Auteur : Lady Zalia

Beta-lectrice : Yukyo01

Type : Action / Aventure surtout pour ce chapitre

Disclaimers : Slash (Harry x Drago). Univers appartenant à J.K. Rownling. Rating M

Rappel du chapitre précédent : Drago est parvenu à inventer une potion qui ignore les sorts pendant un temps donné. Ils vont désormais pouvoir transplaner à Poudlard en toute sécurité.


***/+/*** Chapitre 25

Nous consacrâmes plusieurs jours à nous préparer. Il avait été convenu que la maison serait hermétiquement fermée en notre absence, mais que ma mère y serait libre de ses mouvements. Les quatre rafleurs resteraient enfermés au cellier qui avait été aménagé en une prison « acceptable » par Hermione avec l'apparition de quatre lits de camp et d'un espace sanitaire. Kreattur avait reçu l'ordre de les nourrir, il avait cependant rechigné à l'idée de cuisiner pour des « ennemis de son maître ». Sachant jusqu'où l'elfe était capable d'aller quand il faisait preuve de mauvaise volonté, je riais d'avance en imaginant la tête de leur repas…

Nous avions prévu d'attendre la fin des vacances de noël pour pouvoir plus facilement se fondre dans la masse des élèves. Hermione avait installé son propre laboratoire de potion et m'avait aidé à maintenir un bon stock de Polynectar, en en refabriquant au fur et à mesure de nos utilisations.

Nous avions « fêté » l'arrivée de la nouvelle année sobrement, avec l'espoir que la guerre serait bientôt terminée. Il ne restait plus que trois Horcruxes : le diadème de Serdaigle, caché à Poudlard et qui allait être détruit d'ici peu, Nagini et Harry lui-même. D'un commun accord, Harry et moi n'avions pas informé Ron et Hermione de la présence d'un Horcruxe en lui. Nous ne savions pas encore comment extraire l'Horcruxe de son esprit et je refusais d'envisager qu'il s'offre à la baguette de Voldemort.

Par ailleurs, Harry avait vu au travers d'une vision que Voldemort s'était emparé de la baguette de Dumbledore. Personnellement, je ne voyais pas bien l'intérêt. Si Dumbledore avait eu une baguette ultime, il serait toujours de ce monde. Je pensais sincèrement qu'il ne s'agissait que d'un trophée et d'une ultime profanation aux yeux du Lord noir et Harry avait haussé les épaules, à moitié convaincu. De toute façon, nous ne pouvions rien faire dans l'immédiat.

Nous planifiâmes notre départ le lundi soir de la rentrée. Par sécurité, nous n'avions pas averti Rogue de notre arrivée. Harry ne lui faisait pas suffisamment confiance et avait refusé de lui révéler que nous étions déjà parvenus à trouver une solution pour infiltrer Poudlard. Et pour une fois qu'il faisait preuve d'excès de prudence, je n'allais pas le lui reprocher. J'avais tout de même pris soin de briefer Hermione et surtout Ron sur la conduite à tenir en cas d'imprévu. Il fallait maintenir sa couverture jusqu'à la mort de Voldemort sans quoi de nombreux élèves seraient en danger.

Le plan était donc de transplaner directement dans le parc de Poudlard à trois heures du matin, puis regagner les appartements que j'occupais l'année précédente sans se faire remarquer à l'aide de la carte du Maraudeur. Seuls Rogue, Dumbledore et peut-être McGonagall savaient que j'avais occupé cette pièce, il y avait donc peu de chance qu'elle ait été réemployée ou même que les Carrow en connaissent l'existence. Bien que petite, ma chambre avait l'avantage de se trouver dans une partie peu utilisée des cachots et donc d'être assez rapidement accessible depuis l'extérieur, contrairement à la Salle sur Demande qui requerrait de monter jusqu'au 7e étage. Par ailleurs, en cas d'alerte, il y avait bien plus de chance que les Carrow et leurs partisans aillent fouiller les étages plutôt qu'à proximité du dortoir des Serpentards.

Durant toute la journée du lundi, j'avais pu profiter d'avoir Harry dans le lit à mes côtés, tout le monde ayant décidé de dormir autant que possible de manière à être parfaitement éveillé au moment de transplaner. Je m'étais abreuvé de son sang le matin même, j'étais donc en forme olympique et lui-même avait eu le temps de se remettre de la morsure.

Rassemblés sur le minuscule balcon du deuxième étage, Harry nous remémora le plan à suivre.

- On boit la potion et on transplane au nord-est du château, à l'orée de la forêt interdite, derrière l'espace de Soin aux Créatures magiques. De là, on traverse le château le plus discrètement possible pour rejoindre la chambre de Drago et planifier la suite des opérations. Si on croise qui que ce soit, Stupefix par sécurité, Oubliettes si besoin, mais normalement avec la Carte du Maraudeur on devrait réussir à ne croiser personne… Rappelez-vous que pendant une heure, on sera insensible à tous les sorts, donc impossible de se désillusionner. On a la cape d'invisibilité en cas d'extrême urgence, mais on ne pourra pas se déplacer avec !

Nous hochâmes la tête de concert puis Harry, Ron et Hermione burent la potion d'une traite tandis que je me fondais dans l'ombre de mon précieux calice. Les trois Gryffondors transplanèrent simultanément et l'instant d'après, le majestueux château de Poudlard apparaissait devant nos yeux. Je ne pus m'empêcher d'exulter en constatant que nous étions arrivés à bon port. J'avais beau avoir fait de nombreux tests pour vérifier l'efficacité de ma potion, c'était tout de même fantastique de la voir à l'œuvre. J'avais véritablement inventé une potion qui rendait temporairement résistant à la magie sans pour autant empêcher de jeter des sorts. Hermione se mit à chuchoter, manifestement aussi stupéfaite que moi :

- Je n'arrive pas à croire que nous venons de violer l'un des plus grands principes de Poudlard…

Je résistai à l'envie de retourner dans le monde physique pour lui répondre de manière ironique. Harry était sur les nerfs, je pouvais sentir son rythme cardiaque comme s'il pulsait sous mes doigts. Nous avions tous quitté Poudlard six mois plus tôt et le château ne nous semblait plus aussi accueillant, comme s'il suintait de cette ambiance délétère qui devait y régner depuis l'arrivée des Carrow.

- Dobby !

Harry avait à peine élevé la voix, mais l'instant d'après l'elfe de maison était apparu, serrant la main de Harry avec une adoration palpable.

- Harry Potter ! Harry Potter est revenu à Poudlard ! Mais Poudlard est devenu dangereux, trop dangereux !

- Je sais Dobby. Mais nous avons une mission à effectuer ici et personne ne peut le faire à notre place. Nous avons besoin que tu nous amènes à l'intérieur. Tu peux nous faire passer les portes ?

L'elfe hocha frénétiquement la tête, ses oreilles battant de manière comique contre son visage.

- Bien sûr ! Dobby va aider Harry Potter et ses amis ! Où Dobby doit-il vous mener ?

Harry sortit la Carte du Maraudeur pour montrer l'emplacement de mon ancienne chambre. Ça allait être encore plus simple que je ne le pensais. Les couloirs étaient manifestement déserts et en un clin d'œil nous nous retrouvâmes devant la porte de mes petits appartements privés. Me matérialisant dans le monde physique, je pointai ma baguette vers ce qui faisait office de serrure et chuchotai le mot de passe.

- Sanguinem Aeternam.

Hermione me jeta un regard équivoque.

- Très original comme mot de passe pour un vampire.

Je haussai les épaules avec un rictus, tendant le bras pour les inviter à entrer. Ils n'attendirent pas plus pour pénétrer dans la pièce et je m'empressai de refermer la porte le plus silencieusement possible avant de jeter quelques sortilèges dessus. Même si nous étions à Poudlard, la pièce me reconnaissait comme son locataire légitime et m'avait octroyé les mêmes privilèges qu'un professeur pour ses appartements. C'était une bonne nouvelle car je ne comptais pas me refaire enfermer dans ma propre chambre comme je l'avais été l'année dernière. Lorsque je me retournai, Hermione venait de métamorphoser mon fauteuil de lecture en un lit double et Harry avait déplié la Carte du Maraudeur sur mon lit.

- Rogue doit probablement dormir à cette heure, mais j'aimerais bien voir si on peut lui rendre la monnaie de sa pièce, qu'en penses-tu Drago ?

Son sourire était purement Serpentard et s'il n'y avait pas eu Ron et Hermione dans la pièce, je l'aurais probablement renversé sur le bureau séance tenante.

- Oh Harry, tu deviens aussi diabolique que moi. Ça aurait été terriblement tentant malheureusement aucun de nous ne connaissons le mot de passe de ses appartements et le connaissant, il a probablement interdit aux elfes de maison d'y pénétrer. La seule chose que nous pouvons faire, c'est de continuer à passer par Dobby pour lui remettre un message demain matin. Par contre, j'aimerais prendre contact avec Blaise Zabini. Il a beau être un Serpentard, il n'est pas favorable à Vous-Savez-Qui et contrairement à Rogue ou aux Gryffondors, il y a peu de chance qu'il soit surveillé. Il pourra être nos yeux et nos oreilles dans la grande salle.

Mes camarades hochèrent la tête et Hermione entreprit de poser sur le bureau tout ce qu'elle avait emporté dans son sac : différentes potions, matériel d'écriture, Glace à l'Ennemi et Scrutoscope, mais aussi matériel de toilette et vêtements de rechange. Je me saisis du bloc de feuilles et d'une plume pour écrire mon message pour Rogue.

« À l'attention de Monsieur Severus Rogue, Directeur de l'École de Sorcellerie de Poudlard, Maître ès Potions.

Cher collègue,

Ayant appris la volonté du professeur Slughorn de prendre sa retraite, je vous présente ma candidature pour reprendre son poste. Si vous acceptez de me recevoir en entretien, je pourrais être présent à Poudlard dans l'heure qui suit. Dans l'impatience de lire une réponse favorable de votre part. Bien respectueusement. Daaro Moltfry. »

- Avec ça il devrait comprendre que nous sommes entrés.

Je repliai le message et le posai sur le bureau. Nous avions choisi cette heure pour être certains de rejoindre ma chambre sans accroc, mais dans l'instant nous ne pouvions faire grand-chose de plus. Rogue devait dormir, calfeutré dans sa chambre, de même que Zabini, qu'il allait falloir intercepter dans les couloirs, n'ayant plus le mot de passe pour entrer dans la salle commune des Serpentards. Je n'oubliais pas non plus le danger que pouvaient représenter Théodore Nott et dans une moindre mesure Pansy Parkinson, Crabbe et Goyle.

Je sortis de mes pensées en voyant Ron sortir de la salle de bain. Manifestement, il avait fini le tour du propriétaire.

- Et ben Drago, on peut dire que tu étais bien installé l'année dernière. Même les préfets en chef n'ont pas une salle de bain personnelle attelée à leur chambre.

- Que veux-tu Ronald, dès la première année ils ont compris à qui ils avaient affaire et m'ont offert une chambre qui correspondait à mon standing !

Harry secoua la tête, s'empressant de rétablir la vérité.

- Drago n'a cette chambre que depuis l'année dernière Ron, c'était uniquement pour éviter que quiconque ne découvre sa nature vampirique.

Je croisai les bras.

- Tu n'es pas drôle. Tu aurais pu lui laisser croire ça encore un peu…

Assez rapidement, tout le monde s'habilla pour dormir. Il restait encore quelques heures avant le lever du jour et même si la journée allait surtout être consacrée à l'observation, il valait mieux être en forme. Pour ma part, je décidai d'emprunter la cape d'invisibilité de Harry pour faire une petite reconnaissance. La porte de ma chambre avait reçu l'ordre de ne laisser entrer personne d'autre que moi, j'avais donc l'esprit suffisamment tranquille pour abandonner Harry le temps d'une heure ou deux.

La Grande Salle avait été réaménagée et la table des Serpentards trônait désormais en plein milieu tandis que les autres tables étaient réparties le long des murs. D'ailleurs, une nouvelle bannière avait remplacé l'emblème habituel de Poudlard, représentant un serpent géant emprisonnant un lion dans ses anneaux, un cadavre de blaireau et d'aigle en contrebas. Le vert et argent était omniprésent sur les fanions et trois fauteuils stylisés occupaient le centre de la table des professeurs, sans doute destinés à Rogue et aux deux Carrow. En dehors de la Grande Salle, le reste de l'établissement ne semblait pas avoir trop changé si ce n'est quelques rappels par-ci par-là de la dictature qui s'était installée en ces lieux. Dans le hall d'entrée, j'avais trouvé un élève suspendu par les poignets et qui avait perdu connaissance, à moins qu'il n'était parvenu à trouver le sommeil malgré sa position. Il s'agissait de Michael Corner si mes souvenirs étaient exacts… Je préférai l'ignorer. Il y avait trop de chance que j'empire sa situation en le libérant. D'autres chaines argentées pendaient à ses côtés, manifestement pour torturer et humilier les élèves récalcitrants. Un peu plus loin, un large panneau comportait tout un tas de règles liberticides, à l'image des décrets d'Ombrage, ainsi qu'un ensemble d'avis de recherches. On pouvait y voir les portraits de Ginny Weasley, Neville Londubat, mais aussi Susan Bones, Lavande Brown ou encore Colin Crivey. Je fronçai les sourcils. Comment des élèves pouvaient être portés disparu au sein même de Poudlard ? Et au vu de la récompense offerte, il était évident que ces élèves se cachaient des Carrow... Les personnes affichées étaient pour la plupart des amis de Harry, Ron et Hermione, mais ne sachant pas comment ils allaient réagir, je décidai garder cette information sous silence. Ce n'était clairement pas le moment de faire une action désespérée alors que rien n'indiquait que ces élèves étaient en danger immédiat. N'ayant rien appris d'intéressant lors de mon petit tour, je regagnai la chambre. Tout le monde dormait paisiblement et je m'allongeai précautionneusement contre Harry pour ne pas le réveiller. Je n'étais aucunement fatigué, mais malgré ma nyctalopie, il restait désagréable de lire dans le noir donc je n'avais pas grand-chose d'autre à faire. Je somnolai une heure durant, profitant du bonheur simple de tenir mon calice entre mes bras.

Je me réveillai assez tôt pour pouvoir attraper Zabini avant le petit-déjeuner tandis que Harry remettait son message à Dobby. Ma chambre n'était pas très éloignée de la salle commune de Serpentard, je pus donc rapidement m'y poster en embuscade, recouvert par la cape d'invisibilité. Par chance, mon camarade était toujours aussi solitaire. Je l'avais devancé aussi silencieusement que je pouvais, l'attirant dans une salle de classe vide avant de calfeutrer la porte de quelques sorts. Il sembla tellement stupéfait de me voir qu'il ne chercha même pas à me repousser.

- Mais… Malefoy ! C'est vraiment toi ? Qu'est-ce que tu fous là ? Il paraît que tu as rejoint Potter dans la résistance !

- Blaise Zabini. Il se trouve que les rumeurs sont exactes. Je compte bien être dans le camp des vainqueurs et nous sommes ici dans un but bien précis. Nous allons probablement rester dans le château quelque temps et nous avons besoin de quelqu'un libre de tout soupçon pour nous informer de ce qu'il se passe. Accepterais-tu de tenir ce rôle ?

Il me regarda avec méfiance. Ce n'était pas un Serpentard pour rien.

- Je compte bien survivre à cette guerre Malefoy et je pense sincèrement que rester dans la simple neutralité est le meilleur moyen. J'ai n'ai objectivement aucune raison de sortir de la zone de sécurité dans laquelle je suis. Alors comprends bien que si j'accepte de te rendre ce service, il me faudra quelques contreparties…

- C'est bien normal. Pour information, mon idiot de père a été tué par le Lord, je suis donc à la tête de l'empire Malefoy. J'ai beaucoup d'argent…

Il balaya mon argument d'un geste de la main.

- J'ai déjà de l'argent. Et je pensais que tu avais été déshérité ? Offre-moi autre chose…

- Ma mère m'a rejoint. Sans oublier que je suis lié magiquement à Potter. Nous partageons à nous deux la fortune des Potter, des Malefoy et des Black. Avec son nom, rien ne nous sera impossible à la fin de la guerre.

Il eut un sourire carnassier. Mais je savais comment il fonctionnait et je ne m'inquiétais pas sur ma réussite à le convaincre.

- Si je comprends bien, cette rumeur est vraie aussi ? Je devrais te remercier, grâce à toi Amycus Carrow s'est senti obligé de nous apprendre comment appréhender un vampire. Seul cours utile de cette parodie de salle de classe.

- Effectivement. Harry est mon calice, de ce fait je suis prêt à tout pour qu'il gagne. Il ne réclamera pas les honneurs à la fin de la guerre, mais il a l'oreille attentive de l'Ordre du Phénix et Shacklebolt finira probablement Ministre. La purge laissera bon nombre de places vacantes, l'opinion publique réclamera les héros de la guerre…

Il fit mine de réfléchir un instant, mais j'avais vu ses yeux s'illuminer à l'idée d'une carrière bien placée dans la politique. Il me tendit la main.

- J'espère que tu n'oublieras pas ta parole, Malefoy. Je te donnerai les infos dont tu as besoin. Mais comment va Potter, alors ? A-t-il les épaules nécessaires pour affronter son ennemi ? Certains disent qu'il n'est plus qu'une loque exsangue entre tes doigts et qu'il vaut mieux ne plus rien attendre de lui. Tu te doutes que j'aimerais bien voir le champion sur lequel je vais miser…

- C'est légitime, mais j'imagine qu'il ne vaut mieux pas que tu sois en retard en cours. Retrouvons-nous ici à dix-huit heures, qu'en dis-tu ?

- Impossible. Le nouveau règlement laisse peu de temps de libre. L'étude est obligatoire de dix-sept heures trente à dix-neuf heures trente puis tout le monde va manger et on est raccompagnés à notre salle commune à vingt heures trente. Rendez-vous ici demain à la même heure.

Nous nous séparâmes et je m'empressai de rejoindre ma chambre où Harry et ses amis étaient en train de prendre leur petit-déjeuner assis sur les lits. Harry avait le soutien inconditionnel de plusieurs elfes de maison, mais par souci de sécurité, seul Dobby et Kreattur avaient été mis au courant de notre présence, ce qui était largement suffisant pour pourvoir à tous nos besoins. J'avertis les trois Gryffondors des conditions de Zabini et Harry accepta d'aller le rencontrer le lendemain.

Nous reçûmes la réponse de Rogue en milieu de matinée. Dobby avait attendu qu'il soit seul pour lui remettre notre lettre et il nous donnait rendez-vous à deux heures du matin dans son bureau. Nous nous étions mis d'accord que seul Harry et moi-même nous y rendront, gardant secret la présence de Hermione et Ron à Poudlard.

La journée ne fut guère intéressante, comme nous nous y attendions, alternant parties de Bataille explosives, échecs, lecture et sieste. Nous étions tous impatients que Rogue nous révèle l'emplacement du diadème de Serdaigle.

Une fois dans le bureau de Rogue, celui-ci ne sembla pas le moins du monde étonné de nous voir si tôt après notre dernière entrevue et je m'en sentis un peu vexé. Après tout, j'avais réussi rien de moins que nous faire entrer dans Poudlard sans alerter aucun Mangemort ni Rafleur. Mais mon parrain ne fit aucune remarque à ce sujet, rentrant directement dans le vif.

- Bien, comme je vous l'ai dit, j'ai localisé le diadème de Serdaigle, malheureusement vous allez devoir trouver une solution pour le récupérer. Il se trouve actuellement dans la Salle sur Demande, le problème c'est que de nombreux élèves se sont réfugiés dans celle-ci pour échapper aux Carrow et je ne peux pas les en déloger sans mener une partie d'entre eux à la mort. Il va falloir que vous trouviez une solution car le diadème sera inaccessible tant qu'il y aura toujours ne serait-ce qu'une personne dans la pièce. Je n'ai pas de réponse miracle. Amycus et Alecto Carrow sont des Mangemorts confirmés et ils n'hésiteront pas à appeler des renforts au moindre doute. J'ignore exactement combien d'élèves sont cloîtrés là-dedans, mais je ne veux pas que cette école se transforme en champ de bataille.

Je jetai un œil à Harry qui pâlit à cette idée. Mon cher calice ne supporterait sans doute pas que nos actions mettent en danger qui que ce soit.

- On va essayer de rentrer déjà pour voir qui y est présent. Si on peut les exfiltrer discrètement, ça peut être vite réglé. Je suis sûr qu'ils accepteront de suivre les ordres de leur sauveur Saint Harry Potter !

Ledit sauveur me fusilla du regard pour l'avoir surnommé ainsi et Rogue eut un rictus sardonique.

- Oui j'imagine bien, Potter. Car ce sont vos camarades qui me mettent régulièrement des bâtons dans les roues. Ginevra Weasley, Neville Londubat, Seamus Finnigan, Lavande Brown, Parvati et Padma Patil… Ceux qui signent leurs méfaits sous le nom d'Armée de Dumbledore. C'est bien votre œuvre qu'ils s'emploient à continuer…

Harry rosit légèrement et je sentis une vague d'inquiétude et de culpabilité à travers le lien. Je résistai à l'envie de l'attirer à moi, sachant qu'il n'aimerait pas paraître faible devant Rogue. Il leva les yeux vers mon parrain avec un air de défi.

- Ils font ce qui leur semble juste. Lutter contre les Mangemorts. Nous allons les contacter, récupérer l'Horcruxe et le détruire, comme nous l'avons fait pour le médaillon et la coupe. Inutile de vous en préoccuper.

- Je m'en préoccupe si je veux, Potter. Que vous l'acceptiez ou non, Dumbledore m'a confié comme ultime tâche de préserver cette école autant que possible et j'ai l'intention de la mener à bien. Drago, j'ose espérer que vous ne me mettrez pas à l'écart d'une information importante.

- Je te ferais parvenir un message lorsque ce sera fait. Ne peut-on vraiment rien faire contre les deux gêneurs ? Un petit Imperium doublé d'un Veritaserum nous permettrait d'apprendre ce que nous avons besoin de savoir sans déclencher d'alerte…

- Ce n'est pas si simple. Il leur demande des rapports réguliers et détectera un Imperium à la première entrevue. Cette solution ne sera à utiliser qu'en cas d'extrême nécessité et ne pourra pas nous faire gagner plus d'une à deux semaines. Si je me suis dévoilé auprès de vous, c'est pour que tu canalises l'impétuosité propre au Gryffondor qui te sert de calice, Drago. Ne me le faites pas regretter.

Nous prîmes congé avant que Harry ne décide de lui prouver son « impétuosité » en l'insultant copieusement et rejoignîmes nos camarades pour les informer de ce que nous venions d'apprendre.

- Ma sœur est là-bas ? Elle t'a toujours admiré Harry, ça ne m'étonne pas qu'elle ait voulu suivre tes pas. Neville, Seamus, même Lavande… On ne peut pas les mettre en danger. Ils ont voulu résister, mais je ne pense pas qu'ils savaient dans quoi ils s'engageaient.

- C'est exactement ce à quoi je pensais, Ron. C'est mon combat, je ne veux pas impliquer plus de gens.

- Il nous faut récupérer l'Horcruxe quoi qu'il arrive. Je ne dis pas qu'il faut les sacrifier, mais ils doivent sortir le temps qu'on trouve le diadème ! Si on fait ça en pleine nuit, les Carrow dormiront, ça ne devrait pas prendre si longtemps.

Hermione se décida d'intervenir :

- Pour l'instant, nous n'avons qu'à surveiller le couloir du septième étage avec la carte du Maraudeur. Si on arrive à savoir qui utilise la pièce, on pourra le contacter. Même si les élèves cités par Rogue s'y cachent, j'imagine que d'autres ont pour mission de relayer les informations depuis l'extérieur. À ce moment-là, l'un d'entre nous n'aura qu'à se poster devant la salle, caché sous la cape d'invisibilité, pour intercepter l'élève qui essayerait d'y rentrer. On a besoin de connaître la situation exacte avant de prendre une décision.

Tout le monde hocha la tête. Nous dépliâmes la carte sur le bureau de manière à voir le septième étage et décidâmes de « tours de garde » pour alterner la surveillance. Ce fut vers six heures du matin, alors que j'allais réveiller Harry pour notre rendez-vous avec Blaise Zabini, que je remarquai enfin le mouvement révélateur sur la carte. Ernie Macmillan, un Poufsouffle de notre âge, se déplaçait bien trop vite pour paraître naturel dans le couloir du septième étage.

Ron fut étonnamment le premier à réagir.

- Ernie ? Ah oui, il était persuadé que Harry était l'héritier de Serpentard en deuxième année après l'épisode du club de duel. Mais il avait intégré l'armée de Dumbledore en cinquième année. C'est un bon gars.

Harry se frottait les yeux en baillant.

- Ah oui, je m'en souviens… Il était parvenu à produire un Patronus corporel… un sanglier, il me semble… Hn… J'ai vraiment l'impression d'avoir fait une nuit blanche…

Son petit gémissement accompagné de son air endormi me donna envie de le prendre dans mes bras, mais il n'aurait pas apprécié que je le fasse paraître aussi vulnérable devant quelqu'un, même si c'était Ron et Hermione. Je le laissai se lever laborieusement, attendant simplement, appuyé contre le bureau.

- Tu auras le temps de déjeuner après. Il ne faut pas qu'on rate Zabini.

Il s'étira une dernière fois avant d'écarter les bras vers moi avec un sourire. Je m'empressai de l'étreindre, me fondant dans son ombre d'un même mouvement. Il ferma les yeux un instant, savourant tout comme moi la proximité surnaturelle de nos deux corps. Au niveau des sensations, c'était comme si ma peau était collée à la sienne sans le moindre vêtement pour nous séparer. Je pouvais sentir sa chaleur, le moindre de ses frissons son odeur m'entourait et sa voix me parvenait sans même qu'il n'ait besoin d'ouvrir la bouche.

* Où devons-nous le retrouver exactement ? *

* Une salle de classe désaffectée, pas loin de l'escalier qui mène au hall. Mets ta cape d'invisibilité, je vais te guider. *

Nous eûmes tôt fait de rejoindre le lieu de rendez-vous et le Serpentard s'y trouvait déjà. Harry referma la porte silencieusement avant de retirer sa cape sous l'œil stupéfait de Blaise.

- Potter… Malefoy n'est pas avec toi.

Harry semblait beaucoup s'amuser de la perplexité de Zabini car il s'appuya nonchalamment contre une table et mit ses mains dans ses poches. Je décidai de jouer son jeu et de rester caché dans son ombre un peu plus longtemps.

- Blaise Zabini. C'est bien moi que tu voulais voir, non ? Alors qu'en penses-tu ? J'ai la tête de quelqu'un capable d'affronter Tu-Sais-Qui ?

Mon ancien camarade sembla un peu déstabilisé par le franc parlé et la nonchalance apparente de Harry.

- Et bien… Tu as l'air en forme. Ecoute… je ne sais pas ce que Drago t'as dit sur moi. Je ne suis pas un héros, je ne compte pas me mettre en danger pour tes beaux yeux ou au nom d'un quelconque idéal altruiste. Mais je ne suis pas un Mangemort. Alors si je peux y gagner quelque chose tout en restant au chaud, on devrait pouvoir s'arranger.

- Ça me paraît raisonnable. On ne te demande rien de bien compliqué. Juste nous dire ce qu'il s'est passé pendant la journée. On va probablement devoir mettre un coup de pied dans la fourmilière. Nous sommes arrivés hier et par sécurité nous ne sommes en contact avec personne. Tu as des choses à nous apprendre sur la situation ici ?

Il regarda sa montre.

- Plus tard. Il va falloir qu'on trouve un autre moyen de communiquer parce que si je me lève à cette heure, c'est pour ne pas croiser certains abrutis et déjeuner tranquille. Demain même heure, je vous donnerai un compte rendu écrit.

Je repensais au parchemin à double sens dont le double était malheureusement toujours chez Bill Weasley. Peut-être Hermione saurait-elle reproduire l'enchantement pour fabriquer un système similaire ? Harry hocha la tête, à la fois pour Blaise et en écho à mes pensées.

- À demain Zabini. Merci.

Il répondit avec un vague geste de la main avant de quitter la pièce et Harry remit sa cape d'invisibilité pour rejoindre nos « appartements ».

Ron et Hermione étaient en train de déjeuner sur leur lit et Harry récupéra le mug de thé tendu par Dobby avant de se saisir d'un croissant.

La journée nous sembla interminable. L'exiguïté de la pièce ne nous laissait que peu de possibilité et aux alentours de midi, Hermione décida d'utiliser la cape d'invisibilité pour se rendre à la bibliothèque et Ron décida de faire une sieste. J'aurais bien profité de la situation pour offrir un peu de plaisir à mon calice, mais Harry n'avait pas la tête à cela et refusa de faire quoi que ce soit avec Ron simplement assoupi à côté. Je commençais à regretter la présence du second couple. J'espérais tout de même qu'il accepterait de se faire mordre lorsque le besoin s'en ferait sentir. La morsure était notre communion intime et c'était contre-instinctif de le faire en présence d'autrui, cependant il en avait besoin autant que moi et il était hors de question de nous affaiblir par excès de pudeur.

Hermione nous rejoignit à l'heure du dîner.

- Les Carrow ont aussi mis le nez dans la bibliothèque scolaire. De nombreux livres ont disparu ! Il me semble que Mme Pince est parvenue à en cacher une partie, mais elle ne s'opposerait pas ouvertement à des Mangemorts, malgré tout l'amour qu'elle porte aux livres, ce n'est pas une femme d'action.

Je lui exposai mon idée et elle commença immédiatement à noter mes suggestions sur un parchemin avant de saisir son livre d'enchantements avancés et une pile de parchemins pour faire des tests. Si je la dominais allègrement en matière de Potion, je devais bien reconnaître qu'elle avait un sacré talent pour ce qui était des sortilèges.

Harry et moi avions prévu d'attendre le couvre-feu des élèves pour se poster dans le couloir du septième étage, mais Ron avait insisté pour nous y accompagner, sous prétexte que sa sœur y serait présente. J'avais donc une nouvelle fois rejoint l'ombre de Harry tandis que les deux garçons cheminaient le plus silencieusement possible, tous deux dissimulés par la cape d'invisibilité. Le tissu était tout juste suffisant pour les couvrir et ils devaient avancer lentement, pressés l'un contre l'autre d'une manière qui m'aurait paru insupportable si ça n'avait pas été Ron ou Hermione.

Le trajet jusqu'à la tapisserie de Barnabas le Follet me sembla interminable, par chance ils ne croisèrent que Rusard qui, malgré son statut de Cracmol, patrouillait toujours comme concierge de Poudlard. Le vieil homme continua sa ronde sans s'apercevoir de leur présence et ils purent atteindre leur but sans déclencher d'alerte. Je m'attendais à ce que notre attente soit interminable, cependant moins d'une heure plus tard, alors que Harry et Ron s'étaient assis par terre, un bruit de pas se fit entendre, mettant immédiatement mes deux camarades aux aguets. La personne qui se déplaçait était manifestement sous sortilège de Désillusion et Harry lança un Finite Incantatem pour la faire apparaître. Il s'agissait d'Anthony Goldstein, un préfet de Serdaigle que je reconnu malgré son impressionnant œil au beurre noir. Il sursauta et poussa un petit cri, immédiatement étouffé par Ron qui s'était jeté sur lui pour le faire taire. Harry lui fit signe de ne pas faire de bruit et se mit à chuchoter.

- Anthony, c'est vraiment nous. Ron Weasley et Harry Potter. Nous sommes revenus à Poudlard. Mon Patronus est un cerf et celui de Ron un petit chien.

Il écarquilla les yeux, mais sembla se calmer rapidement, hochant la tête pour signifier à Ron qu'il pouvait le lâcher.

- Harry… Harry Potter ! Ron Weasley ! Vous êtes venus nous sauver ? Vous êtes venus éjecter Rogue et les Carrow hors du château ?!

- Euh… Fais-nous rentrer dans la Salle sur Demande. Il vaut mieux qu'on évite de discuter ici. On sait que plusieurs élèves de l'Armée de Dumbledore s'y sont réfugiés.

Il effectua rapidement les trois allers-retours et une porte apparue immédiatement après, à la place du mur vide. Le Serdaigle s'empressa d'entrer, suivi de près par Harry et Ron. La salle qui se dévoila alors ne ressemblait à rien de ce que j'avais vu jusqu'à présent. Elle était immense et les murs, le sol et le plafond étaient dans un bois chaleureux. Çà et là diverses tapisseries représentaient les maisons de Poudlard, exception faite de Serpentard. Plusieurs bibliothèques occupaient les murs et de nombreux hamacs multicolores étaient suspendus au plafond. On pouvait voir les malles de plusieurs élèves, quelques balais et une grande table en bois accompagnée de chaises trônait au milieu de la pièce. Un poste de radio était posé dessus et un élève semblait écouter attentivement ce qu'il s'y disait, avant de relever la tête en nous entendant entrer.

- Anthony, qu'est-ce que… Harry ?! HARRY POTTER ! RON WEASLEY !

Son cri réveilla tous ceux qui étaient endormis et bientôt une petite vingtaine d'élèves se pressèrent autour de Harry et Ron pour leur serrer la main. Je reconnus les jumelles Patil, Terry Boot, Lavande Brown et Seamus Finnigan. Plusieurs d'entre eux étaient amochés, preuve que la vie à Poudlard était loin d'être paisible. Ron enlaça sa petite sœur et Neville se précipita sur Harry pour le serrer dans ses bras. Toute cette affection envers mon calice remua désagréablement l'instinct du vampire et je me sentis obligé de me matérialiser à ses côtés, provoquant un cri d'effroi et un mouvement de recul. Pour peu j'en aurais ri si plusieurs baguettes ne s'étaient pas pointées sur moi d'un même mouvement. Harry s'interposa en levant les bras.

- Du calme !

Ron se fendit d'un sourire moqueur.

- C'est bon les gars, il est avec nous…

Il est vrai qu'à part les Gryffondors qui partageaient le dortoir de Harry l'année dernière, les autres élèves n'avaient pas vraiment été témoin de notre rapprochement. Neville hocha la tête et Seamus incita d'autres élèves à baisser leurs baguettes.

- Souvenez-vous de ce qu'ont dit les Carrow il y a quelques semaines. Malefoy est devenu un traître à son sang. Donc il est dans notre camp.

Je passai mon bras autour du cou de Harry dans un élan de possessivité que je ne parvins pas à réfréner, mais heureusement il ne me repoussa pas. En revanche, Terry Boot refusa de baisser sa baguette.

- J'ai toujours vu Drago Malefoy insulter les nés-moldu et fomenter des mauvais coups contre toi. Comment tu peux lui faire confiance, Harry ? C'est un Serpentard ! Son père est Mangemort.

- J'ai suffisamment de raisons, Terry. Que crois-tu que nous ayons fait depuis cet été ? Drago a toujours été à mes côtés et il nous a sauvé la vie plusieurs fois. Je lui fais entièrement confiance.

Neville prit à nouveau la parole et tous les regards se tournèrent vers lui. Je m'étonnai de cette assurance et ce charisme que je ne lui connaissais pas.

- Drago était déjà aux côtés de Harry au mois de juin dernier. Et Luna m'a dit qu'il était avec eux quand ils sont venus la libérer.

- Mais pourquoi il s'est caché, hein ! Il n'était pas là quand ils sont rentrés. Pourquoi était-il invisible s'il était tout à fait honnête ?

- Boot, c'est justement à cause d'un comportement comme le tien que je ne voulais pas prendre le risque d'être visible dans le couloir.

Étonnement, Ron se décida à prendre ma défense.

- Vieux, c'est bon. Même Ginny peut confirmer qu'il était chez nous cet été. Et crois bien que pour que j'accepte Drago Malefoy, il m'a fallu de sérieuses garanties.

Cette fois, le Serdaigle consentit à baisser sa baguette. Neville repris la parole.

- À présent que ce détail est réglé, expliquez-nous pourquoi vous êtes là. Quel est le plan ?

- Il n'y a pas vraiment… de plan. Enfin… Nous ne pouvons rien vous dire. Nous devons nous en occuper seuls.

- Pourquoi ? C'est quelque chose qui a un rapport avec le combat contre Vous-Savez-Qui, non ?

Je gardai le silence, préférant laissai Harry se débrouiller dans ses explications.

- Eh bien… oui… mais Dumbledore nous a confié ce travail à moi, Drago, Ron et Hermione. Il m'avait bien dit de n'en parler à personne d'autre… Si Vous-Savez-Qui l'apprenait avant la fin, ça serait une catastrophe…

- Je ne vois pas pourquoi vous n'auriez pas confiance en nous ! Tous ceux qui sont dans cette salle se sont battus et ont été obligés de se réfugier ici parce que les Carrow les pourchassaient. Chacun de nous a montré sa loyauté envers Dumbledore et envers toi, Harry.

Neville semblait en colère, je ne l'avais jamais vu aussi remonté. Mais Harry conserva son calme.

- Ce n'est pas une question de confiance ou de loyauté. C'est une question de risque. Dumbledore n'a même pas informé McGonagall, Maugrey ou Shacklebolt. Lupin nous a supplié d'accepter son aide avant vous et nous avons refusé. Nous sommes si près du but. Bientôt ça sera l'heure de la bataille finale. Mais n'oubliez pas que notre ennemi a des armes dont nous ignorons même l'existence. On ne peut pas se permettre de laisser la moindre place au hasard. Je suis désolé…

Pour peu je l'aurais applaudi. Harry avait beau dire qu'il n'était pas fait pour la politique, il était capable de faire de beaux discours. En revanche, lorsque Ginny Weasley lui prit la main avec un regard brillant, mon sourire se figea immédiatement. Harry retira doucement sa main, passant son regard sur les visages désormais déçus de ses camarades. Seamus Finnigan se mit à marmonner, le regard planté dans le sol et les poings serrés.

- Cela veut dire que Rogue et les Carrow… On pensait que notre calvaire était terminé, que tu nous en débarrasserais…

- J'aimerais vraiment vous aider, mais Vous-Savez-Qui est en contact régulier avec ses Mangemorts. Si nous les stupéfixons, il s'en rendrait compte rapidement et n'hésiterait pas à attaquer Poudlard. Pour encore quelques temps nous avons besoin qu'il ne se doute de rien. Il ne sait pas où je suis, ni ce que je fais et c'est notre meilleure chance contre lui. Nous avons découvert qu'il avait caché un objet ici dans la Salle-sur-Demande. Nous avons besoin de le récupérer pour le détruire. Je ne peux pas vous en dire plus. Mais il va falloir tous sortir pour invoquer la salle aux objets cachés…

Neville sembla pensif un moment avant de prendre un air déterminé.

- Si ce n'est que pour quelques heures, j'ai peut-être une solution. Mais en échange, je veux que vous trouviez un moyen de nous protéger des persécutions des Carrow. Tous ces gens comptent sur moi. Je leur ai dit de croire en toi malgré les persécutions et l'absence de nouvelles. Tu ne peux pas juste venir ici et nous abandonner l'instant d'après en nous demandant de continuer la lutte sans savoir combien de temps encore on va devoir tenir.


Je pense que c'est le bon endroit pour clore ce chapitre. Pas de panique, je suis encore confinée un bon mois et 1/4 du chapitre 26 est déjà écrit ! Comptez une à deux semaines max si l'inspiration est au rendez-vous.