Zbioum,
Vos messages me font du bien, ils mettent du baume au cœur et vous me rendez heureuse et fière de moi, fière de vous. Fière de vous car même quand je sens ma plume trembler vous m'encourager à vous offrir toujours une suite, fière de moi car je gagne enfin en confiance en ma plume.
Cette histoire n'est pas terminée que déjà une nouvelle se monte dans mon esprit.
De l'amour sur vos têtes,
Ingénue
––––––––––––––––––––
– Une honte. Tout simplement une honte. Ne savez-vous donc pas vous tenir en société ? Je suis extrêmement déçue de vous, Miss Greengrass et vous deux, Hermione, tu aurais dû éloigner les enfants pendant que Draco guidait Astoria dans un coin plus intime. Vous avez réussi à créer un drame dans une soirée caritative.
A peine avaient-ils passé la porte du bureau de Lucius que Narcissa, qui avait pourtant l'habitude d'être d'un calme olympien, avait explosé. Elle fusillait du regard les trois jeunes gens qui se tenaient devant elle, laissant tomber son masque impassible pour montrer un visage marqué par un mélange de colère et de déception.
Astoria arborait son masque de marbre la faisant ressembler à une poupée de porcelaine inanimée. Ses longs cheveux bruns étaient savamment coiffés autours de son crâne, la robe de satin noir qu'elle portait faisait ressortir ses formes et sa peau pâle comme de la craie. Elle était d'une beauté irréelle et Hermione ne pouvait s'empêcher de la jalouser. Elle n'arrivait pas à la cheville d'une telle femme dont la beauté rappelait presque Aphrodite. Hermione reçu le coup en plein cœur. Lorsque l'on regardait Narcissa, Draco et Astoria, on voyait cette aura surréaliste qui les entourait. De jolies formes harmonieuses et longilignes, des peaux parfaites, des cheveux semblant aussi soyeux que de la soie mais, surtout, ces regards si perçants. L'acier des yeux de Draco, le bleu si pur du regard d'Astoria et le bleu pétrole si profond du regard de Narcissa.
Hermione se sentit rapidement fade et sans saveur avec ses grands yeux bruns pailletés de miel, sa crinière brune et bouclée, sa peau légèrement hâlée et ses formes si peu harmonieuse. Il fallait dire qu'elle n'avait pas une forte poitrine, une taille fine sans être réellement menue et des hanches plus larges. Depuis qu'elle avait repris une bonne partie du poids perdu, ses os ne transparaissaient plus autant sous sa peau, effaçant l'aspect squelettique qu'elle avait porté durant de longs mois.
Draco, semblant sentir le malaise dans les yeux de sa dulcinée s'approcha d'elle pour déposer une main protectrice au creux de ses hanches. Elle lui sourit vaguement. Elle avait envie de fuir, d'aller se cacher dans un coin pour ne plus avoir à être le vilain petit canard de cette famille à la superbe naturelle.
– Le mal est fait de toutes manières et j'espère vous que cela ne fera pas la une de la gazette dès demain.
– Mère, ne vous inquiétez par pour cela. Nous nous en occuperons plus tard avec Père. Nous avons réussi à cacher bien pire qu'un simple haussement de ton lors d'une soirée mondaine.
– Bien. Nous n'avons pas besoin d'un scandale matrimonial. Les choses sont bien claires pour tout le monde il me semble. Draco et Hermione forment un merveilleux couple tandis que vous, Astoria, vous n'êtes rien pour cette famille. Vous en avez perdu la place le jour où vous avez fui, abandonnant votre propre fils à son père.
Si le ton de la matriarche s'était adoucit à l'évocation du couple, il s'était fait plus dur sur la partie concernant Astoria et cette dernière sembla le remarquer si bien qu'elle coula vers Hermione un regard noir.
– Je ne vous comprends pas Narcissa. Nous avons été si proche lorsque j'étais avec Draco. Vous étiez comme une seconde mère pour moi et je pensais que jamais ce lien ne se briserait. Je pensais que vous me compreniez.
– Ce lien s'est brisé le jour où vous avez tout abandonné pour aller couler des jours tranquilles à l'autre bout de l'Europe dans les bras d'un riche héritier scandinave. Comme si la fortune Malfoy ne pouvait vous convenir.
– Oh je vous en prie Narcissa. Vous savez très bien que si je suis partie, c'était pour ne pas être touchée par le déshonneur d'avoir eu un enfant hors mariage.
– Nous étions fiancés Astoria. Nous devions nous marier au mois d'avril mais la venue de Scorpius au monde avec plus d'un mois d'avance nous a tous pris de court. Nous n'allions tout de même pas nous marier pendant que tu étais sur la table d'accouchement. Cela aurait été absurde.
– Je voulais avorter mais tu as refusé. Je ne coulais pas d'un gosse avant notre mariage et encore moins porté une robe de mariée tout en ressemblant à un ballon de baudruche.
Draco sentit son sang en faire qu'un tour. Il se souvint de cette discussion houleuse autour du sujet qu'avait été le fait de garder ou non Scorpius. Si, au départ, il avait été d'accord avec elle, l'échographie sorcière montrant la vie de ce petit être dans le ventre de la femme qu'il aimait à l'époque lui avait fait changer d'avis et elle avait accepté, sans se rebeller contre lui.
– Nous étions deux pour le faire. Nous avons choisi de le garder à deux je te rappelle. Certes nous étions d'accord pour que tu avortes mais nous ne savions pas que tu étais déjà à 4 mois de grossesse ni même qu'une simple échographie allait nous pousser à le garder car nous étions juste incapables de retirer la vie à une si petite chose.
– J'aurai pu accoucher en secret, sous X et nous aurions ainsi fait comme si rien en s'était passé. Qui était au courant pour ma grossesse ? Toi, tes parents, les miens, ma sœur, Pansy et Blaise. Nous aurions pu tout simplement ne rien dire et un simple sortilège de désillusion aurait suffi à masquer mon ventre. Notre couple n'aurait pas été ruiné par un petit bâtard.
Hermione n'en revenait pas. Comment de tels mots pouvaient-ils être lancés contre un enfant ? Narcissa, en face d'elle, avait le regard sombre. Ses lèvres étaient pincées et la colère déferlait dans ses yeux comme une tempête meurtrière.
– C'est une honte.
Hermione avait parlé sans réellement s'en rendre compte. Elle s'était avancée d'un pas, retirant son dos du contact apaisant de la main de Draco.
– Il me semble que tu n'as pas ton mot à dire, sang-de-bourbe. Cette discussion ne te regarde en rien.
– Elle ne me regarde peut-être pas en tant que personne mais en tant que mère. Comment une mère peut-elle prononcer de tels mots en parlant de son enfant. Nous sommes à une époque où nous pouvons choisir d'avoir un enfant quand et si nous le désirons. Il y a des moyens contraceptifs moldus et sorciers d'une efficacité sans nom pour nous permettre de toujours rester libre quant au choix de tomber enceinte. De plus, nous ne sommes plus au 14ème siècle, un enfant hors mariage n'est pas un bâtard. Toutes ces règles sont désuètes et oubliées.
– Hermione…
Draco n'eut le temps de finir que la voix froide d'Astoria le stoppa sans la moindre hésitation. Ce n'était plus entre lui et son ex-fiancé que tout se jouait, c'était entre elle et celle qui partageait maintenant sa vie.
– Pauvre petite sang-de-bourbe. Tu m'inspires de la pitié. Tu n'es même pas capable de comprendre les règles du monde de l'aristocratie, mais j'oubliai, pour les connaître il faut faire partie de son monde et quel est ton titre déjà ? Ah oui, tu n'en as aucun. Tu n'es qu'une vulgaire roturière. Tu es peut-être une héroïne de guerre mais tu n'en restes pas moins une moins que rien, une vulgaire sorcière au sang plus que douteux. Tu es bien contente de t'être fait plaindre en divorçant, tu as réussi à mettre dans ton lit l'héritier le plus riche de tout le Royaume-Uni pour lui voler quelques gallions mais quand comprendras-tu que toi et ta sale gamine n'êtes rien ? Scorpius est peut-être un bâtard mais un bâtard avec un certain pédigré alors que toi, tu es juste une nounou qui se fait baiser par son chef en attendant qu'il trouve une véritable femme à sa hauteur. Les Malfoy n'ont pas besoin d'une traînée et d'une erreur de la nature dans leur famille.
La gifle vola d'elle-même. Hermione n'avait pu contenir son geste plus longtemps. Si elle avait réussi à se contenir au départ, les mots qu'elle avait utilisés n'avait fait que mettre le feu à son sang en ébullition. Draco était sous le choc, il se souvenait encore du crochet du droit que lui avait envoyé Hermione en troisième année mais jamais il n'avait vu cet éclat de rage dans son regard pailleté.
– Ne parle plus jamais de Rose ou de Scorpius de la sorte. Tu peux m'insulter si cela t'amuse mais on ne s'en prend pas à mes enfants. Je n'ai peut-être aucun titre de noblesse ni fortune mais, au moins, mes parents m'ont inculqué le respect et la politesse. Mon sang te semble moins noble que le tien ? Très bien, tu as peut-être raison mais le sang qui coule dans mes veines n'est pas un vulgaire poison d'étroitesse d'esprit et d'égocentrisme malsain.
Le regard fier et le menton relevé, Hermione se détacha totalement du groupe pour venir déposer sa main si fine sur la poigné de la porte. Derrière-elle, Astoria se tenait la joue et Narcissa semblait être devenue une véritable statue de sel. Draco, lui, fixait le sol d'un air perdu.
– Pour ta gouverne, Astoria, sache que je suis assez grande et intelligente pour m'occuper de ma propre vie sans avoir à me mêler de celle des autres. Tu devrais en faire autant. Cela t'aurait évité de briser le cœur d'un enfant de 7 ans et de te faire remarquer avec si peu de délicatesse lors d'un bal pour les nécessiteux.
Sans un regard en arrière, Hermione poussa la lourde porte et sortit. Rapidement, le bruit de ses talons martelant le sol retentit de plus en plus loin jusqu'à disparaitre totalement alors que la porte se refermait d'elle-même dans un claquement sourd.
– Comment cette sale garce a-t 'elle osé levé la main sur moi ? Je vais-
– C'est bon Astoria. Je pense que tu devrais partir et ne plus revenir. En une soirée, tu as réussi à faire assez de mal pour tout une vie et, crois-moi, je ne pensais pas que tu pouvais faire pire que ce que tu as fait ce 23 mars, en disparaissant à peine 24h après la naissance de Scorpius.
Draco, le regard sombre, n'ajouta rien de plus avant de suivre le chemin qu'avait emprunté Hermione sans un regard pour cette femme qu'il haïssait. En lui, une question clignotait : comment avait-il pu aimer une femme comme elle ? Comment avait-il pu ne pas voir sa véritable nature après tant de temps de vie à deux ?
Narcissa observa son fils partir. Astoria la fixait d'un regard choqué, comme si elle lui reprochait de ne pas avoir agi pour venir la défendre.
– Draco a raison, vous devriez partir Astoria et ne jamais revenir.
– Ne voyez-vous donc pas ce que cette sang-de-bourbe a fait à votre famille ?
– Si et je ne le vois que trop bien. Elle a permis à Scorpius d'avoir une mère, elle a permis à Draco de donner une nouvelle chance à l'amour, elle a permis à Lucius d'entrevoir enfin le bout du tunnel de la rédemption et elle m'a permis d'ouvrir les yeux sur notre stupidité à accorder encore bien trop de crédit à ces règles du passé. Maintenant partez, je vous raccompagne jusqu'à la sortie et je vous prierai de ne jamais remettre les pieds dans nos vies. Si vous osez ne serait-ce qu'envoyer un hibou à mon fils ou sa famille, j'en serai informé et je ferai tout ce qui est nécessaire pour vous faire disparaître de nos vies.
Astoria fulminait. Jamais on ne l'avait traité de la sorte et elle comptait bien se venger mais le regard de Narcissa la fit rapidement déchanter si bien qu'elle choisit de lui obéir et de la suivre jusqu'à la porte principale du manoir où, sans un regard en arrière, elle sortit par la grande porte, le menton haut et l'allure fière pour transplaner une fois arrivée au grand portail de la propriété. Narcissa l'avait fixé jusqu'à la fin, ne fermant la porte qu'une fois certaine que cette femme ne reviendrait pas causer du tort à cette soirée, soirée qu'elle regagna pour y retrouver une Pansy maintenant d'une poigne de fer la bonne humeur.
…
Hermione était assise dans ce qui semblait être le jardin d'hivers. Les hautes fenêtres vitrées laissaient apparaître un immense parc ensevelit sous un manteau de neige. Si, d'ordinaire, cette poudreuse blanche lui donnait le sourire et l'envie de sortir pour sentir les flocons s'écraser sur son visage, en cet instant elle renforçait son état de détresse. On voyait qu'elle avait pleuré et couru. Sa coiffure était anarchique et son maquillage défait. La fleur qui, au début de la soirée, ornait ses cheveux, était à présent sur le sol de marbre froid.
– Hermione, enfin je te retrouve.
Draco soupira de soulagement. Il venait de passer non loin de 30 minutes à la chercher dans les quatre coins du manoir. Il se doutait qu'elle n'était pas partie et il ne lui restait que peu d'endroit à fouiller. Ses pas l'avaient guidé vers le salon d'hivers de sa mère, une pièce unique en son genre. Placée sous une véritable coupole de verre, la pièce n'était éclairée que par quelques rayons de lune. Son cœur s'était serré lorsqu'il avait vu Hermione assise à même le sol, totalement débraillée. Il n'était guère mieux avec ses cheveux en bataille et sa chemise froissée mais cette femme faisait réellement peine à voir. Elle ne réagit même pas alors qu'il lui parlait.
Lentement, il se dirigea vers elle pour finalement se laisser tomber à ses côtés. Il l'observa un instant avant d'être saisit par le tremblement de ses épaules. Il y vit un mélange de larmes et de froid alors il retira sa veste pour venir la déposer sur les frêles épaules de sa jolie brune. Elle le remercia du bout des lèvres avant de céder à ses bras. Elle se blottit contre lui, fixant l'esquisse de la lune dans le ciel.
– Cet endroit est magnifique.
– Mon père l'a fait faire spécialement pour ma mère. Elle se sentait trop prisonnière des murs épais en hivers qu'elle en devenait morne alors il a eu cette idée de jardin couvert. Depuis, c'est ici qu'elle passe une grande partie de son temps quand le temps est trop froid pour lui permettre de sortir. Ma mère reste d'une santé fragile même si elle fait la forte.
– Cette histoire est si romantique et si belle. Elle me fait penser au mythe de Perséphone.
– Je suis intimement persuadé qu'Hadès n'a pas réellement kidnappé Perséphone. Je suis certain qu'elle lui a offert son cœur en tombant sous son charme.
Hermione lui sourit légèrement, un véritable puis éclat de soleil sous le nuage de sa tristesse.
– Tu ne dois pas croire tout ce qu'a dit Astoria. Tu n'es pas une nounou baisable, tu es tellement plus à mes yeux.
– Je sais.
– Alors pourquoi es-tu si triste ? J'ai un instant pensé que ses mots de vipère t'avaient touché le cœur.
– Ils m'ont touché et blessé, oui, mais ce n'est pas ce qui me rend triste.
– Qu'est-ce donc alors ?
– Penses-tu que nous serons heureux un jour ? Que la vie arrêtera de s'en prendre à nos existences brisées ?
– Mon existence n'a jamais été aussi belle que depuis que tu y es entrée avec Rose.
– Je ne me suis jamais sentie aimée qu'entre tes bras.
– Marrions-nous.
– Quoi ?
– Hermione, je veux que tu deviennes ma femme. Veux-tu m'épouser ?
