langoureux.
-Le jour se lève, murmura Percy. Ils vont revenir.
Cette annonce jeta un froid dans l'assemblée. Charlie alla chercher son dragon pour l'amener dans une autre cour afin qu'il ne soit pas en première ligne de tir, et quelques survivants sortirent de la salle pour vérifier qu'il n'y avait plus personne sous les monceaux de décombres qui étaient dans la cour principale.
Laureen se releva lentement, grimaçant à cause des douleurs résiduelles en s'appuyant sur Charlie. Ce dernier passa un bras autour d'elle pour la soutenir, la gardant près de lui.
-Papa, appela Laureen doucement pour ne pas réveiller son enfant.
Sirius s'approcha d'elle, prenant garde à ne pas secouer le petit.
-J'ai besoin que tu ailles mettre Brian en sécurité, dit-elle doucement. Va chez Andromeda, elle garde déjà Teddy.
Sirius et Charlie la regardèrent avec incompréhension.
-Je ne suis pas en état de passer par le réseau de cheminette, et encore moins de transplaner. S'il-te-plaît.
-Tu devrais y aller, insista tout de même Sirius. Brian aura besoin de toi. De vous deux, même.
Laureen et Charlie échangèrent un regard avant de se tourner vers l'animagus.
-Nous restons, dit Charlie. Je ne supporterai pas l'idée de laisser ma famille et mes amis se battre pour notre survie à tous sans moi.
-Et je refuse de partir sans Charlie, ajouta Laureen avec une boule dans la gorge. Pas encore une fois.
Sirius poussa un soupir de résignation, et leur tendit leur fils pour qu'ils lui disent au revoir. Laureen serra le petit être contre elle en retenant ses larmes, toujours enlacée par Charlie.
-Je t'aime tellement, je suis désolée, souffla-t-elle à l'enfant. Mais je veux que tu aies un bel avenir, et je dois rester me battre pour ça. Je t'aime, je t'aime, je t'aime…
Charlie prit ensuite son fils dans ses bras et lui murmura quelque chose à l'oreille que personne d'autre que Brian n'entendit, mais le bébé sourit dans son sommeil. Sirius reprit le nouveau-né et regarda sa fille et son futur beau-fils.
-Ne recommencez pas cette fichue bataille sans moi, grogna-t-il avant de tourner brusquement les talons.
Laureen enfouit sa tête contre le torse de Charlie pour ne pas pleurer et il referma ses bras sur elle, également bouleversé. Après un moment il prit le visage de sa bien-aimée entre ses mains et la força doucement à le regarder, posant son front contre le sien.
-On va s'en sortir, pour Brian, murmura-t-il.
-Pour Brian, répéta Laureen en hochant la tête.
Ils s'embrassèrent, leur étreinte devenant rapidement frénétique sous la tension de leur situation.
-Ils arrivent ! annonça Dean qui guettait à la fenêtre. Hagrid est prisonnier !
