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La journée était rapidement passée. Déjà parce qu'il était allé faire une sieste au début de matinée, les effets de PAS dormir de la nuit parce que tout le monde semblait paniquer pour rien. Ensuite, il avait fait le repas arrivant juste avant que Buck ne s'y mette. Buck avait affiché un air contrarié, comme toujours, mais l'avait laissé faire. James était venu l'aider. Buck s'était détendu et avait été travaillé dans son bureau. Il ne s'était pas pointé, connard, pour le repas mais les adolescents étaient tous arrivés. Lily avait gardé une part « pour ses amis » ! Et Remus avait tout de même trouvé ça étrange, bien que tout le monde semblât trouver ça normal que l'adolescente puisse avoir des amis imaginaires.
Le début d'après-midi, il ne vit aucun adolescent, chacun à ses occupations. Ronald arriva tardivement et ils discutèrent de la vie d'Hogwarts. Remus commençait à se faire à l'idée, qu'alors qu'il cherchait à retrouver ses souvenirs après les meurtres de Ted et Nymphadora, le psy semblait vouloir s'obstiner à parler d'avant.
Depuis peu, c'étaient les horreurs qu'il avait fait subir à Sirius et celles d'autres personnes. A croire qu'il s'agissait d'une thérapie pou parler de Sirius plutôt que lui. Remus ne cessait de répéter que cela ne justifiait pas le fait que Sirius soit devenu un criminel, mais il semblait parfois en douter. Il expliquait à Ronald, se perdant parfois dans une forme de regrets impossible à rattraper. « Nymphadora et moi, nous pensions aller lui parler… mais la guerre… et je ne sais pas. Une force, une lâcheté intérieure me poussait à ne pas le faire comme elle me poussait à toujours lui faire du mal quand j'étais plus jeune. J'étais tellement furieux qu'il soit ainsi ! »
Ronald hésitait à parler du lien découvert par Drago et Harry ainsi que de la visite de Remus à Sirius après l'école. Remus ne semblait pas en avoir souvenir.
« C'est moi…
― Oui ?
― Sirius le savait. Il savait que c'était moi qui l'avais embrassé en premier et qui le torturait mais il acceptait ce que je faisais comme-ci il était coupable et plus il l'acceptait, plus j'avais le sentiment qu'il l'était véritablement. En réalité, il avait juste une vie sexuelle délurée, c'était vrai, mais il ne nous avait jamais dit être abstinent ou ne nous avait jamais dit être amoureux de Peter. Je crois même qu'il passait son temps à lui dire qu'il ne voulait pas et que Peter insistait. Je lui en voulais…
― Pourquoi ? questionne Ron tendant une cigarette à Remus.
― Je pensais que Peter se mettait en danger et manquait de mourir à cause de lui mais… après l'école, ils ont continué à être ensemble et Sirius le trompait toujours, mais Peter semblait s'en accommoder. Je n'avais pas à intervenir finalement. J'ai créé Sirius Black. Je suis presque autant responsable que lui dans tout ça… »
Remus rit légèrement, nerveusement.
« Vous savez ce qu'il y a de drôle ? Je n'arrête pas de me dire que la vie de Buck est celle qu'aurait Sirius Black s'il n'avait pas voulu être homosexuel et s'il ne m'avait pas rencontré. Il aurait été ce genre de père, j'en suis persuadé, protecteur, rieur, maladroit, bien moins compliqué et triste cela dit.
― Qu'ont-ils en commun ?
― C'est idiot… j'ai envie de dire tout. Mais ils sont totalement différents, en même temps. J'ai juste envie, je présume, de croire qu'il aurait pu être un homme bon.
― Connaissez-vous la lettre volée d'Edgard Allan Poe, monsieur Lupin ?
― C'est un livre moldu ? Je ne me souviens pas l'avoir lu.
― Je vais vous l'envoyer. Un peu de lecture pourrait vous occuper.
― Pourquoi ne sommes-nous pas dans votre cabinet, aujourd'hui ?
― Cette salle des demandes est parfaite. Il a fallu du temps à la moitié de Buck pour pouvoir la créer.
― D'ordinaire…
― Disons que ma vie est plus compliquée dernièrement. » ENTRE un stupide amant qui a fait que tous les journalistes politiques veulent des informations sur Peter Pettigrow et sa plainte et une ex-femme qui a fait que tous les journalistes people veulent l'interviewer sur sa prestation musicale la maison hypersécurisée et protégée des Lupin était le seul endroit où il voulait être.
« La connexion aiderait véritablement pour les souvenirs ?
― Entendre vos pensées permet une meilleure approche, oui.
― Je… je dois encore y réfléchir un peu.
― Prenez votre temps. »
Remus se perdit un peu dans ses pensées, fumant calmement.
« Je n'arrête pas de penser à certains moments et puis, à la fin…
― La fin ?
― Je me souviens de la maison brûlant, de Lucius. Sirius est apparu, je l'ai attaqué avant qu'il ne puisse le faire, je crois. Je sais plus. On se battait et soudainement Peter est intervenu. En le voyant, Sirius s'est jeté dessus. Ils ont disparu, chez eux, à Londres. J'ai voulu les rattraper, mais c'était trop tard. Sirius avait déjà tué Peter et des moldus. Il a disparu pendant des jours. Pendant des jours, et soudainement il s'est retrouvé face à moi. Pourquoi je ne l'ai pas tué ?
― Je ne sais pas. Pourquoi selon vous ?
― Je crois que je voulais qu'il souffre… »
Au moins faire souffrir Sirius Black était une constante dans sa vie. Il avait été fatal à l'homme.
« Mais cette maison… en flammes… Je ne sais pas. Je devrais…
― Vous devriez ?
― Je pense… je… j'aimerai retourner en France pour mieux comprendre.
― Plus rien n'est comme avant, vous n'y trouverez rien. Qu'est-ce-qui vous intrigue tellement ? Nous pourrions essaye la pensine.
― Je n'arrêtes pas d'entendre la voix de James. »
